Hello tout le monde ! J'espère qu'Elisa vous a manqué x) En ce moment, j'écris le tome 4, et plus précisément... La troisième Tâche. Et bon sang, que c'est difficile. Le plus réaliste serai qu'Elisa échoue complètement. Genre, elle se prend un Avada et pan, on n'en parle plus. Le souci, c'est que j'ai tellement réfléchis à ce passage que j'ai des dizaines et des dizaines de scénarios et de sous-scénarios qui font que ça marche. J'ai mis des "oeufs de Pâques" tout le long du tome 4, et maintenant... MWAHAHAHA. Je me ronge les ongles en écrivant tellement la tension est forte.
Vous avez remarqué qu'à chaque fois qu'Elisa a un plan génial, il tombe en morceaux entre ses mains JUSTE AU MOMENT OU ELLE VA CONFRONTER LE MECHANT ? Ben voilà. Et ensuite, elle essaie de faire marcher la chose comme elle peut avec les bouts de son plan qu'elle peut récupérer. Eh ben, j'ai poussé ça à l'extrême dans le tome 4.
Je me frotte les mains. C'est littéralement la culmination de la saga.
Mais BREF ! Pour l'instant, on s'en fiche, car on a à peine entamé le tome 3 ! Et j'espère qu'il va vous plaire, car dans ce chapitre vous verrez le retour d'un perso du tome 2. Ah, et plusieurs personnes verrons apparaître les élèves de première années qu'ils ont créés pour la saga !
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Et voici les réponses aux reviews !
Yo Aomine ! Oui, Elisa pourrait intercepter Sirius. Mais il faut garder à l'esprit qu'il ne veut pas la voir, qu'il est obsédé par Peter, et qu'il est encore très instable à cette période (il a échiqueté un tableau avec couteau, vous vous rappelez tous ?). Bref, c'est une entreprise assez hasardeuse, et... Elisa n'a pas le cran de se confronter à un taré armé d'une arme blanche. Non, pointer discrètement du doigt le rat et espérer que Lupin le remarque, c'est plus facile et plus crédible.
Hello IceQueen89 ! Oui, là aussi Sirius veut voir Harry, s'assurer qu'il va bien. Sauf qu'il ne l'a pas trouvé chez Pétunia et Vernon (évidemment), donc il est allé ailleurs, suivant les rumeurs et les potins. Evidemment, ça fait bien paniquer les Aurors, qui organisent donc une filature du Survivant x)
Exactement Eva Applefield : Sirius est le pendant Gryffondor de Bellatrix. Il est le mec brutal et un poil cruel de l'Ordre du Phénix, celui qui se bat parce qu'il aime ça tout autant qu'il se bat pour une cause. Il n'est pas aussi sadique, mais il a une fibre destructrice et un côté cruel... Et Azkaban n'a pas arrangé son mental, donc bon. Voilà x)
Merci Zarbi ! Ah, Trisha est souvent sous-estimé, et pourtant c'est un des persos auquel je suis le plus attachée. Enfin, contente de voir qu'elle t'intéresse !
Salut guillox23 ! Elisa à Serpentard est une personne très différente, beaucoup plus axée sur les résultats à obtenir que sur les moyens employés. Elisa à Poufsouffle fait très attention aux moyens employés... Et perd parfois de vue le résultat espéré ! Enfin bref, j'espère que tu vas continuer à aimer =D
Yo Streema ! Hum, Elisa ne fait pas mystère de son animosité envers Sirius, mais elle ne veut pas monter Harry contre lui (Sirius peut en effet être un allié précieux pour Harry). En ce qui concerne Sirius et Peter, par contre, moi ça me choque que Sirius ait été prêt à tuer Peter devant trois gosses. Il est obsédé par la vengeance, au point de s'être évadé pour ça, de ne penser qu'à ça, de n'avoir aucune censure vis-à-vis de ça (il allait buter Pettigrew devant le Trio parce qu'il ne pouvait littéralement pas se retenir, dans le canon). Alors que son filleul perdu depuis douze ans est juste devant lui, quand même ! Je ne demande pas que Sirius renonce à sa vengeance, mais au moins qu'il pense un tout petit peu au gamin (qui devrait être sa priorité), c'est un minimum.
Merci Alia00 ! Contente que ça t'ai plu x) La série vase poursuivre un bout de temps, parce qu'Elisa n'a pas fini de modifier le canon ! Elle est impliquée jusqu'au cou, de toute façon xD
YEAH Elia Gurialde, tout le monde pour Trisha ! Sinon, le nom du père d'Elisa est "Michael" pas "Mickaël" xD Tu as confondu avec le père d'Astrid dans le Parfum des Arums... Bref. Ah, Sirius : un personnage complexe, adulé par les fans, et pourtant si peu développé. La seule qualité canon qui nous est donnée c'est sa loyauté à James puis à Harry. Sinon, on voit qu'il est hargneux, agressif, méprisant, voir cruel. Harry n'est pas un narrateur très fiable et il est aveuglé par son amour pour Sirius (ou plutôt pour l'idée de Sirius, parce que... tragiquement, ils ne se connaissent pas très bien), mais même avec ce biais, tu sens que Sirius n'est PAS quelqu'un que tu veux avoir pour ennemi. Du coup Elisa n'a pas un avis très positif sur lui... Voilà. Quant à Tourmaline : c'est le premier projet "non-personnel" dans lequel Elisa se lance. Elle en a plein d'autres : des associations d'aide aux loups-garous, une colonie de vacances pour soustraire les enfants abusé sà leurs familles... Mais elle pensait ne s'y lancer qu'après avoir été diplômée ! Car le reste (inventions, boutique, CEM) c'était centré sur elle-même, elle pouvait le faire elle-même. Mais Tourmaline est le premier de ses projets qui est trop énorme pour reposer sur ses seules épaules.
Yo Louny9895 ! Oui, Elisa réalise petit à petit qu'elle gravite vers le centre de l'intrigue. Elle va s'y faire x) Pour Sally-Anne : sa Répartition est canon, mais elle disparait avant le tome 5 (elle n'est pas sur la liste des BUSES). L'explication du fandom est donc qu'elle a disparu en cours d'année, et j'ai utilisé ce prétexte... parce que, finalement, ça avait du sens que les gens perdent confiance en Dumbledore. Sinon... T'inquiète, on verra vite Heather xDDD Et Helen également !
Hello Mayoune ! Le perso de Trsha existe dans l'univers (dans les jeux vidéos en fait) mais j'ai craqué sur ce personnage parce que le prénom de Trisha est une référence à l'un de mes manga préférés : Fullmetal Alchemist. C'est aussi un prénom que j'aime beaucoup en général x) Il n'y a pas d'autres raisons que ça ! Sinon... Pourquoi Elisa ne cherche pas à prouver l'innocence de Sirius ? C'est une excellente question et voici la réponse : c'est un truc que personne ne veut voir émerger. Dans le tome 2, Adrian a précisé que Lucius Malefoy et Fudge voulait que l'affaire reste close. Cela n'a pas changé. Le Ministre est affolé à l'idée du scandale que ça déclencherait, et Narcissa n'est sans doute pas plus intéressée que Lucius par l'idée de perdre la régence du patrimoine des Black. Outre ce blocage, il y a aussi un autre élément à prendre en considération : Dumbledore ne veut pas du tout qu'on parle de sa "faute", puisqu'il a fait confiance à Sirius pour être le Gardien du Secret. Et finalement, l'élément central : Elisa n'a aucun prétexte pour soupçonner que Sirius est innocent. Tout le monde, depuis ceux qui ne connaissent que les rumeurs à ceux qui sont impliqués de manière centrale (Dudu, Rogue, Lupin, MacGonagall...) pensent que Sirius est coupable et, si on leur pose des questions, ils ont des justifications toutes prêtes parce qu'ils ont passé les douze dernières années à y réfléchir, à voir des indices et à s'inventer des réponses qui leur permettrait d'expliquer l'inexplicable. Sans Pettigrew en chair et en os, Elisa n'a AUCUN moyen de changer la donne.
Salut Niakovic ! J'aime bien, tu garde tes options ouvertes x) Et tu as raison ! Même si Elisa n'aime pas les personnages de Maraudeurs, elle sait qu'ils sont très loyaux à Harry et c'ets une chose qu'elle peut utiliser. Cependant, pour ce qui est du personnage de Lupin, je prévoit une grosse surprise dans le tome 4 x) Quant à l'école des Cracmols, pour l'instant ton mauvais pressentiment est infondé, je te rassure !
Hey Edl ! Pour Tourmaline, c'est une école "privée" donc il n'y a pas eu besoin de faire beaucoup de paperasse au Ministère : et le peu qu'il y avait à faire a été écoulé discrètement par Lester. Le plus gros problème a été de protéger le bâtiment, et c'est quelque chose qui est décrit dans le tome 2. Sinon, non, pour l'instant personne ne s'intéresse à Tourmaline parce que la pub qui en est faite est très exclusive... Et que les gros titres concernent d'autres sujets. Cela n'empêche pas Tourmaline de recevoir des lettres de menace, mais le débat n'est pas public, parce qu'en ce qui concerne les Cracmols la politique des Sang-Purs est de prétendre que tout cela n'existe pas. Tant que Tourmaline ne fait pas de vague (donc tant que ses diplômés ne cherchent pas de travail), ça va rester comme ça. Pour ce qui est de l'avenir d'Elisa : la politique ne l'intéresse pas vraiment, elle a des idées mais ni la patience ni la répartie nécessaire pour se mêler au Magenmagot x) Son rôle idéal serait plutôt celui de Slughorn, une sorte de mécène qui obtient ce qu'il veut en restant dans les bonnes grâces de tout un tas de gens...
Hello HarmonyVans ! Merci beaucoup =D Je publie toutes les semaines, soit le jeudi soit le vendredi (et le week-end si une de mes deux Bêtas a besoin de plus de temps) x)
Nope BlancheEner, Elisa ne va pas dire à Harry que Sirius est innocent parce qu'elle n'a aucune raison de savoir ça. Si elle le découvre, si elle a une raison de l'apprendre, alors là évidemment qu'elle va faire éclater la vérité. Mais elle ne peut pas utiliser sa connaissance du canon sans pouvoir expliquer comment elle a acquis cette connaissance... Sinon, comment est-elle supposé garder secrète sa réincarnation ?
Thank you Laurlane =D Nope, Dumbledore ne sait pas qu'Harry ne va plus chez les Dursley. Il sait qu'Harry est sur le Chemin de Traverse, mais cela ne s'est produit qu'à la fin du mois, il a donc assumé qu'Harry avait passé tout juillet chez sa tante (sous la protection des sortilèges de la maison)... Et comme le Ministère est RAVI de pouvoir surveiller Harry, il n'a pas tenté de le ramener là-bas. Dumbledore n'a pas le temps de surveiller Privet Drive, donc il assume qu'Harry s'y trouve tous les étés, et comme personne ne l'en a détrompé, il ne cherche pas plus loin x) Voilà ! Sinon, pour Sirius : il a toujours un côté un peu dérangeant. Qui planifie un meurtre à 15 ans ? Mais bon, tous nos persos favoris sont problématiques. Rogue ? Drago ? Dumbledore ? Lupin ? Hermione ? Ils ont tous d'énormes failles x)
Tu as passé de bonnes vacances, Elesdei ? =D Ah ah, je ne sais pas si j'arriverai à parler d'Isabelle et des Maraudeurs dans ce tome, mais j'espère révéler les "cachotteries" en question xD Pour ce qui est de la Carte et de son utilisation pour trouver Pettigrew : ça sera révélée dans la fic ! Tu pense bien que ça ne peut pas être si facile, sinon les jumeaux auraient forcément remarqué que Percy puis Ron étaient constamment suivis par quelqu'un nommé Peter Pettigrew... Spoilers ! Ce sera expliqué dans la fic !
