Hello tout le monde !
J'ai lu, de jeudi à vendredi dernier, la trilogie Red Rising, de Pierce Brown (oui, je me suis enfilée les trois bouquins d'un coup xD). Et cette saga est géniale. Sérieusement ?! Il y a la lutte pour la survie, digne de Hunger Games, mais beaucoup plus réaliste : la politique, les assassinats, les guerres entre maisons rivales, comme Game Of Thrones : il y a des références à l'Histoire, la mythologie, la littérature : il y a la problématique de l'esclavage, du contrôle des médias sur la population, de la division en races, de la tyrannie: il y a des dialogues EXCELLENTS, des citations qui restent gravées dans votre esprit... Mais c'est tellement mieux que simple ça !
L'histoire est riche, les réflexions poussées. Ça parle de liberté, de sacrifice, d'amour, d'amitié, de loyauté, de trahison, de solitude, de secrets, de franchise, de douleur. Et bon dieu, les personnages ! Chacun personnage incarne le meilleur et le pire de l'humanité. Ceux qui trahissent leurs amis par honneur, et ceux qui abandonnent tout, jusqu'à leur âme et leur décence, par loyauté envers une cause. Il y a des extrémistes et des fanatiques, des idéalistes, des gens qui n'ont rien demandé, des gens qui y croient, des gens cruels, des gens doux, des gens qui rêvent, des gens qui n'ont pas conscience de l'ampleur de ce qui se passe mais qui essaient de faire de leur mieux... C'est génial. Et en plus, il y a de l'humour. Les dialogues sont sincèrement hilarants (le sarcasme de Darrow ! Les jurons de Sevro !), mais la narration prend aussi un petit ton humoristique quand il le faut. Bref, je vous le recommande cent fois, mille fois. Je crois que je n'ai jamais été aussi retournée par une saga depuis... Woah. Depuis Pierre Bottero, au moins. Et c'est littéralement l'auteur qui m'a appris à écrire, qui a façonné mon style.
Bref. Lisez Red Rising, tout le monde. Parole de kiwi, c'est une merveille.
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J'ai un peu divergé x) Revenons à la fic... Et revenons donc aux réponses aux reviews !
Hello Niakovic ! Eh oui, c'est assez affreux pour Harry. Quand j'ai écrit ce passage, je me suis demandée "quel est le pire qui puisse arriver ?", et ensuite... Bah, j'ai écrit ça xD Bref, j'espère que tu ne va pas hurler en lisant ce chapitre, qui raconte ce qui arrive pour Pettigrew...
Yo LAAdelineB ! Désolée, je n'ai pas cédée aux supplications et je n'ai pas posté en avance. Eh oui, j'essaie de maintenir mon rythme. Désolée ! Mais t'inquiète, voilà le chapitre, et... Harry va penser à autre chose qu'à Sirius, sur ce coup !
Merci Aomine, l'explication pour la Carte du Maraudeurs m'a donné beaucoup de mal ! Et oui, pour Pettigrew, il faut s'attendre à une arnaque x) Je ne te spoile pas, tu liras ça dans le chapitre. Et oui, cette découverte pour Harry va changer beaucoup de choses. Tu vas vite le découvrir... Sinon, oui, si Elisa devient prof elle croisera Slughorn... Si Dudu l'embauche, bien sûr. Mais effectivement, ça serai rigolo à écrire !
Effectivement EveApplefield, il va y avoir un gros impact sur le Patronus d'Harry. Tu le verras bien assez vite x) Mais t'inquiète, il va survivre... s'en remettre... ce n'est pas la fin du monde pour lui x)
Tu te prépare au pire Kuro no Kage ! Attends de lire ce chapitre pour savoir le sort de Pettigrew w) Sinon, oui, ce n'ets pas plus mal que le secret ressorte maintenant, plutôt que plus tard (par exemple après qu'Harry se soit lié d'amitié avec Lupin et Sirius : il l'aurait vécu comme une trahison de leur part). Et oui, il va en ressortir une bonne chose... Et une seule. Tu va voir quoi =)
Oui BlancheEner, Sirius va tenter de redorer la mémoire de James. Par contre, il va avoir du mal, vu que ça propre réputation a pris un sacré coup... Et pour le Patronus... C'est un messager, pas un chien pisteur x) J'imagine qu'on peut utiliser un Patronus de cette façon, mais ça n'a pas été testé... Et Elisa n'y a pas pensé. Cela dit, c'est une bonne idée. Et oui, bien sûr, je te crois, tu n'as pas pleuré xD
Yep Louny, Elisa ne peut pas battre le destin. Même quand elle cherche à arranger les choses, il se produit toujours des catastrophes, il y a toujours des aléas, il y a toujours des trucs qui la dépassent et qui échappent à son contrôle. Pour la lettre, elle l'a laissé dans son dortoir à partir du moment où elle l'a lu, cachée au fond de son sac. Donc normalement c'était à l'abri. Le vol était un coup du sort imprévisible x) Et oui, elle aurait carrément dû dire à un de ses elfes de prendre le rat et de le mettre à l'abri, mais elle n'y a pas pensé. Pour quelqu'un qui veut tout arranger, elle passe son temps à louper des opportunités ! Bref. Oui, j'ai complètement détruit l'image des Maraudeurs, ce dont je suis assez fière. Mais si je faisait ça dans la vie réelle (et non dans un fanfic), je serai comme Elisa : horrifiée. C'est terrible de ruiner la vie de véritables personnes à cause de leurs erreurs de jeunesse... Enfin bref. Pour ton fanclub, il y a Heather, Helen, Cécile, et... Trisha ? La lettre T me rend perplexe xD
Coucou Gilgalad Swiftblade ! Yep, les actions les plus anodines d'Elisa peuvent avoir les conséquences les plus destructrices. C'est quelque chose d'horrible, de réaliser qu'un tout petit truc qu'on a fait avec de bonnes intentions, ça fini par faire quelque chose que tu ne peux jamais réparer. Je n'avais pas trop d emal à me mettre dans la peau d'Elisa pour ce coup-là parce que... Ca m'est arrivé une fois. Un jour, j'ai laissé mon lapin dans sa cage, dehors et au soleil, pour changer la littière dans son abri. Je pensais avoir fini assez vite, mais j'ai laissé traîné l'affaire. Il faisait chaud. Et quand je suis revenue, mon lapin (qui n'avait pas d'ombre où s'abiter) était mort d'un coup de chaleur. J'étais dévastée, et horrifiée. Comme Elisa sur ce coup... Bref. Pour Pettigrew, ne t'inquiète pas, je crois que se cacher douze ans sous forme de rat et avoir une Marque des Ténèbres sur le bras est assez compromettant x) Pour Hagrid, oui, c'est l'inverse de la révélation de la lettre : les bonnes actions d'Elisa ont aussi des conséquences innatendues (et bénéfiques). Quant à la cicatrice d'Harry... Elle planche toujours dessus ! Mais elle veut d'abord s'occuper des Horcruxes accessibles.
Salut IceQueen38 ! Oui, je ne voulais pas qu'Elisa quitte Poudlard tout de suite, et du coup... L'idée de Flitwick était un plan parfait x) Après tout, j'ai déjà utilisé une technique similaire dans Polydipsie, pour Kathleen Diggory x) Bref, je suis contente que ça t'ai plu... Et j'espère que, même si on s'approche de la fin du tome 3, tu va rester accro jusqu'au bout !
Yo Mayoune ! Oui, pauvre Harry, ça ne va pas être facile pour lui. Quant à Sirius et Remus... Euh... Ca dépend. Sirius ne va pas enoncer comme ça à connaîtr son filleul. En revanche, Remus va se cacher au fond d'un ravin et faire le mort, dévoré par la honte et la culpabilité. Donc oui, ça craint. Et Elisa avait beau ne pas avoir le contrôle, elle est quand même la source de cette catastrophe...
Ce sadisme DreamerInTheSky ! Mais oui, toute allusion à James va vraiment mettre Harry en rage. C'est une blessure à vif pour lui. Alors que pour Sirius, c'est la SEULE RAISON qu'il a de rencontrer/aimer Harry, alors du coup, évidemment qu'il va en parler. Mwahaha. Ca va être joyeux x) Mais ça sera plus développé dans le tome 4, en fait x)
Hello Allan Eddem ! Elisa ne va pas voir les profs parce que Pettigrew est invisible sur la Carte. Et elle ne va pas voir Lupin parce qu'il y a tout à parier qu'il ferai comme dans le canon : tout lâcher et aller sur les lieux lui-même pour buter Peter. Ces adultes, franchement. Tous des glands. BREF ! Raashid n'est pas hindou o_O Il est juste fun et... ok, je l'imagine un peu avec le même physique que Delmar, du coup ça m'influence xD Et oui, je me suis vraiment cassé la tête pour les acronymes de CERVEAU, de LOUPS et de DRAGONS... XDDDD Et oui, Elisa à Poudlard, c'ets pour l'avoir sous la main pour les tomes suivants x) Pour ce qui est de la Carte, pas d'inquiétude, c'est Harry qui l'a. Et de toute façon, les élèves ne se font pas fouiller x) Et non, le voleur de la lettre de Crawford n'est pas Warrington ! Mais c'est bien essayé x) Qui est le perso auquel le nom de Peregrine te fait penser ?
Salut Leaulau ! Oui, Elisa est gravement dans la mouise. Pour ce qui est de Rogue... Non, il ne risque pas de devenir un gentil prof responsable à la suite de ça. Même si les fautes des Maraudeurs sont révélées, et qu'il a une sore de vengeance grâce à cette humiliation... Rogue est quelqu'un de beaucoup trop endommagé pour changer. Et les Maraudeurs ne sont pas la seule chose qui l'a rendu si amer, synique et désagréable. Il y a aussi Lily (culpabilité dévorante), le fait d'être enfermé à Poudlard (bonjour les flash-back), et le rôle qu'il doit jouer. A ce point dans sa vie, je ne suis pas sûre qu'il puisse possiblement guérir. Oh, ça va lui faire immensément plaisir de traîner les Maraudeurs dans la boue, mais au final, c'ets tout ce qui va arriver : les Maraudeurs humiliés, Rogue de bonne humeur, et tout le monde très déprimé. Bref. Je suis contente que tu ne blâme pas Elisa ! Je me sens mal pour elle en imaginant les circonstances... x)
Coucou Plume Black ! Eh oui, ça fait super-longtemps dis donc ! ET BON SANG QUELLE REVIEW IMMENSE TU AS LAISSEE OH MON DIEU. Ahem. Bref. Contente qu'Elisa te plaise, j'avoue que pour une première SI, c'est pas si mal réussi x) Et "le justicier masqué Bishop"... J'aime cette expression x) Oui, c'est exactement ce qu'Elisa fait : pointer les torts de ceux qui sont en principes intouchables. Même si, avec des montées de rage sincontrôlables grâce à notre cher Tom Jedusor, elle manque parfois de tact quand elle le fait.. Et oui, effectivement, elle ets une Gryffondor avec un esprit Serpentard, mais ça fait d'elle une bonne Poufsouffle ! Et oui, elle a une vision des personnage sà la fois de lectrice et d'actrice, et du coup, ça fait un point de vue interne à l'histoire mais relativement objectif. Et je suis ravie que ça te plaise xD Et mwahahaha, oui, BAM, les Maraudeurs en prennent plein la figure, je pense que c'ets la première fic où je les humilie comme ça et... Bon, même si ça fait souffrir Harry, il y a unpetit côté jouissif à rendre la justice à ces quatre pignoufs. Je savoure x) Bref, contente que ça te plaise... et que tu lise ça en patientant pour Renouveau ! x)
Yo, Johann D. E. ! Elisa, cheat-code ambulant xDDDDD Non, elle ne va pas avoir une affinité élémentaire avec le feu. Mais je suis d'avis que tous les sorciers ont une affinité plus ou moins développée, et... Oui, Elisa va en avoir une x) En fait, elle devrait normalement en avoir deux, car l'influence de Jedusor sur son esprit et sa magie a développé son influence secondaire. Peux-tu deviner de quels éléments il s'agit ? =)
Hello Nera Lupa ! E fait, dans le canon, Harry voit le nom de Peter Pettigrew une seule fois... Et à mon avis, c'est parce que Pettigrew s'est retransformé en humain à ce moment-là. Sinon, Harry l'aurait vu avant. Bref, du coup cela rejoint mon explication selon laquelle les Animagus ne sont pas visibles sur la Carte x) Quant à la présense d'Elisa en"pseudo-prof", je pense plutôt à la sixième et à la septième année d'Harry...
