Hello ! Je poste ce chapitre depuis ma fac, tellement je n'ai pas le temps de faire une pause. Je commence vraiment à avoir du boulot !
Enfin bref, merci à tous ceux qui m'ont donné leurs conseils pour ma crise existentielle sur mes études x) J'ai décidé de finir mon M2, de garder mes options ouvertes. Peut-être que je tenterai le M2 notariat après, peut-être pas. Peut-être que je resterai dans le droit... Et peut-être que j'aurais une révélation et que je trouverai le job parfait. Bref, je vais faire de mon mieux avec ce que j'ai et envisager d'autres issues =)
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Passons aux réponses aux reviews !
Hello Aomine ! Elisa ne pense pas que Sirius ait la moindre chance de choper le Trio d'Or, vu que dans le canon il se donne un mal fou pour éviter d'être vu par les élèves. Elle pense qu'il va chercher à attraper Pettigrew seul, ou profiter de sa fuite, etc. Et puis, Ron se sépare de son rat : il le laisse dans son dortoir, loin de lui ! Du coup, Elisa tend à penser que c'est le DORTOIR qui sera une cible, pas Ron lui-même (quand il se baladerai dans le parc par exemple). Pour preuve : quand Ron est allé à Pré-au-Lard, sans le rat, Sirius le chien a sympathisé avec lui ! Le relation entre Tonks et Drago m'est un peu tombée dessus par surprise, j'avoue xD Mais Drago, qui se sent étouffé et seul, a obligatoirement été fasciné par sa cousine attachante, courageuse, et qui se met en quatre pour lui changer les idées. Du coup... Voilà. Et évidemment, l'esprit Serpentard d'Elisa s'est aussitôt focalisé sur le médaillon. Yep, ell est très calculatrice quand elle s'y met. Pour le livre du Prince : celui qu'Elisa utilise (et donc le remplacement qu'elle devrait prendre dan sla classe) n'est pas le même que celui du Prince ! No seulement ce n'est pas un manuel destiné à la même année (Elisa est en 5ème année, celui du Prince est de 6ème année), mais Rogue n'utilise sans doute pas les mêmes éditions (vu qu'il a amélioré l'originale). Et pour ce qui est de Slughorn... Uh uh uh. Attend le lire ce qui va se dire aux conseils d'orientation d'Elisa, ça va te plaire x)
Merci IceQueen38 ! Oui, Elisa réalise pas mal de choses sur elle-même, sur l'école, sur Dumbledore, sur ses méthodes, et sur ce qui l'attend. Un vrai ascenseur émotionnel ! Et oui, elle est un peu sous le choc, et ça fait pleurer ce genre d'émotions (je suis moi-même du genre à pleurer assez facilement)... Bref, je suis contente que ce côté plus vulnérable d'Elisa te plaise. C'est dur pour elle d'admettre qu'elle n'est pas aussi pure et innocente que la blanche colombe...
Salut BlancheEner ! Bah, justement, je ne sais pas ce que je veux faire de ma vie, alors voilà, c'est compliqué x) Sinon, pour Elisa ! Oui, elle délègue x) Et les deux seuls premières années qu'on "voit" sont Ambre et Astoria, qui ne font pas partie du CEM (donc moins de contact). Mais c'est vrai qu'Elisa est moins investie dans son rôle de mentor, et c'est finalement ça qui la pousse à préparer sa succession. Pour le doctorat : tu auras toutes tes réponses dans un des chapitres suivants, plus particulièrement celui des conseils d'orientation ! Sinon, la Bav'boule est un jeu sorcier basé sur le principe de la pétanque et du jeu de bille, et les boules crachent à la figure des perdants (d'où le nom xD). J'avoue que je n'ai pas trop développé le sujet x)
Yo Zarbi ! Oui, Elisa a une révélation x) Et elle n'est pas très agréable ! Ce n'ets pas facile d'admettre qu'on a les défauts qu'on déteste chez les autres... Voilà. Sinon, le concept du parrainage est complètement libre, tu peux bien sûr l'emprunter si tu veux =)
Salut Elaia Gurialde x) Ah ah, Dudu fait de son mieux x) Et je rêvais depuis des lustres de placer une citation moldue de ce genre ! Bref, sinon, je suis contente de te faire aimer Drago, c'ets un personnage difficile à manier mais avec beaucoup de potentiel. Quant à Tonks... Je vais faire de mon mieux !
Hello, Guest qui n'a pas laissé son nom ! Oui, je me donne beaucoup de mal pour comprendre Dumbledore. Et c'est dur de ressentir de l'empathie pour les persos qu'on n'aime pas x) Mais oui, au final, Elisa et Dudu se ressemblent beaucoup. Ils ont de grandes et belles idées, mais ça nécessite de tirer les ficelles dans l'ombre, de faire quelques sacrifices, et... Et ce n'est pas un chemin qu'il est facile d'emprunter. Elisa le sait. En fait, si elle n'avait pas été possédée par Tom, elle aurait carrément suivi ce chemin, convaicue de sa propre puissance et de son sens moral. Mais le journal de Tom lui a apprit qu'elle n'était pas infaillible, et que son arrogance ne la mènerai qu'à marcher vers sa mort, toute seule et terrifiée, dans un tunnel détrempé. Elisa a prit du recul, ce que DUmbledore n'a pas fait à son âge, et... C'est là que leurs chemins divergent. Elle a peur de la solitude alors que Dumbledore l'a embrassée de tout coeur, comme un noble héros pensant que c'était là son devoir. Cela a totalement façonné leurs caractères... Et, pour Dumbledore, cela ne l'a pas mené à une fin heureuse. Et il le sait. Il en a cruellement conscience, en voyant Elisa lui renvoyer l'image de ce qu'il aurait pu être. Voilà. Sinon, pour ce qui est des parrains ! Oui, certains Serpy vont en profiter (pour tisser des alliances familiales, par exemple, etc.). Mais je ne suis pas d'accord, ce n'est as un rôle pour les Préfets. Les Préfets sont nommés par les profs pour exercer l'autorité, ils ne sont pas choisi pour leurs talents de mentors ou leurs gentillesse, mais pour leur respect des règles. Ils ne sont pas vraiment un bon choix. Cédric est une exception. Sinon, pour répondre à ta quetsion : non je ne l'ai pas lu, ce bouquin, mais ça m'intéresse ! Après tout, Erik L'Homme a co-écrit plusieurs livres avec Pierre Bottero, qui est ma divinité majeure. x)
Yo Niakovic ! En fait ELisa ets plus ou moins sûre que rien ne va sortir de la quête de Sirius, donc elle ne se fait pas de souci de ce côté-là. Elle sait que le rat est prudent, que Sirius est plus ou moins coincé, et qu'elle peut prendre son temps. Ce qui n'est pas forcément une sage idée de sa part... Enfin bref. Narcissa et Andromeda ne sont pas encore tout à fait réconciliées, mais elles se sont rapprochées. Narcissa est en quête de nouveaux soutiens, de nouvelles alliances (pour quitter l'ombre de Lucius), quitte à ce que ses nouveaux amis ne soient pas très "purs". Et Anromeda, qui a dû tout quitter pour épouser Ted Tonks, a vraiment envie de se reconnecter avec son héritage. Donc voilà, elles s'entendent. Mais ce sont surtout DRago et Nymphadora qui se sont rapprochés : ils s'adorent mutuellement xD Quant à Dumbledore : Elisa a tellement l'habitude de juger ses actes qu'elle n'avait pas réalisé qu'elle n'avait pas vraiment à lui faire la morale... ET c'ets un choc. Mais comparativement, Elisa reste toujours BEAUCOUP MOINS froide que Dudu. Lui, c'est un chef de guerre et il agit comme tel : même en temps de paix, même dans son école. Alors qu'Elisa ne perd jamais de vue ces deux derniers faits... Et agit en conséquence.
Yep, DreamerInTheSky, Elisa a devant elel l'exemple du pire comme du meilleur ! Et elle qui juge Dudu si sévèrement... Elle va bientô réaliser que, dans certaines circonstances, il n'y a pas de bon choix ou e bonne option. Cela dit, même si elle comprend mieux Dumbledore, elle ne va pas lui faire confiance tout de suite. Probablement jamais en fait x)
Hello Streema ! Harry et Drago n'étant plus "ennemis mortels", Harry ne va pas faire un foin du rapprochement entre Elisa et Malefoy. D'autant plus qu'il n'y a pas grand-chose, pour l'instant. Ils sont simplement polis l'un avec l'autre x) Ouaiiiis, Elisa a ENFIN réalisé qu'elle agi comme Dudu. Elle le critiquait autant parce qu'elle voyait en lui les traits qu'elle déteste le plus chez elle x)
Thanks Lamésis ! Pour ce qui est de Lockhart... Ca ne me parait pas décalé. On sait que Lockhart n'a pas vraiment de moralité, qu'il est habitué à se sortir de ses problèmes à l'aide de Sortilèges de Mémoire, qu'il est arrogant et qu'il n'a pas de sens de la retenue. Dans un livre pour enfant (c'est-à-dire le canon), ça se voit à ses vantardises, etc. Mais Lockhart était quand même prêt à rater magistralement le Philtre de Restauration à la Mandragore (qu'il voulait faire tout seul), juste pour se donner de grands airs, sans penser aux conséquences... Alors qu'il est sous les yeux de Dumbledore, le plus puissant sorcier du pays ! On voit bien qu'il a l'habitude d'échapper aux conséquences de ses actions, même les plus stupides ou répréhensibles. Et vu qu'il a beaucoup de fans féminines, qu'il semble beaucoup encourager... Il n'est pas difficile d'imaginer qu'il a franchi le pas avec quelques fans (ou simplement quelques connaissnaces) puis leur a effacé la mémoire pour éviter d'avoir à gérer des pleurs énamourés, des crises de jalousie, des plaintes ou des récriminations. La plupart des hommes qui commettent des agressions sexuelles ne le font pas de manière violente, et surtout, ils ne considèrent pas ça comme une agression : juste comme un peu de fun innofensif. Lockahrt est tout à fait ce genre d'homme, qui serai ahuri est vaguement indigné qu'on vienne l'emmerder parce qu'il a eu la main baladeuse.
Salut et bienvenue dans cet univers, Lune Pourpre ! Le genre des SI est parfois dur à apprécier xD Quel est la première SI que tu as lu et aimé ? Je suis curieuse, j'essaie de découvrir de nouvelles fics dans ce genre...
Yo l'Avadakedavrateur x) Oui, tu vois tout de suite les répercussions qui commencent déjà se déclencher. Square Grimmauld, Kreattur, Sirius, l'Ordre... Tout ça, bouleversé par quelques mots et actions d'Elisa. Elle fourre vraiment son nez partout. Et oui, elle se rend ENFIN compte que Dudu la compare à lui. En fait, il la compare à lui depuis le moment où elle lui a crié dessus dans son bureau : parce qu'au milieu de son caca nerveux, Elisa a si précisément cibler les failles de son raisonnement que Dumbledore a comprit qu'elle raisonnait exactement pareil. Et depuis, il la garde à l'oeil et la voit sous un nouvel angle...