Salut Allan Eddem ! Yep, Harry imite la signature de son oncle. Quant à la réaction des Dursley à la disparition d'Harry... Euh, il n'y en a pas ? Harry les a prévenu (en première année) qu'il allait passer l'été chez des amis, et Pétunia s'est dit "oh, merveilleux, on en est débarassé encore un an !" et elle n'a pas fait de vague. Le même schéma s'est répété l'année suivante. Dumbldore n'a pas de raison d'envoyer des lettres ou des rappels au Dursley, puisqu'il n'est au courant de rien, et Pétunia ne va certainement pas le contacter ! Donc en fait, ça passe totalement sous leur radar.
Merci Le Cerf-Pentard ! Oui, Elisa a pensé à devenir Animagus, mais ça nécessite un talent en Métamorphose qu'elle n'a pas xD Elle y pensera plus en profondeur quand elle aura terminé ses études, je pense. Quant à Lupin : le but est que Tourmaline ait un personnel complet avant la fin du tome 3, donc Lupin n'aura pas de poste disponible. Et vu qu'Elisa n'aime pas les Maraudeurs, et qu'elle voit Lupin comme un pion de Dudu, elle est extrêmement réticente à le laisser venir dans son école... Du coup, elle veut bien de Lupin comme prof à Poudlard, mais Tourmaline, c'est à elle, pas touche ! Quant à ce que cache Isabelle, c'est quelque chose qu'Elisa ne découvrira pas avant le tome 5 ou peut-être six, mais je compte peut-être faire un OS dessus, et le poster dans le recueil des "Bonus Hors-série".
Hello Imthebest ! Oui, Tourmaline avance bien, et le lancement aura lieu au début du tome 4 ! C'est un projet qu'Elisa est très fière de voir aboutir x) Sinon, Trisha va essentiellement laisser Elisa enquêter, parce qu'Elisa a plus de contacts. Mais elle va être sur son dos, façon mouche du coche, et c'est pour ça qu'Elisa ne peut pas simplement laisser couler. Quant à l'histoire d'Isabelle et des Maraudeurs... Je pense que je la posterai dans le recueil des bonus hors-série, quand j'aurais fini le tome 3 !
Yo, AndouilleEtSushi ! Ce n'est pas si étonnant que personne n'ai pensé à fonder une école pour Cracmols : les sorciers ne sont pas très portés sur la théorie, et sont perdus sans magie. Du coup, il a toujours été plus simple (pour eux) de refiler leurs Cracmols à des Moldus. Mais avec un peu de chance, ça va changer ! Quant à la rentrée, ah ah. Ca pourrait aller mieux... Tu vas voir dans ce chapitre !
Merci l'AvadaKedavreur ! Tu risque d'attendre longtemps pour la confrontation entre Sirius et Elisa, parce qu'ils n'ont techniquement pas de raison de se rencontrer. Elisa pense qu'il ets instable, et veut l'éviter jusqu'à ce qu'il ait été innocenté. Et Sirius... Il en a rien à faire d'Elisa xD Bref, content que ça t'ai plu, et accroche ta ceinture pour la suite !
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Quant aux résultats du vote... C'est Trisha qui emporte la victoire ! Et la semaine prochaine, sans avoir besoin de vote, nous parlerons de Cédric car il n'est pas arrivé très loin derrière x)
Mais bref... Trisha Buttermere !
Trisha est une jeune fille à la peau mate, énergique et dynamique, aux yeux couleur chocolat et aux cheveux brun très foncé, bouclés et mi-longs. Toujours enjouée et débordante d'énergie, Trisha aime les domaines de la magie nécessitant à la fois intuition, précision, et débrouillardise : un mélange assez spécial, qui fait qu'elle est fasciné par les créations d'Elisa. Trisha est également la meilleure élève de leur classe en Potions, elle a un vrai don dans cette matière. Le professeur Rogue la considère comme l'une de ses élèves les plus attentives.
Le père de Trisha est un Sang-Pur issu d'une famille modeste (pure depuis trois générations seulement). Il se nomme Patrice Buttermere, ex-Poufsouffle. Il travaille dans la confiserie familiale, fondée par son père à lui. C'est également là qu'il a rencontré celle qui deviendrait son épouse, Laura Buttermere (née Laura Hale), une ex-Gryffondor. Ils e sont mariés après quelques années, et ont eu deux enfants : Trisha, et son petit frère Isaac trois ans plus tard. Tous les deux donnent un coup de main à la confiserie durant les vacances, mais ni l'un ni l'autre n'a exprimé un véritable désir de la reprendre après le décès de leurs parents.
Trisha n'est pas particulièrement proche de son petit frère Isaac. Ils s'entendent bien, ils sont attachés l'un à l'autre, et très protecteurs, mais ils ne sont pas vraiment proches. Trisha a longtemps rêvé d'évasion avant Poudlard : c'était frustrant pour elle, de voir tous ces gens traverser le Chemin de Traverse, et d'y être coincée à aider ses parents en cuisine. Elle rêvait de faire de grandes choses, de voir le monde, de découvrir des tas de trucs merveilleux. Elle était sûre que le Choixpeau la placerait à Gryffondor ou bien à Serpentard, pour sa soif de liberté. En réalité, elle rêvait surtout de ne plus être toute seule. Elle aime sa famille, mais ils sont toujours plongés dans le travail, et cela crée un fossé entre eux.
Rencontrer Elisa a été un des pivots de sa vie, et pourtant ni elle ni Elisa n'en ont vraiment conscience. Le fait est que quand elles se sont rencontrées dans le Poudlard Express, Trisha s'est sentie protectrice de cette gamine un peu effrayée mais à l'air décidée. Trisha a mis Elisa en confiance, et ensuite Elisa s'est mise à pointer les failles du système, à dire qu'elle voulait changer le monde... Et rien n'avait jamais autant résonné avec les sentiments personnels de Trisha. On pourrait presque parler de coup de foudre. Aussi, lorsqu'un peu plus tard le Choixpeau a été posé sur sa tête, Trisha était encore plongée dans l'euphorie d'avoie une amie comme Elisa, de se sentir comprise et d'être prête à n'importe quoi pour elle... Et le Choixpeau l'a envoyé dans la Maison de la Loyauté sans avoir à réfléchir à deux fois.
Attention, ce n'est pas pour autant que Trisha est dépendante d'Elisa ! Une grande partie de sa personnalité s'est définie par son amour pour ses amis, c'est vrai, car le besoin d'être entourée, d'être utile, d'être aimé, c'est quelque chose de très important pour Trisha. Rien ne l'effraie plus que la solitude ou l'abandon... Mais ce n'est pas tout ce qu'elle est. Elle est également pragmatique, terre-à-terre, et ne se laisse pas marcher sur les pieds. Cela l'amuse beaucoup d'entendre les gens dirent qu'elle est la "voix de la raison" d'Elisa et de ses idées folles, car Trisha n'est pourtant pas quelqu'un de très posé ou mesuré. Bien sûr, elle tempère les excès d'Elisa, car elle est plus raisonnable qu'elle, mais...le plus calme de leur bande, c'est Cédric. Trisha est quelqu'un d'émotionnel, d'enthousiaste, d'impulsif, et d'intuitif. Elle a un don pour les matières qui demandent de l'instinct mais aussi beaucoup de précision, comme la composition de Potions, ou la fabrication d'amulettes. Elle suit volontiers ses amis dans leurs aventures les plus folles, et n'a pas beaucoup de remords à briser les règles. Pour beaucoup de gens, elle est éclipsée par la popularité d'Elisa et de Cédric, mais Trisha est aussi quelqu'un de futé, d'autoritaire... Et elle est aussi une sorcière plus puissante qu'il n'y parait.
Trisha a également ses propres passions et centres d'intérêts. Elle adore le spectacle, que ce soit le duel ou le Quidditch. Rien ne lui fait plus plaisir que cette bouffée d'euphorie quand le suspense est à son comble, qu'une des équipes est à deux doigts de la victoire. Elle aime aussi créer des choses complexes et abstraites, faisant plus appel à son instinct qu'à une profonde réflexion. C'est pour cela qu'elle aime temps confectionner des amulettes. Trisha est quelqu'un d'optimiste et d'enjoué, aux émotions à fleur de peau. Elle vit complètement dans le présent, en pensant assez peu à son avenir. Elle rit et s'enthousiasme facilement. Elle adore les blagues des Weasley, et les envie secrètement. Elle a un faible pour les gens qu'elle trouve marrants, comme Lee Jordan ou Raashid Hussain.
Elle est également quelqu'un de très dévoué à la tâche (elle s'est plongé corps et âme dans le CEM par exemple) et, paradoxalement, elle considère que les élèves plus jeunes ne sont pas sa responsabilité. C'est Elisa qui a endossé le rôle de "marraine" officieuse de tous les jeunes élèves, et Trisha est ravie que ça ne lui tombe pas dessus. Elle a changé les couches d'Isaac assez longtemps pour savoir que prendre responsabilité pour un enfant plus petit que soi, c'est une plaie. A chaque fois qu'un tel problème se présente, elle refile la patate chaude à Elisa !
Cela dit, la caractéristique qui défini le mieux Trisha est sa loyauté : plus particulièrement envers Elisa et Cé pourrait presque parler de foi. Elle a une confiance absolue en ses amis, en leurs capacités et en ce qui lui disent. Cette loyauté a cependant sa contrepartie, parce que Trisha a du mal à briser les liens ou même à prendre de la distance avec les gens auxquels elle s'attache. Quand quelqu'un commence à suivre une voie qui s'éloigne de la sienne, Trisha tend un peu à paniquer.
Les deux meilleurs amis de Trisha sont bien sûr Cédric Diggory et Elisabeth Bishop : Trisha a rencontré Elisa en premier, et Cédric s'est joint à elles ensuite. Mais Trisha est également amie avec tous les Poufsouffle, et connait relativement bien les gamins qu'Elisa a prit sous son aile. Elle s'entend aussi très bien avec Aaron Woodbridge, le Serdaigle timide : quand leurs amis Takashi et Elisa ont fondé le CEM, Aaron et Trisha ont tissé une amitié solide en s'apitoyant sur leur sort de meilleurs amis de premiers de la classe.
