Et voilà le nouveau chapitre ! Ah ah, j'ai eu une semaine animée alors je vous en parle x) Je suis allée à Angers (comme certains le savent parce que j'étais à l'état de zombi en postant le dernier chapitre xD), rencontrer IRL des potes de RPG. J'ai fait le calcul, il y en avait que je connaissais depuis 9 ans sans jamais avoir vu leur tête ! Incroyable, non ? C'est quasiment la moitié de ma vie ! J'en suis baba.
Hum. Sinon j'ai regardé la finale de Game Of Thrones, et MWAHAHAHAHA JE VAIS JAMAIS SURVIVRE JUSQU'A LA PROCHAINE SAISON. Je crois que je vais devoir me replonger dans des fics sur ce fandom, pour combler le manque !
Et finalement, je me suis achetée un bouquin sur la divination par les Runes Futhark. Je me sens entrer dans la peau d'Elisa xD
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Bref ! Voici donc les réponses aux reviews !
Salut IceQueen83 ! Oui, tout commence doucement à dégringoler. Mais ne t'en fais pas pour Hermione : dans cet univers, elle aborde le problème des elfes d'une façon très différente de celle du canon, et... Ca va être beaucoup plus doux, beaucoup plus Serpentard, comme approche x) Pour ce qui est des miroirs : ça va venir !
Yo Mayoune ! Oui, Hermione n'a pas du tout la même attitude que dans le canon. En fait, dans le canon, elle avait l'habitude de tout prendre en charge par elle-même : mais là, le CEM (et tous ces gens qui comprennent son désir d'étudier) et Elisa (qui s'impose comme une figure d'autorité pour tous les "petits" de l'école) lui permettent de prendre du recul x) Sinon, oui, il va y avoir de l'action dans ce chapitre car... c'est le retour du Challenge !
Ah ah, contente que ça t'ai plu DreamerInTheSky ! Ambre était trop sous le choc pour penser à demander à apprendre le sort, mais c'est venu ensuite... T'inquiète xD J'ai bien rigolé en imaginant Ambre en mode Naruto xD Et oui, la tirade mentale d'Elisa sur les profs qui n'en foutent pas une rame, ça doit te rappeler un truc pas très lointain... x)
Coucou l'Avadakedavrateur x) Pour la relation de Sirius et d'Harry, je ne dis rien. J'ai cultivé ce truc pendant tout l'écriture du tome 3, en me disant "quelle genre de catastrophe je peux faire arriver ?" et... Au final, j'ai réussi à ficeler une conclusion pas trop mal, avec un plan d'Elisa qui lui explose à la figure, mais pas de bashing des Maraudeurs.
Ce pavé Skaelds x) Du côté GoT, on est bien d'accord là-dessus : Arya a besoin d'un ennemi, Jon et Dany sont un produit de fan-service, cette histoire de dragon tombe du ciel, et la série part en cacahuète x) Pour ce qui est d'Elisa, par contre : l'explication de sa vision de Jedusor est un peu plus compliqué que ça, ce n'est pas juste son pire souvenir. C'est sa pire réalisation, l'incarnation de quelque chose qui la terrifie, qui la fascine, qui l'horrifie, qui la désespère. Mais ça va venir...
Hello BlancheEner ! Ouais, je suis morte u_u Mais la suite arrive (tout est écrit d'avance), t'inquiète. Même si je comprend la frustration d'attendre pour le prochain chapitre xDD
Tu vas en être pour tes frais Nera Lupa : on ne verras pas l'Epouvantard d'Elisa dans ce tome... Ni même dans le suivant je pense x) Mais comme Tom ne lui inspire pas que de la peur, son Epouvantard ne serai pas Tom Jedusor, de toute façon...
Yo Aomine ! Nope, Elisa n'a pas pour stratégie de se faire passer pour une voyante. Ses petites "prédictions" sont faites à la légère, comme une inside joke avec le destin. Elle ne pense ps que ça sera repéré. Contrairement à la Elisa de Serpentard, qui misait justement là-dessus. A la limite, Elisa pense vaguement que si quelqu'un se met en tête qu'elle voit l'avenir, elle dira juste qu'elle est chanceuse, ou qu'elle a choisi cet interprétation-ci de la boule de cristal pour faire plaisir à Trelawney alors qu'au moins deux autres interprétations étaient possibles, etc. Et pourtant... Tu soulève un point intéressant. Dans cet univers, Elisa maintient son image, mais elle ne pense pas que les gens l'observent, parce qu'elle fait confiance à sa Maison, qu'elle est bien entourée. Alors qu'à Serpentard, Elisa avait bien conscience d'être scrutée par ses pair. Mais dans les deux cas, il va forcément y avoir au moins une personne qui va relever le fait que ses prédictions sont exactes...
Hello Niakovic ! Effectivement Voldemort ne va pas se souvenir d'Elisa... Et d'une certaine façon, ce n'est pas plus mal. Comme ça les choses sont claires : ils sont ennemis, rien d'autre. Quant à l'histoire des loups-garous, c'est l'idée de Lupin, pas de Dudu (Dudu a affecté un elfe à la surveillance de Lupin, mais ça ne sera pas révélé à Elisa en fait xD). Hum... Quant aux mauvaises décisions d'Elisa... Bah... Comment dire... Ca va plus ou moins échapper à son contrôle dans le tome 4 xD
Et nous avons une gagnante, Streema ! Effectivement, le pire souvenir d'Elisa n'est pas Tom lui-même, mais plutôt ce qu'il représente x) Son échec, sa culpabilité, etc. Ca sera développé dans un autre chapitre x) Quant au MagicoGlisseur demandé par les Weasley, c'est marrant que tu demande ça, car il va réapparaître d'ici quelques chapitres...
Nope SugarBrown, l'Epouvantard d'Elisa n'est pas Tom, il représente seulement son pire souvenir x) L'oubli des votes est... Plus ou moins intentionnel x) J'avoue qu'en ce moment je suis un peu dépassée ! Mais t'inquiète, les votes reviennent bientôt x) Hum, que dire d'autre... Astoria est très bien, Poufsouffle ou non ! D'ailleurs, il n'est pas canon qu'elle soit Serpentard... Et quant aux Serpentard de l'année de Drago : ça va venir !
Tu brûles, AndouilleEtSushi, en ce qui concerne Harry et son Patronus. Tu brûles ! Je ne pensais pas que quelqu'un y penserai x) Enfin bref. Oui, Hermione a une approche très différente de la question parce qu'elle sait qu'elle n'est pas seule dans sa "croisade", et du coup elle est plus ouverte aux suggestions des autres (tandis que dans le cas, dès la première année c'était elle (et accessoirement le Trio d'Or) contre le reste du monde). Pour Lupin : je n'ai pas trop développé son perso dans la fic, désolééée. Mais j'ai un bonus que je posterai après le tome 4, écrit du POV de Lupin, et qui te plaira très certainement x)
Salut, Guest-qui-n'a-pas-laissé-son-nom ! Si si, je t'assure, dès le premier tome il est mentionné qu'Elisa utilise la Force. C'est évoqué dans le chapitre 1 ou même dans le prologue, et dans un des chapitres suivants (alors qu'elle construit son Glisseur Spoutnik) elle utilise la Force devant Cédric.
Yep Darboria : dans le canon, le Trio est assez livré à lui-même. Les adultes les gardent dans le noir, mais Harry et Hermione (et dans une moindre mesure Ron) sont déjà habitués à se débrouiller tous seuls. La seule présence d'un adulte (ou même d'une adolescente !) dans leur vie, qui les conseille mais qui respecte également leur opinion (contrairement à McGo ou Dudu, qui disent juste "tu es trop petit pour faire quoi que ce soit, va jouer")... Bah, ça leur change la vie x) Elisa ne cherche pas à les écarter de l'intrigue, comme le ferai un Gryffondor. Elle veut juste les y préparer au mieux... Ce que ferait un Serpentard, en fait x)
Salut YuzueSasuki, et bienvenue dans l'univers déjanté d'Elisa ! Effectivement Elisa n'est pas quelqu'un d'objectif, et c'est normal. La saga canon n'ets pas objective non plus (puisqu'elle est écrite du point de vue d'Harry). Et j'ai aussi pensé au changement de POV, mais... Au final, ça ne cadrait pas avec mon style d'écriture =) Pour la romance, c'est très peu probable : Elisa est AroAce, comme moi, alors... Voilà. Sinon, pour Jedusor, oui, c'était un passage obligé et c'était plus dur à écrire que je pensais ! A la fin, ça virait au syndrome de Stockholm, j'avais vraiment hâte d'y mettre fin. C'était intéressant à écrire, et ça a façonné la personnalité d'Elisa, mais c'était, euh... pas super-sain comme relation xD Sinon, nope, Kevin Enthwistle est un perso canon du wikia ! Je n'ai pas lu cette autre fic x)
Hello Simpson31 ! Oui, je ne suis pas très indulgente envers Sirius x) Pour ce qui est du Trio d'Or : c'est vrai qu'Elisa a beaucoup plus influence Harry et Hermione (membre du CEM, nouveaux dans le monde sorcier, etc.) que Ron. En fait, Harry et Hermione ont tous les deux des demande sou des besoins auxquels Elisa peut répondre, alors que Ron est un peu un électron libre. Du coup ils sont moins proches. Pour autant, Ron n'est pas désagréable ! Un peu malpoli et abrupt, mais pas méchant x)
Yo Elesdei ! Yep, Elisa en veut à Lupin de ne pas parler des loups-garous, mais elle ne se mets pas à sa place. Du point de vue d'Elisa, sa colère a du sens : un loup-garou est dangereux, et il y a un risque que les élèves en croise un. Mais Lupin a des sentiments sur le sujet, une peur qui est profondément enracinée en lui. Il ne peut pas penser de manière objective sur ce sujet, et c'est quelque chose qu'Elisa ne sait pas. Du coup elle pense que Lupin est délibérament obtus, alors qu'il obéit à un instinct de survie qui a été enraciné en lui dès l'âge de six ans, quand il a été mordu...
Coucou Elaia Gurialde ! Oui, plus de Game Of Thrones pour deux ans... NOOOOOOON ! Snif, au moins je pourrais me consoler avec des fanfictions. Avec la fin du dernier épisode, il va y avoir plein de possibilités pour Jaime et Brienne =D Mais bref ! Voici donc le chapitre que tu attendais tant ! xD
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Comme il n'y a pas eu de vote pour que je vous parle d'un perso, je vais évoquer quelqu'un dont j'ai fait la fiche il y a pas longtemps x) Je vous présente Heidi Macavoy, la Préfète des Poufsouffle !
Heidi Macavoy est une Sang-Pure, souriante et dynamique. Les cheveux blonds souvent attachés en deux tresses lâches sur ses épaules, les traits doux et arrondis, les yeux gris, Heidi est considérée comme la plus jolie des Poufsouffle de son année. Elle a également un certain charisme, mais elle préfère suivre le mouvement plutôt que de le mener.
Son père, Alexander Macavoy, est un ex-Serpentard, Sang-Pur, et issu d'une famille apparentée aux Malefoy. Lorsque Voldemort a commencé à faire parler de lui, Alexander a senti l'embrouille et est parti se réfugier aux Etats-Unis. C'est là qu'il y a rencontré celle qui deviendrait la mère d'Heidi, une Sang-Pure américaine fortunée et avide d'aventure, nommée Shirley Harper. Ils se marièrent, et eurent deux enfants : Austin (le frère aîné de six ans) et Heidi.
