Oh dieu que c'est dur ces temps-ci ! *décède* 8'D
Bonne année à tous! En espérant que vous apprécierez... (L)
Chapitre 104
Dans les douches miraculeusement vides quand ils y étaient entrés, ils n'avaient pas fait la fine bouche et leurs vêtements n'avaient pas franchement glissé d'eux-mêmes pour les libérer des tissus humides, collants et terreux. Le tour de main s'avérait d'avoir cependant été capable d'une telle prouesse malgré les mains qui s'égaraient, les bras qui enlaçaient fermement. Le premier baiser hésitant avait progressivement changé, et Connie avait fini par oublier de réfléchir à ce qui se passait réellement. Ils avaient dérivé lentement, sans y regarder, ou peut-être Eren avait-il mené le petit duo qu'ils formaient, jusqu'à s'engouffrer dans le premier encadrement de porte venu. Ce n'était assurément pas un hasard –après tout, le garçon n'avait pas même regardé s'il s'agissait réellement de la première porte venue- et un carrelage froid, qui ornait les murs de la grande salle de bain, l'avait accueilli.
-E…Eren…
Un soupir lui avait répondu. Les doigts glissaient sur sa taille, sur son ventre, sur le haut de son torse, tiraient sans trop de succès sur ses vêtements difficiles à faire bouger dans cette position. Acculé, dos au mur, Connie se laissait désespérément faire, frémissant entre deux baisers de plus en plus fiévreux. Etait-ce bien, était-ce mal, la notion de ce qui lui avait été inculqué lui semblait tellement lointaine qu'il ne parvenait plus à faire le point sur les choses. Il se trouva brusquement à tendre légèrement le cou, haletant, les lèvres entrouvertes et à la recherche de celles d'Eren quand le garçon était enfin parvenu à remonter le tissu sale du tee-shirt pour le faire passer par-dessus son crâne, et fit subir le même sort à son propre haut, sentant les mains fébriles de Connie l'aider à le faire passer par-dessus bord. L'air était froid, mordant, et le plus petit frissonna, avisant une des cabines de douche qui faisait de l'œil. L'idée de trouver la chaleur de l'eau était effroyablement tentante, mais le souvenir de la fois précédente en compagnie d'Eren le bloqua un peu.
Surtout quand il sentit les mains s'agiter soudainement sur sa ceinture, la bouche revenant traîtreusement à l'attaque pour le déconcentrer le tissu tomba à ses chevilles, aidé d'un genou pour le faire glisser autant que possible jusqu'en bas –il ignorait même que ce fut physiquement possible d'arriver à une telle prouesse, mais peu importait.
-At-attend…, souffla-t-il.
Il entendit sa propre hésitation, peu sûr de ce qui risquait de se passer. Il sentait ses propres lèvres brûler sous les baisers de plus en plus ardents, et ses sous-vêtements ne pouvaient pas camoufler grand-chose. Face à lui, Eren eut un petit sourire un peu contrit, avant d'hausser une épaule.
-Si tu…, commença-t-il en hésitant. Si tu restes habillé comme ça…Ca ira…Non… ?
Il parlait bas, comme s'il avait peur d'effrayer son camarade. Pinçant les lèvres une fraction de seconde le temps de peser le pour et le contre, Connie changea brusquement de couleur pour virer au cramoisi sans crier gare. C'était un peu comme si Eren mettait lui-même une barrière pour ne pas aller au-delà des limites que le garçon s'imposait. Et d'une certaine manière, alors que lui-même avait failli les laisser de côté quelques instants plus tôt, il lui en était reconnaissant.
-D'a-d'accord…, souffla-t-il.
Après le froid et l'humidité paralysants de l'extérieur et la journée exténuante qu'ils avaient eu, l'eau brûlante était la bienvenue, délassante et réconfortante. La poigne un peu faible après les évènements de la journée, Connie se laissait faire sans même vraiment penser à retenir Eren. Les assauts avaient repris, sa bouche s'accaparant la sienne avec de plus en plus de force, ses mains glissant inlassablement sur le haut de son corps. Un sursaut incontrôlé l'agita quand un doigt frôla un de ses tétons, le mur froid répondant dans son dos quand il bougea pour se dégager sous la surprise. La cabine utilisée était un peu étroite mais c'était la plus à l'écart de l'entrée. Le souffle court, Connie leva les yeux sur Eren, hésitant. Le garçon avait agi avec lui-même de la même façon qu'avec lui : il avait gardé son caleçon, comme une assurance envers Connie. Il fallait bien avouer que c'était étrange d'être ainsi, à moitié déshabillé seulement, trempé et au chaud.