Hello AndouilleEtSushi ! Ah ah, oui, Tourmaline avance bien x) Pour le parrainage : le but est de mettre les gamins à l'aise, et avoir un parrain connu est plus favorable dans ce cas-là. Et surtout (j'aurais peut-être du le préciser), chez les sorciers, c'est très important de maintenir les connexions et relations déjà existantes, surtout les liens familiaux. Donc voilà, les parrains seront de préférence des gens qui connaissent déjà le filleul.
Yo Allan Eddem ! Ouais, j'aime faire du mal à mes persos x) Dans le chapitre suivant, il y aura de la souffrance émotionnelle à souhait, mwahahahahah ! Ahem. Non, je ne suis pas tordue xD Pour ce qui est des sorts... J'ai une imagination assez visuelle, alors j'imagine des inventions qui ont une certaine esthétique, j'avoue. Le sort de modelage de l'eau a réellement la classe x)
Merci pour ta longue review, Gilgalad Swiftblade ! Ca m'a fait sourire jusqu'aux oreilles =) Je suis contente que ça te plaise, et que trouve Elisa bien amenée, bien écrire et réaliste ! Pour ce qui est de ses inventions... Damn. Je suis pourtant sûre d'avoir montré, littéralement, la liste de ses projets ratés. Ca incluait le sabre-laser par exemple... Et son miroir communiquant pour lequel elle a dutMais bref. Si Elisa invente des trucs, c'est parce que, déjà, il y a la MAGIE. Elle n'a pas besoin d'avoir un diplôme d'ingénieur ni même de connaitre le fonctionnement exacte de l'objet d'origine (comme le téléphone portable) ! Elle visualise la finalité du produit, elle a l'intention et la détermination nécessaire pour donner l'impulsion à la magie... Après tout, les enchantements, c'est surtout une affaire de volonté. Elle veut quelque chose intensément, elle sait ce qu'elle veut, elle se focalise dessus, et... Ca aide à obtenir un résultat. Ce n'est pas de l'ingéniosité qui permet de créer quelque chose d'enchanté, c'est de l'obstination x)
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Enfin bref ! Voici le personnage du jour... Aaron Woodbridge !
Aaron Julien Woodbridge est un Serdaigle de Sang-Mêlé, dans la même année qu'Elisa. Il a les cheveux bruns et frisés assez longs, qui lui atteigne les épaules, et un visage anguleux, la peau très claire. Discret, timide et rêveur, il n'est pas très sociable et ne se mêle pas beaucoup à ses pairs. Ainsi, le CEM est le seul club qu'il fréquente.
Le père d'Aaron est sorcier, nommé Julien Woddbridge. C'est un ex-Serdaigle, qui travaille comme employé dans une obscure librairie d'un petit village mi-sorcier mi-moldu de Cornouailles. Il est fasciné par les vieilles légendes, les récits obscurs. Son épouse, Jane Woodbridge (née Moat), est Moldue et travaille comme infirmière dans la clinique du coin : c'est une personne terre-à-terre, pragmatique et autoritaire. Ils étaient très amoureux jadis, mais l'amour s'est refroidi avec le temps, l'incompatibilité de leurs passions, et leurs jobs respectifs très contraignant…
Aaron a une sœur : Gabrielle Woodbridge. Elle est sorcière elle aussi, mais elle a neuf ans de plus que lui et ils n'ont jamais été très proches. Gabrielle a été à Gryffondor : elle est volontaire, impérieuse et énergique, comme leur mère. Après Poudlard, elle a raté le concours d'entrée des Aurors, et a ensuite choisie de suivre une formation de tireuse d'élite de baguette (le rang d'au-dessous dans la police/armée magique).
Aaron est d'un naturel doux, un peu mélancolique. Il est très timide et parle assez peu : il tend à se fondre dans la masse. Les grandes groupes bruyants le mettent mal-à-l'aise, et il est d'un naturel introverti. Il a du mal à se faire des amis : il ne sait pas approcher les gens, parler avec un inconnu le rend nerveux et maladroit… Cela dit, il a envie d'être aimé, il a envie de plaire. Il est d'une grande gentillesse et toujours prêt à rendre service. Certains exploitent ça sans vergogne, parce qu'Aaron a du mal à refuser quoi que ce soit. Il est facile pour quelques élèves un peu cruels de se moquer de lui, d'abuser de sa gentillesse pour qu'il fasse leurs devoirs, etc. Aaron n'aime pas la bagarre, ni le conflit en général. Il est plus courageux qu'il n'y parait, mais la violence ou les moqueries tendent à le pétrifier de honte, d'embarras ou simplement de désarroi. C'est quelqu'un de très sensible.
Aaron est cependant d'une grande loyauté, et prêt à rassembler tout son courage pour ses amis ou les gens qui lui demandent de l'aide. C'est quelqu'un de très dévoué, qui se met en quatre pour aider ceux qui lui sont chers… Ou même tout personne ayant besoin d'aide. Il a un cœur d'or. Même s'il n'est pas très respecté chez les Serdaigle, il est relativement aimé, surtout parmi les plus jeunes.
Aaron aurait aisément pu être le paria de sa Maison, avec sa timidité et son isolement. Il n'est pas quelqu'un qui se fait respecter. Mais chez les Serdaigle qui admirent l'intelligence, la créativité et le dévouement au travail, Aaron a cependant droit à une certaine considération de la part de ses pairs… Car Aaron est un inventeur de sorts.
Il n'est pas au niveau d'Elisa et n'a certainement aucun désir d'en faire un métier. Il ne fait pas vraiment de sorts utiles. Non, ce qui l'intéresse, c'est de tester les limites d'un sort, les unes après les autres. Il multiplie les petites expériences. Rien d'extraordinaire, et la quasi-totalité des membres de sa promotion ne savent même pas qu'il est si doué en Sortilèges. Aaron n'a pas vraiment pour but de créer quelque chose, juste d'étudier ce qui est. Mais la magie d'Aaron est relativement explosive, et parfois (environ une fois sur dix), ses expériences font quelque chose de complètement inattendues. Il a ainsi accidentellement transformé une pantoufle en créature mordeuse qui a hanté son dortoir pendant plus d'un mois, une anecdote qui est toujours raconté avec autant d'hilarité par les Serdaigle qui n'ont pas été mordus par la chose. Cela a donné à Aaron une réputation de maladroit, voir de catastrophe. Réputation qu'il ne mérite pas, pourtant : Aaron est quelqu'un de prudent, de minutieux, d'attentif et d'intelligent. Ce n'est pas quelqu'un qui enchaîne les accidents !
Aaron a peu d'amis, mais il est particulièrement proche de Takashi Noda : ils sont tous les deux discrets, silencieux et sensibles. Par extension, il s'entend bien avec tous les amis de Takashi, comme Elisabeth Bishop ou Cédric Diggory, ou bien les jumeaux Weasley (qui ont la courtoisie de ne pas trop le cibler dans leurs blagues). Helen Dawlish, la caïd de sa classe, est assez indifférente à son sort : mais elle protège et respecte Takashi, et donc protège Aaron par extension.
Aaron est très amoureux de Tabitha Bainbridge, une Serpentard de son année qui est élégante, douce et discrète. Mais malgré sa docilité apparente, Tabitha est quelqu'un d'ambitieux, bien moins sensible et délicate qu'Aaron. Reste à savoir si leurs deux caractères sont compatibles sur le long terme…
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Voilà voilà. Et on peut donc reprendre les votes ! J'ai hésité à vous parler des premières années de ce tome. Mais Puisque Takashi a déjà été décrit et que je viens de faire Aaron, je vous propose de choisir parmi les Serdaigle restant de leur classe...
- Helen Dawlish (Sang-Pure autoritaire et charismatique, grande fan de duel)
- Loretta Cornhill (Née-Moldue membre du CEM)
- Hazel Kirby (Sang-Mêlée membre du CEM)
- Patricia Stimpson (Puriste snobinarde)
- Marcus Fenwick (Sang-Pur désinvolte)
- Arjuna Balaji (Sang-Pur issu d'une lignée indienne)
- Scott Ancrum (Sang-Mêlé membre du CEM)
- Jeremy Stretton (Puriste, frère jumeau d'Imogen Stretton de Serpentard)
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Voilààààààà ! Mon dieu, j'en reviens pas de faire ça alors que ma prof est en train de nous parler d'interruption des délais de forclusion en matière de garantie en droit de la construction, elle est littéralement à UN MÈTRE DE MA CHAISE, je suis une mauvais étudiante TT_TT
Bref. Enjoy !
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Le livre du Prince de Sang-Mêlé
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Elisa passa toute la soirée et une partie de la nuit à digérer ce qu'elle avait compris dans le bureau de Dumbledore. Elle n'en revenait pas de ne pas avoir fait la comparaison plus tôt. Elle était Dumbledore. Elle était le « génie surdoué » qui voulait se faire aimer de tout le monde, et qui essayait secrètement de tout contrôler et de décider de la vie des autres. C'était elle, c'était ce qu'elle faisait depuis le jour où elle avait posé le pied à Poudlard. Ça la rendait malade. Etait-elle vraiment devenue comme ça ? Est-ce qu'un jour, elle serait capable d'abandonner un bébé sur le pas d'une porte sans le moindre remords ? Est-ce qu'elle serait capable de planifier la mort de quelqu'un pour l'avancement d'un plan pour Le Plus Grand Bien, et de sourire à cette personne tous les jours, de prétendre l'aimer ?
Est-ce qu'elle finirait comme Dumbledore, sans famille, sans véritables amis, sans confident, n'ayant pour alliés que des gens qui le mettaient sur un piédestal sans vraiment le comprendre ? Rien que d'y penser, sa gorge se serrait. Elle ne pourrait jamais vivre avec une telle solitude.
Non, décida-t-elle. Non, elle ne deviendrait pas comme ça. Elle se le jurait, ici et maintenant : elle ne deviendrait pas comme Dumbledore. Elle n'abandonnerait jamais ses amis, elle ne serait jamais aussi froide. Elle ne se fermerait pas aux autres, et elle ne manipulerait pas les gens comme des pions, parce qu'elle ne perdrait jamais de vue qu'ils étaient des gens, qu'ils avaient des sentiments, de la valeur, et qu'elle devait respecter leur humanité.
A la seconde où elle fit cette résolution, elle réalisa qu'elle ne serait pas capable de la tenir. Sa gorge se noua, et elle retint un grognement de frustration inarticulé.
Elle connaissait le futur. Elle savait à quel point il allait être sombre, elle savait à quel point il allait être meurtrier, et il y aurait des moments où elle n'aurait aucun scrupule à agir de façon à ce que certains évènements ne se produisent pas. Contrairement à Dumbledore, elle n'agirait pas en se basant sur des suppositions, mais des faits : cependant, le résultat était le même. Si elle devait mentir, tricher, manipuler, tuer peut-être… Tout ça pour empêcher Voldemort de revenir… Elle le ferait.
Et rien que d'y penser, elle sentait son estomac se soulever, ses mains trembler. C'était terrifiant, toute cette pression. Savoir qu'elle était la seule à connaître ce qui les attendait, que changer les évènements reposaient sur elle, et qu'elle n'en serait peut-être pas capable… Pas étonnant que Dumbledore paraisse un peu cinglé. Si l'alternative était de faire une crise de panique, Elisa avait très envie de prétendre qu'elle avait tout sous contrôle en mangeant des caramels.