Après que l'annonce de la mort de Voldemort eut fait le tour du monde, Alexandre n'eut pas de mal à convaincre sa femme de quitter les Etats-Unis. Ils retournèrent donc en Grande-Bretagne juste à temps pour qu'Austin commence Poudlard (il alla à Poufsouffle). Alexandre devint employé chez la compagnie Nimbus, et sa femme Shirley trouva un emploi au Ministère, au Département des Jeux et Sports Magiques. Austin quitta Poudlard un an après qu'Heidi qui ait fait sa rentré, et se dirigea vers des études de magicozoologiste (au grand dam de ses parents qui voulaient qu'il fasse un truc plus prestigieux).
Heidi est à première vue l'exemple parfait de la Sang-Pure Poufsouffle de bonne famille. Elle est jolie, élégante, drôle, charismatique, cultivée et intelligente. Sans être première de sa classe, elle a de bonnes notes, et aucun problème de discipline. Elle aide les plus jeunes à faire leurs devoirs. Elle est chaleureuse et souriante, à l'écoute, et toujours enjouée. Elle est belle, sportive, et surtout très à l'aise dans sa peau. Elle a une assurance étonnante pour une adolescente, et il est très rare qu'elle soit déstabilisée.
Heidi fait également preuve d'une très grande solidarité envers ses camarades. Ainsi, elle n'est pas membre du CEM (puisqu'elle est Sang-Pure) mais elle soutient à 100% ce projet. Non seulement elle fait partie des "membres honoraires", ce qui signifie qu'elle peut venir assister à n'importe quel cours, mais en plus elle a mémorisé l'emploi du temps du club pour rappeler à Elisa de ne pas arriver en retard !
C'est le genre de chose qu'elle fait pour à peu près tous ses amis. Heidi est quelqu'un de jovial, et enthousiaste, mais il ne faut pas prendre son insouciance pour de la désinvolture. Elle se sent responsable des gens. Un peu comme Elisa, d'ailleurs : mais contrairement à elle, Heidi ne se laisse pas distraire par des inventions ou des idées, elle garde constamment l'œil sur ses pairs.
Heidi est passionnée de Quidditch. Elle est d'ailleurs Poursuiveuse dans l'équipe de Poufsouffle. Elle joue cependant aussi très bien en tant que Batteuse. Elle rêve de devenir joueuse professionnelle, mais elle n'a pas encore pensé sérieusement à son avenir. Ses parents la poussent à faire une carrière au Ministère, et c'est donc son premier projet. Elle plaisante de temps en temps au sujet de son avenir dans le Quidditch, comme si ce n'était pas un projet sérieux… Mais elle y pense quand même.
C'est le grand problème d'Heidi : elle ne partage pas ses soucis. Elle parle de tout sur le ton de la rigolade, elle semble toujours enjouée et détendue, mais elle parle très rarement de ce qui la touche vraiment. Aucun de ses camarades ne l'a jamais vu se mettre en colère ou pleurer, par exemple. Heidi a du mal à s'ouvrir à autrui. C'est pour cette raison que, même si elle s'entend très bien avec tout le monde et qu'elle es très populaire, elle n'a pas véritablement d'amis proches.
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Voilà ! Et je vous propose de reprendre les votes. Puisqu'on est lancé dans le sujet des Poufsouffle, on va continuer pour le chapitre suivant. Hum... On élimine Elisa d'office, bien sûr. Trisha a eu son heure de gloire, Cédric aussi, Tamsin aussi, et maintenant Heidi... Cela veut dire qu'il reste :
- Rhonda Flatbury (meilleure amie d'Helen Dawlish)
- Raashid Hussain (Né-Moldu, clown de la classe)
- Gabriel Tate (grand baraqué très discret)
- Trudy Glaston (Née-Moldue membre du CEM)
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Et enfin... Le chapitre !
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Magie d'Halloween et paranoïa
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Le septième jour du mois d'octobre avait lieu le premier Challenge de l'année. De nombreux élèves avaient décidé de ne pas venir, déjà surchargés de boulot et confiants en leurs capacités à passer l'examen de Défense, mais Elisa constata avec amusement qu'Helen était complètement survoltée. Comme toujours, en fait.
Elisa, Trisha et Cédric étaient au rendez-vous. Trisha n'était qu'un peu au-dessus de la moyenne, mais elle adorait le spectacle des duels. Elisa, quant à elle, venait par fierté personnelle : elle était l'une des meilleures combattantes, après tout. Cédric s'était un peu fait prier (il avait l'esprit de compétition, mais l'affrontement direct n'était pas son truc), avant de céder : il fallait bien que quelqu'un de responsable vienne superviser ce bazar.
– Tout le monde au centre ! brailla Helen. Que quelqu'un me fasse apparaitre une estrade, j'ai quelques annonces à faire !
Heather Thatcham aurait sans doute pu le faire, mais elle était absente. Du coup ce fut Takashi qui conjura un bureau de bois. Faire apparaitre un objet familier était plus facile. Helen grimpa dessus, puis parcourut du regard la foule. Ils n'étaient qu'une trentaine en temps normal, mais avec les absents qui révisaient, ils n'étaient plus que vingt. Elle fit la moue :
– Comme vous le voyez, on a des effectifs réduits. Du coup, j'ai décidé de pimenter un peu le jeu !
Beaucoup d'élèves eurent l'air alarmé. Helen ricana d'un air machiavélique.
– Aujourd'hui, on va faire des matchs en équipe ! Un duo contre un autre. Et puisque je me sens d'humeur clémente, je ne me mettrais pas en binôme avec Rhonda, histoire que vous ayez une chance.
– Je veux être dans ton équipe ! beugla tout de suite un Serdaigle.
– Accordé ! Marcus Fenwick sera mon binôme. Choisissez-vous un partenaire. Ah, et, deuxième remarque : cette fois ça ne sera pas moi qui désignerai les adversaires. Les matchs auront lieu sur la base du volontariat !
Il y eut un brouhaha de voix tandis que chacun se précipitait sur son futur partenaire. Trisha s'agrippa à Elisa comme à une bouée de sauvetage. Cédric se fit immédiatement attraper par Angelina Johnson, tandis qu'Adrian et Tabitha formaient l'unique équipe de Serpentard (Heather et Terence n'étaient pas venus, préférant travailler). Les équipes se formèrent rapidement.
– Premier match ! annonça Helen quand chacun eut trouvé un équipier. Qui veut se lancer ?
Il y eut un moment de flottement, puis les jumeaux Weasley se frayèrent un chemin jusqu'aux centre, affichant un identique sourire ravi. Ils avaient métamorphosé leurs robes de sorcier pour qu'elles affichent « TEAM WEASLEY » en lettres lumineuses dans leur dos. Il y eut plusieurs rires, et quelques applaudissements.
– Je n'en attendais pas moins des Gryffondor ! s'exclama Helen. Marcus, on fait les honneurs ?
– Avec plaisir, sourit son partenaire Marcus Fenwick.
– C'est réglé. Tout le public, dégagez l'arène !
Le reste des spectateurs s'empressa de monter sur le balcon qui surplombait la pièce, laissant les quatre champions en lice. Puis Rhonda, qui assurait toujours le rôle d'arbitre quand Helen était occupée, lança le signal du départ.
C'était un match radicalement différent de tout ce qu'ils avaient fait au Challenge. Il ne s'agissait pas de deux duels individuels qui se produisaient en même temps : c'était un match équipe contre équipe. Il fallait attaquer, couvrir son partenaire, et se protéger soi-même. Un trop grand défaut de coordination pouvait signifier la défaite aussi sûrement qu'un sort adversaire. Ainsi, Marcus Fenwick fut le premier à terre, s'était précipité vers un des jumeaux sans voir qu'Helen tirait en même temps. Il se prit un Maléfice du Saucisson en plein dans le dos. Pressée par les jumeaux, Helen ne put le réanimer. Cela dit, elle finit par Stupéfixier Fred et désarmer George, alors son équipe gagna quand même.
– Pas étonnant, souffla Elisa à Trisha. Helen pourrait gagner un match à trois contre un sans effort !
– Suivants ! appela Rhonda. Qui veut tenter sa chance ?
Cédric et sa binôme Angelina Johnson affrontèrent les deux Préfets de Gryffondor, Trinity Lynn et Kenneth Tower. Puis Rhonda et Takashi affrontèrent deux autres Préfets, Heidi de Poufsouffle et Ajurna Balaji de Serdaigle. Ensuite, Elisa et Trisha affrontèrent Adrian et Tabitha, et se firent écrabouiller. Elisa avait beau être plus forte que les deux Serpentard, ces derniers bougeaient de manière complètement synchrone et se couvraient presque naturellement, tandis qu'Elisa et Trisha se marchaient dessus. Autant dire que c'était une leçon d'humilité.
Cela dit, ça se tenait. Tabitha, Heather, Adrian et Terence étaient tous le temps ensemble. Ils étaient les « sang-impurs » de leur classe. Ils étaient en minorité. Tabitha était une Sang-de-Bourbe, et Heather s'était mise à dos la moitié de l'équipe de Quidditch. Evidemment qu'ils avaient l'habitude de couvrir leurs arrières…
C'était un peu déprimant.
Mais bon, Elisa ne laissa pas cela peser sur sa conscience, et se mit plutôt à admirer les matchs. Ceux qui avaient passés du temps à s'entraîner ensemble se démarquaient très vite, et étaient diablement efficace. Ainsi, Adrian et Tabitha étaient les meilleurs, alors qu'ils n'étaient ni l'un ni l'autre dans le « top 5 » habituel du Challenge. Et si les jumeaux Weasley avaient affronté n'importe qui d'autre qu'Helen, ils auraient gagné à coup sûr !
Bref, la séance du Challenge sembla se terminer trop vite. A vrai dire, avec moitié moins de matchs, ils avaient terminé leur tournoi assez rapidement. En temps normal, chacun serait parti de son côté (sans doute pour s'entraîner), mais Helen attrapa Elisa par le col et claironna :
– Eh, Magister ! Puisqu'on est tous là, tu ne veux pas nous montrer comment lancer un Patronus ?
Tous les regards se braquèrent sur elle, pleins d'espoir, et Elisa ne put s'empêcher de rougir d'embarras. Trisha jeta un regard mauvais à Helen :
– Tu aurais pu demander, si tu étais intéressée !
Helen prit un air innocent qui ne trompa personne. Quand la princesse des Serdaigle voulait quelque chose, elle tendait plus à donner des ordres qu'à formuler des demandes… Elisa était presque sûre qu'Helen n'avait jamais eu à demander quoi que ce soit à personne : elle était Sang-Pure, riche, une des meilleures élèves de sa classe, une surdouée du duel, et elle n'était que seconde après Elisa en cours de Sortilèges. Non, Helen n'avait sans doute jamais demandé de faveur à quiconque.
Elisa haussa les épaules. Elle avait déjà appris le sort à toute sa Maison, à Tracey, au Trio d'Or… Une leçon de plus ou de moins, qu'est-ce que ça changeait ?
