Hello tout le monde ! Désolée du retard (pour ceux d'entre vous qui attendait le chapitre jeudi/vendredi/samedi) mais la fin de semaine est trop chargée pour moi. Je vais donc désormais poster le lundi !
J'ai fait un rêve super cette nuit. Je devais être partiellement consciente, parce que j'avais une certaine mesure de contrôle dessus... Bref. J'étais Elisa. J'avais un dragon. Et je décidais de conquérir Westeros, l'univers de Game Of Thrones. Du coup, à la bataille du Trident, je butait avec mon dragon les deux prétendants au trône (Rhaegar et Robert), puis je volais jusqu'à Port-Réal où je sauvais la princesse Elia et sa fille (son fils est passé à la trappe, bizarrement). Je suis toujours le preux chevalier dans mes rêves. Bref, ensuite Tywin devenait Main de la Reine, une décision qui me laisse à penser que mon moi-conquérant a zéro scrupules vu que Tywin venait quand même de mettre à sac la ville. Et pour une obscure raison Jaime Lanister finissait à Dorne à flirter avec Oberyn. Bref. C'était confus, mais la toute-puissance, j'aime.
Mais bref.
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Voici les réponses aux reviews !
Yo Aomine ! Je ne lis pas One Piece, désolée x) Pour ce qui est des Maraudeurs, on sait que James aimait lancer des sorts aux gens pour s'amuser, et à partir de là il n'ets pas difficile d'établir un portrait. Il ne décidait pas consciemment de ne s'attaquer qu'aux plus faibles, mais il faut bien admettre que c'est plus pratique et plus facile... Et que pour eux, ce n'est qu'un jeu. Ils ont tout pris à la rigolade, se croyant invincibles...
Oui IceQueen38 , Elisa va ruminer ça encore un moment xD Les Maraudeurs ont été décrits en se basant sur Drago Malefoy, sur les éléments du canon qu'on sait d'eux... Et sur ce que je sais de "l'effet de meute" qui entraîne souvent les ados arrogants dans une spirale d'agressivité pour établir leur dominance. Yep, les hommes sont primitifs parfois x) En grandissant, ils auraient pu changer : mais ils n'en ont pas eu la chance...
Hello Lune Pourpre ! Hey, je connais cette fanfic... C'est dur de trouver des SI sympa dans ce fandom. Surtout en français x) Mais bref, je suis contente qu'Elisa te plaise x)
Salut Gilgalad Swiftblade ! My God, j'ai posté le chap' vendredi matin, et là je rédige cette réponse à midi... C'était rapide x) Oui, Elisa a un comportement assez typique : elle se complique la vie inutilement, elle cherche des tours et des détours au lieu d'aller droit au but... Ah ah, les inventions de Rogue ! Globalement tous les reviewers pensent que c'était une bonne idé de les effacer. Pourtant c'est quand même un geste assez égoïste de sa part. Ele aurait pu se contenter d'effacer les trucs dangereux... Mais voilà, elle est plutôt dans l'absolu : c'ets tout ou rien ! Pour l'elfe de maison à la recherche de Pettigrew... Ca va être tenté, t'inquiète xD
Filk ! Ca faisait un bail que je t'avais pas vu =) Y a pas grand monde qui a remarqué le passage avec Malefoy, et pourtant, tu as vu tout de suite le bon détail : Drago s'est fait rabroué et s'est laissé faire. Il y a une modification des rapports de force... J'aime beaucoup ta théorie sur la Salle sur Demande. Je ne sais pas si je vais la réutiliser, mais je vais y penser x) Pour Trisha, oui, son indignation vient en partie du fait qu'elle s'est affirmée. Mais il ne faut pas oublier que Trisha a été élevée par des sorciers sur le Chemin de Traverse, un lieu où les commérages vont bon train et où les parents mettent en garde leurs enfants contre les créatures (et les loups-garous) comme si c'était le Croquemitaine, vu que l'Allé e des Embrumes est proche, et regorge de dangers. Donc Trisha (et en fait, toute sa famille) a des préjugés racistes. Comme Ron. Comme beaucoup de sorciers. Elle est juste plus virulente parce que 1) Elisa lui a caché la vérité sur Lupin, 2) parce qu'elle prend à coeur la sécurité des élèves et 3) parce qu'elle ne fait pas confiance à Dumbledore. Voilà voilà. Bref, je suis contente que tu ai aimé ! Et les divergences au canon vont se multiplier...
Fan des Maraudeurs, Charliflex ?! Ca se fait rare ! Je rigole x) Pour leurs blagues, j'imagine que les trucs "drôles" (comme peindre toute une aile du château en rouge et or, ou mettre du rock à fond dans la Grande Salle) n'ont pas été racontés par la lettre de Willis Crawford. T'inquiète, je sais que les Maraudeurs étaient aussi des clowns et que McGonagall les aimait bien x) Mais... On sait que James et Sirius ont méprisé Rogue dès le début. On sait aussi qu'ils étaient parfois violents (la "blague" du Saule Cogneur, le "Pire Souvenir de Rogue" qui nous montre quand même une agression sexuelle devant un public qui se contente de rire...), et que leurs victimes qui sont nommées dans le canon ne sont pas de riches Sang-Purs. Tout permet d'établir qu'ils n'avaient pas de concept de limites. Ils ne voyaient pas le mal à ce qu'ils faisaient, c'était drôle, c'était un jeu... Et donc, ils n'allaient pas se mettre dans les ennuis en s'en prenant aux gens dangereux. Non, renverser un seau de purin sur un élève isolé, c'est plus consistant avec leur mentalité. Et les gens de ce type s'en prennent rarement au puissant. De façon naturelle, ce sont toujours les parias qui sont ciblés. Et chez les Serpentard, bah les parias sont les pauvres et les Sang-Mêlés, c'est logique. Mais j'imagine que vers la fin de leur scolarité, quand leur justification est devenue le fait qu'ils avaient une noble cause (au lieu d'être simplement le fait que ça soit drôle), ils se sont sans doute retourné contre les Puristes qui insultaient leur Maison, leur directeur ou simplement les Nés-Moldus. Mulciber fait partie de leurs victimes, c'est dans le chapitre x)
Coucou Niakovic ! Alors, dans l'ordre : nope, NOPE, Elisa ne va SURTOUT PAS faire allusion à l'enfance de Rogue, holy shit, jamais de la vie ! Tu imagine ce que ferai Rogue si quelqu'un osait lui dire "oh, je compatis, tu étais vraiment une victime ?" Il arracherai la gorge de l'imbécile. Rogue déteste son passé, déteste qu'on lui rappelle, souffre de stress post-traumatique assez violent, et a besoin que son passé reste enterré pour garantir sa couverture d'espion. Ce serai une super-mauvaise idée de mettre ça sur le tapis... Et en plus, Elisa a peur de Rogue, alors ça règle la question x) Sinon, pour le livre : Rogue ne l'a jamais cherché dans le canon, je ne pense pas que ça a une raison de changer. Et Elisa et la romance... Nope. J'imagine Elisa AroAce, comme moi x)
Yo Mayoune ! Oui, pas de risques que le Sectumsempra tombe entre de mauvaise mains... mis à part celles d'Elisa. Pour ce qui est de Sirius, par contre, ce n'est pas la fin de l'histoire. Mais oui, Elisa va regretter de s'être embarqué là-dedans !
Elisa n'avait pas oublié les blagues des Maraudeurs, Melu49 ! Même si elle ne se rappelait plus des détails, elle avait assez de souvenirs de ses lectures des livres pour savoir qu'ils allaient parfois très loin, et que Sirius était un gamin cruel. Mais c'était des connaissances vagues, sans preuves, des trucs qu'elle ne pouvait pas argumenter ou même partager. La lettre de Willis Crawford ne lui apprend rien : mais ça remet en relief tout ce qu'elle savait des Maraudeurs... Et ça l'oblige à y penser, au lieu de reléguer ça dans un coin de sa tête.
Salut Maman bouba ! Yep, ce témoignage est biaisé contre les Maraudeurs, si Elisa avait demandé à McGonagall de lui parler d'eux, elle aurait eu droit à un récit très différent ! Pour ce qui est de Lupin : j'ai terminé d'écrire un OS de 25 pages sur lui, sa loyauté aux Maraudeurs, et sa vie dans la saga EB x) Le souci c'est que comme ça couvre une partie du tome 4, je ne pourrais poster cet OS qu'après avoir publié le tome 4... Patience !
Ah, Lamésis, le viol n'est pas forcément violent, c'est une histoire de consentement. Est-ce que les partenaires de Lockhart auraient consenties à la même chose, sachant qu'après-coup leur mémoire serait effacée, et que ça modifierait (évidemment) leur comportement parce qu'il leur manque un souvenir essentiel ? Probablement pas. Imagine un peu l'angoisse si tu te réveille un jour avec un tas de suçons, des sous-vêtements manquants, et AUCUN SOUVENIR de ce qui s'est passé ! Bref, voilà pourquoi je considère que ça tiens du viol, même si à aucun moment il n'y a eu de violence physique.
Yep DreamerInTheSky, Sirius avait déjà un dangereux potentiel AVANT d'être mentalement détruit par la mort de Jams et par ses années à Azkaban. Il est pas stable, et limite flippant : mais il adore Harry, il ne lui ferait jamais (consciemment) du mal. J'en ai bien conscience. Je pense que tu vas aimer la direction que va prendre le tome 3, du coup x) Et oui, Harry ne va pas chercher à parler à Lupin du tout x)
En fait Streema, j'ai adoré les Maraudeurs... jusqu'à ce que je lise l'histoire de la "blague" de la Cabane Hurlante. Ca m'a mis super mal à l'aise, et après j'étais plus méfiante. Il n'empêche que j'ai trouvé Sirius super-cool jusqu'à ce que je lise "le Pire Souvenir de Rogue", dans le tome 5. A partir de là c'était fini, j'étais furieuse contre eux. Surtout que dans les tomes suivant, tout ça passe à la trappe, Harry blâme Rogue parce qu'il déteste Sirius (?! A la place de Rogue j'aurais buté Sirius moi-même ?! De quoi se plaint Harry ?), et les Maraudeurs sont considérés comme de braves petits héros. Mais bref. Pour ce qui est de Lupin, oui, la réaction de Trisha est un peu (beaucoup) influencée par le racisme anti-loup-garou. Mais le silence de Lupin au sujet de Sirius est un peu plus grave que le silence d'Elisa au sujet de la Chambre. Elle donnait des pistes, elle essayait de faire découvrir la vérité sans être compromise. Lupin, lui, cache la vérité : non pas pour protéger un terrible secret (comme Elisa qui cachait sa connaissance du futur), mais pour que Dumbledore n'apprenne pas qu'il a brisé les règles l'école quinze ans plus tôt ! C'est complètement irrationnel, et dangereux. Elisa peut comprendre ce qui le pousse à faire ça, parce qu'elle aussi elle connait ce type de peur et de honte qui nait du mensonge. Mais Lupin va BEAUCOUP plus loin qu'elle. Enfin, d'un autre côté, il a tellement une vie pourrie qu'il est vraiment dans l'impasse, lui. Quel autre option a-t-il ? L'estime de Dumbledore, c'est tout ce qui lui reste...
Ah ah BlancheEner, tu vas hurler en lisant ce chapitre xDDD Pour ce qui est de Dobby : Narcissa a littéralement plumé Lucius lors du divorce, donc elle a récupéré quasiment tous les elfes, y compris Dobby. Lucius n'a plus qu'un seul elfe de maison chez lui, et c'ets le plus vieux et moche de la bande. Voilà voilà. Oui, j'ai plus oui moins retrouvé mon calme vis-à-vis de mon futur, même si je ne suis pas complètement fixée sur une seule voie =) Et j'ai 23 ans donc le cervice civique est toujours possible x)
Yo Hiyoru ! Aaaaah, c'était donc toi XD Oui, voilà, c'était le raisonnement d'Elisa : si le livre est couvert de tâches, les gens diront juste qu'il est sale, tandis que s'il y a des tâches et des sorts... Il n'est pas exclu que quelqu'un cherche à voir les sorts qui ont été effacés. Et puis, de toute façon, Elisa a un complexe Pygmalion, elle veut toujours apprendre aux autres ce qu'elle sait : alors les sorts su Prince vont être transmis, pas de souci x)
Salut Millon ! Eh oui, ça bouge x) Dans ce tome-ci, y a pas Voldemort, et Elisa en profite pour faire avancer ses projets. Quant à Drago... Bah oui, il change. Petit à petit, il se remet de ce qui lui est arrivé : mais son monde confortable a été brisé en mille morceaux, et évidemment, ça l'oblige à reconsidérer ses priorités... Quant à la Carte du Maraudeur : t'inquiète, ça va venir ! x)
Hello DameAureline ! Je n'ai pas prévu qu'Harry aille à Godric's Hollow dans le tome 3 ni dans le tome 4, il va être trop pris par les événements. En revanche, c'est prévu dans le tome 5... Du moins, j'espère pouvoir mettre ça dans l'intrigue. Pour ce qui est de la Carte du Maraudeur, en revanche : non, ce sont bien toujours les jumeaux qui l'ont. Ils l'ont volée à Rusard, mais depuis, elle n'a pas quitté leur possession... pour l'instant. Quant aux elfes de maison : je n'y avait pas pensé, mais c'est une bonne idée. Eux aussi devraient pouvoir enseigner leur histoire et leurs coutumes aux sorciers...