Elle finit par arriver à un compromis. Elle mentirait, manipulerait, et combattrait : c'était nécessaire. En revanche, elle essaierait toujours d'être honnête, et elle ne mentirait jamais à ses amis. Elle choisirait toujours le plan peut-être le moins rapide, mais qui risquait également de faire le moins de dommages collatéraux. Elle n'abandonnerait aucun de ses alliés à son sort (et là, elle pensait à la négligence du directeur envers Sirius, mais aussi Hagrid, et à Harry lui-même).
Et elle ne considérerait jamais, jamais, qu'aucune souffrance soit nécessaire à une plus grande cause. Jamais elle ne verrait les gens comme des pièces sur un échiquier. Et si elle devait vraiment prendre une décision dérangeante de ce genre, alors elle demanderait à quelqu'un de prendre cette décision avec elle. Elle n'était pas Dieu. Elle n'avait aucun droit de prendre cette décision seule.
Elisa s'endormit à quatre heures du matin, la conscience pas tout à fait tranquille, mais l'esprit déjà plus apaisé. Ce n'était pas tout de se fixer un objectif. Les moyens utilisés, ça comptait, aussi. C'était ça qui faisait de vous quelqu'un de bien ou de mauvais.
Le lendemain, les élèves de troisième année furent tous convoqués par leur directeur (ou directrice) de Maison pour leur annoncer officiellement que le système du parrainage serait mis en place l'année prochaine. Les élèves ne voulant pas assumer cette responsabilité pouvaient se désister dès maintenant. Chez les Poufsouffle comme chez les Serdaigle et les Gryffondor, personne ne refusa : mais chez les Serpentard, Crabbe et Goyle furent retirés de la liste (Tracey raconta que c'était Drago qui le leur avait ordonné, car il refusait que ces deux idiots soient les modèles d'un petit Serpentard naïf. Elisa approuvait sans réserve cette idée).
La vie reprit son cours, comme d'habitude. Les cours, les devoirs. Les élèves qui paniquaient à cause des BUSES. Les entraînements pour le Challenge prochain. Elisa se rappela qu'elle avait des projets pour le week-end et, le samedi après-midi, elle se rendit au septième étage et passa trois fois devant le tableau des trolls dansants, pensant très fort à la Salle sur Demande. Une porte apparut, et elle entra dans la salle avec un puissant sentiment de satisfaction.
Elle avait demandé à la pièce un endroit où s'entraîner, et elle ne fut pas déçue. Ce n'était pas une bibliothèque ou une salle de classe vide qui s'ouvrit pour elle : c'était une salle d'armes, au sol dallé et aux murs couverts d'épées ouvragées et de tableaux représentants des duels sorciers.
– Cool, murmura Elisa.
Elle ferma les yeux, et se concentra.
– Je voudrais un set de couteaux de lancer, et une cible.
Elle rouvrit les yeux. Une cible ronde était apparue à mi-hauteur du mur en face d'elle. Et à côté d'elle s'était matérialisé un petit comptoir sur lequel reposaient six petits couteaux de lancer, aussi légers que les stylets de jet qu'utilisaient les ninjas. Elisa en prit un, admirant sa finesse. Elle qui était allée au Japon cet été, elle pouvait grossièrement reconnaitre un couteau de style ninja, et c'était définitivement ce style-là.
– Vraiment, vraiment cool, sourit-t-elle.
Elle s'entraina au lancer, d'abord sans la Force (échec lamentable), puis avec la Force (réussite totale). Utiliser la Force quand elle lançait ou attrapait quelque chose était presque un réflexe, désormais. Sans elle, Elisa était plutôt maladroite. Elle était incapable de rattraper un crayon si on le lui lançait, alors lancer un couteau au milieu d'une cible avec assez de force pour en transpercer le bois ? C'était impossible. Toutes ses capacités de lancer reposaient donc sur la Force.
Ensuite, elle s'entraîna aux Sortilèges. Le Fulgura, l'Incarcerem, le Stupéfix, le Reducto, l'Expulso, le Repulso, le Flashbang, le Protego, l'Aguamenti, l'Incendio, tout y passa. Puis, une fois relativement fatiguée, elle s'assit sur un coussin qui était apparu comme par magie quand elle l'avait désiré, et réfléchit aux limitations de la salle.
– Je veux un chocolat chaud.
Rien.
– Un lingot d'or ?
Rien non plus.
– D'accord, murmura Elisa. Donc la loi de Gamp est toujours inviolable ici. En revanche, la cible, les couteaux, le coussin… Les autres objets peuvent être conjurés. Mais qu'est-ce qu'il en est des objets qui existent déjà ailleurs ? Par exemple… Je voudrais la Carte des Maraudeurs.
Elle ferma les yeux, pensant de toutes ses forces au parchemin enchanté. Puis elle rouvrit un œil. Mais non, le sol devant elle était toujours vide. Elle poussa un profond soupir.
– Donc tu ne peux pas faire apparaitre un objet qui se trouve ailleurs. A moins que ce soit parce que la Carte est dans le coffre d'un élève et que la Salle ne permette pas le vol dans les dortoirs… ? Il n'y a qu'un seul moyen de le vérifier. Je veux le livre de Potions du Prince de Sang-Mêlé.
Toujours rien.
– Oh, allez ! se plaignit Elisa. Tu pourrais un peu coopérer. Qu'en est-il d'un objet qui est dans une autre version de la pièce, comme…
Pour la quatrième fois en moins de trois jours, Elisa eut l'impression que le sol se dérobait sous ses pieds. Dans une autre version de la pièce, il y avait un Horcruxe de Voldemort. Il y avait le diadème. Tout son corps se couvrit soudain d'une sueur froide. Ça lui était sorti de l'esprit.
Lentement, elle se leva.
– Nope, fit-elle à personne en particulier. Pas aujourd'hui.
Elle quitta la salle, et referma la porte derrière elle. Lorsqu'elle se détourna, la porte avait disparu, et ce fut seulement lorsque ses épaules se détendirent qu'Elisa réalisa la tension de ses muscles, comme si elle s'attendait à devoir fuir à toutes jambes. Elle se passa une main sur le visage avec un profond soupir, le cœur battant la chamade, et respira un grand coup pour refouler son émotion.
Elle avait honte de l'avouer, mais elle n'était pas prête à reprendre sa traque aux Horcruxes. Elle n'était pas assez forte. Elle avait peur de ne pas être capable de détruire le diadème, mais surtout… Elle avait peur de vouloir le mettre.
Elle avait peur de vouloir retrouver la sérénité de la période où Jedusor avait influencé son esprit. Ce calme, cette puissance. Ses gestes dépourvus de maladresse, le succès qui lui venait sans effort. Ça avait été si grisant. Après avoir perdu le journal, son esprit était redevenu le sien, mais ça lui semblait tellement chaotique. Elle avait des excès de rage qu'elle ne maîtrisait pas, ses émotions étaient incontrôlables, ses échecs lui donnaient envie de crier de frustration. Alors que ça avait été si simple, quand Tom était là pour l'aider. Dangereux, perverti et malsain : mais tellement simple.
Voilà. Elle avait peur de découvrir qu'elle avait une addiction.
(Franchement, le Choixpeau avait eu bien raison de ne pas la mettre à Gryffondor, songea-t-elle avait dégoût. C'était la raison la plus lâche possible pour repousser sa quête de destruction de Voldemort.)
Penser au diadème lui fit penser aux autres Horcruxes, ce qui lui fit penser à Square Grimmauld (où se trouvait toujours le médaillon, sans doute). Et penser à Square Grimmauld lui rappela soudain qu'elle n'avait toujours pas ouvert la lettre sur Sirius que lui avait donnée Neal. Elle ne savait pas si elle avait envie de le faire, d'ailleurs. Si elle lisait des trucs affreux sur les Maraudeurs, ça changerait son regard sur Harry… Mais aussi sur Lupin. Et Elisa était nulle pour mentir. Les gens devineraient forcément qu'un truc clochait entre elle et le prof de Défense.
Elisa n'avait rien contre Remus Lupin, à priori. Elle n'était pas proche de lui comme elle l'était de Flitwick ou de Trelawney, et elle ne l'évitait pas comme elle évitait Rogue ou McGonagall. Elle était polie et cordiale, et c'était tout. Lupin avait beau être l'un des « héros » de la saga originale… Pour Elisa, il était un prof compétent mais absolument banal.
Et elle n'avait pas envie que ça change. Elle n'avait pas envie de faire attention à Lupin. Elle n'avait pas envie d'être distraite de ses cours et de ses leçons par des ruminations mentales sur les Maraudeurs, s'ils étaient des gens biens ou pas. Elle savait qu'elle devrait lire cette lettre, ne serait-ce que parce qu'elle avait horreur de rester dans l'ignorance, mais… Elle pouvait encore attendre un petit peu, non ?
Il y avait tant de choses dont elle devait se préoccuper. Maintenant qu'elle maîtrisait les informulés, Flitwick insistait pour qu'elle reste silencieuse quand elle jetait des sorts dans sa classe. Elle ramait affreusement en Métamorphose, et comme elle faisait tous ses devoirs en cours d'Histoire de la Magie, elle n'écoutait pas un mot de Binns et réalisait avec horreur que même en potassant les notes d'Heather à la fin de l'année, elle allait sans doute rater sa BUSE d'Histoire. Et puis, il fallait s'entraîner pour le prochain Challenge, il fallait gérer le CEM, il fallait continuer à bosser sur ses Glisseurs (elle avait reçu deux nouvelles commandes)…
Et en plus, il fallait compter sur le drama des collégiens ! Une Serdaigle fondit en larmes en plein cours de Potions. Aaron Woodbridge et Tabitha se disputèrent au sujet de leur cours de Botanique et ça se finit en hurlement tant la pression des BUSES leur pesait dessus. Même les élèves plus jeunes s'y mettaient ! Plus particulièrement, les Gryffondor. Le rat de Ron, Croûtard, avait disparu : et comme Ron accusait le chat d'Hermione, ça avait donné lieu à une engueulade retentissante.
C'était un élément du canon, un point fixe, qu'Elisa était presque contente de revoir. Ça faisait du bien de savoir que certaines choses ne changeaient pas.
Bon, le problème, c'était que les leçons du CEM étaient plus tendues. Harry avait loyalement pris le parti de Ron, parce que le rouquin avait quand même perdu son animal de compagnie. Du coup, Hermione ne lui parlait plus. Les yeux rouges et l'air épuisé, elle gardait toujours les yeux rivés sur ses leçons. Elisa essayait de jouer le rôle de médiatrice, mais c'était perdu d'avance. Tant qu'Hermione et Ron refusaient de s'excuser, ils étaient dans l'impasse.
– J'aurais dû offrir une cage à Ron pour son rat, soupira Elisa à Harry.
Mais le Survivant secoua la tête :
– Non, je lui ai proposé et il a dit que Croûtard était habitué à sa liberté. Il voulait pouvoir le laisser vaquer partout.
Elisa haussa très haut les sourcils, et Trisha, qui travaillait à côté d'elle et écoutait la conversation, formula à voix haute ce que son amie pensait tout bas :
– Avec tous les chats qu'il y a dans le château ? C'était qu'une question de temps avant que ça n'arrive, alors…
– Je sais, fit misérablement Harry. Je lui ai dit, mais il ne m'écoute pas. Il est vraiment en colère. Pas tant parce que Pattenrond a mangé Croûtard, mais parce qu'Hermione refuse de s'excuser. Il croit que ça veut dire qu'elle s'en fiche.