– Très bien, alors avant toute chose, vous devez savoir que le Patronus est une projection d'émotions positives. Pour le lancer, vous devez penser à quelque chose qui vous rend heureux…
Personne au Challenge ne parvint à créer un Patronus, mais ils prononçaient tous l'incantation correctement et au moins trois d'entre eux réussirent à faire apparaitre un peu de brume argentée. Elisa comptait ça comme une victoire.
Contre les Détraqueurs, ils auraient besoin de tous les Patronus possibles.
Le mois d'octobre continuait à avancer, lentement. Lupin fut absent deux jours, où il fut remplacé par le professeur Gobe-Planche qui leur parla des monstres marins. Cependant, leur professeur de Défense réapparu le jeudi, juste à temps pour sa leçon avec la classe d'Harry. Elisa vérifia son calendrier lunaire, et cela ne fit que confirmer ce qu'elle savait déjà : Lupin avait disparu pendant les deux jours (ou plutôt, les trois nuits), de la pleine lune.
Il avait eu de la chance, la pleine lune de septembre était tombée durant un week-end. Celle de novembre aurait lieu en milieu de semaine, elle aussi : mais celle de décembre tombait en début de week-end. C'était une bonne chose. Lupin n'allait pas manquer ses cours tous les mois avec la rigueur d'une horloge. La plupart des gens ne remarqueraient pas la régularité de ses absences, et donc ne feraient pas le lien avec la régularité de la pleine lune.
Mais passons.
A la mi-octobre, Elisa reçut une lettre de Madeline qui l'informait qu'elle et Lester avaient commencé les entretiens d'embauches des futurs enseignants de Tourmaline. Pour l'instant, ils avaient déjà retenu deux Moldus. Tout d'abord, Eugène Edgecombe comme professeur de mathématiques : puis un dénommé Christopher Wise qui enseignerait l'Histoire moldue ainsi que la littérature.
D'autres entretiens étaient prévus, notamment pour remplir les postes des enseignants des matières moldues comme la science, et la physique-chimie. Ils avaient aussi un entretien de prévu pour leur unique candidat au poste de professeur de Botanique, mais il leur manquait toujours plusieurs enseignants : un pour les Runes, un pour la Défense, un pour l'Astronomie, un pour la théorie des Sortilèges : et surtout, un pour l'Etude des Moldus…
Cela dit, ils engageaient des profs. Tourmaline allait entrer en fonctionnement au prochain mois de septembre. C'était quand même colossal. Une école pour Cracmols, fonctionnelle, prête à ouvrir ses portes ! Elisa ne pouvait s'empêcher d'avoir une boule au ventre en y pensant. Pourvu que tout se passe bien. Pourvu que tout ne lui explose pas à la figure. Ce n'était plus juste son projet : c'était quelque chose de grand, plein de potentiel et d'espoir, et elle voulait désespérément que ça marche.
Elle répondit à Madeline et Lester, les félicita pour leur travail, et s'enquit des progrès qu'ils faisaient. De son côté, elle se mit à interroger discrètement les gens, à droite et à gauche, pour savoir ce qu'ils pensaient des Cracmols en général, et ce qu'ils comptaient faire plus tard comme métier.
Elisa demanda aussi professeur Trelawney si un des élèves de septième année hésitait encore quant à ses perspectives d'avenir, et serait tenté par une carrière de prof de Divination. Ce n'était pas le genre de chose que la jeune Poufsouffle aurait osé demander à n'importe quel prof, mais elle s'entendait plutôt bien avec Trelawney.
Et à la grande surprise d'Elisa, Trelawney connaissait pas moins de cinq élèves doués en Divination, mais qui allaient obtenir leurs ASPICS sans avoir de plan de carrière défini. La plupart d'entre eux pensaient postuler au Ministère et être embauchés comme gratte-papiers dans l'espoir de grimper les échelons de la hiérarchie par la suite. Elisa nota leurs noms sur une liste, et l'envoya promptement à Lester pour qu'il contacte ces candidats.
Voilà une bonne chose de faite.
Mais Elisa ne pouvait guère se préoccuper de Tourmaline depuis Poudlard. Elle écrivait à Lester et compagnie, mais ses efforts s'arrêtaient là. Après tout, elle devait déjà se concentrer sur ses propres problèmes. Ses devoirs, ses inventions, ses cours. Ses entraînements au duel avec Cédric et Trisha, ou avec Helen et Rhonda. Et puis, bien sûr, la pression que lui mettait Flitwick. Elle ne maîtrisait pas encore les sortilèges informulés, mais le directeur de Maison des Serdaigle continuait à exiger qu'elle fasse des exercices particuliers supplémentaires.
– Vous ne vous acharnez sur personne d'autre comme ça ! protesta faiblement Elisa durant un cours.
Tous ses camarades étaient en train de travailler sur la Stupéfixion. Elisa avait déjà maîtrisé ce sort grâce à Tom Jedusor. Mais Helen aussi, grâce au Challenge. Pourtant, la Serdaigle avait été chargée de corriger les erreurs de ses camarades, tandis que Flitwick avait pris Elisa à part et lui enseignait à présent le Sortilège d'Aguamenti.
– Vous êtes mon élève la plus prometteuse, Miss Bishop, contra Flitwick de sa voix aigüe. Savez-vous combien de jeunes diplômés ont les compétences pour poursuivre un Doctorat en Sortilèges ?
– Pas beaucoup ? hasarda Elisa.
Flitwick la regarda avec sévérité :
– Un tous les cinq ans ou presque, Miss Bishop. Mis à part vous, la seule élève assez prometteuse de toute l'école est la jeune Miss Lovegood.
Elisa marqua un temps d'arrêt, parce que Luna ne lui était jamais apparue comme douée. Puis elle se sentit honteuse d'elle-même. Ce n'était pas parce que Luna était fantasque et bizarre qu'elle ne pouvait pas être douée !
– Cela fait quatre élèves par génération, continua Flitwick avec autorité. Et parmi eux, à peine la moitié effectue un Doctorat ! Tous les autres se tournent vers des carrières qui leur permettront d'avancer socialement ou de faire du profit, ou bien ils reprennent le commerce familial. Le Doctorat n'est guère attrayant, voyez-vous. C'est un travail long, pénible, avec de longues recherches et encore plus d'expérimentation, sans aucune rémunération à la clef.
Donc seuls les riches Sang-Purs désœuvrés pouvaient se permettre de faire ce genre d'études poussées. Elisa se demanda soudain comment Severus Rogue avait pu se payer son Doctorat en Potions. Grâce à Lucius Malefoy ou à un autre mécène, sans doute. Peut-être même grâce à Voldemort lui-même…
– Mais le monde a besoin de chercheurs et d'inventeurs ! s'enflammait Flitwick. Le monde a besoin d'esprits créatifs. Oh, n'importe quel sorcier peut inventer des feux d'artifices. Mais le Transplanage ? Les balais volants ? La Cheminette ? Les portraits enchantés, les bâtiments dont les fondations-mêmes contiennent des Sortilèges d'Extension ? Chaque avancée révolutionnaire de la magie est venue de chercheurs qui se sont consacrés durant des années à cette discipline.
Elisa avait rarement vu le petit professeur aussi passionné. Il agitait les mains, ouvrait de grands yeux, gesticulait avec tant de vigueur que c'est tout juste s'il ne tomba pas de la haute pile de livres qui rehaussait l'assise de son siège. La jeune fille osa à peine l'interrompre :
– Je ne suis pas la seule personne douée en Sortilèges…
Il y avait Heather, mais aussi Cédric, Takashi, Terence, Helen, ou encore les jumeaux Weasley qui étaient incroyablement créatifs. Mais Flitwick agita un doigt d'un air réprobateur :
– Miss Bishop, les Sortilèges ne demandent pas d'avoir un don, ils demandent d'avoir de la créativité et de l'imagination. Ce n'est pas pour rien que ce sont les gens les moins conformistes qui se révèlent les plus doué dans ce domaine.
– … Les gens les moins conformistes ? répéta la jeune fille sans comprendre.
Alors quoi, elle était bonne en Sortilèges parce qu'elle était différente, et pas parce qu'elle était naturellement douée ?! C'était vexant ! Mais Flitwick hocha gravement la tête.
– Chaque domaine de la magie fait jouer différentes facettes de notre esprit, de notre âme, de notre magie. Ainsi, la Métamorphose est traditionnellement privilégiée par les Gryffondor car elle requiert détermination et puissance brute. La Botanique est favorisée par les Poufsouffle, car elle requiert patience et délicatesse. Les Potions sont l'apanage des Serpentard car elles demandent de la précision et de la logique. Mais les Sortilèges sont la matière de prédilection des Serdaigle, car ils demandent de visualiser ce qu'on désire : ils demandent une imagination détaillée, de la créativité en abondance.
Et est-ce que Luna n'avait pas de l'imagination à revendre, elle qui croyait dur comme fer aux créatures pratiquement mythiques ? Est-ce qu'Elisa n'en avait pas, de l'imagination ? Elle avait la tête pleine d'idées futuristes, de concepts complètement surréalistes pour les sorciers lambdas, mais qui lui semblaient tout à fait normaux. Douce Circée, s'il y avait bien un adjectif qui la qualifiait, c'était créative. Elle inventait des objets, elle décomposait et réinventait des sorts. Le Fulgura, le Ponderatus, le Flashbang… Elle avait démonté et analysé des Sortilèges que la plupart de ses camarades ne faisaient que lancer sans les comprendre, comme le Wingardiumn Leviosa, ou le sortilège du Tempus. Parce qu'elle en avait l'image en tête, et que ça lui venait naturellement.
Elle ne put retenir un pincement de déception en réalisant que ce n'était pas exceptionnel. Quelque part, elle s'était toujours sentie fière d'avoir un don en Sortilèges. Mais non : elle avait juste beaucoup d'imagination, alors que la plupart des sorciers portaient des œillères. Ceux qui n'en avaient pas devenaient apparemment tous de grands chercheurs et des inventeurs de renoms.
Eh ben. Voilà qui l'obligeait à revoir son image d'elle-même avec un peu plus d'humilité. Apparemment, être une prodige des Sortilèges n'était pas super-rare…
– Miss Bishop, reprit lentement le professeur Flitwick après avoir laissé le temps à Elisa de digérer tout ça. La dernière guerre a tué presque tous nos chercheurs, et les autres ont tout simplement abandonné les études pour redresser notre économie qui s'écroulait. Le nombre de Doctorants dans tout le pays se compte sur les doigts des deux mains ! Alors si vous faites un Doctorat de Sortilèges, vos créations pourraient changer le monde, lui donner un nouvel élan. Est-ce que ce n'est pas votre grande ambition ?
Elisa le fixa. Flitwick sourit, assez fier de lui :
– Tout le monde sait que vous auriez eu votre place à Serpentard, jeune fille.
– Alors vous essayez de m'offrir gloire et pouvoir sur un plateau ? lâcha Elisa avec incrédulité. Comme si j'allais croire que ça serait aussi facile ?
– Est-ce que ça marche ?
Elisa referma la bouche. Il avait raison. Même si faire un Doctorat n'allait pas lui offrir la gloire et le pouvoir sur un plateau, ça ne risquait certainement pas de la désavantager. Et puis, elle voulait étudier les Sortilèges, son professeur ne se trompait pas. Mais…
– Vous savez qu'étudier la magie n'est pas mon seul but dans la vie, non ? vérifia-t-elle.
