Hello tout le monde !
Pfiou, j'ai encore la tête dans le coton. Moi, grande asociale, je suis sortie faire la fête jusqu'à 4h du mat' avec le reste de ma promo, et je m'émerveille d'être rentrée en une seule pièce avec tout l'alcool que j'avais dans le sang. A ma décharge, j'adore le champagne. Mais bref. J'ai un peu mal à crâne et je suis contente d'avoir écrir les réponses aux reviews en avance, parce que je ne suis pas super-cohérente ce matin...
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Voici les réponses aux reviews !
Yo Elaia Gurialde ! Elisa en mode violente ressemble à Eutropia ? Hum, pas faux. Et pas très rassurant, sachant qu'elle ressemble aussi à Tom Jedusor x) Bref ! Oui, c'est toujours un défi d'écrire sur Dumbledore, mais c'est trèèèès satisfaisant. Pour les nouveaux profs, que veux-tu dire ? A Poudlard ? Quant aux Horcruxes, je ne dit rien, c'est un spoiler important !
Salut IceQueen38 ! Oui, c'est fort en Chocapic xDDDD Et Elisa ne sera jamais débarrassée de Tom... Quand on voit comment les gens normaux ont du mal à se débarrasser de traumatismes ou d'habitude ancrées en eux par le conditionnement, imagine un peu la difficulté pour Elisa de se débarrasser d'une distorsion de son esprit... Mais bon. Elle va faire avec, et apprendre à maîtriser ce côté Berserk...
Coucou Aomine ! Quand Elisa s'était élevée contre Dumbledore, les Poufsouffle ne l'avaient pas suivis... Pas du tout même. Pour l'histoire du troll, les gens la regardaient en coin (seule Jojo approuvait), et pour l'histoire de la pierre philosophale, elle s'est carrément engueulée avec tout le monde. Les Poufsouffle suivent Elisa plutôt que Tamsin (ou, dans une moindre mesure, McGonagall : leur réaction aurait été très différente si Elisa ne s'était pas excusée), mais elle n'est pas le grand manitou non plus...
Hello Kuro No Kage ! Oui, plein d'infos partout, mwahahahaha ! Et effectivement, voir Elisa péter les plombs (et l'écrire, aussi) c'était un peu comme de voir un train dérailler. Tu sais que c'est une méga-catastrophe, que ça va trop loin, mais tu es fasciné par l'explosion finale qui va en résulter...
Oui, Gilgalad Swiftblade, Elisa a carrément du mal à faire preuve d'humilité... Et ça va lui rester toute sa vie je pense x) Chacun ses défauts ! En revanche, ce côté impulsif et brutal, c'est nouveau, et elle-même découvre que ça ne lui plaît pas du tout. Tamsin avait raison : Elisa aurait dû agir autrement. Son comportement a impressionné les gens (crier sur McGo a quelque chose d'épique), mais il les a surtout choqués.
Salut Lune Pourpre ! Oui, Dumbledore a beau endosser le rôle du gentil grand-père bienveillant, il est quand même un politicien sans pitié et c'est un truc qu'il ne faut surtout pas perdre de vue. Elisa a bien conscience que si elle lui donne la moindre miette d'informations, elle va rapidement se faire aspirer dans ses intrigues et ses machinations, et qu'elle ne saura pas rester à flot...
Cet enthousiasme DreamerInTheSky xDDD Cela dit, Tamsin et Elisa ne sont pas particulièrement proches. Elles s'estiment, se respectent, et s'entendent bien... Mais Tamsin est quelqu'un qui reste très à l'écart du groupe, qui ne s'ouvre jamais aux autres, etc. C'est pour ça qu'il si facile aux autres de ne pas lui parler : ils ne lui adressent déjà la parole qu'assez occasionnellement...
Yep Maman bouba, chapitre de fou x) Pour le psychomage : apparemment, chez les sorciers, c'est très rares que quelqu'un reçoive des soins concernant sa santé mentale. Regarde Maugrey, Rogue, etc. Les gens préfèrent dire "oh, il est bizarre" ou "oh, la guerre l'a rendu parano et agressif", et s'arrêter là. Rechercher des idées de soin ne leur vient pas à l'esprit, parce que pour eux, le concept de "normalité" s'étend assez loin... Et ça englobe les comportements les plus excentriques. BREF ! Pour les Horcruxes : je développerai ce que Dudu savait (ou pas) dans le bonus spécial, parce que c'est vraiment une réponse trop longue. Mais en bref, même s'il avait envisagé le concept d'Horcruxe, il n'en avait pas la confirmation. Dans la saga canon, je pense qu'il n'est sûr de lui que vers la fin de la cinquième année (à cause des visions d'Harry, et de recherches faites de son côté).
Hello Elesdei ! Oui, Tamsin aurait pu prendre Elisa à part, mais justement, Elisa n'a pris McGonagall à part lorsqu'elle voulait lui faire des reproches. C'est devenu quelque chose de public et d'humiliant, et c'est un peu pour ça que Tamsin a fait ses proches devant un public elle aussi. Elisa s'est fait renvoyé la balle, et c'est une leçon qu'elle doit garder en mémoire x)
Tiens donc Niakovic, tu penses qu'Elisa aurait dû garder le secret plus longtemps sur les Horcruxes ? Mais c'est vrai que ça devient de plus en plus urgent... Et qu'elle avait une rare opportunité de parler sans hostilité avec Dumbledore. Qu'aurait-elle dû faire, d'après toi? Et ce n'est pas dit que ça rapproche la bataille finale... Même si, c'est vrai, pour l'instant, ça va dans ce sens : mais ça tient aux actions d'Elisa plus qu'à sa révélation à Dumbledore x)
Bien vu, Guest qui n'a pas laissé son nom (et qui a remarqué que Cédric était le seul à voir arriver la catastrophe xD). Elisa monte sur ses grands chevaux quand elle pète les plombs, que ce soit face à Dumbledore ou face à McGonagall ! Sauf que là, c'était en public, c'était déplacé. Elle aurait du régler ça de manière plus discrète, pas se donner en spectacle...
Salut Claroushka ! Tu n'es pas la seule à qui Elisa court sur le haricot, ma Bêta ne peut pas la blairer non plus xD Heureusement, Tamsin lui a donné une petite leçon d'humilité...
Yo Debralovelove ! Oulà, la question des Détraqueurs ets tellement épineuse, je vais y répondre dans le bonus. Sinon, pour les défauts de Dumbledore... On ne les vois pas tellement dans la saga canon, parce qu'on voit Dumbledore au travers des yeux de Harry, qui n'y pense pas, qui ne comprend pas. Ce n'est qu'en prenant du recul (relire les livres plusieurs années après, lire des méta et de longs posts sur le sujet...) que tu réalise tous les détails, tous les problèmes des personnages. Y compris Saint Dudu x)
Eh oui Leaulau, c'est injuste que les enfants n'aient pas le droit de crier sur les adultes, mais c'est comme ça. Cela dit, McGonagall méritait de se faire recadrer. Peut-être pas comme ça, mais elle avait effectivement fait un connerie et il fallait lui mettre le nez dedans x) Enfin bref ! Oui, Elisa gagnerait en sagesse si elle côtoyait Dumbledore. Elle serait aussi de plus en plus sous son emprise, il apprendrait de plus en plus comment tirer les ficelles, comment elle fonctionne... Et ça file la chair de poule à Elisa, elle se méfie beaucoup trop de lui xD Ils vont collaborer... Mais ne t'attends pas à ce qu'ils se fassnet des bracelets d'amitié non plus.
Tout à fait Mayoune, Elisa a carrément un complexe du Sauveur. Elle pense que tout repose sur elle, qu'elle doit tout arranger, tout réparer, que c'est limite sa mission divine. Comme l'héroïne du'n jeu vidéo, effectivement. Mais... C'est assez logique, de son point de vue (et du mien). Est-ce que ce n'est pas ce que toi tu penserai si tu débarquais dans un univers de fiction, si u te mettais à aimer des gens tout en sachant que le destin les destine à quelque chose de terrible ? Evidemment que tu voudrais tout arranger pour que toi et tes proches ayez le parfait happy end...
Salut Allan Eddem ! Oui, Elisa en prend plein la tronche x) Ca arrive à tout le monde de faire des erreurs... Et il est grand temps qu'elle réalise qu'elle aussi, elle peut faire fausse route, ou faire preuve d'excès. Pour ce qui est de Dumbledore, en revanche...Il pourrait prendre les conseils d'Elisa en considération. Il pourrait. Mais il n'a tout simplement pas le temps de gérer Poudlard au quotidien, alors il laisse ça à McGo, qui elle aussi est débordée... Au final, ça ne risque pas d'avancer.
Ah ah Seilax, en effet Elisa souffre dans ce tome x Le tome 1 était une introduction, le tome 2 était une métamorphose, et le tome 3 est une prise de conscience. Et ce n'est jamais très agréable. Mais t'inquiète, je ne vais pas la faire souffrir non-stop xDDD Il est juste grand temps de réduire un peu son ego !
Hello Streema ! Ne t'en fait pas pour Tamsin : elle ne parle généralement pas aux gens, donc le fait que beaucoup de Poufsouffle la boudent, ça ne l'affecte pas autant que ça affecterait quelqu'un qui est sociable (comme risha ou Cédric ou Elisa). Et yep, sa relation avec Dumbledore a pris un sacré tournant maintenant qu'elle lui a parlé des Horcruxes. Mwahahaha. On verra ce que ça donne. Quant à la boutique de farces et attrapes... Elisa va soutenir les jumeaux, mais pas autant qu'Harry dans le canon.
Coucou BlancheEner ! Ouais, Elisa a du culot face à Dumbledore. Mais moi aussi, face à des figures d'autorités, je me mets souvent à dire n'importe quoi. Le coup de caramels, je l'aurais fait à coup sûr x) Mais bref ! Ah ah, tu n'aimes pas McGonagall ? C'est vrai qu'elle est sèche et dure. Mais elle a un bon fond, et dans certains passages du canon, elle est géniale ("vous avez crié sur Ombrage ?" "Oui." "... Prenez un biscuit, Mr Potter."). Alors bon, sans dire que je l'aime bien, j'ai du respect pour son personnage.
Yo AndouilleEtSushi ! Yep, Elisa va vraiment bosser la maîtrise de ses émotions, même si elle mettra un certain temps à vraiment compartimenter son esprit (on aura des résultats dès la fin du tome 3, cela dit, et ça sera encore plus apparent dans le tome 4). Eh oui, elle a quand même des pulsions de rage qui lui font perdre le contrôle d'elle-même, il y a de quoi flipper. Il faut ABSOLUMENT qu'elle prenne du recul : elle veut être quelqu'un qui maîtrise la situation, et comment faire ça si elle ne se maîtrise pas elle-même ? Bref, y a de l'Occlumancie à l'horizon x)
Bienvenue chez les fous Catoche ! Mwahahaha, oui, Elisa a un peu dépassé les bornes avec McGonagall. Et en allant voir le directeur, aussi. Mais... Au fond, la punition de Neville était effectivement injuste et dangereuse. Et il fallait qu'elle soit levée (ou modifiée)... Mais McGon aurait refusé de le faire si Elisa était venue la voir, ou même si Chourave était intervenue. C'était le seul moyen. Donc voilà, finalement, est-ce que ça ne valait pas le coup ?