Et si Eren lui épargnait le contact avec son corps depuis qu'ils étaient sous les douches, Connie n'avait pas beaucoup de mal à comprendre pourquoi : son corps parlait de lui-même, et plus particulièrement la forme qui gonflait le tissu moulant le bassin du brun.
Et il gémit, quand les dents vinrent attraper sa lèvre inférieure, la mordillant sans considération.
-M-merde, qu'est-ce que tu f…Fous… Aaah !
Oh bon sang. C'était lui, ça ? Perplexe à cause du son qui venait de lui échapper, Connie plaqua brusquement une main sur sa bouche, empêchant sans prévenir l'accès pour Eren. Il sentait la chaleur envahir ses joues, s'étaler jusqu'à ses oreilles tandis qu'il tentait de se reprendre. Il ne s'était pourtant rien passé de plus. Une main glissa dans sa nuque et il sentit le front d'Eren se poser contre le sien. Malgré le bruit de l'eau, il pouvait entendre sa respiration saccadée les lèvres entrouvertes et les yeux mi-clos, le garçon le fixait de sa hauteur. Là, il n'était pas difficile de se sentir démuni face à l'expression qu'il trouva.
-Tu fais chier, murmura Eren. Comment tu veux que je fasse des efforts, moi…
Connie déglutit lentement. Il devait bien avouer que la situation devenait de plus en plus difficile, même pour lui. L'eau brûlante ne les aidait certainement en rien, mais il était hors de question d'en changer la température.
Ou même de changer ce qu'ils faisaient. Il n'avait pas envie. Mais l'appréhension le taraudait inlassablement, nouant un peu sa gorge. L'indécision était toujours sa pire ennemie, et l'idée de se perdre de nouveau dans ses peurs l'accabla brusquement. D'un geste vif, il entoura le cou d'Eren de ses bras, s'agrippant à lui sans prévenir, l'obligeant à se pencher très légèrement. Le visage enfoui quelque part entre le creux de l'épaule et les clavicules d'Eren, il serrait légèrement. La peau brûlante lui renvoyait son propre souffle –ils étaient en plein hiver, comment pouvait-il être aussi chaud ?
Et la seconde suivante, il se retrouvait plaqué sous le poids d'Eren, écrasé entre le corps et le mur. Visiblement, la notion de distance avait subitement disparu. Une main avait abandonné sa taille, glissant insidieusement sous une de ses fesses pour l'agripper tandis que la bouche revenait à la charge, s'attaquant à sa nuque exposée. Le frisson qui glissa le long de son échine lui arracha un gémissement qui se perdit à moitié contre la peau. Mais le problème de la proximité soudaine d'Eren n'était pas tant cette main et ces doigts qui tendaient à essayer de le caresser –et y parvenaient traîtreusement par un moyen détourné auquel il n'avait pas pensé.
Non.
C'était plutôt de sentir la bosse longiligne contre sa hanche, se frottant légèrement dans un mouvement naturel et terriblement proche de sa propre entrejambe, qui le fit déglutir. Le souffle court, Connie ferma les yeux, les sourcils légèrement froncés.
-Tu bandes…
La voix d'Eren avait presque résonné au creux de son oreille, et lui donnait l'impression qu'on n'entendait que ca dans les douches malgré le bruit de l'eau. Brûlante. La respiration saccadée, Connie inspira profondément, sentant ses jambes trembler légèrement alors qu'il se hissait sur la pointe des pieds.
-T-tais-toi, murmura-t-il.
La seconde d'après, Connie gémissait avec une note un peu aiguë qu'il s'ignorait lui-même. Le mur dans son dos s'était fait brusquement plus présent, la main glissant pour caresser la forme de sa fesse, alors qu'un genou s'était frayé un chemin entre ses cuisses.