Flitwick haussa un sourcil :
– Après la création de votre Club d'Education Moldue, et la frénésie avec laquelle tous les élèves du château apprennent le Patronus… Il n'est pas difficile de deviner que la magie n'est pas votre seul centre d'intérêt. J'avoue que je suis curieux. Voulez-vous devenir enseignante un jour ?
Elisa n'avait jamais réussi à répondre à cette fameuse question. Qu'est-ce que tu veux faire plus tard ? Quel champ de mines ! Comment répondre à un truc pareil ? Elle voulait s'enterrer dans un trou à la campagne et avoir la paix. Elle voulait inventer un millier d'objets et de sorts. Elle voulait voir le monde changer. Elle voulait enseigner son savoir. Elle voulait aider les gens. Elle voulait être admirée. Elle voulait qu'on lui fiche la paix. Elle voulait ne jamais perdre contact avec ses amis. Elle voulait être Guérisseuse, Auror, inventrice, commerçante, prof, chercheuse, astrologue, politicienne, ermite… Comment choisir ?!
– Je veux rendre le monde meilleur, finit-elle par dire avec précaution. Faire tout ce que je peux pour que les gens soient plus instruits, plus sages et plus tolérants, et que notre système soit plus riche et plus ouvert.
Elle ne l'avait encore jamais dit à un adulte, réalisa-t-elle. Elle l'évoquait de manière absente devant ses parents, elle en avait parlé au Trio d'Or et à ses amis… Mais elle n'en avait encore jamais parlé à un étranger. Peut-être parce que c'était trop énorme, trop arrogant. Elle avait beau avoir pas mal d'avantages dans sa manche, pour la plupart des adultes, elle n'était qu'une adolescente.
Mais Flitwick se contenta de hocher la tête, très sérieux, et de corriger la prise qu'elle avait sur sa baguette :
– Et je ferai de mon mieux pour vous permettre d'atteinte votre potentiel, Miss Bishop.
Elisa était une Poufsouffle, et son prof préféré aurait dû être Chourave, qui prenait soin de chacun de ses élèves comme une mère. Ou peut-être Trelawney, aussi fantasque que sa mère et aussi dramatique que ses amis, et dont elle était la favorite. Ou peut-être Babbling, dont les cours de Runes Anciennes étaient si passionnants. Ou encore Charity Burbage, la professeur d'Etude des Moldus, et seule enseignante du château qui s'intéressait à la science et aux progrès modernes des Moldus.
Mais c'était Flitwick, son enseignant préféré. Babbling et Trelawney admiraient les prouesses académiques d'Elisa et étaient fières que son talent reflète la qualité de leur enseignement. Burbage appréciait la curiosité intellectuelle d'Elisa, et Chourave prenait soin d'elle comme de n'importe quelle Poufsouffle, mais… Toutes, elles voyaient Elisa comme une enfant. Toutes, elles auraient souri avec attendrissement devant son aveu, sans la prendre au sérieux.
Mais Flitwick avait hoché la tête avec gravité, et il lui avait promis de l'aider. Parce qu'il comprenait la gravité de cet aveu, parce qu'il savait qu'elle n'était pas une enfant avec des désillusions d'héroïsme. Ce qu'elle avait dit pouvait avoir l'air arrogant, mais au moins, il l'avait prise au sérieux. Elisa eut l'impression qu'un gigantesque poids s'était levé de ses épaules.
– Merci, professeur.
Flitwick lui sourit, son visage ridé se plissant au coin des yeux avec affection. Puis il recula et fit signe à Elisa de continuer son exercice. La jeune fille pointa sa baguette vers sa cible.
– Aguamenti !
Un jet d'eau jaillit de sa baguette, droit et clair. Pas assez puissant pour atteindre la cible, malheureusement : c'était comme s'il n'y avait pas assez de pression. Elisa plissa les yeux, se concentra, et augmenta l'intensité du sort. La puissance du jet augmenta jusqu'à toucher le centre de la cible.
– Cinq points pour Poufsouffle, sourit Flitwick.
Elisa coupa le sortilège avec satisfaction, et fit disparaitre l'eau avec un Evanesco. Puis elle prit une grande inspiration, et se tourna vers son professeur de Sortilèges.
– Quel genre de formalités faut-il accomplir pour faire un Doctorat ?
A en juger par l'air ravi de Flitwick, c'était la question qu'il attendait qu'elle pose depuis le début de l'année.
oOoOoOo
Le vingt octobre, comme tous les ans, trois élèves de Poudlard fêtaient leur anniversaire : Cédric Diggory, Elisabeth Bishop, et Aaron Woodbridge. Cette année, ils s'installèrent donc tous à la table des Poufsouffle, et les elfes leurs firent un vrai festin. Leur anniversaire était surtout un prétexte pour pousser toutes les Maisons à se rapprocher grâce à l'attrait d'un gros gâteau et de boissons fruitées.
Ils reçurent tous divers cadeaux (pour Elisa, c'était surtout des livres). Et Elisa dut également faire disparaitre en catastrophe une lettre de Lester qui était arrivée avec le courrier d'anniversaire. Bon, il y avait de fortes chances que ce soit une lettre d'anniversaire : mais il ne fallait pas oublier que Lester lui envoyait aussi des informations confidentielles. Sur Tourmaline (personne ne savait qu'Elisa en était la fondatrice), et puis… Sur Black. Cela dit, les missives à ce sujet se faisaient plus rares. Le côté sensationnel de l'évasion de Sirius commençait à s'estomper. La lettre de Lester ne contenait d'ailleurs rien à ce sujet.
Elisa était à la fois déçue et soulagée. Déçue, parce qu'elle en apprenait beaucoup, grâce à ces lettres. Par exemple, Sirius avait apparemment passé tout un trimestre de sa sixième année complètement ivre, jusqu'à ce qu'une Préfète de Gryffondor (Elisa soupçonnait Lily) ne le force à décuver en le balançant dans le lac en plein mois de décembre.
Mais elle était soulagée, justement, parce qu'elle en apprenait vraiment beaucoup, et que certains trucs la mettaient définitivement mal à l'aise. Savoir que Sirius n'hésitait pas à utiliser ses poings en plus de sa baguette, savoir qu'il avait un jour enfermé son frère Regulus dans un placard pendant vingt-quatre heures… Elle n'avait pas envie de savoir ce genre de chose. Sirius était l'un des gentils. Un mec colérique et un peu (beaucoup) tête brûlée, mais un des héros. Que se passerait-il quand il serait réhabilité, et qu'à chaque fois qu'elle le regarderait dans les yeux elle penserait aux élèves que les Maraudeurs harcelaient ? Comment est-ce qu'elle expliquerait à Harry que son parrain lui retournait l'estomac ?
Alors non, parfois, Elisa ne voulait vraiment pas savoir. Et elle n'avait pas envie que la vérité soit sue par les autres, non plus. Surtout pas par Harry.
Heureusement que personne n'avait encore révélé le fait que Sirius était le meilleur ami de James, de Peter et de Remus. Elisa n'avait aucune idée de comment elle aurait géré un truc pareil. Est-ce qu'elle l'aurait caché à Harry ? Est-ce qu'elle aurait réussi à le cacher à Trisha ? C'était tellement énorme. Oh, elle savait qui étaient les Maraudeurs, déjà. Mais si elle en avait la preuve noir sur blanc, si elle recevait une lettre disant « Sirius Black était le meilleur ami de James Potter », elle savait que c'était un truc qui la ferait cogiter. Elle savait que ça la troublerait. Et elle savait aussi que comme elle était nulle pour mentir, Trisha ou Harry finiraient par le découvrir. Et là… Et là, qu'est-ce qui se passerait ?
Yep. Ce n'était pas non plus une question à laquelle elle voulait avoir une réponse.
Mais passons.
Les cours continuaient, paisibles. Lester écrivit à nouveau à Elisa pour lui signaler qu'ils avaient contacté l'un des élèves de Trelawney dont Elisa lui avait envoyé le nom, et que ce jeune sorcier était intéressé. Il s'agissait de Romaric Clemens, un Serdaigle. Elisa se renseigna innocemment auprès des ragots de l'école, et appris que ce Romaric était considéré comme un quasi-Cracmol, car sa magie était peu puissante. Il avait raté ses BUSES en Métamorphose, en Sortilèges, et en Défense ! Il excellait cependant en Divination, mais aussi dans d'autres domaines plus théoriques comme l'Histoire, l'Arithmancie, les Runes Anciennes, ou les Potions.
– Romaric ? sourcilla Cécile quand Elisa l'interrogea. Oui, il est très gentil. Toujours serviable, toujours prêt à rendre service. Relativement mignon. On étudie ensemble, mais on n'est pas vraiment proches.
Percy était beaucoup plus élogieux :
– Il a une formidable éthique de travail. Nous étions en binôme lorsque je suivais les cours de Divination avant mes BUSES, et Romaric dessinait des diagrammes extrêmement précis de probabilité de ses prédictions. C'est quelqu'un de très sensible. Pas beaucoup d'ambition, malheureusement, mais il a un grand sens des responsabilités. Je crois que son père a une exploitation agricole et que Romaric va y travailler avec ses frères.
Elisa envoya un résumé de ses trouvailles à Lester. Deux jours plus tard, celui-ci lui répondait en disant qu'il organiserait un entretien d'embauche pour ce jeune homme durant la prochaine sortie à Pré-au-Lard. Tourmaline avait trop peu d'opportunité pour se permettre d'en laisser filer une.
Très vite, justement, ce fut la fin du mois d'octobre. On commença les préparations pour Halloween, et Elisa aida avec amusement les deuxièmes années à apprendre le Charme de Gravure, un petit sort utile que Flitwick faisait utiliser à ses élèves pour leur faire évider les grosses citrouilles qui décoreraient la Grande Salle. Autant Luna Lovegood et Flora Carrow maîtrisèrent ce sort sans problème, autant le reste de leur étrange bande d'amis eut d'innombrables ratés. Les sculptures d'Edgar étaient inégales, celles de Sun-Min étaient trop profondes. Hestia et Ginny firent carrément exploser leurs citrouilles.
– Il n'y aura pas de prodige des Sortilèges dans cette promotion, marmonna Elisa en jeta des Récurvites sur les deux fillettes couvertes de débris de cucurbitacée.
– Mais c'était fun ! s'écria Ginny qui souriait jusqu'aux oreilles.
– Tu penses qu'on pourrait mettre un pétard dans les citrouilles de la Grande Salle ? réfléchit Hestia dont les yeux brillaient d'excitation.
Sa sœur jumelle, Flora, pâlit :
– Pitié, ne devenez pas amies. C'est le genre de truc que je ne pourrais jamais avouer à Papa.
Hestia haussa les épaules, peu concernée. Entre Luna la fantasque, Sun-Min la Née-Moldue, Edgard Whistler le Poufsouffle, et Ginny la Weasley traître à son sang… Tous leurs amis déplairaient profondément à leur père Mangemort si jamais il apprenait que ses deux filles copinaient avec de la racaille.
– Ne mettez pas de pétard dans les citrouilles, déclara gravement Luna. Les bruits soudains attirent les Joncheruines.
Les autres enfants se regardèrent. Puis Hestia soupira :
– Bon, pas de pétard, alors.