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Et voilà ! C'était fun à écrire. Pour un personnage aussi central, Trisha est très peu développée dans la fic... Elisa n'a que récemment pris conscience de l'importance qu'elle avait dans sa vie, et qu'elle ne devrait pas prendre l'amitié de Trisha pour acquise. M'enfin. Le problème, c'est qu'Elisa n'a pas super-observatrice. Du coup, développer les relations personnelles des autres persos, pour moi l'auteure, c'est difficile x)
J'avoue qu'une partie de la personnalité de Trisha est basée sur moi quand j'avais neuf ou dix ans. J'avais une amie qui adorait les mêmes histoires que moi et avec qui je m'entendait super-bien, surtout en considérant qu'à 'époque mes parents n'avaient pas de temps pour moi et que mon frère était super-chiant. J'étais complètement centrée sur cette fille, c'était ma meilleure amie, et le fait qu'elle me laisse tombée pour jouer avec d'autres personnes m'anéantissait. On était très proches. Si on n'étais pas allés à des collèges différents, je crois qu'on serait restée greffées l'une à l'autre éternellement. Pour autant, je n'avais pas l'impression que notre relation était déséquilibrée, même si elle était leader et moi suiveuse. Je savais qu'elle ne me laisserait pas tomber.
Mais bon. On est allés à des collèges différents, puis j'ai déménagé, et on s'est perdu de vue. A présent je suis moins une "suiveuse". Je suis plutôt l'ours grognon et misanthrope qui refuse de se socialiser avec le reste du monde. Occasionnellement, c'est même moi la leader : je ne peut pas m'empêcher de me sentir responsable pour les autres...
MAIS ON S'EN FOUT. Voilà. J'espère que vous avait aimé cette note sur le personnage de Trisha ! Ne vous inquiétez pas, dans le tome 4 elle va se faire deux nouveaux amis, et une nouvelle perspective d'avenir va s'ouvrir pour elle
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Et maintenant... Trêve de bavardages. Le chapitre ! Petite dédicace à DreamerInTheSky qui devinera pourquoi au moment où Elisa retrouve Trisha dans le Poudlard Express...
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Des Détraqueurs à Poudlard
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Le jour de la rentrée, c'était la cohue sur le quai 9 ¾. Elisa et sa mère étaient arrivés un peu en retard, comme toujours, et il y avait déjà foule. Il était difficile de repérer des visages familiers, ou même de s'installer dans un coin sans être dérangé par les va-et-vient des nouveaux arrivants. Isabelle, mal-à-l'aise dans la bousculade, ne tarda pas à faire ses adieux à sa fille.
– Et sois prudente surtout, lui enjoignit-elle en la serrant contre elle. S'il y a le moindre problème, le moindre souci…
Elisa rendit son étreinte à sa mère, retenant une bouffée d'affection envers elle.
– Je serai prudente, Maman.
Isabelle esquissa un sourire un peu tremblotant et, soudain, Elisa essaya d'imaginer ce qu'elle ressentirait à sa place. Qu'est-ce que ça faisait, de laisser partir sa fille tous les ans dans une école remplie de danger ? Une école où elle avait failli être tuée à peine quelques mois plus tôt ? Une école à présent cernée de Détraqueurs, et probablement ciblée par un criminel fou ? Certes, les sorciers ne voyaient pas le danger de la même façon que les Moldus, mais… L'inquiétude d'une mère pour sa fille, n'était-ce pas un sentiment humain et universel ?
Etait-ce pour ça que son père évitait d'être présent lorsqu'elle embarquait sur le Poudlard Express ?
Elisa ouvrit la bouche sans savoir quoi dire. Finalement, elle ne dit rien. Elle se contenta de serrer sa mère une dernière fois dans ses bras, et de filer vers le train après un dernier au-revoir. Elle n'avait jamais été à l'aise quand il s'agissait d'exprimer ses sentiments. Trainant derrière elle son coffre à roulettes sur lequel était perché le panier de Dracarys, Elisa se faufila maladroitement entre les parents et les enfants qui se pressaient sur le quai, et monta dans le train.
– Elisa ! s'écria une voix familière. Par ici !
– Salut Rhonda, sourit la jeune fille en s'approchant de sa camarade qui avait passé la tête dans le couloir. Helen n'est pas avec toi ?
– Elle est dans le compartiment des Préfets, l'informa l'autre avec un sourire amusé. Avec Ajurna Balaji. Tu sais qui sont les Préfets des autres Maisons ?
– Cédric et Heidi chez les Poufsouffle ! fit Elisa avec fierté. Et chez les Serpentard, Miles Bletchey et Heather. Pour les Gryffondor, je ne sais pas. Sans doute pas les Weasley. Peut-être Trinity Lynn et Kenneth Towler, ce sont les deux plus calmes de la classe.
Rhonda rigola en imaginant Fred ou George portant une insigne de Préfet, puis se décala légèrement et proposa :
– Tu viens avec nous ?
Rhonda partageait son compartiment avec les Poufsouffle Nés-Moldus de leur classe : Raashid Hussain, Trudy Glaston, et Gabriel Tate. Takashi Noda et Aaron Woodbridge, deux Serdaigle de leur classe, étaient également présent et saluèrent Elisa de la main.
– Désolée tout le monde, s'excusa la jeune fille. Je cherche Trisha. On se verra à Poudlard ?
– N'oublie pas de distribuer les prospectus du CEM dans ta Maison ! lui lança Takashi Noda en agitant sa propre liasse de prospectus, qu'il ferait sans doute passer aux Préfets de Serdaigle à la première occasion.
– Je ne risque pas d'oublier, rigola Elisa. A tout à l'heure, alors !
Elle s'éloigna dans le couloir. La plupart des compartiments étaient déjà occupés, mais Elisa connaissait presque tout le monde, de vue, sinon de nom. Elle s'arrêta pour discuter quelques minutes avec les jumeaux Weasley (qui lui confirmèrent bien que Trinity et Kenneth étaient les Préfets des Gryffondor). Puis elle bavarda un peu ses amis de Serpentard. Heather était avec les Préfets, mais Terence, Adrian et Tabitha se racontaient joyeusement leurs vacances.
– Après ce qui s'est passé l'année dernière, mes parents ont hésité à me laisser revenir, leur confia Terence.
Adrian eut l'air sombre, mais Elisa ne comprenait que trop bien. Elle hocha pensivement la tête, et finit par lâcher :
– Est-ce que tu te demandes ce que penses nos parents, parfois ? Ce qu'ils doivent ressentir quand on part dans une école où les profs ont souvent tendance à être des maniaques et où on tombe sur des dangers mortels à chaque angle de couloir ?
C'était une question qui ne leur avait apparemment pas traversée l'esprit. Après un instant de réflexion, Tabitha haussa les épaules.
– Je donne une version un peu édulcorée des faits à mes parents… Pour les autres, je ne sais pas. La plupart des gens font confiance à Dumbledore.
– Pas ma mère !
– Eh bien, c'est qu'elle te fait confiance à toi.
C'était une façon de voir les choses assez sensée, et qui plongea Elisa dans un abîme de réflexion. Elle et les Serpentard échangèrent quelques banalités, puis la jeune Poufsouffle reprit son chemin, songeuse.
Elle échangea également quelques mots avec Zacharias Smith, entourés par ses camarades et broyant du noir : puis avec Tracey Davis et Millicent Bulstrode, qui avaient invité dans leur compartiment deux petits nouveaux premières années. Elle croisa aussi le Trio d'Or, mais ne s'attarda guère : ils s'étaient installés dans le même compartiment que le professeur Lupin qui dormait, et elle ne voulait pas risquer de le réveiller. Deux wagons plus loin, elle bavarda également avec Sun-Min et Edgar, qui jouait à la Bataille Explosive avec Luna Lovegood et Ginny Weasley en attendant que les jumelles Carrow arrivent. Elisa doutait que Ginny s'attarde avec eux lorsqu'elle comprendrait que cette petite bande éclectique accueillait volontiers des Serpentard, mais elle préféra ne pas en faire la remarque. Mieux valait les laisser profiter.
Elisa n'avait cependant pas que des amis à bord du Poudlard Express. Ainsi, elle échangea quelques insultes avec Warrington quand ils se croisèrent, et se donna un mal fou pour éviter Marcus Flint et sa bande. Deux filles de Serdaigle détournèrent le nez avec hauteur en passant à côté d'elle, et un Gryffondor de septième année lui aboya dessus pour qu'elle dégage le passage. Néanmoins, elle finit par mettre la main sur la personne qu'elle cherchait, juste au moment où le train démarrait.
– J'ai l'impression d'avoir parcouru tout le train ! s'exclama-t-elle en ouvrant la porte du compartiment où se trouvaient Trisha, avec une petite fille métisse qui lui était inconnue.
– Pourtant tu sais bien que j'essaie de prendre un wagon à l'avant, s'amusa Trisha. Tu veux que je t'aide à monter tes bagages ?
– Non, pas la peine. Wingardium Leviosa !
Suivant docilement le geste de sa baguette, son gros coffre et le panier de son chat allèrent se percher dans le filet à bagage. La fillette qui se trouvait dans le compartiment ouvrit de grands yeux :
– Cool…
Trisha et Elisa échangèrent un regard amusé, puis la jeune Buttermere fit les présentations :
– Ambre, voici Elisa Bishop. Et Elisa, voici Ambre Kwebena, elle va entrer en première année. Je l'ai croisée en train de traiter de tous les noms un Serdaigle qui faisait deux fois sa taille, parce qu'il avait shooté dans sa valise.
– Gryffondor, rigola Elisa.
– Oh, pas sûr, on a aussi de fortes têtes à Poufsouffle…
Ambre se pencha en avant, les yeux brillants de curiosité :
– Ce sont les Maisons de Poudlard, non ?
– C'est ça, sourit Trisha. Tu es Née-Moldue ?
Une fille de sorciers n'aurait jamais ignoré ce détail. Mais Ambre sembla considérer longuement la question avant de secouer la tête :
– Nan. Ma mère n'a pas de pouvoirs, mais ses parents en avaient.
Une Cracmole, alors. Elisa sourcilla, se demandant si les enfants de Cracmols devenaient systématiquement des sorciers. Elle devrait essayer de remettre la main sur les articles de Joseph Leeds, le Né-Moldu généticien aux publications très controversées, pour s'en assurer.
– Et ton père ?
Ambre haussa les épaules :
– Moldu, je suppose. Il est facteur.
La conversation s'orienta vers l'école et les quatre Maisons. Apparemment, Ambre avait reçu la visite d'un professeur de Poudlard (comme tous les enfants Nés-Moldus), Aurora Sinistra. Celle-ci avait davantage insisté sur les différentes matières étudiées que sur l'importance des Maisons, ou la popularité du Quidditch. Ambre avait donc des tas de questions et, tandis que le train filait en direction de l'Ecosse, les deux Poufsouffle répondirent avec patience à toutes ses interrogations.
– Il y aura toujours un Préfet pour répondre à tes questions à l'école, l'assura Trisha quand Ambre s'inquiéta de ne pas être dans la même Maison qu'elles.
– Vous n'êtes pas Préfètes ?
– Nope, sourit Elisa. Il y a deux ans, j'ai fait une demande pour ne pas être choisie. Faire des rondes et déduire des points, ça me déprimerait.
Par contre, elle ne voyait pas pourquoi Trisha n'avait pas été choisie. Certes, Heidi était quelqu'un de posé qui assurerait son rôle avec sérieux, mais Chourave aurait tout aussi bien pu choisir Trisha !
– Je n'ai pas été choisie non plus, déclarait justement Trisha. Les profs ont dû croire que je laisserais Elisa faire tout ce qu'elle voulait.
… Pas faux.
– Mais notre ami Cédric est Préfet, rajouta joyeusement Trisha. Alors si on veut abuser des privilèges de l'insigne, on peut toujours lui demander !