Yo, AndouilleEtSushi ! Désolée pour Lupin, mais je ne voyais pas Trisha encaisser ça sans réagir. Si elle avait eu Sirius ou James sous la main, c'est sur eux qu'elle aurait reporté sa colère, mais là, elle n'a que Lupin... Et en plus, Trisha est raciste envers les loups-garous, comme bon nombre de sorciers. Alors voilà. Pour ce qui est des Maraudeurs : est-ce qu'on sait vraiment qu'ils sont devenus des gens biens ? James est mort vraiment très jeune, et ensuite, les gens ont eut quinze ans pour ressasser à quel point il était bon/brave/talentueux/populaire. Il y a ce truc qui s'appelle la mémoire sélective, et si tu combine ça au fait que les gens n'aiment pas dire du mal des morts... L'image des Maraudeurs est sans doute assez différente de ce que les Maraudeurs ont réellement étés.
Coucou Debralovelove ! Après ce chapitre, il en restera 6, y compris l'épilogue. Pour Peter Pettigrew : c'est impossible qu'il soit en partie Cracmol ! Déjà parce qu'on ne peut pas être en partie Cracmol, on l'est ou on ne l'est pas : et ensuite parce que, dans le canon, Pettigrew est un sorcier doué. Timide, discret, maladroit, mais doué. Il redonne un corps avorton à Voldemort, puis il lui redonne un corps complet (ce qui nécessite de préparer une potion apparemment très noire), il est devenu Animagus à quinze ans (ce qui n'est pas rien), il a participé à la création de la Carte des Maraudeurs, il a été recruté par Voldemort avant d'avoir vingt ans (et littéralement recruté, pas comme simple indic, mais bien comme Mangemort !). Ne sous-estime pas Pettigrew... Son personnale moral est déplorable, mais ce n'est pas une loque en matière de magie. Bref. Sinon, OUI, tu as remarqué les deux indices différents qui indiquent qu'Elisa a des poussées de plus en plus violentes ! Bravo !
Oui Zarbi, Willis Crawford était un peu dans la même position que Rogue : peu populaire chez les Serpentard, et victime des Maraudeurs. Donc le portrait qu'il fait d'eux est assez semblables à celui que Rogue ferait... à quelques détails près. Crawford était une victime occasionnelle, pas leur souffre-douleur. Du coup, son récit à un ton un peu geignard, et il raconte aussi ce que les Marauduers faisaient à d'autres gens, pour étaler à quel point ils étaient horribles (parce que son témoignage perso ne suffirait pas). Si c'était Rogue qui racontait... Euh... Déjà, je le vois mal raconter ça, parce qu'il a été très traumatisé. Dans le canon, lorsqu'il trouve Harry dans sa Pensine en train de regarder la fameuse scène au bord du lac, ça le bouleverse tellement (dans le sens de la colère autant que du désespoir) qu'il en perd le contrôle de sa magie et des bocaux explosent ! Nope, Rogue ne parlerait jamais de ce qui lui est arrivé. Mais s'il le faisait, je pense qu'il raconterait des trucs vraiment plus glauques, les trucs que les Maraudeurs faisaient sans témoins (la "blague" du Saule Cogneur, le coup de Mulciber enfermé avec un Epouvantard, etc.). Et je pense qu'il insisterait aussi beaucoup sur le fait que les profs semblaient les adorer. Cette injustice a vraiment traumatisé Rogue.
Hello Jakcjack =D Contente que ça te plaise ! J'adore explorer les différentes facettes du monde sorcier, et du coup je fais du "world-building" à un niveau parfois assez complexe ! Bref =) Pour l'instant, "Renouveau" est en hiatus pour une durée... indéterminée x) J'espère encore retrouver l'inspi. Sinon, non, je n'ai pas Twitter, mais je suis sur Facebook (tu peux rejoindre le groupe de la Salle sur Demande), et on a aussi un serveur Discord !
Yo Imthebest ! Ah ah, oui, les gens tendent trop à délaisser Pettigrew. Il était l'un des Maraudeurs pourtant, il faisait autant partie du groupe que James, Sirius, ou Remus. Peut-être même plus que Remus même, puisque Remus n'a pas pu participer à la transformation en Animagus (un travail aussi intense, je suis sûre que ça a resserré les liens entre eux). Et puis, c'est Remus que James et Sirius ont soupçonné, c'est Remus qu'ils ont mis à l'écart. Pas Pettigrew. Il faisait partie du groupe, ça devait bien être pour quelque chose. Il n'était pas charismatique, doué au Quidditch ou en duel, mais... Il a accompli des trucs incroyables dans le canon (comme ramener Voldemort à la vie, youhou, c'est quand même ENORME). Il devrait être considéré plus sérieusement...
Bienvenue dans cet univers Leaulau ! Je suis ravie que le caractère d'Elisa te plaise, parfois c'est assez délicat de jongler entre certaines facettes de sa personnalités, et ce que je veux écrire x) Bref, j'espère que tu vas continuer à accrocher ! Et pour la lettre... Uh uh. C'est un spoiler ! Mais t'inquiète, ça ne va pas manquer de piquant !
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Oulà, ce chapitre a eu du succès ! J'espère que le chapitre actuel va vous plaire autant, il est... assez particulier.
Mais bref. Le personnage du jour est... Helen Dawlish !
Helen Octavia Dawlish est grande, charismatique et souriante, énergique et toujours en mouvement. Elle a les cheveux blond vénitien tirant vers le roux, des yeux bleu ciel, et un perpétuel sourire en coin. Belle, talentueuse et populaire, elle est la meneuse des Serdaigle.
Son père, William Dawlish, est un Auror. Fils cadet d'une famille très stricte avec qui il a perdu contact durant la guerre (ses parents sont morts et sa fratrie est allée refaire sa vie en Australie), William est du genre grave et silencieux. C'est quelqu'un de solennel qui n'a pas beaucoup d'humour, mais qui est particulièrement loyal et déterminé. Il est très respecté dans son Département, même si ses réflexes ont commencé à s'user et qu'il songe à la retraite (il a près de soixante ans). Il est en effet l'un des rares vétérans à avoir survécu à la dernière guerre contre Voldemort.
La mère d'Helen est une ex-championne de duel, Octavia Dawlish (née Prewett, et cousine germaine de Molly Weasley). Octavia s'est brouillée avec sa famille alors qu'elle n'avait que quinze ans, abandonnant ses études pour s'enfuir en Italie avec sa petite-amie Lorna (une Née-Moldue) : les deux filles étaient des prodiges en Défense, et voulaient devenir Briseuses de Sorts dans un pays plus chaud et exotique. L'apprentissage étant cher, elles ont gagné leur vie en participant à des tournois du duel où les paris allaient bon train. Octavia a vite arrêté l'apprentissage de Briseuse de Sorts pour se consacrer à l'arène, sa passion, où elle amassait de plus en plus de gloire. Elle a gagné des titres de championnes dans différentes villes d'Italie, pus a participé à des compétitions nationales, puis internationales. Elle et Lorna se sont quittés, mais Octavia a continué à vivre de duel et de gloire. Elle a rencontré William Dawlish lorsque celui-ci faisait partie d'une délégation demandant le soutien de tout ressortissant anglais prêt à combattre Voldemort. Elle l'a suivi et s'est joint au combat.
La guerre ne lui a cependant pas réussi, car un maléfice la blessa gravement à peine six mois plus tard. Par la suite, Octavia dût rester en arrière et se rendre utile autrement. Elle se lia d'amitié jeune femme nommée Flavia Flatbury (la mère de Rhonda), qui lui a appris le Vaudou. Elle épousa William Dawlish et ils eurent une fille. Flavia fut nommée marraine de la petite Helen (et Octavia devint, en retour, la marraine de la petite Rhonda Flatbury qui naquit quelques jours plus tard).
La famille Dawlish n'était pas vraiment heureuse… mais ils s'en sortaient bien, dans le chaos de la guerre.
Cependant, lorsque Voldemort disparut, que William retourna à son travail banal en temps de paix, et qu'Octavia se retrouva désœuvrée… Ils n'étaient pas faits pour vivre ainsi, dans ce genre d'ennui. Octavia et William ne divorcèrent pas, mais Octavia quitta l'Angleterre à la recherche d'un remède pour ses os. Elle se mit aussi à parrainer et entraîner divers champions lors des compétitions de duels ayant lieu autour du monde. Elle garde contact avec sa fille et son époux, mais c'est une relation distante, et plus amicale que familiale.
Helen est donc essentiellement élevée par son père, même si elle a une sorte d'adoration pour sa mère, née de la distance et du désir de se rapprocher d'elle. Cela dit, Helen n'est pas malheureuse, même si ses parents sont distants…
Helen est quelqu'un d'enflammé, de charismatique, toujours remplie d'énergie. On la compare à un tourbillon d'enthousiasme doté d'un caractère volcanique. Plutôt bonne élève, et particulièrement douée en Défense, Helen est aimée par les profs. Elle est aussi adorée par ses pairs, parce qu'elle est jolie, parce qu'elle est autoritaire et riche et drôle, bref, tout simplement parce qu'elle a les bons atouts pour être quelqu'un de populaire. Elle adore le duel, passionné par ce sport presque jusqu'à l'obsession, mais elle est également très féminine, et un brin coquette.
Helen est la meneuse officieuse de sa Maison, ce qui est un bien grand mot car les Serdaigle sont la Maison la moins unie de Poudlard. Cela dit, dans leur salle commune, l'autorité d'Helen est respectée et quand elle hausse la voix, tout le monde l'écoute.
Pourtant, Helen ne désire pas être une meneuse. A vrai dire, elle ne s'est pas rendue compte tout de suite qu'elle en était devenue une ! Le fait qu'elle soit si populaire, si respectée, c'est un accident : ce n'est qu'une conséquence inattendue de ce qu'elle fait. Et ce qu'elle fait, c'est se consacrer au duel, mettre au tapis tout adversaire qui ose l'affronter, partager avec exubérance son savoir (parce qu'elle trouve qu'il n'y a rien de plus cool que les sorts de combats, alors bien sûr qu'elle veut les partager !), et être éternellement optimiste. Les gens la trouvent joyeuse, et drôle, et ils s'attachent à ses pas. C'est quelque chose qui rend Helen complètement perplexe…
Car Helen n'est pas douée avec les gens, pas du tout. Elle n'a aucun tact, elle poursuit sa gloire et ses projets personnels sans vraiment penser aux autres, et elle n'envisage jamais que des gens puissent être blessés par ses propos, humiliés par les défaites qu'elle leur inflige, ou juste vexés par le désintérêt qu'elle a pour eux.
Ce côté brutal et indélicat de sa personnalité, allié à son obstination, aurait pu faire d'elle une parfaite Gryffondor. Mais ce n'est pas la soif de gloire qui motive Helen : c'est la soif de connaissance, la soif d'expérience, la soif de savoir… au sujet du duel. Et même si c'est un art généralement associés aux preux Gryffondor, c'est tout de même un art, et quiconque veut dévouer sa vie à apprendre est destiné à Serdaigle. C'est ainsi que le Choixpeau a placé Helen chez les bleus et bronze.