Flora poussa un discret soupir de soulagement. Elisa aussi. La dernière chose dont cette école avait besoin, c'était d'un nouveau duo de blagueurs comme les jumeaux Weasley !
Finalement vint le jour d'Halloween. C'était aussi le jour de la première sortie de l'année à Pré-au-Lard. Harry semblait vibrer d'impatience. Apparemment, même si McGonagall avait pincé les lèvres et lui avait ordonné d'être prudent, elle avait accepté son autorisation de sortie sans réaliser que la signature était une fausse. Le Trio d'Or au complet pourrait aller explorer le village.
Elisa décida aussi d'aller à Pré-au-Lard, avec Cédric et Trisha (même si Cédric leur fausserait sans doute compagnie pour aller boire une Bièraubeurre avec d'autres joueurs de Quidditch, ou avec Cho Chang). Elle espérait croiser Lester aux Trois Balais. Le jeune homme y avait réservé un salon privé pour interviewer Romaric Clemens. Cela dit, elle voulait surtout faire ce que font normalement les élèves autorisés à sortir : se balader, acheter des trucs, gambader dans les rues du village, et oublier quelques heures les cours et les examens.
Le seul bémol était que les Détraqueurs étaient postés à l'entrée de l'école. Aller à Pré-au-Lard nécessitait de passer devant eux. Plusieurs élèves firent carrément demi-tour en voyant ça, et beaucoup d'autres devenaient livides en franchissant les grilles. Elisa et Trisha invoquèrent chacune leur Patronus et les postèrent à l'entrée du domaine pour nullifier l'aura maléfique des Détraqueurs, mais les élèves qui arrivaient à Pré-au-Lard étaient quand même sacrément secoués.
– Vivement que ces trucs cauchemardesques disparaissent d'ici, lâcha Cédric avec un frisson. Ils ne risquent pas d'aller dans le village, tu penses ?
– Leurs ordres sont de rester autour des entrées de l'école…
– Il n'y a qu'à espérer qu'ils ne remarquent pas qu'aucun agent du Ministère n'est là pour leur faire respecter les ordres, lâcha le Préfet des Serdaigle d'un ton lugubre.
Elisa n'avait pas pensé à ça, et elle sentit tout le sang quitter son visage. Les Détraqueurs étaient dangereux, et le Ministère n'avait laissé personne pour les contrôler ?! A Poudlard, il y avait les profs : mais à Pré-au-Lard, qui veillait à la sécurité des gens ?! L'histoire canon n'avait pas parlé de ça !
Puis Helen donna un coup de coude au Serdaigle pessimiste, le fusillant du regard :
– Hey, ne sois pas si déprimant, Ajurna ! Mon père dit qu'un Sort d'Alarme a été jeté sur Pré-au-Lard. S'il y a une attaque de Détraqueur, quinze Aurors débarquent d'un coup.
– Est-ce que les Aurors savent lancer le Patronus ? demanda un Serpentard d'un air dubitatif.
– Evidemment, s'insurgea Helen.
Elisa s'abstint sagement de contester. Mais elle n'en était pas si certaine. Si les Aurors avaient tous su comment lancer ce sort, alors sûrement le père d'Helen le lui aurait appris, et la Serdaigle n'aurait pas eu à réclamer des leçons à Elisa…
Ce n'était pas très rassurant.
Cela dit, une fois qu'ils furent arrivés au village de Pré-au-Lard, l'atmosphère tendue commença à se dissiper. Les élèves, qui avaient cheminé en un gros groupe compact, se séparèrent pour aller flâner dans les rues. Elisa vit le Trio d'Or s'éloigner en direction d'Honeydukes (Hermione lui fit coucou en passant), et une bande d'élèves de septième année allèrent vers les Trois Balais en riant. Blaise Zabini et Pansy Parkinson entraînaient tous les Serpentard de leur année en direction d'un magasin de vêtements. Helen et Rhonda se dirigèrent vers la Cabane Hurlante, tandis qu'un groupe de filles un peu plus jeunes filait en direction du centre-ville en gloussant. Heather, Tabitha, Adrian et Terence, toujours ensemble, saluèrent Elisa puis se dirigèrent vers une librairie à l'air ancienne.
Elisa fut bien tentée de les suivre (des livres !), mais Trisha la retint fermement par le bout de son écharpe :
– Ah non, on a dit qu'on allait faire du lèche-vitrines d'abord !
Trisha n'était pas vraiment une accro du shopping, mais elle aimait flâner dans les rues à la recherche d'une vitrine qui attirerait son œil. Elisa était moins portée là-dessus (elle préférait faire des plans, déterminer précisément ce dont elle avait besoin, et aller dans les magasins pour un but précis), mais elle accompagnait toujours son amie de bonne grâce.
– Allons-y alors, soupira-t-elle avec amusement. On commence par où ?
Trisha désigna une rue au hasard, et elles s'y engouffrèrent en papotant joyeusement, enfouies jusqu'au nez dans leurs écharpes de laine pour se protéger du vent automnal. Cédric les suivit en roulant des yeux. Cela dit, il fut le premier à craquer et à entrer dans une boutique d'équipement de Quidditch, intéressé par un kit d'entretien pour balais exposé dans la vitrine.
Quand elle était avec sa famille, Elisa n'allait jamais faire du shopping. Elle s'achetait assez peu de nouveaux vêtements, et sa mère commandait généralement leurs nouveaux romans par hiboux. Elisa n'allait faire des courses que quand c'était nécessaire… Mais elle savait apprécier un peu de frivolité.
Alors Trisha et elle écumèrent les boutiques, avec Cédric, puis toutes seules après qu'il eut rejoint Cho Chang devant la vitrine de Gaichiffon. C'était fun, il fallait l'avouer. Trisha s'acheta une plume multicolore, et tout un paquet de friandises à la framboise. Elisa s'acheta des bottes de cuir avec des lacets qui montaient presque jusqu'au genou, et qui lui donnait un air steampunk qu'elle adorait. A midi, elles s'installèrent sur un banc et mangèrent des sandwiches préparés par Olly : Elisa n'avait qu'à claquer des doigts pour que son elfe fasse apparaitre à manger dans leurs mains, ça leur épargnait le prix d'un repas aux Trois Balais.
– Avoir un elfe est vachement utile, commenta Trisha avec envie.
Elisa lui glissa un regard en coin tout en mastiquant son sandwich. Elle n'avait encore jamais abordé le sujet des elfes avec Trisha.
– C'est vrai, concéda-t-elle. Mais c'est aussi une responsabilité. Ou, du moins, ça devrait l'être. Trop de gens prennent ça comme une chose acquise.
– Quoi, avoir un elfe ?
– Non, les services d'un elfe, corrigea Elisa en terminant son sandwich. Les gens voient un elfe les servir, et c'est tout ce qu'ils voient : un service. Quelque chose d'utile. Ils ne réfléchissent pas plus. Ils ne se disent pas : cet être fait beaucoup pour moi, mais qu'est-ce que je fais pour lui ? Il doit me servir, mais est-ce que je me montre digne d'être servi ? Est-ce que je le traite correctement ?
Elle se tut, se demandant si elle ne s'était pas emportée : mais Trisha avait l'air de réfléchir à ses mots avec le plus grand sérieux. Finalement, elle hocha la tête, fixant son sandwich d'un air pensif.
– Je vois ce que tu veux dire. Les gens tendent à voir les elfes comme des commodités, plutôt que comme des êtres vivants qui devraient être traités avec respect pour leurs services.
C'était… exactement ce qu'Elisa pensait. Elle hocha la tête sans pouvoir s'empêcher de sourire. Ça lui faisait plaisir de voir que son amie comprenait.
– Ils devraient être traités avec respect parce que ce sont des êtres doués de pensée, rajouta-t-elle quand même. Pas juste parce qu'ils nous servent.
Ça ne serait pas juste d'écarter les elfes libres de cette définition. Trisha acquiesça, l'air toujours songeuse. Apparemment, Elisa lui avait donné beaucoup à réfléchir. Elles terminèrent leurs sandwiches en silence. Lorsqu'elles reprirent leur shopping, Trisha était moins survoltée. La fatigue commençait également à se faire sentir : après tout, elles s'étaient baladées dans le village presque toute la matinée.
Elles bifurquèrent finalement vers les Trois Balais en début d'après-midi. Elisa savait que l'entretien d'embauche de Romaric Clemens avait lieu vers cette heure-ci, et elle espérait croiser Lester quand il descendrait dans la salle principale de l'auberge après son entretien.
L'heure du déjeuner était passée, l'auberge n'était pas remplie. Cela dit, il y avait déjà pas mal de monde. Trisha et Elisa se commandèrent des Bièraubeurre au comptoir, puis se cherchèrent une table libre, où elles sirotèrent leurs boissons tout en parcourant distraitement la pièce du regard. Le Trio Coloré (Jojo la Poufsouffle, Liam le Serdaigle et Aglaé la Serpentard) était en train de discuter et de rire à quelques tables de là. Plusieurs Poufsouffle s'étaient attribué une des grandes tables, et ils levèrent leurs chopes pour saluer Elisa de loin. La jeune fille les reconnus comme un groupe de sixième année qui avait participé à sa leçon sur les Patronus récemment. Puis le regard d'Elisa fut attiré vers une silhouette familière qui se dirigeait vers leur table, et elle haussa les sourcils.
Tracey Davies s'arrêta devant la table des deux Poufsouffle et leur sourit :
– Je peux me joindre à vous ?
Trisha et Elisa échangèrent un regard surpris, mais la prodige des Sortilèges se reprit assez rapidement et haussa les épaules :
– Bien sûr.
Tracey s'assit. Les Serpentard de sa classe, assis à une table un peu plus loin, essayaient de regarder ce qui se passait sans en avoir l'air. Pansy Parkinson, surtout, faillit tomber de sa chaise en se penchant en arrière pour mieux voir.
– Ne faites pas attention à eux, lâcha Tracey avec embarras en remarquant que les deux Poufsouffle zieutaient ses amis. Ils ont peur de venir vous parler alors je leur sers de messagère.
– On est si intimidantes ? rigola Trisha. Qu'est-ce qu'ils veulent ?
– Apprendre le Patronus. On en a tous besoin, mais certains plus que d'autres. Malefoy se pétrifie dès qu'il les voit, Millicent a failli vomir, et Théodore se met à trembler dès qu'il s'approche d'eux.
– … Tu essaie de nous apitoyer, là, non ?
Tracey lui renvoya un regard innocent :
– Ça marche ?
Trisha rigola, et Elisa roula des yeux sans même dignifier la petite Serpentard d'une réponse. Bien sûr que ça marchait. Elle n'allait pas laisser sans réagir des gamins se faire traumatiser par des Détraqueurs.
Elle jeta un regard à la table des Serpentard. Millicent Bulstrode, une grande fille massive aux épais cheveux bouclés, lui adressa un hochement de tête courtois : elles étaient en bons termes. Theodore Nott, quant à lui, était un adolescent maigre et pâle, aux grands yeux inquiets qui lui donnaient un peu l'air d'un lapin pris dans les phares d'une voiture. Drago Malefoy était le seul qui ne regardait pas dans leur direction : il avait les yeux rivés sur sa propre table comme si un message fascinant était gravé dans le bois.