Bravo Imthebest, tu as à moitié deviné l'identité du voleur ! Eh oui. En fait, il y en a deux. Uh uh. Oui, je suis tordue x) Bref ! Pour le Patronus d'Harry, tu as vu juste également, ça va lui imposer un blocage... Mais on en parlera dans un chapitre suivant. Et oui, ça a complètement explosé à la figure d'Elisa et d'Harry. La situation peut difficilement être pire...
Salut AndouilleEtSushi ! Ah ah, oui, la dernière partie du chapitre précédent était... un peu déprimante x) Et oui, Harry va surmonter ça, mais... il n'y aura pas de James Sirius dans la NextGen. D'ailleurs, il n'y aura pas de Lily Luna ni d'Albus Severus, parce qu'Elis alui fera clairement savoir que nommer ses enfants d'après des gens morts, c'est glauque et ça leur donne l'impression d'être un remplacement. Bref. Voilà la suite, ne panique pas XD
Hello Darboria ! Oui, ce chapitre était vraiment pas joyeux. J'avais de la peine pour Harry en écrivant. Yep, Elisa aurait bien été à Poudlard en même temps qu'Ombrage : mais sous le coup de l'émotion, elle est nulle en maths xD Et puis, je pense surtout aux deux années suivantes, à la fin de la scolarité d'Harry. C'est pour ces années-là qu'elle veut rester.
Yo Streema ! Oh, oui, Elisa veut tout contrôler, un peu comme Dumbledore, avec les meilleures intentions du monde. Mais elle est bien moins expérimentée que lui, bien moins subtile, bien moins attentive. Du coup, oui, certains de ses plans lui explosent au visage. Mais ce n'est pas (pour elle, du moins) une raison de laisser tomber... x) Voilà voilà. Pour Pettigrew, tu auras ta réponse dans ce chapitre !
Hello Dame Aureline ! Cntente que tu ais dévoré cette histoire (et le bonus) ! Malheureusement tu te trompe sur l'identité du voleur. Mais oui, ça aurait pu être Isabelle. En revanche, elle l'aurait envoyé à la presse, pas aux Aurors (elle n'a pas de contacts parmi les Aurors)... Trouveras-tu le vrai coupable ? x) Sinon, bien vu pour le tome 4 ! En effet, Elisa a bien prévu ce plan...
Coucou Zarbi ! Bonne question, pour les Bletchey. Oui, ça serai intéressant de les faire renouer avec Isabelle (et donc Elisa), surtout que notre Magister est un élément prometteur qui va attirer l'attention de plusieurs familles. Mais il ne faut pas oublier que le patriarche de la famille, Bartholomew, est un Puriste. Ca va ralentir la chose...
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Passons au perso de la semaine ! Et comme promis... Il s'agit de Terence Higgs !
Terence Arthur Higgs est l'un des meilleurs élèves de sa promotion. Inventif et attentif, il touche à tout et fait partie de quasiment tous les clubs de Poudlard. C'est un garçon d'apparence assez banale, avec des traits droits et des yeux gris, et des cheveux châtain-blond coupés court.
Le père de Terence est un Sang-Pur, nommé Arthur Higgs. Il travaille dans la fabrication d'alcools magiques, pour l'industrie des Ogden. Toute sa famille a été décimée ou a fui la Grande-Bretagne lors de la guerre, et Arthur lui-même a été gravement blessée. Il a désormais une jambe de bois, et il souffre de dépression. C'est une condition très grave chez les sorciers (ils peuvent en perdre leur magie, ou cela peut affaiblir assez leur magie pour qu'ils meurrent dans des accidents bêtes comme une chute d'escalier), mais qui est traitée plus facilement que pour les Moldus : il doit se jeter des Sortilèges d'Allégresse et boire des potions toniques de façon quotidienne, et cela suffit à le rendre à peu près fonctionnel.
La mère de Terence est une Née-Moldue, Dora Higgs (née Hepbrun). Elle travaille au Ministère, comme secrétaire pour la Département des Accidents et Catastrophes Magiques. Elle a rencontré Arthur par des amis commun, et ont vécu une grande passion pendant cinq ans, avant que Dora ne tombe enceinte. Ils se sont mariés, Terence est né, et peu de temps après Arthur se retrouvait mutilé. Dora n'a cependant pas renoncé. Elle prend soin de son mari, prend soin de son fils, va au travail, et refuse de lâcher le morceau. Elle a une force de caractère formidable. C'et elle qui fait tenir toute leur famille.
Terence est quelqu'un de discret et silencieux, mais toujours attentif, et plus énergique qu'il n'en a l'air. C'est quelqu'un de réservé et, habituellement, on ne fait pas attention à lui. Ses amies ont toujours, généralement, été des filles : les garçons, trop chahuteurs, l'agaçaient. Il préférait bouquiner ou bavarder au calme, ou inventer des histoires aux poupées de ses amies.
Terence n'est ni sportif, ni charismatique, ni riche, ni Sang-Pur : il n'est donc pas particulièrement populaire. Cependant, en matière scolaire, il s'en tire de façon tout à fait honorable : il est troisième, derrière Heather et Takashi. Et encore ! Il a d'aussi bonnes notes tout en participant à quasiment toutes les activités proposées à Poudlard. Il est membre du CEM, du club d'Histoire comparé, du club d'Alchimie, du club des Bavboules… Il lit aussi beaucoup, et joue même au Quidditch de temps à autre, même s'il a quitté l'équipe pour mieux se concentrer sur son travail. Il l'a fait sans regret : Terence aime voler, mais il n'est pas un accro de ce sport comme Adrian. Il s'était en fait inscrit dans l'équipe essentiellement pour lui faire plaisir.
Terence est quelqu'un d'assez facile à vivre en général : il aime rire, plaisanter, se détendre. Il travaille beaucoup, révise constamment et suit un planning très strict, mais il se réserve toujours du temps pour décompresser et s'amuser avec ses amis. C'est quelqu'un de généreux, et de patient. Cela dit, il ne faut pas le chercher. La colère de Terence est toujours froide et cassante, et il est extrêmement rancunier. De plus, il a un côté possessif. Il a horreur que les gens s'approprient ses amis, et surtout, il n'aime pas quand quelqu'un d'autre s'accapare le temps d'Adrian. Il n'est pas d'un naturel jaloux, mais avec Adrian, c'est une autre histoire… Terence est misérable sans lui. Alors, évidemment, il sont toujours l'un avec l'autre, aussi inséparables que des siamois.
Le Choixpeau voulait mettre Terence à Serdaigle. Après tout, il n'est pas particulièrement ambitieux. Il est très intelligent, curieux, et vif d'esprit : mais il n'est pas assoiffé de gloire ou de succès. Cependant… Terence est un survivant. Il ne lâche jamais l'affaire, comme sa mère. On ne dirait pas, de prime abord. Il n'est pas musclé, le visage doux, le regard pensif. Il n'a jamais eu à lutter pour sa survie. Mais Terence a ce potentiel en lui. Cela se traduit parfois dans son travail scolaire, et parfois au Challenge. Lorsque Terence veut quelque chose, il l'obtient.
Et c'est sa plus grande force : sa détermination, alliée à son adaptabilité. En effet, Terence est quelqu'un de vraiment polyvalent, qui s'intéresse à tout, qui connait un peu de tout, et donc qui a des bases pour s'élever dans n'importe quel domaine. S'il se donne à fond dans un projet et qu'il puise dans ses autres connaissances pour l'étoffer, il arrive toujours au succès. Mais pour ça, Terence travaille énormément, évidemment.
Le meilleur ami (et petit-ami depuis le Nouvel An 1994) de Terence est Adrian Pucey. Ensuite, ses autres meilleures amies sont Heather Thatcham et Tabitha Bainbridge, suivie de très près par Elisabeth Bishop. Terence a aussi une sorte de rivalité avec Helen Dawlish, la Serdaigle, pour ce qui concerne le duel.
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Bon, histoire de faire le tour des Serpentard, je pense que le prochain perso sera Tabitha Bainbridge, et ensuite Cassius Warrington (le pauvre, pour un Ennemi Mortel, on ne parle pas beaucoup de lui !). Et ensuite... Bah, ce sera la fin du tome 3, sorry x) Eh oui, on arrive au bout...
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Je ne vous fait pas attendre plus longtemps. Voici le chapitre... Et le dénouement d'une intrigue que vous attendez tous avec impatience ! Je vous présente... Le rat dans une cage, le loup confronté à la lettre de Willis Crawford, et une descente des Aurors !
Enjoy !
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Le rat, le loup et le Ministère
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Ils rentrèrent au château par le passage de la sorcière borgne. Elisa gardait les yeux fixés sur la Carte, et Harry la suivait, silencieux et déprimé. Ils émergèrent sans encombre dans le couloir du septième étage. Elisa rangea la carte dans la poche de sa robe, et Harry plia soigneusement sa cape d'invisibilité afin de la glisser dans la poche intérieure de sa robe.
La Poufsouffle se passa une main sur le visage avec lassitude. Bon sang, quelle journée pourrie.
Puis elle se rappela soudain qu'elle avait capturé Pettigrew. Oh, avec les récents évènements, cette victoire ne semblait plus aussi triomphale. Mais tout de même, elle avait mis la main sur le traître. Si elle pouvait prouver l'innocence de Sirius et apporter justice aux Potter, est-ce que ça ne serait pas un premier pas pour racheter la faute qu'elle avait commise ?
– Hey, fit-elle en donnant un léger coup de coude à Harry. J'ai retrouvé le rat de Ron chez Hagrid. Tu veux m'accompagner pour le récupérer ?
Harry hocha immédiatement la tête, l'air sombre. Il était presque treize heures, alors entre ça et aller déjeuner dans la Grande Salle où tout le monde allait le dévisager, le choix était facile.
Ils se mirent en chemin vers le rez-de-chaussée. Tacitement, ils évitèrent les couloirs fréquentés, ce qui rallongea un peu leur chemin. Ce fut seulement en arrivant au parc qu'Elisa se rappela soudain qu'elle n'avait pas dit à Ron et Hermione qu'elle avait retrouvé leur ami. Ils devaient sans doute se ronger les sangs…Avec une grimace (décidément, elle passait son temps à tout foirer), Elisa sortit son poudrier de sa poche, l'ouvrit, et énonça clairement :
– Ron Weasley.
Le miroir ne refléta que son visage pendant plusieurs secondes, puis Ron apparut. Son déguisement à lui aussi avait disparu. En arrière-plan, on voyait un mur de pierre : Ron devait être retourné à Poudlard. Il vit Harry par-dessus l'épaule d'Elisa, et sembla s'affaisser de soulagement :
– Tu l'as retrouvé !
Harry eut l'air de se souvenir qu'il avait plus ou moins planté ses amis au milieu d'une bagarre, et prit un air embarrassé :
– Désolé, Ron. Je vais bien, j'avais juste… Besoin d'être un peu seul.
– Ouais, fit Ron avec une certaine maladresse. Et, euh, tu sais, Percy a récupéré les papiers et il était assez furieux. Il a crié sur un Auror. Et ensuite il est allé voir McGonagall et il lui a donné la lettre en lui faisant un discours indigné sur la réputation de la Maison de Gryffondor, et… Enfin bref, McGonagall a fait venir Lupin dans son bureau. Et là, elle est en train de lui crier dessus.
L'image se brouilla et apparemment Ron approcha le miroir de la porte (Elisa eut le temps de voir Percy et Hermione qui avaient tous les deux l'oreille collée sur le battant de bois et portaient la même expression à la fois avide et scandalisée). Il était impossible de distinguer clairement les mots, mais c'était bien la voix de McGonagall qui rugissaient derrière la porte close.
– Lupin vient d'avouer que tout ce qu'il y a dans la lettre est vraie, avoua Ron avec hésitation. McGonagall l'a… assez mal pris.
– Sans blague, marmonna Elisa.
C'était sûr que ça devait faire un choc : les Maraudeurs avaient été ses chouchous, et James Potter était pratiquement un saint dans sa mémoire. Harry hocha sombrement la tête, mais ne sembla pas surpris. Juste misérable.
– J'ai retrouvé ton rat, Ron ! annonça Elisa d'une voix forte pour faire diversion. Il s'appelle Croûtard, c'est bien ça ?
Hermione se redressa d'un bond, et même Percy se décolla de la porte, l'air intéressé. Après tout, il avait été le propriétaire de Croûtard pendant cinq ans.
– Il était chez Hagrid, continua Elisa. D'ailleurs, j'ai laissé Malta chez lui. Vous voulez venir avec moi ?