Salut Hiyoru ! Yep, pour la classification "Sang-Pur ou Sang-Mêlé", tu es un Sang-Pur à partir du moment où tu as quatre grands-parents sorciers. Sinon, tu es Sang-Mêlé. Adrian a bien quatre grands-parents sorciers (l'un de ses grands-pères est Né-Moldu, donc sorcier), mais son ascendance n'est pas aussi "pure" que celle des Sang-Purs classiques x) Bref. Bien vu, les accès de colère d'Elisa sont inspirés de l'état émotionnel d'Harry dans le tome 5. Mais ça va se calmer, t'inquiète. Pour ce qui est des autres clubs de Poudlard, je voulais renouer avec durant ce tome... Sauf que c'est l'année des BUSES et que je veux vraiment faire en sorte qu'Elisa soit écrabouillée de travail simplement avec le supplément du CEM (et du Challenge, et ses inventions, et la préparation de Tourmaline...) ça devenait impossible. Mais je parlerai des clubs dans le Bonus Spécial si tu veux en savoir plus sur eux !
... Tu as du lire en diagonale Kovak, parce que j'ai l'impression que tu as manqué un certain nombre de trucs... Genre, oui, Elisa est arrogante et juge les gens qui l'entourent, c'est carrément le coeur de la saga. Elle see trouve dans un univers de fiction, elle a des tas d'idées préconçues sur les personnages. Elle pense tenir le monde dans le creux de sa main, elle pense changer l'univers pour le mieux. C'est arrogant, évidemment, en quoi vouloir changer le monde pourrait ne pas être arrogant ? On parle de la personne qui, dans le prologue du tome 1, clame que tout ce qu'elle fera sera forcément pour le mieux ! Et oui, elle juge les gens sur des critères arbitraires, mais dans le cas du petit Serpentard qui lit de la fiction Moldue, il s'agissais essentiellement de se dire "oui, il lit des histoires moldues sur des lions qui parlent et le pouvoir de l'amour, ce mec-là ne doit sans doute pas être un Mangemort". Elle a des tas d'idées préconçues parce qu'elle était déjà sa propre personne avant même d'être née. C'est pour ça qu'elle est sur la défensive face à Dumbledore depuis le tome 1, je ne vois pas pourquoi ça t'étonne ? Son aggressivité et sa brutalité, en revanche, datent de sa possession par Jedusor. Si tu en a vu des signes précurseurs avant le tome 3, c'est normal, c'est parce que la possession arrive dans le tome 2. Est-ce qu'il y a une erreur de cohérence ? Bref. Pour le côté secte : Elisa a subit une montée en flèche de popularité depuis le coup des Détraqueurs. Cela dit, les gens avec qui elle est en froid ne sont pas mis au ban de la société, c'est n'importe quoi. Elle s'engueule avec quelqu'un, et ses amis prennent son parti plutôt que celui de la personne qui lui a fait des reproches. C'est le fonctionnement normal de toute bande de collégiens prompts au drama. Sinon... Pour l'école des Cracmols : libre à toi de désapprouver, mais donner aux Cracmols le choix entre le monde sorcier et le monde magique me parait bien plus juste. Personne n'a envie de se retrouver coupé de sa famille, même avec une entrée au collège payée par la famille en question ! Et pour ce qui est du CEM, je ne vais même pas relever le fait que tu penses qu'un immigré doit abandonner sa "sous-culture" pour s'intégrer et que tout ce qui vient de son pays/famille d'origine n'a aucune valeur (et on va ignorer le fait que tu ait choisie un algérien pour illustrer ton idée brillante...).
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Passons à quelque chose de plus positif.
Le personnage du jour est (sans surprise) Astoria Greengrass !
Astoria Greengrass est une fille assez petite, avec un visage de poupée, des cheveux blonds et ondulés très long, et des yeux noisette. On la compare beaucoup à sa grande sœur Daphnée. Astoria est plus mignonne, avec ses joues rondes, mais elle est moins élégante et assurée. Contrairement à son aînée, Astoria n'est pas très intéressée par les apparences : c'est une rêveuse et une idéaliste.
Astoria a une grande sœur (Daphnée, qui a deux ans de plus qu'elle), un petit frère (Rhodri, qui a trois ans de moins), et une petite sœur (Meredith qui a quatre ans et demi de moins). Ses parents sont Maxwell Greengrass, et Allainah Greengrass née Celynen. Sa mère siège au Magenmagot.
Pour plus d'informations sur la famille Greengrass, voir la note sur Daphnée, au chapitre 5 du tome 2 de la saga.
Astoria a toujours vécu dans l'ombre de sa sœur aînée, Daphnée. C'est Daphnée la plus polie, la mieux habillée, la plus digne, la plus autoritaire, celle qui remplit le mieux le rôle de parfaite petite princesse. Astoria est plus proche de son petit frère Rhodri. Ils s'inventaient des histoires et jouent avec leurs figurines de dragons pendant que leur sœur restait prendre le thé avec les adultes. Objectivement, Astoria sait que sa famille est puissante et que des responsabilités pèsent sur elle : mais cela lui a toujours parut abstrait, parce qu'elle n'a jamais eu à endosser ses responsabilités.
Du coup, Astoria est toujours restée rêveuse et innocente, peut-être même un peu naïve. Elle voit toujours le monde avec beaucoup d'optimisme, elle imagine toujours le meilleur des gens. Elle est aussi d'une grande loyauté envers ses amis d'enfance. Quand elle se lie à quelqu'un, elle n'est pas prête de le lâcher !
Le Choixpeau a cependant hésité à placer Astoria à Serpentard (cela dit, dans le canon, rien n'indique qu'il l'y a mise : Astoria la Poufsouffle est peut-être canon !), car la fillette a de grands rêves. Elle se moque de la politique et de la renommée de sa famille, mais elle veut devenir Maître des Potions et être rendue célèbre par ses découvertes. Elle a une bonne mémoire, et elle est également très futée pour son âge. Elle n'a pas une once de méchanceté en elle, et donc l'idée de réduire ses adversaires en purée ne lui vient pas à l'esprit : mais Astoria est rusée, elle sait se faire aimer, et elle a une sorte de sixième sens pour deviner si telle ou telle personne est digne de confiance. Son intuition est toujours juste.
La meilleure amie d'Astoria est une Née-Moldue, Ambre Kwebena. Elles se sont rencontrées dans le Poudlard Express, après qu'Astoria ait été attaquée par un Détraqueur et qu'Elisa l'ait mis en fuite. Ambre s'est collée à Astoria, autant pour la protéger que pour se rassurer elle-même, et depuis, elles sont inséparables. Elles ont deux caractères totalement complémentaires. Ambre est féroce mais abrupte et un poil solitaire, tandis qu'Astoria est douce et un peu timide, mais intuitive, et sociable, et douée avec les gens. Même leur apparence évoque les opposés : Ambre a la peau sombre, les cheveux noirs et frisés, et des vêtements Moldus un peu trop grands, tandis qu'Astoria est pâle et blonde, impeccablement habillée à la mode sorcière. Elles forment un drôle de duo, qui est devenu incontournable chez les Poufsouffle de leur année.
Astoria a aussi des amis qu'elle connaissait avant d'entrée à Poudlard : Matthew Debbs et Sarah Carter, deux Serpentard, et Amélia Selwyn, une Serdaigle. Elle est aussi amie, bien entendu, avec Elisabeth Bishop et ses amis Cédric Diggory et Trisha Buttermere.
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Voilàààà.
Pour le vote de la semaine prochaine, je vous propose de revenir à la promo d'Elisa et plus particulièrement aux Serpentard. Eh oui, il me semble que Heather Thatcham a été la seule que j'ai présentée ! Choisissez donc parmi les suivants :
- Tabitha Bainbridge (unique Née-Moldue de sa Maison, membre du CEM, amie d'Heather)
- Adélaïde Murton (Sang-Pure snob, chef des filles puristes de son dortoir)
- Imogen Stretton (Sang-Pur et puriste, a un frère jumeau à Serdaigle)
- Holden Ledbury (Sang-Pure et meilleure amie d'Adélaïde)
- Adrian Pucey (Sang-Pur, Poursuiveur dans son équipe de Quidditch, meilleur ami de Terence)
- Terence Higgs (Sang-Mêlé, membre du CEM, mailleur ami d'Adrian)
- Cassius Warrington (Sang-Pur et Puriste, Poursuiveur de l'équipe de Quidditch, déteste farouchement Elisa)
- Miles Bletchey (Sang-Pur, cousin d'Elisa et héritier de sa famille, Gardien de l'équipe de Quidditch)
- Darius Berrow (Sang-Pur, ami de Warrington, une vrai armoire à glace)
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Allez, je ne vous fait pas attendre davantage. Voilà le chapitre !
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L'Allée des Embrumes
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Elisa termina le Glisseur pour Zacharias le vendredi de la même semaine. Elle n'avait pas très envie de voir des gens : elle se sentait déprimée par sa prise de conscience, repenser à son coup d'éclat l'emplissait toujours d'un profond malaise, et elle sentait la honte lui brûler l'estomac dès qu'elle croisait un prof. Se concentrer sur un Glisseur, c'était plus sûr.
Elle acheva donc sa commande en un temps record. C'était un modèle en bois brun chocolat, bordé de métal couleur de bronze. Il était encore plus performant que le Skywalker de Malefoy. Elisa avait hésité un long moment sur le nom, avant de finalement nommer cette planche Starship. Peu de gens saisiraient cette allusion à la culture de la science-fiction Moldue, mais au moins Zacharias trouvait que c'était un nom très cool.
C'était également le week-end du match Poufsouffle-Gryffondor. Même si Gryffondor emporta la victoire d'un cheveu (au final, c'était le talent de Batteurs de Fred et George qui avait fait la différence et permit à Harry de chopper le Vif), les Poufsouffle célébrèrent leur score magnifique jusque tard dans la nuit. Ils étaient garantis d'être en finale pour la Coupe de Quidditch, et c'était un excellent motif de réjouissance.
Elisa décida de sortir de sa carapace, et profita de l'occasion pour faire la paix avec Tamsin. Même si elle lui en voulait toujours un peu, elle n'aimait vraiment pas voir sa Maison divisée par des disputes. D'autant plus que sur ce coup, c'était elle qui avait eu tort et qu'elle en était toujours mortifiée. Alors elle ravala son ego et dit à Tamsin qu'elle travaillait sur sa gestion de sa colère. Du coup Tamsin s'excusa pour son manque de tact, et ce fut réglé. Affaire suivante !
– Et tu travailles vraiment sur la gestion de ta colère ? fit Trisha d'un air dubitatif le lendemain.
Elles étaient en cours de Défense, et Lupin était en train de faire la démonstration du contre-sort à la Stupéfixion (le Charme de Réanimation) sur Lee Jordan. Elisa et Trisha faisaient cependant partie des élèves qui avaient maîtrisé ce sort pour le Challenge (Elisa l'avait appris grâce à Tom, et l'avait appris à Trisha durant un de leurs entraînements), et elles pouvaient donc se permettre de ne pas écouter ce qui se disait.
– Vraiment, confirma Elisa.
Elle entrouvrit son sac et, utilisant discrètement la Force, fit sauter dans sa main son livre sur les techniques de méditation menant à l'Occlumancie. Elle avait feuilleté ce bouquin durant l'été, et avait appris quelques exercices de base, mais elle ne s'y était pas vraiment plongé. C'était une erreur qu'elle était en train de rectifier.
L'Occlumancie était l'art de rester en contrôle de son esprit. Et c'était exactement ce dont Elisa avait besoin pour prendre du recul à chaque fois qu'elle risquait de se comporter de façon trop… Eh bien, trop Gryffondor.
