Hello ! Voici le premier chapitre du tome 3 ! Cette fois, on a droit à un petit peu de l'été d'Elisa (et ça sera encore pire dans le tome 4 où vous aurez droit au récit de tout son mois d'août). Enfin bref, j'espère que ça va vous plaire !
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Mais avant toute chose... Les réponses aux reviews !
Yo DreamerInTheSky ! Je ne sais pas si tu es encore en colo alors que je poste ce chapitre, mais je suis contente que tu ai pu lire le prologue avant de partir x) J'espère que le reste te plaira autant !
Hello Elaia Gurialde ! Le mystère de "comment Harry fait signer (ou pas) son autorisation" est révélé dans ce chapitre, soit attentive parce que c'est une ligne de détail x) Mais sinon... Dans le canon, Voldy n'est pas revenu en Grande-Bretagne cette année-là. Alors il n'y a pas de raison que ça change, je te rassure x)
Merci IceQueen89 ! La Salle sur Demande est bien utile pour poster les mises à jour et les annonces x) J'espère que le reste de la fic va te plaire autant que ce prologue riche en détails !
Salut Louny9895 x) Décidément tu n'appellera jamais Elisa par son surnom... Eh oui, on n'a vu ni Helen ni Heather pour l'instant. Il faudra attendre le chapitre 2 pour ça, patience ! Voilà, sinon j'adore l'idée de créer un fan-club à Heather... Ou à Helen... Ou à Trisha... Ou à n'importe lequel de mes persos en fait x)
Yep Aomine, elles ont adoré Jurassic Park ! Mais pas autant que Terence Higgs et Adrian Pucey (ceux qui ont fait la pub de ce film à Trisha). Les deux Serpentard sont de grans fans de dinosaures. Surtout Terence, en fait. Ce sera détaillé dans le tome 4 x)
Hello Leguramine ! Tu as été traumatisée par Jurassic Park ? C'est vrai que quand je l'ai vu pour la première fois, je l'ai trouvé terrifiant. Mais depuis, après l'avoir revu à plusieurs reprises et appris plein de secrets de tournage (comme par exemple que T-Rex était un robot géant, et que quand il pleuvait il se mettait en route tout seul), c'est devenu un de mes films préférés x)
Tout à fait Casildamalefoy, un peu de bon temps avant que ça se casse la figure ! Car les ennuis, ou plutôt les signes précurseurs des ennuis, apparaissent dès ce chapitre...
Yo Kuro No Kage ! Contente que tu ais aimé, même s'il ne se passe pas grand chose dans ce prologue x) J'aime bien planter le décor, et remettre en place le contexte... T'inquiète, il y a plus d'action (et le début de l'intrigue) dans ce chapitre !
Hello Maman Bouba x) Oui, Elisa reste indubitablement humaine, avec ses grosses bourdes, ses erreurs, bref tout ce qui fait d'elle notre bon vieux Magister ! Si tu as lu le "bonus hors-série", tu vois ce qu'elle serai devenue à Serpentard (moins concentré sur le côté humain ou même relationnel, uniquement centrée sur l'intrigue et la nécessité de gagner). Tandis qu'à Poufsouffle, Elisa veut vivre sa vie avec ses amis tout en bottant les fesses du destin. C'est très humain, et c'est ce qui fait la différence x)
L'Avadakedavrateur, quel sympathique pseudo x) Je suis contente que ça te plaise, le genre Self-Insert a plein de défauts et de détracteur, alors me lancer là-dedans (et surtout oser publier...) n'a pas été facile ! Pour les fics que je te recommanderai sur des SI, euuuuh. La plupart sont en anglais, désolé ! Sinon, il y a "Pour une Utopie", par Crusoe, qui n'est pas mal...
Salut Mayoune ! Oui, même si Elisa prévoit d'y aller un peu mollo cette année... Ca va être riche en péripéties ! Mwahahaha, j'ai hâte de voir vos réactions à certains chapitres x)
Eh oui BlancheEner, il faut attendre, je publie chaque semaine x) Quant à Sirius... L'ironie, c'est que pour un tome où ce personnage est supposément central, Elisa ne va pas le voir du tout ! Eh oui, Sirius fait attention de ne pas se faire chopper par aucun élève dans le canon, alors ça ne sera pas très différent x)
Mwahahaha SugarBrown : "je sens que Drago va passer une mauvaise année", AH AH L'EUPHÉMISME DU SIECLE. Son monde est bouleversé, ses croyances éclatées, ses parents ont divorcé, il a subit un grave traumatisme et y aura des Détraqueurs partout x) Je le fait souffrir dans le ce tome, je le fait carrément souffrir ! Quant au lien entre Sirius et Elisa... Dans le bonus "Serpentard", oui, c'est ce qui s'est passé. Mais dans cet univers, Elisa est une Poufsouffle. Son approche va être radicalement différente, et va avoir un effet boule de neige vers la fin de la fic qui va mettre à mal ton idée x) Mais je ne dis rien, pour ne pas faire de spoilers...
Bienvenue dans l'univers, Big Apple ! Je suis contente que ça te plaise, j'ai mis dans cette saga tous mes "ingrédients" préféré : unité entre les Maisons, critiques de l'univers, des OC, et une appréciation particulière de la Maison Poufsouffle x) Et oui, Elisa essaie de garder la maîtrise de tout ce bordel, mais elle se rate, parfois. A cause d'erreurs humaines, ou d'une trop grande arrogance, ou même d'un coup de pas de chance. C'est son côté faillible qui la rend humaine =D
Hello Victoria Leanansidhe =) Tu as tout lu en deux jours ?! Y a quand même entre 200 et 300 pages par tome x) Félicitations ! J'espère que la suite te plaira aussi !
Merci DameAureline ! Cette fic m'intrigue, je vais aller la lire. Merci pour la recomandation, je suis toujours intéressée par de nouvelles lectures =D
Yo Streema ! La version d'Elisa-Poufsouffle est beaucoup plus sincère que la Elisa-Serpentard. EN fait, Elisa-Serpentard planifie sur le long-terme et utilise tous les moyens à sa dispostion, tandis qu'Elisa-Poufsouffle veut aussi profiter de la vie, elle a quelque chose de plus naïf et de plus innocent. C'est pour ça qu'elle ne prétexte pas être une voyante : ça aurait été un gros mesonge, avec le potentiel de lui exploser à la figure, et ce n'était pas un risque qu'elle voulait prendre. Sinon... Pour le célibat d'Elisa, je ne vois pas ce que ça a de triste. Elisa a été isolé dans l'univers Serpentard, mais ça n'a rien à avoir avec son absence de mariage ! C'est dû au fait qu'elle vit dans le secret. Si elle s'était mariée, elle aurait tout autant vécu dans le secret. Et puis, Elisa est ace, comme moi, alors elle n'éprouve aucune envie de se marier ou d'entrer dans une relation romantique. Dans cet univers, peut-être qu'elle se mariera, mais dans tous les cas ça sera une relation platonique et Elisa gardera toujours le secret sur sa connaissance du futur. C'est un élément qui reste constant quel que soit son univers...
Tu es prudente Nera Lupa ! Mais t'inquiète, Lupin sera engagé, ne serai-ce que parce que Dudu pense que le risque en vaut la peine. Avoir sous la main quelqu'un qui connait Sirius, c'est primordial maintenant que le pseudo-criminel s'est échappé ! En revanche, Dudu va surveiller Lupin de beaucoup plus prêt, et ne prendre aucun risque. Du coup, dans cet univers, il est par exemple simplement impossible que Lupin oublie sa potion parce qu'il ets enfermé dans des quartiers automatiquement verrouillés deux heures avant chaque pleine lune.
Contente de te revoir Titietrominet ! Oui, j'aime bien écrire les scènes avec Trisha x) Et dans ce tome, il y en aura davantage !
Et merci à vous Niakovic, Marie la petite, EveApplefeld, et debralovelove, qui guettez vos boîtes mails dans l'attente du mail d'alerte !
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Il est également temps de reprendre une petite tradition... Celle des notes détaillées sur les perso ! J'ai déjà les descriptions de plusieurs personnages qui sont prêtes dans un doc Word. Pour ce chapitre, je vous donne celle de Marietta Edgecombe, car son nom est mentionné x) Pour la semaine prochaine en revanche, je vous demande de voter pour un des élèves de la classe d'Elisa !
Comme Tamsin Applebee a déjà eut droit à sa note détaillée, et qu'il n'est plus nécessaire de présenter Elisa, choisissez un des Poufsouffle restant de cette classe, c'est-à-dire :
- Trisha Buttermere (Sang-Mêlée membre du CEM et meilleure amie d'Elisa)
- Rhonda Flatbury (Sang-Pure, meilleure amie de la Serdaigle Helen Dawlish)
- Trudy Glaston (Née-Moldue membre du CEM)
- Cédric Diggory (Sang-Pur, meilleur ami d'Elisa, Préfet, Attrapeur et Capitaine de l'équipe de Quidditch)
- Heidi Macavoy (Sang-Pure, Poursuiveuse)
- Gabriel Tate (grand baraqué silencieux)
- Raashid Hussain (Né-Moldu membre du CEM, cancre en Potions et clown de la classe)
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Mais passons à la fiche détaillée du jour... Celle de Marietta Edgecombe !
Marietta est une Sang-Mêlée répartie à Serdaigle, dans l'année juste en-dessous de celle d'Elisa. C'est une jeune fille de petite taille, qui a les cheveux blonds-roux, et un visage arrondi à l'expression songeuse. Sage et discrète, Marietta semble assez peu remarquable. Elle est l'une des membres du CEM les plus assidues.