Malefoy ne ressemblait plus vraiment au sale gosse impertinent de la saga canon. Il était pâle, silencieux, l'air épuisé. Comme s'il ne s'était pas remis de la possession par le journal, ou de la Chambre des Secrets. Son arrogance était toujours là, mais elle avait bien diminué.
– Malefoy aussi veut apprendre le Patronus ? demanda-t-elle.
Quelque part, ça lui paraissait incompatible avec sa version de l'histoire canon. Drago Malefoy était supposé être un sale gosse arrogant, un futur Mangemort… Et là, il n'était qu'un adolescent à l'air las, qui regardait dans le vide sans réagir aux conversations excitées de ses camarades. Est-ce que c'était la faute de Tom ?
Est-ce que c'était sa faute à elle ?
– Je sais qu'il était assez affreux l'année dernière, hésita Tracey. Mais il a beaucoup changé. Il est juste… tellement silencieux, maintenant. Il n'embête plus les Gryffondor. Il ne me fait plus de remarques quand je vais réviser avec Ron, Hermione et Harry. Pansy dit que le divorce de ses parents a dû beaucoup le secouer. Je veux dire, Malefoy adorait son père, et là, il l'abandonne… Juste après cette histoire d'héritier de Serpentard, en plus.
Oh. Ça expliquait peut-être pourquoi Drago avait l'air de se remettre tellement mal de ce qui s'était passé dans la Chambre des Secrets. Dans l'intrigue canon, Ginny était rentrée chez elle, dans une famille aimante et soudée, avec des tas de frères pour la faire rire et la distraire, et le soutien infaillible de ses parents. Mais Drago était rentré chez lui dans une famille déchirée. Il avait dû encaisser la trahison de son père : Lucius était la personne qui avait introduit le journal à l'école, il était la personne qui avait permis à Tom de lui faire du mal. Le mariage de Narcissa et Lucius s'était brisé, ils avaient divorcés, les journalistes avaient sans doute campé autour de chez eux pour leur arracher la moindre information sur ce juteux scandale… Drago n'avait pas eu d'endroit pour guérir de ce qui s'était passé dans la Chambre. Il était passé de l'emprise de Tom au chaos de son petit monde personnel qui s'écroulait.
Elisa ne put s'empêcher de ressentir de la pitié. Drago Malefoy était une teigne, mais aucun gamin ne méritait de souffrir.
– Le pauvre, murmura Trisha qui pensait sans doute la même chose. Il a été obligé de déménager, aussi. C'est toujours déprimant.
Tiens, ça c'était quelque chose dont Elisa n'était pas au courant.
– Il a déménagé ?
– C'était dans le journal au début de l'été. Le Manoir Malefoy appartient à son père et Drago vit avec sa mère, non ? Et puis, cet été, presque tous les jours, j'ai vu Mrs Malefoy faire des allers-retours à Gringotts. Elle a dû fouiller dans le patrimoine de sa famille pour récupérer un de leurs manoirs. Elle vient d'une famille super-riche, il paraît.
Elisa eut la vision soudaine de Narcissa et Drago, tous les deux blonds et superbement habillés, se tenant dans le hall d'entrée poussiéreux et obscur de Square Grimmauld. Doux Merlin. Est-ce que Narcissa Malefoy avait mis la main sur le futur Q.G. de l'Ordre du Phénix ?
– Et ils habitent où, du coup ? demanda-t-elle innocemment.
Tracey haussa les épaules :
– Malefoy dit que c'est à Londres, mais il n'a pas donné de détails. Il faudra lui demander. Du coup, tu es d'accord pour les leçons ?
Elle pouvait difficilement refuser sans passer pour une égoïste sans cœur, maintenant. La Poufsouffle soupira, puis acquiesça :
– D'accord. Mais vous avez tous intérêt à vous tenir à carreau. Et peut-être que je ferai venir des Poufsouffle pour réviser en même temps… Zacharias en aurait bien besoin.
Et elle en profiterait pour essayer de discuter avec Drago seule à seule, après la leçon. Elle aurait dû essayer d'avoir cette conversation avec Malefoy bien avant, quand elle y réfléchissait. Après tout, il était la seule autre personne à avoir été possédée par le journal.
La seule autre personne qui pouvait entendre Tom Jedusor quand les Détraqueurs étaient proches.
– Merci, fit Tracey avec soulagement. Je suis nulle pour enseigner, mais tous les Serpentard me harcèlent de question parce qu'ils m'ont vu m'entraîner dans le parc.
Ils auraient pu harceler de questions la bande d'Adrian, songea Elisa. Puis elle réalisa que ses quatre amis de Serpentard avaient sans doute été plus discrets que la petite Tracey, gardant leur apprentissage du sortilège un total secret. Après tout, ils étaient en froid avec le reste de leur classe (qui comprenait, entre autres, Warrington). Elisa comprenait tout à fait que ses amis veuillent garder cette compétence pour eux.
– On a un créneau de libre pour organiser une leçon ? demanda plutôt Elisa à Trisha.
Avec leurs devoirs et leurs cours, elles avaient difficilement un moment de libre ces temps-ci. Trisha fit la moue, puis suggéra :
– La semaine prochaine, jeudi après-midi. Cédric a cours d'Arithmancie, mais on sera libre.
– Jeudi, répéta Tracey avant de sourire. Ça marche. Merci !
Elle quitta leur table, rejoignant les Serpentard qui se mirent aussitôt à la presser de questions. Trisha reporta son regard sur Elisa avec un sourire en coin :
– Tu sais, tu n'as pas besoin de moi pour ça. Tu es plus que capable d'apprendre le Patronus à une bande de mouflets, Magister.
Son amie fronça les sourcils :
– Peut-être. Mais tu sais faire le Patronus tout aussi bien que moi. Ce n'est pas juste que les gens me demandent des leçons à moi sans prendre en compte le fait que tu es tout aussi douée.
Les joues de Trisha rosirent sous son hâle, et elle se cacha derrière sa Bièraubeurre avec un rire nerveux. Elisa se demanda absurdement quand est-ce qu'elle avait complimenté Trisha pour la dernière fois. Est-ce qu'elle l'avait seulement félicitée pour avoir maîtrisé le Patronus ? C'était pourtant un sort incroyablement difficile.
Certains jours, Elisa se sentait nulle, comme amie.
Elle reposa sa Bièraubeurre sur la table avec peut-être un peu plus de force qu'il n'était nécessaire, le bruit soudain la faisant presque sursauter, et s'exclama avec entrain :
– Puisqu'on a fini le shopping, on peut aller dans une librairie maintenant ?
Elle n'avait plus vraiment envie de poireauter ici, même si c'était pour croiser Lester. Trisha rigola, et la gêne qui avait plané sur elles un instant plus tôt se dissipa. Elles quittèrent l'auberge en bavardant, laissant les Serpentard siroter leurs boissons à l'intérieur. Et si, en quittant la pièce, Elisa croisa le regard scrutateur de Drago Malefoy… Eh bien, ça pourrait bien attendre.
Ils avaient une discussion de prévue pour dans une semaine, de toute façon.
oOoOoOo
Avec toute cette agitation, Elisa avait presque oublié que le dîner d'Halloween était le moment où Sirius Black entrait pour la première fois à Poudlard.
Dans le canon, il s'introduisait au château (sans doute par un des passages secrets) pendant que tout le monde était dans la Grande Salle. Il cherchait à entrer dans la salle commune des Gryffondor, espérant y trouver Peter, mais la Grosse Dame lui refusait l'entrée. Enragé, Sirius lacérait son portrait avant de s'enfuir. En bref, il n'y avait pas de blessés, mais c'était un évènement qui secouait pas mal le Trio.
Elisa hésita un peu à faire dérailler ces évènements, par exemple en quittant le dîner plus tôt et en cherchant à intercepter Black. Mais finalement, elle eut trop la trouille. Sirius était à moitié fou suite à son séjour à Azkaban, il avait un couteau, il était furieux, et depuis des mois Elisa n'arrêtait pas de lire des anecdotes sinistres sur ce qu'il faisait à Poudlard. Elle n'avait pas la moindre envie de le croiser dans un couloir. En fait, si elle avait son mot à dire, elle ne rencontrerait jamais Sirius avant qu'il n'ait eu un bain, un repas chaud imprégné de Philtre Calmant, et au moins six mois de psychothérapie. Elle était sûre que Sirius pouvait être drôle et charmant, comme le décrivait les témoignages de plusieurs sorcières, mais… Certainement pas dans l'immédiat !
Bref. Elisa ne fit donc aucune remarque sur Sirius Black de toute la journée. En revenant vers le château, elle et Trisha furent rejoints par Cédric (qui était lui-même accompagné par Cho Chang, Marietta Edgecombe, et deux joueurs de l'équipe de Serdaigle), puis par ses quatre amis Serpentard. Très vite, Adrian et Terence entraînèrent les autres férus de Quidditch dans un débat passionné sur le match de Quidditch qui opposerait bientôt l'Angleterre et la Russie, sous le regard amusé des autres.
Sur le chemin du château, ils furent également rejoints par le Trio d'Or, qui semblait absolument ravi. Elisa ne put s'empêcher de sourire, ralentissant le pas pour qu'ils la rattrapent plus facilement.
– Alors, cette première sortie à Pré-au-Lard ? lança-t-elle.
– Trop cool ! s'enthousiasma Harry.
– Regarde un peu tout ce qu'on a acheté à Honeydukes ! renchérit Ron qui transportait un immense paquet de friandises. Tu en veux un ?
– Ron, on va bientôt dîner ! le réprimanda Hermione.
– Un bonbon ne fera pas de mal, pointa Elisa en prenant une friandise au miel. Merci, Ron. Il vous est arrivé des trucs intéressants ?
Elle ne s'attendait pas à des miracles. Du coup, elle s'étrangla avec son bonbon quand Ron haussa les épaules et déclara avec nonchalance :
– Il y a un gros chien noir qui a adopté Harry. Il lui a léché tout le visage et nous a suivis pendant au moins deux heures !
Oh, doux Merlin.
– C'est très bien, fit faiblement Elisa. Et il est parti où, ce chien ? Vous ne le ramenez pas au château, quand même ?
Elle n'osait pas imaginer la tête que ferait Lupin si Harry rentrait à l'école avec Sirius Black sous forme canine. Le pauvre professeur de Défense en ferait sans doute une crise cardiaque.
– Oh non, l'assura Harry. Il est parti vers midi. Et puis, de toute façon, je sais bien que les chiens ne sont pas autorisés à l'école. Seulement les hiboux et les chats, non ?
– Et les crapauds, lui rappela Hermione.
– Tu n'as pas un rat, Ron ? demanda innocemment Elisa en feignant la perplexité. Fais attention à ce qu'il reste bien dans ton dortoir pour qu'aucun prof ne le voie.
Et pour qu'avec un peu de chance, Sirius puisse le chopper.
– J'essaie, mais son chat n'arrête pas d'essayer de manger Croûtard ! accusa Ron en pointa un index menaçant vers Hermione.
– C'est ce que font les chats, Ronald ! rétorqua la Gryffondor. Arrête d'accuser ce pauvre Pattenrond, il n'est pas méchant !
Ils se remirent à se chamailler. Harry et Elisa échangèrent un regard amusé par-dessus leurs têtes. Puis, comme ils approchaient de l'entrée du château, Elisa lança son Patronus, très vite suivie par Trisha. Escortés par le putois et par l'ours, leur petit groupe passa devant les Détraqueurs sans même frissonner. Le putois argenté d'Elisa continua son chemin avec eux, mais Trisha laissa son ours près de la grille afin de monter la garde et de protéger les élèves qui rentreraient après eux.
