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Hello tout le monde ! Voici donc l'avant-dernier chapitre avant l'épilogue. Et il va être riche en révélations, en discussions, en réflexions. J'espère qu'il va vous plaire =) Ceux qui sont membres de la Salle sur Demande vont reconnaitre un de mes headcanons sinistres dans la discussion entre Dumbledore et Elisa : ma théorie sur le déclin de la Grande-Bretagne magique.
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Mais bref. Passons aux réponses aux reviews !
Salut Aomine ! Oui, apporter la justice sans blesser personne, c'est complètement utopiste. Mais du coup ça fait réfléchir x) Quant à Lupin... Il a un rôle de bouc émissaire, vraiment. C'étaient James et Sirius les meneurs, mais James est un héros de guerre et Sirius est au cœur d'un autre scandale (son innocence et l'incompétence du Ministère). Alors que Lupin, le suiveur, est une cible parfaite, d'autant plus qu'il est un loup-garou. Bref, ce qui lui arrive est juste, puisque les Maraudeurs sont punis, mais c'est vraiment disproportionné.
Yo IceQueen38 ! Pauvre Hagrid, en effet. Il était juste au mauvais endroit et au mauvais moment. Jusque là, les actions d'Elisa n'ont pas ait trop de "dommages collatéraux" et donc elle n'a pas pleinement réalisé les conséquences qu'elle pouvait provoquer. Mais avec ça, elle va y réfléchir à deux fois...
Oui Mayoune, ça ne finit pas si mal : Sirius est innocenté, Pettigrew capturé, Hagrid sauvé. C'est Lupin qui reçoit tout le négatif, même si ses actions étaient compréhensibles. Et oui, effectivement, l'essentiel de la colère de McGonagall vient de son sentiment de trahison, mais aussi du fait qu'elle s'en veut d'avoir été aussi aveugle. D'après la lettre de Crawford, les Maraudeurs étaient vraiment des montres, et quand Lupin a tout confirmé (sans pointer que Craford était amer, que les Maraudeurs faisaient aussi des blagues inoffensives, et que c'était la guerre), McGonagall a prit ça comme un poignard en plein coeur. Bref... Elle a été sacrément affectée x) Je lui fait du mal dans ce tome. Et c'est pas fini, attend de lire ce chapitre ! Enfin bref. Et oui, quelqu'un a finalement remis les pendules à l'heure avec Elisa et son complexe du héros ! xDDD
Coucou Lune Pourpre ! Contente que ça te plaise, j'ai eu de la peine à réécrire ce passage pour "équilibrer" les deux côtés qui déchirent Elisa. Ce n'est pas une question facile à se poser : la justice ou le plus grand bien... Elisa jugeait sévèrement Dumbledore parce qu'il faisait prévaloir le plus grand bien : mais, une fois placée dans la même position (éviter des souffrances à quelqu'un qu'elle aime et protège, ou punir les coupables), elle est quand même très tentée de faire le même choix x)
Merci Gilgalad Swiftblade =D Ouais, Elisa sort de son cercle vicieux d'auto-apitoiement x) Que Merlin soit remercié pour le bon sens du Trio d'Or xD Pour la dispute de Rhonda et Helen... Nope, tu as faux. L'une de tes théories est juste, mais pas celle sur l'origine de leur dispute. Zut, je pensais avoir mis des indices, mais apparemment j'ai été trop subtile, au point qu'il n'y a que moi qui voit la chose... Bref. Woah, t'es pas tendre avec Lupin, la vache o_O Pour McGonagall en revanche, l'explication à sa surprise est toute simple : elle savait que les Maraudeurs étaient des blagueurs, mais elle n'avait jamais envisagé que leurs blagues blessaient des gens. Elle ignorait les élèves qui se plaignaient que les Marauduers dépassaient les limites, parce que pour elles, ils étaient jaloux, ils exagéraient, ou c'était juste des gamineries. Il y a quelque chose d'afreux à être soudain confronté à un nouvel angle de vue sur des évènements qu'on a toujours accepté, et qui deviennent soudain très différent de ce qu'on pensait qu'ils étaient. On découvre une facette de la réalité qui était là depuis toujours, mais qu'on a ignoré, dédaigné, mal comprise. Et une fois qu'on la regarde en face... Ce n'est plus pareil. Voilà. Pour ta théorie sur Croupton, je ne dis rien, tu verras dans ce chapitre x) Mais pour Slughorn... Sapristi, tu as deviné ! Eh oui, Dudu se met à chercher les Horcuxes plus tôt, il va donc agir plus tôt envers Slughorn...
Yo Allan Eddem ! Maintenant que tu l'as mentionné, je pense à Pippin dès que j'évoque Isabelle. Cette association d'idée xD Bref ! Oui, Percy va être plus proche de sa famille que dans le canon. Déjà, il est un héros. Et ensuite... C'est mort pour son travail auprès de Croupton (qui est ce qui l'éloigne des siens en premier lieu). Donc voilà, le destin de Percy est changé. Et oui, Elisa se retrouve à trois des personnes les plus influentes du monde sorcier. Il ne manque qu'Amélia Bones xDDD Pour l'explosion de la cage : tu oublie qu'il y avait un sort d'impassibilité dessus. Rien ne pouvait passer entre les barreaux. Donc la pression a fait céder toute la cage, au lieu de faire céder la chair de Pettigrew. Eh oui ! Encore une conséquence imprévue des actions d'Elisa. Quant à Croupton... On sait que c'est lui qui a envoyé Sirius en prison sans procès, c'est canon. C'est donc la seule personne qui a touché au dossier, puisque Lucius a payé Fudge pour que personne d'autre ne s'y intéresse. Croupton est le seul responsable du dossier : allors, qui peut-on mieux accuser ? Surtout que, comme Lucius a perdu son standing dans la société et une grande partie de son or, il a cessé de payer Fudge... Et donc Fudge n'a aucun intérêt à garder Black en taule (ou du moins à l'accuser). Il va donc clamer haut et fort qu'il n'était au courant de rien, et Croupton ets le bouc émissaire parfait. Sinon, pour Narcissa, Drago et Andromeda : ils vont bien, on ne parle pas d'eux dans ce chapitre parce qu'il n'y a pas vraiment d'utilité. Quant à Lupin... Yep, Trisha a vraiment abusé. Mais en fait, les lecteurs sous-estiment toujours Trisha. Elle est gentille, mais on parle quand même de la fille fascinée par le Vaudou, qui a maîtrisé le Patronus en quelques semaines et en secret, et qui n'hésite pas à tenir tête à toute sa maison pour Elisa. Elle déteste Lupin, ou plutôt elle déteste le fait qu'il leur a menti. Pour elle, le fait que ses idioties de jeunesse ait été révélées n'est pas une punition suffisante, parce qu'elle vit à Poudlard et elle sait ce qui se passe quand un chouchou des profs fait une bourde : les gens passent l'éponge. Sa révélation, c'est sa vengeance, son moyen de s'assurer qu'il y aura réellement une justice, parce que ça, les gens ne pourront pas l'ignorer. Et puis, elle est anti-loup-garou, comme beaucoup de sorciers, et ça n'améliore pas son objectivité. Je ne pense pas qu'elle réalise à quel point elle a détruit Lupin, à quel point il va prendre ça à coeur. Elle imagine sans doute qu'il est désensibilisé, puisque les loup-garous ne sont pas vraiment humains, c'est bien connu...
AUTOMNE ! Mon dieu, je pensais que tu avais été engloutie par les limbes d'Internet ! xD Je suis contente que ça t'ai plu, du coup =D Elisa est dure à écrire des fois, vu que je dois mêler mon point de vue bien tranché sur l'histoire (et les personnages), son vécu à elle qui ne concorde pas forcément à ses préjugés, sa personnalité, et le fait que son caractère ait été modifié par Jedusor. Donc bon, voilà. Pour ce qui est d'Hagrid : il va guérir, les géants, c'est solide ! Et pour Lupin... Franchement, oui, son "lui" adulte valait mieux que son "lui" enfant, même s'il a ses défauts (lâcheté, etc.). Et sinon, oui, je suis AroAce et Elisa aussi =)
Coucou Eliie Evans ! Oui, c'est le "côté sombre" des Poufsouffle : la justice, même au risque de blesser autrui. Quoique, dans ce cas de figure là, tu verras, il n'y a pas que un(e) Poufsouffle qui est impliqué... Tiens, oui, j'aurais dû citer Platon, mais Elisa n'est pas assez cultivée apparemment xD Et oui, en dénonçant la lycantropie de Lupin, Trisha a pris une position de moralité, personnelle, plutôt que de justice objective. C'est ensuite à Elisa de réparer les pots cassés... Ce qui ne va pas être de la tarte !
Yep AndouileEtSushi, Trisha est allée trop loin, et Elisa le sait. Mais Elisa n'aime pas s'engueuler avec ses amis, et face à Trisha, elle a toujours une certaine culpabilité pour l'avoir abandonnée durant le tome 2. Elle a peur de ne pas l'écouter assez. En fait, Elisa a beau être la "leader", c'est elle qui s'écrase quand il y a une dispute entre elle et ses amis proches... Enfin bref. Contente que ça t'ai plu ! J'avoue, je suis contente d'avoir réussi à tout ficeler dans un seul chapitre... x)
Salut Alea ! Oui, ce n'est pas plus mal qu'Harry sache que son père n'est pas parfait. Mais c'était une façon très brutale de le mettre face à la réalité. Ca aurait pu se passer très différemment. Et oui, c'est bien ce que les Maraudeurs étaient : de jeunes idiots à tendances violente. L'Ordre du Phénix avait un but moral, mais pour Sirius et James, c'était le même jeu qu'à l'école, parfois les mêmes ennemis et les mêmes sorts. Bref, oui, je vois tout à fait ce que tu veux dire et au final, oui, c'est une bonne chose qu'Harry réalise que son père n'était pas parfait, qu'il n'était peut-être même pas quelqu'un de bien.
Coucou Imthebest ! Nope, je n'ai pas tué Hagrid, t'inquiète x) Pour ce qui est de Lupin... La révélation des brutalités des Maraudeurs (et son renvoi) étaient mérité : mais justement, pour Trisha, ce n'était pas assez. Elle sait que les chouchou des profs (et c'était ce qu'étaient les Maraudeurs !) s'en sortent toujours. Elle pense que Lupin va reprendre sa vie normale. Elle pense aussi qu'il leur ment depuis le début avec sa fausse amabilité, qu'il n'a pas de sentiments, qu'il méprise secrètement les élèves, qu'il a des tendances brutales ou cruelles qui n'ont jamais disparues : elle pense qu'il est un loup-garou et qu'il est donc en partie monstrueux. C'ets pour ça qu'elle le dénonce : pour qu'il paie davantage, parce qu'il mérite davantage de souffrance qu'n sorcier normal. Elisa ne réalise pas l'ampleur des préjudices anti-loups-garous de Trisha... Enfin bref. Lupin a été viré par Rogue, sinon : McGonagall ne voulait plus lui parler, et Rogue a savouré l'occasion de traîner son vieil ennemi dans la boue en le raccompagnant à la porte sous la menace de sa baguette. Sinon, bien vu pour le vol de la lettre ! Oui, c'est effectivement ça, Rhonda et Helen =)
Hello ImAShyPhoenyx ! Eh oui, c'est dur de détacher la logique (et la justice) de ses émotions (ce qui parait être le plus grand bien). Surtout pour Elisa qui a en plus son recul de lectrice et ses préjugés sur les personnages. Enfin bref, contente que ça t'ai plu ! Et je te recommande mille fois Red Rising =)
Yo Elesdei ! Oui, Percy a réveillé sa fibre Gryffondor dans ces derniers chapitre x) Et non, je n'ai pas tué Hagrid ! Mais oui, je suis fière de la scène avec Pettigrew. Mwahahaha, je suis diabolique =D Enfin, relativement. Tout est bien qui fini bien (sauf pour Lupin). Pour les Fun Fact : je les mets uniquement dans les Bonus, alors il faudra attendre le prochain !
Nope BlancheEner, Elisa va pas devenir mage noir xD Mais "pour le plus grand Bien", c'était aussi la devise de Dumbledore. En fait, entre eux deux, je pense que c'est Dudu qui l'a inventée et que Grindelwald l'a simplement conservée après leur séparation. Dumbledore vit selon cette devise, même s'il ne la prononce jamais...