La meilleure amie d'Helen, Rhonda Flatbury, est une Poufsouffle. Cela dit, Helen a des amis dans toutes les Maisons… Il y a Takashi Noda, l'autre leader des Serdaigle, qu'elle considère comme sous sa protection parce qu'il est nul en duel. Il y a Elisabeth Bishop, qui est un peu étrange mais qui a un bon fond et qui la soutient dans ses projets de club de duel (même si leurs relations se sont pas mal tendu après qu'Elisa lui ait volé la vedette dans le Challenge). Il y a Terence Higgs, très bon duelliste, qu'elle considère comme son grand rival. Et il y a Fred et George Weasley, dont elle admire secrètement les blagues. Bref, Helen est bien entourée.
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Voilà voilà x) J'espère que vous êtes contents d'en savoir plus sur Helen !
Pour la semaine prochaine, je vous propose de choisir parmi les élèves de première année qui ont été mentionnés ou qui le seront plus tard (vu qu'ils n'ont pas encore été très détaillés dans ce tome, ça sera une bonne piqûre de rappel x) ). Voici la liste !
- Astoria Greengrass (répartie à Poufsouffle, Elisa l'a sauvé d'un Détraqueur dans le train)
- Ambre Kwebena (répartie à Poufsouffle, Née-Moldue métisse, fille d'une Cracmol)
- Benji Nkomo (réparti à Poufsouffle, Sang-Pur marocain)
- Melody Faucett (répartie à Gryffondor, Sang-Pure, vient du même village qu'Elisa)
- Octave Faucett (réparti à Serpentard, jumeau de Melody)
- Romilda Vane (répartie à Gryffondor, Sang-Mêlée, membre du CEM)
- Amélia Selwyn (répartie à Serdaigle, Sang-Pure, a commandé à Elisa un MagicoGlisseur, amie d'enfance d'Astoria)
- Devmani Balaji (réparti à Serdaigle, Sang-Pur, petit frère du Préfet des Serdaigle)
- Sarah Carter (répartie à Serpentard, Sang-Pure, vient d'une famille essentiellement Serdaigle)
- Matthew Debbs (réparti à Serpentard, Sang-Pur, emprunte souvent des bouquins au trafic de livres d'Elisa)
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Plusieurs de ces personnages ont été créés par des membres de la Salle sur Demande x) Ils se reconnaîtront !
Je ne vous fait pas attendre plus longtemps... Voilà le chapitre tant attendu ! Au programme : instabilité émotionnelle, crise de rage, regrets, introspection et bonbons au citrons. Tadam !
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Une retenue avec Dumbledore
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Les Poufsouffle n'apprirent l'attaque que le lendemain matin. Ron racontait à qui voulait l'entendre que Sirius Black avait déchiré les rideaux de son lit à baldaquin avec un couteau avant de s'enfuir. Il était entré dans leur salle commune grâce à la liste des mots de passe perdue par Neville, et McGonagall était absolument furieuse contre le jeune Londubat.
Honnêtement, Elisa n'accordait pas grande importance à l'intrusion de Sirius. Elle savait qu'il était à la recherche de Pettigrew, et qu'en l'absence du rat, il n'allait pas chercher à blesser quiconque. Non, ce qui choqua vraiment Elisa dans cet évènement, ce fut la punition que McGonagall infligea à Neville. Elle l'apprit complètement par hasard, tandis que la classe des Poufsouffle et des Gryffondor de cinquième année se rendait en cours de Métamorphose. L'un des jumeaux était en train de raconter pour la énième fois l'incident, lorsqu'il lança sans y penser :
– Et faites gaffe, McGonagall est toujours furax. Elle a puni Neville, mais à mon avis, la première personne qui moufte va s'en prendre plein la figure.
– Elle lui a collé une retenue avec Rogue ? tenta de deviner Heidi Macavoy.
Les retenues avec Rogue étaient parmi les pires du château. Mais Fred (ou George) secoua la tête avec désinvolture :
– Oh, non. Elle a interdit à quiconque de lui donner le mot de passe, et Neville est obligé de dormir dehors, sauf si quelqu'un se sent assez courageux pour lui filer le mot de passe en douce.
Elisa pila net.
– Pardon ?!
Derrière elle, elle entendit Cédric murmurer « oh, Merlin », mais n'y prêta pas attention. Elle n'en croyait pas ses oreilles. McGonagall privait un élève de salle commune alors que Sirius Black s'était introduit dans le château moins de douze heures plus tôt ?! C'était un degré d'irresponsabilité qu'elle aurait attendu d'Hagrid, pas de la sous-directrice !
Elle avait complètement oublié cet élément du canon, et elle était absolument outrée. La dernière fois où elle avait été aussi furieuse, ça avait été quand Dumbledore avait envoyé les Serpentard dans les cachots où se trouvaient le troll.
– Il y a un psychopathe dans la nature et elle fait dormir un élève dehors ?! s'indigna-t-elle d'une voix forte qui résonna dans le couloir. Mais qu'est-ce qui cloche chez elle ?!
Tous les élèves dans le corridor se tournèrent vers elle. Les Serdaigle et les Serpentard de deuxième année, qui quittaient justement la classe de Métamorphose, marquèrent un temps d'arrêt. Il y eut un grand silence dans le couloir. Elisa s'en rendit à peine compte. D'un seul coup, elle était si furieuse que ses poings en tremblaient : mais surtout, elle se sentait soudain trahie.
Mais bordel, qu'est-ce qui clochait à Poudlard ?! Est-ce que les profs étaient tous si incompétents ?! Comment est-ce qu'ils pouvaient perdre de vue que leur job était de protéger les élèves ? C'était leur rôle ! C'était pour ça qu'ils étaient là ! Mais non, il était plus important de faire régner la discipline. On s'en fichait qu'ils meurent, tant qu'ils se tiennent à carreau. Oh, pas étonnant qu'Ombrage se soit tellement plu à Poudlard. S'il n'y avait pas eu son opposition à Dumbledore, elle se serait parfaitement fondue dans le moule !
– Y a-t-il un problème, Miss Bishop ? fit froidement McGonagall sur le seuil de la pièce.
Le silence dans le couloir sembla s'intensifier. Elisa se tassa un peu sur elle-même en réalisant que tout le monde la regardait, sa vieille angoisse de parler en public la saisissant à la gorge… Mais ça ne suffit pas à l'empêcher de lâcher avec incrédulité :
– Vous avez interdit à Neville Londubat de rentrer dans sa propre salle commune ? Alors que Sirius Black est dans la nature ?
Sa voix était montée dans les aigues à la fin de sa phrase. Sa timidité et son respect de l'autorité semblaient s'être fait la malle. Il n'y avait plus que la rage, qui enflait dans sa poitrine comme une boule de feu, chassant toute raison, ne laissant qu'un violent sentiment de trahison. Elle s'en fichait que Sirius Black n'ait rien contre Neville ! Ce n'était pas le plus important. Non, ce qui était grave, c'était le principe de la chose. C'était que la sous-directrice de l'école considère que mettre un élève en danger mortel, c'était une punition appropriée pour avoir laissé traîner un papier. Ce qui était grave, c'était qu'apparemment elle n'accordait aucune valeur, aucune attention à la vie des élèves sous sa supervision !
– La façon dont je discipline les Gryffondor n'est pas de votre ressort, Miss Bishop, lâcha McGonagall d'un ton absolument glacial. Cinq points en moins pour votre irrespect.
Elisa n'en croyait pas ses oreilles.
– Vous avez… Vous laisseriez Neville mourir parce que vous êtes fâchées contre lui ? Il a laissé traîner un papier, il ne mérite pas d'être mis en danger comme ça !
Plusieurs élèves émirent des hoquets étouffés, choqués. Elisa se sentit s'empourprer, affreusement consciente de tous les regards qui pesaient sur elle, mais ne flancha pas. Les yeux de McGonagall s'agrandirent de stupéfaction, puis s'étrécirent d'un air menaçant.
– Quinze points en moins, Miss Bishop.
Elisa serra les dents de toutes ses forces, parce que si elle ouvrait la bouche, elle allait hurler. Elle se semblait presque trembler sous la pression physique de la violence de ses émotions. McGonagall était supposée être de son côté ! Elle était supposée être fiable !
Est-ce que tout ce qu'elle faisait ne servait à rien ?! Pointer à Dumbledore ses erreurs, monter des clubs éducatifs, organiser des plans de parrainages, tout ça, elle le faisait pour que Poudlard soit un endroit meilleur. Un endroit plus chaleureux, plus intéressant, plus sûr. Mais à quoi ça servait si les profs envoyaient des élèves à la mort sans arrière-pensée ? A quoi ça servait, si pour McGonagall il était parfaitement normal d'exposer un gamin de treize ans à croiser le chemin d'un prétendu Mangemort, juste parce qu'elle était fâchée contre lui ?!
Les professeurs étaient supposés se préoccuper des élèves ! Ce n'était pas à elle de toujours les protéger ! Elle n'avait que seize ans, et ce n'était pas juste !
Elle sentait une vague de rage et de venin monter en elle, un barrage de mots glacés et haineux qui menaçait de déborder. C'était soudain, incontrôlable, irrépressible. Ses yeux la brûlaient, et elle refoula férocement son envie de pleurer.
– Sirius Black entre et sort de ce château comme un moulin, est-ce que vous l'avez oublié ? finit-elle par lâcher d'une voix tremblante. Est-ce que ça vous est égal que Neville Londubat soit le prochain à croiser sa route ?
– Miss Bishop, votre comportement est inacceptable ! Cinquante points en moins à Poufsouffle, et si vous ne vous taisez pas immédiatement, ça sera le double !
Le volcan de rage explosa.
– Retirez-moi tous les points que vous voulez ! feula la jeune fille. Ça ne rendra pas ce que je dis moins vrai. Sirius Black entre à Poudlard, vous ne savez pas comment, et vous ne pouvez pas l'arrêter. Il pourrait revenir demain, dans une semaine, n'importe quand ! Alors au nom de Salazar, en quoi est-ce que priver de protection Neville Londubat aide qui que ce soit ?! Qu'est-ce que ça va lui apprendre, mis à part que vous vous fichez de sa sécurité ? Qui est-ce que ça va protéger ? Qui est-ce que ça va aider ! Personne !
Elisa réalisa qu'elle avait haussé la voix jusqu'à hurler, et se tut, hors d'haleine. McGonagall avait l'air foudroyée sur place. Tous les élèves étaient pétrifiés, et un silence absolu régnait dans le couloir. Elisa se sentit rougir violemment, la gorge nouée, le sang battant à ses oreilles. Elle tremblait de tout son corps, et avec horreur, elle réalisa qu'elle était sur le point de fondre en larmes.
Elle se redressa de toute sa hauteur, furieuse et hargneuse et littéralement au bord des larmes, et chercha le truc le plus blessant qu'elle pouvait dire :
– Franchement je ne suis pas surprise que Sirius Black ait été dans votre Maison, cracha-t-elle. Vous avez vraiment le même respect pour la vie humaine.
Un hoquet choqué parcourut la foule. Elisa fit demi-tour et, bousculant les élèves, s'éloigna à grands pas. Elle était déjà arrivée à la moitié du couloir quand McGonagall sembla sortir de sa stupeur et l'appela d'un ton furieux, mais elle ne ralentit pas. Elle tourna à l'angle du couloir, et se mit alors à courir à toutes jambes pour disparaitre le plus loin possible de la sous-directrice enragée.
Les larmes s'étaient mises à rouler sur ses joues de manière complètement incontrôlable. D'un geste hargneux, elle essuya. Elle tremblait de tout son corps, et elle ne savait même pas pourquoi elle était en train de pleurer. Le stress ? La colère ? Tout ça à la fois ?
Elle descendit les escaliers au Sud du château, le plus loin possible de la classe de Métamorphose, toujours un peu sous le choc. Elle n'en revenait pas d'avoir explosé comme ça. Elle avait littéralement hurlé sur un prof. Sur McGonagall, en plus ! Elle n'imaginait pas se fâcher contre la sous-directrice un jour. Contre Dumbledore, c'était acquis. Contre Rogue, peut-être, si jamais elle le voyait insulter les parents d'Harry devant lui. Mais contre McGonagall ? Elle n'aurait jamais pensé avoir un motif d'indignation. La sous-directrice avait toujours été stricte, mais relativement juste. Son seul travers était qu'elle favorisait un peu les Gryffondor, mais même ça, ça n'était pas flagrant !