Son père est un Moldu : Eugène Edgecombe. Il a la double nationalité française et britannique, et il est mathématicien. Il a été professeur durant plusieurs années, avant de perdre son emploi cinq ans plus tôt. Sa famille avait des difficultés financières et Eugène a détourné une certaine somme d'argent pour sortir de cette situation : il a été découvert, et renvoyé. Heureusement, entre-temps son épouse a trouvé un emploi au Ministère de la Magie, et ils ne sont plus dans le rouge. Son épouse, justement, est une sorcière de Sang-Mêlée : Elizabeth Edgecombe, née Blackbell. C'est une ancienne Poufsouffle, qui n'a jamais eu de très brillantes notes et qui préférait sa vie de femme au foyer à celle de gratte-papier au Département des Jeux et Sports Magique, mais elle ne veut pas laisser tomber sa famille.
Ils ont deux enfants : Marietta, qui est une sorcière, et son frère cadet de cinq ans Ryan, qui est un Cracmol. Les deux enfants ne sont pas particulièrement proches mais s'entendent bien. Les Edgecombe sont très intéressés par l'idée de Tourmaline, et pensent y inscrire Ryan quand il aura onze ans l'année prochaine.
Marietta est quelqu'un d'assez effacé en général. Elle reste généralement à la périphérie du groupe et n'attire pas l'attention sur elle. C'est quelqu'un de réservé, un peu rêveur. Elle est plutôt gentille, mais pas très affirmée. Par exemple, elle ne participera jamais aux blagues un peu cruelles que font certains élèves à Luna Lovegood : mais elle ne fera rien pour les arrêter, et restera cachée derrière son livre en faisant semblant de ne rien voir. Marietta n'est pas très courageuse.
Mais elle n'est pas lâche pour autant. Marietta est quelqu'un d'immensément loyal. Entraînée par un groupe, ou bien pour aider/soutenir une amie, elle peut faire preuve d'un sacré cran. Elle est le genre de personne qui n'abandonne jamais ses amis, même s'ils deviennent impopulaires, même si c'est dangereux. Marietta est peut-être timide et silencieuse, mais elle aime énormément ses proches, et même si elle n'est pas très démonstrative, elle ferait n'importe quoi pour eux. Dans le canon, c'est ce qui a causé la perte du DA : l'amour et l'inquiétude de Marietta pour sa mère.
Le Choixpeau a faillit placer Marietta à Poufsouffle, pour sa diligence au travail, sa tendresse, et son incroyable loyauté. Mais finalement, il s'est décidé pour Serdaigle, car Marietta a une sensibilité qui s'épanouit au mieux dans cette Maison. En effet, Serdaigle est la Maison est artistes, et Marietta peint et elle dessine. Elle est d'ailleurs très douée pour ça. C'est sa passion, un peu comme Cho est passionnée de Quidditch ou Elisa est passionnée par la création (qu'il s'agisse d'objets ou de sorts). Elle peint des portraits, des scènes, des décors. Plusieurs de ses tableaux, offerts à ses camarades, sont accrochés dans son dortoir. Plus tard, elle voudrait en faire son métier. Cela dit, en dehors de Serdaigle, très peu de gens connaissent son talent : c'est quelque chose que Marietta considère comme privé, et les Serdaigle respectent son souhait d'être laissé en paix.
La meilleure amie de Marietta est Cho Chang : elles se sont rencontré dans le Poudlard Express et sont devenues inséparables. Marietta a aussi d'autres amis (qui lui sont moins proche) au CEM. C'est d'ailleurs par ce biais qu'elle connait Elisabeth Bishop. Comme les autres membres du CEM, Marietta voit Elisa comme une sorte de mentor un peu déjantée.
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Voilà ! J'espère que ça vous a plu... Et que vous guetteraient le nom de Marietta dans ce chapitre, car elle y est mentionnée x) Enfn bref, je ne vous fait pas languir plus longtemps. Enjoy !
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L'ombre de l'évadé d'Azkaban
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Le Chemin de Traverse n'était pas le seul endroit où Elisa se rendait durant l'été. Oh, le plus souvent, elle restait chez elle, au Cottage des Erables. Mais elle prenait parfois son MagicoGlisseur pour aller jusque chez les Lovegood, qui n'habitaient qu'à cinq minutes de chez elle, et tenir compagnie à Luna. Plus rarement, elle prenait le risque d'être vue par des Moldus en balade dans les champs, et traversait les collines jusqu'à la maison des Diggory, ou bien allait au Terrier rendre visite aux Weasley. L'avantage d'habiter à Loutry St Chaspoule, c'était que non seulement les plus proches voisins étaient à au moins dix kilomètres, mais qu'en plus un grand nombre des habitants du coin étaient eux aussi sorciers…
Mais passons.
Elisa sortait donc de chez elle assez régulièrement. Pour aller voir ses amis, mais aussi pour travailler. Il s'agissait le plus souvent de bricoler ses Glisseurs dans son atelier, ou d'aller jeter un œil à ce que faisait Gwendolyn dans l'atelier à l'étage de B&B. Mais parfois, Elisa prenait la Cheminette vers une destination un peu plus lointaine… L'école de Tourmaline, à Nottingham.
Les MagicoGlisseurs étaient l'invention dont elle était la plus fière, et le lancement de B&B était la consécration d'une de ses plus vieilles ambitions (à savoir : que son nom de famille soit affiché en grand sur le Chemin de Traverse pour que les Bletchey se mordent les doigts d'avoir renié sa mère) : mais c'était la création de Tourmaline qui rendait Elisa humble. Parce que Tourmaline était une école mi-sorcière et mi-Moldue, destinée aux Cracmols, et que c'était un concept absolument révolutionnaire.
Elle avait eu l'idée et esquissé le concept très tôt : mais ce n'était qu'un an plus tôt, et avec l'aide de cinq amis, que ce projet s'était concrétisé. C'était quelque chose qui avait dépassé ses espérances les plus folles. Une école pour les Cracmols, un établissement qui leur donnerait une éducation et une opportunité de ne pas être traités comme des rebuts de la société, un lieu qui leur donnerait un rôle et une place dans le monde magique ! C'était vertigineux. C'était brillant. Et oui, ça rendait humble.
Alors, même si ça impliquait de faire une croix sur sa grasse matinée tous les mercredis, Elisa se levait et allait aider ses pseudo-associés à finaliser les détails du projet. S'ils voulaient que Tourmaline entre en service l'année prochaine, ils avaient encore beaucoup à faire.
– J'ai un bon CV de prof, indiqua Myriam. On a déjà reçu des candidatures de prof de physique-chimie ou de maths ?
Lester fouilla rapidement dans la pile de dossiers de candidatures (qui restait mince) posée à côté de lui, avant de secouer la tête :
– Un seul, et il est vieux comme Stonehenge. Montre un peu ce CV ?
Myriam le lui passa de bonne grâce, et Elisa parcourut leur petite assemblée du regard avec une certaine affection. Leur petit groupe était pour le moins disparate. Il y avait Lester Hopkrik, dix-neuf ans, jeune employé du Ministère de la Magie. Sa tante Madeline Hopkrik, une Cracmol d'une trentaine d'année. Sa petite-amie Myriam Collins, Cracmol également, âgée de vingt ans et étudiante dans une fac Moldue. Neal Bowman, dix-neuf ans, apprenti Médicomage. Gwendolyn Bowman, sa sœur âgée de dix-huit ans, la gérante de Bishop & Bowman. Et Elisa elle-même, quinze ans, encore élève à Poudlard.
C'était assez étrange. Quelques années plus tôt, elle n'aurait jamais imaginé avoir ce genre de personne pour amis. Ils étaient tous plus vieux qu'elle, et… Elisa avait un côté autoritaire qui tendait à prendre à rebrousse-poil ses aînés. Mais les voies du Seigneur (ou du destin, ou de JK Rowling…) étaient impénétrables. Elisa s'était retrouvée à monter un business avec la bande d'ex-Poufsouffle la plus disparate qui soit, et leur présence lui était devenue indispensable. Ils formaient un groupe vraiment bizarre, mais ils étaient étonnamment unis.
– Ce CV a l'air pas mal, acquiesça Lester en l'ajoutant à la pile. C'est un professeur Moldu, mais marié à une sorcière. Il ajoute qu'il a une fille à Poudlard, et un fils qui n'a encore jamais fait de magie accidentelle.
– Montre-moi ça, s'intéressa Neal Bowman en choppant la lettre au passage.
– Ne prends pas les affaires des autres ! le tança sa sœur Gwendolyn.
– Du calme vous deux, les sermonna Madeline. Neal, tu n'es pas chargé des CV mais des prospectus de publicité. Et Gwendolyn, où en est ta liste des fournitures qui nous manquent encore ?
– Je n'ai aucune idée d'où acheter des tableaux noirs ! se plaignit Gwendolyn.
Gwendolyn avait beau être une associée fantastique et quelqu'un de très débrouillard, elle n'en restait pas moins une Sang-Pure qui n'avait pas souvent mis les pieds chez les Moldus. Lui confier l'achat de fournitures non-magiques n'était peut-être pas une très bonne idée…
– Il y a des magasins spéciaux pour ça, non ? interrogea Elisa.
– Si c'est tout ce qui manque, je peux m'en charger, offrit Madeline.
Ignorant leurs querelles, Elisa finit par récupérer la feuille, et parcouru le CV avec intérêt. Effectivement, cette personne correspondait plutôt bien à leurs critères. Le nom de l'envoyeur la fit cependant hausser les sourcils.
– Eugène Edgecombe. Sa fille Marietta fait partie du CEM…
Et, dans l'intrigue canon, Marietta dénonçait Harry et ses amis parce que le Ministère menaçait sa mère, non ? Ou quelque chose dans ce goût-là… Elisa hésita une seconde, puis ajouta le CV de Mr Edgecombe à la mince pile de ceux qu'ils comptaient recontacter.
Si le père de Marietta était embauché, sa mère pourrait démissionner sans crainte de perdre leur seule source de revenus, si jamais le Ministère se mettait à lui mettre la pression.
– C'est au niveau des professeurs de magie qu'on rame, fit remarquer Lester en épluchant leur pile de CV.
– On a un volontaire pour enseigner les Potions et la Botanique, pointa tout de même Neal.
– Ce n'est qu'une seule personne ! Il nous faut aussi un prof pour la théorie des Sortilèges et de la Métamorphose, un autre pour l'Astronomie, un autre pour la Divination, un autre pour les Runes, et un autre pour la Défense !