Salut Louny ! Oui, Lupin ets le bouc émissaire tout désigné. Il est pauvre, pas de sang Pur, et loup-garou. Du coup il va s'en prendre plein la figure jusqu'à ce que la presse se trouve un nouveau scandale. Je voulais que la lettre de Crawford ait des conséquences, tout de même, et montrer que le public n'écoute jamais la raison quand on lui offre une victime facile. Là, j'ai plutôt bien réussi je trouve... Et Lupin en souffre à mort. Voilà. Sinon ! Oui, Trisha a abattu quelqu'un à terre, parce que pour elle, Lupin n'avait pas assez souffert. ÊTre viré, c'était ce qu'il méritait pour ses fautes passées : mais Trisha lui en veut aussi de leur avoir menti, et surtout, d'être un loup-garou. Elle n'a pas pensé qu'il souffrirait, elle ne le pense même pas capable de soufrir de la même façon que quelqu'un de normal. Il est un loup-garou, il n'est pas normal à ses yeux, et elle était déjà assez ulcérée comme ça d'être obligée de lui laisser une chance. Bref, on voit là le côté sombre de Trisha. Elisa ne la heurte pas de front sur ce point (essentiellement parce que, depuis le tome 2, elle s'écrase devant Trisha au lieu de chercher la confrontation), mais elle pense naïvement pouvoir réparer les pots cassés en aidant Lupin elle-même (dans le dos de Trisha, évidemment : encore un truc qui lui explosera au visage plus tard). Bref, contente que tu ai aimé ! Ne juge pas Trisha
Non, Guest qui n'a pas laissé son nom, Lupin ne va pas suicider : certainement pas ! Il va réussir à se protéger de la colère du public. Il ne va même pas lire l'exemplaire de la Gazette où Skeeter le crucifie. Et surtout... Tu oublie l'essentiel. Lupin sait que Sirius est innocent, maintenant. Il sait que Pettigrew a été arrêté. Il sait qu'il va etrouver un de ses amis. Sa dignité a été piétinée, mais il peut échapper aux accusations des sorciers (en retournant chez les Moldus : après tout, il sait naviguer dan sleur monde, c'ets un Sang-Mêlé)... Et il a quelque chose à quoi se raccrocher. C'est bien mieux que sa situation d'il y a douze ans par exemple, après la mort de James et Lily.
Attends un peu Melu49, tu verras pourquoi la lettre a été volée, par qui, pourquoi cette personne a informé les Aurors, et comment la lettre a fini à Pré-au-Lard. Ca va venir ! Sinon, oui, les Maraudeurs sont un peu cette bande de gamins qui s'acharnent sur le paria de la classe parce que "c'est drôle, rooh c'est juste une blague, pfff, on ne va pas en faire un drame, allez on recommence !", et qui tombent des nues quand le gamin se suicide. Je suis sûre que ebaucoup de leurs victimes ont soutenu Voldemort par peur des Maraudeurs, ou par haine, ou juste par désespoir.
Yo SugarBrown ! Oui, y a de l'action, des sermons, de la résolution xD Et Elisa commence à réaliser qu'elle ne peut pas tout porter sur ses épaules. Même si oui, elle est effectivement LE point de divergence du canon, elle n'est pas responsable d'absolument tout ce qui arrive, elle n'est pas Dieu. Et oui, selon la situation, les gens changent et leurs réactions ne sont pas les mêmes, et Elisa s'est déjà fait piéger par ça x) Le bonus sur Isabelle est posté, tu peux déjà le lire dans le recueil "Elisabeth Bishop : bonus hors-série". Pour ce qui est de Lupin... Non, il ne méritait pas ça. Mais Elisa a sous-estimé la rancœur de Trisha...
Merci Merry Archer ! Ah ah, oui, je suis immergée à fond dans l'univers, je connais même les détails insignifiants. Ce sont d'ailleurs ces détails-là qui servent le mieux de ases à des headcanon, des théorie sou des réflexions sur l'univers d'Harry Potter ! Bref, contente que ça te plaise, et j'espère que le chapitre va te plaire autant que les précédents !
Effectivement Niakovic, Remus se fait lyncher, et bien. Mais Sirius est innocenté et Peter capturé, alors... Ca ne s'est pas mal fini x) Cela dit, oui, son sort est vraiment injuste. Il sert de bouc émissaire. Et cela va, évidemment changer le canon. Oui, Nymphadora ne va pas le voir de la même façon xD Et oui, Percy ne sera pas le toutou du Ministre ! Tu vas voir quel job il va obtenir dans le tome 4, je suis fière de moi sur ce coup =D
Hello Akagistune ! Dans le canon, Harry voit Peter sur la carte une seule fois. Cela me laisse à penser que c'est parce que Pettigrew s'est retransformé en humain pour une raison où une autre (essayer de voler une baguette, tirer un verrou trop haut pour un rat, etc.). Voilà. Pour le Patronus d'Harry et ses sentiments au sujet de son père, j'en parlerai plus longuement dans le bonus spécial, parce que j'ai des pages et des pages de réflexion sur le sujet xD
Salut Catoche ! Ouais, s'écrire soi-même est... délicat xD Heureusement, Elisa n'est pas totalement moi. Enfin, si, elle était totalement moi dans le tome 1. Ensuite elle a évolué (grâce au journal de Jedusor), ce qui m'a permis de la rendre plus apte à affronter le monde. Moi, sinon, je suis trop lâche xD Pour ce qui est de Lily Evans... A mon avis, James n'a pas changé. Mais il a modifié son comportement autour d'elle, et ce changement superficiel a suffi. Il ne faut pas oublier que Lily n'est pas une sainte. Elle était très intelligente, mais elle était aussi très populaire, elle avait honte de Severus (elle tenait à son image, etc.), elle était influencée par les gens populaires comme elle (quand Rogue lui parle de ce qui a failli arriver dans la Cabane hurlante, elle prend immédiatement la défense de James, même avant d'être amoureuse de lui), il y a une forte loyauté envers sa Maison (qui est dû à la guerre, et à la nécessité d'être unis)... De plus, Lily a beau être tombée amoureuse de James, elle était très jeune. Elle avait 18 ans à peine, elle n'était pas quelqu'un de mature. Leur romance a de plus été mouvementée, car étaient en guerre : et elle est tombée enceinte très jeune, ce qui l'a un peu "piégée" dans son mariage. Je pense, mais ça n'engage que moi, que leur relation n'aurait pas survécu sur le long terme. James était toujours un gamin dans sa tête, et même s'il aurait pu être un petit-ami fun et gentil durant quelques années, il n'aurait pas été un mari responsable et fiable. Voilà. Ensuite, pour ce qui est de l'apparition de Pettigrew sur la Carte... Dans le canon, Harry voit Peter sur la carte une seule fois. Cela me laisse à penser que c'ets parce que Pettigrew s'est retransformé en humain pour une raison où une autre (essayer de voler une baguette, tirer un verrou trop haut pour un rat, etc.).
Yo Lamesis ! Effectivement, tu soulèves un bon point : quelle taille fait cette cage ? Mais en fait, j'imagine une cage faite de manière "artisanale" par Hagrid... En tordant des barres de fer pour en faire un grillage. De grosses barres, aussi large qu'un pouce je pense : et formant une cage capable de contenir un (ou deux, s'ils se tassent) renards. C'est au format d'Hagrid, quand même. Et lorsque la cage s'est brisée, BANG ! Toute la ferraille a volé partout, les barreaux se séparant entre eux.
Hello, commentatrice fantôme au Pseudo Oublié ! xD Ah, tu te souviens de ma note sur le fait que Lupin allait en baver. Oui, c'était un doux euphémisme... Lupin est le plus aimé des Maraudeurs dans le fandom, en fait. Et ce n'est pas étonnant : il est digne (contrairement à Pettigrew), mais il est beaucoup moins abrasif que Sirius. Il est doux, poli, il essaie d'être le moins intimidant possible. Il inspire la compassion. Du coup, les gens l'aiment et lui pardonnent, tant dans le fandom que dans l'histoire... Enfin bref. Contente que ça t'ai plu ! Elisa a du mal à gérer tout ça, entre son complexe du héros et le monde qui ne se conforme pas à ses attentes x) Mais elle fait de son mieux, et d'ailleurs, elle va tenter de repêcher Lupin. Par contre, là où tu te trompe, c'est qu'Elisa est ABSOLUMENT persuadée qu'elle peut sauver tout le monde. Elle essaie de rester réaliste, de se préparer à une guerre : mais jusqu'ici, elle n'a jamais échoué, et ça lui donne une confiance démesurée. La chute risque d'être d'autant plus douloureuse. Le fait qu'Hagrid ait failli mourir est son premier "retour sur terre", la première fois qu'elle réalise à quel point la vie humaine est fragile. Heureusement, oui, Hagrid a survécu x) Je n'ai pas eu le cœur de le tuer... Pour ce qui est de Drago, il n'est pas dans son assiette, mais ça commence à aller mieux depuis qu'il sait lancer un Patronus. Son début d'année, en revanche, était assez affreux x) D'ailleurs, en parlant de vie affreuse... Oui, Lupin va en baver à cause de Trisha. Elle ne réalise pas l'ampleur de ce qu'elle lui a pris, c'est assez évident. Elle se pense justifiée dans son action, déjà parce que Lupin mérite d'être puni (et que selon elle son renvoi n'est pas suffisant) mais aussi parce qu'elle ne ressent pas d'empathie pour lui. Il n'est qu'un loup-garou, il n'est pas vraiment humain, il est différent, il lui fait peur et il la met en colère. Elle le voit vivre sa vie, avec son air humble et ses sourires tristes, et elle boue intérieurement : comment ose-t-il sourire et prétendre qu'il est l'un des leurs, ce traître ?! Alors voilà, elle l'enfonce, elle frappe. Elle ne sait pas à quel point ce qu'elle fait est destructeur, mais elle est en colère et elle veut qu'il souffre. C'est immature et cruel : mais Trisha a beau être un modèle de loyauté, elle n'est pas pour autant un modèle de gentillesse. Quant à Lupin... Contrairement à ce qui se passait avant, cette fois, il a quelque chose à quoi il peut se raccrocher : Sirius va lui revenir. Sa solitude va prendre fin. Lupin a survécu sans aide à des dépressions bien pires que celle qui l'attend, alors je ne pense pas qu'il va s'écrouler, t'inquiète x) Voilà voilà ! Et... OH TU AS COMMANDÉ RED RISING C'EST GENIAL. Je te le recommande mille fois, j'ai adoré ces bouquins !
En effet Johann D E, Harry a bien combattu Pettigrew (même si c'était en fait un combat à trois contre un). Mais Dumbledore est intervenu assez vite. Sinon, pour la justice pure et dure... Elisa ne prendra jamais ce parti. Elle peut en voir le mérite, mais elle n'a pas la froideur nécessaire. C'est pour ça qu'elle cachait la lettre de Crawford, d'ailleurs, alors que la justice aurait demandé qu'elle en parle aux Aurors. Pour les affinités d'Elisa, tu as tout bon ! C'est eau et air. La partie air (associée à la créativité, la liberté, etc.) vient d'Elisa elle-même. L'eau (associée au calcul, la froid, l'adaptabilité) était beaucoup plus faiblement présente en Elisa, et a été développé grâce à Jedusor. Voilà. Ensuite, pour les émotions comme source de magie... Les émotions sont déjà la source d'un certain type de magie, dans le canon. Les Patronus, mais aussi certains sorts de magie noire. Je pense développer ça dans le tome 4...
Contente de te revoir Simpson31 ! J'espère que tu t'en sort avec tes cours =D Tu trouve qu'il y a trop d'introspection d'Elisa ? C'est vrai que les derniers chapitres étaient un peu lourds. Elle se remet en question à cause de la souffrance causée à Harry, c'est pour ça. Mais je vais essayer d'y faire un peu plus attention. Cela dit, il y aura de l'introspection jusqu'à l'épilogue de ce tome x) Bref ! Content que tu approuve ! Pas de nouvelle crise de rage d'Elisa à l'horizon, non. En revanche, tu verras que McGonagall va te surprendre dans ce chapitre !