– J'essaierai de m'acheter un vrai bouquin sur l'Occlumancie pendant les vacances le mois prochain, rajouta-t-elle en refermant son sac. Je devrais pouvoir trouver ça à Obscurus Books ou dans l'Allée des Embrumes.
– L'Allée des Embrumes ? releva Cédric qui était assis à côté d'elles. C'est pas un peu… louche ?
Elisa sourit de toutes ses dents :
– C'est carrément louche. Mais la magie de l'esprit est considérée comme une branche de la magie assez obscure, alors j'ai toutes mes chances de trouver mon bonheur là-bas.
– Je pourrais venir avec toi ! s'enthousiasma Trisha. Isaac et moi, on rentre à la maison pour Pâques.
Les jumeaux Weasley, qui étaient assis derrière elles, poussèrent un identique grognement dépité. Ils restaient à Poudlard pour les vacances. Elisa le savait parce qu'elle avait demandé à Harry s'il voulait venir chez elle, et qu'il lui avait répondu qu'il allait rester pour tenir compagnie à Ron et Hermione.
– Vraiment ? fit Elisa avec soulagement. Ça serait bien, parce que j'y vais sans mes parents et euh… Aller toute seule là-bas, ça me fait un peu pétocher.
Trisha lui tapota la main d'un air moqueur :
– T'inquiète, va. Je te protègerai.
Elisa renifla avec amusement, puis Lupin l'interpella pour lui demander de faire une démonstration, et elle fut obligée de se concentrer sur le cours.
Les BUSES étaient de plus en plus proches, et la charge de travail des élèves ne cessait d'augmenter. Elisa était déjà en train de faire le tri parmi les matières qu'elle voulait garder pour l'année prochaine. Certainement pas les Potions, c'était sûr, ni l'Histoire de la Magie. Elle laisserait sans doute aussi tomber l'Astronomie : de toute façon, elle savait déjà tout ce qu'il fallait savoir, grâce à sa mère. En revanche, et à son grand désespoir, elle devait essayer d'avoir au moins un Effort Exceptionnel en Métamorphose : cette matière était prise en compte lorsqu'on voulait faire un Doctorat.
Elisa essaya donc de se montrer plus attentive en Métamorphose, d'être toujours polie envers McGonagall, bref, d'être sage comme une image. Elle se sentait toujours assez honteuse de ce qu'elle avait dit à la sous-directrice. Ok, elle avait été furieuse, mais elle savait que McGonagall vivait très mal la supposée trahison de Sirius, et ça avait été cruel de sa part de le lui rappeler.
Bref. Les jours passèrent, et les gens semblèrent oublier le coup d'éclat d'Elisa, à son grand soulagement. Son attitude respectueuse envers McGonagall semblait également contribuer à son pardon, et les professeurs cessèrent d'être si distants avec elle. Flitwick se remit à l'encourager avec chaleur quand il la mettait face à un sortilège difficile. Percy était toujours froid avec elle, mais il accepta dignement ses excuses, et se remit à lui adresser la parole.
Elle réparait son erreur, petit à petit.
Il y eut une séance du Challenge, où Elisa affronta Terence dans un match sans merci où elle fit la démonstration de plusieurs sortilèges appris grâce au Prince de Sang-Mêlé. Comme elle n'utilisait plus que des informulés lors des duels, à présent, elle avait un avantage incontestable. Elle finit par vaincre le Serpentard après plusieurs minutes de lutte acharnée, mais ça se joua à un cheveu.
– Quand on connaîtra nous aussi les informulés, ça ne sera plus aussi facile ! prophétisa Heather.
– Parce que ça, c'était facile ? gémit Elisa en essayant de reprendre son souffle
– De quoi tu te plains ? interjeta joyeusement Helen. T'es en finale ! Allez, Magister, en piste. C'est moi ton prochain adversaire !
Elisa un grognement de désespoir, mais suivi la Serdaigle dans l'arène. Personne n'avait de doutes sur l'issu du match, car Helen était plus ou moins imbattable, mais… Elisa pouvait au moins donner un bon spectacle.
Effectivement, elle se fit battre. Mais elle s'en sortit assez honorablement. Honnêtement, face à Helen Dawlish, c'était tout ce qu'on pouvait demander.
La jeune Poufsouffle continuait aussi à bosser sur ses inventions de sorts. Elle travaillait sur le Tremorem que le Prince de Sang-Mêlé n'avait jamais achevé, mais aussi sur un sort qui lui permettrait de manipuler une grande masse d'eau à sa guise, comme un fouet ou une pluie de flèches (combiné à un Glacius, ça serait sans doute très efficace). Sans oublier qu'elle travaillait toujours sur ses runes/kanji/gribouillis explosifs, et qu'elle s'exerçait régulièrement dans la Salle sur Demande pour adapter et modifier les sorts qu'elle connaissait déjà.
Si elle voulait faire un Doctorat, ça ne suffisait pas de connaître ses sorts. Il fallait les comprendre.
En Sortilèges, Flitwick se montrait d'ailleurs particulièrement exigeant. Pendant que le reste de la classe révisait le Charme du Bouclier, il apprit à Elisa le Charme Compressant. L'incantation était Deprimo. Malgré son nom, qui évoquait quelque chose d'assez léger, c'était un sort très complexe qui consistait à exercer une forte pression sur un objet jusqu'à le faire s'écrouler ou exploser. C'était une sorte de version plus localisée (et silencieuse) du Sortilège Explosif qu'Elisa adorait. Malheureusement, ce sort requérait beaucoup plus de contrôle que le bon vieux Expulso que la jeune Poufsouffle favorisait, et ses premiers essais lui explosèrent à la figure assez régulièrement. C'était une chance que ce sort ne soit pas prévu aux BUSES.
Mais bref, la vie continuait. Les cours aussi. Lupin organisa un examen blanc théorique, puis une séance de correction pour les aider à comprendre leurs erreurs. Babbling suivit son exemple et donna comme devoirs à ses élèves d'anciens sujets d'examens, pour leur donner une idée du degré de difficulté qui les attendait. Les élèves étaient de plus en plus stressés, et ils avaient de plus en plus de travail à faire le soir. Elisa commençait à avoir du mal à gérer son emploi du temps. Le temps qu'elle consacrait aux devoirs empiétait sur ses autres activités. Vers la mi-mars, elle décida tout bonnement de faire une croix sur ses entraînements au Challenge, ainsi que sur sa production de MagicoGlisseurs. Sinon, c'était tout bonnement intenable. Entre le CEM, ses révisions de sorts, ses exercices dans la Salle sur Demande (qui lui servaient aussi à se défouler), sa méditation tous les soirs pour apprendre l'Occlumancie… Elle essayait de se garder du temps libre, mais ce temps était souvent consacré à réviser avec ses amis ou à aider les élèves plus jeunes à faire leurs devoirs où à régler leurs problèmes.
Heureusement qu'elle n'avait plus à écrire de lettres, désormais. Eh oui ! Comme ses correspondants étaient essentiellement sa mère, Gwendolyn, et Lester, et que chacun avait désormais un miroir communicant… Ça facilitait nettement les conversations.
Et puis, c'était vachement pratique de pouvoir avoir les conseils de sa mère en direct quand elle faisait ses devoirs d'Astronomie ou de Runes.
D'ailleurs, en parlant de miroirs : Elisa acheva ceux destinés à Ron et Hermione, comme promis, et leur en fit cadeau. Du coup Fred et George en voulurent un aussi. Et Elisa vit là une merveilleuse occasion de résoudre un problème qui la tourmentait depuis plusieurs mois.
– D'accord, déclara-t-elle après que les jumeaux aient larmoyé presque dix minutes comme quoi ils se sentaient négligés et abandonnés. Je vous en offrirais un pour votre anniversaire… Mais je veux que vous fassiez quelque chose pour moi.
– Evacuer une aile du château ? proposa aussitôt Fred (ou George ?).
– Faire exploser les toilettes sous le postérieur de Warrington ? rajouta George (ou Fred ?).
– Organiser un feu d'artifice pendant la classe de Binns ?
– Nomme ton souhait, Magister, et Forge et Gred t'exauceront !
Elisa retint un gloussement, puis reprit son sérieux :
– Vous connaissez les moindres recoins du château, non ? Alors je veux que vous en fassiez une carte. Avec tous les passages secrets, etc.
Les jumeaux adoptèrent une expression curieusement neutre, et Elisa se força à garder l'air innocent.
– Une carte, répéta George (ou Fred). Pour en faire quoi, si ce n'est pas indiscret ?
Elisa haussa les épaules :
– J'aimerai bien découvrir de nouveaux passages secrets, ça serait cool. Et puis j'y mettrais un sort d'alarme qui m'avertirait si je risque de croiser le chemin d'un prof. Hum, par contre il me faudrait sans doute une sorte de sécurité sur cette carte, pour éviter qu'un prof ne veuille la confisquer…
– C'est un haut prix pour deux miroirs, lâcha Fred (ou George).
– Ah bon ? fit mine de s'étonner Elisa. Vous n'avez qu'à cartographier le château. C'est moi qui enchanterait le bazar. Ce qui ne va pas être de la tarte, d'ailleurs !
Elle n'en revenait pas d'avoir gardé un visage normal en disant ça, elle était stupéfaite de sa propre audace. Ça n'allait jamais marcher… Mais… Les jumeaux se regardèrent, et ce fut comme si une conversation silencieuse passait entre eux. Puis ils se retournèrent vers Elisa.
– Et si nous possédions déjà une telle carte ? sourit Fred.
– Qui montre tout le château…
– … Ainsi que les gens qui s'y trouvent…
– … Ou les passages secrets…
– … Et qui permet de repérer n'importe qui, n'importe où…
– … Et qui peut également se transformer en parchemin vierge pour pouvoir être cachée aux profs ?
Bingo. Elisa réprima transforma son air ravi en sourire simplement amusé, réprimant une folle envie de courir partout en hurlant de triomphe, et croisa les bras :
– Ben voyons. Si vous me trouvez cette merveille, je vous offre deux miroirs… et un Glisseur en prime. A condition que vous le prêtiez à Ron de temps en temps, bien sûr.
La mâchoire des deux Gryffondor se décrocha. Un Glisseur valait un prix faramineux. Mais le sourire de la Poufsouffle s'élargit : elle avait une planche déjà prévue pour eux. En effet, elle avait fabriqué un Glisseur pour les Weasley l'année dernière, comptant le leur offrir pour leur anniversaire. Ensuite, avec sa possession puis les Pétrifications, elle avait complètement oublié. Mais elle avait toujours la planche en stock.
– Deal ! s'exclama George.
– On revient tout de suite ! rajouta Fred en entraînant son frère vers la tour de Gryffondor.
Elisa secoua la tête, amusée. Puis elle appela Olly, et lui demanda d'aller chercher le Glisseur du modèle « Saugrenu », qui était stocké au Cottage des Erables, ainsi que deux miroirs communicants à B&B. Juste pour le fun, elle insista pour qu'il s'agisse de miroirs à main, avec un cadre enjolivé de petits lions.
Et c'est comme ça qu'Elisa entra en possession de la Carte du Maraudeur.
Elle écouta avec attention les instructions des jumeaux pour faire fonctionner la Carte, et s'émerveilla sincèrement devant la complexité de l'objet. On voyait bien que les Maraudeurs avaient été quatre à plancher là-dessus. Il fallait un petit génie des Runes (sans doute Peter), quelqu'un doué avec les sortilèges (Lupin, probablement), et beaucoup d'ingéniosité (James et Sirius, à tous les coups). Bon, ils n'avaient pas cartographié tous les passages. Elisa remarqua avec amusement qu'ils n'avaient jamais découvert les passages utilisés par les Serpentard pour passer sous le château jusqu'aux serres, ni les huit passages que les Poufsouffle se transmettaient de génération en génération.