Rien que d'entendre cette énumération à voix haute, c'était décourageant.
– Il n'y a pas beaucoup de sorciers qui veulent enseigner à des Cracmols, renifla Myriam d'un air hargneux.
Ses parents biologiques l'avaient donnée comme un chiot indésirable dès qu'ils avaient découvert qu'elle était dépourvue de magie. Elle avait neuf ans, à l'époque. Ses parents adoptifs l'avaient élevée avec beaucoup d'amour, mais Myriam n'avait jamais pardonné à ses parents biologiques de s'être débarrassés d'elle sans même un regard en arrière.
Elisa se sentit un peu coupable. Ils avaient reçu un bon CV : celui de Remus Lupin. Il avait soumis sa candidature au début de l'été (avant que Sirius ne s'échappe et que Dumbledore ne l'engage, sans doute). Mais Elisa l'avait discrètement fait disparaitre de la pile, afin de préserver le canon.
Il valait mieux que Lupin aille à Poudlard. Déjà parce qu'il était plus ou moins essentiel à l'intrigue, mais aussi parce que l'école avait désespérément besoin d'un prof compétent. Elisa passait ses BUSES cette année : si elle avait une chance d'avoir un bon prof, elle allait la saisir !
– Je me demande si ma mère serait d'accord pour enseigner, fit-elle d'un air songeur.
Sans doute pas. Sa mère, Isabelle Bishop, était une rêveuse et une recluse. Ce serait comme de demander à Luna Lovegood d'enseigner. En pire, parce qu'Isabelle était affreusement stressée par la foule.
– Je me porterai bien volontaire, soupira Gwendolyn. Mais j'ai déjà la boutique à gérer.
– Au fait, les affaires vont bien ? s'intéressa Neal.
– Très bien même ! se vanta sa sœur. Tout le monde veut avoir une montre digitale personnalisée, c'est un bijou autant qu'un outil. Une des filles de ma classe bosse à Sorcière Hebdo maintenant, et elle m'a dit que les montres avaient tellement de succès que c'était devenu un accessoire de mode incontournable.
Neal jeta un regard dubitatif à sa propre montre, dont l'écran de cuivre rond était très classique. Les chiffres lumineux qui donnaient l'heure avaient un design élégant, comme s'ils étaient calligraphiés : mais c'était la seule originalité du modèle.
– On a diversifié l'offre depuis l'ouverture de la boutique, pointa Elisa en suivant son regard. Et Gwendolyn est très douée pour les finitions, alors que je n'y faisais pas très attention. Maintenant, elle personnalise les cadrans et bracelets. On ne vend plus deux montres identiques !
– Et je peux témoigner, fit Myriam en montrant son poignet.
Sa montre était plutôt petite, et protégée par un couvercle gravé de fleurs, qui se rétractait si on appuyait dessus. Le cadran argenté affichait des chiffres qui semblaient être dessinés à l'encre bleue foncée scintillante, et la montre était ornée de jolis papillons argentés qui voletaient autour de l'heure. Le cadran affichait aussi les phases de la lune sous la forme d'un petit dessin rond et argenté devant laquelle passaient de petits nuages, signalant que c'était la pleine lune.
Elisa était très fière de ses montres digitales. Avec leur cadran rustique et rond, et leurs symboles qui semblaient tracés à l'encre brillant comme de la calligraphie, ces montres n'évoquaient rien de technologique ou d'high-tech. Leur esthétique faisait très sorcière, et les matériaux utilisés auraient semblé parfaitement à leur place dans l'ère victorienne. Un très grand nombre de clients de B&B ignoraient complètement que l'inspiration de ces objets était Moldue. Et chaque montre était personnalisée et unique, car rien ne déplaisait plus aux sorciers que les objets impersonnels, produits en série.
– Aphrodite Zabini m'en a commandé une, se vanta Gwendolyn.
– C'est qui celle-là ? lâcha étourdiment Elisa.
Gwendolyn eut l'air scandalisé :
– Une icône de la mode ! Elle est célèbre !
– C'est pas elle dont tous les maris sont morts mystérieusement ? fit Lester en plissant les yeux d'un air soupçonneux.
– Des circonstances malheureuses, l'assura Gwendolyn. Rien qui n'empêche que Mrs Zabini soit la figure de proue de la mode britannique. Une figure de proue qui va porter une de nos montres, Magister ! C'est pas rien !
Elisa décida de choisir la voie de la prudence, et acquiesça placidement :
– Tu as raison, c'est merveilleux.
Gwendolyn la regarda avec suspicion, pas dupe. Heureusement, Madeline fit diversion en les ramenant à leur tâcha, claquant des doigts pour attirer leur attention :
– Je vous signale qu'il faut qu'on finisse le tri des papiers avant ce soir. Au boulot ! Myriam et moi avons presque fini, vous êtes à la traîne.
Du coup Elisa se hâta de revenir à son courrier. Elle était chargée d'éplucher les lettres qui n'étaient pas des CV, c'est-à-dire les lettres de parents curieux du concept de leur école. Certains demandaient des précisions sur les mesures de confidentialité. D'autres encore voulaient se renseigner sur le programme scolaire, et les possibilités de voir leurs enfants le week-end… Et puis, bien sûr, il y avait une ou deux lettres de menaces ou d'insultes, disant qu'ils perdaient leurs temps à essayer de se préoccuper de la vermine, que les Cracmols devraient être noyés à la naissance, bla-bla-bla.
Elisa fit une note mentale d'ajouter des sortilèges de sécurité autour de l'école. Un truc pour empêcher l'entrée des gens non-autorisés, déjà. S'il y avait des sorciers mal intentionnés envers les enfants, pas questions qu'on puisse entrer et sortir de Tourmaline comme d'un moulin.
– Terminé ! annonça-t-elle en jetant la dernière lettre sur sa pile. On a dix lettres de parents inquiets, trois lettres de gens qui ont l'air intéressés et prêts à finaliser une inscription, une lettre d'un mec sans cœur qui voudrait notre adresse pour abandonner son fils sur notre perron, et deux lettres de menaces et d'insultes. Globalement, c'est positif.
– En comptant les lettres précédentes, ça nous fait presque douze possibles inscrits ! se réjouit Lester qui avait fait le calcul de tête.
Sachant qu'il y avait statistiquement environ quatre-vingt-dix Cracmols en âge d'aller au collège dans le pays, Elisa considérait qu'ils avaient encore du chemin à faire. Mais elle n'allait pas s'en plaindre. Tout grand voyage commençait par un petit pas, et Tourmaline était encore un projet très méconnu.
Myriam s'était rembrunie à la mention de l'homme qui voulait abandonner son fils, et elle se mit à fouiller dans la pile de lettres d'Elisa pour trouver la missive concernée. Quand elle la trouva, elle se mit à la lire à toute allure, sourcils froncés.
– Laisse tomber Myriam, soupira Gwendolyn.
– Ça me rend malade, marmonna la Cracmol. Quelqu'un qui est disposé à abandonner son fils n'est pas qualifié pour s'en occuper !
Il y eu un silence tendu. Elisa était assez d'accord avec Myriam, mais elle n'avait aucune solution à proposer. Elle se contenta de baisser les yeux sur son courrier en se mordillant la lèvre.
Puis quelqu'un se racla la gorge depuis l'entrée de la salle des profs, et Elisa sursauta si violemment qu'elle faillit tomber de sa chaise.
– Je tombe au mauvais moment ? sourit Harry avec hésitation.
Il se tenait dans l'embrasure de la porte, l'air incertain. Il avait dû venir directement depuis le Chemin de Traverse. Au début de l'été, il avait beaucoup aidé Elisa et ses complices à aménager l'école, et il était perpétuellement invité à se joindre à eux. Néanmoins, comme ils avaient commencé à travailler sans lui, il devait se demander s'il n'était pas en train de se poser en intrus.
– Bien sûr que non ! l'assura Gwendolyn une fois remise de sa surprise. On a presque fini. J'étais sur le point d'aller nous chercher à boire !
– N'essaie pas de tirer au flan ! la menaça Myriam.
Elisa secoua la tête avec amusement, puis décala la chaise voisine de la sienne d'un léger coup de pied, invitant Harry à s'y asseoir. Le Gryffondor s'y installa aussitôt, et se mit à lire la première lettre sur la pile de courriers fraîchement trié. Discrètement, Elisa glissa les lettres de menaces sous un magazine de fournitures scolaires.
Elle n'avait pas envie qu'Harry voit ce côté-là de l'école.
– Ça a l'air de bien avancer, sourit Harry en lisant l'une des demandes d'inscription.
Madeline était déjà en train de sortir de leur tiroir les formulaires pré-imprimés à renvoyer aux parents pour inscrire leurs enfants. Laissant Neal et Gwendolyn se chamailler, Elisa se tourna vers lui avec un sourire :
– Oui, plutôt. C'est bon signe, je trouve. Une école pour les Cracmols, c'est vraiment une idée très novatrice, mais on n'a pas rencontré beaucoup d'opposition.
Harry hocha joyeusement la tête, mais Lester doucha leur enthousiasme :
– C'est parce que les gens sont préoccupés par autre chose. Si Tourmaline faisait la Une, on serait ensevelis sous les hiboux de gens qui ont des opinions à nous faire partager. Mais là… Entre la révélation sur Jedusor, et puis l'évasion de Black… Tourmaline n'est qu'une petite annonce. Seuls les gens vraiment intéressés la remarquent.
Elisa sourit d'un air mauvais à l'évocation de Jedusor. Elle était plutôt fière d'elle sur ce coup. Le mythe de Voldemort était sacrément amoché, et Lucius Malefoy était en froid avec la haute société des Sang-Purs parce que tout le monde pensait qu'il était le responsable de cette révélation. Sur ce point, le canon avait définitivement déraillé.
– C'est d'ailleurs sans doute la seule chose positive qui ressort de l'évasion de Black, marmonna Lester. Quand l'agitation sera retombée, les journalistes se bousculeront pour avoir des scoops sur Tourmaline, mais d'ici-là, on est tranquille. Les gens ont d'autres Fléreurs à fouetter.