– Ça ne marchera pas, renifla Elisa avec amusement. Cédric est trop intègre.
– Zut, t'as raison…
Vers midi, la sorcière qui vendait des friandises passa devant leur compartiment. Elisa avait déjà un sandwich et Trisha aussi, mais elles achetèrent quelques bonbons, principalement pour voir la tête d'Ambre quand elle ouvrit un paquet de Chocogrenouilles et que la friandise lui sauta sur les genoux. Trisha avait aussi ramené quelques sucreries de la confiserie Buttermere, dont un colibri en sucre qui s'échappa dans le compartiment et qu'elles mirent presque cinq minutes à récupérer.
Des élèves passaient devant leur compartiment au gré de leurs déambulations dans le couloir, et Elisa aperçu ainsi Drago Malefoy, qui avait l'air inhabituellement sérieux et qui se hâta de détourner les yeux quand il croisa son regard. D'autres élèves n'étaient pas si timides, et Flora Carrow leur rendit ainsi visite, les informant qu'elle et sa sœur s'était joint à leur amie Luna, et qu'Hestia était actuellement en train d'imaginer avec Ginny quelles seraient les cinq meilleures façons de dompter un griffon sauvage. Elisa réalisa que sur ce coup, c'était elle qui avait eu des préjugés.
En milieu d'après-midi, elles se changèrent et enfilèrent leurs robes d'écoles, essentiellement afin de montrer à Ambre comment faire un nœud de cravate et comment ajuster sa robe pour ne pas se prendre les pieds dedans. Puis, alors que la pluie commençait à tomber, Cédric Diggory fit son apparition. Lui aussi s'était changé. Leur compartiment n'était apparemment pas le premier qu'il visitait, car il avait un paquet de bonbons à moitié mangé à la main.
– Désolé du retard ! lança-t-il en ouvrant la porte. La réunion a duré plus longtemps que prévu, Percy n'en finissait pas de nous donner des recommandations. Apparemment il veut que son année en tant que Préfet-en-Chef se passe parfaitement pour que son CV attire l'œil.
– Percy est un peu pompeux mais il fait du bon travail, déclara loyalement Elisa.
– Ah, mais je n'ai pas dit le contraire ! se défendit Cédric en s'asseyant. D'ailleurs, je l'ai félicité pour son poste. Et pour te faire plaisir, Magister, je lui ai même suggéré de poser sa candidature au Département de mon père. Il serait pris à coup sûr.
Mouais. Le Département des Régulation des Créatures Magiques, dirigé par Amos Diggory, n'allait sans doute pas retenir l'attention de l'ambitieux Percy. Puis Trisha vit le regard de Cédric se tourner vers Ambre, interrogateur, et se hâta de faire les présentations. La conversation dériva ensuite sur leurs vacances, puis Elisa se mit à énumérer ses projets pour le CEM sous le regard amusé de ses amis. Dehors, il pleuvait de plus en plus fort.
L'obscurité commençait à tomber et les lampes à s'allumer dans le train. Ils roulaient depuis des heures, et le ventre de Cédric gargouilla soudain bruyamment. Elisa ne put s'empêcher de rire, tandis que son ami rougissait jusqu'aux oreilles. Trisha, hilare, sorti de son sac une poignée d'Ewok en chocolat (les friandises sur le thème de Star Wars étaient une spécificité de la confiserie Buttermere) et les passa au Préfet :
– Tiens, ça te fera patienter jusqu'au festin ! On a encore une bonne heure de route.
Comme pour la contredire, le train commença à ralentir. La pluie tambourinait toujours contre les fenêtres et, dehors, il faisait complètement noir. On aurait dit un cliché de film d'horreur. Involontairement, Elisa frissonna.
– On n'est pas encore arrivés pourtant, murmura Cédric en se levant.
Il ouvrit la porte du compartiment pour jeter un œil à l'extérieur. Mais, juste à ce moment-là, le train s'arrêta brusquement. Son coffre et celui d'Elisa tombèrent du filet à bagage, accompagné par le panier de Dracarys qui se mit à gronder et miauler avec indignation. Cédric laissa la porte du compartiment ouvert, mais se précipita pour ranger son coffre, qui avait failli écrabouiller la petite Ambre.
Elisa avait à peine prit le panier de Dracarys dans ses bras que brusquement, toutes les lampes s'éteignirent. Le train entier se retrouva plongé dans l'obscurité.
– Oh c'est pas vrai, pesta Trisha. Lumos !
La lumière de sa baguette éclaira vivement le compartiment. Ambre avait ouvert de grands yeux inquiets. Elisa posa le panier de Dracarys sur sa banquette, et le chat cessa soudain de gronder, se tassant sur lui-même au fond de son abri.
Elisa réalisa qu'il faisait soudain très froid. Son souffle formait un petit nuage de condensation devant son visage. D'une main qu'elle aurait souhaitée plus ferme, elle saisit sa baguette, maudissant sa stupidité. Dans le canon, les Détraqueurs inspectaient le Poudlard Express. Comment avait-elle pu oublier ça ?
Puis quelqu'un hurla dans le couloir.
Elisa resta pétrifiée sur place mais Cédric se précipita vers la porte du compartiment. Ce fut en le voyant disparaitre que le cerveau d'Elisa se remit en marche, et qu'elle se jeta à sa poursuite. Cédric ne pouvait pas combattre un Détraqueur ! Sans réfléchir, elle bondit dans le couloir à sa suite. Elle n'avait pas fait trois pas qu'elle se cognait contre son dos.
Cédric s'était figé au milieu du couloir. A trois mètres de lui, une haute silhouette noire cachée sous une cape déchirée semblait flotter au-dessus du sol. Derrière lui, recroquevillé par terre et à peine éclairée par la lumière venant du compartiment, se trouvait la forme tremblante d'un gamin.
L'arrivée brutale de Cédric semblait avoir surpris le Détraqueur, qui avait tourné la tête vers le Poufsouffle, mais se trouvait toujours quasiment au-dessus du petit sorcier. Elisa sentit le froid la pénétrer jusqu'aux os, une chape de découragement et de désespoir s'abattre sur elle. Une curiosité morbide la poussa à se demander si son pire souvenir était celui de sa mort, dans sa vie précédente. Ou bien la vision du fantôme de Voldemort s'arrachant au crâne de Quirrell. Ou encore la gueule béante du Basilic. A moins que ça ne soit Lockhart et l'absence de remord avec laquelle il avait brisé sa baguette…
– Est-ce que tu vas te contenter de rester là sans rien faire ? lança la voix de Tom Jedusor.
Elle l'avait entendu aussi nettement que s'il s'était tenu derrière elle et lui avait déclaré ses mots à l'oreille. Ce fut comme une douche froide. Elle eut l'impression que ses cheveux se dressaient sur sa tête, qu'un sentiment d'épouvante absolue remplissait son corps de glace. C'était une bouffée d'effroi pur, une montée d'adrénaline semblable à celle qu'on a lorsqu'on se jette dans le vide.
Son cerveau se remit à fonctionner. Elle pensa désespérément à sa mère, à Trisha, au Cottage, à Tourmaline, et s'écria :
– Spero Patronum !
Son putois argenté jaillit du néant et se précipita sur le Détraqueur. La créature recula immédiatement, mais Elisa ne le regarda pas fuir. Elle s'était retournée, le cœur battant à tout rompre et la baguette brandie. Mais Tom Jedusor n'était pas derrière elle. Il n'y avait rien que le couloir vide, éclairé par la baguette de Trisha qui se tenait sur le seuil de leur compartiment.
Elisa déglutit et, lentement, baissa sa baguette. Le sang battait à ses tempes, et ses genoux lui semblaient soudain très faibles. Elle respira profondément.
Ce n'était pas réel, se répéta-t-elle. Tom Jedusor est mort, et le journal a été détruit. Ce n'était pas réel.
Elle se retourna vers l'élève que le Détraqueur avait attaqué. Cédric avait toujours l'air un peu sous le choc, mais il s'était agenouillé auprès de lui. Auprès d'elle, plutôt : leur victime avait de longs cheveux blond doré, et une silhouette frêle à présent secouée de gros sanglots terrifiés. Cédric l'aida à se remettre debout. D'un geste mécanique, Elisa lui donna un coup de main. Puis elle vit que son Patronus était toujours là, et lui ordonna :
– Va jusqu'au bout du train et chasse tous les Détraqueurs que tu trouveras.
Le mustélidé argenté agita ses moustaches, puis s'exécuta, bondissant rapidement le long du couloir. Elisa ne savait pas si un seul petit Patronus serait suffisant, cela dit. Il lui faudrait des renforts. Elle inspira à fond, jaugeant son épuisement, puis lança le sort à nouveau. Un second putois apparut devant elle.
– Message à Cécile Engelhorn : que tous les élèves de Poufsouffle connaissant le Patronus le lancent, il y a des Détraqueurs à bord.
Le Patronus se volatilisa pour délivrer son message. Cécile était une Préfète de septième année à qui Elisa faisait entièrement confiance. Elle saurait mobiliser les troupes. Elisa, quant à elle, ne se sentait pas le courage d'aller chasser les Détraqueurs. Elle avait eu sa dose de fantôme, merci bien.
– Ça va aller, disait Cédric à la petite sorcière blonde en lui tapotant maladroitement le dos. Viens t'asseoir. Voilà, c'est fini…
La gamine ne pleurait presque plus, mais elle avait toujours l'air terrorisée et hoquetait désespérément.
– Je revenais j-j-juste des t-t-t-toilettes et… Et ce t-t-t-truc…
– C'est fini, répéta Trisha. Respire profondément avec moi. Inspire… Et expire. Encore une fois, inspire… Et expire. Ça va mieux ?
La fillette hocha la tête. Elle tremblait toujours, mais elle semblait moins hystérique. Son regard s'attarda sur les cravates jaunes striées de noir de ses aînés, et Elisa ne put s'empêcher de remarquer l'expression fugace de surprise qui passa sur son visage. Elle s'efforça de ne pas le prendre mal, même si une bouffée d'agacement l'envahit. On trouvait toujours des gens incapables de croire que les Poufsouffle puissent être des héros.
Elisa referma la porte du compartiment derrière elle un peu plus brusquement que nécessaire, et la gamine sursauta. Prise de remords, la Poufsouffle lui adressa un sourire qu'elle espérait rassurant :
– C'est bon, le Détraqueur est parti. Comment tu t'appelles ?
– A-Astoria. Astoria Greengrass.
Elisa sentit ses sourcils se hausser très haut. Eh ben ! Elle avait apparemment sauvé la future épouse de Drago Malefoy. Elle se demandait comment ça s'était passé, dans le canon. Le Détraqueur ne l'aurait sans doute pas embrassée… Peut-être que Lupin serait intervenu à temps ?
– Enchantée Astoria ! s'écria Trisha avec un sourire un peu forcé. Je suis Trisha Buttermere. Voici Ambre Kwebena, Cédric Diggory, et la brave pourfendeuse de Détraqueurs est Elisa Bishop.
– Le Patronus ne tue pas les Détraqueurs, lui rappela Elisa avec lassitude. Il se contente de les faire fuir.
– C'était horrible ! frissonna Ambre.