Elisa, Trisha et Harry glissèrent tous les trois un regard à Hermione. Deux tables plus loin et plongée dans un questionnaire sur la guerre des Deux Roses au XVème siècle, la Gryffondor avait l'air exténuée. Ces jours-ci, elle semblait constamment à bout de nerfs et au bord des larmes. Cette dispute, ajoutée au stress et à sa surcharge de travail, consumait toute son énergie.
– Elle ne s'en fiche pas, lâcha Elisa.
– Je sais ! gémit Harry. Et normalement c'est Ron qui s'occupe de vérifier qu'elle a des barres de céréales dans son sac et qu'elle va se coucher à la bonne heure, mais là ils ne se parlent plus et du coup elle est surmenée !
Elisa marqua un temps d'arrêt. Elle n'avait jamais réalisé ça. Est-ce que c'était un élément canon, que Ron soit la personne responsable du groupe ? Elle ne s'en souvenait pas. Ça n'avait sans doute jamais été mentionné dans les livres…
Cela dit, c'était parfaitement logique. Ron avait été élevé par Molly Weasley. Il considérait que la bouffe et le repos étaient sacrés. Quand il voyait ses amis se surmener (comme Hermione) ou être affamés (comme Harry dans le canon), il était du genre à immédiatement s'indigner.
Elisa poussa un profond soupir. Elle n'allait pas laisser Hermione s'épuiser ainsi. Ça ne changerait rien au canon si elle prenait soin d'une gamine exténuée, non ?
– Je vais m'occuper de ça, promit-elle à Harry.
Le Survivant s'affaissa de soulagement. Puis Elisa plissa les yeux :
– Au fait, comment avance ton Patronus ?
Harry poussa un grognement découragé. Il réussissait mieux quand il était sous pression. Sans un Epouvantard pour le motiver, et avec la certitude qu'il était entouré de gens capable de lancer ce sortilège si jamais il y avait une attaque de Détraqueurs… Il était plus en sécurité que dans le canon, mais il était moins motivé, et ses progrès étaient beaucoup plus lents.
– Ça avance bien, Magister. C'est un grand animal avec des cornes. Peut-être un cerf.
Elisa sourit avec affection. Bien sûr que c'était un cerf. Harry était un peu différent de sa version canon, mais pas tant que ça.
Mais bref. Les progrès d'Harry, c'était bien, mais il fallait aussi se préoccuper des soucis d'Hermione… Et Elisa ne savait pas vraiment comment aborder le sujet avec l'adolescente. Elle ne savait pas quoi inventer comme mensonge crédible, et dire qu'elle venait de la part d'Harry risquait de complètement braquer la Gryffondor. Hermione était intelligente, mais quand il s'agissait d'émotions, elle était paralysée. Elisa avait d'ailleurs une théorie selon laquelle c'était pour ça qu'Hermione refusait d'accepter la Divination (qui nécessitait de l'intuitivité, de l'ouverture spirituelle, mais surtout de l'empathie avec le monde).
Mais bref. Elisa ne savait pas comment tourner autour du pot, alors elle décida d'aller droit au but et de faire appel à quelque chose qui faisait rarement défaut à Hermione : la logique et la rationalité.
– Tu as un Retourneur de Temps et tu l'utilises mal, fit-elle sans ambages après avoir entraîné Hermione dans une salle de classe vide juste après la fin du CEM.
Hermione, qui avait poussé un petit cri effaré quand Elisa avait révélé son secret, se redressa aussitôt d'un air indigné :
– Pas du tout !
Elisa attrapa l'emploi du temps d'Hermione et le lui agita sous le nez :
– Tu sais quelle est la division optimale d'une journée ? Un tiers de sommeil, un tiers de travail, et un tiers de détente et d'activités stimulantes pour le cerveau. Là, tu as… Environ huit heures de sommeil, plus treize heures de travail, cinq heures de devoirs, et à peine deux heures de pause. Tu brûles ton énergie en vain, tu as plus de mal à retenir tes leçons, et bientôt tu vas sauter des repas et affaiblir encore plus ton organisme !
– Je gère tout ça parfaitement, protesta Hermione avec obstination.
– Tu gères, concéda Elisa. Mais pas parfaitement. Tu n'utilises pas ton Retourneur de Temps pour te faire de la place dans ton planning pour tes devoirs, par exemple : tu l'utilises seulement pour pouvoir assister à tous tes cours.
– C'est pour ça que le professeur McGonagall me l'a donné !
– Et si je lui dis que tu es surmenée, elle te le confisquera avant la fin de la journée, contra Elisa d'un air implacable. Alors tu n'as pas le choix, on va te refaire un emploi du temps proportionné.
L'idée de se faire confisquer son Retourneur de Temps sembla suffisamment horrifier Hermione pour qu'elle cesse de protester. Vaincue, elle hocha la tête, et Elisa se mit au travail.
Elisa aimait beaucoup faire des plannings. Rajouter des couleurs, diviser nettement les heures et les matières… B&B vendait d'ailleurs des tas de plannings aux modalités diverses, dotés d'effets sonores ou lumineux. Pour autant, c'était bien la première fois qu'Elisa faisait un planning pour des journées de trente heures. C'était un peu perturbant.
Elle ne laissa cependant pas son trouble paraitre, et réajusta méthodiquement tout l'emploi du temps d'Hermione. Elle rallongea sa période de sommeil, et ajouta des pauses au milieu de l'après-midi pour manger ou faire une sieste. Elle jeta un sort de Poids-Plume sur le sac d'Hermione, qui menaçait de craquer sous le poids de ses livres. Puis elle appela Olly, et lui ordonna de toujours veiller à ce qu'Hermione ait un casse-croûte dans son sac.
– Tu n'es pas obligée de faire tout ça, protesta Hermione avec embarras.
Elisa grimaça, puis avoua avec franchise :
– Techniquement, si. En ce moment, je me demande si je suis quelqu'un de bien. Faire ce genre de chose m'aide à croire que oui.
– Ne dis pas ça ! s'horrifia Hermione. Bien sûr que tu es quelqu'un de bien !
Elisa sourit faiblement. Elle n'en était pas si sûre, mais ça faisait du bien d'avoir le vote de confiance d'une des héroïnes de la saga.
– Je fais de mon mieux, se contenta-t-elle de dire.
Et elle espérait que ce soit assez.
Le mois de février pointa le bout de son nez. La charge de devoirs des cinquièmes années s'allégea assez pour qu'ils se permettent de se détendre un peu. Pour Elisa, ce fut l'occasion d'aller patiner : le lac était gelé depuis la mi-janvier, mais elle n'avait pas encore eu le temps d'y aller. En revanche Jojo, la quatrième année de Poufsouffle passionnée par le patinage artistique, passait tout son temps libre à filer sur la glace et à exécuter des figures acrobatiques, tandis que ses amis Aglaé et Liam restaient sur la berge et clamaient haut et fort que les sports de glisse étaient beaucoup trop dangereux.
Elisa recevait aussi des nouvelles de ses amis hors de Poudlard. Pour Gwendolyn, tout marchait sur des roulettes. Elle commençait à maîtriser la fabrication des miroirs et faisait de la pub. Elle avait vendu quelques modèles « en avant-première » à plusieurs clients, qui s'en montraient tous très satisfaits. Les miroirs restaient cependant très rares. Elisa avait le sien (un miroir rond de la taille de sa paume, intégré dans un poudrier en laiton doré), et elle était en train d'en fabriquer un autre pour Harry, qu'elle comptait lui offrir comme récompense quand il réussirait à faire son Patronus. Mais mis à part ces deux-là, moins d'une cinquantaine de modèles avaient été mis en circulation.
Une de ces clientes était Narcissa Black, pointa Gwendolyn. Et en effet, dans les jours suivants, Elisa vit à plusieurs reprises Drago Malefoy montrer fièrement son miroir communicant à ses amis.
Drago n'avait pas oublié sa conversation avec Elisa. Il se montrait toujours poli avec elle. Cela dit, il ne put résister à l'envie de lui montrer sa nouvelle trouvaille avec arrogance. Parce que cet idiot ignorait que c'était elle la créatrice du concept !
– C'est un marché qui n'est pas encore ouvert, se vanta-t-il tandis que sa classe regardait le miroir avec envie. Les miroirs communicants ne sont accessibles qu'à très peu de gens !
La Poufsouffle retint un fou-rire, et haussa posément un sourcil. Il se vantait sérieusement de son achat à elle ? Elle, qui avait inventé ces miroirs ?! Oh, c'était une occasion inespérée !
– Je sais, fit-elle tranquillement. C'est moi qui les ai mis en vente, après tout.
Malefoy marqua un temps d'arrêt, et tout son petit public se tourna vers Elisa. Les Serpentard avaient l'air interloqués, mais beaucoup de Poufsouffle (car Elisa était accompagnée par sa propre classe) ne semblaient pas surpris : ils étaient presque tous allés à B&B durant l'été, et savaient qu'Elisa en était la fournisseuse. La jeune fille, quant à elle, retint un sourire. Certes, elle et Drago étaient dans le même camp… Mais elle avait envie de lui clouer le bec depuis près de trois ans. Elle n'allait certainement pas se priver.
– Est-ce que tu as manqué mon nom en grand au-dessus de la boutique ? continua-t-elle en haussant un sourcil faussement étonné.
Plusieurs Poufsouffle gloussèrent, et Drago rougit jusqu'aux oreilles. Blaise Zabini, quant à lui, se pencha vers Elisa avec intérêt, un air calculateur au fond de ses yeux sombres :
– Tu es la Bishop de Bishop & Bowman ?
– C'est moi, fit tranquillement Elisa. Vous ne l'aviez pas deviné ? Les parchemins, les montres, les Glisseurs, et maintenant les miroirs, ce sont des trucs que j'ai inventé à Poudlard quand je m'ennuyais.
Les Serpentard la considérèrent tous d'un air neuf. Même Pansy, la plus teigneuse de la bande (et une Puriste, d'ailleurs) fixait Elisa avec un certain respect. La Poufsouffle esquissa un sourire en coin, puis poursuivit son chemin et s'éloigna avec nonchalance. Avant même d'avoir tourné à l'angle du couloir, elle entendit la voix affligée de Daphnée Greengrass :
– Je n'arrive pas à croire que tu te sois vantée à elle d'avoir acheté l'une de ses inventions. Bon sang, Malefoy, je suis mortifiée et je ne fais que me tenir à côté de toi.
– Oh, la ferme ! protesta faiblement Drago.
Le sourire d'Elisa s'élargit. Yep, même si Drago avait changé, il méritait définitivement d'être descendu de son piédestal de temps en temps…
Mais passons.
Elisa ne recevait pas que des lettres de Gwendolyn. Lester la tenait également au courant de ce qui se passait à Tourmaline. Madeline avait officiellement démissionné de son travail moldu, et venait de prendre ses fonctions de directrice à Tourmaline. Elle avait apparemment trouvé un prof de sciences naturelles (un Cracmol qui s'était comme elle intégré dans le monde moldu) : et une prof de physique-chimie qui enseignerait également l'Etude des Moldus (une Moldue, mais bien intégrée au monde sorcier puisqu'elle était fiancée à un Sang-Pur).