Neal émit un reniflement amusé :
– C'est la première personne qui s'est échappé d'Azkaban ! Evidemment, ça a de quoi rendre les gens paranoïaques.
Gwendolyn se pencha en avant, les yeux brillant de curiosité :
– Vous pensez qu'il a fait comment ?
– C'est peut-être un Animagus illégal qui s'est transformé en oiseau pour s'enfuir, pointa innocemment Elisa.
– Allez, je suis sérieuse !
La jeune fille renifla avec amusement mais n'insista pas. C'était bien plus drôle.
– Il paraît qu'il a tué treize personnes d'un seul sort, fit Myriam d'un air fasciné. Il y a des Aurors sur le Chemin de Traverse, mais si quelqu'un comme Black débarque… Ils ne pourraient pas faire grande chose, non ?
– J'espère qu'ils vont l'attraper vite, frissonna Harry.
Elisa regarda ailleurs, soudain mal-à-l'aise. Elle aurait bien aimé dire à Harry de ne pas s'en faire pour ça, mais elle pouvait difficilement défendre un soi-disant criminel…
D'autant plus qu'Elisa, personnellement, avait des sentiments ambivalents envers le parrain du Survivant. C'était le problème, avec les personnages complexes. Sirius Black était le genre de personne qui vous faisait cogiter sur votre définition du Bien et sur où tracer la ligne.
Elle admirait la loyauté de Sirius envers son filleul, pas de doute. Mais la désinvolture avec laquelle Sirius traitait la violence l'avait toujours fait flipper. Le fait qu'il avait été prêt à tuer Pettigrew sous les yeux de trois enfants sans que ça lui pose de problème, la hargne qu'il déversait sur Kreattur, sa totale absence de remords quant à son traitement de Rogue…
Sirius était entièrement dévoué à Harry, et ça, c'était quelque chose de bien. Mais si on ne faisait pas partie de ceux qu'il considérait comme les siens, Black était probablement une personne assez déplaisante (voir même dangereuse) à fréquenter.
– Tiens, j'y pense ! s'exclama-t-elle. On devrait installer des mesures de sécurité autour de Tourmaline. Imaginez ce qui se passerait si des gens mal intentionnés entraient ici.
Etant donné le cheminement de la conversation, tout le monde assuma qu'elle parlait de Sirius Black. Seul Lester, pas dupe, jeta un regard en direction de la pile de courriers qu'elle avait devant elle. Employé du Ministère, Lester savait parfaitement quelle opinion certains bigots avaient des Cracmols ou de tout être jugé inférieur…
– Bonne idée, approuva Gwendolyn. Je connais plusieurs sorts d'alarmes que j'ai mis sur la boutique.
– Et je dois pouvoir trouver à la maison des bouquins sur des sortilèges de verrouillage et de barrière, réfléchit Neal. Je les apporterai demain après-midi.
– Parfait, déclara Myriam. Je déclare donc la séance levée ! Maintenant, passons aux choses sérieuses. On se fait une pizza, ce midi ? On pourrait tous transplaner dans un endroit Moldu.
– Je n'ai jamais mangé de pizza, fit Neal avec curiosité.
– Tu verras, c'est super-bon, l'assura Lester qui avait davantage arpenté le monde Moldu.
Mais Elisa secoua la tête avec regret :
– J'ai promis à ma mère d'être rentrée avant midi. Désolée, mais je vous abandonne. Gardez un œil sur Harry pour moi.
Il y eut quelques exclamations de déceptions et quelques remarques taquines, mais Elisa ne céda pas. Ça lui faisait chaud au cœur d'être considérée comme un membre du groupe par ces jeunes adultes, tous plus vieux et plus cool qu'elle, mais elle faisait assez de trucs dangereux comme ça. Si sa mère voulait qu'elle rentre, alors Elisa rentrait.
Ils se saluèrent tous, Elisa ébouriffa les cheveux d'Harry qui protesta pour la forme, puis chacun parti de son côté. Lester Transplana avec Myriam, Gwendolyn avec Madeline, et Neal avec Harry. Elisa quitta Tourmaline la dernière, par voie de Cheminette.
Elle n'était pas une grande fan de ce moyen de déplacement, mais elle s'engouffra quand même dans les flammes vertes d'un pas résolu, avant d'être aspirée par le réseau de Cheminette. Brièvement secouée en tous sens, elle finit par émerger dans son salon, et se prit promptement les pieds dans le tapis avant de s'étaler par terre.
– Argh, gémit-elle.
Sa mère, qui était en train de disposer un plateau de jolis sandwiches sur la table tandis que son elfe Chappy amenait une carafe d'eau et un plateau de fruits, lui lança un regard amusé. Elle était habituée depuis longtemps à la maladresse de sa fille.
– Tu n'aimes toujours pas la Cheminette ?
– C'est la Cheminette qui ne m'aime pas, marmonna Elisa en se redressant. Je ne suis pas en retard ?
– Pas du tout, la rassura sa mère. Viens, assieds-toi.
Physiquement, Elisa ressemblait surtout à son père, avec un visage arrondi et des sourcils volontaires. Mais elle avait la chevelure châtain de sa mère et parfois, elle regrettait de ne pas lui ressembler davantage. Avec son visage aux traits doux, son sourire rêveur, ses pommettes hautes, et ses cheveux toujours élégamment retenus en arrière par de jolies pinces ou d'astucieux assemblages de tresses, Isabelle avait l'air d'une fée tombée chez les humains par hasard.
– Tu as vu Harry ? demanda sa mère tandis qu'Elisa mordait dans un sandwich.
Depuis qu'Elisa s'était mise à ramener le Survivant chez eux tous les étés, Isabelle l'avait quasiment adoptée. La jeune fille avala sa bouchée, et hocha la tête :
– Il va bien. Il est allé manger une pizza avec Gwendolyn et les autres. Il reviendra sans doute demain pour nous voir placer des sorts de protection sur Tourmaline.
Isabelle fronça les sourcils, fixant son sandwich d'un air pensif, mais ne dit rien. Elles mangèrent en silence un moment. Puis la mère d'Elisa finit par craquer, de soupira brusquement :
– Garde un œil sur lui à Poudlard, d'accord, Ellie ? Avec Black dans la nature… Je n'obtiens jamais de réponse claire quand j'essaie deviner le futur de cette école, mais je m'inquiète.
Elisa haussa les sourcils, et essaya de faire preuve de tact :
– Tu penses que Black serait après Harry ?
Isabelle regarda dans le vide et, d'un geste machinal, repoussa une mèche sur son épaule. Pendant une seconde, elle eut l'air très fatiguée. Très triste, aussi. Presque résignée.
– Je ne sais pas Ellie, finit-elle par soupirer. Mais rien de bon n'est jamais venu de Black, et maintenant qu'il est dans la nature… Je crois que Poudlard ne sera pas plus sûre que l'année dernière.
L'année dernière, un serpent géant avait essayé de bouffer les élèves. Et les prédictions d'Isabelle étaient rarement fausses. Elisa sentit un frisson glacé lui remonter le long de la colonne vertébrale. Tout l'optimisme qu'elle avait ressenti à Tourmaline s'était évaporé.
Elle eut beau insister, sa mère ne voulut pas lui en dire davantage sur Sirius Black. Elisa se résigna à se débrouiller toute seule. De toute façon, Isabelle n'avait fait que formuler une chose à laquelle Elisa s'attendait depuis qu'elle avait reçu sa lettre d'acceptation à Poudlard.
Le début des ennuis.
oOoOoOo
Les ennuis, étrangement, ne se présentèrent pas tout de suite. Et lorsqu'ils débarquèrent, ce ne fut ni sous la forme d'un Sinistros hirsute, ni celle d'un évadé famélique, ni même celle d'un Détraqueur.
Lester, Myriam, Neal et Madeline travaillaient durant l'été, surtout en août. Mis à part les quelques soirées qu'ils réussissaient se dégager pour discuter de Tourmaline dans la salle des profs, leur petite bande était donc toujours séparée, chacun se plongeant dans son travail. Elisa trouvait ça un peu déprimant. L'année dernière, elle avait eu Gwendolyn pour elle toute seule, et Lester et Neal lui écrivaient presque tous les jours. Ça allait être bizarre, Poudlard sans leur présence constante.
Mais bon, elle se débrouillerait. Et puis, c'était apaisant, d'être seule avec ses pensées et ses idées. Ça lui donnait le temps de travailler sur ses MagicoGlisseurs par exemple. Au cours de l'été, elle en avait vendu six. Sachant que le prix d'un modèle allait de deux-cents à cinq-cents Gallions, ça faisait tout de même un beau pactole.
Fabriquer un MagicoGlisseur n'était pas une tâche aisée. Elisa avait deux modèles qu'elle produisait en série : les Stormtroopers, petits et maniables, et les Séraphins, plutôt destinés aux acrobaties aériennes. Mais généralement, elle expérimentait avec différentes combinaisons de sorts et de types de bois… Et du coup, elle créait surtout des modèles uniques. Et créer des trucs pareils ? Ça n'était pas facile. Heureusement, Elisa ne se chargeait que de la partie magique, à savoir l'enchantement du bois et l'activation des Runes. Le reste, qu'il s'agisse de découper la planche ou de souder le métal, était fait par ses elfes.
Elisa avait au total cinq elfes, d'anciens elfes libres qu'elle avait recueillis deux ans plus tôt. Il y avait Olly son serviteur personnel, Tilly la couturière, Maddy l'elfe défigurée, la vieille Tuanelle, et le jeune Pillo. Pourtant, les seuls que son entourage connaissait étaient Olly et, occasionnellement Tilly. On ne sait jamais, si les gens ignoraient qu'elle avait à son service cinq petits êtres loyaux jusqu'à la moelle et capable de se téléporter partout, ils étaient nettement plus susceptibles d'être pris au dépourvu le jour où Elisa déciderait d'utiliser ses elfes pour voler un Horcruxe ou kidnapper quelqu'un.