– Qu'est-ce qu'un Détraqueur faisait à bord du train ? murmura Cédric.
Elisa se frotta machinalement la tête, là où Lockhart l'avait frappée et où Tom avait récupéré son sang. Après avoir entendu Tom aussi nettement, elle s'attendait presque à sentir une plaie ouverte à cet endroit, à être revenue dans la Chambre. Mais elle n'avait même pas de cicatrice. La blessure était guérie depuis longtemps. Elle frissonna, laissant retomber sa main.
– Il cherchait peut-être Sirius Black, murmura Trisha d'un ton incertain.
– Il m'a pris pour Black ?! glapit Astoria avec effroi.
Elisa secoua la tête, et lâcha d'un ton sinistre :
– Non. Il avait sans doute faim.
Il y eut un silence. Ils étaient tous un peu sous le choc. Elisa n'arrivait pas à arrêter de penser à la voix de Tom qui avait murmuré à son oreille. Ça avait été tellement réel…
Elle secoua la tête et se rassit sur sa banquette, se frottant les bras comme pour se réchauffer. Il lui semblait que le froid du Détraqueur était encore présent dans le compartiment.
– Il y a ces choses à l'école ? couina Ambre d'une toute petite voix.
– C'est exceptionnel, l'assura Cédric. Ils sont juste là parce qu'un criminel s'est échappé de prison et qu'ils le pourchassent. Et ils n'entreront pas dans l'école, ni même dans le parc. Le fait qu'ils entrent dans le train était juste un accident.
Il avait l'air de vouloir se rassurer lui-même autant que les autres. Ambre et Astoria, assises côte à être, se serrèrent inconsciemment l'une contre l'autre. Elles formaient un drôle de tableau, la métisse Née-Moldue en jean et sweatshirt, et la petite Sang-Pure aux cheveux blonds et aux yeux rougis.
– La plupart des Poufsouffle connaissent le Sortilège du Patronus, déclara soudain Elisa avec détermination. Et Dumbledore est une vieille chèvre mais il ne laissera pas les Détraqueurs poser un orteil sur le domaine de Poudlard. L'école est sûre. Et si elle ne l'est pas, je ferai en sorte qu'elle le soit. Alors maintenant, passons aux choses sérieuses. Trisha, est-ce que tu as du chocolat ?
oOoOoOo
A la gare de Pré-au-Lard, plusieurs élèves murmuraient avec inquiétude entre eux. Drago Malefoy ne faisait pas le pitre, comme dans le canon : il se cachait dans l'ombre de Crabbe et Goyle, les yeux dans le vague comme s'il avait vu un fantôme. Quant au Trio d'Or, Elisa les aperçut un peu plus loin, parmi les premiers à quitter le train. Hermione et Ron flanquaient Harry comme des gardes du corps et semblaient l'entraîner loin du Poudlard Express le plus vite possible.
Quand Elisa débarqua, il y eut soudain quelques applaudissements de la part des Poufsouffle qui avaient reconnus son putois argenté. En d'autres circonstances, Elisa aurait adoré cette attention, mais là elle se sentait juste fatiguée et nerveuse. Elle se contenta donc d'adresser un sourire figé à son public, et de se frayer un chemin dans la foule. Ambre et Astoria, toujours collée l'une à l'autre, furent entraînés par Hagrid avec les autres premières années, en direction du lac.
Les calèches attendaient les élèves à leur place habituelle. Mais cette fois, en les voyant, Elisa s'arrêta net.
Elle voyait les Sombrals.
Elle n'avait jamais vu quelqu'un mourir mais elle voyait les Sombrals. C'était insensé. C'était impossible. L'année dernière, quand les calèches l'avaient emmené au château, elles semblaient tirées par des chevaux invisibles… Mais à présent, elle voyait la forme squelettique des étranges chevaux-dragons, et elle se sentait glacé jusqu'au sang.
– Elisa ? s'inquiéta Cédric. Tu vas bien ?
Non, aurait voulu dire Elisa. Non, je ne vais pas bien. J'hallucine Voldemort, et je vois des chevaux présages de mort alors que je ne devrais pas les voir.
– Ça va, dit-elle d'une voix étranglée. Rappelle-moi juste de te poser des questions sur les Sombrals ce soir, d'accord ?
Cédric lui lança un regard perçant :
– Ces créatures qu'on ne peut voir que lorsqu'on a une conscience aiguë de la mort ?
Elisa cligna des yeux, et vérifia :
– Il ne faut pas avoir vu la mort ?
– Non, juste savoir ce que c'est à un niveau profond, expliqua Cédric dont les yeux allaient d'Elisa aux diligences. Les jeunes enfants qui voient une grand-mère s'éteindre paisiblement dans leur lit ne voient pas les Sombrals. Les gens qui frôlent la mort à cause d'une grave maladie, en revanche, peuvent les voir.
Oh. Elisa s'affaissa, un peu soulagée. Elle n'était peut-être pas folle, après tout. Elle n'avait pas pris les calèches pour rentrer chez elle l'année dernière, après l'incident dans la Chambre. Elle avait utilisé la Cheminette. Si elle avait utilisé les diligences de l'école, aurait-elle vu les Sombrals à ce moment-là ? Elle n'avait jamais vu quelqu'un mourir, mais… Dans la Chambre, n'avait-elle pas frôlé la mort ? Compris la mort, et cru jusqu'au plus profond de son âme qu'elle allait mourir ? Est-ce que ça comptait ?
– Cédric ! Par ici !
Cho agitait la main, perchée sur le marchepied d'une des calèches. Elle baissa le bras avec embarras en voyant que leur trio de Poufsouffle s'était tourné vers elle. Trisha retint un gloussement dans sa manche, et poussa Cédric dans sa direction.
– Vas-y. On ne veut surtout pas tenir la chandelle.
Cédric lui lança un regard menaçant dont l'effet était un peu gâché par ses pommettes rosies. Puis il posa un dernier regard sur Elisa, et celle-ci roula des yeux :
– Je vais bien. Va la voir, pour l'amour de Circée.
Cédric hésita quand même quelques secondes, puis il céda, et rejoignit Cho à grands pas. Elisa secoua la tête avec amusement. Cho et Cédric se tournaient autour depuis des lustres.
Les deux filles prirent une autre calèche, avec Joan Johnson (dite « Jojo ») de Poufsouffle, Aglaé Dwight de Serpentard, et Liam Oakmont de Serdaigle. Tous trois membres du CEM, ils avaient un an de moins qu'elles, et formaient un trio inséparable.
– J'ai vu ton Patronus dans le train ! s'exclama Liam. C'était fantastique, les Détraqueurs fuyaient devant lui !
– Ces choses sont horribles, frissonna Aglaé. Je préférerai presque tomber sur Black que sur un de ces trucs…
Aglaé était celle qui avait envoyé à Elisa les articles sur l'arrestation de Sirius. Elle avait lu toutes les descriptions horribles que les journaux avaient faites du massacre, de sa démence. Si elle préférait tomber face au monstre décrit par la Gazette plutôt que sur un Détraqueur… L'impact qu'avaient eu ces créatures de cauchemar sur les élèves devait avoir été plus puissant qu'Elisa ne le pensait.
– J'ai essayé de faire un Patronus, soupira Jojo avec regret. Mais j'ai à peine obtenu un petit nuage.
– C'est déjà pas mal, l'assura Trisha. Moi, j'étais trop pétrifiée pour penser à lancer le sort. Je n'ai même pas osé sortir dans le couloir.
– Crois-moi, marmonna Elisa. Si j'avais pris le temps de réfléchir, je crois que je ne serai pas sortie non plus.
Rien que de repenser à la voix de Tom Jedusor, elle se sentait glacée. Etait-ce lui, son pire souvenir ? L'Horcruxe qui l'avait aidé à devenir meilleure en duel ? Le mage noir qui avait Pétrifié Sally-Anne et tenté de la tuer ? Ou bien Tom n'était-il qu'un rappel de sa propre arrogance, elle qui avait cru pouvoir utiliser le journal impunément, qui avait cru que Tom était son ami ?
Ils tentèrent de discuter un peu. Puis leur diligence croisa à nouveau les Détraqueurs, postés de part et d'autre du grand portail du parc de l'école, et un grand silence retomba sur eux. Elisa crispa la main sur sa baguette. Les Détraqueurs n'attaquèrent cependant pas le cortège, et leur calèche accéléra le long de l'allée en pente douce qui montait jusqu'au château. Très vite, ils ne sentirent plus du tout l'aura déprimante de ces créatures. Cela dit, aucun d'entre eux n'essaya de relancer la conversation.
Ils descendirent de leur calèche devant l'entrée, et furent entraînés par la foule à l'intérieur. Leur petit groupe se sépara à l'entrée de la Grande Salle. Liam rejoignit la table des Serdaigle, s'asseyant près de Takashi Noda. Aglaé rejoignit les Serpentard, contournant prudemment Marcus Flint et sa bande pour s'installer non loin d'Heather et bénéficier de la protection de la Préfète. Quant aux trois Poufsouffle, elles s'installèrent à leur table, près de Cédric et Heidi qui avaient réservé une grande partie du banc pour faire de la place aux futurs premières années.
Les portes de la Grande Salle se fermèrent derrière eux. Elisa ne voyait pas trop l'intérêt, vu qu'il faudrait les rouvrir pour faire entrer les premières années. Mais elle devait admettre que l'effet dramatique ne serait pas les mêmes si les petits nouveaux ne se retrouvaient pas à attendre derrière les gigantesques portes, se demandant désespérément quelle épreuve les attendait derrière.
– Il paraît qu'Harry Potter s'est évanoui dans le train ! chuchota Rhonda (qui était assise en face d'eux) avec excitation.
– Ah bon ? s'enquit un Poufsouffle plus âgé avec intérêt.
– Chuuut ! leur ordonna Heidi d'un air sévère. Un peu de silence pour l'arrivée des nouveaux !
Elle avait un bon timing : à peine avait-elle finit sa phrase que les portes de la Grande Salle s'ouvraient, laissant entrer un flot de petits premières années, menés par Flitwick.
– Pourquoi ce n'est pas McGonagall qui les accueille ? souffla Trisha tandis que le petit professeur faisait apparaitre le Choixpeau perché sur un tabouret.
– Elle doit être en train de passer un savon aux Détraqueurs, suggéra Raashid à voix basse. S'ils ont attaqué le chouchou des Gryffondor, elle doit être furieuse !
Ou bien elle était en train de donner à Hermione son Retourneur de Temps… Elisa retint un sourire. Elle préférait Flitwick. Au moins, il ne devait pas trop intimider les nouveaux. Il y avait bien une centaine d'enfants, et Elisa fut à nouveau surprise par la taille de cette promotion. Durant les trois premières années de sa scolarité, Elisa avait été habituée à voir la Répartition des enfants nés durant la précédente guerre. Des promotions qui ne dépassaient jamais cinquante élèves, au lieu d'en compter une centaine.
Quand les livres d'Histoire disaient que la guerre avait été meurtrière, ils n'exagéraient pas.
Comme tous les ans, le Choixpeau chanta, même si Elisa avait pris l'habitude de n'écouter que d'une oreille. Les mêmes thèmes revenaient toujours, c'était un peu lassant. Le jour où le Choixpeau innoverait, là, elle serait attentive. En attendant, elle profitait de la chanson pour scanner la foule des premières années, cherchant des visages familiers. Elle repéra très vite Ambre et Astoria, et leur adressa un salut de la main.