En revanche, Tourmaline n'avait toujours pas de prof de Défense, d'Histoire, ou de Théorie Magique, et Madeline commençait à s'en inquiéter. Lester remit des petites annonces dans la Gazette. Elisa se mit à guetter ses pairs pour voir si l'un d'eux était intéressé par le sujet, mais très peu d'entre eux lisaient le journal, et ils étaient encore moins nombreux à éplucher les petites annonces.
Mais Elisa elle ne perdait pas espoir. Il fallait encore trois profs à Tourmaline avant la prochaine rentrée, et elle ferait tout pour que ce soit un succès !
oOoOoOo
A la mi-février, en fouillant dans son coffre pour remettre la main sur son bonnet de rechange (elle avait testé son sort de métamorphose en saumon sur son bonnet habituel, et était incapable de lui faire reprendre son aspect normal), Elisa retomba sur la lettre de Neal.
Elle passa plusieurs secondes assise sur son lit, l'enveloppe sur ses genoux, sans l'ouvrir. Elle savait que si elle lisait ce témoignage, ça ouvrirait la voie à de nouveaux jalons dans l'histoire. Ça changerait sa façon de voir les choses, sa façon d'agir, ce qu'elle dirait à Harry. Il y aurait un avant et un après. Elisa aurait aimé pouvoir dire qu'elle était objective, mais… Quand elle agissait, qu'elle planifiait, qu'elle analysait le futur… Ses sentiments entraient en compte. C'était pour ça qu'elle était si horrifiée à l'idée d'être détachée de tout, comme Dumbledore. Ses sentiments comptaient, et si elle lisait cette lettre, sa façon de voir les Maraudeurs changerait, et cela pouvait changer beaucoup de choses dans l'avenir.
Elle se décida.
– Eh, Trisha. Est-ce que tu as une seconde ?
Abandonnant Rhonda et Heidi (avec qui elle était en train de faire son devoir d'Histoire), Trisha grimpa sur le lit à côté d'elle. D'un geste de la main accompagné de la Force, Elisa ferma les rideaux. Puis, après réflexion, elle jeta aussi un sortilège d'insonorisation.
– C'est confidentiel ? fit Trisha avec amusement.
– On peut dire ça, admit Elisa en agitant l'enveloppe. Ceci est le témoignage d'un type sur Sirius Black et ses amis. Apparemment, c'est moche. Je ne suis pas sûre de vouloir le lire.
– Pourquoi ? protesta Trisha. Ça pourrait être important.
Elisa la regarda droit dans les yeux :
– Sirius Black était le meilleur ami de James Potter. Ils étaient ensemble à Gryffondor. Et je suis sûre que ce témoignage, qui a été écrit par un Serpentard qui les détestait, ne les peint pas sous leur meilleur jour.
Trisha mit un moment à saisir toutes les répercussions que ça pourrait avoir, et Elisa vit son visage passer de l'ahurissement à la compréhension, puis se tordre d'une grimace :
– Aïe.
– Comme tu dis, lâcha Elisa.
Trisha réfléchit quelques instants, puis tenta tout de même :
– Mais est-ce que ce n'est pas mieux de savoir ? Tout ce qu'on apprendra pourra être utile. Et puis, James Potter est mort. On s'en fiche qu'il ait été ami avec un grand malade. Ce qui compte, c'est le présent.
Ça, et elle avait envie de savoir. Ça se voyait à ses yeux brillants de curiosité. Elisa se sentit coupable : elle aussi, elle était dévorée d'une curiosité morbide. Elle voulait savoir quel genre d'horreur les gens disaient sur les Maraudeurs.
Est-ce que c'était le genre d'impulsion malsaine qu'elle aurait eu si elle n'avait jamais déversé son esprit dans le journal de Tom Jedusor ? Ou est-ce que cette curiosité morbide et égoïste avait toujours fait partie d'elle ?
Elle refoula fermement cette pensée. Non, elle ne penserait plus à Tom Jedusor. Elle allait lire cette lettre parce qu'elle le voulait et parce qu'elle faisait confiance à Trisha, un point c'est tout. Alors elle prit une grande inspiration, et ouvrit l'enveloppe.
L'auteur du témoignage s'appelait Willis Crawford. Il était de Sang-Mêlé, pas très fortuné, et avait eu deux ans de moins que les Maraudeurs. Il s'était d'ailleurs retrouvé dans la même classe que Regulus Black, le petit frère de Sirius.
Le ton du texte était… rageur, et c'était un euphémisme. Willis Crawford évoquait pêle-mêle tricheries au Quidditch, toilettes explosées, attaques dans les couloirs et autres perfidies. Au début du texte, la plupart de ces agressions ne semblaient pas plus sévères que ce que faisaient les jumeaux Weasley. Cela dit, Crawford parlait aussi d'occasions où les Maraudeurs suspendaient les gens en l'air, nus ou couverts d'inscriptions injurieuses, afin de les humilier devant un public. Crawford racontait avec rage que ce genre de blague n'était réservé qu'aux Sang-Mêlés ou aux élèves pauvres. Les riches Puristes, les gens que les Maraudeurs clamaient détester, n'étaient jamais attaqués.
« Après tout, ça aurait pu être dangereux pour eux ! » remarquait vicieusement Crawford. « Il y a des risques, quand on s'en prend à un Rosier ou à un Parkinson. Ils ont de l'argent, du pouvoir, et ils savent se défendre. Les gens qui n'avaient pas de famille pour voler à leur secours étaient des cibles bien plus faciles. »
Elisa n'en était qu'à la deuxième page, et déjà elle savait avec certitude que ce texte ne devait jamais tomber entre les mains d'Harry. Ok, elle était sûre que Crawford exagérait un peu… Mais il y avait un fond de vérité dans ce qu'il disait. Même si ce n'était sans doute pas un choix conscient de leur part, les Maraudeurs s'en prenaient aux plus vulnérables. Leurs blagues n'étaient pas une forme de résistance contre les futurs Mangemorts, elles n'étaient que cela : des blagues. Sans doute très drôles du point de vue d'un spectateur, mais humiliantes pour leurs cibles. Leurs victimes n'étaient pas capables de faire face à quatre agresseurs, surtout si deux d'entre eux étaient de riches Sang-Purs appartenant à de puissantes familles.
Yep. Garder ce truc hors de portée d'Harry à tout prix. Il serait horrifié.
Comme Elisa le craignait, Crawford donnait explicitement les noms des Maraudeurs. Sirius Black et James Potter étaient les meneurs. Sirius adorait la confrontation, le défi : c'était une façon pour lui de narguer ses parents. James préférait les trucs plus subtils, les embuscades, les tirs dans le dos. Il aimait avoir du pouvoir sur les autres, mais pour lui, ce n'était qu'un jeu. Peter Pettigrew les suivait comme leur ombre, et il était un élève très doué en runes qui fabriquait souvent des objets enchantés pour faire rire ses amis (ou les aider à piéger leurs cibles). Quant au dernier membre de leur bande, sans surprise, c'était…
– Remus Lupin ?! s'étrangla Trisha. Le professeur Lupin était ami avec Sirius Black ?!
– Yep, grimaça Elisa en continuant à lire. Le bon élève de la bande. Un Préfet, aussi. Apparemment Crawford n'aimait vraiment pas Lupin…
– Tu m'étonnes ! gronda Trisha qui ne décolorait pas. Avec un Préfet pour les couvrir, les brutes se croient tout permis. C'est pour ça qu'aujourd'hui personne ne stoppe les Puristes quand ils font les abrutis ! Presque tous les Préfets de Serpentard sont dans leur poche !
– Les Maraudeurs n'étaient pas des Puristes, soupira Elisa. Juste des idiots.
– C'est la même chose, lâcha Trisha ulcérée. Je n'en reviens pas ! Quel sale hypocrite. Et Dumbledore l'a engagé ! A quoi il pense ?! Il croit que Lupin va l'aider à arrêter Black ?! Il était son meilleur ami !
– Il a une grande dette envers Dumbledore, l'informa Elisa en passant à la page suivante. En fait, Lupin vénère presque le directeur.
Trisha lui lança un regard incrédule :
– Et Dumbledore pense sérieusement que s'il tapote sur la tête de Lupin d'un air paternaliste, cette espèce de charogne hypocrite va se pâmer de reconnaissance et en oublier plus de sept ans d'amitié avec Black ?!
Elisa fronça les sourcils. C'était un bon point. Elle n'y avait pas vraiment réfléchi, mais… Dans le canon, c'était exactement ce que Dumbledore avait pensé. Il savait que Lupin ne voulait pas le décevoir, et il avait compté là-dessus. Bien sûr, il n'avait pas prévu que Lupin soit tellement terrifié de désappointer Dumbledore qu'il cacherait à tout le monde que Sirius était Animagus, dans le seul but de conserver son image de bon élève auprès du directeur.
En y réfléchissant, Lupin avait vraiment de très gros problèmes d'hypocrisie.
– On n'a pas fini de lire, se contenta de dire Elisa en prenant la feuille suivante.
Trisha grogna, toujours furieuse, mais elle se tut et reprit sa lecture. Elisa songea avec résignation qu'il allait falloir sérieusement argumenter pour empêcher son amie d'aller hurler sur Lupin et pétitionner pour son renvoi.
Le reste du témoignage était tout aussi moche. Willis Crawford avait apparemment pas mal de trucs qui lui pesaient sur le cœur, et il avait détaillé plusieurs incidents, comme pour prouver que sa haine était justifiée. Le tout était entrecoupé d'injures et de qualificatifs peu flatteurs, mais il y avait plusieurs anecdotes très détaillées, et pas agréables à lire…
Par exemple, les Maraudeurs avaient harcelé pendant trois mois une Serdaigle (brûlant ses devoirs, volant ses affaires, jetant sa nourriture par terre) parce qu'elle avait dénoncé une de leurs blagues à McGonagall. Il y avait aussi une fois où ils s'étaient vengés d'un Préfet de Poufsouffle en coinçant son petit frère au bord du lac, et en lui enfonçant la tête dans l'eau jusqu'à ce qu'il s'étouffe et s'évanouisse. D'après Crawford, s'attaquer aux plus vulnérables d'une famille était un truc que faisait très souvent James Potter pour apprendre à ses ennemis (et plus particulièrement aux Serpentard) à ne pas se mettre en travers de son chemin. Sirius, lui, préférait confronter directement ses adversaires, souvent en leur plongeant la tête dans les toilettes ou autre truc humiliant.
Les Maraudeurs avaient également enfermé plusieurs élèves dans des placards pendant des jours entiers et, à une occasion mémorable, ils avaient enfermé un Serpentard dans la même pièce qu'un Epouvantard jusqu'à ce que ses hurlements attirent la Préfète-en-Chef. Comme Crawford détestait le Serpentard en question (Mulciber, qui était ensuite devenu Préfet), il racontait l'évènement avec une certaine délectation : mais c'était quand même une histoire à faire dresser les cheveux sur la tête.
Être enfermé avec son pire cauchemar pendant des heures, c'était de la torture.