… Oui, Elisa se préparait à des éventualités assez bizarres. Mais, eh ! Sa grande ambition était de faire dérailler le destin, ce qui impliquait de zigouiller un mage noir. On ne fait pas d'omelette sans casser des œufs.
Mais bref. Elisa était donc dans son atelier (une petite maisonnette de pierre construite dans la forêt derrière la Cottage), lorsque les ennuis virent toquer à sa porte… Sous la forme du Patronus de Trisha, qui apparut soudainement devant elle. Elisa poussa un glapissement de surprise et s'interrompit dans sa litanie de sortilèges, ce qui fit tomber par terre la belle planche du Glisseur qu'elle était en train d'ensorceler. Elle poussa un juron : elle devrait recommencer depuis le début.
– J'espère que c'est important, grogna-t-elle à l'adresse de l'ours argenté.
Le Patronus ne cilla pas, et ouvrit la gueule pour déclarer avec la voix de Trisha :
– Tu pourrais venir à la confiserie cet après-midi ?
L'ours disparut. Elisa fronça les sourcils. Ce n'était pas un message très clair… La voix de Trisha lui avait paru anxieuse, mais pas pressante. Est-ce que son amie s'était disputée avec ses parents ? Avec Gwendolyn peut-être ? Elles vivaient dans la même rue, mais n'étaient pas en très bons termes.
Elisa se mordilla la lèvre, puis se décida. Ses Glisseurs étaient moins importants que Trisha. Elle reposa son Glisseur non-ensorcelé sur la pile de planches à terminer, et chercha du regard sa veste. Elle la repéra sur le dossier d'une chaise à quelques mètres, et tendit la main dans sa direction. Comme attirée par un courant invisible, le vêtement décolla de son emplacement et termina sa course dans la main d'Elisa.
La magie sans baguette n'était pas très populaire chez les sorciers. A partir du moment où ils avaient une baguette, ils en devenaient vite dépendants. Mais quand elle était petite, Elisa était complètement extatique à l'idée de faire de la magie, et elle utilisait sans cesse sa magie accidentelle pour attirer à elle des objets, ou les repousser. Alors à force de répéter sans cesse les mêmes tours, sa magie accidentelle était devenue volontaire… Et elle avait continué à utiliser ce genre d'astuce même après avoir reçu sa baguette. Elisa avait appelé ce type de magie « la Force », puisque cela lui évoquait les pouvoirs de télékinésie des Jedi de Star Wars.
Elle savait juste faire bouger des objets, cela dit : et encore, ils ne devaient pas être trop lourds. Pour faire exploser le sol, assommer un ennemi, ou juste créer un bouclier, elle avait tout intérêt à avoir une baguette sous la main !
– Je sors, lança-t-elle à ses elfes. Tilly, si ma mère s'inquiète, je suis allée voir Trisha. Olly, tu peux m'emmener à la confiserie Buttermere ?
Tilly et Tuanelle, occupés à découper la forme d'un Glisseur dans une planche, hochèrent la tête pour signifier qu'elles avaient entendues. Maddy, qui faisait fondre le métal qui borderait ensuite les contours des MagicoGlisseurs, acquiesça à voix haute, tout comme Olly et Pillo qui polissaient et lustraient le bois d'un MagicoGlisseur presque achevé :
– Oui Madame !
Olly vérifia que Pillo s'en sortait seul, puis trottina vers Elisa et prit sa main tendue. Elle utilisait systématiquement ses elfes pour transplaner, et c'était un rituel bien établi. Dans un grand craquement, ils disparurent. Le temps d'un battement de cœur, et ils réapparurent dans l'arrière-cour de la confiserie, là où les elfes effectuaient leurs achats et où les fournisseurs effectuaient leurs livraisons.
Elisa remercia Olly, qui disparut pour reprendre son travail à l'atelier. Puis, après avoir pris une grande inspiration, elle entra d'un pas ferme dans la confiserie.
L'arrière-cour donnait sur un étroit couloir menant à la réserve. Elisa dépassa l'escalier qui montait à l'étage (là où vivait la famille Buttermere) et prit la deuxième porte, qui menait à la boutique à proprement parler. Il n'y avait pas grand-monde, mais Elisa mit un certain temps à repérer Trisha. Celle-ci essuyait une table d'un air absent, les yeux dans le vague et l'air anxieux. Elisa la rejoignit d'un pas vif, soudain inquiète :
– Trisha ?
Son amie sursauta violemment, puis se détendit en la reconnaissant, l'air intensément soulagée :
– Elisa ! Tu es venue vite…
– Ton message m'a intrigué, avoua son amie. Qu'est-ce qui se passe ?
Trisha jeta un regard nerveux autour d'elle, puis attira Elisa à une table déserte, partiellement dissimulée derrière une grande plante en pot qui se balançait sous l'effet d'une brise inexistante. Les deux filles s'assirent, et Trisha se pencha aussitôt vers son amie :
– Tu sais que les Aurors viennent manger ici, des fois ?
– Euh oui, fit Elisa prise au dépourvue. J'imagine que ça arrive.
Trisha hocha gravement la tête :
– Exactement. Et ils discutent. Et quand je les sers, parfois ils ne font pas attention à moi, et… J'entends ce qu'ils racontent. Et…
Trisha prit une grande inspiration, et murmura précipitamment :
– Et cet après-midi, deux d'entre eux étaient en train de dire que Sirius Black s'est échappé pour tuer Harry Potter !
Oh, misère.
Elisa finit par obtenir l'histoire complète de la bouche de son amie. Apparemment les Aurors n'étaient pas entièrement stupides, et ils cessaient de parler d'affaires sensibles quand un tiers s'approchait. Trisha n'avait donc pas entendu leur conversation complète. Cela dit, alors qu'elle s'éloignait après avoir déposé leurs crêpes sur leur table, elle les avait entendu mentionner le nom d'Harry et s'était attardée à l'angle du couloir, curieuse. L'un des Aurors avait mentionné que c'était son tour de suivre le Survivant sur le Chemin de Traverse (Elisa n'osait pas imaginer la réaction d'Harry s'il apprenait qu'il était pris en filature par des agents du Ministère). L'autre lui avait répondu que ce n'était pas la peine, ce à quoi le premier Auror avait sèchement rétorqué que Black avait passé des semaines à obséder au sujet d'Harry Potter avant de s'échapper d'Azkaban, et qu'il y avait tout à parier que le gamin était sa cible. Puis il avait rajouté que ce n'était pas étonnant, venant de la part d'un Black. Son ami lui avait alors avidement demandé des détails… Mais comme ça devait être confidentiel, leur conversation s'était poursuivie à l'abri d'un Charme de Bulle de Silence.
– Je ne savais pas à qui d'autre le dire, acheva Trisha d'un ton d'excuse après avoir terminé son récit. Mes parents me diraient de ne pas m'en mêler, je ne connais pas assez Harry pour aller lui balancer ce genre de fardeau sur les épaules…
– Alors tu m'en parles à moi ? acheva Elisa.
Elle n'était pas Auror, ou prof de Poudlard ! Ce n'était pas parce qu'elle avait un surnom cool et organisait des clubs de travail extrascolaire que ça la rendait qualifiée à gérer une histoire d'évadé meurtrier ! Mais Trisha haussa les épaules comme si c'était évident :
– Il est l'un de tes gamins, non ?
Elisa ouvrit la bouche… Puis la referma. Elle n'avait jamais vu les choses comme ça. Pour elle, Harry Potter était et resterait toujours le Protagoniste. Le personnage principal. Le héros. Elle s'était arrangée pour se glisser dans son cercle d'amis proches, mais elle n'avait jamais considéré que ça faisait d'Harry son protégé au même titre que Zacharias Smith, Sally-Anne Perks, Tracey Davies, Sun-Min Jeong, Edgar Whistler, Luna Lovegood, ou les jumelles Carrow.
Après tout, Harry n'avait pas vraiment besoin de sa protection. Il était parfaitement capable de se débrouiller tout seul…
– Il est un cas particulier, finit par dire Elisa.
– C'est le Survivant, admit Trisha. Mais tu ne le traites pas très différemment de la petite Serpentard, là, Tracey. Il est un peu à l'écart dans sa Maison, alors tu gardes un œil sur lui et c'est toi qu'il va voir quand il a besoin d'aide.
Pas toujours, songea Elisa en se remémorant l'épisode où le Trio avait perdu une centaine de points en faisant sortir de Poudlard le dragon d'Hagrid. Puis elle se souvint des questions d'Harry sur Nicholas Flamel, de son demi-aveu quand il avait eu besoin de faire disparaitre le Polynectar, et elle dut convenir que Trisha n'avait pas tout à fait tort.
– Merlin, gémit-elle plaintivement. Quand est-ce qu'il est devenu ma responsabilité ? C'est une énorme charge, est-ce que tu as une idée du genre d'ennuis dans lesquels il se fourre régulièrement ?
Trisha haussa les épaules sans la moindre compassion :
– Alors, qu'est-ce que tu vas faire ?
Elisa poussa un profond soupir, et se frotta le front avec résignation. Trisha avait l'air de se sentir nettement mieux maintenant qu'elle lui avait parlé de cette histoire et lui en avait transféré la responsabilité. Elisa, en revanche, sentait poindre une migraine.
Isabelle avait eu raison de prédire le début des ennuis. Maintenant qu'Elisa avait été mise au courant des prétendus motifs de Sirius Black, elle devait faire quelque chose, ne serait-ce que parce que c'était ce qu'elle ferait en temps normal si elle apprenait qu'une menace planait sur Poudlard. Depuis toujours, elle avait veillé sur les plus jeunes comme une mère-poule. Le problème, c'était qu'Elisa n'avait aucune idée de quoi faire précisément. Elle ne pouvait quand même pas aller traquer Sirius elle-même ! Et elle ne voulait pas impliquer Harry. Alors, que faire ? Qui consulter ?