Yo, lovelylove2016 ! Je n'ai rien contre Hagrid ni contre Remus, hein. C'est juste que certaines actions entraînent des conséquences, et qu'il peut y avoir des dommages collatéraux. Hagrid était un dommage collatéral accidentel. Remus était moins accidentel, mais l'intensité du dommage, en revanche, n'était pas voulu. Bref, tout ça a un avantage : cela fait réaliser à Elisa que ce qu'elle fait peut faire souffrir autrui. Quand à Trisha... Non, ce n'est pas elle qui a révélé la lettre ! x)
Salut Catoche ! Oui, globalement tout fini bien. Et Harry a une confrontation avec le Pettigrew, ce qui lui sert de catharsis ! Il est un peu plus en paix avec cette histoire, du coup. Pour ce qui est de James, je reste sur ma position. On a la confirmation de Sirius, dans le canon, qu'il ne change pas vraiment. Quand Harry le lui demande, Sirius est très mal à l'aie, et il dit "oh, il arrêté de jeter des sorts au gens pour le plaisir... Sauf pour Rogue !". Donc pour moi, James n'a pas changé, harceler et brutaliser quelqu'un, ça lui plaisait toujours. Il a juste appris à mieux maintenir son image, à mieux se retenir en public. Pour ce qui est de Lily, oui, Harry ne pense pas à un seul instant à elle : parce qu'il est terrifié à l'idée que son image d'elle soit aussi brisé en mille morceaux. Le déni, le refus d'en parler, c'est plus sûr pour lui. Et puis... En quoi le fait que Lily Evans soit tombée amoureuse de James est une garantie que James soit devenu quelqu'un de bien ? Lily était une jeune fille de 17 ans, avec des défauts (elle était un peu superficielle, etc.), qui n'était pas omniciente (donc qui pouvait être trompée par les apparences), qui était populaire et qui en tant que telle était fortement influencée par ses pairs. Pourquoi ne serait-elle pas juste tombée amoureuse de James parce que c'était la guerre, une période de tension, et que James lui apportait du réconfort parce qu'il était drôle et dévoué à elle ? C'est une bonne raison d'avoir le béguin pour quelqu'un, même si ça ne dure pas. Rien ne dit que leur romance aurait duré si Lily n'était pas tombée enceinte, en fait.
Hello Streema ! Yep, pas mal d'action dans ce chapitre, après tout c'est le "dénouement" de l'enquête x) Pour Lupin... Oui, c'est celui qui méritait le moins d'être puni. Mais la presse se moque complètement de ce qui est juste u pas. Il était la victime la plus facile, c'est aussi simple que ça.
Salut Leaulau ! Non, non, Elisa passe ses BUSES cette année. Ce n'est que dans deux ans qu'elle sera apprentie de Flitwick pour son Doctorat. Cela dit, son apprentissage va commencer dès sa sixième année (vu que Flitwick va l'utiliser comme assistante, il va lui apprendre plus de trucs qu'aux autres élèves). Pour ce qui est de Croupton... MWAHAHAHAHA. Je suis assez fière de mon coup pour ce perso x) Tu verras bien ce qui lui arrive x) Et pour finir... Oui, le Trio d'Or fait la leçon à Elisa, et ils disent des choses qui devaient être dites. C'est bien Elisa qui est le "catalyseur" des changements au canon, mais le potentiel a toujours été là. Elle ne fait que créer des possibilités. Elle n'est pas responsbale de tout...
Coucou Dame Aureline ! Oui, c'était explosif. Mais, face à une situation différente de celle du canon, Pettigrew allait forcément réagir de manière différente... Bref. Effectivement, enseigner les soins serait une bonne idée. Mais ce n'est malheureusement pas une possibilité à Poudlard, et tu va voir pourquoi dans ce chapitre x) Pour ce qui est de Rhonda et Helen : bien vu, ce sont elles les responsables ! Ce sera révélé plus tard dans la fic, cela dit =) Et pour ce qui est de Lupin... Il a une certaine tendnace à l'auto-apitoiement qui ne va pas lui rendre la vie facile, c'est sûr. Mais cette fois, il a quelque chose à quoi s'accrocher : l'innocence de Sirius.
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Voilà voilà !
Passons maintenant au personnage du jour.
Pour compléter mon set de Serpentard, voici donc Tabitha Bainbridge !
Tabitha Mary Bainbridge, la Née-Moldue de Serpentard, est une jolie fille aux longs cheveux châtain, à l'air gracile et délicat, avec des yeux de biche et un teint de porcelaine. Discrète et effacée, elle tend à se faire oublier, se cachant derrière ses amis plus tapageurs. Et pourtant, son regard attentif n'en perd pas une miette…
Les parents de Tabitha sont tous les deux Moldus. Son père, John Bainbridge, est un coureur de jupon notoire : il a divorcé quatre fois, toujours à cause d'une maîtresse. Il aime sincèrement ses deux filles, mais il est incapable de rester fidèle à une femme. Il est jovial, gentil, charmeur… mais complètement irresponsable. Depuis qu'elle est devenue assez grande pour le comprendre, l'affection de Tabitha pour lui s'est teintée de dédain et de pitié. C'est dur d'accepter qu'on ne pourra jamais compter sur son propre père.
Tabitha a aussi une sœur, Arlana, de cinq ans son aînée. Elle est Moldue, née d'un premier mariage de John. Elle et Tabitha ne s'apprécient guère, mais elles vivent dans le même quartier. Elles doivent donc se tolérer.
La mère de Tabitha est nommée Mary Bainbridge, née Baldhere. Elle ne connait pas ses origines, elle a été retrouvée amnésique dans un centre commercial à l'âge de neuf ans, et a ensuite été adoptée par les Baldhere (depuis qu'elle a découvert le monde magique et les pratiques de certaines familles de sang pur, Tabitha suspecte que sa mère soit une Cracmole qui ait été abandonnée par ses parents : cependant, elle ne lui a pas dit). Mary est contemplative et mélancolique, et elle n'aime guère le monde de la magie, qui l'effraie. De ce fait, Tabitha ne lui en parle pas.
Tabitha est quelqu'un d'extrêmement discret. Elle n'a pas toujours été ainsi : avant d'entrer à Poudlard, elle était studieuse et calme, mais elle parlait et riait fort, comme tous les enfants. Cela dit, entrer à Poudlard à changé cela. Tabitha était l'unique Née-Moldue envoyée à Serpentard depuis vingt ans, et cette Maison était devenue un bastion des nostalgiques de Voldemort suite à sa chute, un lieu essentiellement peuplée de Puristes. Tous ces gens haïssaient Tabitha avec passion. A cause de son sang, mais surtout parce qu'elle osait porter leurs couleurs, qu'elle osait prétendre être digne de la Maison de Serpentard. Dès le premier soir, Tabitha devint leur cible privilégiée : ses affaires furent volées ou détruites, des sorts lui furent jetés dans les couloirs, ses repas furent jetés par terre ou aspergés de potions douteuses, son travail scolaire fut saboté. Si Heather ne l'avait pas prise en pitié et protégée au bout de quelques semaines, Tabitha ne sait pas comment elle s'en serait sortie. Sans doute aurait-elle fini par briser sa baguette et retourner chez les Moldus. Elle n'aurait jamais tenu sept ans à vivre comme ça.
(Dans le canon, Tabitha quitta le monde magique juste après le retour de Voldemort. Elle pouvait se battre contre les préjugés et les insultes, et mais là, les menaces de ses ennemis ressemblaient à des promesse, et un homme qui voulait exterminer les gens comme elle venait de revenir d'entre les morts. Elle refuser de tenter le sort. Ses amis ne pourraient pas la protéger. Dans le canon, Tabitha n'avait pas les membres du CEM, juste Heather, Adrian et Terence. Les autres Maisons ne voyaient que la couleur de son uniforme, pas les bleus sur ses bras ou la forme de ses baskets moldues. Alors, en juin, Tabitha brisa sa baguette et rentra chez sa mère. Elle ne fut pas la seule Née-Moldue à agir ainsi. Mais c'est un détail que les nobles Gryffondor, plongés dans leurs projets de bataille, ne remarquèrent jamais).
La leçon de ces deux premiers mois resta gravée dans sa mémoire. Tabitha était vulnérable : aux yeux des Serpentard, elle n'était rien, et si elle voulait survivre, la confrontation devait être évitée à tout prix.
Tabitha est devenue une ombre, silencieuse et attentive. Elle suit loyalement ses amis, mais ne parle guère. Elle est intelligente, elle a une excellente mémoire et travaille avec acharnement pour ne jamais être à la traîne : mais elle fait attention à garder des notes moyennes, qui n'attireront ni jalousie ni moquerie. Elle connait toutes les rumeurs et tous les ragots qui traversent le château, mais jamais elle ne participe aux commérages : à moins bien sûr que quelqu'un le lui demande gentiment, bien sûr, comme un service. Elle sait rédiger des contrats, connait des maléfices permettant d'assurer qu'un secret reste gardé, et sait toujours qui a besoin d'une telle sécurité. Bref, elle sait se rendre indispensable… Mais jusqu'à ce que ses services deviennent nécessaires, elle reste invisible, dissimulée derrière ses amis. Se faire remarquer par quelqu'un qui n'a pas besoin d'elle, c'est se faire remarquer par un potentiel ennemi. Tabitha est trop prudente pour le permettre.
Tabitha est considérée comme quelqu'un de compréhensif, de silencieux, de doux, et de patient. Et en effet, elle ne se fâche jamais, ne semble jamais se mettre en colère. Elle est toujours calme et attentive, la confidente parfaite. Et envers ses amis, elle est d'une loyauté absolue.
Mais sous la douceur apparente de Tabitha se cache la dureté de l'acier. Elle n'a pas été envoyée à Serpentard pour rien. Tabitha est une survivante. Les insultes et le mépris de ses pairs ne la briseront jamais. Elle endure avec dignité, le regard brillant d'un éclat glacé, attendant que ses ennemis connaissent un juste retour de fortune. Tabitha sait fuir quand le danger est trop pressant, elle n'est pas folle comme une Gryffondor : mais toujours, elle reviendra face à celui qui a osé la croire indigne de la Maison des serpents, et bien souvent, le malheureux subira un coup de malchance, un accident de couloir, une rumeur humiliante.
De tous ses amis, c'est véritablement Tabitha la vipère. Ce n'est pas un hasard si, en quelques années, les Serpentard ont cessé de la harceler alors que c'est pratiquement une tradition dans leur Maison. Ils ont appris à garder leurs distances.
Tabitha n'a guère d'amis. Elle est collée aux côtés d'Heather Thatcham, d'Adrian Pucey, et de Terence Higgs, qui sont autant ses compagnons que ses protecteurs. Du coup, elle connait également leurs amis : Elisabeth Bishop, les jumeaux, Weasley, Helen Dawlish, etc. Tabitha n'a pas vraiment d'amis personnels. En revanche, elle a un faible pour un Serdaigle nommé Aaron Woodbrige : parce qu'il est agréable de discuter avec lui, mais aussi parce que son intérêt pour elle est flatteur. Personne ne s'est vraiment intéressé à Tabitha avant lui…
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Le prochain personnage qui sera présenté sera Cassius Warrington (parce que je trouve que, pour une Némésis, il n'est pas assez développé xD). Ou bien Miles Bletchley, le cousin d'Elisa. J'hésite encore.
Bref. Je ne vous fait pas attendre plus longtemps.
Et ce chapitre est dédicacé à Elaia Gulriade, qui ne voulait pas que je poste lundi durant la journée pour ne pas être tentée de lire ma fic en plein milieu du boulot xD
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Le Patronus défaillant
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Une conséquence inattendue des évènements qui avaient menés à la capture de Pettigrew, c'était l'incroyable bonne humeur de Rogue.
Sérieusement, c'était presque flippant.
Peut-être était-ce parce que Lupin avait été renvoyé, et avait disparu de la surface de la terre. Le loup-garou ne répondant à aucune des lettres d'Elisa (mais il les recevait, elle le savait : si les hiboux étaient revenus avec leur courrier toujours attaché à la patte, là elle aurait imaginé le pire… Tandis que là, elle le soupçonnait d'avoir installé des protections anti-hiboux sur sa maison). Dumbledore assurait une grande partie des cours de Défense, désormais. D'ailleurs, avoir le directeur comme prof était extrêmement bizarre : ça se voyait qu'il n'avait pas enseigné depuis longtemps, il parlait souvent de théorie très complexe, au détriment des exercices pratiques… Mais passons. Dumbledore ne pouvait pas assurer tous les cours, et certains profs le remplaçaient quand il devait aller au Ministère. Du coup, Rogue assurait plusieurs leçons de Défense par semaine, et il semblait ravi.
Ou bien peut-être que sa bonne humeur venait du fait que le "vrai" visage des Maraudeurs, qui l'avaient brutalisé si cruellement durant des années, avait été révélé ? Après près de deux décennies de silence, où les gens avaient détourné les yeux ou avaient tout simplement refusé de le croire… Oui, Rogue devait savourer cette revanche sur le destin. Ses collègues prenaient à présent sa rancœur au sérieux, au lieu de glorifier ceux qui l'avaient fait souffrir durant sa scolarité. Pour lui, ça devait être une vraie victoire. Et ça se voyait. Il était presque aimable.
La plupart des gens avaient l'air de ne pas s'être remis du choc, d'ailleurs. Comme si le fait que Rogue soit légèrement moins mordant, c'était un truc complètement inouï. Elisa elle-même avait un peu de mal à s'y habituer, et pourtant elle était sans doute l'une des rares élèves à savoir à quel point le Maître des Potions était quelqu'un de nuancé.