Puis le Choixpeau referma la bouche, et tout le monde applaudit, Elisa y compris. Flitwick se racla la gorge, déroulant une longue liste, et commença l'appel.
– Balaji, Devmani !
Le petit frère du Préfet des Serdaigle, sans doute. C'était un gamin à la peau mate et aux cheveux noirs bouclés, qui coiffa le Choixpeau en tremblant. Le vieil artefact resta silencieux plusieurs secondes, puis…
– SERDAIGLE !
La table des aigles se mit à applaudir, tout comme quelques membres épars des autres Maisons. Devmani rejoignit sa nouvelle Maison presque en courant, et s'assit à côté de son frère, qui lui tapa sur l'épaule en le félicitant.
– Carter, Sarah !
– SERPENTARD !
Et ainsi de suite, Le professeur Flitwick continua à faire l'appel. Les jumeaux Faucett furent séparés, Melody allant à Gryffondor, et son frère Octave à Serpentard. Elisa grimaça : même si les relations inter-Maisons étaient globalement bonnes, la rivalité entre les lions et les serpents était toujours la plus vive. Les jumeaux Faucett n'auraient pas la vie facile.
Il y eut deux Gryffondor, trois Poufsouffle… Puis, au bout d'un moment, ce fut le tour d'Astoria. La gamine blonde coiffa le Choixpeau avec détermination. A la table des Serpentard, la fille assise à côté de Blaise Zabini se pencha pour mieux voir. C'était sans doute sa sœur, Daphnée Greengrass.
Il y eut un long silence. Elisa compta les secondes. Quarante… Cinquante… Une minute…
– POUFSOUFFLE !
Elisa faillit tomber de son banc. Poufsouffle ?! Est-ce qu'Astoria n'était pas une Serpentard, dans le canon ?
– Bienvenue ! s'exclama Trisha quand la petite Astoria se laissa tomber sur le banc à côté d'elle. Eh ben, il en a fallu du temps pour qu'il se décide. Il t'a proposé quoi ?
– Serpentard, avoua la gamine avec nervosité. Mais j'ai demandé Poufsouffle…
A cause du Patronus d'Elisa ? A cause d'autre chose ? Impossible à savoir. Elisa se contenta donc de sourire d'un air encourageant :
– Exactement comme moi. On devrait fonder le club de Serpensouffle !
Astoria émit un petit rire, et ses épaules se détendirent. La Répartition se poursuivit. Ambre Kwebena rejoignit les Poufsouffle également… Tout comme les huit gamins suivants. Un vrai défilé ! Elisa avait l'impression qu'il y avait beaucoup de nouveaux Poufsouffle cette année…
Finalement, après que « Vane, Romilda ! » soit envoyée à Gryffondor, le professeur Flitwick reparti avec le Choixpeau. Du coin de l'œil, Elisa vit Harry et Hermione rejoindre les Gryffondor. Ils s'étaient à peine assis qu'à la table des professeurs, le directeur se levait pour faire son discours.
– Bienvenue à tous, commença Dumbledore d'un ton jovial. Bienvenue pour une nouvelle année à Poudlard ! J'ai quelques petites choses à vous dire et comme l'une d'elle est très sérieuse, autant s'en débarrasser tout de suite avant que la bonne chère ne vous plonge dans une euphorie peu propice à la gravité…
Les Poufsouffle échangèrent des regards sombres, sachant déjà quel sujet allait être abordé.
– Comme vous avez pu vous en apercevoir en les voyant fouiller le Poudlard Express, l'école a dû accueillir quelques Détraqueurs d'Azkaban qui nous ont été envoyés par le Ministère.
Dumbledore marqua une pause. Ça devait lui déplaire autant qu'aux élèves. Sans doute plus. Elisa n'aimait pas vraiment le directeur, mais elle le respectait assez pour lui accorder ça : il n'était pas irresponsable au point de considérer comme acceptable la présence de ces créatures autour d'enfants.
– Ils sont postés à chaque entrée du domaine, continua le directeur. Et tant qu'ils seront là, tout le monde doit être bien conscient qu'il sera rigoureusement interdit de quitter l'école sans autorisation préalable. Les Détraqueurs ne se laissent pas abuser par des déguisements ou des ruses quelconques, pas même par les capes d'invisibilité.
– Il y a des gens qui ont des capes d'invisibilité ici ? chuchota Trisha avec curiosité.
Cédric lui donna un coup de coude pour la faire taire, et Dumbledore reprit d'un air grave :
– La nature des Détraqueurs ne les porte pas à prendre en considération les excuses ou les sollicitations. Je vous conseille donc à chacun et à chacune d'entre vous de ne jamais leur donner l'occasion de vous faire du mal. Je m'adresse tout particulièrement aux Préfets, ainsi qu'à notre nouveau Préfet-en-Chef et à son homologue féminin, pour qu'ils veillent à ce qu'aucun élève ne prenne l'initiative de contrarier les Détraqueurs.
Percy, à la table des Gryffondor, se rengorgea. Les six Préfets de Poufsouffle, eux, avaient l'air grave. Protéger tous les élèves contre des créatures aussi dangereuses que les Détraqueurs ne serait pas une mince affaire. Plusieurs personnes jetèrent des regards en coin à Elisa, et la jeune fille devina avec une certaine résignation qu'elle allait à nouveau être sollicitée pour enseigner le Patronus à ses pairs.
– Pour continuer sur une note plus joyeuse ! reprit le directeur en retrouvant son ton enjoué. Je suis heureux d'accueillir parmi nous de nouveaux enseignants. Tout d'abord, le professeur Lupin qui a bien voulu se charger des cours de Défense contre les Forces du Mal…
Il y eut quelques applaudissements plutôt mous, et Elisa observa Lupin avec intérêt. Il ne payait pas de mine, avec son air fatigué et ses vêtements rapiécés. Assis entre McGonagall et Babbling, qui portaient toutes les deux des robes strictes mais de bonne couture, Lupin avait l'air assez miteux. Dumbledore sourit, et continua :
– Quant à la seconde nomination, je dois tout d'abord vous informer que le professeur Brûlopot, qui enseignait le Soin aux Créatures Magiques, a pris sa retraite afin de s'occuper plus longuement des derniers membres qui lui restaient. Il sera remplacé à ce poste par le professeur Gobe-Planche, qui sera elle-même assistée par Rubeus Hagrid, que vous pouvez également appeler professeur.
L'arrivée de Gobe-Planche était une nouveauté, et Elisa haussa les sourcils en applaudissant. Elle eut cependant très vite la réponse à ses interrogations, car Dumbledore poursuivit avec un large sourire :
–En plus de ses nouvelles fonctions d'assistant, Rubeus Hagrid assistera à certains de vos cours afin de passer des examens dont il a été privé lors de sa propre scolarité. Vous le verrez donc durant les classes de troisième et quatrième année.
Oh ! C'était pour ça ! Avant que la suspension de Dumbledore ne prenne fin en mai dernier, Elisa avait écrit à McGonagall en lui suggérant de laisser à Hagrid une chance de reprendre son éducation, maintenant que son innocence quant à l'affaire de la Chambre des Secrets avait été prouvée. L'idée n'avait sans doute jamais été proposée dans le canon, mais ici… McGonagall avait dû soumettre cette proposition au directeur.
– Je crois vous avoir dit l'essentiel, reprit le directeur d'un air songeur. Ah, non ! Il me reste encore à annoncer un record…
Elisa sourcilla, quasiment sûre que Dumbledore n'avait pas parlé de ça dans le canon.
– Un record en effet, poursuivit le directeur avec amusement. Le festin n'a pas encore commencé, c'est l'attribution de points la plus rapide de l'histoire de l'école. Miss Bishop ?
Elisa se redressa d'un coup, tandis que tout le monde se tournait vers elle. Les yeux de Dumbledore pétillaient d'amusement :
– Pour votre excellente démonstration du Sortilège du Patronus… J'accorde trente points à Poufsouffle.
Les Poufsouffle applaudirent à tout rompre, vite rejoint par les membres des autres Maisons (il y eu même des sifflements venant de chez les Gryffondor) et Elisa rougit violemment. Apparemment, pas mal de monde avait vu le putois argenté chasser les Détraqueurs. La jeune fille avait envie de se cacher dans un trou de souris. Elle ne s'était pas sentie héroïque en lançant le sort. Et présent, elle se sentait fière de ces félicitations, d'accord, mais surtout très embarrassée.
– Cette fois j'en ai bel et bien fini, conclut le directeur. Que le festin commence !
Il se rassit, et la nourriture apparut sur les tables. Les élèves se précipitèrent dessus, affamés, et un brouhaha de conversations joyeuses et de cliquetis de couverts empli très vite la pièce. Comme tous les ans, Elisa se mit à faire la conversation aux petits nouveaux. Garder sa place au sommet de la chaîne alimentaire de l'école, ça nécessitait un peu de boulot, quand même. Mais cette fois, son travail était grandement facilité par sa gloire récente :
– C'est toi qui as chassé les Détraqueurs ?
– C'était trop cool !
– Il est passé où, le truc argenté qui les a chassés ?
– C'était un furet ? Tu peux le faire revenir ?
– On apprendra ça en classe ? Comment ça s'appelle ?
– T'as déjà tué un Détraqueur ?
Elisa ne savait plus où donner de la tête. Heureusement, ses amis volèrent à son secours. Cédric répondit posément à toutes les questions sur les cours et le fonctionnement de l'école, et Trisha disserta joyeusement sur le Patronus, faisant même la démonstration du sort au moment du dessert. Elisa put donc respirer.
– Vous êtes vachement nombreux, remarqua-t-elle en parcourant du regard la foule de petits premières années. Votre promotion n'est pourtant pas si grande…
– Pas mal d'entre eux sont allés à Poufsouffle, sourit Heidi avec amusement en désignant la tablée. Tu n'as pas remarqué, Magister ?
Elisa cligna des yeux. Si, elle avait noté, mais elle pensait que c'était son imagination.
– Moins de vingt élèves ont été envoyés dans chaque Maison, l'informa Cédric qui avait sans doute fait le calcul mental. Nous, on a presque trente.
– Trente !
– Vingt-huit, pour être précis. Ce sont les Gryffondor qui ont eu le moins de nouveaux. Ils n'en ont que seize.
– Après avoir croisé les Détraqueurs, personne ne devait se sentir très courageux, marmonna Ambre Kwebena.
– Je ne veux plus jamais croiser ces trucs, frissonna un garçon à côté d'elle.
– Ils seront bientôt partis, déclara bravement un autre garçon à la peau très sombre. Ils vont capturer Sirius Black et après, on sera tranquille !
Ah ah. Comptez là-dessus, les mioches. Elisa décida cependant de leur laisser leurs illusions. Elle n'avait pas envie de jouer les rabat-joies alors que tous ces gamins la regardaient avec adoration pour son Patronus.