Le nom de Rogue était mentionné, mais Elisa s'affaissa de soulagement en voyant que Crawford n'avait pas grand-chose à dire. Apparemment Rogue était « un intello coincé et graisseux », pas très aimé dans sa propre Maison. Les Maraudeurs le haïssaient et l'attaquaient toujours à quatre contre un, cherchant à l'humilier par tous les moyens possibles. Rogue était cependant le Sang-Mêlé le plus respecté de Serpentard, parce qu'il se défendait avec une férocité terrifiante, et qu'il avait réussi à blesser les Maraudeurs à plusieurs reprises.
« S'ils avaient été obligés de rester plus longtemps à proximité l'un de l'autre, il y aurait probablement eu un mort », écrivait Crawford. « Avec un peu de chance, ça aurait été Black ou Potter, mais ça n'aurait pas dérangé grand-monde si c'était Rogue. »
C'était tellement froid qu'Elisa marqua un temps d'arrêt, et ne put s'empêcher d'éprouver une bouffée de pitié pour Rogue. Une maison abusive, une école où il était harcelé, et personne pour le défendre… Personne, même, pour penser que ça aurait été mal s'il mourrait… Rogue avait vraiment eu une enfance et une adolescence horrible.
La gorge nouée, elle ne put s'empêcher de penser à la « blague » de la Cabane Hurlante. Sirius avait essayé d'attirer Rogue dans les crocs d'un loup-garou transformé. Et Sirius n'était pas stupide, il savait comment ce genre de chose allait se finir. Alors, est-ce qu'il avait préparé ce plan avec la certitude que personne ne chercherait Rogue avant un certain temps ? Avec la certitude qu'il aurait le temps de disposer du corps, que Rogue ne manquerait à personne ?
– Oh, Merlin, tu pleures ? fit Trisha d'un air horrifié.
Elisa s'essuya précipitamment le visage. Elle n'avait pas remarqué que les larmes lui piquaient les paupières, et quand elle se frotta les yeux, tout se mit à déborder. Mortifiée, elle épongea ses joues avec le revers de sa manche.
– Ce n'est rien, fit-elle d'une voix un peu tremblante. C'est juste… C'est tellement horrible, la façon dont c'est raconté.
– Ils étaient des gens horribles ! fit férocement Trisha.
Elisa ouvrit la bouche, la referma. Non, justement. Et c'était ça qui était affreux. Les Maraudeurs avaient aussi été des amis, des gens qui aimaient leurs proches et qui seraient morts pour eux. Ils avaient ri et plaisanté, ils avaient inventé des trucs brillants comme la Carte du Maraudeur, ils avaient travaillé comme des fous pour devenir Animagus pour aider Lupin. Ils avaient été loyaux, et braves, et malins, et brillants. Et non, ça n'excusait pas leur brutalité ou leur égoïsme, bien sûr que non, mais… Ce n'était pas la version de Willis Crawford.
Ce n'était pas de sa faute : mais Crawford ne leur donnait pas toute la vérité. On n'avait que son point de vue. On n'avait qu'une partie de l'histoire. Et c'était une partie laide, affreuse : mais c'était la seule version qui allait être retenue par Trisha, c'était la version dont Elisa se souviendrait toujours, maintenant qu'elle l'avait lue : et c'était tellement injuste.
Elisa prit plusieurs grandes inspirations, essuyant les traces de larmes sur son visage. Trisha lui tendit un mouchoir avec maladresse, et elle se moucha avec un bruit mouillé.
– Il en reste encore beaucoup ? demanda-t-elle avec appréhension.
Trisha jeta un regard à la dernière feuille, et la lui rapidement.
– Non, finit-elle par dire. Ensuite, Crawford dit juste qu'ils auraient tous dû savoir que Black était un Mangemort, parce que les blagues des Maraudeurs avaient pour but de forcer les gens à chercher la protection des Puristes pour survivre. Et les Puristes les recrutaient dans le même temps, apparemment.
Là, c'était de la pure affabulation, puisque Sirius n'était pas un Mangemort. N'empêche… Le harcèlement des Maraudeurs avait sans doute été un facteur déterminant dans la décision de Rogue de traîner avec les futurs Mangemorts. Alors Crawford n'avait pas tout à fait tort.
– Tu avais raison, finit par dire Trisha d'un air coupable. On n'aurait pas dû lire ça. Je ne voulais pas te faire pleurer.
– Je suis juste trop sensible, protesta Elisa.
Trisha lui passa un bras autour des épaules dans un geste maladroit de réconfort. Elisa appuya sa tête contre celle de son amie, et elles restèrent immobiles quelques instants.
– Il faut que j'aille frapper Lupin maintenant, déclara Trisha au bout de quelques secondes. Et ensuite, je vais demander à Chourave de le virer.
Elisa grimaça, sentant poindre une migraine. Elle ne voulait pas que Lupin soit renvoyé. Et pour ça, il allait falloir expliquer à Trisha en quoi, précisément, consistait la dette de leur prof de Défense envers Dumbledore… Et donc, il allait falloir lui expliquer que leur timide enseignant se couvrait de poils une fois par mois.
Voilà qui s'annonçait être une conversation réjouissante.
– Trisha, il faut que je te dise un truc avant…
Effectivement, ce ne fut pas une conversation facile. Trisha poussa de hauts-cris en apprenant que Lupin était un loup-garou. Elisa mit un certain temps à la convaincre que la Potion Tue-Loup garantissait la sécurité des élèves. Contrairement à elle, Trisha ne faisait pas vraiment confiance à Rogue. Cela dit, à présent, Trisha avoua espérer que Rogue empoisonne tout bonnement leur prof de Défense. Elle était même disposée à lui donner un coup de main !
Les Poufsouffle avaient vraiment la rancune tenace. Trisha était ulcérée que Lupin ait à ce point menti sur son identité. Qu'il soit un loup-garou, passe encore : mais le meilleur ami de Sirius Black ! Ça, elle n'allait pas lui pardonner.
Mais bon, Trisha finit par accepter de ne pas s'en prendre à Lupin, de ne pas demander son renvoi, et de ne pas dire au reste de l'école qu'il était un loup-garou ou qu'il était le meilleur ami de Sirius Black (ces deux informations auraient tout autant terrifié les élèves). Cela dit, il ne fallait pas sous-estimer Trisha, parce qu'elle trouva immédiatement un autre moyen de faire comprendre à Lupin qu'elle lui en voulait.
– Tiens, quand on parle du loup ! s'exclama-t-elle d'une voix forte dès qu'elle croisa leur prof de Défense le lendemain.
Lupin se pétrifia, les yeux écarquillés. Trisha se contenta de sourire d'un air innocent, et rajouta naturellement :
– On parlait justement de vous, professeur. On se disait que vous saviez sûrement comment surprendre un Veaudelune.
– Oui, fit faiblement Lupin en reprenant des couleurs. Ils ont une très mauvaise vue mais une bonne ouïe. Il suffit de s'approcher discrètement.
Trisha le regarda bien dans les yeux :
– A pas de loup, donc ?
Cette fois, Lupin ne pouvait pas s'imaginer que c'était une coïncidence, et il devint tout pâle. Trisha ne cilla pas, le toisant avec froideur. Je sais ce que tu es, semblait-elle dire. Tiens-toi à carreau ou tu auras à faire à moi.
Elisa ne put s'empêcher d'être impressionnée. Elle n'avait jamais considéré que Trisha puisse se montrer intimidante. Et pourtant, son amie semblait être emplie d'une férocité nouvelle. Elle ne manquait pas une occasion de faire des sous-entendus sur les loups à portée d'oreille de leur prof, le toisait avec une hostilité non-déguisée, et le pauvre Lupin semblait complètement pétrifié. Il se donnait à présent un mal fou pour éviter le chemin de Trisha et ne pas croiser son regard en cours. Quand elle levait la main en classe, à chaque fois le pauvre loup-garou semblait avoir peur de lui donner la parole. Trisha se contentait de répondre aux questions du cours, mais Lupin devait avoir peur qu'elle ne dise un mot de trop.
– Tu es le diable, dit Elisa à son amie avec admiration au bout d'une semaine.
Trisha sourit de toutes ses dents sans répondre. Elle avait l'air de beaucoup s'amuser. Elisa s'estimait surtout soulagée que Trisha gère son agressivité avec des jeux de mots plutôt qu'avec des maléfices.
La plupart des gens étaient perplexes et ne savaient pas d'où sortait le nouvel amour de Trisha pour les expressions en rapport avec les animaux. Quand on lui posait la question, Trisha se contentait de hausser les épaules et de dire que ça l'amusait. Elle faisait également attention à ne pas dire ce genre de chose devant les autres profs. Sinon, elle se serait fait sermonnée par Chourave, à coup sûr.
Cela dit, Lupin ne s'écrasait pas complètement. Il ne demandait pas d'aide à McGonagall. Il parlait correctement à Trisha, il lui donnait les mêmes devoirs qu'aux autres. Il ne flanchait pas. C'était la différence entre lui et Pettigrew, sans doute. Lupin avait toujours son intégrité et sa dignité.
– Tu es sûre qu'il n'est pas celui qui a laissé Black entrer au château ? demanda Trisha à Elisa pour la énième fois.
Les deux filles étaient en train de faire leurs devoirs de Potions à la bibliothèque. Cédric avait entraînement de Quidditch, et le Trio d'Or avait encore cours. Pour une fois, elles n'étaient donc qu'à deux.
– Sûre, soupira Elisa. Il était beaucoup trop horrifié pour ça. Et puis, Rogue le surveille. Il ne lui fait pas confiance.
– Tu m'étonnes, marmonna Trisha en jetant un regard à leur devoir de Potions. Avec le caractère aimable de Rogue, c'est sûr qu'il a la rancune tenace. Bon sang, tu y comprends quoi que ce soit, à cette histoire de loi de Golpalott ?
Elisa grimaça. La loi de Golpalott sur la création d'antidote était l'un des trucs les plus complexes qu'ils aient jamais vu en Potions. Sérieusement, si ça tombait aux BUSES, elle allait pleurer.
– C'est une notion de sixième année, grinça-t-elle. Rogue nous fait vraiment un programme trop avancé !
– Une notion de sixième année ? répéta Trisha en fronçant les sourcils. Pas étonnant que nos manuels n'abordent pas le sujet… Il nous faudrait un bouquin de sixième année.
Yep, comme le livre du Prince de Sang-Mêlé, songea Elisa en retenant une grimace. Elle n'avait toujours pas de plan pour récupérer ce fichu livre. Elle hocha la tête avec résignation :
– Ouais, sans doute. Et il y a plein de manuels scolaires inutilisés dans la classe de Potions. Mais je te préviens, aller demander à Rogue de nous donner ses bouquins est hors de question. J'aurais trop la frousse.
Trisha soupira :
– Je suis assez d'accord. Tu ne peux pas envoyer un elfe pour aller les chercher en douce ?
Elisa la fixa, les yeux ronds. Elle n'y avait pas pensé.
– Trisha, tu es un génie.
– Je suis pragmatique, sourit son amie. Tu es tellement habituée à tout gérer toute seule que tu en oublie que tu as des serviteurs.
Le sourire d'Elisa vacilla un peu. Trisha touchait un nerf sensible. Elle protégeait ses elfes, elle leur donnait du boulot avec la fabrication des Glisseurs ou le travail en cuisine, mais… Elle oubliait qu'elle pouvait les utiliser. Elle avait toujours du mal à déléguer.
