Wow. J'en reviens pas, j'ai fait un nouveau chapitre ! Encore une fois, désolée pour le temps entre les chapitres, je pense que ca va être encore chaotique quelques temps ^^'
Merci à tous de continuer à suivre mon torchon, ca me fait un énorme plaisir de vous voir apprécier et vos gentils commentaires me donnent envie de continuer autant que possible ! ;w;
ShingekiNoMarco : Aaaaaah merci merci ! Je continuerai à faire de mon mieux !
EDIT 17/04/2016
JE NE SUIS PAS MORTE ! XD Et la fic n'est pas arrêtée, pas finie ni rien, malgré le temps qui paaaaasse, ne vous inquiétez pas Mais je suis très prise à cause du travail et de mes activités, alors je n'ai pas le temps pour le moment, cependant...Bientôt j'espère ! *^* (je me dis que j'aurais beaucoup de chapitres à rattraper en peu de temps ;D )
EDIT 13/05/2021
Seigneur! Bon je suis décédée c'est officiel ahahah! Pour la petite histoire, énormément de choses sont arrivées ces quelques dernières années, tant sur le plan pro que perso.
Mais pour la petite information... j'écris toujours! Depuis plus d'un an, je travaille sous le nom de plume Neil Gallen et auto-édite des romans MM (boy's love) de divers genres! (SF, Romance contemporaine, fantasy...) Sans grande prétention toujours, mais la passion n'a pas disparu, bien au contraire ! =)
Merci à vous tous qui vous promenez sur mon profil d'auteur de fanfiction et laissez de petits mots, je vous lis à chaque fois!
Vous pouvez me contacter à si vous le souhaitez
Chapitre 107
L'infirmerie était incroyablement silencieuse, comparé au brouhaha qui leur parvenait faiblement de la grande salle. Il n'y avait personne, personne qui menaçait d'entrer, menaçait de les déranger pour une quelconque raison, et Jean frissonna à cette idée quand bien même il savait qu'il était idiot de se mettre dans un quelconque état pour cela.
A dire vrai, il était tendu, malgré sa tentative pour le camoufler aux yeux de Marco.
Il lui était difficile de savoir, de comprendre, pourquoi il agissait ainsi, mais c'était ce qui lui semblait le plus naturel –il n'avait pas pu faire autrement.
Il n'avait pas pu, en voyant du coin de l'œil la silhouette se lever et quitter la salle, s'empêcher de bondir –il avait été un peu retenu quelques secondes par Petra d'une main de fer, et se ruer hors de la pièce à son tour. S'il avait pu, il aurait couru –mais c'était quelque chose de trop voyant, et leur situation intimait une certaine discrétion.
Leur situation ? Situation ?
Jean pinça légèrement les lèvres quand Marco tomba dans le silence, et il laissa ses doigts courir sur la main légèrement blessée, lissant la peau lentement. Le long du poignet, de la paume. Le long de ses phalanges fines. Marco avait toujours eu des mains délicates, malgré ses compétences incroyables en tant que soldat. La peau était restée douce, agréable au toucher.
Il n'osait pas lever les yeux, le regard rivé sur les doigts qu'il soignait –à grand peine, ses propres mains tremblaient d'appréhension en le touchant.
-Et toi… ?
Marco avait murmuré brusquement, le faisant sursauter, et il risqua un œil sur le garçon, osant le questionner ostensiblement du regard. Mais Marco ne cilla pas.
-M-moi quoi ?
Dans la lueur tremblotante et jaunâtre de la lumière qui dansait sous sa protection de verre à leurs côtés, il vit Marco pincer légèrement les lèvres. Il était rare qu'il hésitât autant pour répondre, ou même qu'il se débarrassât d'une réponse sur son interlocuteur comme il le faisait. Etait-ce si difficile de dire les choses ? Au moins un des deux devait être capable de poser le doigt sur ce qui les liait…Non ?
-Qu'est-ce que tu penses de tout ça… ? Souffla Marco de nouveau.