Ron hocha vivement la tête. Hermione eut l'air d'hésiter, et jeta un regard plein de regret à la porte du bureau de McGonagall, mais acquiesça aussi. Quant à Percy, il remonta ses lunettes sur son nez d'un air sérieux :
– Eh bien, il vaut mieux que vous soyez accompagnés par un Préfet, avec Sirius Black dans la nature.
Ron ne protesta même pas. Apparemment il avait vraiment été impressionné par le coup d'éclat de son grand frère. Engueuler un Auror, ce n'était pas rien.
– Parfait, sourit Elisa. On est presque au parc, on se retrouve chez Hagrid ?
– Ça marche, acquiesça Ron avec un large sourire. J'en reviens pas que Croûtard se soit caché là-bas.
– Tu dois des excuses à Pattenrond, Ronald ! lâcha Hermione d'une voix aigüe.
Ron eut l'air très embarrassé, et coupa la communication. Elisa et Harry échangèrent un regard amusé, puis le Gryffondor s'assombrit. Cette histoire avec les Maraudeurs devait vraiment lui peser sur l'esprit.
Ils reprirent leur route vers la cabane d'Hagrid, et les pensées d'Elisa dérivèrent à nouveau vers la lettre de Crawford. La culpabilité lui rongeait toujours l'estomac, mais elle ne pouvait s'empêcher de se demander comment la lettre avait fini à Pré-au-Lard. A quel moment lui avait-elle été volée ? Et surtout, par qui ? Si le vol avait eu lieu sur le quai, Ernie était le suspect numéro un, mais… Si le vol avait eu lieu alors que la pochette était dans le dortoir… Alors les seuls suspects étaient les filles de sa classe. Tamsin, Heidi, Trudy, Rhonda. C'était une pensée dérangeante. Est-ce que Tamsin aurait fait ça pour se venger de leur dispute ? Non, ce n'était pas son genre… Ernie, alors ? C'était possible : après tout, ils ne s'entendaient pas. Mais Trisha pensait Ernie trop loyal pour ça. Avait-elle tort ?
Ils arrivèrent devant la cabane d'Hagrid, et Elisa frappa à la porte. Le demi-géant ouvrit aussitôt, et sourit jusqu'aux oreilles en voyant de qui il s'agissait :
– Ah, tu l'as retrouvé !
– Il n'était pas très loin, sourit Elisa avant de se tourner vers Harry qui avait l'air un peu perplexe. Ron m'a appelé quand tu as disparu. Lui et Hermione ne pouvaient pas aller te chercher eux-mêmes, alors…
– Ah, fit Harry avant de lancer un regard coupable en direction d'Hagrid. Désolé de vous avoir inquiété, j'avais juste… J'avais juste besoin de réfléchir au calme un moment.
Malta le serpent des blés était lové sur les pierres devant l'âtre, profitant de la chaleur des braises. Elle salua sa maîtresse d'un sifflement paresseux quand Elisa la ramassa et la glissa dans sa poche spéciale, où Malta s'enroula docilement sur elle-même. La Poufsouffle jeta ensuite un rapide coup d'œil à l'intérieur de la cabane, et ne tarda pas à repérer la cage posée près de la table. Croûtard était toujours à l'intérieur, et il se mit à s'agiter frénétiquement et à tenter de s'échapper dès qu'Elisa croisa son regard.
– C'est Croûtard ? s'exclama Harry en voyant le rat. Il n'a pas l'air en forme !
Le rat était tout maigre, sa fourrure en lambeaux, et il couinait comme un dément en essayant de s'échapper. Si Elisa n'avait pas été parfaitement consciente du fait qu'un Mangemort se cachait sous se déguisement, elle aurait vraiment eu pitié, elle aussi.
– Il est sans doute vieux, fit-elle innocemment pour tenter de rassurer Harry. Les rats ne vivent pas très longtemps, et… Depuis combien de temps est-ce que Ron l'a ?
– Euh, hésita Harry. Il est chez les Weasley depuis douze ans ou quelque chose comme ça…
Elisa eut l'impression de faire un effort colossal pour jouer le jeu, et faire mine d'être surprise :
– Douze ans ? Douce Morgane, c'est une bestiole immortelle. Tu penses qu'il est magique ?
Harry fixa Croûtard d'un air dubitatif.
– Ron dit qu'il ne fait que manger et dormir. Oh, et il a mordu Goyle une fois.
Pauvre Goyle. Elisa se demanda soudain comment il s'en sortait avec son Patronus. De tous les Serpentard de sa classe, Goyle était celui qui avait le mieux lancé le Sortilège…
Quelqu'un frappa à la porte d'Hagrid. Lorsque celui-ci ouvrit, Ron, Hermione et Percy entrèrent avec plus ou moins de hâte. Les deux amis d'Harry se précipitèrent aussitôt auprès de lui, tandis que Percy saluait Elisa d'un hochement de tête un peu raide. Il lui en voulait toujours pour son coup d'éclat contre McGonagall, ce qu'on ne pouvait pas lui reprocher. La Poufsouffle lui rendit son salut, puis pointa innocemment la cage de Croûtard par terre :
– Hey, Percy, est-ce que tu sais si ce rat est magique ?
– Pas à ma connaissance, fit le Préfet-en-Chef avec dignité. C'est un rat ordinaire que j'ai trouvé dans le jardin de chez nous il y a quelques années.
– Douze ans, hein ? lâcha Hagrid d'un air pensif en observant Croûtard de plus près. C'est vrai que c'est plutôt exceptionnel… C'est peut-être un croisement. Y a pas beaucoup de bestioles de cette taille-là qui peuvent vivre aussi longtemps.
– Il doit sûrement y avoir des livres de détection de la magie chez les animaux à la bibliothèque, interjeta Hermione en s'approchant avec curiosité. Je pourrais y jeter un œil.
Superbe idée.
– Oh, ce n'est pas la peine, déclara Percy d'un air important en brandissant sa baguette. Je connais un le Sortilège de Détection des Objets Enchantés. C'est un sort du niveau des ASPICS, bien sûr. Il est requis pour toute personne espérant travailler à un poste important au Ministère, pour détecter les colis ensorcelés.
Encore mieux ! Croûtard redoubla ses grattements frénétiques et ses cris de détresse, paniqué. Elisa retint un sourire mauvais, le cœur battant, et déclara innocemment :
– Vraiment ? Tu veux bien le lancer sur le rat ? Enfin, si ça ne risque pas de le blesser, bien sûr.
Le Préfet-en-Chef sourit avec indulgence (il pensait sans doute que Croûtard n'avait pas la moindre magie et qu'ils faisaient tous une montagne de pas grand-chose), puis pointa sa baguette sur le rongeur affolé et énonça nettement :
– Magica Deprehensio.
La cage brilla faiblement. Le rat, par contre, se mit à éclairer la pièce comme une lampe-torche pendant deux secondes entières. La lumière aveuglante arracha une exclamation aux jeunes sorciers.
Il y eut un court silence.
– C'est normal, ça ? fit Hermione d'un air incertain.
– Non, fit lentement Percy dont le visage était très pâle. Pas normal du tout.
La cage explosa.
Elisa ne s'attendait absolument pas à ce que Pettigrew reprenne forme humaine. Elle fut complètement prise au dépourvu et, à vrai dire, les autres aussi. La cage explosa comme une grenade, les frêles barreaux incapables de contenir la masse d'un homme adulte : et des bouts de métal volèrent dans toute la cabane comme si une bombe avait explosé. Heureusement, affronter Helen Dawlish et ses Maléfices Explosif avait donné à tous les membres du Challenge la réaction instinctive d'ériger un bouclier dès qu'un truc leur explosait au visage. Alors, avant même de s'en rendre compte, Elisa hurla :
– Protego Maxima !
Ça lui sauva sans doute la vie. Des dizaine de morceaux de la cage ricochèrent sur le bouclier de la Poufsouffle et tombèrent au sol dans un concert de cliquetis métalliques. Et immédiatement, Elisa réalisa qu'elle n'avait pas protégé tout le monde. Le bouclier l'avait protégée, ainsi que Percy, qui était juste à côté d'elle, et Ron et Harry, qui étaient un peu en arrière. En revanche…
Hagrid était penché au-dessus de la cage. Au moment de l'explosion, il amena ses bras devant son visage pour se protéger, mais ça ne suffit pas. Le temps de cligner des yeux, et il était par terre, mugissant de douleur tandis qu'une douzaine de tiges et de morceaux de cages métalliques étaient plantés dans ses bras, ses mains, sa poitrine. Une longue tige de métal était plantée dans son cou, presque trente centimètres de métal émergeant de la chair.
Hermione… Hermione était plus loin qu'Hagrid ou Percy, mais elle se trouvait dans un angle qui n'était pas couvert par le bouclier d'Elisa. Quand la cage explosa, elle poussa un cri strident et leva les bras pour se protéger. Un morceau de grille la frappa sans doute au niveau du bras avec la force d'une hache, car quand Elisa leva les yeux sur elle, la façon dont son bras et le teint livide de la Gryffondor pendait suggérait une fracture nette.
Et Peter Pettigrew lui arracha sa baguette des mains, se glissant derrière la gamine et lui plaquant la baguette sous la gorge dans un geste sans équivoque.
Les quatre personnes encore en état de réagir pointèrent immédiatement leurs baguettes sur l'Animagus, mais il tenait en otage leur amie, l'utilisant comme bouclier humain, et personne ne tira. A vrai dire, tout le monde semblait pétrifié. Le seul bruit était le rugissement de souffrance d'Hagrid, qui s'étranglait petit à petit tandis que le géant essayait de serrer les dents et de réprimer sa douleur.
– Je suis désolé, fit Pettigrew d'un air nerveux. Je ne voulais pas que ça se passe comme ça.
La main d'Elisa se crispa sur sa baguette, et sans pouvoir s'en empêcher, elle pensa soudain à Lockhart. Lui aussi s'était excusé avant d'essayer de la tuer.
– Qui êtes-vous ? lâcha sèchement Percy.
Le regard de Peter estima la distance entre lui et la porte, sans jamais laisser les quatre adolescents quitter son champ de vision. Hagrid se redressa sur ses genoux, l'air hébété. Elisa lui jeta un regard en biais et eu le tournis : ses bras, sa poitrine et son cou étaient détrempés de sang, et une gigantesque tâche écarlate qui s'élargissait à vu d'œil sur sa chemise.
– Peter ? lâcha Hagrid avec incompréhension, l'air complètement perdu. Peter Pettigrew ?
Pettigrew déglutit et, tenant toujours Hermione devant lui comme un bouclier humain, recula d'un pas vers la porte. En entendant le nom de Peter, les yeux d'Harry s'agrandirent puis s'étrécirent, fixant l'homme avec hargne. La lettre de Crawford devait encore être fraîche dans son esprit. Heureusement, Ron lui posa discrètement une main sur le coude, l'empêchant de bondir à l'attaque.
Peter, qui avait vu le mouvement, se tendit davantage. Hermione gémit, l'air terrifiée.
Et c'est à ce moment-là qu'Elisa réalisa qu'ils étaient gravement dans la mouise. C'était comme la dans Chambre des Secrets, sauf que cette fois, elle était parfaitement consciente de tout ce qui se passait. Hagrid qui se vidait de son sang. Hermione, blessée, une baguette sous la gorge. Et surtout, un Mangemort acculé. Elle avait forcé Pettigrew à se révéler : il n'avait plus rien à perdre, désormais. Il voulait fuir, mais il voulait surtout se cacher, et ça ne présageait rien de bon pour eux qui étaient témoins de son retour.
Lockhart était une loque mais il avait été prêt à tuer pour que les témoins gênants ne révèlent pas son secret. Qu'est-ce que Peter Pettigrew serait prêt à faire ? Le canon n'avait jamais été très généreux avec lui, le décrivant comme lâche et minable : mais Elisa n'oubliait pas que c'était quand même l'espion qui avait berné l'Ordre du Phénix, une Maraudeur à part entière, et l'homme qui avait ressuscité Voldemort. Peter Pettigrew était plus malin qu'il n'y paraissait, il ne laissait rien se mettre en lui et la survie… Et là, Elisa venait de placer six personnes sur son chemin. Six obstacles.
Il n'y avait aucun moyen, aucun moyen pour que ça ne finisse pas de façon épouvantable.
Hagrid émit un grognement de douleur, hagard. Son visage était très pâle, et il fixait Pettigrew d'un air perdu et plein d'incompréhension. Elisa se força à ne pas regarder le métal enfoncé dans son corps, et le sang qui continuait à imbiber le tissu de ses vêtements, à dégouliner sur le sol. Il y avait tellement de sang : Elisa sentait la nausée lui serrer la gorge, et la terreur planter ses griffes dans son ventre comme un animal monstrueux.