N'empêche. Ça valait largement le prix qu'Elisa en avait payé. Deux miroirs et un Glisseurs qu'elle avait déjà en stock ? C'était bien peu, pour une relique des Maraudeurs !
La bonne chose à faire aurait sans doute été d'offrir la carte à Harry. Mais Elisa ne pouvait résister à la tentation d'étudier cette merveille de plus près, comme elle l'avait faire avec le livre du Prince de Sang-Mêlé. Cela dit, elle montra quand même la Carte à plusieurs personnes. Trisha, tout d'abord. Puis Cédric (après lui avoir arraché la promesse qu'il ne confisquerait pas l'objet). Puis, quelques jours plus tard, alors que Ron se plaignait que les jumeaux frimaient avec leur nouveau Glisseur, Elisa saisi l'occasion pour avouer au Trio qu'elle avait troqué le « Saugrenu » contre un objet enchanté bien plus utile. Comme elle s'en doutait, le Trio fut immédiatement fasciné par la carte.
– « Lunard, Queudver, Patmol et Cornedrue », lut Harry dans l'angle de la carte. On ne dirait pas des prénoms… Des surnoms, tu penses ?
– Ce n'est pas aussi classe que Magister, fit remarquer Hermione en admirant la carte. Mais ces quatre personnes étaient sans doute brillantes. Regarde, on voit l'identité de chaque personne sur la carte ! C'est un Sortilège d'Homonculus, à tous les coups, mais je ne savais pas qu'il permettait de suivre les déplacements des gens…
– C'est lié aux runes, expliqua Elisa en montrant les petits symboles dessinés dans les murs et contours du château. Elles actualisent le sortilège d'Homonculus de manière constante, et du coup, les points représentant les gens se déplacent sur la carte.
– Malin ! admira Hermione.
– Eh, je ne connaissais pas ce passage secret ! remarqua soudain Ron. Ni celui-là… Ni celui-là !
Elisa replia la carte, et la tapota de sa baguette en murmurant « méfait accompli ». Docilement, la Carte du Maraudeur se transforma en un parchemin usé, que la Poufsouffle rangea dans sa poche.
– Je ne veux pas que vous preniez de risques tant que Sirius Black est en vadrouille, les avertit-elle. Si j'ai de la chance, la carte va me permettre de le localiser.
Elle les fixa avec sérieux, et les trois Gryffondor hochèrent la tête, l'air grave. Puis Elisa craqua, et sourit jusqu'aux oreilles :
– Mais grâce à cette carte, je peux te faire sortir du château lors de la prochaine sortie à Pré-au-Lard, Harry !
– Quoi ?! s'indigna Hermione tandis que Ron et Harry s'enthousiasmaient. Non, c'est beaucoup trop dangereux ! Et Black, alors ?
– Il ne s'attendra pas à ce qu'Harry soit dehors, l'assura Elisa. Et puis, on le déguisera. Tu as entendu parler des charmes qui permettent de changer la couleur des cheveux, des yeux, la forme du visage ou du nez… ? Les Aurors utilisent ce genre de truc pour changer leur apparence quand ils sont sous couverture.
– Tu crois que ça se trouve à la bibliothèque ? demanda avidement Harry.
Elisa grimaça :
– Euh… Aucune idée. Mais si ça n'y est pas, ça doit pouvoir se commander à Fleury et Bott.
Harry hocha très sérieusement la tête. Même Hermione semblait considérer l'idée, pensive. Quant à Ron, il sourit jusqu'aux oreilles :
– Des sorts pour changer son apparence ? Trop cool. Je parie que même Fred et George ne les connaissent pas !
– Attention, les avertit Elisa. Si vous n'êtes pas capable d'avoir un déguisement convaincant pour Harry lors de la prochaine sortie à Pré-au-Lard, je garde la Carte dans mon coffre. La sortie sera à la fin d'avril, ça vous donne largement le temps d'apprendre les bases.
Elle n'avait pas l'intention de mettre sa menace à exécution, évidemment : mais ça allait certainement motiver le Trio. Et, en effet, les trois Gryffondor filèrent à la bibliothèque. Durant les jours qui suivirent, Elisa les vit fréquemment plongés dans des grimoires tels que L'Art d'Altérer les Apparences, ou bien Charmes et Glamours sur l'être humain. Elle eut un sourire en coin. Savoir se déguiser était un talent utile, qui pourrait peut-être leur sauver la vie. C'était une bonne chose qu'ils s'y intéressent !
Le mois de mars continua à avancer, rythmé par les cours et les révisions. Elisa n'avait plus beaucoup de temps pour travailler sur ses inventions, et elle avait complètement mis de côté son travail sur le dictaphone. En revanche, elle trouvait toujours le temps de bosser sur le sortilège de Tremorem du Prince de Sang-Mêlé, ou sur le sortilège de Maîtrise de l'Eau (la référence à Avatar passerait complément au-dessus de la tête de ses contemporains, ça restait un nom très adapté) qu'elle essayait de mettre au point. Il existait déjà des sorts pour obliger l'eau d'un lac ou d'une grosse flaque à former une grosse vague ou un tourbillon, mais Elisa cherchait à faire quelque chose de plus subtil. Des lames liquides, un large fouet d'eau à abattre sur la tête de l'adversaire pour l'assommer, une pluie de flèches d'eau qui pourrait se changer en glace… Une sorte de version de Menti Effinxi qui ne se désintégrerait pas au moindre impact, en fait, et qui pourrait être utilisé de façon offensive.
C'était long. C'était compliqué. Heureusement qu'elle aimait les Sortilèges, parce que c'était vraiment un travail de titan !
Heureusement, il y avait des nouvelles positives. Par exemple, Ambre Kwebena et Astoria Greengrass avaient eu d'excellentes notes en Potions. Tracey Davies faisait des projets de vacances pour cet été avec sa mère. Tabitha et Aaron Woodbridge filaient le parfait amour. Edgar Whistler avait aidé Ginny Weasley à obtenir un Optimal à son dernier devoir de Botanique.
Et, fin mars, Lester trouva finalement quelqu'un pour enseigner la Théorie Magique et la Défense. Ce qui donna lieu à une conversation assez intéressante, parce que…
– … C'est un loup-garou ? répéta Elisa qui était sûre d'avoir mal entendue.
Dans son miroir communicant, Lester fit la grimace :
– Oui. Depuis quatre ans. Mais il m'a été recommandé par Neal, et il m'a assuré qu'il prenait toutes les dispositions nécessaires pour ne présenter aucun danger. Il quittera l'école au moins douze heures avant chaque pleine lune pour se barricader dans un endroit isolé. Gwendolyn n'est pas d'accord, mais je lui ai rappelé que tu as dit que Tourmaline ne ferait pas de discrimination.
C'était vrai, et elle s'en rappelait. D'ailleurs, là aussi, Gwendolyn avait grincé des dents, très opposée à l'idée de laisser un lycanthrope étudier dans leur école. Ce n'était que l'intervention de son frère Neal (qui étudiait la lycanthropie, à ce stade de ses études) qui l'avait convaincue de céder.
– Personnellement je n'ai rien contre, finit par dire Elisa. Mais il faudra que des mesures de sécurité soient prises. Par exemple, on devrait assigner un elfe de maison à la surveillance de son emploi du temps. Tiens, d'ailleurs, est-ce qu'il y a assez d'elfes à Tourmaline ?
Lester haussa les sourcils :
– Bonne question. Les elfes que tu nous as envoyés nous suffisent, mais quand on aura presque trente élèves, ça sera peut-être beaucoup. Est-ce que tu n'avais pas parlé d'embaucher des elfes libres ?
– Je passerai aux cuisines du château pour voir si les elfes ont entendu parler de congénères qui cherchent du boulot, décida Elisa. Pour en revenir à notre lycanthrope… C'est quoi son CV ? Et est-ce que tu peux m'envoyer son dossier ?
Le loup-garou s'appelait Maturin Rosier (mais préférait qu'on l'appelle « Matt »). C'était un Sang-Pur d'une vieille famille, et l'un de ses oncles, un Mangemort, avait été tué au service de Voldemort. Le reste de sa famille, apparemment tous des bigots, l'avait désavoué après qu'il ait été mordu. Matt avait vingt-trois ans : il devait être en septième année quand Elisa avait fait sa première rentrée. C'était un ex-Serpentard et, d'après ses relevés de notes, un garçon très doué. Il s'était lancé dans un Doctorat en Métamorphose à sa sortie de Poudlard. Deux mois plus tard, il avait été attaqué par un loup-garou. Il avait été viré du Doctorat et déshérité par ses parents. Les années suivantes avaient été difficiles.
Puis, un an plus tôt, il avait rencontré Neal à St Mangouste. Généralement les loups-garous tendaient à éviter l'hôpital, mais les lycanthropes qui acceptaient de se laisser étudier par les apprentis Médicomages étaient rémunérés. Matt n'avait pas les moyens de refuser cette opportunité de gagner quelques Mornilles, et c'était ainsi qu'il avait rencontré Neal. Ensuite, ils étaient apparemment devenus amis. Neal avait d'ailleurs joint au CV de Matt une lettre de recommandation, pour éviter que Madeline n'écarte d'office la candidature du loup-garou.
– Je veux le rencontrer aux vacances de Pâques, décida Elisa. Mais pour l'instant, il a mon approbation.
– Ça ne va pas plaire à Madeline ou Gwendolyn, la prévint Lester.
Elisa grimaça. Ça ne plairait pas non plus à Trisha… Mais elle avait déjà pris sa décision. Elle avait voulu fonder Tourmaline pour lutter contre les discriminations du monde sorcier. Ça serait vraiment hypocrite de sa part de refuser de donner sa chance à Matt.
– Elles feront avec, finit-elle par déclarer.
oOoOoOo
Les vacances de Pâques furent accueillies par tout le monde avec beaucoup de soulagement : pour la promotion d'Elisa, c'était la dernière pause avant les BUSES en juin. Beaucoup d'élèves restaient d'ailleurs à Poudlard pour réviser. Ils n'étaient que quatre élèves de cinquième année à rentrer chez eux : Elisa, Trisha, Miles Bletchey de Serpentard (parce que sa mère était malade, apparemment), et Kenneth Towler de Gryffondor.
Le jour du départ fut pour le moins chaotique. Comme les vacances tombaient au début d'avril, ceux qui partaient n'assisteraient pas au Challenge. Du coup Helen se mit à les traquer dans tout le château pour leur faire promettre de s'entraîner. Ensuite Isaac se mit à râler parce que, comme ses amis ne rentraient pas chez eux pour les vacances, il allait devoir voyager seul ou avec sa sœur. Et finalement, une fois dans le train, Elisa réalisa qu'elle avait laissé son sac de cours sur le quai ! Elle paniqua complètement, car son sac contenait non seulement ses devoirs, mais aussi les témoignages sur Sirius, plusieurs projets de sorts, un bouquin sur les loups-garous qu'elle avait emprunté sans autorisation à la bibliothèque, et les schémas super-confidentiels de son projet de dictaphone magique.