Mais bon, Rogue se donnait beaucoup de mal pour conserver son image de sale con acerbe et désagréable. Du coup, c'était facile de perdre de vue que Rogue était quelqu'un de complexe, de subtil, et de terriblement intelligent. Il avait corrigé ses manuels quand il avait à peine seize ans, et inventé ses propres sorts. Et son talent ne s'arrêtait pas aux domaines magiques uniquement ! Il avait créé un puzzle de logique comme épreuve pour garder la pierre philosophale. Il réussissait à tromper Lucius Malefoy et la moitié du monde magique quant à sa véritable allégeance sans même avoir recours à l'Occlumancie ! Donc, ouais, même si Elisa maudissait son nom quand elle ratait ses potions, se figeait dès qu'il lui posait une question, et rougissait de honte dès qu'elle croisait son regard et qu'elle se rappelait qu'il l'avait vue sangloter et hyperventiler dans un couloir… Même si elle ne l'appréciait pas, elle gardait à l'esprit que leur Maître des Potions était beaucoup plus compliqué qu'un simple personnage, et elle lui vouait un certain respect.
Rogue donc était de très bonne humeur suite au renvoi de Lupin. Il était cependant le seul à s'en réjouir…McGonagall, surtout, avait l'air d'encaisser cette trahison avec difficulté. Un des supports fondamentaux de son univers venait de s'écrouler. Les gens biens pouvaient se montrer monstrueux, et les sales cons odieux pouvaient parfois avoir raison.
Mais bref. La vie continuait.
Helen organisa le dernier Challenge de l'année, le septième jour de mai. Elisa inonda le champ de bataille et, en utilisant Agua Oppuno (son Sortilège de Maîtrise de l'Eau enfin terminé), elle submergea ses adversaires un par un. Son sort de Maîtrise de l'Eau était pour le moins redoutable. Elle battit Helen en demi-finale, à la stupéfaction générale, mais se fit battre par Terence en finale. N'empêche, c'était une place tout à fait respectable. Et puis, ça la rendait optimiste pour les BUSES qui approchaient. Elle était sûre d'avoir un Optimal en Défense !
Les élèves accéléraient leurs révisions. Les moins stressés commençaient à faire des projets pour l'été. Elisa, d'ailleurs, ré-invita comme d'habitude Harry au Cottage. Cela dit, elle était à peu près sûre que dans le canon, la Coupe de Quidditch aurait lieu à la mi-août et qu'Harry y serait invité par les Weasley, alors elle prit soin de laisser le mois d'août entièrement libre d'engagements pour que le Survivant puisse rejoindre les rouquins s'il le désirait.
– Comme l'été dernier en fait, plaisanta Harry.
– A peu de choses près, sourit Elisa. Et puis, en août, je serais trop occupée à me ronger les sangs à cause de Tourmaline pour être de bonne compagnie, je pense.
Harry haussa les épaules :
– C'est normal. En août, je serais trop occupée à penser au procès de Pettigrew pour être de bonne compagnie.
Peter Pettigrew était toujours détenu au Ministère, mais son procès était prévu pour la première semaine d'août, dans un peu moins de trois mois. Pour la Justice Magique, c'était un délai très long, car les Mangemorts étaient toujours jugés le plus vite possible. Mais apparemment, Dumbledore avait insisté pour qu'ils attendent, car il espérait que Sirius Black vienne offrir son témoignage de son propre chef. Amélia Bones avait soutenu sa demande. Apparemment, chercher des témoins d'un évènement qui s'était produit douze ans plus tôt était assez difficile. Surtout quand la plupart avaient été tués dans une explosion.
Comme Fudge l'avait laissé entendre, Mr Croupton allait être un bouc émissaire. Il avait été brièvement interrogé par les Aurors, puis relâché… mais il était désormais assigné dans une résidence surveillée, et il avait perdu son poste de directeur du Département de la Coopération Internationale. Il y était remplacé par une vieille sorcière nommée Olivia Wakanda. La Gazette savourait ce scandale comme il se devait. Sans aucun doute, Croupton était en disgrâce. La seule raison pour laquelle il n'était pas accusé de corruption, de trahison ou de négligence… C'était parce que ces accusations seraient lancées contre lui au procès de Peter. Personne n'était dupe.
Elisa se demandait ce qu'il était advenu de son fils, Croupton Jr. Est-ce que son père l'avait fait disparaître ? S'était-il échappé ?
Raaaah, elle aurait dû faire un sous-entendu discret à Fudge pour qu'il pense à envoyer Maugrey chez Croupton. Grâce à son œil magique, il aurait tout de suite vu Croupton Jr sous sa cape d'invisibilité ! Mais non, elle avait été trop pétrifiée pour y penser. Elle était tellement stupide !
M'enfin, il était trop tard pour s'inquiéter de ça. Elisa se préoccupait donc de choses plus pressantes. Elle bricolait son dictaphone sorcier. Elle reprenait la fabrication de MagicoGlisseurs. Elle notait des idées de futures inventions. Elle révisait pour ses BUSES. Elle s'entraînait à maîtriser les sorts du Prince de Sang-Mêlé. Elle peaufinait son Sortilège de Maîtrise de l'Eau, et elle achevait la mise au point du Tremorem que le Prince avait laissé inachevé. Elle pensait à nommer ce sort le Maléfice Sismique. Ok, l'effet s'apparentait plus à une explosion qu'à un tremblement de terre, mais la terre tremblait quand même, et c'était l'un des effets les plus cool, non ?
Il semblait que l'intrigue de l'année soit achevée. Pettigrew avait été enfermé, le secret de Lupin éventé, les Détraqueurs étaient partis… Elisa avait juste à se concentrer sur ses examens.
Du coup, elle fut un peu surprise lorsqu'elle croisa Dumbledore dans un couloir, et que le directeur lui adressa un de ses sourires bienveillants :
– Ah, Miss Bishop ! Puis-je avoir un instant de votre temps ?
Les autres élèves regardaient l'échange d'un air plus ou moins incrédule. Elisa échangea un bref coup d'œil avec Trisha, puis reporta son regard sur le vieux sorcier et afficha un sourire un peu figé :
– Bien sûr. J'ai des ennuis ?
– Tu en auras si tu arrives en retard en Potions, marmonna Trisha.
Elisa lui donna un coup de coude dans les côtes. Dumbledore, quant à lui, sourit largement :
– Je vous donnerai une note de justification si nécessaire, bien sûr.
Elisa, bien consciente du regard de la vingtaine d'élèves qui se trouvaient dans le couloir, hocha la tête sans se départir de son sourire figé.
– Dans ce cas, je vous suis.
Elle emboîta le pas au directeur, laissant derrière elle les autres élèves interloqués. Quand elle y repensait, c'est vrai que la scène devait paraître bizarre, d'un point de vue extérieur. Les gens ne l'avaient jamais vu interagir de manière civile avec le directeur.
Quoique. Elisa était aussi perplexe qu'eux. Et un peu appréhensive, aussi. Qu'est-ce que Dumbledore pouvait bien lui vouloir ? Elle n'avait rien déclenché de catastrophique récemment, non ? Frénétiquement, elle fouilla sa mémoire. Est-ce qu'il avait découvert qui avait révélé la lycanthropie de Lupin ? Est-ce qu'il savait qu'elle tenter d'entrer en contact avec lui ?
– N'ayez pas l'air si inquiète, fit Dumbledore avec amusement deux couloirs plus loin. Je voulais simplement vous parler de votre apprentissage avec le professeur Flitwick.
Elisa marqua un temps d'arrêt, surprise :
– Ah bon ? Mais… Ce n'est pas urgent. Je dois d'abord passer mes BUSES, puis mes ASPICS…
Le regard de Dumbledore pétilla :
– Ah, mais le CERVEAU offre la possibilité de passer ses ASPICS. Certains élèves quittent Poudlard pour passer les deux dernières années de leur scolarité à l'université, en contrepartie d'un contrat de travail à mi-temps avec le Département des mystères. Il est d'ailleurs plus que probable que le CERVEAU vous envoie une offre d'embauche cet été.
Elisa cligna des yeux. Ok, d'accord, mais pourquoi il lui disait ça ? Elle avait rendu plutôt clair le fait qu'elle passerait sa scolarité à Poudlard, non ? Pourquoi le directeur voulait s'assurer qu'elle reste dans l'école ?
Oh. C'était une très bonne question, en fait. Pourquoi tenait-il tant à ce qu'elle reste à l'école ? Ils ne s'entendaient pas vraiment. Voulait-il la garder à l'œil ? C'était… C'était plus que probable, en fait. En veillant à ce qu'elle soit sous la tutelle de Flitwick, Dumbledore gardait ses distances mais il pouvait toujours la surveiller…
– Est-ce que le CERVEAU est à ce point avide de recruter de nouveaux candidats au Doctorat ? fit Elisa pour faire diversion. S'ils se donnent autant de mal pour harponner des élèves, pourquoi est-ce que le nombre de Doctorants est si réduit ?
Dumbledore poussa un profond soupir :
– Ah, votre génération n'a connu que cela, mais… Cette rareté n'est que toute récente. Notre pays traverse une crise démographique sans précédent et, à cause de ça, notre société stagne. C'est un problème catastrophique. Tant sur le plan intellectuel que financier, la Grande-Bretagne est ravagée.
Elisa plissa le front. Certes, elle savait que la guerre avait décimé le pays, et que beaucoup de chercheurs sorciers avaient abandonné leurs études pour redresser l'économie ou prendre soin de leurs familles, mais… Etait-ce si grave ?
– Cela se remarque même à Poudlard, continua Dumbledore. Il me semble me souvenir que vos amis avaient proposé des améliorations pour le programme de l'école l'année dernière… La vérité est que beaucoup de leurs suggestions devraient faire partie de la vie normale de cette école. Mais avec le peu d'effectifs qui nous reste, nous n'avons plus les moyens d'y songer. Apprendre une langue étrangère ou rendre obligatoire un cours de découverte du monde sorcier pour les élèves Nés-Moldus, ce sont devenus des luxes que nous ne pouvions plus nous permettre.
Oui, Elisa s'en souvenait. L'année dernière, en décembre, elle s'était plongée avec frénésie dans une campagne pour recueillir plein de sondages sur la meilleure façon d'optimiser l'école. Elle ne s'attendait pas à ce que ça aboutisse, c'était surtout un moyen pour elle de s'occuper l'esprit et de ne plus penser au journal de Tom qui venait de lui être arraché. Cependant, Percy avait porté le projet à McGonagall, qui avait suivi certaines suggestions (comme placer une Limite d'Âge sur la porte de la Réserve à la bibliothèque). En revanche, le reste de leurs idées avaient été refusées. Même lorsqu'elles étaient logiques et utiles, comme instaurer des bourses pour les étudiants les plus démunis !
– L'école est vraiment si appauvrie ? fit-elle d'un ton dubitatif. Le pays est-il si appauvri ?
– Voyez ceci comme une affaire de proportion, expliqua patiemment le directeur. Cela commence à l'échelle de la population. En temps normal, il y a un sorcier pour mille Moldus. Auparavant, c'était un sorcier pour cent Moldus, mais depuis la révolution industrielle, la population Moldue s'est multipliée par dix, réduisant du même coup la proportion de sorciers… Mais revenons à nos calculs. Actuellement, il y a environ 53 millions de Moldus en Grande-Bretagne, et nous devrions dont être environ 53 000 sorciers. Mais aujourd'hui, il y a seulement 3 500 sorciers en Angleterre. Cette réduction se constate dans notre niveau de vie, dans nos finances, dans notre rythme de progrès.
Elisa marqua un temps d'arrêt, sous le choc. Il était difficile de visualiser les chiffres, mais… Bon sang, c'était vertigineux. 3 000 sorciers, comparés aux 53 000 personnes qui auraient normalement dû constituer la communauté sorcière ! Bon sang, ça représentait moins de 10% de la population !
– C'est infime, poursuivit Dumbledore. Nous sommes peu, nous avons peu de moyens, et nous sommes en train de couler. La seule chose qui nous sauve est notre longévité. N'importe quelle communauté moldue soumise à une réduction aussi drastique s'éteindrait en quelques générations.
Elisa déglutit, frappée d'horreur. Effectivement. Miséricordieux Merlin, c'était pire que la Grande Dépression américaine, pire que les famines d'Ukraine sous le joug de l'URSS. La guerre, entre ses massacres et l'exode massif qu'elle avait provoqué chez les sorciers au sang impur, avait réduit la population sorcière du pays de plus de 90%. C'était… Ce n'était ni plus ni moins qu'un génocide. Pas étonnant que la seule mention du nom de Voldemort terrifie les gens !
– Votre génération est trop jeune pour avoir connu une autre façon de vivre, soupira le directeur avec regret. Mais il existait une époque où il y avait des centaines de rues sorcières dissimulées dans les villes moldues, tandis qu'aujourd'hui seule le Chemin de Traverse a survécu… Mais nous nous éloignons du sujet. Voyez-vous, la proportion d'inventions chez les sorciers comparé aux Moldus est similaire à la proportion de nos populations. Une seule découverte est donc faite par les nôtres, là où mille sont faites chez les Moldus.