Finalement, le dîner prit fin. Les derniers morceaux de tarte à la citrouille ou de pudding disparurent des assiettes, et Dumbledore annonça qu'il était temps d'aller se coucher. Cédric et Heidi rassemblèrent les premières années pour leur montrer le chemin vers leur salle commune, et Elisa se joignit à eux. C'était à la fois pour consolider son mythe (cette bande mouflets de onze ans l'avait déjà mise sur un piédestal suite à l'histoire du Patronus, c'était incroyable), et aussi parce qu'il y avait quand même vingt-huit gamins. Même avec deux Préfets attentifs, il serait trop facile d'en perdre un dans la cohue…
D'autant plus que comme Heidi et Cédric distribueraient les prospectus du CEM aux petits nouveaux dès ce soir, elle en profita pour glisser mine de rien qu'elle co-présidait un club d'éducation moldue pour les plus travailleurs et ambitieux d'entre eux. Bien sûr, l'idée de poursuivre une éducation moldue découragea pas mal d'enfants, et de toute façon les Sang-Purs se retrouvaient plus ou moins exclus d'office. Mais avec trente nouveaux Poufsouffle, il y eut forcément des intéressés.
Si on excluait l'épisode des Détraqueurs, la rentrée s'était plutôt bien passée.
oOoOoOo
Le lendemain, Elisa se réveilla vingt minutes trop tôt parce que son chat lui rapportait une souris, tout fier de lui. Elle se força à réprimer son dégoût et à féliciter Dracarys pour sa capture. Le pauvre rongeur était encore en vie, mais son arrière-train semblait cassé. Avec une grimace, Elisa se résigna et déposa la bestiole dans le terrarium de Malta. Le serpent ne mesurait que cinquante centimètres, mais il était parfaitement capable d'abréger les souffrances d'une souris.
Et en prime, ça lui ferait son déjeuner.
La jeune fille n'avait plus envie de dormir après ça, et elle alla prendre son petit-déjeuner. Il n'y avait encore pratiquement personne dans la Grande Salle. Lorsqu'elle s'assit, cependant, une tasse de chocolat chaud et des croissants français apparurent devant elle, et elle retint un sourire. Tilly et Olly étaient déjà aux cuisines, apparemment. Ça avait du bon, d'avoir ses elfes personnels à Poudlard. En particulier, ça lui permettait d'avoir un petit-déjeuner parfaitement à son goût.
– Vous êtes bien matinale, Miss Bishop.
Elisa leva le nez de son chocolat chaud… Et avala brusquement de travers en croisant le regard jovial de Dumbledore. Elle réprima une quinte de toux (postillonner sur le Manitou Suprême du Royaume-Uni ne ferait définitivement pas bonne impression), et réussit finalement à crachoter :
– Eh, j'ai été réveillée par mon chat un peu trop tôt.
– Je comprends, fit le directeur avec amusement. Les animaux de compagnie sont un vrai réconfort dans notre vie, mais ils ont parfois bien peu de considération pour notre sommeil.
Elisa hocha la tête, muette, et complètement prise au dépourvue.
Elle n'avait pas exactement une bonne relation avec Dumbledore. Elle le trouvait trop désinvolte dans sa gestion de l'école et n'en avait jamais fait mystère. Une fois, elle avait carrément craqué et lui avait crié dessus dans son bureau, l'accusant de ne pas se soucier de ses élèves et de leurs souffrances, ou de l'inquiétude de leurs parents. En y repensant, elle se sentait toujours mortifiée. Elle avait complètement pété un plomb ce jour-là.
Mais pour autant, elle ne détestait pas Dumbledore. Il la faisait parfois fumer de rage quand il prenait une décision stupide, mais… Il faisait de son mieux. Il avait été patient et attentif, quand Elisa s'était retrouvée à l'infirmerie après avoir été possédée par le journal. Il lui avait pardonné son coup d'éclat dans son bureau, et n'avait jamais cessé d'être aimable et jovial. Et oui, il était négligent avec Poudlard et ses élèves, mais… Elisa jonglait entre ses études, ses inventions, ses ambitions et ses projets pour changer le monde : elle pouvait comprendre à quel point c'était difficile de réussir une tâche ardue quand on essaie d'accomplir six choses en même temps. Et contrairement à elle, qui pouvait compter sur Gwendolyn, Lester, Neal, Myriam, Trisha, Cédric, ses parents… Dumbledore était complètement seul.
Alors voilà. Elisa n'avait pas une bonne relation avec Dumbledore. Elle lui en voulait, elle s'en voulait à elle-même, et elle s'adressait toujours à lui avec une certaine insolence. Même s'ils essayaient d'avoir une attitude cordiale l'un envers l'autre, Elisa avait constamment l'impression de marcher sur des œufs là où Dumbledore était concerné.
– Je voulais vous féliciter à nouveau pour votre Patronus, continua joyeusement Dumbledore comme si papoter à la table des Poufsouffle était un truc totalement normal pour le directeur de Poudlard. Bien sûr, j'avais déjà eu l'occasion de le voir en mai dernier…
Elisa devint cramoisie en se souvenant qu'elle avait utilisé son Patronus pour se plaindre à Trisha, devant toute l'école, de Dumbledore et de ses méthodes de recrutement des profs. D'ailleurs, n'avait-elle pas subtilement menacé le directeur le surveiller si jamais il engageait un vampire ou un loup-garou ?
… Décidément son instinct de survie avait pris des vacances, l'année dernière.
– Mais cela reste un achèvement remarquable, acheva le directeur. Vous êtes décidément pleine de surprises, Miss Bishop.
– Merci ? hasarda la jeune fille d'un air incertain.
Le regard scrutateur de Dumbledore sembla la passer aux rayons X. Hâtivement, Elisa se remémora les exercices du bouquin d'Occlumancie qu'elle avait lu cet été, et essaya de redessiner mentalement le plan de son MagicoGlisseur Spoutnik.
– Avez-vous passé de bonnes vacances, Miss Bishop ?
C'était quoi cette question bizarre ? Elisa cligna des yeux, prise au dépourvu. Un peu incertaine, elle hasarda avec un temps de retard :
– Euh, oui ? Merci ?
Dumbledore la scruta par-dessus ses lunettes en demi-lune, puis esquissa un mince sourire :
– Il est vrai que vous avez sans doute été très occupée.
Suspectait-il son implication dans la création de Tourmaline ? Ou fait-il juste allusion à B&B, à son voyage avec sa mère en Inde puis au Japon, à ses visites sur le Chemin de Traverse ?
– Effectivement, acquiesça Elisa avec prudence.
–Ce fut un été rempli pour nous tous, enchaîna le directeur en hochant la tête d'un air compréhensif. Y compris pour la presse. Vous avez suivi le tumulte créé par les articles sur Tom Jedusor, je suppose ?
Oooooh. C'était donc ça !
Elisa se détendit en réalisant où Dumbledore voulait en venir, et hocha gravement la tête sans parvenir à masquer complètement la satisfaction dans son regard.
– Ces articles ont beaucoup choqué le public, c'est vrai.
– En effet, en effet, murmura Dumbledore sans détourner le regard du visage d'Elisa. Voldemort a perdu une grande partie de son mythe, à présent. Si ses origines avaient été connues plus tôt, de nombreux troubles auraient pu être évités.
C'était d'ailleurs une excellente question. Elisa plissa les yeux, et osa la poser :
– Dans ce cas, pourquoi personne ne le les a révélés avant ? Il devait bien y avoir quelqu'un qui savait, non ?
Dumbledore sourit, un peu tristement, et secoua la tête :
– Ah, mais ce qui crée l'impact d'une révélation n'est pas toujours ce qu'elle contient. Son origine a aussi son importance. Réfléchissez-y, Miss Bishop. Comment pouvez-vous être sûre que ces articles viennent d'une source sûre, qu'il ne s'agit pas de diffamation ?
Elisa fronça les sourcils sans comprendre où il voulait en venir. Elle savait que c'était vrai parce que… Parce que c'était vérifié ? Parce qu'elle y croyait ? Parce que les preuves avaient été rendues accessibles à tout le monde, et… Oh.
– Il n'y a pas eu de contestation de la part des Puristes, réfléchit-elle à voix haute. Si n'importe qui d'autre avait publié ces articles, Lucius Malefoy les aurait fait taire. Mais là…
Elle se tut. Dumbledore inclina la tête, les yeux pétillants d'amusement :
– En effet. La vérité issue de la bouche d'un ennemi n'est guère écoutée. Mais la vérité, même déplaisante, qui est révélée par un allié… Voilà qui fait réfléchir même les plus incrédules.
Elisa resta prudemment silencieuse. Le grand public croyait que c'était Lucius Malefoy qui, anonymement bien sûr, avait fait éclater la vérité dans la Gazette. C'était le revirement du plus proéminent Puriste de leur société qui avait tant ébranlé la communauté sorcière, sans doute presque autant que les révélations sur la parenté de Voldemort. Mais peu de gens savaient que c'était Narcissa Malefoy qui avait écrit à la Gazette, puis qui avait ensuite forcé son époux à en supporter le blâme. Et la jeune fille pouvait compter sur les doigts d'une main le nombre de gens qui savaient que c'était elle, Elisabeth Bishop, qui avait donné cette arme à Narcissa.
– Miss Bishop.
Elle releva les yeux sur le directeur. Son visage était devenu sérieux, toute trace de plaisanterie ayant déserté ses traits.
– Voir le mythe de Voldemort s'affaisser est une victoire, déclara gravement le vieux sorcier. C'est une entrave à son retour et un baume au cœur pour ceux qui ont souffert de sa main. Mais Voldemort a encore des partisans. La personne qui a révélé l'histoire de Tom Jedusor au monde… Cette personne a beaucoup à craindre de ces fidèles, si jamais son rôle venait à être découvert.
Elisa avala de travers. Message reçu.
Elle y avait pas mal pensé durant l'été, quand le nom de Tom Jedusor faisait la Une tous les jours et qu'il y avait presque des émeutes sur le Chemin de Traverse. Elle avait traîné le nom de Voldemort dans la boue. Des gens avaient été torturés, des gens avaient été tués pour moins que ça. Oh, Lucius Malefoy était protégé par sa position, sa fortune, ses privilèges : mais Elisa n'avait rien de tout ça. Si jamais on découvrait ce qu'elle avait fait, elle était morte. C'était une pensée glaçante. Elle avait agi pour se venger de Jedusor et de son foutu journal, et elle avait été sûre de couvrir ses traces, mais si jamais un seul détail avait échappé à sa vigilance…
Si un seul détail avait échappé à sa vigilance, eh bien. Le canon allait très vite reprendre son cours, parce qu'Elisabeth Bishop disparaitrait de la surface de la terre. Il n'y aurait probablement même pas de corps à enterrer.
C'était une pensée assez horrible. Pourtant, elle parvenait à l'envisager presque froidement, presque rationnellement. A quel moment avait-elle commencé à considérer la mort avec un tel détachement ?
– C'est une bonne chose que les gens blâment Lucius Malefoy alors, se contenta-t-elle de dire avec un sourire forcé.
Et c'est une bonne chose que Lucius Malefoy me doive la vie de son fils, rajouta-t-elle mentalement. Parce que ma survie repose essentiellement là-dessus.
Dumbledore hocha la tête, un léger sourire revenant sur son visage :
– En effet. Je pense que sa nouvelle position le pousse à faire preuve d'introspection. Qui sait, peut-être ressortira-t-il de cette épreuve un homme changé.