Qu'est-ce qu'elle pouvait faire ? Qu'est-ce qu'elle devait faire ? Qu'est-ce qu'elle devait faire ? Qu'est-ce qui allait se passer, comment est-ce qu'elle pouvait sauver tout le monde ?!
Elle fit un pas de côté pour s'approcher d'Hagrid, mais la pointe de la baguette de Peter s'enfonça un peu plus dans la joue d'Hermione, et la Poufsouffle se pétrifia.
– Posez vos baguettes par terre et tout se passera bien, ordonna le Mangemort avec autant d'autorité que possible malgré sa voix anxieuse.
– Pas question ! protesta Ron avec rage.
Peter donna une petite secousse au bras d'Hermione. Elle poussa un cri de douleur et se mit à pleurer, et Elisa sentit le peu de courage qu'elle avait rassemblé s'effondrer comme un château de cartes.
Gagner du temps, songea-t-elle dans sa panique. Il faut que je gagne du temps.
– Vous êtes Peter Pettigrew, débita-t-elle à toute allure. L'homme que Sirius Black est supposé avoir tué il y a douze ans, c'est ça ? Mais vous n'êtes pas mort…
– Quoi ? bredouilla Harry incrédule. C'est lui que Black est supposé avoir tué ?
Elisa l'ignora. Elle doutait que la cavalerie débarque, mais… Plus elle faisait traîner les choses, et plus ils auraient de chances de prendre Pettigrew au dépourvu. Elisa se força à respirer régulièrement, dressant ses barrières mentales d'Occlumancie pour ordonner son esprit et garder son calme. Lorsqu'elle se mit à parler, le regard de l'Animagus se concentra sur elle, et il lâcha le bras d'Hermione.
– J'ai lu tous les articles sur l'arrestation de Black. Les canalisations avaient explosées. Prendre la fuite était facile, sous la forme d'un rat. Alors vous avez laissé les Aurors arrêter Black, et vous vous êtes cachés chez les Weasley, je ne me trompe pas ?
Elle était terriblement consciente du demi-géant blessé à genoux sur le sol, et de tout le sang qui continuait à s'échapper de ses blessures. Elle ne pouvait même pas regarder ses bras transpercés par les bouts de métal sans sentir son estomac se soulever et la panique lui serrer la gorge. Elle n'avait jamais vu personne saigner autant. Si personne ne faisait rien, il allait mourir, elle en était sûre.
– Tu es très intelligente, fit faiblement Pettigrew qui lançait des regards furtifs en direction de la porte. Oui, tout le monde me croit mort. Même ma propre mère… C'est mieux ainsi. Sirius veut me tuer, je suis en danger…
– Mais pourquoi ? lâcha Percy en scrutant Pettigrew, prêt à l'attaque. Pourquoi vous êtes-vous cachés sous la forme d'un rat ?
Elisa inspira. Expira. Gagner du temps, se répétait-elle. Gagner du temps jusqu'à ce qu'elle trouve une solution. Même si elle devait tout faire avouer à Peter ici et maintenant. Elle était sûre que Percy et Ron sauraient garder la tête froide, mais Harry… Si elle forçait Peter à admettre ce qu'il avait fait…
Oh, Merlin. Elle n'aurait jamais dû proposer à Harry de l'accompagner ici. Surtout alors qu'il venait tout juste de lire les horreurs écrites par Crawford.
Mais il était trop tard pour penser à ça. Elle réparerait les pots cassés plus tard. Et si Harry ne lui pardonnait jamais cette confrontation… Elle aviserait. Là, maintenant, tout de suite, le plus important était de faire parler Peter. Le plus important était de gagner du temps et de garder son calme. Le plus important était de trouver une solution pour sauver Hagrid, sauver Hermione.
– Sirius Black n'était pas un Mangemort, fit-elle lentement sans quitter Pettigrew des yeux. C'est ça, n'est-ce pas ? Vous étiez le traître. Vous avez disparu pour que Black soit accusé à votre place. C'est pour ça que vous vous cachez… C'est pour ça que Black s'est échappé, pour se venger. C'est la seule explication possible.
Harry devint très pâle, et Elisa se sentit absolument minable. La prise de Ron sur le bras de son ami se resserra (il devait sans doute lui couper la circulation), mais le Survivant semblait à peine le sentir. Il semblait sous le choc.
– Vous ? croassa-t-il. C'est vous qui avez tué tous ces Moldus ? C'est vous qui avez vendu mes parents à Voldemort ? Vous étiez leur Gardien du Secret ?
Les yeux de Pettigrew se remplirent de larmes, sa prise sur Hermione se resserra, et il craqua :
– Je n'avais pas le choix ! James et Sirius ont toujours été les plus braves, les plus forts, les plus doués en Défense, et moi… Moi je ne faisais que les suivre ! Je n'avais… Je n'avais aucune chance ! Hors de l'école… Les Mangemorts utilisaient de la m-magie n-n-noire ! Et ils venaient tous de Serpentard, alors ils nous détestaient personnellement, ils voulaient nous tuer ! Ce n'était plus Poudlard, ce n'était plus d-d-drôle, c'était dangereux ! Il y avait des morts, et du sang, et j-j-je n'arrivais plus à dormir la nuit tellement j'avais peur… Il n'y avait p-plus de professeur pour leur donner des retenues ou leur enlever des points… Ils voulaient vraiment nous blesser, nous t-t-tuer ! On allait perdre ! Ils étaient plus forts que nous ! Je n'avais p-pas le choix !
Harry vacilla sur ses jambes. Il était blanc comme un linge.
– Vous avez vendu mes parents à Voldemort… parce que vous ne supportiez pas de vous battre sans avoir des professeurs pour vous défendre ?
– Je n'avais pas le choix ! cria Pettigrew, les yeux exorbités. James et Lily allaient m-m-mourir de toute façon !
Harry recula d'un pas, comme frappé en plein cœur. Mais le visage d'Hagrid, lui, devint soudain cramoisi, tordu par la rage et la douleur. Des larmes ruisselant sur ses joues, le demi-géant poussa un rugissement inarticulé et se jeta sur Pettigrew. Le mouvement prit Peter au dépourvu, et il dut repousser Hermione pour pointer sa baguette vers son soudain agresseur.
Ce fut le chaos.
Il y eut un grand BANG et Hagrid fut projeté en arrière. Hermione plongea en avant, et Harry et Ron la tirèrent à l'abri derrière eux. Percy lança un Stupéfix, et Elisa un Expulso, mais Peter esquiva avec une agilité insoupçonnée en se ruant vers la porte. Leurs sorts heurtèrent le mur, et le Sortilège Explosif d'Elisa fit voler en éclat un placard, projetant du bois et de la vaisselle partout. La Poufsouffle jeta un Charme du Bouclier en catastrophe, et Peter profita de l'occasion pour filer en direction de la porte. Mais, avec un cri de rage, le Survivant se jeta sur Peter. Dans sa fureur, il semblait avoir oublié qu'il avait une baguette magique, qu'il n'avait que treize ans et qu'il était petit et maigre : il tacla Pettigrew en hurlant, frappant à l'aveuglette de toute la force de ses poings. Mais le Mangemort avait toujours la baguette d'Hermione, et Harry se retrouva soudain suspendu par une cheville dans les airs tandis que Peter ouvrait la porte à la volée et bondissait à l'extérieur. Percy hésita un instant, son regard revenant vers Hagrid, ensanglanté…
– Rattrape-le ! ordonna Elisa. Je m'occupe d'Hagrid et Hermione. Libéracorpus !
Harry retomba par terre. Sans attendre, lui et Ron se précipitèrent à l'extérieur. Elisa se retrouva debout au milieu de la cabane dévastée, entre Hermione qui était tassée dans un coin et qui pleurait doucement, et Hagrid inconscient et sanguinolent.
Elle refoula une bouffée de panique. Qu'est-ce qu'elle devait faire ? Qu'est-ce qu'elle pouvait faire ? Il fallait arrêter Pettigrew, mais comment est-ce qu'elle pouvait sauver Hagrid d'abord ? Bon sang, et si Harry ou Ron se faisait blesser ? Et Percy ? Qu'est-ce qu'elle devait faire, bon sang ?!
Elle aurait désespérément voulu avoir Trisha avec elle. Ou Cédric, ou Gwendolyn, ou même Dumbledore, pour l'amour du ciel. Eux, ils sauraient quoi faire. Si seulement elle pouvait… demander de l'aide… instantanément…
– Je suis tellement stupide, fit-elle d'une voix qui dériva dans les aigus. Spero Patronum !
Son putois argenté apparut, et elle faillit fondre en larmes de soulagement. Elle était tellement, tellement contente d'avoir appris ce sort.
– Message à Albus Dumbledore, déclara-t-elle d'une voix qu'elle aurait voulue plus ferme. Peter Pettigrew est dans le parc, c'est un Mangemort, il peut se changer en rat, et il est poursuivi par Harry, Ron et Percy. Faites quelque chose !
Son putois disparu, et elle déglutit. Ok, alors avec un peu de chance, ça couvrait le problème du Mangemort en liberté. Puis elle se tourna vers Hagrid, tombant à genoux à côté de lui : stopper l'hémorragie était le plus urgent.
Le demi-géant gisait par terre, les yeux ouverts, mais apparemment pas tout à fait conscient. Le choc du sort que Pettigrew lui avait jeté avait délogé plusieurs bouts de métal de ses bras et son torse, et le sang s'était remis à couler, formant une large flaque qui s'étalait sur le parquet sous son corps immense. Elisa refoula un haut-le-cœur en réalisant qu'elle était agenouillée dans la large flaque rouge qui ne cessait de grandir. Elle était terrifiée par la vue du sang.
– Hermione ? appela-t-elle d'une voix incertaine. Est-ce que ça va ?
– Je vais bien, hoqueta Hermione qui avait l'air de ne pas aller bien du tout.
Elle tremblait de tout son corps, tenant son bras blessé serré contre elle, et son visage était ruisselant de larmes, ses épaules secouées de gros sanglots silencieux. Elisa déglutit. Oh, Morgane. Pourquoi elle n'avait jamais pensé à apprendre les premiers secours ?!
– Ok, fit-elle pour se calmer. D'accord. Je vais essayer d'aider Hagrid parce que c'est le plus urgent, d'accord ? Toi, tu… Tu te mets là où je peux te voir et tu ne tombes pas dans les pommes, pitié. Alors… Quel sort referme les plaies… Oh, ça y est. Inuriae Curare.
Ce sort était supposé stopper le saignement et rapprocher les bords de la plaie pour les souder et la refermer, accélérant la guérison spontanée du corps. Mais, à sa grande horreur, le saignement ralentit à peine.
– Non non non, murmura-t-elle avec effroi. Ce n'est pas possible, ce n'est pas possible… Inuriae Curare ! Inuriae Curare ! Pourquoi ça ne marche pas ?
Elle jeta un regard éperdu autour d'elle. Puis elle se leva d'un bond, attrapa tous les torchons qu'elle vit, et en lança un à Hermione. La Gryffondor semblait en état de choc, et ne l'attrapa pas à temps. Elisa lui mit le torchon dans la main de force, et l'entraîna à côté d'Hagrid en ordonnant :
– Tiens ça contre la blessure de son cou pour arrêter le saignement. Il faut stopper l'hémorragie. Je ne suis pas infirmière, mais je… Oh, je suis bête. Spero Patronum !
Son putois réapparu. Elisa en fut presque surprise. Agenouillée dans le sang d'Hagrid, avec trois amis disparus et un meurtrier en cavale, elle se sentait si désespérée qu'elle n'en revenait pas d'avoir rassemblé assez de souvenirs positifs pour lancer le sort.
– Message à Pomfresh. Hagrid est gravement blessé, venez immédiatement !
Le putois disparut. Elisa refoula les larmes qui lui piquaient les yeux. Ses mains tremblaient, réalisa-t-elle distraitement. Elle avait de la peine à pointer sa baguette sur Hagrid. Son sort de soin n'avait que le quart de l'efficacité désirée, mais c'était la seule chose qu'elle connaissait pour stopper le flot de sang, et elle s'y raccrochait comme à une bouée de sauvetage. De sa main libre, elle pressa un tas de torchons contre une blessure du demi-géant, et de l'autre, elle lança encore et encore l'incantation.
– Inuriae Curare. Inuriae Curare. Oh, Merlin, je suis désolée… Inuriae Curare…
Les larmes débordèrent sur ses joues, mais elle ne put même pas les essuyer. Sa main gauche était crispée sur un tas de chiffon qui était déjà devenu entièrement rouge, et sa main droite était serrée sur sa baguette.