– Donc c'est normal que le monde magique avance plus lentement, conclut lentement Elisa. Mais avec le genre de crise qu'on traverse… Il n'y a plus aucun progrès de fait.
Flitwick le lui avait dit : les chercheurs avaient quitté leurs postes pour faire des trucs plus urgents, comme combattre durant la guerre, ou nourrir leurs familles quand la paix était revenue. Et à présent, il y avait à peine une demi-douzaine d'élèves qualifiés par génération… Wow. La Grande-Bretagne magique était littéralement un pays du tiers-monde, niveau progrès et évolution.
Et, rétrospectivement, ça rendait le sort de Maturin Rosier encore plus cruel. Il avait été un Doctorant en Métamorphose, un de ces fameux chercheurs qui allaient relancer le pays… Et il avait été viré du programme à cause d'un petit problème de fourrure ! Il aurait pu faire des découvertes sensationnelles, mais nooooon, les préjugés des sorciers étaient plus forts que tout. Comme Lupin, il avait été éjecté de la société dès que sa maladie avait été découverte. C'était vraiment trop injuste !
– Tout à fait, approuva Dumbledore. Le Ministère est donc désespéré de mettre la main sur les jeunes esprits qui sont l'avenir du pays. Et vous devrez être préparée à faire face à un certain nombre de critiques, si vous choisissez de faire du professeur Flitwick votre mentor et donc de demeurer à Poudlard.
La Poufsouffle fronça les sourcils :
– Pourquoi ? Ce n'est pas comme si je privais les gens d'une source de connaissance. D'accord, ce sera le professeur Flitwick et pas un employé du Ministère qui va superviser mes recherches, mais… Je commercialise déjà toutes mes inventions grâce à B&B. Et si je découvre quelque chose de révolutionnaire, je ne vais pas cacher ce genre de trouvaille au fond d'une cave.
– Mais vous opérerez sans le contrôle du Ministère, pointa judicieusement le directeur d'un ton amusé. Vous constaterez rapidement que c'est quelque chose qui leur déplaît. Ils aiment savoir que quelqu'un a un œil sur les découvertes de la nouvelle génération.
Elisa lui lança un regard incrédule. C'était Dumbledore qui lui disait ça ? Quelle hypocrisie ! Cette espèce de timbré barbu faisait ce qui lui chantait ! Son autorité surpassait pratiquement celle du Ministre !
– Je garderai ça à l'esprit, répondit-elle d'un ton neutre.
Dumbledore la scruta avec attention, et Elisa barricada son esprit derrière un mur d'Occlumancie. Ce n'était pas difficile. Il suffisait de trouver la frontière de son esprit et d'y visualiser un mur, ou une barrière quelconque. Ensuite, avec une volonté assez forte et une magie assez disciplinée, la muraille d'Occlumancie se faisait toute seule. Bien sûr, un Légilimens assez puissant pouvait l'abattre : mais certainement pas la traverser sans être détecté.
– Dans ce cas, je ne vous retiendrai pas plus longtemps, fit aimablement Dumbledore.
Elisa le remercia avec raideur, puis s'en alla en direction des cachots, où son cours de Potions avait commencé depuis plus de dix minutes. Rogue ne la réprimanda pas pour son retard, Merlin merci. La jeune Poufsouffle se mit à réfléchir à ce que Dumbledore lui avait dit. Mais quand Trisha lui demanda à voix basse de quoi ils avaient discutés, elle se contenta de hausser les épaules avec perplexité.
Le directeur avait sûrement essayé de lui faire passer un message subtil… Mais elle n'avait pas la moindre idée de ce que c'était.
oOoOoOo
Les jours passèrent. La période de révision allait bon train. Plusieurs élèves avaient fondu en larmes, d'autres paniquaient en cherchant de vieilles notes qui avaient disparues depuis longtemps, bref, c'était la pagaille. Les profs bouclaient leurs programmes. Les septièmes années commençaient déjà à envoyer des lettres de candidatures aux endroits où ils voulaient travailler ou étudier après Poudlard. Ils semblaient tous très confiants (même Percy, qui avait demandé à travailler comme secrétaire pour Amélia Bones, quand même !), et Elisa réalisa soudain que bien sûr, personne n'allait les mettre à la porte. Les sorciers étaient si peu nombreux, et ils avaient tellement besoin de remonter la pente, que laisser un jeune sorcier au chômage était complètement inimaginable.
L'avant-dernier match de Quidditch de l'année eut lieu, opposant Poufsouffle à Serpentard. Les vert et argent se défendirent bien, mais finalement, ce fut Cédric qui emporta le Vif, sous les hurlements de joie du stade. Cho Chang lui sauta au cou dès qu'il eut touché le sol, aussitôt suivie par Trisha, puis Elisa.
Cédric avait l'air aux anges. Avec la pression des BUSES, cette victoire lui remontait d'autant plus le moral.
– Si je rate tous mes examens, je pourrais toujours tenter le Quidditch professionnel ! blagua-t-il dans la salle commune le soir même.
– Si tu tentes de devenir pro, moi aussi alors ! rigola un de leurs Batteurs qui était en sixième année.
– On pourra se présenter ensemble ! rit Heidi Macavoy en levant sa chope de Bièraubeurre.
Trisha, qui était en train de remplir une demi-douzaine de chopes, leva les yeux au ciel. Passionnée de Quidditch, elle connaissait parfaitement le niveau des joueurs professionnels. Et même si elle aimait beaucoup son équipe… Il était assez douteux qu'un seul d'entre eux soit choisi par un des clubs nationaux.
– Et tu priverais l'Angleterre de ton cerveau génial ? interjeta Elisa avec amusement. Nan, Cédric, on a besoin de toi au Ministère. Ton pays a besoin de toi !
– Tu comptes travailler au Ministère ? fit une fille de quatrième année avec curiosité. Dans quel Département ?
Cédric hésita, jetant un bref coup d'œil à Elisa, puis haussa les épaules avec une nonchalance un peu forcée.
– Régulation des Créatures Magiques. Je voudrais y changer quelques trucs. Instaurer des mesures de protection pour les elfes, des accords avec les centaures, revoir les lois sur les loups-garous… Ce genre de chose.
La fille de quatrième année s'empressa d'exprimer son admiration devant l'altruisme de leur Attrapeur, mais le regard de Cédric cherchait celui d'Elisa. Celle-ci leva silencieusement sa chope dans sa direction, comme pour porter un toast à ses résolutions futures. Intérieurement, elle sentait la fierté lui réchauffer le cœur comme un talisman.
La cause des elfes avancerait. Même sans elle, même sans Hermione. Si Cédric s'était lancé là-dedans, d'autres le feraient. Oh, ça prendrait peut-être quelques années, mais… Ce monde deviendrait plus juste. Plus clément, plus conscient de ses responsabilités. Et ça, c'était vraiment un bond en avant.
Elle en parla à Hermione, ce qui réjouit grandement la Gryffondor. Conformément à sa promesse, Elisa ne s'était pas impliquée dans cette affaire, et n'était donc pas vraiment au courant des progrès qu'Hermione faisait en ce qui concernait la cause des elfes de maison. Elle apprit donc avec une certaine surprise (et beaucoup de fierté) qu'Hermione avait fait de gros progrès. Elle avait laissé traîner dans la salle commune des prospectus parlant du sort des elfes, et plusieurs élèves en avaient discutés. Les membres du CEM avaient aussi confronté leurs amis Sang-Purs dont les familles possédaient des elfes. Ça avait donné lieu à plusieurs disputes retentissantes, mais aussi à des réconciliations et des prises de conscience. Plusieurs élèves de Gryffondor s'étaient rendus dans les cuisines en même temps qu'Hermione, et avaient assisté en silence à ses enquêtes : la jeune Gryffondor demandait alors des récits assez choquants aux elfes des cuisines. Par exemple, elle les interrogeait sur ce qui arrivait aux elfes dotés de maîtres cruels, ou de ce qui se passait quand un maître séparait un jeune elfe de ses parents.
La Maison de Gryffondor n'était pas entièrement dressée contre l'esclavage des elfes, non. Mais une immense majorité d'entre eux étaient désormais au courant que ça existait, et que c'était un problème.
– Je pense à disperser des prospectus dans tout le château, confia Hermione à Elisa. Je veux atteindre des gens hors des Gryffondor.
Elisa était vraiment impressionnée. Avec un peu de recul, du temps pour établir une stratégie, et le CEM comme support pour opérer, Hermione avait vraiment lancé une campagne qui était en passe d'atteindre tout le château.
– Je réfléchissais à fonder une organisation, continua plus timidement la Gryffondor. Je n'ai pas encore d'idée de nom…
Elisa hocha vivement la tête :
– C'est une très bonne idée ! Et si tu fais un nom long, il faut que ça fasse un acronyme qui ait la classe. Quelque chose qui évoque la dignité, qui attire l'œil. On pourrait même faire des badges.
Hermione eut l'air plongée dans un abîme de réflexion, et Elisa réprima un discret soupir de soulagement. Avec un peu de chance, elle avait évité que la société en question se nomme Société d'Aide à la Libération des Elfes…Autrement dit, la S. A. L. E.
Mais passons.
Il y eut quelques rumeurs selon lesquels Lupin avait été vu à Londres, du côté Moldu. Elisa ne savait pas si c'était véridique ou pas. Cela dit, c'était assez logique… Lupin savait naviguer dans le monde Moldu. C'était un bon endroit pour se cache en attendant que l'orage passe. Et en prime, c'était près du Ministère : il pourrait guetter Sirius quand celui-ci irait témoigner.
Elisa faisait mine de ne pas écouter ce qui se disait sur leur ancien prof, cela dit, et continuait à travailler sur ses inventions. Elle travaillait beaucoup ses sorts, mais elle réfléchissait aussi à ce qu'elle pourrait fabriquer pour B&B. La boutique avait un succès fou. Peut-être qu'elle pourrait y vendre des Glisseurs ? Mais Gwendolyn aurait besoin d'un assistant… Ce qui n'était peut-être pas une si mauvaise idée. La communauté sorcière avait besoin de tout l'élan possible pour se redresser. Gwendolyn pourrait même embaucher un Cracmol pour tenir la caisse ! Avec la vente des miroirs communicants (il faudrait vraiment inventer un nom plus court…), la gérante du magasin aurait sans doute besoin de toute l'aide possible.
Ce qui menait à un autre sujet de réflexion. Engager un Cracmol serait une sorte de déclaration publique, comme quoi ils étaient parfaitement capables d'avoir un rôle et une place dans la société sorcière. Elisa y croyait à 100%. En revanche… Etait-ce une bonne idée, de faire ça alors que Tourmaline n'en était qu'à ses balbutiements ? Lester et le reste des fondateurs de l'école étaient plutôt d'avis que, plus longtemps Tourmaline resterait dans l'ombre, mieux ça vaudrait. En ce moment, après la révélation de la lignée de Tom Jedusor, et la crucifixion de Lupin dans la presse… Le public avait soif de sang, soif de scandale, soif d'indignation. Et la Gazette le savait.
Alors oui, il ne fallait vraiment pas attirer leur attention sur les Cracmols. Tourmaline progressait doucement, à petits pas. Ni l'école ni ses fondateurs n'avait encore les moyens de résister un éventuel assaut des Puristes et de la presse. Dans un ou deux ans, peut-être, ce serai possible. Mais aujourd'hui ? Ce serait du suicide.
Donc voilà. Du coup Elisa se contentait de ruminer ses idées, ses projets et ses récriminations contre le monde magique et ses préjugés stupides, et continuait ses activités normales. A savoir : réviser ses cours, travailler ses sorts, écrire à Lupin (elle avait l'impression de le harceler, même si ses lettres contenaient surtout des offres d'aide)… Et poursuivre ses inventions.
Son projet du moment, c'était son dictaphone sorcier. Il était presque fini. Il ressemblait au croisement étrange d'un briquet steampunk et d'un talkie-walkie miniature. C'était petit, rectangulaire, fait de laiton doré et de bois brun très foncé. Il y avait des engrenages et des tuyaux de cuivre visibles, des molettes et des boutons de métal doré, et une petite sphère de verre ambré à son sommet comme un gros bouton de démarrage. Rien qu'à regarder la chose, on devinait que c'était le produit d'un cerveau déjanté qui avait trop lu Jules Verne.
– Pourquoi du verre ? s'intéressa Cédric en observant Elisa assembler les pièces finales durant un cours d'Histoire. Tu avais utilisé du cristal pour tes montres digitales, non ?
– Le cristal stocke la magie, confirma son amie en vissant un minuscule écrou permettant de maintenir un fin tuyau cuivré sur le flanc du dictaphone. Mais le verre retransmet très bien les sons et les images. Passe-moi le petit tournevis cruciforme, s'il-te-plaît.