– Olly ! appela-t-elle.
Elle se rappela de jeter un sort de Bulle de Silence juste avant que l'elfe n'apparaisse dans un gros craquement, levant sur elle un regard interrogateur. Elisa lui sourit.
– Salut, Olly. Est-ce que tu veux bien aller nous chercher les manuels de potions qui sont dans la classe du professeur Rogue, dans la grande armoire de métal avec une porte tordue ?
– Tout de suite Madame ! couina Olly.
Il disparut à nouveau et, deux secondes plus tard, réapparut avec une pile de livres plus haute que lui dans les bras, qu'il fit léviter jusque sur la table. Trisha poussa un cri de triomphe, et Elisa sourit jusqu'aux oreilles :
– Merci Olly. On va les trier pour voir si on trouve ce qui nous intéresse, et ensuite tu pourras les remettre là où tu les as pris. Au fait, est-ce qu'Hermione mange correctement ?
Olly lui détailla donc avec enthousiasme l'appétit de la petite Gryffondor, qui supportait beaucoup mieux son emploi du temps depuis qu'Elisa l'avait obligée à dormir davantage et qu'Olly s'arrangeait pour qu'elle ait toujours de quoi refaire le plein d'énergie. Pendant ce temps, Trisha et Elisa parcouraient la table des matières des différents manuels, mettant de côté ceux qui mentionnaient la loi de Golpalott. Subrepticement, Elisa vérifiait aussi les pages des bouquins.
Lorsque, finalement elle tomba sur un exemplaire du Manuel avancé de préparation des potions qui était couvert d'annotations, elle eut l'impression que son cœur lui sautait dans la gorge. Elle jeta un œil à la page de garde, et… Bingo. Là, une fine écriture serrée (qui ressemblait beaucoup à celle qui s'étalait sur la correction des copies de Potions d'Elisa) proclamait que ce livre appartenait aux Prince de Sang-Mêlé.
Elisa ajouta ce bouquin à la pile des manuels utiles. Et, plus tard, tandis qu'Olly disparaissait pour ranger les livres inutilisés et que Trisha se plongeait dans un exemplaire de Potions et puissance, Elisa glissa discrètement le livre du Prince dans son propre sac.
Mission accomplie.
oOoOoOo
Quand elle se découvrait une nouvelle passion, Elisa s'y donnait toujours à fond. Le snowboard ? Elle avait dévalé des pistes jusqu'à épuisement. Le CEM ? Elle avait porté ce projet à bout de bras jusqu'à en faire un club reconnu par l'école. La création et le commerce des MagicoGlisseurs ? Elle s'y était plongée jusqu'à s'écrouler.
Alors quand elle eut le bouquin du Prince de Sang-Mêlé entre les mains, elle passa les deux jours suivants complètement plongée dedans. Elle nota tous les sorts inventés par le Prince, et c'est avec un enthousiasme débordant qu'elle testa le Bloclang (qui collait la langue au palais) sur Warrington après l'avoir croisé dans un couloir. Il y avait également plusieurs sorts dans le livre que l'intrigue canon n'avait pas mentionné. Le sortilège de Percepsio, par exemple : un sort qui permettait d'écouter une conversation malgré un bruit de fond. Le concept rappelait un peu celui des Oreilles à Rallonge que les jumeaux Weasley inventeraient un peu plus tard. Il y avait aussi un autre sort, nommé Sternumas, qui provoquait des crises d'éternuements chez l'adversaire. Un autre, encore, un peu plus complexe, dont l'invocation était Calentarse et qui permettait de réchauffer le corps quand il faisait froid, même si on n'était pas très couvert.
Il y avait aussi un certain nombre de maléfices. Sectumsempra, bien sûr : ça, c'était une invocation qu'Elisa aurait reconnu n'importe où. Mais il y avait aussi un sort dont l'incantation était Perfugis. Et d'après le dictionnaire anglais-latin qu'Elisa gardait toujours dans son coffre, la racine de ce mot voulait dire « empaler »… Ce n'était pas une perspective joyeuse.
Mais bon, il y avait aussi des trucs cool. Deux sorts de soins, par exemple : un qui faisait disparaitre les hématomes et apaisait un peu leur douleur, et un autre qui refermait la plupart des blessures ouvertes par magie noire. Un autre charme permettait d'empêcher la chute de cheveux, ce qui était sans doute très utile quand on était penché au-dessus d'un chaudron.
Et puis, il y avait des sorts qui n'avaient jamais été terminés. Par exemple, dans les dernières pages du livre, le Prince avait apparemment travaillé sur un sort qui faisait trembler la terre comme si le lanceur était l'épicentre d'un séisme. L'incantation était Tremorem Totalus, et pour Elisa (qui adorait les explosions et les déflagrations en tout genre), c'était extrêmement cool. Elle réfléchissait déjà à compléter ce sort. Peut-être même qu'elle pourrait le modifier pour y ajouter des éléments du Sortilège explosif, et créer une déflagration dont elle serait le centre. Ça serait épique.
En deux jours, Elisa avait donc fait le tour des inventions du Prince. Elle émergea du livre avec un sacré manque de sommeil (elle bouquinait presque jusqu'à l'aurore), et un tout nouveau respect pour Rogue. Avoir ce mec comme prof de Potions pour des premières années, c'était un gâchis. Son Doctorat était gaspillé ici ! Il aurait pu changer le monde, inventer des tas de choses ! Mais non, il avait plus de valeur pour Dumbledore comme espion, donc comme prof, et il était coincé ici. C'était vraiment injuste.
Mais bref.
La fascination d'Elisa pour le livre du Prince avait été notée avec une certaine inquiétude par ses camarades, qui se souvenaient encore très bien de son séjour à l'infirmerie suite à sa possession du journal de Jedusor. Mais comme Elisa n'hésitait pas à montrer le bouquin du Prince à quiconque le demandait, et que Cécile avait rapidement jeté quelques sorts qui n'avaient révélé aucune magie dans le livre, la suspicion des Poufsouffle s'était apaisée. Ils avaient constamment gardé l'œil sur elle, cela dit, et Elisa se sentit un peu mal de raviver de mauvais souvenirs.
Elle décida qu'elle ne pouvait pas garder le livre avec elle. Elle avait fini de lire ce qui l'intéressait, de toute façon.
Alors elle recopia tous les sorts du Prince dans un de ses carnets, ainsi qu'un certain nombre de ses conseils sur les Potions. Puis, avec quelques grosses tâches d'encre, elle recouvrit chaque sortilège du manuel du Prince. Depuis le terrible Sectumsempra jusqu'à l'innocent Calentarse, elle fit tout disparaitre. Les seules annotations qui devaient rester étaient celle relatives à la préparation des potions. A la fois parce que c'était plus sûr d'effacer les preuves du génie créatif de Rogue… Et à la fois parce qu'elle voulait garder ce secret pour elle.
– J'ai fini de lire le bouquin de Potions, annonça-t-elle le lendemain au petit-déjeuner. Est-ce que quelqu'un veut le prendre ? Il y a des trucs vraiment intéressants dedans.
Cédric et Trisha eurent l'air incroyablement soulagés. Elisa se sentit à nouveau coupable de les avoir inquiété. Mais tout de même… Ça en valait le coup. Elle avait appris une dizaine de nouveaux sorts, deux ou trois maléfices assez noirs, et les notes du Prince lui avaient donné une bonne base pour créer au moins trois sortilèges différents. Ce livre avait été un vrai filon. Même si Elisa l'avait eu entre les mains moins d'une semaine, elle n'en regrettait pas un seul instant.
– Je crois que je vais prendre ce livre, déclara Cédric d'un ton dégagé en prenant le manuel du Prince. Peut-être que Takashi sera intéressé.
Ou peut-être que Cédric allait mettre le feu au livre à la première occasion. A cette idée, le cœur d'Elisa se serra un peu (ce bouquin était un tel trésor !), mais elle garda fermement son sourire en place. Quoi qu'il se passe, à présent, le plus important était que ses amis soient rassurés. Elle avait pris tout ce dont elle avait besoin du livre du Prince. Pour autant, elle n'avait pas envie qu'il disparaisse…
– Comme tu veux, fit-elle avec une feinte indifférence. Propose-le à Raashid, d'abord. Il y a vraiment de bons conseils sur la préparation de Potions, peut-être que ça l'aiderait.
Raashid Hussain avait les pires notes de leur classe en Potions, et il leva un regard plein d'espoir sur le livre. Cédric hésita quelques secondes, puis lui passa le manuel. Raashid se hâta de l'ouvrir, lisant à toute allure les annotations. Elisa se félicita mentalement. C'était une bonne chose de faite.
Maintenant, tout ce qu'il lui restait à faire, c'était… eh bien, premièrement, écouler le retard qu'elle avait accumulé dans ses devoirs à cause de sa lecture. Et deuxièmement, attendre la suite du déroulement du canon.
Pettigrew s'était fait la malle, mais il n'était pas loin, Elisa en était sûre. Chez Hagrid, si elle ne se trompait pas. Dans ce cas, il n'y avait qu'à attendre qu'il refasse surface. Peut-être qu'Elisa pourrait se balader dans le parc, tout à fait par hasard bien sûr. Elle avait entendu dire que le cours de Soin aux Créatures Magiques des troisièmes années serait bientôt sur les hippogriffes. Sa curiosité serait alors justifiée, non ?
Et si elle se mit à chercher à la bibliothèque des sorts de détection et de localisation, eh bien, ce n'était qu'une coïncidence.
Ça soulevait aussi tout un tas de problèmes épineux. Si elle retrouvait Croûtard, Elisa avait dans l'idée de l'amener à la salle des profs, prétextant chercher Gobe-Planche pour qu'elle lui jette un œil. Et si Lupin tombait sur le rat, la question serait réglée. Mais si Lupin ne reconnaissait pas Pettigrew ? Si Sirius réussissait à capturer et tuer Peter plus tôt que dans le canon, pour une raison ou une autre ? Après tout, Elisa avait suffisamment bousculé le canon pour provoquer de micro-changements sur lesquels elle n'avait aucun contrôle. Pour autant qu'elle sache, il était tout à fait possible que la présence des hippogriffes près de la cabane d'Hagrid (un élément qui n'était pas dans le canon, puisque la leçon sur les hippogriffes aurait dû avoir lieu en septembre et pas en février) ait découragé Pettigrew, et qu'il se cache à un tout autre endroit !
Lorsqu'Elisa essayait de renverser le canon, généralement elle visait un jalon primordial pour modifier la source de tous les problèmes. Par exemple : voler le journal de Jedusor dans le chaudron de Ginny sur le Chemin de Traverse. Ensuite, tout s'enchaînait comme une chute de dominos. C'était simple et efficace. Mais cette année, elle n'avait pas touché aux jalons primordiaux, à savoir : l'évasion de Sirius, l'histoire véritable du Gardien du Secret des Potter, et les capacités d'Animagus des Maraudeurs. Si elle s'était arrangée pour révéler ces éléments, ou pour permettre à d'autres gens de comprendre la vérité… Elle aurait bouleversé toute l'histoire.