Puis alors que le train avait quitté Pré-au-Lard depuis un bon quart d'heure, Ernie Macmillan se pointa avec son sac, l'air important. Apparemment, il l'avait ramassé sur le quai. Elisa le remercia d'une voix neutre. Elle lui devait une fière chandelle, mais elle n'avait pas oublié qu'Ernie avait été l'un des plus virulents à accuser Harry et elle-même d'être les héritiers de Serpentard.
– Au moins on dirait qu'il n'a rien volé, marmonna Elisa après le départ d'Ernie en jetant un bref œil à l'intérieur du sac.
– Paranoïaque ! l'accusa Isaac.
Pour une fois Trisha était d'accord avec son petit frère, et elle hocha la tête :
– Ernie ne t'aime pas mais c'est un Poufsouffle, et on est solidaires.
Elisa fronça le nez. Solidaire, oui, mais pas complètement confiants. Les Poufsouffle avaient souvent des idées divergentes. Après tout, Elisa s'était opposée à sa Maison au moins deux fois : une quand elle avait accusé Dumbledore d'utiliser Poudlard comme un piège, et l'autre quand elle avait argué que le Fourchelang n'était pas maléfique.
Même si Elisa était aimée, respectée, et suivie par les Poufsouffle… Ils restaient des individus uniques, avec leurs propres opinions, qui divergeaient souvent des siennes.
– Au fait ! lança Trisha. Plusieurs Poufsouffle discutaient de la condition des elfes en sortant du CEM jeudi dernier. C'est toi qui as mis le sujet sur le tapis ?
– Moi ? sourit Elisa. Non, ça doit être Hermione. C'est sa croisade. Mellie m'a dit que de plus en plus de gens s'intéressent à la condition des elfes : il y a souvent des élèves qui passent aux cuisines pour parler aux elfes.
– Mellie ? répéta Trisha avec perplexité.
– La matriarche des elfes de Poudlard. Elle garde aussi un œil sur les elfes libres, et c'est grâce à elle que j'ai embauché mes elfes. Je suis allée la voir ce week-end pour lui demander de dire aux elfes libres que Madeline pouvait les embaucher.
Parler des elfes ennuya rapidement Isaac, et il leur proposa de faire une Bataille Explosive. Elisa perdait systématiquement à ce jeu, et laissa donc Trisha jouer à sa place. Pendant que le frère et la sœur Buttermere essayaient mutuellement de faire exploser les cartes de l'autre, Elisa préféra ressortir ses schémas sur le dictaphone sorcier. Il fallait qu'elle mette la main sur une boîte à musique magique et qu'elle la démonte pour en étudier le mécanisme, mais elle commençait à avoir une bonne idée de comment réaliser son nouveau projet…
Ce fut un trajet plutôt paisible. Drago Malefoy passa devant leur compartiment et les salua presque poliment. Daphnée et Astoria Greengrass étaient avec lui, et la cadette décida de s'installer avec eux. A quatre, ils jouèrent au poker, puis Elisa amusa la galerie en utilisant l'Aguasitus et le Menti Effinxi pour faire de petites sculptures d'eau qui se baladaient dans leur compartiment. La conversation dériva ensuite sur la classe de Sortilèges, et le fait que Flitwick prévoyait d'organiser un club de sortilèges l'année prochaine. Plusieurs élèves, dont Astoria, avaient déjà prévus de s'inscrire.
Le train arriva en gare en milieu d'après-midi. La bande d'amis d'Elisa se dispersa joyeusement, se souhaitant de bonnes vacances et rejoignant leurs parents respectifs qui les attendait sur le quai. Comme d'habitude, Isabelle était en retard, mais sa fille y était habituée. Pour passer le temps, elle sorti Malta de son terrarium et drapa le serpent autour de son cou, dans son écharpe aux couleurs de Poufsouffle. Ça faisait toujours son petit effet, et plusieurs Serpentard lui lancèrent des regards envieux. Tracey Davies traîna même sa mère avec elle pour aller admirer Malta, et Elisa put donc saluer Mrs Davies et mettre un visage sur ce nom.
Isabelle finit par arriver, ses cheveux tressés en une multitude de petites nattes, et le teint bien trop bronzé pour la grisaille londonienne. Elisa sourit avec affection en se souvenant de l'offre de son père aux vacances de Noël. Sa mère avait apparemment passé tous le mois de mars aux Caraïbes.
– Comment va Papa ? lança-t-elle joyeusement en l'embrassant.
– Il a un magnifique coup de soleil sur l'oreille gauche, rit sa mère. Et en ce moment, il doit voler au-dessus du Pacifique. Il devrait être à Tokyo demain, cela dit. Tu as beaucoup de choses à réviser ?
Et Elisa se mit à lui détailler joyeusement son programme pour les vacances, tandis qu'elle Transplannaient au Cottage. Elle ne comptait pas beaucoup réviser la Divination, la Botanique ou l'Astronomie : mais elle devait quand même revoir les Potions, la Métamorphose, l'Histoire, et la Défense. Ses révisions de Sortilèges seraient expédiées en moins de deux heures, et ensuite elle comptait expérimenter avec le Sort de Maîtrise de l'Eau qu'elle voulait mettre au point. Et puis, bien sûr, elle devait aller à B&B et à Tourmaline, et elle devait rencontrer Matt Rosier avec Lester sur le Chemin de Traverse….
L'une des premières choses qu'elle fit en rentrant, cependant, fut d'aller voir ses elfes de maison. Elle avait ordonné à Tilly de rester à Poudlard avec pour consigne de veiller à ce que personne ne sorte du château lors de la pleine lune, qui aurait lieu au milieu des vacances. Mais le reste de ses elfes était à l'atelier, et ça faisait plusieurs semaines qu'Elisa n'avait pas pris de leurs nouvelles. Maddy et Pillo semblaient satisfaits de leur travail (ils partageaient leur temps entre l'atelier et Tourmaline), et Olly était comme d'habitude ravi : mais Tuanelle commençait à s'affaiblir. Ses tremblements s'étaient aggravés. Est-ce que les elfes pouvaient avoir la maladie de Parkinson ? Et si oui, est-ce que ça se soignait ? Et comment ?
Les elfes eux-mêmes l'ignoraient, et la Poufsouffle se résolut à demander à Hermione. Avec toutes les recherches que faisait la Gryffondor sur le sujet, elle aurait sans doute une réponse.
Elisa s'attaqua à son programme de vacances avec détermination. Elle commença par les révisions les plus ennuyeuses, demandant à sa mère de lui faire réciter les dates historiques de guerres gobelines, ou les propriétés des pierres de lune. C'était long et laborieux, et Elisa commença à sentir une pointe d'angoisse au sujet des BUSES se loger dans son estomac. D'accord, elle n'avait pas besoin de ces BUSES pour gérer B&B ou inventer des sorts, et elle avait juste besoin de bonnes notes en Sortilèges et d'un Effort Exceptionnel en Métamorphose pour faire un Doctorat, mais… Réviser ses cours commencer à lui faire prendre conscience de l'imminence des examens, et c'était stressant.
En milieu de semaine, elle se rendit à Tourmaline, pour voir Lester et les autres. Le bâtiment était largement assez grand pour loger les élèves et les enseignants, et elle fit donc également la rencontre des profs qui y avaient emménagé. Oh, ils ne vivaient pas tous à l'école (certains, comme Eugène Edgecombe, voulaient rester avec leur famille) : mais trois d'entre eux avaient suivi l'exemple de Madeline Hopkrik, qui avait décidé d'habiter à l'école, à l'instar de Dumbledore qui vivait à Poudlard.
Le premier prof qu'Elisa rencontra était celui de sciences naturelles, Bastien Fitzgerald : un Moldu qui avait un peu plus de trente ans, très enthousiaste, et dont la sœur Née-Moldue travaillait au Bureau de Désinformation du Ministère. Puis Elisa fit la rencontre du fameux Heremon Odran, leur futur prof de Potions. C'était un homme âgé à l'air à la fois sévère et mélancolique, qui était constamment suivit par sa petite-fille, une gamine de dix ans nommée Eleanor Branstone.
– Ça ne te dérange pas, de vivre dans une école ? lui demanda Elisa.
Eleanor haussa les épaules. Ça faisait presque quatre mois que ses parents étaient morts mais, comme son grand-père, elle était toujours entièrement habillée de noir.
– Il y a toujours quelqu'un à qui parler et il y a une grande bibliothèque. Et puis, l'année prochaine je serai à Poudlard, alors ça ne sera pas très différent.
Elle marquait un point. Elisa pouvait comprendre que la gamine ne veuille pas vivre dans une grande maison vide, après tout.
– Tu veux aller dans quelle Maison ? demanda-t-elle plutôt.
Eleanor sourit pour la première fois :
– Poufsouffle, comme Papa. Ou Serdaigle, comme Maman.
– Deux excellents choix, approuva Elisa.
Et, quelle que soit la Maison dans laquelle la petite Eleanor serait placée, Elisa veillerait à lui attribuer un parrain (ou une marraine) sensible. Peut-être Susan Bones chez les Poufsouffle, ou bien Lisa Turpin de Serdaigle…
Mais bref. Mis à part cette brève visite à Tourmaline, Elisa passa la semaine plongée dans ses révisions. Elle voulait terminer cette corvée le plus vite possible, pour pouvoir consacrer sa deuxième semaine de vacances à ses différents projets extrascolaires.
Le week-end, cela dit, elle s'accorda tout un après-midi de libre et alla sur le Chemin de Traverse. Elle passa par la boutique B&B pour saluer Gwendolyn, puis par la confiserie Buttermere pour kidnapper Trisha…. Et accompagnée de sa meilleure amie, Elisa s'aventura ensuite dans l'Allée des Embrumes à la recherche de la librairie la plus louche qu'elles pourraient trouver.
Elle n'était jamais allée dans l'Allée des Embrume auparavant, et c'était exactement comme la saga l'avait décrite. Etroit, sombre, sale, mal fréquenté. S'il avait fait nuit, Elisa aurait sans doute était paralysée d'angoisse. Mais en plein jour, l'Allée avait davantage l'air miséreuse que dangereuse (même si le danger était bien présent, à en juger par l'air patibulaire de certains badauds). Et la présence de Trisha était plutôt rassurante. En fait, leur intrusion avait davantage l'air d'une aventure que d'un périple potentiellement mortel. Plusieurs passants lorgnaient de leur côté d'un air mauvais, mais Elisa avait retroussé ses manches pour laisser apparents ses larges bracelets de cuir qui supportaient chacun trois couteaux de jet japonais. Et Trisha se trimballait ostensiblement avec une amulette fabriquée avec de petits ossements. Bon, d'accord, c'était des osselets de singe, mais ça faisait quand même son petit effet.
– C'est beaucoup plus fun que ce que je pensais, chuchota Trisha à Elisa avec ravissement, tandis qu'elles dépassaient une sorcière voilée au nez crochu qui fit un large détour pour les éviter.
Elisa retint un gloussement hilare. Son amie n'avait pas tort. Rien que le fait de s'aventurer dans l'Allée des Embrumes avait un goût d'interdit qui rendait toute leur escapade plus excitante.
– On devrait refaire ça un de ces jours.
– Totalement d'accord, approuva Trisha. Enfin, tant que mes parents ne l'apprennent jamais. Au fait, la version officielle est qu'on est allées au cinéma moldu voir un film d'horreur avec des morts-vivants.
– Noté, s'amusa Elisa. Eh, on tente cette librairie ? C'est la plus glauque de la rue.
Trisha jeta un coup d'œil à la devanture obscure, les fenêtres poussiéreuses, et la totale absence de livres exposés en vitrine (sans doute car ils étaient trop compromettants), et hocha la tête avec gravité :
– Oui, si tu veux un truc louche, c'est certainement là-dedans que tu le trouveras. Mais je te préviens, c'est toi qui entre la première !