Cédric jeta un regard effaré aux petits outils d'Elisa, qui étaient étalés derrière un gros manuel d'Histoire pour les cacher à la vue de Binns. Avec patience, Trisha lui pointa l'objet en question, et le Préfet passa le fameux tournevis à son amie bricoleuse. Elisa continua sa tâche, tirant la langue pour mieux se concentrer.
– Tu comptes vendre ça à B&B ? s'enquit Adrian qui était assis devant elle mais qui s'était retourné pour la regarder faire.
– Nope. Ça, c'est un projet personnel.
– Tu as encore le temps de faire des projets personnels si près des BUSES ? se moqua Terence (qui, comme d'habitude, était assis aux côtés d'Adrian).
– Ça me détend, admit la Poufsouffle. Je deviendrai folle si je devais passer mon temps à bosser.
D'autant plus qu'elle consacrait une partie de son temps au perfectionnement de ses sorts. Elle avait achevé le Maléfice Sismique et le Sortilège de Maîtrise de l'Eau, mais elle travailler toujours sur son projet de runes explosives, ainsi que sur une modification du Lévicorpus qui suspendrait par la cheville plusieurs personnes à la fois.
Et puis, tous les soirs, elle échangeait quelques mots avec Gwendolyn sur B&B, et discutait un peu avec Madeline et Lester au sujet de Tourmaline. Apparemment Matt Rosier avait rencontré ses futurs collègues, et il s'entendait bien avec presque tout le monde. Les profs les plus âgés, comme Christopher Wise, et Heremon Odran, étaient plutôt distants, mais c'était attendu. Après tout, pour eux, les plus jeunes (comme Matt, mais aussi Romaric et Cécile) étaient quasiment des gamins. Mais le jeune loup-garou se mettait en quatre pour plaire aux autres profs. Il voulait absolument les conquérir avant que Madeline ne leur révèle sa condition de lycanthrope.
Gwendolyn pensait que c'était une cause perdue. Son frère Neal lui avait poliment suggéré de se mêler de ses oignons. Et Elisa était plutôt d'accord avec le futur Guérisseur : avec de la détermination, tout était possible. D'autant plus que Matt était un Serpentard. Apparemment, il interrogeait subtilement ses collègues sur ce qu'ils pensaient des articles de la Gazette sur Lupin, tout en décrétant que lui-même trouvait ça indécent. Il les poussait, doucement, à se ranger à son avis. Certains de ses collègues (essentiellement les Moldus, en fait) déclarèrent même que les capacités pédagogiques de Lupin n'avaient rien à voir avec sa lycanthropie, et qu'il ne devrait pas être jugé sur ce critère. Lorsque Neal raconta ça à Elisa, elle ne put s'empêcher d'être impressionnée. Matt était plus malin qu'elle ne le pensait. Il ne fallait jamais sous-estimer un Serpentard !
D'ailleurs, en parlant de ça…
– C'est vrai que les Serpentard ont parlé du traitement des elfes dans leur salle commune ? demanda-t-elle innocemment.
– Qui t'as raconté ça ? fit Terence d'un air soupçonneux.
– Tracey, à la dernière séance du CEM. Apparemment le débat impliquait surtout les élèves plus âgés.
Terence grimaça :
– Ouais, des sixièmes années en fait. Pour une raison bizarre, quelqu'un a laissé traîner des prospectus sur le traitement des elfes un peu partout dans le château, et beaucoup ont été nettoyés par Rusard, mais il en restait pas mal dans les cachots…
La jeune fille devina tout de suite qui avait fait ça. Après tout, Hermione avait déjà évoqué cette idée un peu plus tôt. Et apparemment, ça avait marché au-delà de toute espérance ! Elisa se sentait vraiment fière de la petite Gryffondor.
– Bref, reprit Terence. En sixième année, il y a quatre ou cinq personnes qui ont de la famille chez les Moldus, et… Trois d'entre eux sont noirs, ou métis. Et comme le prospectus faisait une comparaison avec la traite des esclaves et tout ce bazar, le débat a très vite chauffé. J'ai cru que Nwando et Vanessa allaient en venir aux maléfices !
– Hum, fit Elisa d'un air pensif. Et finalement, la conclusion du débat, c'était quoi ?
Terence haussa les épaules :
– Ils ne se parlent plus parce que Vanessa et Kitty ont refusé de dire que l'emploi des elfes était une mauvaise chose. Mais ils sont tombés d'accord pour dire que la façon dont ils sont traités devrait être réglementée pour les protéger, si c'est ça ta question… Tu as quelque chose à voir là-dedans, pas vrai ?
– Je ne vois pas de quoi tu veux parler, répondit dignement Elisa.
Intérieurement, elle jubilait. Il fallait qu'elle raconte ça à Hermione ! Oh, et le coup des prospectus avait été brillant, elle demanderait à la Gryffondor si elle ne pouvait pas remettre ça. Elisa en ferait entrer un stock dans la salle commune des Poufsouffle…
Néanmoins, parler des Serpentard plus âgés lui fit penser à quelque chose d'un peu moins positif. Avec un froncement de sourcil, elle se tourna vers Adrian :
– Tu as découvert comment la lettre s'est retrouvée à Pré-au-Lard ?
Elle n'avait pas besoin de préciser. Puisque c'étaient des Serpentard plus âgés qui avaient fait circuler la lettre de Crawford et s'en étaient moqués devant Harry, Elisa avait mis sur le coup tous ses amis dans la Maison verte et argent.
– Je crois que Joshua Ruppert est celui qui l'a eu en premier, lâcha Adrian d'un ton pensif. Ensuite, ses amis ont insisté pour la lire, et ça a échappé à son contrôle, mais c'est bien lui qui a ramené la lettre aux Trois Balais.
– Je n'ai aucune idée de qui est ce type, sourcilla Elisa. Ce n'est pas un de vos Préfets ?
– Si, en septième année. Du genre réservé, pas un fouineur. Il traîne surtout avec des Serdaigle de sa promotion. Tu veux que je le cuisine là-dessus ?
Elisa rumina l'information deux minutes, mais elle n'eut aucun éclair de génie. Elle ne voyait vraiment pas comment ce type aurait pu avoir accès à sa pochette cartonnée remplie d'infos sur Sirius Black.
– Oui, s'il te plaît.
Adrian hocha la tête. Puis, abruptement, il annonça :
– Et sinon, je dois te prévenir que plusieurs Serpentard vont commencer à te faire la cour.
Cédric s'étrangla et se mit à tousser, Trisha émit un glapissement aigu qui se transforma en puissant fou-rire, et Elisa tomba brutalement de sa chaise. Heureusement qu'ils avaient lancé un sort de Bulle de Silence sur leur rangée de sièges avant qu'elle ne commence son bricolage, parce que sinon le boucan aurait sûrement attiré l'attention de Binns. Elisa remonta sur sa chaise, vacillante et incrédule :
– Quoi ?! Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?!
Adrian leva les yeux au ciel :
– Heather a raison, tu n'as aucune subtilité. Magister, tu commence doucement à être connue, et là, tu as participé à l'arrestation d'un Mangemort au cœur de Poudlard. Les gens vont commencer à s'intéresser à toi.
Elisa se souvint des regards intéressés des Serpentard lorsqu'elle avait rembarré Dumbledore pour la première fois, lors de l'histoire du troll. Elle fronça les sourcils :
– Et qu'est-ce que tu veux dire par « me faire la cour » ? Parce que si quelqu'un m'offre des fleurs, je les lui fais manger.
Trisha étouffa son fou-rire dans un éternuement factice. Adrian échangea un regard désarçonné avec Terence, et ce fut ce dernier, plus habitué aux bizarreries d'Elisa, qui prit le relai :
– Les gens qui tissent leur réseau vont commencer à essayer de t'attirer dans leur toile. Et puis, entre Lockhart et Pettigrew, tu commences à avoir une sacrée réputation.
Elisa fronça les sourcils :
– Je n'ai rien fait pour Pettigrew. C'est Harry et les Weasley qui l'ont arrêté.
Elle s'était contentée de rester dans la cabane d'Hagrid à éponger du sang. C'était d'ailleurs un souvenir assez traumatisant, cette sensation d'horreur et d'impuissance. Mais c'était Ron, Percy et Harry qui avaient poursuivi le méchant, et qui avaient récolté la gloire. Le fait de sauver la vie du garde-chasse n'avait même pas valu à Elisa un paragraphe dans l'article de la Gazette qui avait rapporté les évènements.
– Tu faisais partie du groupe qui l'a démasqué et attaqué, rétorqua Terence. Tu es impliquée, et ça suffit largement à intéresser les gens. Et puis, franchement ! Personne ne s'attend à ce que tu quittes Poudlard et mène une petite vie rangée à la campagne, Magister. Que ça te plaise ou non, tu vas être invitée à prendre le thé chez les Bulstrode, tu vas recevoir une invitation au festival des Carter, tu vas probablement te faire aborder sur le Chemin de Traverse par une demi-douzaine de journalistes avides de scoops ou par des Sang-Purs qui veulent te mettre dans leur poche.
Elisa eut l'air horrifiée, et Adrian rigola :
– Allez, ce n'est pas si terrible. Assume ce que tu dis, fais bonne figure, ne t'engage à rien, et tu verras, ça passera aussi facilement qu'un Souaffle à travers la défense des Canons de Chudley.
– Mais si je ne veux pas finir dans la poche des Sang-Purs ? tenta misérablement Elisa.
L'idée de longues interactions policées avec des gens coincés, ça lui donnait déjà des palpitations. Beurk, de la socialisation humaine ! Elle préférait de loin bouquiner un vieux volume de Zorro. Adrian se plaqua une main sur le visage d'un air consterné. Terence, lui, prit un air railleur.
– Tu n'as pas tellement de choix. On ne peut pas devenir un joueur sur le grand plateau de la Grande-Bretagne sans se faire d'alliés.
Hum. C'était une comparaison à la fois sinistre et poétique. Et… sans doute vraie, en plus. Elisa poussa un profond soupir. Puis elle marqua un temps d'arrêt, son tournevis suspendu en plein geste, frappée par une réalisation soudaine.
Oh. Cette drôle de conversation avec Dumbledore… En fait, le directeur ne voulait pas la mettre en garde contre le Ministère. Il voulait lui proposer sa protection à lui.
C'était tellement évident qu'elle se serait frappée. Bon, d'accord, le directeur ne l'avait pas formulé comme ça. Mais quiconque avec deux sous de jugeote pouvait le comprendre ! Albus Dumbledore n'abordait pas les étudiants dans les couloirs pour leur dire de se méfier des critiques sans avoir une bonne raison. Il lui avait même explicitement dit que le Ministère n'aimait pas que les gens ne soient pas sous contrôle, et que quelqu'un devrait la surveiller pour apaiser leurs critiques ! Il lui offrait une alliance. Il voulait la mettre dans sa poche !
Raaah. Si elle avait été une Serpentard ou même une Serdaigle, elle aurait vu ça tout de suite. Ses capacités de détection de manipulation étaient sérieusement en train de s'émousser.
– Je déteste la politique, grogna-t-elle à l'intention de personne en particulier.
– Ne t'en fais pas, s'amusa Adrian. Généralement, le cirage de pompes ne commence que durant l'été. C'est considéré comme étant de mauvais goût, si on dérange quelqu'un durant ses examens pour des mondanités.
– C'est vrai, acquiesça pensivement Cédric. Après mes BUSES, mon père a prévu d'inviter des tas de gens à la maison pour que je commence à rencontrer ses collègues…
Trisha, Elisa et Terence échangèrent un regard, mais restèrent silencieux. Être un Sang-Mêlé tout en étant le meilleur ami d'un Sang-Pur issu d'une famille aisé, c'était parfois comme de vivre sur une autre planète. Les Sang-Purs (ou tout sorcier suffisamment riche et puissant) avaient des codes et des conventions auxquels ils obéissaient tous, quelques soient leurs convictions politiques ou de leurs Maisons. Cédric et Adrian appartenaient ainsi à une sphère sociale dont leurs amis étaient exclus.
– Mais je ne sais pas comment me conduire en société ! gémit Elisa.
Et refuser les invitations aurait été stupide car, comme Terence l'avait dit : devenir un joueur nécessitait d'avoir des alliés. Elisa ne comptait pas faire carrière dans la politique, merci bien ! Mais si elle pouvait éviter d'offenser toute l'aristocratie britannique, ça serait bien aussi.
– Moi aussi j'étais pétrifié, lui confia Adrian. Mais ce n'est rien de très grandiose. Les adultes ne veulent pas donner l'impression qu'ils te considèrent comme leur égale, alors ils ne vont pas t'obliger à participer à un dîner en tête à tête ! Non, généralement, les familles sont invitées, et les enfants restent entre eux. L'atmosphère est assez informelle. Le but c'est que ce soit la jeune génération qui tisse des liens, pour que la famille reste forte.