Soudain tendu par la situation, il s'agrippa instantanément au cou et aux épaules du garçon. Dans cette intimité nouvelle qu'ils avaient, Connie se sentait perdu, encore apeuré.
-E…Eren, at…Attend…Ce-c'est pas…
Il n'y avait pas même cette fausse raison, à savoir la relation inexistante et frustrante qui liait Eren et Jean, pour leur permettre ce genre de choses.
L'autre main d'Eren glissa derrière sa nuque, et le mouvement le rassura légèrement. Quittant le creux de son épaule, le brun baissa les yeux sur Connie, étirant un tout petit sourire.
-Et si je t'assure que je ferais rien… ? souffla-t-il.
Connie pinça légèrement les lèvres, un brin contrit en sentant l'érection contre sa cuisse.
-Je peux douter ? marmonna-t-il. On…On a déjà parlé de ça…
Il avait fini sa phrase dans un murmure, peu sûr que les mots aient pu passer par-dessus le bruit de l'eau qui s'abattait sur eux. Mais quand les doigts glissèrent sous son crâne, caressant jusque derrière une de ses oreilles en lui arrachant un frisson, il décida qu'Eren avait l'ouïe fine.
-Si tu gardes ton caleçon, Dieu t'en voudra pas trop, je pense…
Eren eut un petit gloussement à sa propre réplique, avec ce coup d'oeil un brin désolé, mais pas trop quand même, quand Connie lui lança un regard noir. Pas bien longtemps cependant, ses joues virant au cramoisi dans l'instant. Il devait bien avouer que l'argument était infaillible : il n'avait jamais réfléchi à ça. Désemparé face à l'idée que la situation pourtant de nature sexuelle soit endiguée aussi facilement pas un bout de tissu, ses idées commençaient déjà à s'entrechoquer.
Ou peut-être était-ce à cause des frictions un peu plus appuyées qu'effectuait le bassin d'Eren ? Pris par surprise et gémissant sourdement, il laissa ses doigts s'emmêler dans les mèches brunes et mouillées qui s'étalaient dans la nuque d'Eren, s'accrochant autant qu'il le pouvait au garçon.
-M-merde, t'es trop mignon…
Avant qu'il ait le temps de réagir, Connie se retrouva de nouveau dans l'incapacité de pouvoir utiliser sa bouche, assailli par celle d'Eren. A chaque fois, il semblait impossible de résister aux baisers brûlants, et l'envie de laisser ses mains glisser sur la moindre parcelle de peau qui était exposée –à peu près tout le corps d'Eren, probablement- était effroyablement forte et il peinait à garder ses mains à leur place, laissant ses doigts affermir leur prise de plus en plus à mesure que les assauts d'Eren se faisaient de plus en plus fougueux.
Et de sa fesse, la main glissa sur sa cuisse, jusqu'à s'insinuer entre eux, et l'intrusion le fit presque sursauter. Entre la chaleur de l'eau et de leurs corps, la sensation des doigts étaient juste….Juste…
Oh bon sang.
Eren déglutit discrètement. Sous son doigt, la chair tendre d'un testicule s'enfonçait légèrement et il sentait déjà la forme de l'érection de son camarade sous la paume de sa main. Les gémissements ne l'encourageaient pas vraiment à arrêter. Et Connie, malgré une ou deux plaintes rapidement interrompues, n'était pas aussi virulent que les autres fois.
Un petit cri étranglé entre leurs bouches attira son attention, et il lâcha les lèvres qu'il attaquait sans plus y réfléchir. Il devait l'avouer : voir Connie ainsi, rougissant jusqu'au bout des oreilles, les yeux mi-clos et perdant déjà pied sous sa main quand il le touchait à peine, était terriblement excitant. L'idée de ne pas aller plus loin était assez frustrante, mais il avait compris qu'il valait mieux prendre garde aux réactions du garçon. Loin de lui l'envie de le revoir au bord des larmes juste parce qu'il était allé trop loin à son goût, mais…tel qu'il le voyait là, s'abandonnant presque (presque !) contre lui, il n'y avait qu'un pas à ce qu'il tentât d'aller plus loin et dépassât la barrière psychologique des vêtements.