Le mot « consulter » lui fit penser aux jumeaux Weasley, puis il lui évoqua les romans de Sherlock Holmes qu'elle leur avait prêté (les romans policiers étaient très populaires dans son trafic de livres), et ce fut comme une illumination :
– Je vais mener l'enquête.
– Tu vas quoi ? fit Trisha avec incompréhension.
– Je vais enquêter sur Black, répéta Elisa qui commençait à penser que c'était une excellente idée. Je pourrais demander au Ministère la transcription de son procès, par exemple…
Normalement, ce genre de documents était public. Mais vu que Sirius n'avait pas eu de procès, Elisa savait qu'elle ferait chou blanc de ce côté. Ce n'était pas important : pour une fois, Elisa ne voulait pas avoir un résultat, juste donner l'impression qu'elle faisait quelque chose.
– Et je pourrais demander à des gens de me dirent ce qu'ils savent sur Black, continua-t-elle en pensant à sa mère.
Elle avait regardé les dates. Les Maraudeurs étaient nés en 1960. Sa mère n'avait donc que quatre ans de plus qu'eux. Elle avait dû les croiser à Poudlard. Etait-ce pour ça qu'elle avait dit « rien de bon n'est jamais venu de Black » ? L'avait-elle connu personnellement ? Et si c'était le cas, pourquoi ne voulait-elle rien dire sur le sujet ?
– C'est une bonne idée, approuva Trisha. Lester et les gens de son année ne l'ont pas connu, mais leurs parents sont peut-être allés à l'école en même temps. Ils pourraient te dire quel genre de maléfice il utilisait le plus, s'il tendait des pièges ou préférait attaquer de front, combien de gens il a tué, quel genre de dangereux adeptes de la magie noire il fréquentait à l'école…
Elle était lancée, et Elisa grimaça. Avec le zèle de Trisha, elle ne pourrait pas couler son enquête sans que son amie ne s'en rende compte…
Bah. Ce n'était qu'une enquête, après tout. Qui en pâtirait si elle se contentait juste d'emmagasiner des informations ? Ce n'était pas comme si elle comptait en parler à quelqu'un d'autre.
– Tout à fait, acquiesça-t-elle donc à contrecœur. Avec qui tu penses qu'on devrait commencer ?
Elle avait failli dire qu'elle s'en chargerait toute seule, mais elle s'était ravisée au dernier moment. Tenter de décourager Trisha de l'aider serait pratiquement mission impossible.
Et, finalement, Elisa se sentait toujours un peu coupable d'avoir délaissée sa meilleure amie l'année dernière à cause de ses préoccupations pour le lancement de B&B… Et du journal de Jedusor. Avant d'écrire dans l'Horcruxe, Elisa n'aurait jamais pensé monter un tel projet en solo : mais à présent, ça lui semblait naturel. Et ce n'était vraiment pas une facette de sa personnalité qu'elle voulait voir devenir dominante ! Quand elle était livrée à elle-même, elle se laissait entrainer par son ego et pouvait déclencher des catastrophes…
– Hum, réfléchit Trisha. Des gens qui sont allée à Poudlard avec Black, ou qui ont travaillé avec lui après. Il faut trouver dans quelle promotion il était…
– Gryffondor, promotion de 1971, répondit aussitôt Elisa.
– Gryffondor ?! Eh ben, autant pour les idées préconçues…
Elisa grimaça. La plupart des Puristes et autres supporters des idées de Voldemort se trouvaient à Serpentard, c'était un fait. Warrington, Flint, Malefoy, par exemple. Mais il y avait aussi des membres d'autres Maisons qui étaient fiers d'être Sang-Purs et méprisaient les Nés-Moldus, comme Jeremy Stretton de Serdaigle. Serpentard n'avait pas l'exclusivité des Mangemorts, et c'était une chose qui était trop facilement oubliée.
– Donc Black a environ trente-trois ans, calcula rapidement Trisha. A nous deux, on connait une bonne dizaine de personnes de cet âge, non ? On va commencer par faire une liste. Et ensuite, tu pourras demander à tes amis Lester et compagnie d'interroger leurs proches, eux aussi. Comme ça, on regroupera un maximum d'infos ! Qu'est-ce que tu en dis ?
Elisa se força à sourire :
– Excellente idée.
Trisha prenait cette histoire très à cœur. Elle avait beau ne pas être proche d'Harry, elle s'inquiétait pour lui… Elisa décida avec prudence de ne pas lui dire tout de suite que cette année, son père Michael Bishop avait appris à Harry à imiter des signatures, afin qu'il puisse recopier la signature de son oncle Vernon sur son autorisation à Pré-au-Lard. A tous les coups, Trisha en ferait une syncope. Elisa elle-même n'était pas très fière d'elle, sur ce coup.
Elle se contenta donc de promettre d'écrire à tous les gens qui pourraient lui donner des infos, recommanda à Trisha de lire ses bouquins de Défense avec attention, puis rentra chez elle par voie de Cheminette et poussa un profond soupir.
C'était une catastrophe de désamorcée… Pour le moment.
oOoOoOo
Elisa ne pouvait pas se défiler au sujet de son enquête. Alors, dès le lendemain, elle essaya d'évoquer le sujet avec sa mère. Mais Isabelle se contenta de soupirer et, après plusieurs minutes d'allusions peu subtiles de la part de sa fille, elle laissa tomber avec une certaine sècheresse :
– Je n'ai jamais adressé la parole à Black. Lui et ses amis étaient le genre de personne à éviter dans les couloirs, et je n'ai jamais été tentée de chercher à en savoir plus sur eux. Maintenant, est-ce que tu peux me laisser étudier cette charte lunaire en paix ?
Elisa n'insista pas. Il était rare que sa mère s'énerve, et elle n'avait pas envie de la fâcher.
En revanche, puisque son enquête avait officiellement commencé, Elisa prit une de ses pochettes cartonnées vides et décida de la remplir d'informations. Et le premier élément de son enquête consista donc en une feuille, titrée du nom « Isabelle Bishop », et dont le témoignage se résumait à une ligne.
« Sirius Black et ses amis étaient des personnes "déplaisantes" que les Serdaigle tendaient à éviter. »
Si jamais Trisha s'intéressait à l'avancement de l'enquête d'Elisa, elle pourrait toujours lui montrer la pochette comme preuve qu'elle ne faisait pas son job à moitié.
Dans les jours qui suivirent, Elisa ne retourna pas sur le Chemin de Traverse. Elle avait déjà fait ses achats pour la rentrée, de toute façon. Elle préférait profiter de ses derniers jours de solitude avant la rentrée, continuer à travailler sur ses inventions, et bouquiner tranquillement. Cela dit, elle prit quand même le temps d'écrire à ses différents contacts. Cela incluait Lester, Neal et Gwendolyn, bien sûr, mais aussi d'autres personnes dont elle était moins proche. Nymphadora Tonks, par exemple : elles ne se connaissaient pas beaucoup, mais elles s'étaient très bien entendues durant les deux ans où elles avaient été à Poudlard ensemble. Ou bien Aglaé Dwight, une Serpentard qui avait un an de moins qu'elle et dont le père travaillait aux archives du Ministère. Ou encore Zacharias Smith, dont les parents avaient sans doute été à l'école en même temps que les Maraudeurs (Elisa avait vérifié les dates sur un album photo de sa mère).
Elisa n'était pas folle, elle ne leur disait pas qu'elle enquêtait parce qu'elle pensait que Sirius voulait buter Harry. Non, elle leur demandait de garder le secret le plus absolu, et prétextait mener son enquête sur Black pour se faire une idée de sa dangerosité et protéger au mieux les élèves de Poudlard. C'était le genre de truc que tout le monde croirait sans difficulté. Après tout, Elisa était connue dans tout Poudlard comme la fille qui avait crié sur Dumbledore quand il n'avait pas tenu compte de la sécurité des Serpentard lors de l'intrusion du troll…
Plusieurs jours s'écoulèrent, et les réponses commencèrent à arriver. Aglaé était ravie d'aider, et Zacharias aussi. Tonks était plus réservée, parce qu'elle était Auror et avait sans doute autre chose à faire. Neal était intéressé par ce nouveau mystère. Quant à Lester, il invitait tout le monde à la plus grande prudence (ce qui était attendu) mais se disait prêt à fouiner du côté de ses collègues plus âgés. Globalement, les gens étaient généralement ravis de parler de Black : c'était le sujet de conversation préféré des sorciers durant leur pause café, avec tout l'émoi généré par son évasion.
Pour une enquête dans laquelle Elisa s'engageait en traînant les pieds, ça s'annonçait plutôt bien. C'était bien sa veine ! Pour une fois qu'elle aurait voulu qu'un de ses projets se casse la figure, il fallait que ça se passe comme sur des roulettes !
Mais bon, Elisa devait admettre qu'elle était un peu hypocrite. Elle ne faisait pas cette enquête complètement à contrecœur. D'accord, elle n'avait vraiment pas envie de s'impliquer dans ce bazar, mais… Elle était curieuse. Sirius Black n'était pas vraiment quelqu'un qu'elle aimerait croiser dans une ruelle sombre, mais le personnage avait un certain mystère, un certain charme. Un Sang-Pur rebelle bravant sa famille, un ami proche des héros de guerre, un combattant de l'Ordre du Phénix, un prodige de la Métamorphose capable de devenir Animagus à quinze ans ! Il aurait fallu qu'Elisa soit morte et enterrée pour ne pas être intéressée, non ?
Bref. Du coup, assez vite Elisa reçut les premières lettres de ses contacts au sujet de Black. Et même si une petite partie de son cerveau lui disait de ne pas s'impliquer, de ne pas déterrer une info qui pourrait lui exploser à la figure, et de ne surtout pas agiter le squelette dans le placard du professeur Lupin (enquêter sur Sirius allait forcément mener à son ami loup-garou, et là, bonjour la catastrophe)… Elisa se pencha quand même sur les lettres avec une curiosité morbide.
Bon. Au moins, elle ne fut pas déçue.