Ça se tenait. Elisa hocha la tête, puis grimaça :
– Ouais, mais il n'y a aucune chance pour que ma famille soit invitée à ce genre de trucs. Et si jamais je suis invitée par les Bletchley, je leur renvoie leur chouette désossée et rôtie.
Pas question qu'elle fraternise avec les gens qui avaient déshérité sa mère.
– Oh mais tu n'auras pas à affronter les fauves toute seule ! l'assura Adrian. Tu as un bouclier parfait pour ça : tu as une associée. Si quiconque veut t'inviter pour tisser des liens dans l'espoir d'entretenir une relation professionnelle, bam, tu pourras venir avec Gwendolyn Bowman. Ou même n'importe lequel des Bowman, d'ailleurs. Vos noms sont liés !
Trisha se rembrunit visiblement. Elle avait sans doute l'impression que Gwendolyn lui volait sa meilleure amie. Et, en y repensant… Elle n'avait pas tout à fait tort. Elisa se mordit la lèvre, puis décida de changer le sujet. Si des Sang-Purs coincés s'intéressaient à son cas, elle aviserait le moment venu. Et puis, au pire, elle se rendrait uniquement aux invitations auxquelles ses autres amis (comme Adrian, Cédric, Rhonda, Helen, etc.) étaient également conviés.
– Et sinon, cette histoire de gens louches qui vont me faire la cour, est-ce que ça peut me permettre de leur extorquer de l'or ? Ou des livres anciens ?
– Elisa ! s'étrangla Cédric d'un air scandalisé.
Mais Terence et Trisha éclatèrent de rire, ce qui était le but recherché. Et, tandis qu'Adrian se mettait à lui expliquer que l'or n'était pas possible, mais que oui, un accès aux bibliothèques anciennes des aristocrates pouvait être négocié (un accro à l'Histoire comme lui avait forcément déjà tenté cette manœuvre !)… Elisa se replongea dans la construction de son dictaphone, un sourire au coin des lèvres.
Elle avait survécu à des trucs biens plus impressionnants que quelques guignols qui se donnaient de grands airs, après tout !
oOoOoOo
Les jours passèrent, lentement. Doucement, on approcha de la fin du mois de mai.
La tension se faisait sentir même chez les élèves les plus détendus vis-à-vis des études. Même Fred et George révisaient. Heather et Takashi, les deux meilleurs élèves de la classe, compulsaient leurs notes de manière quasiment obsessive. Cédric avait commencé à se ronger les ongles, et même les encouragements de Cho Chang (qui l'aidait à travailler certaines matières) ne l'apaisaient pas. Elisa était partagée entre des révisions frénétiques, et l'envie de tout lâcher pour filer en Andalousie orientale.
Ce fut dans ce contexte que Sirius Black entra à Poudlard.
Elisa n'assista pas à la scène, mais on lui en fit le récit. Plus précisément, Sirius surgit de nulle part devant la classe d'Harry, qui revenait d'une leçon de Botanique. Il fit hurler de peur tout le monde, et fut "capturé" par McGonagall. Raaah, Elisa aurait tellement voulu être là ! Que Sirius se rende aux autorités, demande à voir le directeur, rencontre Harry… C'était grâce à elle, c'était son accomplissement. Elle aurait dû faire partie de cette scène, non ? Même en tant que simple spectatrice ! Mais non, elle n'était pas l'héroïne, alors cet évènement se déroula sans qu'elle en ait connaissance, pendant qu'elle assistait à son dernier cours de Runes Anciennes de l'année.
Elle apprit donc ce qui s'était passé environ deux heures plus tard, durant le déjeuner, grâce aux Gryffondor surexcités qui racontaient chacun une version assez différente de la scène. Certains disaient que Sirius était apparu dans un nuage de brume, d'autres qu'il hurlait comme un dément, d'autres encore que lui et Harry s'étaient immédiatement attaqués, d'autres encore que le professeur Chourave avait stupéfixié Black. La seule chose qui était claire c'était que, dans la confusion, quelqu'un avait envoyé un Patronus chercher le professeur McGonagall. Celle-ci était promptement arrivée et avait pris les choses en mains, ordonnant aux élèves de partir afin de s'occuper seule d cette affaire. Harry et ses amis avaient alors pris leurs jambes à leur cou.
Personne ne savait ce qui était arrivé ensuite. Elisa grinça des dents. Puis elle se tourna vers Cédric, à sa droite :
– Je vais voir Harry.
– Tu risques de sauter le déjeuner, l'avertit le Préfet.
Elisa haussa les épaules :
– Je demanderai à Olly de m'apporter un sandwich. Dis à Trisha de ne pas m'attendre pour aller réviser, d'accord ?
Derrière elle, elle entendit nettement Heidi Macavoy marmonner quelque chose au sujet d'une mère-poule, mais elle l'ignora. Se faufilant à travers la foule, elle quitta la Grande Salle, et se dirigea aussitôt vers sa salle commune.
Il n'y avait personne, et elle n'eut même pas besoin de se cacher pour consulter la Carte du Maraudeur. Elle eut beau examiner le parchemin avec attention, la Carte n'indiquait nulle part la présence de Sirius. Est-ce qu'il avait été emmené au Ministère ? C'était plus que probable… McGonagall était absente, elle aussi… Et Dumbledore également. Oui, ils étaient sans doute tous au Ministère. Mais qu'en était-il d'Harry ? Son témoignage était-il requis ?
Elle n'eut pas à chercher longtemps avant de le trouver. Le Trio d'Or au complet se trouvait dans la cuisine du château, sans doute afin d'éviter la foule qui les attendait dans la Grande Salle pour déjeuner. Sa décision prise, Elisa rangea la Carte dans sa poche, puis alla les retrouver.
Lorsqu'elle entra dans la cuisine, les elfes se précipitèrent vers elle en masse, se bousculant presque dans sa hâte de l'aider. Elisa leur demanda poliment un simple sandwich au thon, puis alla s'asseoir en face des jeunes Gryffondor. Ils s'étaient tendus à son arrivée, mais semblaient s'être rassurés après avoir reconnue l'intruse.
– Tu as entendu parler de Black, j'imagine, lâcha Harry d'un air sombre.
Elisa sourcilla. Elle s'étaient imaginé que les trois gamins seraient… bon, peut-être pas enchantés de rencontrer Sirius, mais… qu'en tous les cas, ils ne seraient pas déprimés.
– Ça s'est mal passé ? hasarda-t-elle.
Hermione hocha vigoureusement la tête :
– Oh, tu peux le dire ! Cet homme surgit d'entre deux serres, avec ses vêtements déchirés, son air fou, maigre comme un cadavre et souriant avec toutes ses dents jaunes… Tout le monde a hurlé. Et il pointait sa baguette sur nous ! On aurait dit une sorte de, de, de psychopathe !
Elisa grogna. C'est vrai qu'après douze ans de prison et neuf mois à vivre dans la forêt à se nourrir de rats, Sirius Black ne devait pas vraiment faire bonne impression.
– Il filait vraiment les jetons, approuva Ron en fronçant le nez d'un air dégoûté. Et il puait, aussi. Et ensuite, il s'est mis à menacer Lavande…
– Quoi ?!
C'était pas du tout au programme, ça !
– Il ne lui a rien fait, la rassura Harry. Mais elle a essayé de fuir et Black s'est mis à hurler que personne ne devait bouger, qu'il voulait savoir si Pettigrew avait vraiment été arrêté. Mais il gardait sa baguette pointée sur Lavande et il avait l'air vraiment dérangé, il postillonnait partout, j'ai cru qu'il allait lui jeter un sort !
– Alors tu l'as attaqué ? tenta de deviner Elisa en grimaçant.
Le visage d'Harry s'affaissa, et Hermione posa la main sur son épaule. Ron, lui, secoua sombrement la tête :
– Non. Il a essayé d'envoyer un Patronus.
Elisa cligna des yeux, surprise. C'était plutôt une bonne idée. En appelant un prof à l'aide, Harry avait agi de manière vraiment responsable.
– Et alors ? fit-elle sans voir où était le problème. Tu as un Patronus presque complet, Harry, non ?
– Non, marmonna le Survivant. Ça n'a pas marché.
– … Comment ça, ça n'a pas marché ?
– Ça n'a pas marché ! répéta brusquement Harry. J'ai lancé le sort et je n'ai même pas eu un crachotement de brume. Et j'ai réessayé ici, et ça a fait la même chose ! Je n'arrive plus à faire le Patronus !
Sa voix se brisa à la fin de sa phrase. Elisa resta immobile, bouche bée, avec la nette impression qu'on venait de lui faire tomber un piano sur le crâne. Harry Potter ne pouvait pas produire de Patronus ? Mais c'était… C'était… C'était impossible. Le Patronus en forme de cerf était la signature d'Harry, c'était son symbole, c'était…
– Du coup c'est moi qui ait lancé un Patronus, reprit bravement Ron. Je lui ai dit d'aller chercher McGonagall. Ça a tellement surpris Black qu'il a arrêté de menacer Lavande, et qu'elle a pu courir dans la serre pour aller chercher Chourave.
– Ensuite Black s'est un peu calmé, reprit Hermione d'une voix mal assuré. Il nous a dit qu'il n'allait pas nous faire du mal, qu'il était juste là pour le rat. On lui a dit que Pettigrew avait été arrêté, et, euh… Ensuite il s'est tourné vers Harry comme s'il allait, euh, l'enlacer pour quelque chose comme ça…
– J'aurais bien aimé qu'il essaie, grogna le Survivant.
Sirius se serait sans doute pris un Expulso dans la figure. Elisa se massa les tempes, sentant poindre une migraine. D'accord, Sirius n'avait sans doute pas les idées très claires en ce moment, mais quand même… Sauter sur un groupe d'enfants paranoïaques au détour d'un buisson, puis agir comme un fou dangereux, ce n'était vraiment pas une manière correcte de donner une bonne première impression ! Elle comprenait qu'il ait été tenté d'aller voir Harry, mais… Pour mettre les choses au clair, il aurait vraiment dû chercher Dumbledore d'abord, au lieu de terrifier une bande de mioches.
– … Et il a dit qu'il était son parrain, continua Hermione d'un air incertain. Et qu'ils pouvaient vivre ensemble s'il le voulait. Je suis sûre que ça partait d'une bonne intention…
– … Mais il était super-louche, lâcha Ron en hochant vivement la tête. Genre, là tout de suite, j'aurais préféré aller vivre chez Rogue au fond d'une grotte.
La comparaison arracha un faible ricanement à Harry, ce qui parut plaire à son ami rouquin. Hermione secoua la tête avec affection, puis se retourna vers Elisa :
– Bref, à ce moment-là, le professeur Chourave est arrivée et s'est mise à lui crier dessus. Nous, on a commencé à reculer. Puis Black a fait un geste comme s'il allait attraper Harry et plusieurs filles se sont mises à hurler. Et c'est à ce moment-là que le professeur McGonagall est arrivée. Elle a désarmé Black, et nous a ordonné de partir.
– Et on est venu ici pour avoir la paix, acheva Ron. D'ailleurs, comment tu nous as trouvé ?
Elisa sortit la Carte de sa poche avec un mince sourire, et le jeune Weasley prit un air contrit. Effectivement, c'était un moyen plutôt efficace de mettre la main sur quelqu'un.
Puis la Poufsouffle rangea la Carte dans sa poche, le front plissé d'un air soucieux. Ils avaient des problèmes plus urgents. Les conséquences de l'apparition de Sirius, certes, mais surtout…
– Est-ce que tu peux essayer de relancer ton Patronus ?
Harry lui jeta un regard mécontent, mais obéit. Son geste de baguette était parfait, mais lorsqu'il lança l'incantation, rien ne se produisit. Elisa sentit son ventre se nouer.
Ce n'était vraiment pas prévu dans le canon.
– Je suis sûre que c'est temporaire, murmura anxieusement Hermione. Je vais aller à la bibliothèque faire des recherches là-dessus. Quand Harry nous a appris le Patronus, à Ron et moi, j'avais lu un grimoire qui mentionnait les problèmes pouvant affecter ce sortilège.
Elisa réalisa qu'elle n'avait pas touché à son sandwich, que les elfes avaient posé sur un plateau devant elle. Distraitement, elle remercia les petites créatures, puis prit une bouchée de son repas, réfléchissant de toutes ses forces à la question. Qu'est-ce qui pouvait causer une "panne" de Patronus ? Lorsqu'elle-même avait lu des bouquins sur le sujet, l'année dernière (lorsqu'elle craignait que sa possession par Tom ne l'empêche de jeter ce sort), plusieurs trucs sinistres étaient mentionnés. La dépression, l'exposition répétée à la magie noire, le manque de souvenir heureux, un grave bouleversement émotionnel… Quoique, ce genre de bouleversement causait seulement une défaillance temporaire du Patronus, avant que celui-ci ne change de forme. Tonks avait eu ce genre de problème dans le canon (dans le tome 6, si les souvenirs d'Elisa étaient exacts) lorsque son Patronus avait changé pour prendre la forme d'un loup représentant Remus Lupin.