Peut-être que c'était justement pour ça qu'elle avait explosé, réalisa la Poufsouffle en empruntant un des couloirs secrets du troisième étage pour éviter Peeves qui rôdait à cet étage. McGonagall était supposée être juste, et raisonnable, et fiable. Elle était supposée être quelqu'un qui se souciait de la protection des élèves, quelqu'un à qui on pouvait faire confiance sur ce sujet.
Voir McGonagall mettre un élève en danger avec une telle désinvolture, juste pour lui apprendre une leçon, c'était… C'était une trahison. Elisa n'aimait pas particulièrement la prof de Métamorphose, mais elle lui avait toujours fait confiance.
Mais tout de même… Elle repensa à ce qu'elle avait dit, et rougit de honte. Elle avait complètement pété les plombs. Elle ne se reconnaissait pas. Avec un certain choc, elle se demanda d'où était sortie cette soudaine explosion de rage, presque de haine.
Elle secoua la tête. Le pire, au final… C'était que la punition de Neville était canon. Elle l'avait oublié, mais ça lui revenait maintenant. Neville devait rester dans le couloir avec des trolls de sécurité, ou quelque chose comme ça. Bien sûr, aucun troll n'aurait ralenti un tueur entraîné pendant plus de deux secondes : après tout, même un élève de première année pouvait abattre un troll. Neville n'avait aucune protection. Il était juste… mis à la porte, dans le but de l'humilier et de lui faire peur. Il n'y avait aucune leçon à retenir. McGonagall était juste furieuse, et elle avait donné une punition cruelle sous le coup de la colère. Et personne n'avait questionné ça.
C'était dérangeant, que personne n'ait questionné ça. Bon, ça n'excusait pas Elisa (bon sang, elle n'en revenait pas d'avoir crié sur McGonagall !), mais c'était quand même quelque chose qui avait de quoi interpeller, non ? Pourquoi personne ne s'était dit "hey, le tueur psychopathe a l'air de visiter la tour des Gryffondor assez souvent, peut-être que mettre un gamin de treize ans à la porte pour le punir n'est pas une très bonne idée ?". Est-ce qu'Elisa était la seule personne à penser que c'était mal, ce genre de chose ?
Elle remarqua soudain qu'elle était arrivée au deuxième étage, et s'arrêta. Elle avait arrêté de pleurer, mais elle tremblait toujours légèrement. Elle réalisa qu'elle ne savait pas vraiment où aller, maintenant. Elle se sentait à la fois épuisée mentalement, et si remplie d'énergie qu'elle était sur le point d'exploser. La honte, la gêne, la colère, l'indignation, le sentiment de trahison, l'embarras, l'angoisse et la fureur se bousculaient en elle comme un tourbillon d'émotions incontrôlables.
Puis elle se rendit compte qu'elle était juste à côté du couloir où se trouvait l'entrée du bureau de Dumbledore.
Elle hésita. Puis, avec un haussement d'épaule, elle s'en approcha. Si Dumbledore n'était pas là, tant pis. Mais s'il était là… Eh bien, il lui avait dit qu'elle pouvait venir plaider sa cause en cas de problème, non ? Et en ce moment, elle se sentait assez culottée pour tout oser. Elisa carra les épaules, les restes de sa colère semblant lui donner un courage inattendu. Elle mouilla un mouchoir avec un Aguamenti et s'essuya le visage pour effacer les traces de larmes. Puis elle respira un grand coup, et fit face à l'entrée.
– Guimauve framboise, dit-elle à la gargouille.
Le mot de passe n'avait pas changé, et la gargouille s'écarta. Elisa monta l'escalier, soudain pleine d'appréhension, et réfléchissant à toute allure à ce qu'elle pouvait dire. Cependant, quand elle arriva devant la porte, elle n'était pas beaucoup plus avancée.
Elle resta deux secondes immobiles. Et si Dumbledore l'envoyait au diable ? Et si elle avait mal effacé les traces de larmes ? Et si elle se remettait à chialer comme une idiote sous le coup du stress ?
Elle secoua rageusement la tête. Elle n'allait pas rester planter là éternellement ! Alors elle carra les épaules, et frappa.
– Entrez, c'est ouvert ! fit Dumbledore.
Elisa poussa la porte, entrant dans le bureau du directeur. Il était à son bureau, en train d'écrire. En la voyant, il posa sa plume et lui adressa un sourire rayonnant, avant de prendre un air soucieux :
– Vous allez bien, Miss Bishop ?
– Tout à fait, mentit Elisa avec raideur.
Ses mains tremblaient et elle ne savait pas quel genre d'émotions devait apparaitre sur son visage. Elle se sentait saturée d'énergie, mais aussi sensible qu'un nerf à vif. Le directeur la fixa quelques instants, puis il sembla décider de passer outre, et demanda avec un sourire aimable :
– Asseyez-vous, je vous en prie. Ne devriez-vous pas être en cours, Miss Bishop ?
Elisa se racla la gorge, embrassée, tout en s'asseyant maladroitement sur la chaise en face du bureau du directeur. Puis elle fronça les sourcils :
– Justement, hum, à propos de ça. Est-ce que vous saviez que pour punir Neville Londubat d'avoir perdu les mots de passe d'entrée à la salle commune, McGonagall a interdit quiconque de lui donner le nouveau mot de passe ? Neville doit rester dehors jusqu'à ce que quelqu'un le prenne en pitié en dépit des ordres de McGonagall, ou bien il dort dehors. Dans le couloir. En mars ! Avec Sirius Black qui entre dans le château comme si c'était le Chaudron Baveur !
Elle s'était emportée. Encore. Elle pinça les lèvres, en colère contre elle-même, et se rassit contre son dossier avant de lever les yeux sur le directeur. Dumbledore avait fronça les sourcils, l'air grave.
– Je l'ignorais, finit-il par dire. Êtes-vous sûre que c'est bien la sanction décidée par le professeur McGonagall ?
– Oui, lâcha Elisa entre ses dents serrées. Et personne n'a l'air de trouver ça anormal.
Dumbledore inspira profondément, puis soupira avec lassitude.
– Vous avez raison, c'est une sanction… disproportionnée. Je suis sûr que le professeur McGonagall a agi sous le coup de la colère. Elle prend la sécurité de ses élèves très à cœur.
Elisa ne put s'empêcher de renifler avec incrédulité. Dumbledore la fixa, réprobateur. Elle s'empourpra, et détourna les yeux.
– Désolée, marmonna-t-elle. Je suis un peu à cran.
– Vous n'avez malheureusement pas tout à fait tort, soupira le directeur avec lassitude (et Elisa lui jeta un regard interloqué). Depuis l'évasion de Sirius Black, le professeur McGonagall est très tendue. Parfois, elle laisse cela l'aveugler.
Elisa se mâchouilla la lèvre quelques instants, ruminant ces paroles. Puis elle secoua la tête, et craqua :
– Justement, le professeur McGonagall est à cran parce qu'elle est complètement surchargée de boulot. Elle ne fait pas du tout son travail de directrice de Maison. Elle est déjà prof d'une matière obligatoire, et sous-directrice ! Elle ne peut pas faire attention à une autre fonction en plus de ces deux-là. Pourquoi vous ne confiez pas l'un de ces postes à quelqu'un d'autre ?
Dumbledore eut l'air honnêtement surpris :
– Vous pensez que le travail du professeur McGonagall est trop important ?
– Evidemment ! Et elle ne va certainement pas vous le dire, elle ne veut pas risquer de…
Elle agita vaguement la main, essayant d'exprimer sa pensée sans trouver les mots. McGonagall supportait trois boulots sans se plaindre, parce qu'elle ne voulait pas décevoir le directeur. Alors elle faisait la paperasse de la sous-direction (et de la direction, probablement, puisque Dumbledore passait son temps au Ministère), elle faisait les cours de Métamorphose et corrigeait diligemment tous les devoirs que les élèves (plusieurs centaines !) lui rendaient. Et elle assumait le titre de directrice de Maison, même si elle n'avait pas une seule seconde à y consacrer.
– Et elle n'est pas la seule, enchaîna Elisa. Tous les profs sont surchargés de travail. Je ne sais pas comment Rogue arrive à gérer ses classes. Plusieurs dizaines élèves qui fabriquent des potions qui risquent d'exploser, dans une salle close ? C'est un cauchemar. Sans compter les devoirs à assigner, les leçons à préparer, les corrections à faire, et son travail de directeur de Maison ! Les Serpentard disent qu'il ne passe dans leur salle commune qu'une fois par mois. Le professeur Chourave passe chez les Poufsouffle presque toutes les semaines, et elle prend le temps d'écouter tout le monde. C'est ça que devrait faire un directeur de Maison !
Elle était lancée, à présent, et elle ne pouvait plus s'arrêter : elle énumérait sur ses doigts, ponctuant son discours de grands gestes, et s'était à moitié levée de sa chaise.
– Il devrait y avoir deux profs au moins pour chaque matière principale. Ou même trois ! Poudlard est complètement en sous-effectif. Et les profs devraient être régulièrement contrôlés pour voir s'ils ont un niveau correct pour enseigner. Par exemple… Binns ! Binns devrait être viré, tout bonnement parce qu'il est incompétent. L'Histoire est importante, et la plupart des élèves n'ont pas retenu un mot de ses leçons ! D'ailleurs, il ne parle presque pas des trucs importants, comme le duel qui a mené à la mise en place du Secret Magique, ou la cohabitation entre sorciers et Moldus durant l'Antiquité. C'est tout un pan de leur culture dont les élèves sont privés !
Elle reprit son souffle. Les yeux du directeur pétillaient avec amusement, et ce fut seulement à ce moment-là qu'Elisa réalisa qu'elle s'était carrément écartée du sujet. Elle se tassa au fond de sa chaise, cramoisie. C'était comme si une sorte de trop-plein de mots était constamment en train de chercher à exploser. Il fallait qu'elle revienne au sujet initial, sinon elle allait se mettre à radoter, encore et encore, et même peut-être pleurer à nouveau. Dumbledore n'était vraiment pas la personne devant laquelle elle avait envie de vider son sac.
– Je ne suis pas venue pour ça, toussota-t-elle. Au départ, je suis venue parce que j'ai… Un peu perdu mon calme devant McGonagall quand j'ai appris la punition de Neville.
Elle carra les épaules :
– Je ne suis pas désolée de ce que j'ai dit, et elle devrait retirer la punition de Neville. Mais je suis désolée d'avoir hurlée, et de la façon dont… la façon dont j'ai dit certaines choses.
– Il semblerait que ce soit une réaction fréquence chez vous, Miss Bishop.
Il n'y avait pas de jugement dans la voix du directeur, mais Elisa ne put s'empêcher de baisser les yeux, gênée. Apparemment, exploser de colère et crier sur les profs étaient en train de devenir ne habitude chez elle. Ça lui arrivait au moins une fois par an !
Quoique. Elle n'avait jamais eu ce problème avant de s'impliquer dans la gestion de l'école. Ou bien avant qu'Harry ne débarque à Poudlard et que tout le monde devienne fou, ce qui revenait au même.
– Ce n'est pas forcément une mauvaise chose, dit Dumbledore avec gentillesse. Vous êtes quelqu'un de spontané et d'honnête. Ce sont de bonnes qualités.
Ouais, pas si elle pétait les plombs au moindre souci, non plus. Elisa haussa les épaules. Être sous pression ne lui réussissait pas. A moins que ce soit juste le contexte qui l'ait rendue si furieuse, le fait que ça vienne de McGonagall en personne ? Ce n'était pas impossible…
Dumbledore pencha la tête sur le côté, l'air soudain pensif :
– Est-ce que le professeur McGonagall vous a retiré des points ?
– Euh, oui ? fit Elisa d'un ton incertain. Cinquante, quelque chose comme ça. Je n'étais pas très attentive.
Les yeux du directeur pétillèrent avec amusement :
– Je peux l'imaginer. Je ne retirerai pas de point pour votre perte de sang-froid, Miss Bishop. Mais vous avez sans doute été assez peu respectueuse envers le professeur McGonagall… Et devant vos camarades de classe, je suppose.
Elisa se mordit la joue, mais acquiesça. C'était vrai. Quand elle s'était indignée que les Serpentard soient envoyés dans les cachots alors qu'il y avait un troll, c'était resté relativement respectueux, elle ne s'était pas donné en spectacle. Et quand elle avait crié sur Dumbledore l'année dernière, il n'y avait pas eu de témoin. Mais là, elle avait comparé McGonagall à Sirius Black, devant plus de soixante personnes. Les profs ne pouvaient pas laisser couler ce genre de chose.