Aglaé avait trouvé les archives sur l'explosion qui avait tué douze Moldus et (prétendument) Peter Pettigrew. Les articles dépeignaient Sirius comme quelqu'un de cinglé, parlaient de son « regard dément » et de « la soif de sang sur son visage », mais tous concordaient sur le fait qu'il avait éclaté de rire après l'explosion. Elisa essaya d'imaginer le désastre, la rue explosée, les cadavres, le sang, la fumée, et Sirius en train de se bidonner. C'était une vision profondément perturbante.
Elle rangea l'article dans sa pochette cartonnée sans savoir quoi en penser.
Les autres avaient eu un peu moins de succès, mais leurs lettres contenaient toutes des bribes d'information qu'Elisa tria et recopia sur des parchemins à destination de sa pochette de preuves. Plusieurs personnes décrivaient Sirius comme charmeur et très drôle, vantaient son talent à l'école, louaient son dévouement envers ses amis (Elisa nota que personne ne nommait les amis en question). D'autres racontaient qu'il avait été un élève un peu turbulent, ou le qualifiaient de plaisantin. Plusieurs femmes émettaient l'hypothèse qu'il soit homosexuel, car il n'était sorti avec personne à Poudlard. Elisa gloussa en reconnaissant parmi ces témoins féminins les noms de plusieurs parents de ses camarades.
Tout n'était pas aussi rose, cela dit. La mère de Zacharias Smith s'était contentée de dire que Black et ses amis avaient toujours eu une propension à la violence et à la brutalité. Gwendolyn avait interrogé des commerçants du Chemin de Traverse, et un ancien Gryffondor avait avoué avec un certain malaise que les blagues des Maraudeurs étaient drôles, mais que personne n'aurait aimé être à la place de leurs victimes. Un autre vendeur, un Serdaigle, avait un commentaire plutôt intéressant et qui retint l'attention d'Elisa : Sirius pouvait se montrer violent, mais n'était pas sadique. Il agissait juste ainsi parce que c'était le seul moyen qu'il connaissait de plaire aux autres.
… Il n'avait sans doute pas tort, ce Serdaigle. Elevé par les Black, Sirius n'avait probablement jamais vraiment su ce qui était bien ou mal. Les blagues qu'il avait faites à l'école n'étaient probablement pas délibérément cruelles. Sirius voulait faire rire ses camarades, prouver qu'il était le caïd… Et il ne savait pas où se trouvait la limite. Il ne comprenait pas que c'était mal, tant que c'était drôle.
– C'est assez triste au fond, soupira-t-elle.
Son chat Dracarys se contenta de la regarder avec indifférence. Elisa haussa les épaules, attendit que le parchemin duplicateur ait terminé son travail, puis rangea ce nouveau témoignage dans sa pochette.
– T'as raison, dit-elle au matou. C'est trop déprimant pour faire ça toute la soirée. Tu n'aurais pas vu mon bouquin par hasard ?
Evidemment, le chat ne lui répondit pas. Elisa finit par remettre la main sur sa vieille copie du Capitaine Fracasse, qui était cachée derrière le terrarium de son serpent Malta. Elisa aurait pu continuer à feuilleter ses manuels, ou bien à s'instruire en lisant son bouquin sur les Pères Fondateurs des Etats-Unis, ou le recueil d'anecdotes sur la colonisation de l'Inde qui traînait dans sa bibliothèque. Mais Elisa avait toujours eu une faiblesse pour les romans de cape et d'épée…
Bah quoi ? Personne n'est parfait.
Elisa ne passait donc pas tout son temps sur sa correspondance. Elle menait l'enquête et Trisha était rassurée, mais elle n'avait pas que ça à faire. Il ne lui restait que quelques jours avant la rentrée : seulement quelques jours pour faire tant de choses ! Elle avait l'impression qu'elle n'en profitait pas assez.
Elle bricolait des MagicoGlisseurs (elle en avait à présent une vingtaine en stock). Elle planchait sur ses autres inventions, notamment les miroirs communicants. Elle essayait de se remémorer la chronologie de l'année scolaire dans le canon de l'histoire, et cherchait à voir si elle avait changé certains jalons de l'histoire avec ses interférences précédentes. Elle faisait la grasse matinée, lovée sous sa couette avec son chat roulé en boule à ses pieds. Elle lisait des bouquins de Sortilèges dont le niveau allait de celui des BUSES à celui des ASPICS. Elle feuilletait ses autres manuels scolaires. Elle relisait ses vieux bouquins de Jules Vernes. Bref, elle profitait.
Elle alla à Tourmaline comme chaque semaine, et la petite troupe d'associés décida d'une date pour les entretiens d'embauche. Ils seraient menés par Lester et Madeline, en octobre. Elisa regrettait de ne pas pouvoir y assister, mais elle leur faisait confiance.
Ce fut à la toute fin du mois d'août, trois jours avant la rentrée, qu'il fut annoncé que les Détraqueurs seraient postés autour de Poudlard. Cela provoqué un tollé de protestations chez les sorciers. Une douzaine de chouettes envahirent la chambre d'Elisa, envoyées par ses camarades Poufsouffle qui paniquaient, ou qui voulaient juste la féliciter de leur avoir appris le Sortilège du Patronus l'année précédente.
De nombreux adultes étaient furieux. Isabelle Bishop alla même voir Xénophilius Lovegood (ils ne s'étaient pas parlé depuis l'enterrement de sa femme Pandora) pour s'indigner avec lui et discuter d'un article incendiaire à publier dans le Chicaneur. Même si elle avait toujours l'air d'avoir la tête ailleurs, Isabelle était parfaitement consciente que Sorcière Hebdo ou la Gazette ne publierait jamais la lettre indignée d'un parent d'élève allant à l'encontre d'une décision du Ministère.
Elisa était plus ou moins indifférente au sujet. Son Patronus en forme de putois n'était pas très glorieux, mais il la protégerait.
Du coup, comme elle n'était pas intéressée par une discussion indignée sur les défauts des Détraqueurs et l'irresponsabilité de Dumbledore, elle profita de l'absence de sa mère pour inviter Harry au Cottage. Les Weasley et Hermione ne tarderaient pas à revenir de leurs vacances respectives, et elle voulait avoir encore un petit peu le Gryffondor pour elle toute seule.
– Ce sort est affreusement difficile, soupira Harry après un énième essai.
Bon, Elisa n'était pas très douée socialement, et sa façon de passer du temps avec les gens impliquait souvent l'enseignement d'une manière ou d'une autre. Du coup, elle apprenait des sortilèges à Harry.
Plus précisément, aujourd'hui, elle lui apprenait à lancer le Patronus. Maintenant qu'il était avéré que les Détraqueurs seraient à Poudlard, Elisa avait enfin un bon prétexte pour enseigner ce sort au Survivant. Eh, ce gamin réussissait toujours à tomber dans les pires ennuis possibles ! Elle préférait le préparer du mieux qu'elle pouvait !
Et puis, ce n'était pas inhabituel qu'elle apprenne des sorts très avancés au jeune Gryffondor. Depuis qu'il avait mis les pieds à Poudlard, Elisa s'était arrangée pour garder un œil sur ses progrès, et lui enseigner quelques astuces utiles. Elle l'avait par exemple beaucoup entraîné au duel l'été dernier, et lui avait appris tout un panel de sortilèges d'attaques. Tôt ou tard, Harry ferait face à de gros ennuis, et Elisa était plus rassurée en sachant qu'il saurait surprendre son adversaire.
– Concentre-toi sur quelque chose qui te rends heureux, l'encouragea-t-elle. Pense à cette sensation de bonheur, et canalise-là dans ta baguette en faisant un grand mouvement comme ça. Spero Patronum !
Son putois argenté jaillit de sa baguette, dansant et sautillant autour d'elle. Elisa sourit avec attendrissement. Si on excluait sa fourrure dense, ce putois européen ressemblait en tout point à un furet… Dommage que toute l'école sache déjà de quel type de bestiole il s'agissait.
Harry regarda le putois brillant avec admiration, puis se concentra de nouveau, et réessaya :
– Spero Patronum !
Une pluie d'étincelles argentées, rien d'autre. Elisa n'était cependant pas trop déçue. Il lui avait fallu des mois pour maîtriser ce sort. D'ailleurs, en voyant l'air désappointé d'Harry, elle le lui dit :
– C'est un sort complexe. Je pense que Trisha et moi sommes les seules de notre année à le maîtriser. Même Heather ne sait pas le lancer.
Heather Thatcham était la meilleure élève de son année. Elisa la considérait même comme plus intelligente qu'Hermione (même si elle était sans doute biaisée dans son opinion). C'était tellement dommage qu'Heather doive se faire discrète dans sa Maison à cause de son sang mêlé…
Penser à la Maison de Serpentard lui rappela soudain autre chose, et elle sourit brusquement :
– Tiens, ça m'y fait penser ! Je ne sais pas si Tracey t'as écrit, mais le divorce de ses parents est signé. Et c'est sa mère qui a obtenu la garde !
Harry fronça les sourcils, puis comprit :
– Oh, et c'était son père qui voulait l'envoyer à Durmstrang ! Alors ça veut dire…
– Yep ! Elle reviendra à Poudlard cette année !
Harry et elle échangèrent un sourire réjoui. Tracey Davis, une Serpentard dans l'année d'Harry, était l'une de leurs amies. Tracey était une Sang-Mêlée et une membre du CEM, et s'entendait relativement bien avec le Trio d'Or : mais elle était aussi une gamine un peu isolée qu'Elisa avait très vite pris sous son aile.
C'était un truc qui n'était jamais arrivé dans le canon, cette amitié inter-Maison. Les efforts d'Elisa pour pousser les élèves à se mélanger, par le biais de clubs ou juste en étendant son cercle d'amis, avaient vraiment porté leurs fruits. Qui sait ? Peut-être qu'à la longue, elle pourrait faire disparaitre les préjudices entre les Maisons…
Oui, c'était beau de rêver.
– Il y a des élèves qui ne vont pas revenir ? fit Harry d'un ton soucieux. J'ai entendu parler de ça sur le Chemin de Traverse…
Elisa grimaça, sa bonne humeur soudain plombée.