Il y eut un silence, quelque chose de gêné et d'hésitant. Les mots tournaient, les idées fusaient, bêtes et tombants, pour s'écraser tour à tour contre son mutisme. La main de Marco tressaillit, lui rappelant qu'ils étaient toujours en contact, et Jean baissa les yeux. L'autre main du brun s'était recroquevillée en un poing serré, sur le matelas contre sa hanche. Sans vraiment réfléchir, il lança son autre main, refermant ses doigts sur le poing fermé. Il savait que Marco le fixait. Il savait que Marco attendait quelque chose de sa part –il supposait tellement qu'il en était sûr, il pouvait presque le sentir.
-Jean…
Marco avait à peine brisé le silence, et déjà Jean sentait son cœur s'emballer. Il déglutit avec difficulté, une boule au fond de la gorge. Il pouvait y avoir tant à dire et à la fois si peu, que c'en était effrayant.
-Je ne sais pas ce…Que je dois en penser…, murmura-t-il brusquement.
Il avait pris une inspiration. Les mots sortiraient peut-être en vrac, éparpillés ca et là, il ne savait pas tellement lui-même. Chaque fois qu'il y pensait, tout semblait se mélanger, devenir une mer d'incohérence et d'hésitations, de peur, d'appréhension.
Sous sa main, il sentit le poing se serrer un peu plus. Il n'osait pas lever les yeux, rivant son regard sur une des jambes de Marco. Au fond de sa gorge, une boule épaisse s'était formée, menaçante, prête à l'étouffer s'il le fallait. Essayant de la ravaler était inutile, il essayait depuis qu'il avait retrouvé Marco dans le couloir, sans succès.
-Marco, je…
Le silence. Le silence dans lequel Marco se murait, l'écoutant attentivement, happant chacune de ses respirations, était angoissant.
-Je ne sais plus…Comment je dois me comporter…, finit-il pas souffler.
Marco avait déglutit il l'entendait. Jean continua néanmoins.
-C'est comme si j'avais…Toujours peur.
-De quoi ?
Jean se surprit à sursauter légèrement, et leva les yeux sur Marco. Le garçon ne le regardait pas directement, le regard rivé sur sa main et les petites plaies qui couraient sur le bout des doigts.
-De quoi as-tu peur ?
Jean soupira.
-Je ne sais pas…Parfois, j'ai l'impression que tu vas disparaître. J'ai le sentiment qu'à la moindre erreur…Que tu ne seras plus là…
Un blanc. Que racontait-il, bon sang ?
-Continue…, souffla la voix du garçon.
-Marco, je…
Pendant quelques secondes, Jean chercha les mots. Que voulait-il réellement dire ? Qu'est-ce qui serait le plus judicieux ?
Finalement, il soupira longuement. C'était stupide. Toutes ces questions étaient d'une bêtise affligeante.
-Je veux juste qu'on soit ensemble, murmura-t-il. Je veux…Juste être avec toi…
-Tu sais ce que tu demandes… ?
La voix de Marco s'était élevée, hésitante, et pendant un moment Jean se chercha le problème –outre le fait que son camarade n'était probablement pas en accord avec sa requête.
Ce genre de relation n'était pas approuvé. Ils le savaient tous deux mais, malgré tout, Jean ne pouvait s'empêcher de se souvenir de la réaction de l'escouade qui l'avait entouré peu de temps encore auparavant. Alors que lui-même doutait, ignorait dans quoi il s'était mis lui-même, ces gens qui les observaient à la dérobé les encourageaient presque dans cette voie tant qu'ils s'y sentaient bien. Peut-être à cause de leurs expériences personnelles ? Frôler la mort jour après jour devait leur faire voir la vie autrement.
Mais Marco et lui ne prévoyaient pas cette vie-là.
-Je…Je sais…, murmura-t-il. C'est…Complètement égoïste mais... Marco, je…C'est…Je crois que je ne comprends pas très bien…Notre…
Jean hésita. Dire les choses les faisait apparaitre beaucoup plus réelles que jusqu'alors. C'était une prise de conscience qu'il n'avait pas réellement eu durant tout ce temps, se contentant de laisser les choses arriver la plupart du temps. Et avec le recul, Dieu savait que Marco s'avérait être très…Entreprenant.
Mais le brun ne dit rien cette fois-ci. Un coup d'œil suffisait à voir qu'il attendait patiemment, et Jean déglutit de nouveau en baissant les yeux.