En attendant, il profitait de la vue. Quelques mois auparavant, il fallait bien le dire, Eren n'aurait assurément pas imaginé cette situation, ni même être attiré d'une quelconque façon que ce soit par son camarade. Avec Jean en tête, les œillères qu'il s'était construites le rendait presque aveugle, et même les grognements de mécontentement de Mikasa qu'il écoutait pourtant quoi qu'il arrivât, n'y avaient rien fait.
Connie plaqua de nouveau une main sur le bas de son visage, baissant brusquement les yeux quand la main glissa de nouveau, plus assurée, le long du tissu, contre l'érection qui bombait le vêtement. A ce moment-là, Eren dégagea sa main de derrière la nuque de Connie, pour l'étaler sur le haut de son visage, aveuglant maladroitement le garçon.
-Eh…Eh… !
-Regarde pas pour cette fois, d'accord ? souffla Eren.
Sous ses doigts, il sentait les cils bouger d'une part. Sous son autre main, c'était le sexe, fièrement dressé sous le tissu gorgé d'eau, qui répondait à ses simples caresses, en duo avec les petits gémissements qui lui échappaient. Connie était en plein croissance et son corps avait encore changé en peu de temps, remarquait Eren. Ce n'était pas désagréable, et en même temps le voir de plus en plus rattraper leurs autres camarades étai un peu frustrant.
Eren grogna légèrement en bougeant légèrement sa jambe, son genou s'enfonçant un peu plus entre celles de Connie, son érection se replaçant plus agréablement au creux de la hanche, juste contre la bosse de plus en plus conséquente qu'il flattait.
-Ah, Eren ! Sam est avec t…Ah non ?
Contre lui, Eren sentit Connie sursauter un peu violemment quand la voix retentit juste à l'entrée de leur cabine, quand lui-même avait senti son cœur faire un bond. Les bras autour de son cou et ses épaules se resserrèrent légèrement, et il ne fallut pas longtemps au brun pour comprendre la tentative du garçon pour se cacher. D'humeur protectrice (autant pour garder ce moment d'intimité et profiter que Connie ne partait pas en prenant ses jambes à son cou, que parce que bon sang, Connie…), Eren glissa ses bras autour du corps plus petit et chétif, appuyant derrière le crâne de nouveau pour le cacher contre son torse. Appuyé ainsi, pris entre Eren et le mur, Connie était camouflé du mieux qu'ils le pouvaient pour l'heure.
Prenant sur lui, Eren tourna la tête, et pinça les lèvres en voyant effectivement une tête curieuse qui passait l'ouverture.
-Guido…, grogna-t-il. L'intimité, tu connais ?
Un ricanement lui répondit, et le grand garçon haussa une épaule de là où il était.
-On t'a déjà tous vu à poil, va. Y'a qui avec toi au fait ?
-Pas tes oignons, casse-toi !
Tout ce que Guido pouvait voir, c'était cette paire de bras agrippée au cou d'Eren comme si sa vie en dépendait, et très probablement le genou qui écartait légèrement les jambes de l'autre garçon. Le brun essaya de rationaliser : il n'y avait rien d'alarmant, il pourrait rassurer Connie s'il paniquait soudainement.
Après un échange rapide, Guido baissa les armes et quitta les douches pour très certainement continuer à chercher son camarade, et Eren laissa échapper un soupir de soulagement. Contre ses clavicules il sentait le souffle chaud de Connie, encore saccadé, et il laissa ses doigts glisser lentement sur les repousses sombres qui assombrissaient le crâne du plus petit.
-Mmmh, c'est tout doux, marmonna-t-il.
Un petit gloussement, légèrement nerveux, lui répondit. Les lèvres bougeaient contre sa peau. C'était agréable.
-T'es sérieux quand tu dis ca ?
-Je suis toujours sérieux !
Il sentait que Connie évitait consciencieusement de bouger. Il restait dans cette position, acceptant le genou entre ses cuisses, peut-être à la seule condition qu'il pût se cacher contre Eren et ne pas exposer son visage.
Il soupira, suffisamment discrètement pour ne pas embarrasser le garçon. Visiblement, c'était encore raté.
Mais au moins, Connie était toujours là, et il se prit à sourire bêtement, caressant encore les cheveux trop courts du bout des doigts.
-Et tu le sais mieux que personne… ajouta-t-il tout bas.