– Pour ce que j'en sais, il y a au moins deux élèves dans chaque promotion. Souvent davantage.
Elle ne savait pas si ça avait fait partie du canon ou pas : mais après la débâcle de l'année dernière, avec le Basilic… Plusieurs élèves avaient été retirés de l'école par leurs parents. Et après le procès de Lockhart au début de l'été, où l'escroc avait paisiblement avoué plus d'une cinquantaine d'agressions, plusieurs parents très choqués refusaient de laisser leurs enfants revenir au château.
– Ça fait au moins quatorze élèves, calcula Harry avec un certain effarement. C'est quand même énorme ! Tu sais qui ?
Elisa haussa les épaules, puis avoua :
– Pour certains d'entre eux, oui. Dans l'année de Luna, je sais qu'il y a les deux amis que s'étaient fait Ginny : Omar et Brandon. Dans ton année, il y a… Les deux filles qui partageaient le dortoir d'Hermione : Cathy et Sarah, je crois. Et puis Wayne Hopkins et Sally-Anne Perks, chez les Poufsouffle. Et une des amies de Pansy Parkinson à Serpentard, Sophie Roper. Dans l'année d'au-dessus, il y a Robbie Webson de Serdaigle et Gavin Hunt de Gryffondor. Et dans mon année, il y a Ethan Gerard, un Gryffondor.
Uniquement des noms qui n'avaient jamais été mentionnés dans le canon, ce qui laissait penser à Elisa que même dans l'intrigue originale, il y avait vraiment eu une perte de confiance du monde sorcier envers Dumbledore après cette histoire d'élèves Pétrifiés.
N'empêche. Ça restait déprimant. Ethan Gerard partageait le même dortoir que les jumeaux Weasley depuis quatre ans. Robbie et Gavin étaient des membres du CEM à qui Elisa avait jadis expliqué les idées des Lumières et la théorie darwiniste. Et Sally-Anne, qui avait été Pétrifiée l'année dernière… C'était une membre du CEM, c'était une Poufsouffle, et c'était aussi l'une des gamines qui suivait Elisa partout pour lui demander des conseils pour tout et rien. Elisa connaissait Sally-Anne, elle l'aimait, et la gamine allait affreusement lui manquer.
Enfin, pas autant qu'à son meilleur ami Zacharias Smith. Le pauvre allait être inconsolable. Et intraitable, aussi. Déjà qu'il n'était pas facile à vivre en temps normal…
– La vache, murmura Harry. Je ne savais pas qu'il y en aurait autant…
Elisa retint une grimace. Quand ils reviendraient à Poudlard, ils verraient sans doute encore plus de sièges vides que d'habitude. Déjà qu'il n'y avait pas beaucoup d'élèves en temps normal… D'après les suppositions d'Elisa, la population de l'école était bien inférieure à ce qu'elle devait être. La guerre contre Voldemort avait tellement décimée les familles qu'il faudrait encore plusieurs décennies avant que Poudlard soit pleine à nouveau.
Mais bref. Oui, il y aurait beaucoup de nouveaux absents. Du moins, parmi les élèves plus jeunes. Elisa s'était renseignée auprès de ses amis, mais comme elle connaissait peu de gens parmi les élèves plus âgés, elle ne savait pas si certains sixièmes ou septièmes années quitteraient Poudlard.
Intérieurement, Elisa était un peu surprise de réaliser qu'elle en savait autant. Elle ne connaissait pas la moitié de ces gens personnellement ! Mais bon, elle écrivait beaucoup à ses amis durant l'été, et certains d'entre eux étaient très au courant des ragots. Cédric Diggory, par exemple, était relativement au courant de ce qui se passait au Ministère, parce que son père y travaillait.
– Est-ce qu'on peut parler d'autre chose ? soupira-t-elle. Ça me déprime.
Harry eut l'air coupable, mais changea aimablement de sujet :
– Tu connais des élèves qui vont faire leur première rentrée cette année ?
C'était déjà un terrain moins glissant. Elisa prit le temps d'y réfléchir quelques secondes, fouillant sa mémoire. Elle savait qu'Heather Thatcham avait deux petites sœurs, mais celles-ci avaient cinq ans de moins que leur aîné, et donc ferait leur rentrée l'année prochaine. Heidi avait un grand frère déjà diplômé, la sœur de Raashid était Moldue, le cousin de Tamsin ne ferait sa rentrée que dans deux ans… Adrian était fils unique, Terence aussi, Rhonda aussi, Helen aussi… Mais il lui semblait qu'un des Serdaigle avait une grande fratrie.
– Hum… Je crois qu'un des Serdaigle de mon année, Ajurna Balaji, à un petit frère. Et puis les Faucett ont des jumeaux qui ont onze ans, je crois.
Les Faucett étaient l'une des familles sorcières habitant à Loutry St Chaspoule. La famille avait déjà une fille plus jeune qu'Elisa d'une année, et Serdaigle : mais elle avait aussi des jumeaux qui allaient entrer à Poudlard cette année, et encore un fils qui avait deux ou trois ans de moins.
Un autre phénomène assez particulier qu'on pouvait remarquer dans les villages sorciers : quand certaines familles avaient peu d'enfants, leurs voisins semblaient en avoir davantage. Les statistiques à ce sujet étaient rares, mais fascinantes. Les Sang-Purs tendaient à n'avoir qu'un seul enfant, voire deux (les mauvaises langues attribuaient cela à un défaut de fertilité du à leur consanguinité). Mais les nombres de la population sorcière restaient stables et croissants, parce que pour chaque famille qui ne produisait qu'un héritier, il y en avait une qui produisait au moins trois enfants.
Ça se voyait à Loutry St Chaspoule, par exemple. Les Diggory, les Lovegood et les Bishop n'avaient qu'un seul héritier. Et du coup, les Weasley et les Faucett semblaient vouloir compenser, avec tous leurs mouflets.
– Tu vas les recruter pour le CEM ? sourit innocemment Harry.
– Les Faucett et les Balaji sont de sang pur, esquiva Elisa.
– Je parle des quatre-vingt-dix autres enfants qui vont être répartis, en fait. Tu pourrais doubler les nombres de ta secte d'accros au travail.
Elisa renifla avec amusement, et donna un coup de coude au Survivant :
– Mauvaise langue. Tu es toi-même membre du CEM, je te rappelle. Et admet que c'est utile. Tes notes pourraient être bien pires !
Harry avait de très bonnes notes. Dans cet univers, Ron était le seul flemmard du Trio, et il copiait ses devoirs autant sur Hermione que sur Harry. Elisa ne savait pas trop ce qui avait provoqué l'attitude sérieuse du Survivant vis-à-vis de ses études. L'atmosphère studieuse du CEM ? Le respect que recevait Hermione ? La façon dont elle-même, Elisabeth Bishop, se maintenait dans les sept premiers élèves de sa promotion ? En tous les cas, Rogue n'accusait jamais le jeune Gryffondor de fainéantise. De tas d'autres choses, oui : mais personne ne pouvait sérieusement penser qu'Harry Potter, qui étudiait un cursus Moldu en plus de ses études et qui rendait toujours de bons devoirs, était paresseux.
– C'est vrai, concéda Harry de bonne grâce. Mais c'est surtout parce que tu es une obsédée du boulot, Magister.
Elisa ne pouvait pas vraiment nier. Importer à Poudlard la science et la culture Moldue avait été une véritable obsession, quand elle avait fait sa première rentrée. Et maintenant que le club d'Education Moldue était fermement en place, approuvé par les enseignants et même supporté par un petit budget, elle était plutôt fière d'elle. Alors elle se contenta de hausser les épaules, et de revenir à leur leçon.
– Aller, on recommence une dernière fois le Patronus. Prêt ?
– Est-ce que c'est vraiment utile ? geignit Harry en levant sa baguette. Tu ne pourrais pas m'apprendre un truc pour électrocuter les gens, à la place ?
– Nope. Tu as davantage de chances de tomber nez à nez avec un Détraqueur que tu n'en a d'affronter un mage noir en duel, cette année.
– On ne sait jamais, plaisanta Harry. Avec ma chance, Sirius Black pourrait bien me tomber dessus !
Elisa émit un rire étranglé. Le gamin ne croyait pas si bien dire. Le canon semblait tenir à ce que Sirius Black finisse par retrouver son filleul. Mais il y avait encore tellement d'éléments incertains qu'Elisa ne savait absolument pas comme leur éventuelle rencontre allait se passer.
Cela dit, ça ne ferait pas de mal à Harry de connaitre quelques maléfices… Au cas où ça se passerait mal. Elisa observa le jeune garçon d'un air critique, puis finit par soupirer :
– Aller, encore dix essais. Ensuite, je t'apprendrai un Sortilège que j'ai créé il y a deux ans. Il augmente la gravité, et ton adversaire tombe par terre comme s'il avait marché sur ses lacets.
Harry eut l'air ravi, et Elisa ne put s'empêcher de lui rendre son sourire. Peut-être que ce n'était pas beaucoup, mais… Elle faisait de son mieux pour préparer le Survivant à ce qui l'attendait.
Parce qu'à Poudlard, ce n'était qu'une question de temps avant que les ennuis débarquent. C'était toujours le cas.
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Voilà =D A la semaine prochaine pour la suite, et une autre démonstration de Patronus x) Et n'oubliez pas de voter !
- Trisha Buttermere (Sang-Mêlée membre du CEM et meilleure amie d'Elisa)
- Rhonda Flatbury (Sang-Pure, meilleure amie de la Serdaigle Helen Dawlish)
- Trudy Glaston (Née-Moldue membre du CEM)
- Cédric Diggory (Sang-Pur, meilleur ami d'Elisa, Préfet, Attrapeur et Capitaine de l'équipe de Quidditch)
- Heidi Macavoy (Sang-Pure, Poursuiveuse)
- Gabriel Tate (grand baraqué silencieux)
- Raashid Hussain (Né-Moldu membre du CEM, cancre en Potions et clown de la classe)
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