– Inuriae Curare… Inuriae Curare…
Le saignement diminuait, c'était indubitable. Elisa essaya très fort de penser que c'était grâce à ses sorts, et non pas parce qu'Hagrid avait perdu trop de sang. Combien de litres imbibaient ses vêtements, le sol, la robe d'Elisa, les torchons ? Il semblait impossible qu'un corps humain puisse contenir autant de sang. Il y en avait partout. Il y en avait tellement.
– Inuriae Curare. Inuria Curare… P-pardon, pardon, je suis tellement désolée…
Elle ne savait même pas à qui elle s'excusait. Hagrid ? Hermione ? Harry ? Le monde entier ? Elle s'était promis de changer le cours du destin. Elle s'était juré qu'elle arrangerait tous les problèmes du canon, qu'elle punirait les méchants, que les gentils auraient leur happy end, qu'elle résoudrait tout telle une Mary-Sue de fanfiction. Mais elle était là, à genoux dans le sang d'un homme innocent que ses projets stupides avaient peut-être tué, et elle avait laissé trois adolescents courir après un Mangemort, après avoir doublement brisé le cœur et trahi la confiance d'un gamin qu'elle s'était juré de protéger.
Elle se sentait terrifiée et impuissante. Et elle continua à lancer son sort de soin, encore et encore.
C'est ainsi que Mrs Pomfresh la trouva, une éternité plus tard. Elle emmena tout le monde à l'infirmerie, et Elisa eut par la suite du mal à se rappeler de comment ils s'y étaient rendus : elle n'avait aucun souvenir du trajet, sans doute à cause du choc. Tout ce dont elle parvenait à se souvenir, c'était la quantité de sang sur le sol, sur ses mains, sur ses robes, partout.
Elle n'avait pas besoin d'entendre la voix de Tom dans sa tête pour savoir que c'était de sa faute.
oOoOoOo
Certains mois semblent passer à toute allure, et pourtant, il y a des journées qui semblent durer une éternité. Elisa avait du mal à croire que ce matin, elle avait utilisé Malta comme alibi pour entrer chez Hagrid et capturer le rat. Elle avait du mal à croire que, ce midi, elle avait tenté de consoler Harry à Pré-au-Lard. Elle avait peine à croire que, deux heures plus tôt, elle se trouvait encore dans la cabane du demi-géant en train d'essayer désespérément de lui sauver la vie.
Elle s'était douchée et changée, mais elle avait encore l'impression que le sang lui collait à la peau. Avant d'entrer sous la douche, elle en avait eu jusqu'aux coudes. Le bracelet en cuir de sa montre digitale était devenu noir tellement il était imbibé de sang, et les brassards retenant ses couteaux de jet étaient tous poisseux.
Il était à présent trois heures de l'après-midi, et Elisa n'avait toujours pas eu l'autorisation de quitter l'infirmerie. Quand elle y était entrée avec Hermione et Hagrid, Mrs Pomfresh lui avait fait boire un Philtre de Paix pour remédier à son état de choc : et Elisa avait dormi comme une bûche pendant une heure et demie. A présent, elle était réveillée depuis un bon quart d'heure et, même si elle avait toujours l'impression de flotter dans une bulle d'irréalité, la Poufsouffle se sentait aussi incroyablement détendue. Elle était à présent assise dans son lit, son serpent dormant paisiblement sur sa table de chevet. Mais Mrs Pomfresh refusait de la laisser partir avant le dîner, sous prétexte qu'elle était sous raide déchirée comme une camée des bas-fonds de l'Allée des Embrumes.
Bon, d'accord, Pomfresh ne l'avait pas dit comme ça. Elle avait déclaré qu'il fallait que son organisme évacue les dernières bribes du Philtre de Paix. Ce qui était super-injuste ! Il fallait qu'elle sache ce qui était arrivé à Harry, Ron, et Percy !
Heureusement, elle avait eu un éclair de génie et elle avait demandé à son elfe Olly de lui ramener la Carte du Maraudeur. Et à présent, après avoir vérifié d'un regard furtif que Mrs Pomfresh était toujours en train de panser les plaies d'Hagrid, elle ouvrait discrètement la Carte pour chercher la position de ses amis.
– Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises, murmura-t-elle en tapant le parchemin de sa baguette.
L'encre apparut, dessinant le plan de Poudlard et indiquant les noms des élèves qui y circulaient. Immédiatement, Elisa chercha celui d'Harry Potter. Il n'était pas dans le parc… Pas au rez-de-chaussée…
Lupin était dans une salle vide de la tour nord, remarqua-t-elle. Il était immobile dans un coin, tandis que Rogue et McGonagall se tenaient entre lui et la porte. C'était assez bizarre, et il fallut plusieurs minutes à l'esprit embrumé de la jeune fille pour comprendre pourquoi. Lupin était prisonnier. Ce qui n'était pas très étonnant, en fait : il avait avoué à McGonagall que les Maraudeurs n'étaient pas ce qu'ils semblaient être et, moins d'une heure plus tard, Peter Pettigrew était réapparu, vivant et avec une Marque des Ténèbres sur le bras. Il y avait de quoi rendre suspicieux même Dumbledore et son amour pour ses héroïques Gryffondor.
Peter Pettigrew n'était nulle part, et Elisa se mordilla lèvre, inquiète. Est-ce qu'il s'était échappé ? Les Aurors Robards et Dawlish n'étaient pas là non plus… Peut-être s'étaient-ils lancés à sa poursuite ?
Elle finit par retrouver Ron, Harry et Percy. Ils étaient tous les trois de retour dans leur salle commune, et Elisa s'affaissa de soulagement. Apparemment, ils étaient en sécurité… Mais est-ce qu'ils avaient attrapé Pettigrew ? Stoppé la poursuite ? Bon sang, elle n'aurait pas dû boire ce Philtre de Paix. Elle avait loupé toute l'action ! Entre son état de choc en revenant de chez Hagrid, sa sieste droguée, et son réveil rendu difficile par son sentiment persistant d'irréalité… Elisa était dans le gaz depuis presque deux heures. En deux heures, on pouvait faire un tas de chose. Comme résoudre l'intrigue, par exemple.
Et comme elle n'était pas l'héroïne de la saga, elle avait tout loupé. Son seul fait de gloire avait été de pousser Pettigrew à se révéler, mettant ainsi tous ses amis en danger, et provoquant le Mangemort qui avait causé de graves blessures à Hagrid. Ah, et sans oublier qu'elle avait profondément souillé le souvenir de James Potter aux yeux de son fils. Elle se sentit envahie par une bouffée de culpabilité. Aujourd'hui, elle n'avait vraiment fait qu'aller de catastrophes en catastrophes.
Elle soupira, puis reporta son regard sur la Carte, et aperçu du coin de l'œil son propre nom à l'infirmerie. Hermione était dans le lit voisin du sien, mais dormait encore : soigner son bras l'avait épuisée. Hagrid était dans un lit spécial, métamorphosé à partir de trois lits normaux, à l'autre bout de la pièce, et Mrs Pomfresh était à son chevet.
Puis Elisa remarqua qui avançait dans le couloir menant à l'infirmerie. Pendant une seconde, elle fixa le parchemin avec incrédulité, ayant la nette impression que le sol s'était dérobé sous ses pieds. Puis elle entendit le cliquetis de la poignée de la porte, ouvrit de grands yeux affolés, et se hâta de ranger la Carte.
– Méfait accomplit ! chuchota-t-elle précipitamment juste au moment où la porte s'ouvrait.
Par l'espace entre deux des rideaux qui entouraient son lit, elle put voir Mrs Pomfresh s'avancer à la rencontre des nouveaux venus. Il y eut quelques murmures, puis l'infirmière écarta les rideaux autour du lit d'Elisa avec mécontentement.
– Je peux y aller ? fit innocemment la jeune fille, assise contre son oreiller.
– Pas encore, fit sèchement Mrs Pomfresh. Mais ces messieurs ont quelques questions à te poser.
Elle s'écarta, et Elisa déglutit. Avec un sourire aimable, Dumbledore agit sa baguette et fit apparaitre trois chaises à côté du lit de la jeune fille. Il s'installa sur le premier. Rufus Scrimgeour prit place sur le second, et Cornelius Fudge s'assit en dernier.
Jésus Christ. Elle aurait dû continuer à dormir.
– Miss Bishop, la salua Dumbledore avec un léger sourire. Je suis ravi de voir que vous allez bien. Le Capitaine Scrimgeour aurait quelques questions à vous poser au sujet de ce qui s'est passé. Ne vous laissez pas distraire par la présence de Mr le Ministre : il n'est ici qu'en tant que témoin.
– D'accord, couina Elisa.
Elle avait la nette impression que Fudge était aussi mal à l'aise qu'elle. Il faisait nerveusement tourner son chapeau melon entre ses mains, en regardant ailleurs. Il avait dû venir à Poudlard pour voir Dumbledore, et se retrouvait à suivre le directeur à l'infirmerie un peu par hasard.
Scrimgeour, revanche, ne cillait pas, et fit apparaitre un bloc de parchemin et une Plume à Notes (une version de la Plume à Papote qui notait scrupuleusement en note ce que les gens disait, sans enjoliver leurs paroles) sur ses genoux. Il avait l'air tendu et sévère, sa crinière de cheveux fauve lui donnant l'air d'un vieux lion contrarié.
– Il ne s'agit que de vérifications, déclara le chef des Aurors d'un ton posé. Nous avons déjà recueillis les témoignages d'Harry Potter, et de Ronald et Perceval Weasley.
– Vous avez arrêté Pettigrew ? ne put s'empêcher de demander Elisa avec précipitation.
Du coin de l'œil, elle vit le visage de Dumbledore se durcir, tandis que Fudge manquait de faire tomber son chapeau. Scrimgeour, lui, resta parfaitement composé et répondit dignement :
– En effet. Mr Potter l'a combattu en duel plusieurs minutes avec un très grand talent pour son jeune âge, jusqu'à ce que le professeur Dumbledore arrive sur les lieux.
Elisa s'affaissa contre son oreiller. Pettigrew était capturé. Elle se répéta la phrase en boucle, essayant de s'en imprégner. Elle avait un peu de mal à l'encaisser. C'était tellement… Enorme. Pettigrew était capturé, ça voulait dire que le canon avait définitivement dérivé, que Sirius allait être innocenté, c'était… Wow. Elle n'en revenait pas.
Pettigrew avait été capturé. La vache. Ça, c'était la divergence au canon la plus fantastique qu'elle ait jamais réussie à accomplir. Elle ne put s'empêcher de sourire stupidement.
–Vous avez reçu mon Patronus.
Le directeur sourit, ses yeux pétillant joyeusement :
– En effet, Miss Bishop. Votre promptitude à réagir m'a permis d'arriver sur les lieux en quelques minutes.
– Un Patronus messager ? répéta Scrimgeour dont les sourcils s'étaient haussés. Un Patronus corporel messager ?
Dumbledore croisa les mains sur sa poitrine, et déclara avec un amusement non-dissimulé :
– Miss Bishop est capable de lancer un Patronus entièrement corporel depuis plus d'un an. C'est d'elle dont le jeune Harry nous a parlé un peu plus tôt.
Le regard de Scrimgeour se fit calculateur :
– Hum. L'amie qui lui a appris le duel ? Intéressant.
Elisa se tortilla légèrement, mal à l'aise. Si les compétences de duelliste d'Harry les avaient impressionnés, il fallait qu'ils voient celles d'Helen… Heureusement, Scrimgeour n'insista pas et revint au sujet initial :
– Je dois vous poser un certain nombre de questions. Vous êtes bien Elisabeth Perséphone Bishop, élève de cinquième année à Poudlard, née le 20 octobre 1978 à Loutry Ste Chaspoule ?
– Oui, fit mécaniquement Elisa.
– Bien. C'est vous qui avez trouvé Peter Pettigrew dans la cabane de Rubeus Hagrid, n'est-ce pas ? Pouvez-vous me décrire comment ?
Elisa rassembla ses souvenirs. Ça lui semblait avoir eu lieu une éternité plus tôt. Tout lui semblait incroyablement flou. Elle recomposa péniblement le déroulement des évènements.
– J'étais allée voir Hagrid au sujet d'une tâche sur les écailles de Malta, mon serpent. Il m'a offert du thé et on a discuté. Au bout d'un moment, j'ai ouvert un placard… Je ne sais plus pourquoi… J'ai repéré le rat, je l'ai attrapé avec un Sortilège d'Attraction… Et c'est là que je me suis rendue compte que c'était le rat de Ron, parce qu'il lui manquait un doigt.