Elle soupira, résignée, et le directeur sourit :
– Je suis donc dans l'obligation de vous donner une retenue. Lundi, dix-sept heures, ici-même. J'ai grandement besoin d'une deuxième paire de mains pour m'aider à trier mon courrier.
Sachant qu'il se débrouillait très bien pour trier son courrier tout seul depuis un demi-siècle, Elisa en doutait fortement. A tous les coups, c'était un prétexte pour… discuter ? La sermonner ? Quelque chose, en tous cas.
– Oh, et vous devrez vous excuser auprès du professeur McGonagall ce soit au dîner.
Elisa sentit ses joues brûler de honte. Ça n'allait pas être un moment agréable. Mais elle se contenta de hocher sagement la tête. Elle s'en sortait bien, elle n'allait pas se plaindre.
oOoOoOo
Avant le dîner, Elisa avait toute une période de libre. Elle se cacha dans la Salle sur Demande, s'entraînant à utiliser la Force, et essayant de modifier ses sorts. Après avoir complètement inondé le sol avec des variations d'Agamenti et d'Aguasitus, elle réalisa qu'elle ne connaissait aucun sort pour collecter l'eau, et se résolu aussitôt d'en trouver un. Avec ce genre de sortilège, elle pourrait réutiliser l'eau déjà créée pour en faire une nouvelle attaque.
Cependant, il fallut bien qu'elle sorte de là au dîner. Elle décida d'y arriver avec un peu d'avance. McGonagall était toujours là en avance, mais la plupart des élèves arrivaient en retard. Si Elisa allait s'excuser avant que le repas ne commence, elle aurait un public moins important.
– Elisa ! Elisa !
Oh, par Circée et Morgane. Elisa, qui était en train de descendre les escaliers, soupira puis se retourna. Cependant, elle se détendit en voyant qu'il ne s'agissait que du Trio d'Or… suivi par Neville.
– On t'a cherché dans tout le château ! hoqueta Ron en essayant de reprendre son souffle.
– J'étais cachée, sourit Elisa avec un certain embarras. Alors, euh… Quoi de neuf ? Vous vous êtes réconciliés ?
On aurait dit que les yeux de Ron allaient lui sortir de la tête :
– Quoi de neuf ?! Tu as crié sur McGonagall ! Oui on s'est réconciliés, mais surtout… Par le caleçon de Merlin, c'était génial ! Fred et George m'ont tout raconté, c'était tellement cool !
– Et c'était très courageux de ta part de défendre Neville, approuva Hermione. Même si tu n'aurais pas dû perdre ton calme comme ça.
– Laisse-là tranquille, Hermione ! protesta Harry. C'est vraiment cool que quelqu'un ait dit haut et fort que la punition était injuste.
– J'ai quand même une retenue avec Dumbledore, soupira Elisa.
Hermione eut l'air satisfaite. Puis Elisa se tourna vers Neville, le seul qui n'avait pas encore parlé, et esquissa un sourire.
– Hey. Neville Londubat, c'est ça ?
Elle se présentait systématiquement à tous les petits nouveaux à chaque rentrée, et avait donc déjà fait la connaissance de Neville. Cependant, depuis trois ans, ils ne s'étaient pratiquement jamais adressé la parole. Le Gryffondor au visage rond hocha la tête, puis bredouilla :
– Oui. Je voulais… Je voulais te remercier, pour… Pour ce que tu as fait. C'était vraiment très brave de ta part.
– C'était la bonne chose à faire, insista fermement Elisa. McGonagall t'as mis en danger et elle refusait de le reconnaître. Et un de mes amis m'a un jour dit que si ce genre de chose était considéré comme acceptable, ça risquerait de se reproduire. Il faut toujours mettre le holà tout de suite.
Merci Lester Hopkrik, l'accro aux règles, avec son intransigeance légendaire. Neville hocha la tête, l'air un peu anxieux, et Elisa fit la grimace :
– Les gens m'en veulent beaucoup, vous pensez ?
– Eh bien, réfléchit Harry. Percy est livide, et y a des gens qui disent que t'as vraiment dépassé les limites...
Elisa grimaça. Pas faux. Rien que d'y repenser, elle avait envie que le sol s'ouvre sous ses pieds et l'engloutisse.
– Mais il y en a qui sont admiratifs ! s'empressa de rajouter Ron. Fred et George ont prétendu se battre en duel pour t'épouser !
Elisa haussa un sourcil. C'était quand même la deuxième fois que les jumeaux Weasley lui demandaient sa main. En rigolant, mais tout de même. C'était embarrassant, vu qu'elle était incapable de les distinguer.
– Oh ! se rappela-t-elle soudain. Avant que j'oublie…
Elle fouilla dans son sac. Elle comptait donner son miroir communicant à Harry après qu'il ait réussi son Patronus, mais l'occasion était aussi bonne. Et en plus, ça mettrait le Trio de son côté, si jamais elle restait brouillée à vie avec McGonagall.
– Tiens, fit-elle en lui tendant le miroir rectangulaire dans son étui de cuir. C'est un miroir communicant. Je suis déjà enregistrée dessus, tu n'as qu'à dire mon nom et ça fera vibrer mon propre miroir.
Elle sortit de sa poche son poudrier de laiton et l'ouvrit pour montrer le miroir rond qui y était logé, puis rangea l'objet dans son sac, et expliqua gravement au Survivant :
– Puisque tu ne maîtrise pas le Patronus, tu as besoin d'un autre moyen pour communiquer rapidement. Si jamais tu as besoin d'aide, n'hésite pas à m'appeler.
– Wow, souffla Harry en fixant l'objet. Il est trop génial. Merci, Elisa.
Elle sourit avec affection. Dans l'univers canon, Harry n'aurait pas eu besoin de ce miroir. Elle était sûre qu'il aurait déjà maîtrisé le Patronus. Mais elle préférait avoir un Harry qui faisait assez confiance aux autres pour s'autoriser à progresser plus lentement.
Puis elle tourna vers Ron et Hermione, qui fixaient le miroir avec envie, et sourit :
– Je suis en train de faire des miroirs pour vous deux aussi, mais celui d'Harry était prêt en premier. Désolée. Les vôtres seront finis avant Pâques, cela dit.
Le visage de Ron s'illumina :
– Vraiment ?
– On ne peut pas accepter, protesta aussitôt Hermione. Malefoy nous a dit le prix, et…
– Malefoy est un sale gosse, la coupa joyeusement Elisa. On essaie de s'entendre, mais il n'est pas un de mes amis. Vous, si. Alors, vous avez une préférence pour le modèle de miroir ?
Hermione se mordilla la lèvre, puis capitula.
– Un modèle comme celui d'Harry, ça serait bien.
– Pareil ! s'enthousiasma Ron.
Le sourire d'Elisa s'élargit. Elle avait beau s'être à nouveau fourrée dans les ennuis, elle ne pouvait s'empêcher d'être optimiste en voyant les trois adolescents si ravis. Même Neville, malgré sa réserve, semblait partager leur joie et souriait largement.
Puis son sourire s'effaça, et elle esquissa une grimace. Elle ne pouvait pas rester plantée dans les escaliers éternellement. Alors, accompagnée par le Trio, elle se remit à descendre vers la Grande Salle.
Il y avait déjà plusieurs dizaines de personnes attablées, même si la majeure partie des élèves était encore absente. La plupart des profs n'étaient pas encore arrivés, non plus. A la table des profs, il n'y avait que Dumbledore, Rogue, Trelawney (elle avait sans doute entendu parler de l'affaire et voulait assister au spectacle)…et, bien sûr, McGonagall. Un rapide coup d'œil à sa montre digitale apprit à Elisa qu'elle n'avait que cinq minutes à peine avant que la foule n'envahisse la salle.
Elle se dirigea droit vers la table des professeurs. Lorsque les élèves la remarquèrent, un grand silence se fit. Elisa ne ralentit pas, et continua à avancer jusqu'à se tenir debout devant le siège du professeur McGonagall.
Elle avait honte de ce qu'elle avait dit, et pourtant, s'excuser lui semblait difficile. Elisa avait toujours eu du mal à ravaler sa fierté. Et puis, elle sentait toujours une pointe de colère et d'indignation lui brûler l'estomac. Même si sa réaction avait été disproportionnée, McGonagall avait quand même mis Neville en danger, et ça rendait Elisa furieuse. Et puis... Elle était surtout affreusement embarrassée. Mortifiée, même. Ce n'était pas glorieux, de s'aplatir quand on a eu tort.
– Professeur McGonagall, commença-t-elle en essayant de ne pas bégayer. Je tiens à m'excuser pour mon comportement un peu plus tôt. J'étais irrespectueuse et je n'aurais pas dû perdre mon calme. Je suis vraiment désolée.
Elle avait l'impression que tout le monde l'écoutait, mais elle ne détourna pas les yeux. McGonagall inclina la tête, et déclara d'un ton aussi neutre que celui d'Elisa :
– Excuse acceptée, Miss Bishop. Je suppose que les points qui vous ont été retirés et la retenue qui vous a été donnée vous ont suffisamment servi de leçon. Néanmoins, vous serez contente d'apprendre que la punition de Neville Londubat, au regard des éléments que vous avez soulevés, a été allégée.
Elisa remercia la sous-directrice puis, toujours raide comme un piquet, fit volte-face et alla s'asseoir à la table des Poufsouffle. Lorsqu'elle s'assit, les conversations reprirent dans la Grande Salle, les gens chuchotant à toute allure et lui jetant de fréquents coups d'œil. Celle-ci fit de son mieux pour se cacher derrière la large stature de Raashid et Gabriel, deux garçons de sa classe. Puis Rhonda dit lentement :
– Je ne sais pas ce qui me choque le plus : que tu ais crié sur McGonagall et que tu t'en sois tirée vivante, ou qu'elle ait fait ce que tu as dit.
– Je suis aussi surprise que toi, soupira Elisa avec une grimace. Je ne sais pas quelle mouche m'a piquée. J'étais furieuse. Les choses que j'ai dites… !
Cédric lui tapota sur l'épaule avec compassion, et les autres Poufsouffle se hâtèrent de la rassurer. Une seule personne resta immobile à sa place : Tamsin Applebee, la plus réservée de la classe. Lorsqu'elle prit la parole, tout le monde se tut. Tamsin était souvent la voix de la sagesse chez les Poufsouffle.
– C'est bien que tu le reconnaisses, lâcha Tamsin d'un ton posé. La façon dont tu as agi était vraiment irrespectueuse.
– Tamsin ! protesta Trisha tandis qu'Elisa se tendait sur son banc.
– C'est vrai, continua Tamsin en haussant le ton. Je reconnais que le professeur McGonagall a été trop sévère et que quelqu'un aurait dû le lui faire remarquer. Mais tu n'es qu'une élève, Elisa. Ce n'était pas ta place. Tu aurais dû signaler le problème au professeur Chourave ou même au directeur, pas t'insurger au milieu du couloir. C'était déplacé.
Elisa eut l'impression que Tamsin l'avait giflée. Après McGonagall, voilà qu'une des Poufsouffle l'accusait, la poignardait dans le dos ?!
– Wow, fit Cédric après un temps de silence. Tu n'y vas pas un peu fort, Tamsin ?
La jeune fille leva sur lui un regard grave :
– Apparemment, ça a besoin d'être dit. Jusqu'ici, tu as toujours eu ce que tu voulais, Elisa : mais viendra un temps où te mettre en colère et prendre les gens de haut ne te permettra pas d'emporter la victoire. Il faut que tu apprennes à réfléchir avant d'agir, et à faire preuve d'humilité. Tu es devenue trop confiante en ta capacité à obtenir ce que tu veux, et maintenant, tu vas trop loin. Ce que tu as fait cet après-midi, c'est quelque chose que tu n'aurais jamais envisagé il y a quelques années.
Elisa s'était figée, blessée et en colère (elle avait toujours considérée Tamsin comme une amie, et voilà qu'elle l'attaquait !) : mais la dernière tirade de la jeune fille la frappa comme un coup de couteau en plein cœur.