-Notre…Relation…, marmonna-t-il entre ses dents.
Le silence se réinstalla presque aussitôt, et il pinça légèrement les lèvres, indécis quant à ce qu'il devait faire à présent. Il n'avait rien dit de grandiose, il le savait, mais la situation en elle-même était suffisamment difficile telle qu'elle était. Et malgré lui, il balbutia de nouveau.
-J-je voulais, euh…Au moins dire…C—
Il n'eut pas le loisir de continuer. Enfin si, il aurait pu, assurément, mais les mains s'étaient délogées de siennes et les bras s'étaient refermés autour de ses épaules pour l'attirer un peu brusquement. Contre son épaule, il sentait le visage qui se logeait, furetant contre sa peau, le souffle qui se perdait dans son col. Les bras le serraient fermement, mais nul doute que sans cela il ne se serait pas enfui.
-Ma…Marco ? couina-t-il.
Un profond soupir lui répondit. Contre son visage, le tissu de la chemise de Marco était tiède, les muscles de l'épaule roulaient sous les mouvements de ses bras alors qu'il resserrait son étreinte –et l'espace d'un instant, Jean se demanda s'il n'essayait pas plutôt de l'étouffer.
-E…Eh…
-T'es un idiot…, souffla enfin le brun. Idiot, idiot, idiot…
Jean déglutit. La boule au fond de sa gorge le gênait toujours, mais le contact avec Marco le rassurait.
-C-c'est pas très sympa…, marmonna-t-il malgré le tissu qui le gênait.
Il sentait les doigts s'agripper a ses vêtements dans son dos, se fermant, s'ouvrant, se refermant, dans des mouvements à la fois hésitants et possessifs. Et il devait bien l'avouer, il ne disait pas non au second cas de figure. Marco expira profondément, faisant passer un long souffle chaud dans le cou de son camarade.
-On va avoir des problèmes…, glissa brusquement Marco. T'en es conscient ?
Jean mit quelques instants à comprendre, réalisant que son camarade –s'il pouvait toujours l'appeler ainsi, parlait…D'eux.
-Je…
-Tu sais que c'est quelque chose de mal vu…
-J-je sais, mais…
-Jean, ca peut conduire à—
-Marco !
Il s'était surpris lui-même en élevant la voix, coupant le brun. Il voyait très bien où il essayait de les mener, de le mener plutôt. Contre lui, il sentit les muscles se raidir un peu avec appréhension et, sans réfléchir plus loin, Jean glissa ses bras autour du corps penché sur le sien.
-Arrête avec ça, continua-t-il.
Il sentait sa propre voix trembler un peu, hésitante et maladroite. Il n'était pas doué pour parler, et quelque part il enviait Eren et son débit parfois discutable.
-C'est à cause de ça que je ne comprends pas… ! Un jour j'ai l'impression que…Tu me cherches…Et deux heures après, c'est comme si…Tu m'interdisais de t'approcher…C'est terrible…De se sentir rejeté à chaque fois que les choses se passent bien…
Contre son oreille, le souffle de Marco s'était fait insuffisant à son goût. Le garçon retenait visiblement sa respiration avec appréhension. Jean mit quelques secondes avant de continuer, essayant de mettre de l'ordre dans ses idées.
-Arrête..., murmura-t-il. Si…Si c'est par peur, on peut trouver une solution…Et…Et continuer…Mais si c'est juste pour te moquer de moi au final, tu…
-Ce n'est pas ça !
C'était au tour de Marco de l'interrompre. Visiblement, l'idée de ne pas être pris au sérieux était efficace, et Jean déglutit en sentant le souffle irrégulier contre son cou.
-Alors ?
-Je ne veux pas qu'il t'arrive quoi que ce soit.
-Je suis grand ! Je sais me défendre, grogna le blond, un brin vexé quand bien même il ne se délogeait pas des bras.
Marco eut un petit rire amer.
-Tu es influençable. Je ne veux pas que tout ça ne soit qu'à cause de moi…
Un peu perplexe, Jean s'écarta légèrement de l'épaule qui le bloquait, pour contempler le visage un peu trop sérieux du brun.
-Qu'est-ce que tu veux dire ?