En réalité, elle ne se souvenait même plus d'à quoi ressemblait le rat. Sous l'effet du stress et de l'adrénaline, c'était comme si des pans entiers de sa mémoire s'étaient fait la malle. Cependant, elle n'en dit rien. Scrimgeour prit note, hochant sombrement la tête, puis l'encouragea :
– Et ensuite ?
– Ron m'a appelé sur mon miroir communicant, hésita-t-elle. Il y avait du grabuge à Pré-au-Lard. Et il voulait que je trouve Harry, parce que… Ils avaient été séparés.
Fudge eut l'air curieux, et Scrimgeour haussa les sourcils d'un air interrogatif, mais Dumbledore sembla soudain très vieux et fatigué. Ah. Le directeur avait lu la lettre de Crawford, mais le Ministre et l'Auror n'en avaient pas connaissance.
– Je suis revenue chez Hagrid presque trois heures plus tard, réfléchit Elisa. Il devait être midi et demi, sans doute plus. J'étais avec Harry. Je venais récupérer Malta, et j'avais demandé à Ron de nous y rejoindre pour récupérer son rat.
– Et vous n'avez rien remarqué d'anormal ? insista Scrimgeour.
Elisa haussa les épaules et se frotta les yeux. Le Philtre de Paix lui embrouillait les idées, et ses souvenirs lui semblaient flous, comme si l'action qui avait suivi avait aspiré toute son attention, lui faisant oublier les détails.
– Le rat était affolé. On n'y a pas vraiment fait attention. Je ne sais plus pourquoi, à un moment, Harry a mentionné que le rat avait plus de douze ans. Quand Ron, Hermione et Percy sont arrivés, je leur ai demandé si c'était un animal magique, Percy a proposé de lancer un sort de détection, et… Le rat s'est illuminé, c'était aveuglant. On a à peine eu le temps de réaliser que c'était anormal, qu'il avait repris sa forme humaine.
Elle se tut, repensant à la brutalité avec laquelle tout avait dégénéré. L'explosion de la cage avait été tellement soudaine. Il n'y avait pas eu de déflagration, pas de flammes, rien : juste le claquement métallique des tiges de métal qui cédaient toutes en même temps, et des dizaines de morceaux de fer projetés dans toutes les directions. Et Hagrid…
Elisa inspira profondément, cherchant à se rappeler ses exercices d'Occlumancie. Dresser un mur dans son esprit : un mur net, droit, et lisse, refouler le chaos intérieur. Elle pouvait le faire.
– Il était dans une petite cage, avant, et elle a… elle a explosé. J'ai lancé un Charme du Bouclier. Harry, Ron et Percy étaient près de moi, et ils ont été protégés. Hermione a été blessée au bras. Hagrid était penché au-dessus de la cage, et il… Il était gravement blessé.
Voilà, elle l'avait dit. Elle expira un grand coup, rassemblant rapidement ses esprits pour expliquer de manière crédible comment elle avait découvert l'étendue du plan de Peter en moins de cinq minutes. Elle avait l'impression que son cerveau avançait au ralenti, c'était affreusement frustrant.
– Il a pris Hermione en otage et lui a mis sa baguette sous la gorge, reprit-elle en regardant dans le vague et en cherchant à se remémorer la scène. A ce moment-là, on était tous sous le choc. On ne comprenait pas ce qui se passait. Puis Hagrid a dit son nom… Peter Pettigrew. J'ai beaucoup enquêté sur Sirius Black au début de l'année, alors je connaissais son histoire. Je savais qu'il était supposé avoir tué Pettigrew, mais si Pettigrew était resté caché tout ce temps… Soudain, tout prenait du sens. C'était terrifiant.
Et pour faire bonne mesure, elle frissonna. Elle n'eut même pas à se forcer. Elle n'avait qu'à repenser à ce qu'elle avait ressenti, face à Pettigrew qui menaçait Hermione, avec Hagrid qui se vidait de son sang juste à côté… Oui, ça avait été terrifiant.
– Et vous avez deviné que Pettigrew était un Mangemort ? sourcilla Scrimgeour.
– Euh, non, admit Elisa. J'essayais de gagner du temps, alors je me suis mise à parler tout haut. Au départ, je pensais juste qu'il avait fait sauter cette rue et fait accuser Black à la place, mais là Pettigrew s'est mis à confirmer, et les idées se sont enchaînées dans ma tête, et… Je ne sais pas, je ne me souviens plus vraiment ce que j'ai dit. J'essayai juste de le faire parler pour gagner du temps. Il a vraiment commis les crimes dont étaient accusés Black ?
– Il semblerait, lâcha l'Auror avec une certaine raideur. Que s'est-il passé ensuite ? Qu'a dit Pettigrew ?
Elisa se mordit la lèvre. Elle ne se souvenait pas des répliques précises qui avaient été échangées, mais elle se souvenait quand même de l'essentiel.
– Il a… Il a plus ou moins admis avoir trahi les parents d'Harry. Il était hystérique, il disait qu'il n'avait pas eu le choix, qu'ils allaient tous être tués de toute façon. On était tous sous le choc. Mais Hagrid a… Hagrid est devenu fou de rage, et il lui a sauté dessus.
Avec vingt-six morceaux de métal, parfois long comme le bras, plantés dans le corps. Elisa se frotta les yeux, essayant de chasser l'image qui semblait s'être gravé sur sa rétine, puis continua :
– Tout le monde a attaqué simultanément, mais Pettigrew a évité nos sorts et s'est précipité vers la porte. Il est sorti et j'ai dit aux garçons de lui courir après, mais je suis restée à l'intérieur avec Hermione pour stopper l'hémorragie d'Hagrid. C'est à ce moment-là que je vous ai envoyé un Patronus.
Elle avait adressé sa dernière phrase à Dumbledore, qui acquiesça. Puis Elisa conclut :
– Puis j'ai envoyé un autre Patronus à Mrs Pomfresh, elle nous a tous les trois ramenés à l'infirmerie, j'ai bu un Philtre de Paix, et… C'est tout ce que je sais. Je viens de me réveiller. Je ne sais même pas ce qui s'est passé après qu'Harry et les autres aient quitté la cabane.
Elle jeta un regard interrogatif au directeur, et Dumbledore sourit avec bienveillance, ses yeux bleus pétillant derrière ses lunettes :
– Ah, mais bien sûr. Harry et ses deux amis ont poursuivi Pettigrew et l'ont affronté en duel dans le parc, bloquant sa fuite. Pettigrew a tenté de prendre un nouvel otage en croisant un groupe de plusieurs élèves qui revenaient de Pré-au-Lard, mais fort heureusement, je suis arrivé à ce moment-là et l'ai neutralisé.
La voix du directeur s'était fait un poil plus froide. La Poufsouffle imaginait que le Mangemort qui s'était fait chopper en train d'essayer d'attaquer son précieux Survivant au milieu de Poudlard devrait s'estimer heureux d'avoir été seulement neutralisé.
– Pettigrew a immédiatement été arrêté par les Aurors, continua Dumbledore d'un ton plus enjoué. Il se trouve actuellement au Ministère, interrogé par Amélia Bones elle-même. Bien sûr, le fait qu'il soit en vie soulève également plusieurs questions…
La jeune fille hocha sagement la tête :
– Comme savoir si Sirius Black était vraiment coupable de quoi que ce soit. Ou pourquoi ça n'a jamais été découvert. Et si la personne qui l'a condamné à Azkaban était complice.
Cette dernière phrase était des mots en l'air, Elisa avait simplement dans la vague idée de pointer du doigt la négligence du Ministère. Mais Fudge, qui jusque-là était resté silencieux, s'illumina soudain et hocha vigoureusement la tête, ce qui prit apparemment tout le monde par surprise :
– Ah, vous voyez, Dumbledore ! C'est exactement ce que je vous disais. Croupton a déjà des antécédents. Il est évident qu'il est responsable de ce désastre, même une collégienne s'en est rendu compte !
Elisa cligna des yeux. Elle pensait que Fudge serait catastrophé par l'idée que Sirius Black était innocent. Ça serait un vrai scandale. Mais le Ministre semblait déjà s'être trouvé un bouc émissaire. Croupton… Une seconde. Bartemius Croupton ?! Le père de Croupton Jr ?! Bon sang, c'est vrai qu'il avait condamné les Lestranges à Azkaban, il devait donc avoir été juge ou un truc comme ça à l'époque de la guerre. Mais surtout… Barthemius Croupton avait fait évader son fils. Il avait un Mangemort caché chez lui, sous Impérium !
Oh doux Merlin.
– Exactement, fit faiblement Elisa. Et, euh, par hasard… Est-ce que Croupton, ce n'est pas celui dont le fils a… Euh…
Fudge hocha vigoureusement la tête :
– Exactement ! Terrible affaire, terrible affaire… Ça ne se reflète pas bien du tout sur lui !
Elisa pouvait presque sentir le Philtre de Paix s'évaporer de son organisme. Sainte Morgane, Fudge allait arrêter Croupton. Est-ce que son fils allait se faire la malle ? Non, il fallait encore plusieurs mois avant qu'il ne se libère de l'Impérius… Est-ce que fils allait être découvert ? Arrêté ? Oh, elle espérait que oui. Ça résoudrait bien des problèmes d'un coup !
Scrimgeour tapota son parchemin du bout de sa plume, ramenant l'attention sur lui, puis reporta son regard sur Elisa :
– Je pense que nous en avons fini. Merci de votre coopération, Miss Bishop.
– Mais de rien, bredouilla la Poufsouffle.
Les trois hommes se levèrent, la saluèrent, puis s'en allèrent. Mrs Pomfresh referma la porte derrière eux avec agacement, puis lança un regard mauvais à Elisa, comme si elle était responsable de l'invasion de son infirmerie. La jeune fille croisa les bras, sur la défensive. Bah quoi ? Ce n'était pas son choix, de recevoir des visiteurs. Ce n'était même pas son choix de finir chaque année à l'infirmerie ! Croyez-le, elle aimerait bien passer une année sans effusion de sang !
– Je peux y aller ? tenta-t-elle avec espoir.
– Même pas en rêve, jeune fille.
Avec un grognement, Elisa se résigna à attendre encore de longues heures avant de retrouver sa liberté. Elle fixa le plafond, boudeuse. Puis son esprit revint à la conversation qu'elle venait d'avoir, et à ce que Dumbledore avait dit. Sans pouvoir s'en empêcher, elle sourit jusqu'aux oreilles et lâcha un gloussement nerveux.
Elle avait réussi. Elle avait capturé Pettigrew. Elle l'avait fait. Pour une fois, son plan s'était déroulé sans accro, tout le monde s'en était sorti, et le méchant était puni à la fin de l'histoire.
Peut-être que c'était juste le Philtre de Paix, mais elle se sentait ivre de succès.
oOoOoOo
Etonnamment, la capture de Peter Pettigrew n'était pas le sujet de conversation central du château.
Oh, bien sûr, les gens parlaient de ça, surtout les Gryffondor : Ron et Percy se vantaient de cet acte d'héroïsme à tous les vents, et pour une fois Harry ne fuyait pas la publicité. Il semblait sombrement fier d'avoir combattu et tenu en respect le responsable de la mort de ses parents. Peut-être que ça lui donnait un sentiment d'achèvement, de paix. Et puis, il voulait qu'un maximum de gens sache à quel point Peter Pettigrew était un être vil et lâche, qui méritait d'aller à Azkaban.
Mais non, les élèves parlaient surtout d'autre chose. Tout d'abord, les Détraqueurs avaient été rappelés. Et puis, les poursuites contre Sirius Black avaient été suspendues : désormais, il était simplement recherché pour « répondre à des questions ». Il avait été révélé dans un article de la Gazette qu'il était un Animagus, un gros chien noir, ce qui alimentait beaucoup les potins d'élèves qui étaient persuadés d'avoir vu sa forme canine dans tous les chiens errants qu'ils avaient croisés.
Mais surtout, Remus Lupin avait été renvoyé. Et ça avait été sauvage.
Les récits divergeaient. Certains disaient que McGonagall l'avait chassé du château en hurlant, d'autre que Rogue l'avait tenu par la gorge avant de projeter jusqu'aux grilles d'un maléfice. Dans tous les cas, Lupin était parti en disgrâce, désavoué par tous ses collègues qui semblaient irradier la désapprobation dès que son nom était mentionné. Apparemment, quand McGonagall l'avait engueulé après avoir lu la lettre de Crawford, Lupin avait craqué et tout avoué. Les talents d'Animagus des Maraudeurs, l'étendue de leurs « blagues », le fait qu'ils se baladaient dans le parc à la pleine lune sans se soucier des risques… L'engueulade avait terminé chez Dumbledore, et McGonagall avait encore l'air de fumer de rage. Le directeur, lui, affichait un air solennel et fatigué, déçu. Pour Lupin, c'était probablement encore pire qu'une crise de rage.