C'était exactement le genre de doute qui la torturait quand elle pensait à l'effet qu'avait eu Jedusor sur elle. Avant d'entrer en possession du journal, elle était différente. Arrogante, certes, mais mesurée. Apprendre de la magie noire ne lui serait jamais venue à l'esprit. Elle ne se serait pas laissée dominée par la colère, par l'égoïsme. La Elisa d'avant le journal n'aurait pas enquêté sur Sirius, elle aurait entravé l'enquête pour qu'Harry puisse partir de zéro avec son parrain quand il le rencontrerait : elle n'aurait pas crié sur McGonagall, elle aurait demandé un rendez-vous à Chourave : et elle ne serait jamais allée voir Dumbledore, parce que passer au-dessus de la sous-directrice lui aurait paru irrespectueux.
Elle était différente. La plupart du temps, elle ne le réalisait même pas. Mais le journal l'avait changé. Et, l'estomac noué, elle se demanda soudain à quel point. Prendre du recul donnait une perspective assez terrifiante à la situation.
Tamsin soutint son regard, comme si elle savait que ses mots trouvaient un écho dans les doutes les plus profonds d'Elisa. Il y eut un grand silence chez les Poufsouffle. Puis Trisha cogna du poing sur la table avec rage :
– La ferme, Tamsin ! Elisa a fait quelque chose de bien. Si tu vas juste l'agresser comme ça, casses-toi, tu ne vas pas nous manquer !
– Non, fit Elisa en se levant. C'est moi qui m'en vais.
– Quoi ? Non, attends… !
Trop tard. Elisa avait déjà quitté la table, se fondant dans la foule qui entrait dans la pièce pour le dîner. La tête droite et s'efforçant de garder une expression neutre, elle quitta la Grande Salle.
Elle se sentait blessée, vulnérable, en colère, et humiliée. Tamsin n'y était pas allée de main morte et ça faisait mal, d'entendre ce genre de chose sortir de la bouche d'une personne avec laquelle elle s'était toujours bien entendue. Mais au fond d'elle-même, Elisa sentait surtout une angoisse glacée. Ce que Tamsin avait formulé à voix haute mettait des mots sur certains des doutes qu'Elisa ruminait depuis un certain temps déjà. Alors… Et si c'était vrai ? Et si Tamsin avait raison ?
Elisa avait toujours été arrogante. Ça, elle le savait. Mais est-ce qu'elle avait changé au point de perdre le contrôle d'elle-même ? Est-ce qu'elle était devenue égoïste et colérique ? Arrogance et impulsivité, c'était un mélange explosif. C'était le genre de chose qui donnait mauvaise réputation aux Gryffondor.
Est-ce que je suis en train de devenir une Gryffondor ? se demanda soudain Elisa.
Ce n'était pas une mauvaise chose en soi. Mais la dernière fois qu'elle s'était comportée en total accord avec ce qui aurait été attendu d'un lion, ça avait été quand elle était influencée par le journal de Jedusor. Est-ce qu'elle était toujours influencée par lui, dans une moindre mesure ?
Peut-être pas "influencée" par lui, songea la Poufsouffle avec résignation. Mais je suis différente. Mon mode de réflexion a changé. J'agis différemment. Et apparemment, j'agis mal.
Peut-être que c'était juste le stress. Peut-être que c'était juste les circonstances. Pour tout le monde, on était encore en paix, mais Elisa se préparait à quelque chose de plus grand et de plus catastrophique.
Les Poufsouffle étaient des sages et des soigneurs, avait dit le Choixpeau. Les Serdaigle étaient des érudits et des conseillers. Les Serpentard étaient des visionnaires ou des espions. Mais c'était Gryffondor qui formait les guerriers.
Alors peut-être que c'était le stress. Peut-être que c'était les circonstances. Peut-être que c'était normal. Mais surtout, peut-être que Tamsin avait raison. Elisa était devenue plus impulsive et colérique, et ça pouvait être dangereux. Alors… Peut-être qu'Elisa devait apprendre à avoir davantage de contrôle sur elle-même. Elle n'en avait pas eu besoin avant, mais… Désormais, peut-être que c'était nécessaire.
Gryffondor formait les guerriers, mais c'était les Serpentard qui survivaient le mieux. Et Elisa n'avait pas la moindre intention de laisser ses coups de colère causer sa perte.
Alors elle descendit aux cuisines et demanda à Olly de lui préparer un dîner qu'elle mangerait dans son dortoir. Puis elle retourna dans l'antre des Poufsouffle, qui était déserte puisque tout le monde était allé manger. Son chat Dracarys était en vadrouille, alors Elisa prit Malta le serpent dans son terrarium et drapa le reptile sur ses épaules. Malta se lova contre son cou, recherchant la chaleur humaine, et Elisa caressa pensivement ses écailles lisses.
– Est-ce que j'aurais été mieux à Serpentard ? demanda-t-elle dans le dortoir vide.
A Serpentard, elle aurait appris à être dure et implacable. Elle aurait dû affronter les Puristes tous les jours. Elle n'aurait pas été aussi proche de Trisha et Cédric. Elle n'aurait sans doute pas été aussi proche d'Harry. Elle n'aurait jamais pu monter le CEM, parce que ses camarades auraient écrasé le projet dans l'œuf… Mais elle aurait eu des amis : Heather, Tabitha, Adrian, Terence. Elle aurait pu lancer le Challenge beaucoup plus tôt. Mais surtout… Surtout, Serpentard lui aurait appris la prudence. Serpentard lui aurait appris la valeur du silence, de la retenue, de la patience. Serpentard lui aurait appris à faire preuve de sang-froid, et à frapper au bon moment.
Serpentard lui aurait appris à encaisser les petites trahisons, comme l'indifférence de McGonagall et les accusations de Tamsin. Parce que dans l'ordre des choses, ce n'était rien. Mais pour Elisa, pour n'importe quel Poufsouffle, la déloyauté était quelque chose d'affreux. Serpentard lui aurait appris à encaisser, au lieu d'être si profondément blessée, au lieu de péter les plombs à chaque fois !
Et à présent, elle était dévorée par le doute. Aurait-elle été davantage à sa place à Serpentard ?
Bah, songea Elisa avec un profond soupir. Elle n'allait pas pleurer là-dessus, non ? Ce qui était fait était fait, on ne pouvait pas changer le passer. Quand elle avait été Répartie, elle avait accepté de perdre les discussions intellectuelles qu'elle aurait pu avoir avec les Serdaigle, elle avait accepté de perdre l'encouragement et l'énergie explosive des Gryffondor qui l'aurait suivie dans ses projets de révolution, et elle avait accepté de perdre les conseils des Serpentard qui auraient affuté son esprit comme une lame. Au lieu de ça, elle avait choisi Poufsouffle. Pour profiter de son enfance, pour pouvoir faire une confiance absolue à ceux qui l'entouraient, pour savoir qu'ils seraient toujours derrière elle à 100% quel que soit le projet qu'elle préparait.
– Ouais, marmonna-t-elle en s'assombrissant. Pour la loyauté, on repassera.
Elle n'en revenait pas que Tamsin ait pu lui dire des trucs pareils. Ok, c'était peut-être fondé. Mais c'était tellement horrible ! C'était tellement blessant ! Elle faisait confiance à Tamsin, elle l'aimait bien, et voilà que l'autre lui plantait un couteau dans le dos ! Personne ne méritait de se faire balancer ses quatre vérités au visage sans crier gare. C'était brutal, méchant, et gratuit.
Mais c'est exactement ce que tu as fait, non ? lui souffla une petite voix dans sa tête qui ressemblait beaucoup à celle de Tom Jedusor. C'est ce que tu as fait à Dumbledore, puis à McGonagall. Alors, ça te fait quoi de te faire renvoyer la balle ?
Elisa serra les dents, réprimant une vague de honte qui lui fit chauffer les joues. C'était vrai. Elle avait fait exactement la même chose, et… Elle ne s'en était pas sentie coupable, parce qu'elle se pensait justifiée. Elle s'était sentie soulagée d'avoir lâché ce qu'elle avait sur le cœur, soulagée d'avoir eu raison… Mais surtout, elle s'était sentie triomphante.
Tamsin n'avait pas eu l'air triomphante. Elle avait juste eut l'air calme, posée, comme si elle les informait d'un simple fait. Comme si ce qu'elle n'avait dit n'avait rien de personnel. Est-ce que c'était mieux ? Ou est-ce que c'était encore pire ?
C'est le moment qu'Olly choisi pour apparaître, faisant léviter devant lui un grand plateau supportant le dîner d'Elisa. Il lui avait fait son plat préféré, du lapin aux pruneaux et aux lardons, et du crumble pomme-chocolat en dessert. Elisa le remercia avec un sourire, puis se mit à manger, décidant de reporter son introspection à plus tard.
Faire le point sur soi-même, ça donnait la migraine.
oOoOoOo
Elisa et Tamsin ne se parlaient plus. Et du coup, un grand nombre de Poufsouffle (tous les amis d'Elisa) ne parlaient plus à Tamsin non plus.
Tamsin ne parlait jamais à personne, et elle n'avait probablement même pas remarqué leu manège, ce qui était un peu vexant. Elisa essayait d'ignorer la situation. Elle n'en était pas fière. Au contraire, elle avait un peu honte... Les Poufsouffle ignoraient Tamsin parce qu'ils prenaient son partie à elle, leur Magister, leur pseudo-leader. Mais… Ils ne comprenaient pas. Tamsin n'avait pas dit qu'Elisa n'aurait pas dû agir : elle disait qu'Elisa devait apprendre à agir différemment. Et la façon dont elle l'avait dit avait effectivement été brutale, et Elisa s'était sentie blessée et humiliée, et elle était toujours en colère, mais… Elle commençait à comprendre ce que Tamsin avait voulu dire.
Cela dit, elle n'allait pas enterrer la hache de guerre tout de suite. Elle se sentait toujours furieuse et humiliée. Et si elle avait cru que ravaler sa fierté pour s'excuser quand elle avait raison avait été difficile, eh bien ! S'excuser quand on avait eu tort paraissait encore plus insurmontable.
Alors voilà : Tamsin et Elisa ne se parlaient plus. Du coup, presque plus personne ne parlait à Tamsin. Elisa se sentait à la fois coupable et sombrement satisfaite de ce traitement.
Le coup d'éclat d'Elisa avait été raconté à toute l'école. Les Gryffondor semblaient trouver ça très drôle (sauf Percy, qui refusait de lui adresser la parole). Les Serpentard s'étaient remis à l'observer avec une certaine prudence, comme s'ils attendaient de voir quel prochain cataclysme elle allait déclencher. Les profs se montraient un peu froids envers Elisa, sans doute froissés par le manque de respect qu'elle avait montré envers McGonagall. Même Flitwick et Chourave étaient distants.
Elisa se sentait déprimée. Elle n'aurait jamais imaginé que tout partirait hors de contrôle comme ça. Désormais, elle évitait ses camarades de classe et passait son temps à plancher sur le MagicoGlisseur destiné à Zacharias Smith, ou sur les miroirs communicants qu'elle comptait offrir à Ron et Hermione.
Finalement vint le jour de sa retenue avec Dumbledore.
Décidément, cette année, elle aurait beaucoup vu le directeur. Avant l'arrivée d'Harry, elle ne l'avait vu qu'aux repas, ou en le croisant dans les couloirs. La première fois où elle lui avait parlé, cela avait été durant la soirée d'Halloween où elle s'était insurgé contre la décision du directeur de renvoyer les Serpentard dans les cachots. Ensuite, l'année dernière, elle avait discuté à trois reprises avec lui (une fois après sa possession par le journal, une fois après qu'elle ait révélé qu'elle parlait Fourchelang, et une fois en le croisant devant son bureau), et à chaque fois, cela avait été relativement bref. Oh, elle avait bien senti que le directeur gardait un œil sur elle ! Mais comme elle avait clairement affiché son animosité, il avait gardé ces distances.
Cette année, c'était différent. Combien de fois avait-elle discuté avec Dumbledore ? Déjà, en juin, elle lui avait envoyé le journal de Jedusor en gage de paix. Ensuite, dès la rentrée, il lui avait donné un conseil, la mettant discrètement en garde contre les Mangemorts toujours en liberté. Puis il y avait eu la fois où elle avait défendu son projet de parrainage. Et puis cette discussion au sujet de McGonagall. Et maintenant, cette retenue !