Mais elle ne l'avait pas fait. Parce que c'était trop difficile, trop compliqué. Parce qu'elle faisait confiance à Sirius pour se débrouiller. Parce que si elle était trop imprudente, elle pourrait mettre en danger Sirius (si les Détraqueurs se mettaient à traquer sa forme canine, il mourrait, c'était sûr). Ou bien, égoïstement, parce que certains éléments de l'histoire lui bénéficiaient et qu'elle voulait avoir un prof de Défense compétent pour ses BUSES.
Et donc, maintenant, même s'il y avait des modifications mineures, le canon était en marche, et Elisa devait se débrouiller avec ça.
Elle poussa un profond soupir. C'était dur, d'essayer d'être plus futée que le destin.
– Quelque chose te tracasse, Magister ? demanda Cécile Engelhorn qui passait à côté de son canapé.
Elisa se trouvait dans la salle commune des Poufsouffle, vautrée sur un canapé, ses pieds posés sur les genoux de Cédric qui feuilletait la Gazette du week-end. Trisha était à une table un peu plus loin, en train de montrer à plusieurs élèves de première année (parmi lesquels se trouvaient Ambre et Astoria) comment fabriquer une amulette de chance. Zacharias Smith, qui s'était arrogé la table la plus proche pour écrire une lettre à Sally-Anne, répondit sans lever la tête :
– Elle déprime à cause des BUSES.
– Même pas vrai, maugréa Elisa sans entrain.
– Tout le monde dans ta classe déprime à cause des BUSES, contra Zacharias.
Elisa marqua un temps d'arrêt. Il n'avait pas tort.
– Certes, concéda-t-elle. Mais je déprime surtout parce que ma vie est compliquée, que Sirius Black est toujours dehors, et que mes amis hors de l'école ont des soucis de travail.
Elle avait reçu une lettre de Lester. Au total, vingt-six Cracmols feraient leur rentrée à Tourmaline en septembre prochain. Vingt-six personnes ! Une classe entière ! Leurs âges allaient de treize à seize ans, certes, et ils avaient tous eu des éducations très différentes. Il faudrait les diviser en deux classes. Mais le lancement de Tourmaline était assuré.
Il leur manquait juste des profs sorciers. Pour la Défense, la Théorie Magique, l'Astronomie et l'Histoire Sorcière. Un prof pouvait couvrir deux matières, mais ils n'avaient pas un seul candidat.
Quand Tourmaline serait un établissement stable et connu, et qu'ils auraient suffisamment d'élèves, ils pourraient ajouter d'autres matières au cursus. Les arts, l'apprentissage d'une langue étrangère, le Soin aux Créatures Magiques… Mais pour l'instant, ils ne partaient qu'avec un cursus très basique. Un cursus très basique où il leur manquait encore trois enseignants !
– En parlant de tes amis hors du travail ! dit soudain Zacharias en prenant l'air désinvolte. Est-ce qu'il faut s'adresser à ton amie qui gère Bishop & Bowman pour avoir un MagicoGlisseur ?
Décidément, le succès des Glisseurs ne faisait qu'augmenter. Elisa en avait vendu presque douze cette année, et on n'était pas encore à Pâques ! Sans ses elfes, elle n'aurait jamais réussi à tenir les délais.
– C'est à moi, sourit-elle. Pourquoi, tu es intéressé ?
– Oui, avoua Zacharias. J'aimerai bien varier les façons de voler.
– Tu ne comptes pas quitter l'équipe de Quidditch quand même ? s'affola Cédric.
Zacharias n'était qu'en troisième année, mais il était un excellent Poursuiveur. Toute l'équipe l'adorait. Ils étaient bien les seuls, d'ailleurs : depuis que Sally-Anne avait quitté Poudlard, Elisa et les joueurs de Quidditch étaient les seules personnes avec qui Zacharias n'était pas odieux.
– Ne t'en fait pas pour ça, fit le jeune Poufsouffle en roulant des yeux. Je veux juste essayer un Glisseur, c'est tout.
– Hum, fit Elisa en jaugeant la taille et le poids de l'adolescent. Je crois qu'il va te falloir un modèle assez semblable au Skywalker de Malefoy. Peut-être avec un bois différent, cela dit. Tu veux un truc puissant ou acrobatique ?
– Acrobatique.
– Parfait. Dans quinze jours, j'aurais une planche à te faire essayer, alors.
Zacharias la remercia, l'air enchanté, puis se remit à l'écriture de sa lettre. Cécile Engelhorn, qui avait suivi la conversation, s'accouda au dossier du canapé pour poser un regard soupçonneux sur Elisa.
– Avec tout ce que tu vends, tu dois être riche.
La jeune fille pondéra sa réponse deux secondes, puis haussa les épaules. Effectivement. Même si les deux tiers de tous ses gains étaient allés remplir le coffre de Tourmaline à Gringotts (pour acheter le bâtiment, le rénover, acheter des fournitures, engager des profs…), elle avait quand même un pactole confortable.
– Je me débrouille.
Cécile se pencha encore en avant, les yeux brillants :
– Et dis-moi, t'as besoin d'une employée ?
Elisa marqua un temps d'arrêt. Puis elle plissa les yeux, songeuse :
– Pourquoi, tu n'as pas de plan de carrière ?
– Si, soupira dramatiquement Cécile. Je veux parcourir le monde en buvant de l'alcool et en séduisant les hommes et les femmes sur mon passage. Hélas, j'ai pas un rond, et voyager c'est cool uniquement si tu ne dors pas dans les caniveaux. Du coup, il me faut un métier !
Cédric s'étrangla discrètement derrière son journal, tandis que Zacharias fixait la Préfète avec des yeux ronds. Elisa, qui était de longue date habituée aux excentricités de Cécile, se contenta de réfléchir deux minutes. Est-ce que la solution aux problèmes de Tourmaline venait de lui être servie sur un plateau d'argent ?
– Ça dépend, finit-elle par dire. Qu'est-ce que tu penses des Cracmols ?
Cécile haussa les sourcils, clairement prise au dépourvu :
– Ils sont… Gentils ? Je n'en sais rien, je n'en ai jamais rencontré. Ils sont comme des Moldus, j'imagine. Normaux.
Elisa fronça le nez, mais décida de se contenter de cette réponse. Les parents de Cécile étaient des Moldus, alors elle doutait fortement que la Préfète ait des préjugés sur eux. Au lieu de ça, elle pointa sa baguette sur son sac de cours, qui traînait au pied du canapé :
– Accio article de la Gazette de janvier.
Elle avait découpé la petite annonce de Tourmaline dans une des éditions de la Gazette et l'avait gardé au fond de son sac. La boule de papier lui sauta dans la main, et Elisa la défroissa d'un sort avant de la tendre à Cécile. Celle-ci, curieuse, parcouru rapidement l'article.
– Je ne sais pas quel est le salaire, se justifia Elisa. Probablement pas très élevé. Mais comme c'est une école, tu auras de longs congés.
Cécile leva un regard incrédule sur Elisa :
– Tu as fondé une école ?!
– J'ai investi dedans, contra Elisa (ce qui était vrai, même si elle l'avait aussi fondé). La directrice est la cousine de Lester Hopkrik, c'est comme ça qu'on se connait.
– Une école de Cracmols ? vérifia Cédric. Je ne savais pas que tu avais de la famille Cracmol…
– Je n'en ai pas. Mais les Cracmols ont autant le droit que nous à une éducation, et c'est injuste qu'ils soient abandonnés dans le monde moldu ou enfermés par leurs parents parce qu'ils ne savent pas quoi faire d'eux.
Cécile relut l'annonce, l'air songeuse. Elisa réalisa soudain qu'elle ne savait pas quelle matière intéresserait la Préfète. Dans son souvenir, Cécile était douée en Défense… Mais Tourmaline proposerait un enseignement purement théorique. Pas de sort, de maléfices ou de duel. A vrai dire, les cours ressembleraient à ceux de Quirrell, ou à ceux que Lupin avaient fait au début de l'année : ils se concentreraient sur les créatures magiques ou les lieux maudits, et comment s'en protéger.
Et Elisa était quasiment sûre que Cécile détestait les bestioles magiques comme les Strangulots ou les Pitiponks. Ce qui était tout à fait compréhensible, d'ailleurs : ces créatures étaient dégueulasses.
– Astronomie, finit par dire Cécile. Non, attends, l'annonce dit qu'on peut enseigner deux matières ? Alors Astronomie et Histoire Sorcière, ça serait pas mal. J'utiliserai ma classe comme cobaye pour faire un programme qui n'assomme pas les élèves, j'écrirais un bouquin qui remplacera Binns, et je deviendrai riche. Bon plan, non ?
– Je ne t'imagine pas enseigner une matière aussi monotone que l'Histoire, fit Cédric avec tout le tact possible.
Cécile le regarda comme s'il était idiot :
– Les cours d'Histoire sont monotones parce qu'ils sont racontés par Binns. Si moi je faisais des cours d'Histoire, je ferais des effets spéciaux son et lumière, et tous les élèves qui feraient des blagues salaces dans leurs devoirs auraient des points bonus. Comment on pourrait faire moins monotone ?
Elisa se frappa le front d'un air consterné (et faillit se mettre son crayon dans l'œil dans une extraordinaire démonstration de maladresse). Cécile agita joyeusement l'annonce :
– Je vais écrire de ce pas à Tourmaline. Merci du tuyau, Elisa !
Elle s'éloigna d'un pas étonnamment léger pour quelqu'un de sa corpulence, et disparut en direction de son dortoir. Elisa la regarda s'éloigner avec un mélange d'incrédulité et d'amusement. Au moins, si Cécile était engagée par Tourmaline, on pouvait être sûr que les cours n'y seraient pas ennuyeux.
Cette situation était presque une métaphore de sa vie, songea la jeune fille en regardant le plafond de sa salle commune. Elle se mettait dans des situations improbables, elle se rongeait les sangs… Et la solution à ses problèmes était souvent sous son nez. Par exemple, l'année dernière… Elle aurait dû dire aux profs où se trouvait l'entrée de la Chambre dès que la première victime avait été Pétrifiée. Au lieu de ça, elle s'était laissée paralysée par sa peur, et s'était lâchement dit que semer quelques indices serait largement suffisant.
Peut-être que c'était ça qui empêchait Lupin d'avouer à Dumbledore que Sirius était un Animagus, réalisa-t-elle d'un coup. Il était embourbé dans ce mensonge et n'arrivait plus à en sortir. Elisa devrait dire à Trisha d'être moins brusque avec ce pauvre Lupin…
Malheureusement, elle n'en eut pas la chance. Deux jours plus tard, Sirius Black attaquait la tour des Gryffondor.
Et à partir de là, tout le monde eut d'autres préoccupations.
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Voilàààà ! Encore des révélations pour Elisa. Il y aura encore un peu d'introspection de sa part dans le chap' prochain, rassurez-vous x) Sinon, donnez-moi vos avis sur la réaction de Trisha, sur ce que vous pensez des Maraudeurs, sur ce que vous pensez du geste d'Elisa d'effacer les inventions de Rogue...
Et n'oubliez pas de voter !
- Helen Dawlish
- Loretta Cornhill
- Hazel Kirby
- Patricia Stimpson
- Marcus Fenwick
- Arjuna Balaji
- Scott Ancrum
- Jeremy Stretton
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