-Que tout ça…Je veux dire, si je ne t'avais pas lancé dans toute cette histoire, dans…Dans cette relation, rien ne serait arrivé, et les choses suivraient leur cours…
Un peu perplexe, Jean fronça légèrement du nez tout en fixant le garçon, les yeux toujours levés sur son visage. Sérieux ou triste, il peinait à le définir. Marco avait baissé les yeux en parlant.
-Tu regrettes ?
Marco secoua la tête, pinçant les lèvres.
-Certainement pas ! Lâcha-t-il avec force, avant de visiblement se rendre compte de son brusquement éclat de voix.
Jean soupira, puis finalement se redressa sur ses pieds pour toiser le brun de toute sa hauteur. Quand ses mains glissèrent de celles de Marco, il les sentit tressaillir, les muscles fins des doigts sur le point de le retenir. .
Il le fixa un moment en silence, les poings sur les hanches. Il pouvait dire n'importe quoi. N'importe quoi serait encore mieux qu'autre chose, à dire vrai, et dans son cerveau toutes les phrases possibles tournaient et tournaient pour s'embrouiller.
-Marco, souffla-t-il brusquement, tu penses qu'en s'y prenant à l'avance, on peut arriver à réserver une chambre ?
Il observa le garçon cligner des yeux, surpris, un peu hébété.
-Qu…Hein ?
-Quand on aura intégré la police militaire, tu penses qu'on arrivera à avoir une chambre ensemble ?
Il était difficile de retenir les mots. Jean n'était assurément pas très doué à ce jeu-là, mais le visage perdu de Marco valait la peine de ne pas s'arrêter –quand bien même il ignorait où il allait réellement. Mais c'était ainsi. Pour une fois, il souhaitait suivre cette petite voix qui trainait et soufflait au creux de ses oreilles.
A voir sa tête, Marco avait visiblement compris où Jean voulait en venir, même si l'ensemble de leur discussion était pour le moins…Flou et chaotique. Il déglutit. Sa lèvre inférieure tremblait légèrement, ses yeux s'égaraient à droite, à gauche, remontaient sur Jean. C'était une de ces rares fois où le brun lui paraissait aussi perdu, hésitant, et…Fragile ? Quelque chose comme ça.
-Ils sont moins regardant que pour…Les couples mixtes…, marmonna soudain Marco en baissant les yeux.
La rougeur qui s'étalait sur ses joues n'avait pas son pareil et les petites taches brunes qui les parcouraient semblaient ressortir plus violemment sous ses yeux mais tout cela Marco le savait déjà, il était habitué. Oh, bon sang. Comment Jean pouvait-il créer une situation comme celle-ci, où aucun d'eux n'arrivaient à s'exprimer correctement, et au final lui faire une déclaration de cette envergure ?
L'hébergement commun à la police militaire ?
Rien que ça ?
Jean lui demandait juste de vivre avec lui quand ils auraient fini leurs années d'entrainement, un an plus tard.
Jean envisageait une vraie relation.
Jean demandait cela de lui-même.
Malgré le peu de lumière, Marco ne manqua pas le sourire qui illuminait le visage du blond. Il était sérieux, et déjà les doigts de Jean venaient glisser sur ses joues, jusqu'à caresser le lobe de ses oreilles brûlantes.
Il se posait probablement trop de questions, et Jean n'était pas celui qui fuyait. Depuis le début, le garçon prenait à bras le corps chacune de ses tentatives, l'étreignait de toutes ses forces, maladroitement.
-Eh, Jean ? souffla-t-il soudain.
-Mmh ?
Marco avait glissé ses bras autour des jambes qui lui faisaient face, les attirant contre lui jusqu'à poser son front contre le tissu rêche du pantalon. La chaleur qui s'en dégageait était réconfortante, comme la main qui insistait sur sa joue, les doigts jouant nonchalamment avec le cartilage d'une oreille.
Jusqu'à ce qu'il s'entendît murmurer, la voix un peu cassée par ses propres mots.
-Je t'aime.
Si c'était Jean, tout irait bien. Et les lèvres chaudes qu'il rencontrait étaient là pour le rassurer, dans ce genre de réponse maladroite que seul le blond était capable d'apporter.
Tout irait bien.