Elisa prit un air dédaigneux, même si elle-même n'était pas très rassurée, et entra. La porte grinça de manière épouvantable quand elle l'ouvrit, révélant une boutique obscure, mal éclairées par quelques chandelles.
– Que puis-je pour vous, mesdemoiselles ? fit une voix obséquieuse surgie des ténèbres.
Le libraire, un homme maigre au visage blafard, sembla se détacher du néant tel une créature sinistre dans un mauvais film d'horreur. Elisa retint un frisson en voyant les chicots noirâtres que révélait son rictus édenté.
Trisha n'a pas complètement menti en disant à ses parents qu'on allait voir un film d'horreur, songea-t-elle avec ironie.
Au lieu de formuler sa pensée à voix haute, elle releva le nez d'un air hautain dans sa meilleure imitation de Malefoy (Lucius Malefoy, pas Drago : Lucius était beaucoup plus intimidant), et lâcha d'une voix traînante :
– Vous avez une section sur la magie de l'esprit ?
– Mais bien sûr, s'empressa de répondre le libraire dont les yeux luisaient d'un éclat sournois. Suivez-moi, suivez-moi.
Il les mena devant l'une des étagères les plus reculées, ou s'entassaient d'épais grimoires à l'air usé. Elisa se rappela des leçons de Lupin juste à temps et jeta un sort de détection informulé, qui lui permit de voir qu'un des grimoires contenait une sale magie : sans doute un maléfice qui attendait de foudroyer le premier imprudent à ouvrir ce livre. Elle porta plutôt son attention sur les autres titres. Dominer la conscience, ou encore Soumettre l'ennemi d'un regard, ou bien Pouvoir de la pensée… Rien de bien sympatoche.
Elisa parcourut la table des matières des différents grimoires, en feuilleta quelques-uns, et finit par se décider pour Guide avancé de l'Occlumancie par Maxwell Barnett, et pour La Force cachée de l'esprit de Grant Tespri. Les instructions pour se créer un bouclier d'Occlumancie semblaient assez complètes dans le premier livre. Le second détaillait tous les usages dérivés qu'on pouvait faire avec l'Occlumancie : mieux structurer ses pensées, maîtriser ses émotions, améliorer sa mémoire, ce genre de chose. Et puis, il y avait une grande section sur la Légilimancie, et Elisa était curieuse d'en apprendre plus là-dessus…
Trisha, quant à elle, embarqua un bouquin sur le Vaudou. Honnêtement, cette discipline magique donnait des frissons à Elisa, mais c'était tout à fait le genre de chose qui intéresserait son amie, qui adorait les amulettes et les grigris enchantés.
Les deux filles payèrent rubis sur l'ongle (le libraire s'inclina presque jusqu'au sol lors qu'elles sortirent), et elles quittèrent la boutique avant d'échanger un sourire hilare. Une fois leur objectif rempli, elles se sentaient grisées par leur succès.
Cela dit, il fallut revenir sur le Chemin de Traverse, et surtout y revenir pendant que personne ne regardait en direction de l'Allée des Embrumes. Elisa n'osait même pas imaginer la colère des parents de Trisha si un de leurs voisins leur disait avoir vu leur fille chérie gambader dans ce repaire de criminels !
– Tu en es où dans tes révisions ? lança Trisha tandis qu'elles revenaient innocemment dans la rue principale.
Elisa prit soin de vérifier que ses livres étaient bien cachés dans son sac en bandoulière (elle gardait aussi le bouquin de Trisha : son amie n'avait qu'un sac à main, et ses parents le remarqueraient forcément si elle revenait avec un gros grimoire dans les bras), puis haussa les épaules :
– J'ai fini la Botanique, l'Astronomie, et la Divination en deux jours. Ensuite j'ai fait les Potions, et là, je planche sur l'Histoire et la Métamorphose.
– Ah, c'est dur, hein ? compatit Trisha. Je fais Métamorphose et Sortilèges en ce moment. Tu veux qu'on révise la Défense ensemble, demain ? C'est dimanche, la confiserie sera fermée.
– Bonne idée, sourit Elisa. On pourra s'entraîner chez moi, dans le jardin ! On aura tout l'espace qu'on veut.
Et puis, autant qu'elles profitent du week-end qu'elles pourraient passe ensemble. Samedi prochain, donc deux jours avant le retour à Poudlard, Elisa serait occupée avec les affaires de Tourmaline. Plus précisément, elle avait rendez-vous avec Maturin Rosier au Chaudron Baveur, avec Neal, Lester, Madeline, Myriam et Gwendolyn. Elisa aurait bien proposé la confiserie Buttermere comme point de rendez-vous, mais Trisha était toujours farouchement opposé à l'idée de sympathiser avec un loup-garou, alors elle s'en était abstenue.
D'ailleurs, vu l'air contrarié qu'arborait à présent Trisha, elle n'était toujours pas réconciliée avec l'idée qu'Elisa engage un lycanthrope.
– Tu as rendez-vous avec Rosier et compagnie le week-end prochain, non ? lâcha justement Trisha.
Elisa hésita une seconde, puis hocha la tête avec prudence. Trisha fronça les sourcils. Puis, après un regard en direction de son amie, elle croisa les bras avec un profond soupir :
– Tu sais ce que j'en pense. On ne peut pas faire confiance aux loups-garous.
– Ce sont des gens normaux, rétorqua Elisa. Ils ont juste une maladie qui les rend indisposés deux jours par mois. Tu ne peux pas utiliser Lupin comme point de comparaison avec tous les loups-garous du monde.
– Lupin n'a pas exactement restauré ma confiance en son espèce, non plus ! contra Trisha.
Les Poufsouffle accordaient une grande valeur à la loyauté et à l'honnête. Et aux yeux de Trisha, en dissimulant le fait qu'il avait été ami avec Sirius Black et James Potter, Lupin avait trahi la première valeur et prouvé qu'il ne possédait pas la seconde. Elle était persuadée que Lupin était quelqu'un de fourbe et dangereux, maintenant, et ça allait être assez compliqué de la faire changer d'avis.
Elisa n'osait même pas imaginer ce qui se passerait si Trisha apprenait que Lupin avait caché à tout le monde que Sirius était un Animagus et que c'était comme ça qu'il entrait dans le château. D'accord, ce n'était pas un secret dangereux, puisque Sirius n'était pas vraiment un Mangemort, mais… C'était le principe de la chose. Lupin avait préféré dissimuler au directeur comment un criminel entrait au château, plutôt que de perdre la face et admettre que lui et ses amis avaient brisé la loi plus de dix-huit ans plus tôt !
A vrai dire, quand elle y pensait, Elisa se sentait absolument outrée par le comportement irresponsable de Lupin. Il avait beau être gentil et plein de bonnes intentions, sa lâcheté aurait pu mettre en danger Harry, si Sirius avait vraiment été un psychopathe ! Si quelqu'un à qui elle faisait confiance, comme McGonagall par exemple, avait agi de cette manière… Elisa aurait complètement disjoncté.
Elle était presque surprise du calme avec lequel elle acceptait la trahison de Lupin, d'ailleurs. Etait-ce parce qu'elle s'y attendait depuis le début ?
Ou bien… Etait-ce parce qu'elle savait ce que c'était d'être pétrifié par la culpabilité de cette façon ? C'était ce qui s'était passé quand le Chambre des Secrets avait été ouverte. Elle aurait pu arrêter l'héritier, dire aux profs où se trouvait l'entrée de la Chambre, mais elle avait eu trop peur de parler de Tom, trop peur d'y repenser. Oh, elle savait quel choix aurait été le bon : mais elle n'en avait pas été capable. A cette époque, le seul fait de penser à Tom lui donnait des sueurs froides. D'ailleurs, aujourd'hui, elle n'était pas beaucoup mieux.
Elle poussa un profond soupir. C'était un truc qu'elle ne pouvait pas expliquer à Trisha.
– Tu veux qu'on aille réviser les Potions ? proposa-t-elle plutôt.
Trisha lui jeta un regard en coin, pas dupe, mais accepta. Ses parents sauraient bien se passer d'elle quelques heures à la confiserie.
oOoOoOo
Les vacances semblèrent passer presque trop vite. Elisa détestait réviser : ça lui prenait du temps qu'elle aurait pu consacrer à l'invention de sorts, de gadgets, de projets ! Le Tournoi des Trois Sorciers allait avoir lieu dans quelques mois à peine, et elle ne savait toujours pas comment faire dérailler le canon. Oh, elle avait déjà quelques idées pour empêcher Cédric d'être choisi par la Coupe, et elle allait dénoncer Croupton Jr à Dumbledore dès la première semaine de cours. Et si elle réussissait son coup cette année, Peter Pettigrew ne pourrait pas s'échapper en juin pour aider Voldemort. Mais elle n'avait que des idées, encore vagues et approximatives, et elle avait vraiment besoin de bien planifier tout ça… Ce qui était impossible, quand sa mère insistait pour lui faire réviser ses leçons plusieurs heures par jour.
Isabelle était plus inquiéte par les BUSES qu'Elisa, et c'était quand même elle qui allait passer les examens !
En fait, Elisa ne s'échappait que quand elle allait à Tourmaline. L'école était prête à accueillir des élèves. Deux elfes libres, Croky et Beck, avaient été engagés par Madeline pour faire le ménage et la cuisine. Les profs étaient en train d'apporter les dernières touches finales à leurs programmes. Romaric Clemens, leur futur prof de Runes et de Divination, aidait Lester et Neal à installer les sorts de protection sur le bâtiment.
Ce fut aussi l'occasion pour elle de rencontrer les autres profs, car ils passaient régulièrement à Tourmaline pour discuter de leurs futurs cours et négocier les emplois du temps qui seraient mis en place. Leur prof d'Histoire et de littérature Moldue était un homme d'une cinquantaine d'année, Christopher Wise, très posé, et qui semblait considérer Elisa avec un amusement poli. Il ne la prenait pas au sérieux. Ce n'était pas étonnant, vu qu'elle n'avait que seize ans et qu'un Moldu ne pouvait pas connaître la réputation qu'elle s'était forgée à Poudlard… mais ça restait un peu vexant. Elisa préférait nettement leur futur prof de maths : Eugène Edgecombe, un homme un peu moins âgé que Wise, et qui avait le même sourire hésitant que sa fille Marietta.
La prof de Physique-chimie et d'Etude des Moldue était une Moldue enjouée, qui avait à peine vingt-cinq ans. Son nom était Breeda Flay, mais « bientôt Breeda Connolly ! », car elle était fiancée à un sorcier. Son mariage était prévu pour l'été, et c'était d'ailleurs la raison pour laquelle elle avait accepté ce poste : elle voulait se rapprocher du monde de son futur époux. Breeda était très bien placée pour enseigner aux enfants à se fondre dans le monde Moldu, puisqu'elle en était une elle-même. Quant à la Physique-chimie, ce n'était pas son premier choix de carrière, mais elle maîtrisait sans problème les notions qui seraient abordées dans un collège.
Romaric Clemens et Cécile Engelhorn étaient également rentrés pour les vacances et passaient souvent à Tourmaline pour se familiariser avec les lieux. Romaric était discret et timide, mais passionné par son sujet. En fait, Elisa et lui se lancèrent dans un grand débat sur la divination par les runes Futhark, et la Poufsouffle ressortit de la conversation avec une perspective toute nouvelle sur le sujet.