Le festin d'Halloween était considéré comme un des évènements majeurs de l'année scolaire. Samain était une fête très importante chez les sorciers. Cette soirée était célébrée différemment dans les différents coins du pays, et chaque village sorcier avait ses propres coutumes : Poudlard avait donc pris un peu de tout pour créer la soirée d'Halloween. Le nom faisait très Moldu, mais les plats servis et les décorations étaient indubitablement sorcières.
Le soir d'Halloween était aussi un soir très propice à la magie. Lorsqu'elle jetait des sorts ce jour-là, Elisa avait l'impression d'avoir bu trois tasses de café tant elle se sentait pleine d'énergie. C'était dû à toute la magie ambiante : sa force n'était jamais aussi puissante que la nuit de Samain. C'était un peu le solstice magique…
La théorie derrière ce phénomène devait être réellement cool. Il faudrait qu'elle pense à demander à Heather si elle savait quelque chose là-dessus. Ou bien à Terence et Adrian. S'il y avait bien quelqu'un qui saurait ce genre de trucs, c'était l'un des Serpentard.
Bref. Le seul problème de la fête d'Halloween, c'était que les élèves devaient s'asseoir obligatoirement par Maison. Les autres jours, il n'était pas rare de voir certains élèves s'asseoir sur les bancs de la Maison de leurs amis. Ainsi, Rhonda mangeait souvent chez les Serdaigle avec Helen. Les fratries réparties dans différentes Maisons, comme les jumeaux Stretton dans la promotion d'Elisa ou les jumelles Patil dans celle d'Harry, mangeaient une ou deux fois par semaine à la même table. Les Préfets conféraient parfois ensemble durant le petit-déjeuner quand un évènement était prévu dans la journée. Le Trio Coloré (Aglaé, Jojo et Liam) changeait de place presque à chaque repas : on les voyait même à la table des Gryffondor !
Mais bref : le soir d'Halloween étant considéré comme un évènement officiel de l'école, les élèves devaient se regrouper par Maison. Dommage. Elisa aurait bien invité les Serpentard à la rejoindre pour discuter solstice, magie et météo.
Elle se contenta de bavarder de tout et de rien avec ses camarades Poufsouffle. La saison de Quidditch débutait bientôt, et les joueurs de sa classe (Heidi et Tamsin, qui étaient Poursuiveuses : et Cédric, leur Attrapeur) faisaient des pronostics sur le match qui se jouerait dans quelques jours entre Gryffondor et Serpentard. Elisa n'était pas fan de Quidditch, mais elle suivait quand même assez le jeu pour ne pas être perdue. De toute façon, Trisha avait assez d'enthousiasme pour deux sur le sujet. Elle adorait tout ce qui était spectaculaire, qu'il s'agisse de Quidditch, de duel, ou de films bourrés d'effets spéciaux.
Le dîner se déroula sans accroc. A la fin, chacun repartit en direction de sa salle commune. Dès qu'elle fut rentrée, Elisa nourrit son chat Dracarys puis son serpent Malta. Elle enfila son pyjama le plus douillet et fit mine de lire un bouquin (elle n'avait toujours pas terminé son recueil sur les Pères Fondateurs des Etats-Unis), jusqu'à ce que le professeur Chourave débarque dans la salle commune et leur ordonne de se rassembler dans la Grande Salle.
Elisa retint un sourire. Le canon poursuivait son cours. Elle enfila sa robe de chambre puis, après une hésitation, emmena son serpent Malta avec elle. Le reptile drapé sur ses épaules imposait un certain respect à ses pairs. Mais surtout, Elisa se sentait rassurée quand elle avait l'un de ses animaux familiers avec elle. Surtout durant les moments un peu angoissants comme celui-là.
– Qu'est-ce qui se passe ? lui demanda Trisha avec inquiétude tandis qu'ils revenaient tous vers la Grande Salle.
– Il doit y avoir un problème, répondit Cédric à voix basse. Regarde, les Serpentard aussi sont amenés ici…
– Ils nous rassemblent dans un seul endroit pour que ce soit plus facilement défendable, fit mine de réfléchir Elisa. Ça leur permet aussi de pouvoir tous nous avoir à l'œil au même endroit, sans devoir disperser leur attention. A tous les coups, il y a un intrus dans le château.
– Sirius Black ?! glapit la petite Ambre d'un air alarmé. Mais comment il serait entré ?!
Elisa haussa les épaules. Sous forme d'Animagus ? Par un des passages secrets ? Elle n'en savait rien. Et elle avait beau savoir qu'ils étaient en sécurité, elle ne pouvait s'empêcher d'être nerveuse. Machinalement, elle caressa le dos de Malta.
Une fois tous les élèves rassemblés dans la Grande Salle, les professeurs refermèrent toutes les issues. Tout le monde chuchotait avec inquiétude. Pourtant, lorsque le directeur prit la parole, les murmures s'éteignirent presque immédiatement :
– Les professeurs et moi-même devons fouiller systématiquement tout le château. Je crains que, pour votre propre sécurité, il soit nécessaire que vous passiez la nuit ici. Je demande aux Préfets de monter la garde aux portes de la Grande Salle, et je confie au Préfet et à la Préfète-en-Chef le soin d'organiser les choses. Tout incident devra immédiatement être signalé. Vous demanderez à l'un des fantômes de me transmettre un message en cas de besoin.
– Ou bien à un Patronus, murmura Cédric en donnant un coup de coude à Trisha.
Les membres du Challenge s'étaient tout naturellement regroupés : et entre Elisa, Helen, Terence, Adrian, Cédric, Rhonda, Fred et George… Leur petit groupe avait une réputation de duellistes accomplis qui semblait rassurer les plus jeunes. Quasiment tous les membres du CEM s'étaient rapprochés d'eux, cherchant à s'abriter derrière ce bouclier humain.
Dumbledore les débarrassa des quatre grandes tables et fit apparaitre d'épais sacs de couchages (d'une couleur violet vif, que presque tous les Serpentard se hâtèrent de changer en vert), puis leur souhaita bonne nuit et quitta la pièce. Les portes de la Grande Salle se fermèrent avec un bruit final, et un grand brouhaha s'éleva immédiatement.
–On va organiser les choses avec Percy et les autres Préfets, déclara Cédric en faisant signe à Heidi de le suivre. Elisa, tu gères les Poufsouffle ?
– Je m'en occupe, l'assura la jeune fille. Si aucun Préfet ne sait lancer le Patronus, sache qu'ils peuvent faire appel à moi ou à Trisha.
Elle savait qu'ils n'en auraient pas besoin, mais ce genre de proposition lui permettait de bien se faire voir des Préfets. Cédric hocha la tête, puis disparut dans la foule.
– Tout le monde dans les sacs de couchage ! cria Percy depuis l'autre bout de la pièce. Extinction des feux dans dix minutes !
– Est-ce que Sirius Black est vraiment entré dans le château ? demanda Astoria avec inquiétude. Qu'est-ce qui s'est passé ?
Les jumeaux Weasley, ravis de l'occasion, se mirent à raconter l'aventure tragique de la Grosse Dame qui gardait leur salle commune. Bon, il n'y avait pas grand-chose à raconter puisqu'il n'y avait eu aucun témoin, mais la description du tableau lacéré au couteau semblait suffire à faire frissonner d'effroi les plus jeunes. Très vite, les suppositions sur la manière dont Sirius était entré dans Poudlard se mirent à fuser.
Cédric rejoignit les autres Poufsouffle au bout de quelques minutes, seul. Devant le regard interrogatif de ses camarades, il haussa les épaules :
– Heidi monte la garde jusqu'à deux heures du matin, puis c'est mon tour. On fait des rotations pour toujours avoir la moitié des Préfets en alerte. On se met où ?
Elisa jeta un regard circulaire autour d'elle :
– Un peu n'importe où. Apparemment notre classe sert de ligne défensive.
La promotion des cinquièmes années formait une sorte de ligne disjointe entre les élèves les plus jeunes et les portes de la Grande Salle. Cédric émit un reniflement amusé, puis rejoignit la formation.
– On éteint les lumières maintenant ! ordonna Percy alors que tout le monde s'installait. Tout le monde dans les sacs de couchages et plus un mot !
Toutes les chandelles furent soufflées d'un coup. La seule lumière provenait de la forme argentée des fantômes qui flottaient au-dessus des élèves. Le bruissement des murmures, semblable à celui du vent, donnait l'impression de dormir à la belle étoile. Elisa s'installa sur le dos, fixant le plafond et s'attendant à moitié à passer une nuit blanche. Elle ferma les yeux sans beaucoup d'espoir de trouver le sommeil.
Etonnamment, elle dormit comme une bûche.
Dans les jours qui suivirent, cependant, elle réalisa qu'elle était sans doute la seule personne à roupiller l'esprit tranquille. Tout le monde se demandait avec une angoisse croissante comment Black était entré dans le château. Plusieurs personnes se souvenaient encore de l'intrusion du troll, et beaucoup de regards accusateurs se levèrent sur Dumbledore (surtout chez les Serpentard et, étrangement, chez les Poufsouffle). Les gens maugréaient que le directeur était négligent. Quelques personnes soulevèrent l'hypothèse que Sirius ait eu un complice : mais comme le seul nouveau membre du personnel enseignant était Lupin, et que les gens aimaient Lupin, ces soupçons ne firent pas long feu. Elisa était presque sûre qu'en fouinant un peu, il aurait été possible de trouver des preuves accablantes contre le loup-garou, à commencer par le fait qu'il avait été le meilleur ami de Sirius pendant toute sa scolarité… Mais les gens étaient aveuglés par la gentillesse de leur enseignant, son talent, son air inoffensif. Ils se persuadaient que c'était une piste vaine et abandonnaient toutes recherches avant même de les avoir commencées.
Les sorciers n'avaient vraiment aucune rigueur scientifique.
Mais bon, Elisa n'allait pas s'en plaindre. Elle ne voulait pas voir Lupin renvoyé. Il était un bon prof, il prenait sagement sa potion tous les mois pour veiller à la sécurité des élèves, et elle l'aimait bien. Et puis, le fait que Sirius Black rôde aux alentours, ça le bouffait de l'intérieur : et ça se voyait. Il avait l'air misérable. Est-ce qu'il était torturé par le remords d'avoir fait confiance à son ami ? Est-ce qu'il était rongé de culpabilité parce qu'il dissimulait encore à Dumbledore les capacités d'Animagus de Sirius ? Est-ce que la peur qu'Harry se fasse tuer l'empêchait de dormir ? Est-ce qu'il se détestait pour sa lâcheté, pour son inaction, pour son impuissance ? Est-ce qu'il ressentait tout ça à la fois ?
Elisa se sentait étrangement sympathique à son dilemme. Quand la Chambre avait été ouverte, elle aussi, elle avait été affreusement lâche au risque de mettre en danger le reste de l'école.
Elle n'en dit rien, cependant, et se contenta d'écouter sagement en classe. Lupin avait temporairement suspendu son programme de révision des créatures dangereuses pour leur apprendre divers sorts de détection, d'alarme et de protection.