Elisa émit un reniflement amusé. Ouais, bonne chance avec ça. Lucius Malefoy jouait la comédie parce qu'il se sentait coupable d'avoir fait entrer le journal à Poudlard, et parce qu'il voulait apaiser sa femme. Mais de là à ce qu'il ait une révélation… Elisa n'en aurait pas mis sa main au feu.
– Je ne vous priverais pas de votre repas plus longtemps, Miss Bishop, reprit Dumbledore en voyant que les élèves commençaient à entrer dans la Grande Salle. Mais sachez que mon bureau vous sera toujours ouvert si vous avez besoin d'aide.
Elisa haussa un sourcil sans pouvoir s'en empêcher :
– Vraiment ?
Elle avait été odieuse la dernière fois qu'elle s'était trouvée dans le bureau de Dumbledore. Oh, elle ne l'avait pas insulté, mais les accusations qu'elle lui avait lancées avaient été… plutôt sérieuses. Et puis, même si on excluait cet incident, Elisa n'était pas proche du directeur. C'était avec Harry Potter que le vieux sorcier jouait son rôle de grand-père bienveillant et de vieux sage. Avec Elisa, il y avait de l'insolence, une certaine animosité, une once de respect, d'occasionnels moments de franchise, et beaucoup de méfiance.
– Vraiment, répéta Dumbledore avec douceur. Que ce soit à propos de journal ou de tout autre problème. Vous êtes une jeune fille très intelligente, mais vous ne devriez pas chercher à tout résoudre par vous-même.
Oh, c'était riche, venant de sa part ! Cela dit, Elisa s'abstint sagement de le lui faire remarquer, parce qu'elle n'était pas la mieux placée pour accuser Dumbledore de toujours chercher à tout faire tout seul. C'était ce qu'elle avait voulu faire avec le journal… Et ça lui avait explosé à la figure.
– Et vous apportez parfois des perspectives assez uniques, rajouta le directeur dont les yeux pétillaient d'amusement. Des perspectives qui ont parfois de brillantes conséquences. Saviez-vous qu'Hagrid reprend ses études afin de passer un diplôme de dragonologie ? Votre suggestion de l'envoyer découvrir une réserve de dragons l'a enthousiasmé.
Prise au dépourvue, Elisa jeta un regard en direction du demi-géant. Elle avait suggéré de l'envoyer en Roumanie quand la Chambre avait été rouverte, pour éviter que le Ministère cherche à se servir de lui comme bouc émissaire. A ce moment-là, elle n'avait pas vraiment cherché à protéger Hagrid : sa suggestion avait été une critique de Dumbledore, qui avait une certaine tendance à laisser ses alliés pourrir en prison dès qu'ils ne lui étaient plus utiles.
Mais Hagrid avait trouvé une vocation grâce à ce voyage. Les récriminations d'Elisa avaient été purement égoïstes, mais elle avait accidentellement rendu quelqu'un très heureux. N'était-ce pas ironique ?
– C'est une bonne chose, finit-elle par dire maladroitement.
– En effet, sourit le directeur. Eh bien, je ne vais pas vous importuner plus longtemps, Miss Bishop. Je vous souhaite un bon appétit.
– Euh, à vous aussi, fit machinalement Elisa.
Le directeur tourna les talons et se dirigea vers la table des professeurs, fredonnant sous sa barbe. Elisa secoua la tête, vaguement interloquée. Son chocolat chaud avait refroidi, et elle le réchauffa d'un petit coup de baguette. Son Charme de Chaleur laissa une trace de brûlé sur la faïence du bol, mais sa boisson se remit à fumer doucement.
Elle avait à peine but quelques gorgées que Cécile Engelhorn, Préfète de septième année à la peau noire et à la silhouette toute en rondeurs, s'assit en face d'elle, les yeux brillants de curiosité :
– C'était quoi, ça ?
Elisa soupesa sa réponse un moment, puis finit par avouer :
– Je n'en ai pas la moindre idée.
– Oh, aller ! gémit Cécile. C'est pas tous les jours que le directeur fait la causette à un élève. Surtout avec toi.
Elisa se demanda si elle devait être vexée par ce dernier commentaire, mais déjà Cécile enchaînait avec curiosité :
– Il t'a demandé si tu comptais poignarder un autre prof ?
Elisa faillit s'étrangler avec son croissant.
– Ne dis pas des trucs pareils ! Je vais passer pour une psychopathe ! Et puis, Lockhart le méritait.
– Ah, je n'ai pas dit le contraire. Même si je n'ai aucun souvenir de ce qui s'est passé, le fait de me réveiller dans une cave humide avec Caleb qui paniquait et un gros mal de crâne, ça a suffi à me convaincre.
Elisa grimaça. Jusqu'à la fin, elle n'avait pas pris Lockhart au sérieux. Pourtant, c'était lui qui avait brisé sa baguette, qui l'avait eu à sa merci, et jetée dans les souterrains de la Chambre dans l'espoir qu'elle y crève. Pour un escroc insignifiant, Lockhart avait fait beaucoup de dégâts.
– Alors ? reprit Cécile en se beurrant un toast. Qu'est-ce qu'il voulait, au final ? Vérifier que tu allais te tenir à carreau ?
Elisa fronça le nez. Est-ce que Dumbledore essayait… d'enterrer la hache de guerre avec elle ? Elisa considéra la question, puis décida que c'était vraiment tiré par les cheveux. Déjà, pourquoi le directeur s'intéresserait à elle ? Elle était une Poufsouffle irrévérencieuse, adorée par les gamins, certes, mais sans le soutien d'une famille puissante. Peut-être qu'il craignait qu'elle ne devienne comme Tom Jedusor, après sa fascination avec le journal ? Elisa retint un frisson. C'était une hypothèse qui lui nouait l'estomac. Avant d'écrire dans le journal, elle n'aurait jamais utilisé la magie noire, appris le Fourchelang, ou fait du chantage à Lucius Malefoy. Mais… Même si elle était un peu plus dure qu'avant, ça ne faisait pas d'elle quelqu'un de mauvaise. Non ?
Alors, vraiment, elle ne voyait pas pourquoi Dumbledore s'intéresserait à elle. Il tenait pratiquement la Grande-Bretagne dans le creux de sa main. Il se contrefichait des gens sans importance (c'était d'ailleurs un des nombreux reproches qu'Elisa lui faisait). Pourquoi perdrait-il son temps avec une élève qui n'était pas le Survivant ?
Quoique. Elisa avait dit, l'année dernière, qu'elle allait enquêter sur le journal. Peut-être que c'était ça qui intriguait le directeur. Elle doutait que, lui mis à part, quiconque se soit intéressé à la nature précise du journal de Jedusor, et au secret de l'immortalité de Voldemort.
Mouais.
Mais tout de même. Dumbledore était le plus grand sorcier du pays, et Elisa… Elisa, malgré son arrogance, savait reconnaitre qu'elle n'était pas grand-chose aux yeux du monde. Une intello obsédée par la connaissance, une inventrice de gadgets, une visionnaire aux désillusions de grandeur. A Poudlard, elle était quelqu'un : mais dans le monde réel, elle n'était personne. Elle le savait parfaitement.
Alors, même si elle savait qu'elle était parfois arrogante… Elisa n'allait pas se laisser aveugler par son ego et croire que Dumbledore s'intéressait à elle parce qu'elle était importante. Le directeur était sans doute prudent, voulant s'assurer qu'elle n'en apprenait pas trop sur les Horcruxes. Ou peut-être était-il juste curieux de savoir comment quelqu'un comme elle, sans prophétie pour annoncer sa venue, pouvait constamment intervenir dans les problèmes de Poudlard.
Hum. C'était même assez probable. L'année dernière, c'était à cause de sa disparition à elle qu'Harry était allé confronter Tom Jedusor dans la Chambre. Et Elisa avait aussi provoqué le chaos à l'école en prononçant un mot de Fourchelang devant un vaste public. Sans parler de l'année encore d'avant, où elle avait suivi le Trio d'Or dans les souterrains où étaient caché la Pierre.
Outch. En y réfléchissant, Elisa commençait à voir pourquoi Dumbledore gardait un œil sur elle. Elle mettait le bazar partout où elle fourrait son nez. Et elle, elle savait qu'elle améliorait les choses par rapport au canon… Mais le directeur ne pouvait pas savoir ça, n'est-ce pas ?
– Ma vie est compliquée, soupira-t-elle.
Cécile renifla avec amusement :
– Tu parles. C'est bizarre de te voir discuter poliment avec le directeur. J'espérais à moitié un coup d'éclat comme celui d'il y a deux ans.
Heureusement que les élèves de Poudlard ne savaient pas qu'elle avait eu un deuxième accrochage avec le directeur l'année dernière, parce que sinon elle n'en aurait jamais entendu la fin.
– Tant qu'il n'envoie pas un quart de l'école gambader dans les mêmes couloirs qu'un troll, je n'ai pas l'intention de me ridiculiser à nouveau ! marmonna Elisa.
– Te ridiculiser ? Tu rigoles, j'espère. C'était ton heure de gloire ! Tout le monde connaissait ton nom, après ça.
Elisa ouvrit de grands yeux :
– Ah bon ? Je croyais que c'était parce que je vendais des Glisseurs. Ou à cause du CEM. Ou bien parce que j'ai battu Warrington en duel une fois…
La Préfète secoua la tête avec amusement, puis admit :
– Bon, ça a sans doute joué. Mais c'est le fait que tu aies gueulé sur le directeur qui a fait de toi une célébrité qui rivalise avec Harry Potter dans cette école.
Elisa plissa le nez, puis décida qu'être connue comme « la fille qui a crié sur Dumbledore » n'était pas si mal. Entre ça et « Magister », elle n'avait pas trop à se plaindre de ses titres. Et si ce genre de surnom semblait arrogant… Eh bien, elle n'était pas un modèle de modestie, après tout. Elle pouvait bien vivre avec ça.
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C'est bien d'avoir conscience de ses défauts, au moins x)
Et voilà, c'était le chapitre ! J'espère qu'il vous a plu =D
... Et, de manière tout à fait hors-sujet, avez-vous vu l'épisode 6 de la saison 7 de Game Of Thrones ? Les scénaristes montent Arya et Sansa l'une contre l'autre alors que c'est vraiment pas réaliste, ça me fait grincer des dents. Pourquoi les américains sont incapables de concevoir que deux femmes s'entendent ? Davos et Tyrion s'entendent alors que l'un a cramé vivant le fils de l'autre, mais Sansa a eu le béguin pour Joeffrey durant quelques mois et Arya ne peut pas le pardonner ?! What ?!
J'ai lu une méta assez intéressante sur le fait que l'amitié entre deux femmes, dans la série, n'est acceptable qu'à partir du moment où l'une des deux femmes serre l'autre. Sinon, elles sont automatiquement rivales (généralement pour un homme, oh, que c'est original). Les scénaristes ne réalisent même pas le cliché. RAAAAH. Je rage.
Also, ATTENTION SPOILERS, je suis littéralement incapable de comprendre d'où sors la soudain affection de Jon envers Daenerys. Durant l'épisode précédent, il avait quasiment peur d'elle, bordel de nouilles. Je sais que ce sont les deux persos préférés des spectateurs mais quand même, là, c'est vraiment forcé.
Bref. Voilà. J'ai fini x)
A la semaine prochaine pour le prochain chapitre !
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