Mais bref. Ce n'était pas le pire. Non seulement l'histoire de ses frasques de collégien avait circulé dans tout le château, colportée par les Serpentard (et discrètement encouragé par Rogue, qui devait savourer sa vengeance), mais en plus… Dès le lendemain de son renvoi, Trisha avait dit à tout le monde que leur ancien prof de Défense était un loup-garou. Si on ajoutait ça à la colère froide des autres enseignants, au récit des plaisanteries cruelles des Maraudeurs, et au fait que des Aurors étaient venus le surveiller à Poudlard… Le tableau qui se peignait n'était pas très flatteur.
Il ne fallut même pas trois jours pour que ça se retrouve dans la Gazette. Dans un article de Rita Skeeter, en plus. La journaliste s'en donna apparemment à cœur joie : blâmant Dumbledore pour avoir accepté un loup-garou comme prof, blâmant McGonagall pour ne jamais avoir repéré "l'esprit tordu de ces jeunes psychopathes", accusant tout le personnel de l'école d'incompétence, et étalant les plus affreux secrets de Remus Lupin sur une double-page complète.
– Il ne va plus oser montrer sa tête nulle part pendant des mois, fit Trisha avec une certaine satisfaction en lisant l'article au petit-déjeuner.
Elisa grinça des dents devant son chocolat chaud. Ok, Lupin avait bien mérité qu'on lui mette le nez dans ses erreurs, mais cet article était juste cruel. Et surtout…
– Tu n'aurais pas dû révéler qu'il était un loup-garou ! explosa-t-elle.
Elle était ulcérée. Elle savait que Trisha n'aimait pas les lycanthropes, et encore moins Lupin, mais elle imaginait que son amie avait plus de décence que ça. C'était quelque chose de grave, d'être un loup-garou : quelque chose qui pouvait vous faire virer de votre job, qui poussait les gens à vous éviter comme un pestiféré et à vous cracher dessus dans la rue, qui pouvait vous faire tuer. C'était monstrueux, de voir quelque chose d'aussi privé étalé dans la presse comme une accusation.
– Je l'ai juste dit dans le dortoir, se défendit Trisha avec obstination. C'est pas moi qui ai propagé l'histoire dans le reste de l'école.
Cédric se renfrogna, silencieusement désapprobateur, mais ne dit rien. Ce fut Elisa qui protesta :
– Mais tu savais que ça allait arriver !
– Et alors ?! contra son amie avec indignation. Tu ne crois pas qu'il l'avait bien mérité ?! Même quand il pensait que Black était un meurtrier, il a quand même menti à tout le monde, juste pour préserver son image de gentil Gryffondor loyal et innocent. Des gens auraient pu mourir, juste parce qu'il était lâche, égoïste, et déloyal ! Maintenant, que la vérité se sait, les gens ne lui feront plus jamais confiance, et c'est exactement ce qu'il mérite !
Elisa eut un mouvement de recul, prise au dépourvu par la véhémence de Trisha. Elle n'avait aucune idée de la profondeur de la rancune qu'entretenait son amie envers Lupin… Elle avait vraiment sous-estimé à quel point Trisha détestait les menteurs.
– Il avait déjà été viré ! protesta Elisa avec colère. Et viré de façon humiliante, en plus. Tu n'avais pas à faire ça ! Il ne méritait pas ça !
– Bien sûr que si ! contra Trisha avec fougue. Tu penses que ça aurait suffi, qu'il se fasse renvoyer ? Dans deux semaines tout le monde serai passé à autre chose, et il aurait continué à mentir, à prétendre être quelqu'un de gentil et d'innocent qui a peut-être fait quelques erreurs de jeunesse. Les chouchous des profs s'en sortent toujours. Et en plus, c'est un loup-garou !
– Ce n'est pas de sa faute, ça ! défendit Elisa.
– Et alors ?! C'est quand même vrai. S'il voulait qu'on garde son secret, il n'avait qu'à s'en montrer digne. Pas agir comme un traître, un menteur, un hypocrite ! Maintenant la vérité est révélée au grand jour. Plus de mensonges, plus de faux-semblant, il va être obligé d'être honnête. Sinon, il peut bien crever dans un arbre creux au fond d'un ravin en Irlande, j'en ai rien à secouer !
Wow.
Trisha se resservit rageusement en viennoiseries. Elisa grinça des dents, puis expira profondément et s'efforça de compartimenter ses émotions. Raisonner avec son amie à ce sujet, c'était perdu d'avance. Tant pis. Elle n'allait pas insister.
En revanche, hors de question qu'elle laisse tomber Lupin, comme s'il avait mérité ça.
Le pauvre homme devait être en train de toucher le fond. Enfin, peut-être pas, amenda-t-elle. Après tout, il savait que Sirius allait être innocenté, puisque Pettigrew avait été capturé et que l'histoire de ses aveux commençait déjà à se répandre. Lupin avait quelque chose à quoi se raccrocher, quelque chose pour lui donner de l'espoir. Il n'allait pas être abandonné de tous, puisqu'il allait sans doute retrouver Sirius assez vite.
En revanche, il ne méritait vraiment pas son lynchage dans la presse. Personne n'allait vouloir l'engager, à présent que sa lycanthropie était révélée. Elisa fronça les sourcils, réfléchissant à ce qu'elle pouvait faire pour l'aider. Lui écrire une lettre l'assurant de son soutien ? Ce serait un bon début. Lui envoyer de l'argent ? Il ne semblait pas du genre à accepter la charité d'inconnus… Elle allait tenter le coup quand même. Et puis… Peut-être lui proposer un job à Tourmaline ? Ou bien lui demander s'il voulait bosser pour elle, pour faire des MagicoGlisseurs ? Ou même lui demander d'écrire des manuels d'aide pour la Défense Contre les Forces du Mal ? En tous les cas, elle ne pouvait pas décemment l'abandonner à son sort…
– On va avoir besoin d'un prof pour nos BUSES, objecta Rhonda d'un air morose.
Elisa lui jeta un coup d'œil. Rhonda était déprimée, en ce moment. Apparemment, elle et Helen s'étaient disputées assez violemment quand Elisa était à l'infirmerie. Personne ne savait pourquoi, mais leur inséparable duo semblait brisé… Et depuis, Rhonda faisait grise mine. Elle repoussait ses œufs brouillés dans son assiette sans appétit.
Cela dit, Rhonda marquait un point. Avec tout ce qui s'était passé, ils en avaient presque oublié les BUSES, qui auraient lieu dans un peu plus de quatre semaines.
– Je pourrais demander à Matt de poser sa candidature, tenta de plaisanter Elisa pour détendre l'atmosphère. On aurait une certaine continuité.
L'évocation de Maturin Rosier arracha un grognement mauvais à Trisha, et Elisa leva les mains comme pour se rendre :
– Je rigole, je rigole !
– J'espère bien, grogna Trisha.
Elisa secoua la tête avec amusement. Puis son regard tomba sur un groupe d'élèves qui quittait la Grande Salle, et elle bondit sur ses pieds :
– Je reviens dans deux secondes. Eh, Harry ! Harry !
Harry, Hermione, Ron, Tracey Davies et Sue Li (une Serdaigle membre du CEM) s'arrêtèrent au niveau des portes de la Grande Salle. Tracey la Serpentard et Sue la Serdaigle saluèrent Elisa, mais s'éclipsèrent rapidement : leurs classes avaient un cours joint de Défense, et les deux gamines étaient sans doute impatientes de voir qui était leur nouveau prof. Le Trio d'Or, cependant, attendit patiemment qu'Elisa les rejoigne. Seulement, une fois devant eux, la Poufsouffle hésita, incertaine.
Qu'est-ce qu'elle pouvait bien lui dire ? Il n'y avait aucun moyen de poser délicatement la question. Yo, apparemment Sirius est innocent, qu'est-ce que tu en penses ? Tu t'es remis la lettre de Crawford ? Est-ce que penser à ton père te donne toujours envie de frapper quelqu'un ? Tu vas aller vivre avec Sirius ou bien est-ce qu'il te dégoûte toujours ?
Yep. Niveau tact, on repassera.
– Est-ce que tu vas bien ? demanda-t-elle plutôt.
Harry sourit faiblement :
– Mieux que la semaine dernière, en tous les cas. Tu n'imagines pas le bien que ça fait d'avoir affronté ce traître, de savoir que la vérité a éclaté et qu'il va être puni.
– C'est bien, sourit Elisa avec d'hésiter. Et, pour… le reste ?
Le visage du Survivant s'assombrit :
– Black et mon père ? Je ne veux pas en parler.
Hermione n'avait pas l'air d'accord, et elle ouvrit la bouche pour protester : mais Elisa lui coupa l'herbe sous le pied.
– D'accord, accepta-t-elle. C'est un truc assez énorme, après tout. Mais tu sais que je suis là si tu as besoin de parler, d'accord ?
Harry hocha la tête, hésitant, et Elisa retint une grimace. Elle n'osait pas imaginer le tourment que devait traverser Harry en ce moment. Dans la saga canon, il avait été bouleversé. La mention de son père, qui jadis lui inspirait de l'amour et de la fierté, ne lui avait plus évoqué qu'un sentiment de froid et de détresse. Et ça, c'était après avoir passé du temps avec des amis proches de son père. Tandis que là, Harry n'avait jamais discuté de son père avec Sirius ou Remus.
En fait, il avait sans doute appris que Lupin était ami avec James grâce à la lettre de Crawford. Oh, bon sang, quel bordel. Elisa sentit son estomac se contracter de culpabilité.
– Je suis désolée, finit-elle par dire. Tu mérites mieux.
– Ça aurait fini par se savoir de toute façon, tenta Hermione en regardant Harry d'un air anxieux. Si Rogue n'a pas de problème à dire des trucs sur tes parents, Harry, quelqu'un d'autre aurait fini par le faire aussi, et cracher le morceau…
Le Gryffondor aux cheveux noirs haussa les épaules d'un geste brusque :
– C'est fait, maintenant. Lupin a été puni, et Pettigrew va l'être aussi. Et Black… Quelqu'un lui demandera des comptes, avec un peu de chances. Ça n'aurait pas été juste, que tout le monde continue à penser qu'ils étaient des saints alors que c'était faux.
Elisa se mordit la lèvre. Oui, ça n'aurait pas été juste. Mais est-ce que ça n'aurait pas été mieux ? Ce qui était bien ne s'alignait pas toujours avec la justice. Oui, les Maraudeurs méritaient rétribution, ils méritaient que quelqu'un leur disent qu'ils avaient mal agi. C'était juste. Mais… Des tas de gens avaient été blessés par cette révélation. McGonagall, Dumbledore, Harry, tous les élèves qui faisaient confiance à Lupin. Et ça… Est-ce que c'était bien ?
Elisa pensa brièvement aux victimes des Maraudeurs, les gens comme Mulciber, Crawford ou Rogue, ces gens qui avaient été humiliés et brutalisés durant sept ans parce que les Maraudeurs s'ennuyaient. Pour eux, peut-être que c'était bien, peut-être que ça en valait la peine. Est-ce qu'ils se sentaient mieux aujourd'hui, en lisant dans le journal que leurs anciens tourmenteurs étaient à présent méprisé par le public ? Ou bien est-ce que, vingt ans plus tard, ça leur était indifférent ? Elisa n'avait jamais été brutalisée, elle ne pouvait pas vraiment se mettre à leur place. En revanche, ce qu'elle savait, c'était qu'Harry Potter était juste devant elle, qu'il avait l'air misérable, et qu'elle se sentait affreusement coupable.
Oh, mettre les Maraudeurs face à leurs fautes, c'était juste. Mais… Est-ce que c'était bien ?
Si cet univers n'avait été qu'un monde de fiction à critiquer, Elisa aurait fait prévaloir la justice sans hésiter. Mais ici… Ici il y avait des gens réels, avec des sentiments réels. Et est-ce que les protéger n'était pas plus important ? Ou est-ce que réparer des torts passés était nécessaire, même si on ne savait pas si ça aiderait qui que ce soit ? Est-ce qu'étaler au vu et au su de tous la cruauté des Maraudeurs avait aidé quiconque ? Crawford, ou Rogue ? Ou bien est-ce que ça n'avait fait que blesser des innocents ? Ce qui était juste n'était pas forcément bien pour tout le monde…
La justice ou le plus grand bien ? Que devait-elle protéger ?