– Ça ne tombera pas forcément aux BUSES, mais c'est toujours bon à savoir, leur avait-il dit avec un sourire fatigué.
– Il a l'air complètement crevé, souffla Trisha à Elisa. Tu penses qu'il a passé la nuit à jeter des sorts de détection dans le château ?
Elisa jeta un coup d'œil discret à sa montre enchantée. Sous l'heure, une petite icône indiquait que la pleine lune était demain.
– Possible, répondit-elle avec un haussement d'épaule.
Du côté des Préfets, Percy se montrait plus autoritaire et plus paranoïaque que jamais. Cédric se plaignait souvent des horaires de patrouilles, qui changeaient toutes les semaines afin d'empêcher Black d'analyser leur routine. Dans les jours qui suivirent, Percy demanda également à ce que tous les Préfets apprennent le Patronus. Ce fut Trisha qui se chargea de leur leçon, cela dit : Elisa avait déjà un rendez-vous de prévu avec les petits Serpentard.
La classe de Tracey se montra appliquée, même si les résultats obtenus étaient un peu décevants. Aucun ne parvint à obtenir plus d'un léger nuage. Theodore Nott parvenait à peine à produire quelques étincelles. Etonnamment, c'était Gregory Goyle qui semblait s'en tirer le mieux. Il avait réussi à émettre un épais nuage argenté avec quatre pattes courtaudes.
– J'imagine que le terme « d'imbécile heureux » est approprié, persiffla Pansy.
Goyle baissa les yeux d'un air honteux, et Elisa plissa les siens d'un air menaçant :
– Et celui d'échec lamentable, qu'est-ce que tu en penses ?
Pansy, dont le Patronus était presque aussi ridicule que celui de Theodore, s'empourpra et n'osa plus dire un mot. C'était plutôt satisfaisant. Beaucoup de Sang-Mêlés étaient pris de haut par les Puristes, même les plus jeunes : mais Elisa avait droit à un certain respect de la part de toutes les Maisons. C'était grisant.
Bref. La session d'étude des Serpentard ne fut pas très brillante. Et comme Drago Malefoy fila à toute vitesse à la fin du cours, Elisa n'eut même pas l'occasion de l'interroger !
D'un autre côté, elle n'était pas très sûre de ce qu'elle lui aurait dit. Salut, j'ai une question en rapport avec le fait que tu as été possédé par un journal maléfique ! Est-ce que toi aussi tu hallucines la voix de Lord Voldemort adolescent quand tu es près d'un Détraqueur ?
Du coup Elisa remit ses interrogations du jeune Malefoy à plus tard. Elle avait des devoirs à finir, des travaux à compléter sur ses miroirs communicants, et il ne fallait pas oublier ses MagicoGlisseurs (elle avait trois nouvelles commandes). Sans compter qu'elle ne maîtrisait toujours pas la technique des sortilèges informulés ! Durant les jours suivants, elle fut obligée de s'y consacrer à fond. Au lieu de bosser sur ses inventions, elle devait se plonger dans de gros bouquins poussiéreux sur les sorts informulés dans l'espoir de comprendre comment ça marchait. C'était affreusement frustrant.
– C'est une technique très avancée, remarqua un jour Hermione en la voyant plongée dans un grimoire sur les sorts silencieux à la bibliothèque. Ce n'est pas enseigné en sixième année ?
Ron lui lança un regard incrédule :
– Ne me dis pas que tu as appris le programme des sept ans d'études !
Le Trio squattait régulièrement la même table qu'Elisa et ses amis depuis l'année dernière. Elisa accueillit cette distraction avec un soupir de soulagement. Cédric décala ses livres pour faire de la place à Harry, et lui demanda poliment :
– Prêt pour le match de samedi prochain ?
– La météo va être affreuse, grimaça Harry. Enfin, Malefoy aura autant de problème que moi avec la tempête…
En entendant cette remarque, Elisa eut l'impression qu'elle oubliait quelque chose de très important. Le premier match de Quidditch de la saison… Est-ce que ce n'était pas là que les Détraqueurs attaquaient ? Mais… Est-ce que ça ne donnait pas lieu à une victoire de Poufsouffle ? Pourquoi Cédric aurait remplacé Malefoy ? Pourquoi Poufsouffle aurait remplacé Serpentard ?
Puis elle réalisa ce qui était différent, et écarquilla les yeux. Elle avait complètement oublié qu'elle avait changé un élément du canon !
– Au fait ! lança-t-elle innocemment. Quel genre d'animal est-ce que vous avez vu en cours de Soins aux Créatures Magiques ?
Les trois Gryffondor eurent l'air désarçonnés par ce changement de sujet, mais Hermione répondit tout de même de bonne grâce :
– Le professeur Gobe-Planche nous a montré les licornes, et on commencera bientôt à voir les Noueux puis les Verracrasses. Après Noël, elle a prévu une surprise avec Hagrid si elle nous jugeait assez compétents.
Dix Gallions que la « surprise » allait être un paquet d'hippogriffes. Et dix Gallions que Gobe-Planche prendrait soin qu'ils soient enchaînés afin d'éviter qu'un élève ne soit attaqué.
Ce qui voulait dire que la classe d'Harry n'avait pas encore vu les hippogriffes, et que donc Malefoy n'était pas blessé, et donc que le match Serpentard-Gryffondor allait être maintenu. Zut. Elisa fronça les sourcils. C'était une divergence mineure du canon, mais elle aurait dû y penser ! Il faudrait qu'elle revoie toutes ses notes, qu'elle cherche tous les « jalons » en rapport avec Hagrid ou le cours de Soin aux Créatures Magiques, et qu'elle prenne en considération la présence de Gobe-Planche. Elle n'en revenait pas d'avoir été aussi négligente !
– C'est un bon programme, déclarait Cédric avec approbation. Cette Gobe-Planche a l'air plus académique que Brûlopot. Cette année, nous, on voit les sirènes.
– Mais les sirènes sont des êtres, non ? pointa Trisha. Pas des créatures. Est-ce qu'elles ne devraient pas être vues dans le cours de Défense, comme les vampires et les loups-garous ?
– Mince, le devoir sur les loups-garous ! sursauta Ron. Je l'ai pas encore commencé !
Elisa regarda discrètement sa montre. Yep, la pleine lune était passée depuis deux jours. Rogue avait sans doute remplacé Lupin et assigné le fameux devoir qui permettrait à Hermione de découvrir le pot aux roses.
– Vous avez un devoir sur les loups-garous si tôt dans l'année ? s'étonna Cédric.
– C'est la faute de Rogue ! Il a remplacé Lupin et il nous a donné une dissertation sur comment nous défendre contre les loups-garous… Pff, il pense qu'on va se faire attaquer ou quoi ? Quelles sont les chances de tomber sur un loup-garou à Poudlard, de toute façon ?
La vérité sortait de la bouche des enfants, songea Elisa en grimaçant. Etant donné que Rogue détestait Lupin et ne lui faisait pas confiance, ce n'était pas étonnant qu'il se prépare à ce genre d'éventualité… Rogue était un connard, mais un connard prudent, pragmatique, et l'un des seuls adultes responsables de ce château.
Et ça en disait long sur la compétence des autres profs.
– Je vais vous donner un coup de main, finit-elle par dire en abandonnant son livre sur les sortilèges informulés.
Elle avait fait pas mal de recherches sur les loups-garous durant son temps libre. Juste au cas où, comme dans le canon, Lupin oublierait sa potion. Ce qui était d'ailleurs hautement irresponsable de sa part, d'ailleurs, peu importe à quel point il avait été distrait par la Carte du Maraudeur dans le canon…
Mais bref.
– Tu t'y connais en loups-garous ? sourcilla Ron.
– Quirrell en a pas mal parlé dans notre classe, fit évasivement Elisa. J'ai quasiment tout oublié sur les vampires, mais les loups, ça m'est resté.
Ce n'était pas totalement faux, et tout le monde sembla accepter son histoire sans difficulté. Cédric lui-même, en parfait élève qu'il était toujours, prit un air attentif pour écouter Magister dispenser sa sagesse (ou, plus vraisemblablement, lui indiquer si elle faisait une bourde).
– La première chose à savoir c'est que leur morsure est empoisonnée, commença Elisa en comptant sur ses doigts. Si un loup-garou te mord, à moins de te couper le membre mordu et de cautériser la plaie à l'argent tout en ingurgitant autant de tue-loup que possible… Tu seras contaminé.
Les trois Gryffondor avalèrent de travers. Elisa grimaça : elle ne comptait pas être aussi gore dans sa description. Elle essaya d'adoucir un peu la suite :
– La deuxième chose, c'est qu'ils ont une endurance qui leur permet de résister à la plupart des sorts. Ils brisent un Maléfice du Saucisson en deux secondes, et un Stupéfix ne fera que les sonner au lieu de les assommer. Ils guérissent aussi très vite de leurs blessures. Les seuls moyens fiables de leur faire face, ce sont donc la magie noire… Et l'argent, bien sûr. Ils sont super-allergiques à ce métal.
– Rogue va nous apprendre de la magie noire ? souffla Harry.
– Non, andouille. Et il n'existe aucun sort qui fait apparaitre de l'argent, c'est une des exceptions de la loi de Gamp.
– Alors on fait quoi, face à un loup-garou ? s'inquiéta Ron.
Elisa regarda Trisha, qui haussa les épaules, puis Cédric qui secoua la tête avec ignorance. Elisa allait suggérer aux trois Gryffondor de courir, puis elle se rappela soudain son propre face-à-face avec une créature canine qui avait la ferme intention de la bouffer… Et, lentement, elle sourit :
– J'ai un autre sort à vous apprendre. Vous connaissez le Sortilège d'Entraves ? C'est de la Métamorphose, et c'est un peu avancé, mais c'est très utile. L'incantation est Incarcerem…
– Oh, bien vu ! approuva Cédric. Si le loup-garou se retrouve ligoté, il lui faudra un certain temps pour déchirer ses liens : assez de temps pour vous enfuir.
– Seulement si l'Incarcerem est lancé assez fort, nuança Elisa. Si vous n'invoquez pas des liens assez solide, un loup-garou les déchirera comme du papier.
Hermione et Harry avaient déjà sorti de quoi écrire. Avec un léger sourire, Elisa leur expliqua donc les technicités de ce sortilège.
Elle doutait fort qu'ils s'en servent. Dans le canon, le Trio n'avait jamais eu à faire face directement au loup-garou, après tout… Il y avait toujours eu un tiers pour s'interposer. Mais justement, le canon avait déraillé. Pire : c'était Elisa qui l'avait fait dérailler ! Si quoi que ce soit arrivait, ça serait de sa faute, parce qu'elle avait fourré son nez dans leurs affaires.
Alors si elle voulait que le Trio reste protégé, malgré les changements qu'elle avait apportés à l'intrigue… Alors elle devait s'assurer elle-même que les Gryffondor puissent se protéger.
C'était elle qui avait créé ce bazar. C'était à elle de l'arranger.
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Et voilà ! N'oubliez pas de voter =D
- Rhonda Flatbury (meilleure amie d'Helen Dawlish)
- Raashid Hussain (Né-Moldu, clown de la classe)
- Gabriel Tate (grand baraqué très discret)
- Trudy Glaston (Née-Moldue membre du CEM)
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A la semaine prochaine !