Cécile Engelhorn était égale à elle-même : assurée, enthousiaste, sarcastique, et complètement imprévisible. Elisa découvrit sans surprise que Cécile avait basé son programme d'Histoire sur les notes du club d'Histoire des Serdaigle, qui avait un programme très complet. Elle découvrit avec nettement plus de surprise que Cécile avait installé des haut-parleurs dans sa classe pour pouvoir lancer des bande-son dramatiques aux meilleurs moments de ses leçons.
– Moi j'aime cette idée, sourit Gwendolyn quand Elisa mentionna la chose lors de sa visite suivante à B&B. J'ai découvert la télévision cette année, et j'arrive pas à croire qu'on a vécu toute notre vie sans ça ! Quand est-ce que tu inventes la vidéo, Magister ?
– C'est dans mes projets, fit Elisa sans se mouiller.
Trouver un support pour une vidéo magique promettait tout de même d'être difficile. Les caméras grillaient si elles enregistraient de la magie (Elisa avait découvert ça en cherchant pourquoi le Secret Magique n'avait jamais été découvert). Quand même, il avait fallu des travaux durant plus de vingt ans pour élaborer des appareils capables de photographier la magie ! Et le processus de développement de la pellicule était entièrement consacré à restaurer les clichés pour éviter que la magie ne les bouffe. Alors une vidéo ? Ouais, bon courage.
Les vagues projets d'Elisa sur le sujet s'articulaient autour du concept de Pensine. Si on pouvait projeter les souvenirs de quelqu'un sur un écran, à la manière d'un rétroprojecteur, il suffirait que quelqu'un assiste à un évènement (reportage, scène de pièce de théâtre, etc.) pour « l'enregistrer », et bam. Cinéma version sorcière. Mais les Pensines étaient affreusement rares, alors pour l'instant, ce projet était au point mort.
Mais passons.
Un client entra dans la boutique. Gwendolyn, qui était assise derrière son comptoir en train d'enchanter une montre digitale pour y rajouter des motifs de serpents qui ondulaient autour du cadre, releva le nez de son travail pour le saluer aimablement. Et Elisa, qui était accoudée au comptoir pour discuter, jeter un regard à l'heure et se redressa avec une grimace :
– Je te laisse, je vais être en retard.
Gwendolyn se rembrunit. Elisa avait rendez-vous avec Matt Rosier, et son associée ne faisait pas mystère de ce qu'elle en pensait.
– Tu as intérêt à lui faire faire jurer sous Serment Inviolable de rester à l'écart de l'école à chaque pleine lune, lâcha-t-elle. Et il faudra penser à lui préparer des repas individuels, pour qu'il ne contamine pas les plats…
– Oh, pour l'amour de Morgane ! s'agaça Elisa. Il n'a pas la peste ! En dehors des pleines lunes, il est normal !
– Vu qu'il devient une créature sanguinaire deux jours par mois, c'est pas déraisonnable de penser que sa condition peut aussi l'affecter le reste du temps…
Elisa leva les bras au ciel d'un geste exaspéré :
– Tu n'as jamais rencontré de loup-garou !
– Pas besoin, fit dignement Gwendolyn. Je tiens à la vie, merci.
Elisa secoua la tête. Bon sang, elles avaient cette conversation à chaque fois. Gwendolyn n'avait même pas rencontré Rosier. Alors que son frère, Neal, était quand même ami avec ce type depuis deux ans ! Et qu'il était l'un de ses plus fervents défenseurs ! La jeune fille n'avait pas réalisé que les préjugés anti-loups-garous étaient si profondément ancrés dans les mentalités. Au moins, Trisha justifiait sa méfiance par le fait que le seul loup-garou qu'elle connaissait était un menteur et l'ami d'un supposé psychopathe. Gwendolyn se basait juste sur des préjugés.
– Tu devrais faire un effort, tenta-t-elle quand même.
– J'en fais, rétorqua Gwendolyn. J'ai accepté qu'il travaille à Tourmaline, non ?
– … Tu n'as rien accepté du tout, on a voté et tu étais en minorité.
– Bon, d'accord, concéda la jeune femme. Mais je suis bonne perdante, non ?
Pas faux. Elisa poussa un profond soupir, puis s'écarta du comptoir. Elle devait vraiment y aller, cette fois.
Laissant Gwendolyn à son travail, elle quitta la boutique. Il y avait beaucoup de monde sur le Chemin de Traverse (on était à la mi-avril, il commençait à faire beau), et elle avait emmené son Glisseur spécialement pour ça. Elle laissa tomber Spoutnik sur le sol, et la planche se mit à léviter environ trente centimètres au-dessus du pavé. Elle grimpa dessus avec un mince sourire, et fila à travers la foule, louvoyant à toute allure entre les passants.
Elle sauta de sa planche à la hauteur du Chaudron Baveur, trébucha sur un pavé irrégulier et se rattrapa de justesse au plus proche appui de fenêtre, vérifia d'un bref regard alarmé que personne ne l'avait vue, puis récupéra dignement sa planche et entra dans le pub. Elle n'eut aucun mal à repérer la haute stature de Lester et la tignasse brune de Neal. Avec eux était assis Madeline, ainsi qu'un jeune homme d'une vingtaine d'années, aux cheveux châtain attachés en queue-de-cheval et au teint pâle. Elisa essaya de l'observer discrètement en s'approchant, mais elle ne vit aucune cicatrice apparente, et rien qui puisse trahir sa condition de lycanthrope. Pourtant, il devait certainement s'agir de Matt Rosier.
– Ah, Magister ! s'exclama joyeusement Neal en la voyant. Viens, on n'attendait plus que toi !
Normalement, la totalité des fondateurs se serait réunie : mais Myriam révisait ses cours (elle avait un concours à la fin de l'année, elle !), et Gwendolyn… Gwendolyn avait déjà donné son opinion. Elisa prit place à la dernière place de libre, entre Lester et Madeline, juste en face de Rosier.
Matt Rosier, justement, la fixait d'un air circonspect. Il n'avait certainement pas l'air avenant et gentil de Remus Lupin. Il était mieux habillé, mais il se tenait plus droit, le visage fermé. Contre sa chaise était appuyée une cane de bois rustique, seul indice de son infirmité. Dans l'ensemble, Matt dégageait une impression de contrôle et de solidité.
Elisa carra les épaules, et lui tendit la main :
– Elisa Bishop. Tu dois être Maturin Rosier. Neal nous a beaucoup parlé de toi.
Le loup-garou fixa la main offerte, puis il la serra avec prudence, scrutant la jeune fille avec attention :
– Tu peux m'appeler Matt. Et Neal m'a aussi beaucoup parlé de toi, Magister. C'est toi qui as fondé cette fameuse école ?
– J'ai apporté pas mal d'argent et d'idées mais c'était un travail collectif, l'assura Elisa.
Neal se pencha pour chuchoter très fort à Matt :
– Elle ment, elle a totalement fondé cette école.
Ça eut le mérite de faire sourire le loup-garou, même s'il semblait toujours plutôt tendu. Elisa s'appuya sur ses coudes, lançant un regard circulaire à ses camarades. Madeline se racla la gorge :
– Nous étions en train de nous demander s'il faudrait mettre les autres professeurs au courant.
– Ce n'est pas obligatoire, assura Lester. Si on organise un emploi du temps assez flexible…
– Ils finiront par remarquer qu'il s'en va une fois par mois, contra Madeline. Dans ce cas, ils doivent être prêts à le remplacer ou à organiser leurs horaires pour qu'il puisse rattraper ses cours.
Elisa hocha gravement la tête :
– Et puis, avoir le soutien des autres profs serait un bon bonus, si jamais un élève se met à paniquer à l'idée d'avoir un prof loup-garou. Si les adultes sont déjà au courant, ils pourront rassurer ceux qui s'inquiètent.
Matt renifla avec incrédulité :
– Parce qu'annoncer à un tas de sorciers qu'un de leurs collègues se transforme en créature sanguinaire tous les mois va assurément gagner leur soutien.
– Matt, fit Neal d'un air réprobateur. On a parlé de ça. Pas de sarcasme à table.
– J'avais oublié que vous étiez tous des Poufsouffle, marmonna l'ex-Serpentard.
Lester plissa les yeux et Madeline eut l'air incertaine, mais Neal semblait juste amusé. Elisa, quant à elle, haussa les épaules avec indifférence :
– J'ai failli atterrir à Serpentard, je suis immunisée au sarcasme. Et non, être un loup-garou ne va pas gagner le soutien des profs : mais gagner leur soutien leur fera accepter que tu sois un loup-garou. Tu ne serais pas le premier prof sorcier lycanthrope.
– Ah bon ? fit Neal avec curiosité.
Elisa esquissa un sourire en coin, songeant à Lupin :
– Désolé, l'identité de cette personne n'est pas mon secret à dévoiler.
Neal se ré-appuya contre son dossier, l'air déçu, tandis que Lester plissait pensivement les yeux. Matt prit un air contemplatif. Madeline, quant à elle, se racla la gorge :
– Les enseignants devraient être prévenus durant l'été, après avoir appris à connaître Matt durant les mois précédents. Je leur apprendrais la chose de manière individuelle, pour pourvoir répondre à leurs questions.
Et surtout, pour éviter un mouvement de panique dans la salle des profs. Un face-à-face, c'était plus calme, et ça évitait de risquer une « effet de meute » qui emporterait même les plus raisonnables. Elisa hocha la tête avec approbation. C'était un bon plan.
– Les Moldus ne poseront pas de problème, déclara Lester. Mais Mr Odran risque d'être plus difficile. Il a une petite-fille de dix ans qui vivra à Tourmaline pendant les vacances.
Neal haussa les sourcils :
– Odran est raisonnable. Et puis, Matt sera à des kilomètres de l'école, au moins douze heures avant le début de sa transformation ! Alors si les mesures qu'on prévoit assurent la sécurité de vingt-six élèves, il n'y a pas de raison pour qu'elles ne puissent pas assurer la sécurité de vingt-sept.
– Neal marque un point, acquiesça Madeline. Je préviendrai le professeur Odran en dernier : il sera sans doute le plus difficile à convaincre.
Il y eut des hochements de tête, et un court silence. Puis Elisa se pencha en avant, souriant largement :
– Alors, Matt. Puisque tu es calé en Théorie Magique, qu'est-ce que tu penses de l'utilisation de l'Arithmancie pour décomposer des sorts en équations ?
Les sourcils du loup-garou se haussèrent et son regard sembla s'aiguiser :
– C'est une théorie assez récente. Où est-ce que tu en as entendu parler ?
– Le Mensuel de la Métamorphose. Ma mère est abonnée. Je ne le lis pas, mais je le feuillette de temps en temps pour voir si de nouveaux articles de Joseph Leeds ont été publiés…
– Joseph Leeds ? répéta Matt en fronçant les sourcils. Le type qui joue avec la science moldue et qui dissèque du sang ?
– Eh ! On appelle ça un généticien, et il a des théories fantastiques sur l'origine de la magie ! Il utilise la théorie de Mendel pour… Oh, bon sang, tu es un Sang-Pur, tu n'y connais rien en génétique… Lester, donne-moi un papier et un crayon, je dois dessiner un tableau pour expliquer ça. Ok, Matt, est-ce que tu sais ce qu'est l'ADN ?