Ce n'était pas tant la quantité de conversations qui était différente, plutôt que leur ton. Elisa avait toujours l'impression de marcher sur des œufs avec le directeur, mais elle commençait à le comprendre mieux. Et puis… Ça avait été une réalisation inconfortable, mais Elisa avait finalement compris qu'elle et Dumbledore étaient assez similaires. Et ça avait changé la manière dont elle se voyait elle-même, mais aussi la manière dont elle voyait le directeur.
Est-ce qu'elle pouvait lui faire confiance ? Auparavant, elle aurait répondu non sans hésiter. A présent, par contre… Oh, elle savait que Dumbledore n'hésiterait pas à utiliser les informations qu'elle lui donnerait pour faire progresser ses plans. Mais elle savait aussi que Dumbledore n'était pas sans cœur. Il se souciait des gens. Il s'était même soucié d'elle, une adolescente teigneuse qui ne lui avait jamais montré le moindre respect, parce qu'il avait reconnu qu'elle suivait une voie dangereuse. Il avait certainement dans l'idée de pouvoir la mettre de son côté, mais ses motifs pour agir n'étaient pas du pur calcul.
Alors sa réponse était moins certaine. Elle ne pouvait pas faire confiance à Dumbledore pour prendre soin des élèves, pour donner à Harry une vie heureuse, pour ne pas instrumentaliser chaque bribe de savoir sur laquelle il mettrait la main. Mais elle pouvait certainement lui faire confiance pour protéger le château en cas de guerre, pour agir avec sang-froid en cas de crise, pour avoir de bonnes intentions, et pour reconnaître quand quelqu'un se laissait corrompre par son ego.
C'était une certitude rassurante. En revanche, elle ne savait toujours pas quoi en faire.
– Entrez, Miss Bishop ! fit la voix du directeur quand elle frappa à la porte de son bureau.
Elle entra. Dumbledore était à son bureau, qui était recouvert par une pile massive de lettres et de parchemins roulés sur eux-mêmes. Elisa marqua un temps d'arrêt. Le tas de missives en tout genre semblait sur le point de s'écrouler.
– Ce travail est normalement dévolu au professeur McGonagall, l'informa Dumbledore d'un air enjoué. Mais j'ai décidé de prendre votre conseil à cœur et de me mettre à sa place pour évaluer sa charge de travail.
McGonagall était en charge de tout ça, en plus de son travail de prof ?! Douce Morgane, quand est-ce qu'elle avait le temps de dormir ?!
Elisa s'abstint cependant de ramener sa fraise, et prit place sur la chaise que Dumbledore avait installée à côté du bureau. La nouvelle perspective d'Elisa sur la pièce la pris au dépourvu (toutes les fois où elle était venue ici, elle s'était trouvée en face de Dumbledore, pas à côté de lui), mais elle ne protesta pas, et prit une première lettre.
– Euh, qu'est-ce que je dois faire exactement ? Professeur ?
– Ah, fit Dumbledore avec un sourire d'excuse. La plupart des lettres sont identifiables par leurs sceaux. Celles avec un sceau de cire violette viennent du Ministère : mettez-les dans cette pile. Celles venant d'autres établissements officiels, comme St Mangouste ou le conseil d'administration, dans cette pile. La correspondance privée dans cette pile. Une fois ce tri préliminaire achevé, il faudra trier chaque pile par ordre de priorité.
Elisa grimaça, mais obéit. Elle posa plusieurs lettres au sceau violet sur une première pile, puis mit une lettre au sceau bleu (le sceau de St Mangouste) sur une autre, puis une autre… C'était un travail répétitif, et au bout d'un moment, Elisa commença à se détendre.
Elle aurait pensé que le directeur insisterait pour parler, mais apparemment il la laissait tranquille. Ce qui était une bonne chose, parce qu'Elisa ne savait pas si elle voulait lui parler. Savoir que Dumbledore pourrait éventuellement être de son côté (ou, de façon plus réaliste, Elisa serait de son côté), c'était une chose. Mais est-ce que ça devait la pousser à agir ? Et si oui, à agir pour faire quoi ?
Par exemple, parler à Dumbledore des Horcruxes serait facile. Ça lui transférerait toutes les responsabilités, tout le poids de cette quête. Mais Dumbledore n'avait pas particulièrement bien géré ça dans le canon. Et Elisa avait envie… Non, elle avait besoin de garder un œil sur l'affaire. Et qu'est-ce qui lui garantissait que Dumbledore la laisserait faire ? Le directeur avait pour habitude de prendre les infos, pas de les donner ni même de les partager.
Et c'était ça le cœur du problème, comprit Elisa. Elle ne voulait pas se confier à Dumbledore parce qu'il n'y aurait pas de réciprocité. Il essaierait de tout faire lui-même et de la garder dans l'ombre, et c'était une perspective qui… qui la terrifiait, en fait. Elle réalisa avec une certaine stupeur que l'idée de toute lâcher et de laisser les rênes à Dumbledore (ou à quiconque) lui tordait l'estomac de frayeur. Depuis seize ans, elle se battait pour garder le contrôle sur le destin. Perdre tout ça, c'était une perspective qui l'horrifiait.
Et pourtant, est-ce qu'elle avait le choix ? Elle devrait bien impliquer Dumbledore à un moment où à un autre. Elle pouvait atteindre le diadème, mais le médaillon était à Square Grimmauld chez les Malefoy, et la coupe était à Gringotts. Elle n'arriverait jamais à les récupérer toute seule ! A un moment où à un autre, il faudrait qu'elle demande de l'aide à quelqu'un… Et ce quelqu'un serait sans doute Dumbledore.
Du coup, elle était dans l'impasse.
– Quelque chose vous pèse sur l'esprit, Miss Bishop ?
Dumbledore avait relevé le nez de son propre tas de courrier, et l'observait avec un intérêt poli, ses yeux bleus pétillants joyeusement. Elisa hésita. Si elle voulait vraiment parler de tout ça au directeur, c'était le moment.
– C'est compliqué, finit-elle par dire. Je ne pense pas que vous puissiez m'aider.
– Je peux toujours essayer, proposa le directeur.
Elisa chercha ses mots quelques secondes, mais il n'y avait aucun moyen d'être polie en disant ça. Comment présenter la chose, d'ailleurs ? Voldemort compte sur des Horcruxes pour revenir à la vie, mais si vous vous retrouvez impliqué, ça va finir par m'exploser à la figure. Qu'est-ce qui me garantit que vous n'allez pas essayer de tout gérer tout seul et vous retrouver avec une main putréfiée ?
Ouais, voilà. Pour le tact, on repassera. La Poufsouffle mâchonna sa lèvre un instant, fixant le directeur d'un air pensif. Le directeur, réalisa-t-elle distraitement. Il était le directeur de son école, et pourtant, elle ne l'avait jamais vraiment considéré comme tel. Il était une figure d'autorité qui faisait trembler tous les élèves de respect, mais elle n'en avait pas peur. Etait-ce pour ça que s'insurger contre lui avait été si facile ?
– Je ne sais pas si vous pouvez m'aider, commença-t-elle prudemment. Parce que je ne vous connais pas. Je veux dire, je connais le mythe.
Le mythe du grand-père bienveillant, avait-elle crié dans ce même bureau un peu plus d'un an plus tôt. Dumbledore eut le tact de ne pas le lui rappeler.
– Et je sais quel genre de décision vous prenez, continua-t-elle une touche plus froidement.
Elle n'avait pas oublié qu'Harry avait été abandonné chez les Dursley pendant dix longues années. Elle n'avait pas non plus oublié que l'école avait servi de piège pour capturer Voldemort, au mépris du danger posé aux élèves. Et elle n'avait pas non plus oublié que, alors que les élèves Nés-Moldus étaient pétrifiés à droite et à gauche, Dumbledore n'avait pas jugé utile de prévenir leurs parents, comme si les Moldus n'étaient pas digne de savoir ce qui arrivait à leurs enfants.
– Et vous ne me faites pas confiance, acheva Dumbledore.
Elisa redressa le menton avec défi :
– Non.
Le directeur la scruta par-dessus ses lunettes en demi-lune, puis eut soudain l'air très fatigué.
– C'est justifié. Je vous ai fait défaut à plusieurs reprises. Et les gens qui ont un jour fait confiance à Tom ont toujours eu du mal à s'ouvrir aux autres par la suite.
Stupidement, Elisa ne s'attendait pas à ce qu'il évoque Tom, et ça lui fit un choc. Elle posa ses mains sur ses genoux pour serrer les poings de toutes ses forces, réprimant le picotement de ses yeux.
Tom est mort, songea-t-elle férocement. Il ne devrait pas avoir le pouvoir de me faire sentir aussi mal. Il ne devrait plus avoir le pouvoir de me blesser ou de me faire peur. Ce n'est pas juste ! Je devrais être plus forte que ça !
Mais, aussi longtemps qu'il y aurait des Détraqueurs dans ce monde, Tom ne mourrait pas vraiment. Elle transportait son souvenir comme un parasite, et elle ne pourrait jamais s'en débarrasser.
– Ça n'a rien à voir avec Tom, finit-elle par dire après avoir inspiré profondément à plusieurs reprises pour calmer les battements paniqués de son cœur. Je suis quelqu'un de réservé, c'est tout.
Dumbledore haussa un sourcil. Il n'en croyait pas un mot. Elisa baissa les yeux : après tout, elle non plus, elle n'y croyait pas une seule seconde.
– Des sorciers et des sorcières bien plus expérimentés que vous ont été bernés par Tom Jedusor, fit Dumbledore avec douceur. Et beaucoup d'entre eux sont encore affectés parce qu'ils ont fait pour lui, par les décisions qu'ils ont prises sous son influence. Il n'y a rien de honteux à cela.
– Est-ce que cette conversation est vraiment nécessaire ? marmonna la jeune fille entre ses dents serrées.
Elle n'avait pas réalisé que parler de Tom à voix haute l'affecterait autant. Elle pensait à lui souvent, très souvent même. Mais en discuter avec quelqu'un d'autre semblait soudain rendre la chose plus réelle. Elisa sentait sa gorge se nouer, et elle n'arrivait pas à s'empêcher de penser à la voix de Tom et à son sourire lorsqu'elle l'avait vu lors du match de Quidditch.
– Elle l'est, déclara fermement le directeur. Vous me disiez que cela n'avait rien à voir avec Tom. Au contraire, je pense que vous êtes encore affectée par lui.
– Oh, vraiment ? lâcha Elisa avec colère. Est-ce que vous avez eu cette conversation avec Drago Malefoy aussi ?
Dumbledore haussa un sourcil :
– Il se trouve que oui, au début de l'année. Je n'ai pas ressenti le besoin de m'adresser à vous, car vous sembliez vous en sortir sans mon aide.
Elisa marqua un temps d'arrêt. Le canon n'avait jamais mentionné si Dumbledore avait discuté avec Ginny après l'épisode de la Chambre. Elle avait supposé que non, mais… C'était le genre de chose qui aurait complètement échappé à Harry dans les livres. Après tout, dans le canon, Harry était aussi observateur qu'une brique…
Elle s'appuya contre le dossier de sa chaise, soudain très fatiguée :
– Et alors ? Je vois Tom dès que je passe près des Détraqueurs, ça serait un mensonge de dire que j'ai tout laissé derrière moi. Et alors ? Qu'est-ce que je peux y faire ?
Dumbledore semblait s'être assombri à la mention des Détraqueurs, une émotion indéfinissable passant dans son regard.
– Faites-vous des cauchemars ?
– Ça arrive, lâcha Elisa en haussant les épaules avec une feinte indifférence. Je rêve du moment où Lockhart a essayé de me briser le crâne, et du hurlement de Quirrell quand Harry l'a tué. Je rêve que je n'arrive pas à réveiller Ron Weasley dans la salle des échecs, ou que je n'arrive pas à réveiller Drago Malefoy dans la Chambre des Secrets. Et oui, je rêve de Tom. Ce ne sont que des rêves. Et vous, qu'est-ce qui alimente vos cauchemars, professeur Dumbledore ?
Elle avait lancé sa question sur le ton du défi. Elle ne pensait pas qu'il répondrait. Elle voulait juste qu'il se taise, qu'il parle d'autre chose que Tom Jedusor !