Soudain, elle réalisa quand même qu'elle était en train de soupeser un désir égoïste (celui de protéger Harry) contre l'accomplissement de la justice. Elle se sentit brusquement honteuse. Et, d'un coup, elle comprit pourquoi quelqu'un dans son dortoir (une Poufsouffle, quelqu'un de loyal) avait volé la lettre de Crawford. Parce que, justement, c'était juste. Oui, les sentiments d'Harry risquaient d'être blessés : mais révéler l'amitié de Lupin et Black, révéler leur potentielle brutalité… C'était juste, et pour quelqu'un qui n'avait pas une connaissance du futur comme Elisa. C'était même plus que ça : c'était nécessaire. Sur ce coup, Elisa s'était comportée en Gryffondor… Non, elle s'était comportée comme Dumbledore. Elle avait menti pour protéger les sentiments d'Harry, pour se protéger elle, alors qu'elle détenait des informations primordiales. Elle avait été égoïste, lâche, et même stupide. Ses joues rougirent de honte. Si Sirius avait vraiment été un meurtrier, et qu'elle avait caché ces infos, elle aurait mis en danger toute l'école ! Et n'était-ce pas précisément ce qui était reproché à Lupin ?
– Elisa ? tenta Ron. Tu fais une drôle de tête.
La jeune fille esquissa un sourire crispé :
– Ce n'est rien. Tu as raison, Harry. Maintenant que les choses ont été mise à plat, chacun peut prendre une décision sur le sujet en toute connaissance de cause. Prends le temps d'y réfléchir, d'accord ?
Hermione émit un bruit de mécontentement, et il n'était pas difficile de deviner qu'elle avait déjà une opinion bien arrêtée sur le sujet. Heureusement, Ron lui marcha sur le pied, et elle resta silencieuse. Ce n'était vraiment pas le moment de débattre de la moralité de Sirius Black ou de James Potter.
– Oh, et vous devriez rendre visite à Hagrid, se rappela-t-elle. Il doit être sorti de l'infirmerie, à présent.
Harry et Ron échangèrent un regard, l'air soudain anxieux. Elisa haussa les sourcils, ne voyant pas pourquoi mentionner leur ami demi-géant les mettait aussi mal-à-l'aise. Hermione croisa les bras avec agacement :
– Oh, arrêtez de faire les enfants. Elisa ! Dis-leur qu'Hagrid ne leur en veut pas d'avoir poursuivi Pettigrew !
– Quoi ? s'ahurit la Poufsouffle. Bien sûr qu'il ne vous en veut pas, quelle drôle d'idée !
– Mais euh, hésita Ron en regardant ses pieds. On est partis alors qu'il était blessé, et…
– Il était en train de se vider de son sang, bredouilla précipitamment Harry. Et on est juste partis comme ça, sans un regarde en arrière !
Elisa ouvrit la bouche, puis la referma. Elle n'y avait pas réfléchi. Ça lui avait paru… normal. Pettigrew venait d'admettre avoir trahi les parents d'Harry, évidemment qu'il n'était pas rationnel ! Et bien sûr, Ron l'avait suivi, parce que c'était instinctif chez lui de protéger son meilleur ami. Percy avait hésité, mais une fois qu'Elisa lui avait ordonné de suivre les deux Gryffondor, il l'avait fait, pour veiller sur eux. Et ce n'était pas comme s'ils avaient laissé Hagrid se vider de son sang tout seul ! Hermione était blessée, mais Elisa était parfaitement en état de s'occuper de lui. Et elle était aussi la seule à connaître des sorts de soin.
Même si, bon. Elle avait réalisé après-coup que les sorts de soin n'allaient évidemment pas marcher, vu qu'Hagrid était un demi-géant résistant à la magie. Si une douzaine de Stupéfix lancés par les sous-fifres d'Ombrage ne l'avaient pas abattu, comment est-ce qu'un petit sort mineur lancé par une adolescente pouvait faire effet ?
Mais bref. Ça n'avait pas choqué Elisa que les Gryffondor partent affronter Pettigrew en laissant Hagrid derrière eux. Et en rétrospective, elle aurait peut-être dû y penser. Mais elle avait été trop plongée dans son propre sentiment de culpabilité pour réaliser qu'elle n'était pas la seule à se torturer l'esprit avec ce qui s'était passé…
– Tu as fait ce qu'il fallait, finit-elle par dire. C'est un peu ton rôle, d'arrêter le méchant et de sauver l'école. Et puis, tu n'as pas abandonné Hagrid. J'étais là pour m'occuper de lui.
– Mais…
– Tu as fait ton job de Gryffondor et j'ai fait mon job de Poufsouffle, l'interrompit-elle avec patience. En fait, tu t'es mieux débrouillé que moi, parce que si je n'avais pas insisté pour que Percy lance un sort de détection sur le rat… Personne n'aurait été blessé.
– Mais Pettigrew n'aurait pas été arrêté, objecta Ron.
La Poufsouffle secoua la tête :
– Mais c'est de ma faute si Hagrid a été blessé. Et c'est de ma faute si cette horrible lettre a circulé à Pré-au-Lard. Je suis… C'est… Tu n'as rien à te reprocher, Harry, parce que c'est moi qui aurait dû faire mieux.
Il y eut un court silence. Elisa repassa ses mots dans sa tête et songea que c'était une tirade vraiment sentencieuse.
Puis Ron croisa les bras, et lâcha avec incrédulité :
– Alors ça, c'est n'importe quoi. Tu as un complexe héroïque encore plus gros que celui d'Harry !
– Quoi ? s'indigna Elisa. Pas du tout !
Elle était en train d'avoir un moment, là. Est-ce qu'ils ne sentaient pas la solennité de l'instant ? Elle était en train de confesser sa faute, pour l'amour de Merlin, est-ce qu'ils ne pouvaient pas la laisser culpabiliser en paix ?!
– Je n'ai pas de complexe du héros, se défendit Harry. Mais Ron a raison : tu prends vraiment trop de crédit pour ce qui s'est passé. Ce n'est pas toi qui a appris à Pettigrew à se changer en rat ou qui lui a dit de se cacher sous l'identité de Croûtard, non ? Et ce n'est pas toi qui as donné la lettre aux Serpentard à Pré-au-Lard !
– Mais c'est de ma faute si…
– N'importe quoi, réfuta Harry. Pettigrew a choisi de nous attaquer, et, oui, peut-être qu'il n'aurait pas fait ça s'il n'avait pas été détecté par le sort de Percy. Mais tu ne peux pas dire que c'est de ta faute alors que tout ce que t'as fait, c'est… C'est ouvrir une possibilité. Tu ne contrôles pas tout, et tu ne peux pas être responsable des trucs que tu ne contrôles pas !
– Voilà ! approuva Ron en hochant vigoureusement la tête. Tu ne peux pas dire que c'est de ta faute quand les gens font des trucs débiles sur lesquels tu n'as aucun contrôle. C'est comme si tu disais que tu es responsable des choix que font les autres. C'est juste impossible.
– C'est d'ailleurs très arrogant, rajouta Hermione d'un ton docte. Est-ce que ça ne risque pas de générer un sentiment constant de culpabilité ?
Elisa ouvrit la bouche, la referma, et se sentit rougir jusqu'à la racine des cheveux. Elle venait de se faire moucher par une bande de mioches.
Et le pire ? C'était qu'ils n'avaient peut-être pas complètement tort. Ok, peut-être qu'Elisa était si prête à accepter leurs paroles parce qu'elle voulait se chercher des excuses et ne pas se sentir coupable, mais… Ce qu'ils disaient avaient du sens. Elisa connaissait une version du futur, rien d'autre. Elle ne contrôlait pas ce qui se passait. Elle ne pouvait pas prévoir ce qui allait arriver si elle changeait un élément un autre. Elle essayait d'anticiper des jalons sur sa route, mais l'avenir était quelque chose d'imprévisible par nature. Est-ce qu'elle ne s'était pas dit, l'année dernière, qu'il fallait qu'elle apprenne à composer avec l'imprévu ?
Elle ne contrôlait pas tout. Elle changeait quelques éléments, et essayait d'anticiper les changements engendrés dans le canon au mieux de ses capacités : mais elle n'était pas responsable des choix que faisaient les autres. Chaque personne dans ce monde était réelle, et avait une volonté propre. Ce n'étaient pas des personnages de fiction qui suivaient un script. Dans le canon, la réaction de Pettigrew lorsqu'il avait été découvert avait été de tenter d'apitoyer les gens présents, mais la situation n'avait pas été la même, le timing n'avait pas été le même… Et évidemment, sa réaction avait été différente en conséquence. Les gens réagissaient de manière unique à chaque situation, et Elisa ne pouvait pas tout anticiper, tout prévoir. Elle faisait de son mieux, mais elle n'était pas Merlin, Dieu, ou Dumbledore. Certains éléments échappaient à ses prévisions et à son contrôle.
Et puis… Somme toute, est-ce qu'elle s'était si mal débrouillé ? Ce n'était pas elle qui avait terni la mémoire de James Potter et profondément entaillé l'image des Maraudeurs. C'était les Maraudeurs qui avaient été stupides, c'était Willis Crawford qui avait craché le morceau, et c'était une tierce personne qui avait rendu tout ça public ! Oh, elle avait permis à cette personne d'accéder à ces infos, et donc de les diffuser, mais… Son rôle avait été non seulement accidentel, mais aussi mineur. Ce n'était pas comme si elle avait orchestré cet incident. Elle n'était pas responsable personnellement des choix qu'avaient fait d'autres gens, et qui avaient menés à cette catastrophe. Elle avait une part de responsabilité, sans doute, mais elle ne pouvait pas tout porter sur ses épaules. Comme Hermione l'avait fait remarquer… C'était assez arrogant.
– Tu as raison, finit-elle par dire, un peu étourdie. C'est stupide de ma part de penser que je peux tout contrôler.
– J'ai raison et tu as tort ? fit aussitôt Harry d'un air railleur. Incroyable ! Tu peux me signer un papier pour ça ?
Ron ricana, et Elisa fit mine de brandir sa baguette d'un air menaçant. Les trois Gryffondor s'enfuirent en piaillant, mais Elisa les entendit distinctement rigoler avant même d'avoir atteint la fin du couloir. Elle rangea sa baguette en secouant la tête avec amusement.
Voilà qu'elle recevait des leçons existentielles de la part de gamins de treize ans. Eh ben. Ça rendait humble, quand même.
Elle retourna à sa place à côté de Trisha, et celle-ci lui jeta un regard curieux. Sans aucun doute, elle se demandait de quoi Elisa avait discuté avec le Trio d'Or. Mais son amie se contenta de secouer la tête pour mettre fin à toute tentative de questions sur le sujet. Elle devait réfléchir à ce que les gamins avaient dit à esprit reposé.
– On va s'entraîner au duel après ? proposa-t-elle plutôt. Il faut qu'on doit prêtes pour le Challenge d'après-demain.
Et ce soir, elle écrirait à Lupin. Apparemment, personne d'autre n'était disposé à lui tendre la main…
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La justice ou le plus grand Bien ? Dans l'écriture d'origine du chapitre, Elisa prenait complètement le parti du plus Grand Bien, parce que faire souffrir Harry l'horrifiait. Et puis, au final, vingt ans après, est-ce que les bêtises des Marauduers comptaient encore ? Bref, elle faisait passer à la trappe les souffrances de Rogue/Crawford/Mucliber/etc., même celles d'Isabelle (alors qu'elle sait que sa mère craint les Maraudeurs, même si elle ne sait pas pourquoi). C'était vraiment naze. Elle n'avait pas cette réalisation de "ce qui leur arrive est juste, c'est mérité".
La raison, c'est que j'ai écrit ce chapitre avant d'écrire mon bonus sur Isabelle, qui m'a vraiment fait réfléchi à la question... Et ensuite, ma Bêta m'a fait remarqué que c'était froid, la façon dont Elisa réagissait dans ce chap'. Du coup, j'ai relu le chapitre... Et j'ai détesté xD Genre vraiment. C'était cruel, froid, et incohérent avec le personnage. Donc j'ai attrapé mon clavier et hop, j'ai réécrit ce morceau !
Bref, la parti "Justice ou plus Grand Bien" a été modifiée, genre, deux jours avant que ce chapitre ne soit posté. Ca m'a fait gagner une page et a mis le bazar dans ma table des matières (sur le doc Word où j'ai la fic complète), mais ça me convient beaucoup mieux. Et vous, qu'avez vous pensé de ce petit monologue intérieur ? Qu'avez vous pensé du chapitre entier ?
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(PS : Lisez Red Rising !)
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(PPS : J'ai rajouté des "Fun Fact" à la fin de l'OS sur Serpentard, dans le recueil "Elisabeth Bishop : Bonus hors-série". J'espère qu'ils vous plairont !)
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