Au final, Matt était très sympa, bien qu'un peu coincé (on voyait bien qu'il avait été élevé par des Sang-Purs élitistes). Il était aussi très enthousiasmte sur le sujet des théories magiques. Il ne tenait pas la science moldue en très haute estime, mais la discrimination de ses pairs l'avait définitivement vacciné contre les idées puristes, et il était quand même ouvert à la discussion sur le sujet des découvertes du monde non-magique. Pour preuve, il avait entendu parler de Joseph Leeds ! Elisa lui expliqua le principe de base de l'ADN, puis se racla la cervelle pour essayer de se souvenir des théories de Joseph Leeds et des techniques moldues pour calculer la probabilité qu'avait un parent de transmettre un de ses traits (comme par exemple… la magie). Au final, ils eurent une conversation passionnante et Matt décida que la première chose qu'il allait faire en arrivant à Tourmaline serait de demander à leur prof de sciences naturelles de lui expliquer cette histoire de génétique en détails.
Bref, ce fut une après-midi plutôt productive.
Malheureusement, c'était aussi la dernière après-midi de vacances d'Elisa. Elle passa sa journée de dimanche à boucler ses projets en cours et ses révisions. Elle avait fait de gros progrès sur le dictaphone, et elle pensait qu'elle pourrait en fabriquer un d'ici quelques semaines. Le problème, c'était que ça serait un prototype très complexe, qu'il faudrait beaucoup de patience et de matériaux complexes, et un travail assez minutieux. Elisa ne pensait pas qu'elle pourrait produire ce genre de chose en série.
Bah, elle en ferait un prototype unique. Un peu comme le Déluminateur de Dumbledore.
… Du coup, ça voulait dire qu'elle pouvait le personnaliser à mort !
Mais bref. Elisa fit ses bagages, rangea ses cours, vérifia qu'elle n'avait rien oublié. Elle n'arrivait pas à remettre la main sur ses élastiques à cheveux (sa crinière châtain avait poussée et lui balayait à présent les épaules), alors elle demanda simplement à sa mère de lui couper les cheveux à nouveau. Elle s'était habituée à avoir les cheveux plus courts : pourquoi ne pas faire un nettoyage radical ?
Isabelle sourcilla, mais s'exécuta. Et Elisa se retrouva donc avec un carré très court, ses cheveux lui balayant à peine la mâchoire. Avec une coupe courte et donc plus légère, ses cheveux bouclaient dans tous les sens, au lieu d'être simplement ondulés. Elle décida immédiatement qu'elle adorait sa nouvelle tête. Ça lui donnait un air mutin et beaucoup moins sérieux que ses cheveux longs retenus par un bandeau !
Coupe de cheveux mis à part, Elisa avait encore quelques derniers détails à régler le dimanche soir. Par exemple : la pochette cartonnée qui contenait son enquête sur Sirius Black traînait sur un coin de son bureau, et Elisa hésita sérieusement à la laisser là. Après tout, elle n'avait pas ouvert ce truc depuis… depuis qu'elle avait lu la lettre de Willis Crawford, en fait. Et Neal, Gwendolyn et Lester avaient également cessé de récolter des témoignages. Est-ce que ça ne serait pas plus simple de tout laisser en plan ?
Finalement, elle décida de l'embarquer quand même, ne serait-ce que pour avoir l'air de craindre Black. Elle avait un rôle à tenir.
C'est donc comme ça qu'Elisa se retrouva sur le quai du Poudlard Express, le panier de Dracarys sous le bras, son coffre derrière elle, et son Malta lovée dans son écharpe. Avec presque soixante centimètres de longueur, le reptile commençait à être trop grand pour se cacher totalement dans son col… Il faudrait qu'elle pense à demander à son elfe Tilly de lui coudre des poches spéciales dans ses robes.
Et puis, Elisa n'avait pas besoin de porter son serpent sur ses épaules pour se faire remarquer. Sa veste d'aviateur était quand même un élément assez caractéristique de sa garde-robe. Elle avait pas mal grandi cette année, et la veste lui allait désormais comme un gant.
– Elisa ! Elisa !
Ambre fut la première à la trouver, sautillant joyeusement dans sa direction et trainant derrière elle Astoria, qui elle-même traînait deux Serpentard dans son sillage. Elisa reconnu Matthew Debbs et Sarah Carter, deux premières années. Ils n'appartenaient pas au CEM, mais Elisa faisait quand même un effort pour se souvenir de tous les noms des petits nouveaux. Elle se souvenait aussi vaguement que Matthew Debbs était connu dans sa Maison pour créer régulièrement des explosions en cours de Potions, un fait assez rare pour un Serpentard.
– Tu t'es coupé les cheveux ? s'exclama joyeusement Ambre. Ça te va bien ! Une raison particulière ?
– C'est plus facile à entretenir, répondit Elisa avec un haussement d'épaule.
Ambre sourcilla, trouvant sans doute que c'était un peu superficiel comme réponse. Heureusement, Astoria choisit ce moment pour intervenir, poussant leurs deux compagnons Serpentard vers l'avant.
– Sarah a quelque chose à te dire, Magister !
La petite Serpentard eut l'air terrifiée, mais ouvrir bravement la bouche et déballa son histoire d'une traite. Apparemment, Sarah avait emprunté un livre du trafic d'Elisa… Et se l'était fait confisqué par ses parents durant les vacances. Le bouquin était sans doute au fond d'une poubelle, à présent : les Carter étaient des Sang-Purs assez coincés, et ils n'avaient sans doute pas apprécié de voir leur fille lire Mon amie Flicka.
Elisa rassura la petite Sarah : ce n'était pas grave, mais elle devrait lui rembourser le prix du bouquin. Matthew, qui avait accompagné son ami pour servir de soutien moral, semblait presque aussi soulagé qu'elle. Après avoir remercié profusément Elisa, les deux petits Serpentard filèrent, et Ambre et Astoria s'élancèrent sur leurs talons en bavardant avec entrain. Elisa secoua la tête d'un air amusé. Ça faisait toujours plaisir de voir les élèves de différentes Maisons fraterniser comme ça.
La Poufsouffle monta dans le train, et croisa au moins cinq personnes différentes qui la complimentèrent sur sa coupe de cheveux, lui demandant fréquemment pourquoi elle avait décidé de changer de tête. Au bout d'un moment, ça en devenait agaçant. D'accord, la dernière fois qu'elle s'était coupé les cheveux, ça avait été plutôt symbolique. Mais elle n'avait pas besoin d'une raison transcendante pour vouloir se faire un dégradé, non ?
Elisa finit par trouver le compartiment où se trouvait Trisha. Sa meilleure amie était en train de discuter à mi-voix avec Zacharias Smith et Susan Bones, et tous les trois arboraient le même air soucieux et contrarié. La jeune fille haussa un sourcil en refermant la porte derrière elle :
– Eh ben, vous en faites une tête ! Ça va ?
– Tu t'es coupé les cheveux ? lâcha Zacharias sans répondre à sa question. Pourquoi ?
Elisa leva les yeux au ciel :
– Parce que j'avais envie.
– Vraiment ?
– Pourquoi personne n'accepte cette réponse ? se plaignit la Poufsouffle. A quoi vous vous attendez tous, à « oh, j'ai besoin de prendre la place de mon père pour la guerre et l'armée chinoise n'accepte pas les femmes » ?
Les trois autres la fixèrent avec des yeux ronds. Elisa se rappela avec un temps de retard que Disney n'avait sans doute pas encore produit Mulan. Oups.
– Référence moldue, soupira-t-elle. Qu'est-ce qui se passe ?
Les trois autres se regardèrent. Puis Trisha poussa un profond soupir, et se tourna vers son amie avec une grimace :
– On n'est pas les seules à enquêter sur Sirius Black. Et on n'est pas les seules à avoir découvert que Lupin était pote avec Black.
– Nos parents en ont parlé toutes les vacances, rajouta Zacharias d'un air important. Ils m'ont demandé ce que je pensais de Lupin, tout ça. C'est resté très discret, bien sûr, la presse n'a pas eu l'information : mais les familles de Sang-Purs en discutent.
– Ma tante est allée à Poudlard mardi dernier, rajouta Susan avec inquiétude.
Et quand Amelia Bones, Directrice du Département de la Justice Magique, rendait visite à quelqu'un soupçonné de complicité avec un criminel… C'était rarement une bonne nouvelle. Un seul mot venait à l'esprit d'Elisa.
– Merde.
– Langage, fit Trisha d'un air absent.
Elisa roula des yeux. Les jurons moldus passaient très facilement dans le monde sorcier, qui ne les trouvait pas vraiment grossiers.
Elle était un peu surprise que Trisha se préoccupe du sort de Lupin. Après tout, elle ne lui faisait absolument pas confiance, et aurait voulu le dénoncer elle-même. Mais, au final, était-ce si surprenant que Trisha se soucie du sort du loup-garou ? Elle savait qu'Elisa voulait le garder à Poudlard, il y avait les BUSES à la fin de l'année… Et elle n'était pas sans cœur. Elle était incapable de laisser quelqu'un se faire embarquer à Azkaban avec indifférence.
Dans le canon, y avait-il eu une telle enquête ? Pas dans les souvenirs d'Elisa, en tous cas. Peut-être que le Harry de l'intrigue canon ne l'avait pas remarqué ? Ou alors il y avait eu une divergence dans le canon menant à la découverte de l'amitié des Maraudeurs… Un Sang-Pur du Ministère qui s'était souvenu de Lupin ? Ou peut-être que Crawford avait raconté son histoire à quelqu'un d'autre que Neal ?
Oh. Merlin. La lettre de Crawford.
Elisa sentit soudain sa gorge se serrer. Prise d'un affreux doute, elle ouvrit son sac, et fouilla précipitamment la pochette cartonnée qui contenait son enquête sur Sirius Black. Durant plus de deux mois, la pochette avait traînée dans son dortoir, sans surveillance. Puis elle l'avait oubliée sur le quai de la gare. Combien de gens y avaient eu accès ?
Elle recompta les papiers une fois, puis deux. Puis elle referma la pochette. Elle avait l'impression que ses entrailles s'étaient changés en plomb.
– Personne ne menait d'enquête. Notre taupe a utilisé la mienne.
– Ton enquête ? s'étonna Trisha.
Elisa lui passa la pochette, le visage sombre. Et, à en juger par l'air catastrophé qui se peignit sur le visage de Trisha lorsqu'elle ouvrit la pochette, elle avait deviné ce qu'Elisa allait dire avant même qu'elle n'ait ouvert la bouche.
– La lettre de Willis Crawford a disparu.
Cette fois, ce fut Trisha qui poussa un juron.
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ET BAM UN CLIFFHANGER !
Eh oui, ça faisait longtemps.
Anyway, j'espère que ça vous a plu. N'oubliez pas de voter !
- Tabitha Bainbridge (unique Née-Moldue de sa Maison, membre du CEM, amie d'Heather)
- Adélaïde Murton (Sang-Pure snob, chef des filles puristes de son dortoir)
- Imogen Stretton (Sang-Pur et puriste, a un frère jumeau à Serdaigle)
- Holden Ledbury (Sang-Pure et meilleure amie d'Adélaïde)
- Adrian Pucey (Sang-Pur, Poursuiveur dans son équipe de Quidditch, meilleur ami de Terence)
- Terence Higgs (Sang-Mêlé, membre du CEM, mailleur ami d'Adrian)
- Cassius Warrington (Sang-Pur et Puriste, Poursuiveur de l'équipe de Quidditch, déteste farouchement Elisa)
- Miles Bletchey (Sang-Pur, cousin d'Elisa et héritier de sa famille, Gardien de l'équipe de Quidditch)
- Darius Berrow (Sang-Pur, ami de Warrington, une vrai armoire à glace)
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