Pourtant Dumbledore ne cilla pas. Au contraire, il la fixa en silence une seconde. Puis, sans la quitter des yeux, il poussa un profond soupir :
– La mort de mes parents. La mort de ma jeune sœur, surtout. Mon duel avec Grindelwald. Les batailles menées contre Voldemort et ses partisans. Les tombes de tous les gens que je n'ai pas sauvés, le visage de ceux dont la vie a été brisée… Je suis beaucoup plus vieux que vous, Miss Bishop : j'ai beaucoup plus de fautes à contempler.
Elisa se sentit brusquement honteuse, et baissa les yeux. Elle ne s'était pas attendue à ça. C'était un rappel assez brutal qu'elle n'avait que seize ans (ou trente-neuf, si on comptait sa vie précédente), et que malgré tout ce qu'elle avait vécu, elle avait eu une vie globalement assez heureuse. Dumbledore avait traversé la deuxième guerre mondiale, la guerre contre Voldemort… A l'échelle de tout ce qu'il avait subi, l'expérience d'Elisa paraissait insignifiante.
– Est-ce que ça passe ? finit-elle par demander.
Dumbledore sembla hésiter un instant. Son masque jovial avait complètement disparu, et il avait l'air inhabituellement grave et soucieux. Puis il soupira :
– On s'y habitue. Les souvenirs s'émoussent.
Puis, avec un mince sourire et un léger pétillement dans ses yeux bleus, il ajouta d'un ton plus léger :
– Les bonbons au citron aident beaucoup.
Elisa ne put s'empêcher de sourire aussi, remarquant que le bol de bonbons au citron, malgré l'énorme pile de courrier, était resté en équilibre précaire sur un angle du bureau.
– Je préfère les caramels.
– Je m'en souviendrai, promit le directeur.
Ils se remirent à trier le courrier. L'esprit d'Elisa revint à ce que Dumbledore avait dit, retournant le problème en tous sens. Elle laissait encore Tom l'affecter… Et c'était sans doute pour ça que ses émotions étaient à fleur de peau, qu'elle se mettait si facilement en colère. Parce qu'elle était devenue plus impulsive, et qu'elle avait perdu en contrôle de soi ce qu'elle avait gagné en agressivité et en détermination. C'était une hypothèse assez évidente, mais qui lui déplaisait profondément. Elle était supposée être plus forte que ça ! Bon sang, est-ce que Tom ne cesserait jamais de lui voler sa vie ?!
Plusieurs minutes passèrent. Ils achevèrent leur tri, puis Dumbledore se mit à classer les lettres personnelles tandis qu'Elisa classait celles envoyées par le Ministère.
– Professeur ? finit-elle par craquer. Qu'est-ce que vous avez dit à Drago Malefoy ?
– C'est entre lui et moi, fit le directeur dont les yeux pétillèrent joyeusement. Mais je lui ai dit qu'il pouvait toujours faire appel à moi s'il avait besoin d'aide ou de conseils. C'est une offre qui s'étend à vous également, Miss Bishop.
Elisa rumina ces mots quelques instants. C'était vraiment bizarre de parler à Dumbledore sans aucune hostilité. Bizarre, aussi, d'envisager de l'avoir comme allié, alors qu'elle s'y serait totalement opposée quelques mois plus tôt. Sa façon de voir Dumbledore avait radicalement changé depuis le début de l'année. C'était comme si le directeur faisait activement des efforts pour mettre fin à leur animosité.
Peut-être qu'il se sentait coupable à cause de l'histoire du journal. Ou peut-être qu'à force de fourrer son nez dans les affaires des autres, Elisa avait vraiment retenu son attention. Qu'il la voit comme un danger ou comme un pion, Dumbledore ne pouvait pas ignorer qu'elle provoquait des changements majeurs partout où elle mettait les pieds !
Ça, et le fait que le parcours que suivait Elisa ressemblait beaucoup au sien. La jeune fille supposait que directeur gardait aussi un œil sur elle pour éviter que l'histoire se répète et qu'elle commette les mêmes erreurs.
– J'y penserais, finit-elle par dire.
– Je ne peux pas vous aider si vous ne m'en donnez pas l'occasion, fit le directeur avec gentillesse.
Elisa pinça les lèvres. Peut-être, mais elle ne lui faisait toujours pas confiance pour s'occuper tout seul des Horcruxes. Elle ne lui faisait pas confiance pour grand-chose, en fait. Dumbledore avait la sale habitude de laisser tomber ceux qui se fiaient à lui. Oh, il était un allié puissant : mais il n'était pas fiable, honnête, ou loyal. Et pour une Poufsouffle, c'était une condition sine qua non.
Elle aurait pu lui parler de son enquête sur Sirius, et de la négligence des profs que tous les témoignages avaient mis en reliefs. Ça règlerait deux problèmes d'un coup : Dumbledore serait obligé de réaliser que l'école devait changer, et Elisa serait débarrassée du fardeau des témoignages des gens sur les Maraudeurs. Honnêtement, ça lui pesait sur les épaules comme un poids physique : elle n'aimait pas vraiment lire ces trucs, mais elle n'arrivait pas à s'en empêcher.
Mais d'un autre côté, si Dumbledore tombait sur ces infos, la première chose qu'il ferait serait de cuisiner Lupin. Et là, combien de temps avant que le loup-garou ne craque et n'avoue tout, y compris le fait que Sirius était un Animagus ?
Du coup Elisa devait garder ça pour elle. La lâcheté de Lupin et les illusions de Dumbledore étaient, pour l'instant, les seules choses qui protégeaient le secret de Sirius Black… Et son unique chance de survie.
Elisa finit par pousser un profond soupir. Elle en revenait à son point de départ. Les Horcruxes étaient toujours dans la nature et Voldemort allait tenter de revenir (et échouer, si Elisa réussissait à dévier le canon à nouveau) dans à peine plus d'un an. Elle ne pouvait pas gérer ça toute seule. Oh, elle ne faisait toujours pas confiance à Dumbledore… Mais il faudrait l'impliquer, à un moment où à un autre.
– Le journal de Tom, commença-t-elle prudemment. J'ai fait des recherches sur ce que c'était.
– Oh ? fit Dumbledore d'un ton neutre. Et avez-vous obtenu des résultats ?
Elisa haussa les épaules, gardant les yeux fixés sur la pile de courrier qu'elle triait :
– Plus ou moins. Ma mère a un grimoire sur les formes d'immortalités, j'ai commencé par là. Le problème est que la majeure partie du texte est en hongrois, et que je ne comprends que les extraits qui sont en allemand, alors mes recherches n'ont pas été très complètes. Mais j'ai trouvé une bonne piste.
Du coin de l'œil, elle vit que Dumbledore s'était immobilisé. Elle inspira un grand coup, puis lâcha d'une traite :
– Je crois qu'il y avait une partie de son âme dans ce journal. On appelle ça un Horcruxe : une des manières les plus horribles de s'assurer l'immortalité.
Voilà, elle l'avait dit. Elle ne pouvait plus revenir en arrière. Elle cligna des yeux, presque surprise que ça ait été si facile. Elle se serait attendue à avoir le trac, à ce que la gravité de cette décision pèse sur elle comme une chape de plomb. Bouleverser le canon de cette façon aurait dû avoir un effet plus dramatique, non ?
– Et comment êtes-vous arrivée à cette conclusion ? s'enquit Dumbledore.
Elisa fronça les sourcils, retraçant mentalement tout son alibi pour avoir découvert le pot-aux-roses, et se justifia :
– Toute chose douée de conscience a un esprit, sinon une âme. Alors j'ai cherché dans le grimoire les références aux esprits enfermés dans des objets par la magie noire. Le fait d'enfermer un morceau d'âme dans un objet pour s'assurer de survivre à un coup mortel… C'était ce qui semblait le plus correspondre à la situation. Pourquoi, vous pensez que j'ai tort ?
Elle releva enfin les yeux sur le directeur, et eut presque un mouvement de recul. Le visage dépourvu de toute jovialité, le regard perçant et le dos droit, Dumbledore semblait presque un autre homme. Ses yeux bleus avaient un éclat glacé, et Elisa se rappela soudain avec la brutalité d'un seau d'eau froide en pleine figure que cet homme était le sorcier le plus puissant de son temps.
Puis l'aura de danger sembla se dissiper d'un coup, et il ne demeura plus que le bon vieux directeur qu'elle connaissait depuis des années. Un directeur à l'air vieux et fatigué, qui se massa les tempes dans un geste inhabituel de lassitude. La rigidité de sa posture n'avait pas tout à fait disparu, et ses yeux étaient dénués du moindre pétillement amusé : mais il n'était plus le guerrier qu'il avait semblé être une seconde plus tôt.
Elisa resta figée sur sa chaise. Elle avait cette drôle d'impression qu'on éprouve quand un accident mortel vous loupe de quelques centimètres à peine.
– Ce dont vous parler consiste en un rituel très noir, fit Dumbledore à mi-voix sans la regarder. Vous ne devriez pas vous y intéresser.
– Vous pensez que je voulais apprendre ce genre de truc ?! lâcha Elisa avec indignation.
Dumbledore sourit faiblement, une ombre d'amusement dans le regard, puis reprit un air grave :
– Non, vous avez raison. Je m'excuse pour cette insinuation, Miss Bishop. Mais il s'agit d'un terrain dangereux. Vous devez me promettre de ne pas faire davantage de recherches sur ce sujet.
Elisa pinça les lèvres et hésita, même si elle n'avait pas l'intention de refuser. Elle chercha cependant à faire un compromis :
– Et si je trouve quelque chose d'utile ?
– Miss Bishop, lâcha Dumbledore d'un ton d'avertissement. La magie noire est dangereuse. Si vous vous y intéressez, même sans la moindre intention de l'utiliser, elle finira par vous engloutir. Des sorciers biens plus sages et intelligents que vous ont tenté l'expérience !
Elle n'avait encore jamais vu Dumbledore s'énerver, et elle sursauta presque. Elle eut un mouvement de recul sur sa chaise, levant les mains comme pour se rendre :
– D'accord, d'accord ! Plus de recherches.
Le directeur poussa un profond soupir. Il semblait soudain très las. Il jeta un regard à la montre qui se trouvait à son poignet (et, avec un choc, Elisa réalisa qu'il s'agissait d'une montre digitale : un modèle doré aux motifs pourpres, qu'il avait dû acheter à B&B). Puis il adressa un mince sourire à la Poufsouffle :
– Votre retenue est finie, Miss Bishop. Vous pouvez retourner dans votre dortoir. Je vais vous raccompagner jusqu'à l'escalier : c'est sur mon chemin.
– Votre chemin ? répéta Elisa en se levant.
– En effet, déclara le directeur d'un air pensif. Il semblerait que je doive retirer certains livres de la bibliothèque.
Sans doute les livres de la Réserve sur les Horcruxes. Elisa se souvenait vaguement que Dumbledore avait retiré ces livres de la bibliothèque durant la sixième année d'Harry, quand il s'était véritablement concentré sur la quête des Horcruxes.
Elle venait de donner au directeur trois ans d'avance sur le canon. Et elle espérait très fort que ce n'était pas une connerie magistrale…
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BWAHAHAHAHA.
Bref ! J'espère que vous avez aimé parce que c'est riche en rebondissement ! Et pour une fois, mes deux bêtas ont aimé ce chap' : celle qui ne peut pas saquer Elisa, et celle qui l'adore xD
Bref ! Je vous rappelle vos choix pour le vote...
- Astoria Greengrass (répartie à Poufsouffle, Elisa l'a sauvé d'un Détraqueur dans le train)
- Ambre Kwebena (répartie à Poufsouffle, Née-Moldue métisse, fille d'une Cracmol)
- Benji Nkomo (réparti à Poufsouffle, Sang-Pur marocain)
- Melody Faucett (répartie à Gryffondor, Sang-Pure, vient du même village qu'Elisa)
- Octave Faucett (réparti à Serpentard, jumeau de Melody)
- Romilda Vane (répartie à Gryffondor, Sang-Mêlée, membre du CEM)
- Amélia Selwyn (répartie à Serdaigle, Sang-Pure, a commandé à Elisa un MagicoGlisseur, amie d'enfance d'Astoria)
- Devmani Balaji (réparti à Serdaigle, Sang-Pur, petit frère du Préfet des Serdaigle)
- Sarah Carter (répartie à Serpentard, Sang-Pure, vient d'une famille essentiellement Serdaigle)
- Matthew Debbs (réparti à Serpentard, Sang-Pur, emprunte souvent des bouquins au trafic de livres d'Elisa)
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A la prochaine !