Mais Harry ne pouvait pas avoir ce problème, non ? Il n'avait pas subi de… Oh.
Elisa faillit grogner à voix haute. Elle était si stupide.
Harry avait subi deux bouleversements émotionnels majeurs en moins de vingt-quatre heures, à peine un mois plus tôt. D'abord, il y avait eu la lettre de Willis Crawford, puis il y avait eu le face-à-face avec Pettigrew. Le Survivant avait été profondément trahi, la mémoire de son père souillée, et il avait affronté en duel le responsable de l'assassinat de ses parents. Comment qualifier ça autrement que de bouleversement émotionnel majeur ?!
– Harry, fit-elle avec le plus de délicatesse possible. Est-ce que le souvenir heureux que tu utilises pour ton Patronus en forme de cerf aurait pu être… abîmé ?
– Abîmé ? répéta Hermione.
– Ce ne serait plus un souvenir heureux, tenta d'expliquer la Poufsouffle de manière un peu maladroite. Le souvenir existerait toujours, mais tu aurais appris un élément nouveau qui… rendrait ce souvenir moins positif. Bref, le… concept que tu invoque pour créer ton Patronus… aurait disparu.
Harry cligna des yeux, puis la compréhension se fit sur son visage, et sa mâchoire se crispa. Il baissa les yeux sur la table, jouant machinalement avec un morceau de sa manche.
– Je pensais à ma famille, finit-il par dire doucement. Mais depuis… Depuis la dernière sortie à Pré-au-Lard, quand je pense à mon père…
Hermione prit une inspiration soudaine en comprenant, les yeux brillants de larmes. Elisa baissa les yeux sur son sandwich. Soudain, elle n'avait plus d'appétit. Si elle n'avait pas mené l'enquête sur Sirius, rien de cela ne serait arrivé. James Potter serait resté un saint dans la mémoire de son fils, et Harry aurait été capable de produire un Patronus. Mais à présent… Harry allait devoir reprendre son apprentissage du sort depuis le début.
Et son Patronus ne serait jamais Cornedrue le Maraudeur.
– Tu sais que c'était n'importe quoi, pas vrai ? lâcha Ron avec force. Faut pas que tu laisses ces bêtises t'atteindre !
– Mais ce n'était pas des bêtises, marmonna Harry. Ce n'était pas des mensonges. C'était la vérité.
– Mais pas toute la vérité ! s'indigna Ron. Ok, ton père était peut-être un idiot quand il était jeune, mais… mais… il a bien dû grandir, non ?
– Et ta mère est tombée amoureuse de lui, ça doit compter, non ? tenta Hermione.
– Ça ne dit rien de bon sur ma mère, ça ! lâcha Harry avec colère.
Et dans sa voix, il y avait presque de la frayeur. Il avait peur que ça ne dise rien de bon de sa mère, en effet. Il avait peur que Lily Evans soit une déception, comme James Potter.
– Et être jeune n'est pas une excuse, reprit froidement Harry. Je suis plus jeune que mon père ne l'était à l'époque, et je sais que ce qu'il faisait est mal. C'était une brute, pire que Malefoy. Et je déteste les brutes. Dudley est exactement pareil, et il ne grandira jamais, parce que personne ne lui dit que ce qu'il fait est mal. Il demande à ses amis de tenir les bras de ses victimes derrière eux quand il les frappe, vous saviez ? Mais tout le monde l'adore. Tout le monde s'en moque des gamins qu'il tape, parce qu'ils sont plus petits, plus sales, plus pauvres, parce qu'ils sont différents et qu'ils l'ont sûrement bien mérité. Et personne ne lui reproche quoi que ce soit, à Dudley ! Parce que ses parents l'adorent, ses profs l'adorent, alors il peut taper autant qu'il veut sur les plus petits que lui tant que c'est hors de la vue des adultes ! Je hais les brutes, et elles ne changent jamais !
Harry referma la bouche, le souffle court, les yeux brûlants de colère. Il avait presque hurlé à la fin de sa tirade, et il s'était mis debout sans le réaliser. Hermione, Ron et Elisa ne bougèrent pas d'un pouce, figés par la surprise.
Le Survivant inspira un grand coup, puis se laissa lourdement retomber sur son banc, et se passa les mains sur le visage, se frottant férocement les yeux. Après un moment d'hésitation, Ron tendit la main vers lui, puis suspendit son geste. Il jeta un regard désespéré vers Elisa. Clairement, il ne savait pas quoi dire ou quoi faire pour réconforter son ami.
Elisa s'humidifia les lèvres, cherchant frénétiquement une idée. Qu'est-ce qu'elle pouvait dire ? Elle ne connaissait pas James Potter. Tout ce qu'elle savait, c'était qu'il avait été un petit Sang-Pur riche, fils unique, adoré par ses parents, et qui brutalisait certains élèves pour faire rire la galerie. Il avait partiellement cessé ces brutalités vers l'âge de dix-sept ans, non parce qu'il avait des remords, mais pour plaire Lily Evans. Ils étaient sortis ensemble, puis s'étaient mariés à dix-neuf ans, peu avant (ou après) que Lily tombe enceinte. Leur bébé était né, ils avaient été enfermés à Godric's Hollow pour leur protection, et étaient morts durant leur vingt-et-unième année. Point. C'était tout.
Alors oui, qu'est-ce qu'elle pouvait bien dire ?
Un instant, elle hésita à lui parler de Lily. Mais elle ne savait rien sur Lily, non plus. Et Harry avait pris soin d'éviter le sujet. Il avait peur d'être aussi cruellement déçu par sa mère qu'il l'avait été par son père. Elisa grimaça. A sa connaissance Lily Evans n'avait jamais été une brute. En revanche, si elle mettait le sujet sur le tapis et que par la suite Harry cherchait à rencontrer des amis de sa mère, et s'il apprenait qu'elle avait été proche de Rogue… Oh là là. Elle ne voulait même pas imaginer l'ampleur d la catastrophe. Harry serait horrifié, Rogue livide (sa couverture serait aussi mise en danger), et ça leur exploserait au visage de façon encore plus horrible que la lettre de Willis Crawford.
Elle se mordit la lèvre. Puis, finalement, elle se décida, et déclara :
– Ton père est mort.
Harry émit un ricanement sans joie.
– C'est comme ça que tu veux me remonter le moral ?
– Je suis nulle dans ce domaine et c'est pas nouveau, rétorqua Elisa avec embarras. Mais surtout… Ton père est mort. Même s'il a été génial, même s'il a été affreux… Il est mort. C'est fini. Je suis sûr que quoi qu'il ait fait dans sa vie, il t'aimait de tout son cœur et ça, c'est un truc heureux dont tu devrais te souvenir, mais… Au final, ça ne change rien. Ton père est mort. Et les morts ne devraient pas dicter la façon dont les vivants mènent leur existence.
C'était complètement hypocrite. Bien sûr que les morts pouvaient façonner la vie des vivants. Mais apparemment, sa tirade fit son effet. Harry resta silencieux un instant. Puis il marmonna :
– Les gens disent tout le temps que je lui ressemble.
– Physiquement ! interjeta Hermione avec nervosité. Tu lui ressembles physiquement !
– Mais il était joueur de Quidditch aussi ! rétorqua Harry. Il brisait les règles de l'école, il croyait être quelqu'un de bien, les profs le traitaient de manière exceptionnelle, et… Et si Rogue a raison ? Et je deviens comme lui ?
Elisa hésita. Elle pourrait lui dire que les gens ne se souvenaient pas correctement de James Potter. Après tout, c'était sans doute vrai. James était mort depuis plus dix ans : les souvenirs que les gens avaient de lui avaient sans doute été très affectés par ce long délai. Les gens avaient repoussé au fond de leur mémoire les mauvais souvenirs, et ressassé sans cesse avec nostalgie les meilleurs moments de James Potter. La façon dont ils voyaient les Maraudeurs, presque dix-sept ans après qu'ils aient quitté Poudlard, devait être radicalement différente de la réalité de l'époque.
Mais Harry n'avait pas envie d'entendre un discours rationnel de Serdaigle sur le biais émotionnel que ressentaient les survivants, alors Elisa se contenta de dire :
– James Potter n'était pas un saint, mais il n'était pas un monstre, non plus. Tu as hérité de ses forces, et ça, c'est une bonne chose. Mais c'est à toi de faire en sorte de ne pas hériter de ses plus grands défauts. Ce sont nos choix qui nous définissent, pas notre naissance, ni même nos capacités.
… Wow, c'était beaucoup plus sentencieux que ce qu'elle avait prévu. Elisa faillit grimacer à la fin de sa tirade, mais se retint. Si elle donnait dans le prêchi-prêcha à la façon de Dumbledore, elle devait assumer jusqu'au bout.
– Et puis on ne te laissera pas devenir une crevure, rajouta Ron avec véhémence. Si tu te mets à noyer les gens dans les toilettes, je te jure que je te cogne !
Il y eut un instant de silence où le rouquin eut l'air de réaliser que tirade n'était peut-être pas si encourageante que ça, mais Harry émit un faible gloussement, et donna un coup d'épaule amical au jeune Weasley.
– Merci, Ron.
– Pas de quoi, sourit l'autre. Je suis toujours prêt à te donner une baffe pour le bien de ton équilibre moral.
– Ce serait plus facile de lui jeter un sort, non ? fit innocemment Hermione avec un sourire un peu nerveux.
Le Survivant rigola, et tout le monde se détendit. Elisa, surtout, s'affaissa de soulagement. Cette conversation aurait vraiment pu se dérouler de manière bien plus négative. A vrai dire, la jeune fille était quasiment sûre que cette histoire n'avait pas fini de lui exploser au visage. Le fait qu'Harry soit en colère contre son père risquait certainement d'affecter de multiples évènements du canon, et ce qui s'était passé aujourd'hui n'en était qu'un exemple. Pas de Patronus en forme de cerf, une rancœur affichée contre Sirius même après avoir appris que celui-ci était innocent… Nom d'un blaireau ventriloque, quel bazar.
– Il faut que j'aille à la bibliothèque, finit par dire Hermione.
– Je viens avec toi, soupira Harry. Il doit bien y avoir des livres qui disent comment réapprendre à lancer le Patronus.
Ron eut l'air résigné, mais il se leva quand même pour venir avec eux. Elisa, qui avait mordu une bouchée de son sandwich pour se donner une contenance, l'avala de travers et agita la main :
–Oh, j'ai déjà lu là-dessus. Ton Patronus n'a pas disparu, c'est juste que tu es bouleversé et que ça affecte les sentiments que tu utilises pour jeter ce sort. C'est facile à guérir, il suffit de baser ton Patronus sur un autre souvenir heureux. Mais, euh… Ce ne sera sans doute plus un cerf.
– La forme du Patronus change avec le souvenir que tu utilises ? s'intéressa Hermione.
– Plus ou moins, admit Elisa. Je n'ai pas beaucoup lu là-dessus. Mais je sais que certaines personnes voient leur Patronus changer après être tombés amoureux, mais aussi après avoir perdu un être cher, ou avoir coupé les ponts avec leur famille.
– Alors c'est juste un problème temporaire ? demanda Harry avec espoir.
– Complètement temporaire, l'assura Elisa. Tu peux vérifier à la bibliothèque, mais il n'y a pas sujet à s'inquiéter.
Le Survivant eut l'air rassuré. Cela dit, il ne résista pas quand Hermione l'entraîna vers la bibliothèque pour vérifier tout ça par elle-même.
Restée seule dans la cuisine (avec les elfes), Elisa se remit à manger son sandwich. Elle avait réussi à rassurer le Trio d'Or, et peut-être même à réconforter Harry, mais… Elle se sentait toujours coupable. C'était parce qu'elle n'aimait pas les personnages des Maraudeurs qu'elle avait mené son enquête sur eux et que ça s'était fini comme ça. D'accord, elle n'était pas la seule responsable de ce fiasco, mais elle en était quand même à l'origine. Et elle n'avait aucune idée de comment arranger ça.
Depuis trois ans, elle faisait de son mieux pour qu'Harry ait une vie meilleure. Pour qu'il soit plus heureux, plus sûr de lui, plus en sécurité. Et, oh, bien sûr, il était sans doute heureux au Cottage, et il était entouré d'amis à Poudlard, mais… Est-ce qu'il ne risquait pas traîner sa rancœur contre son père comme un boulet, à présent ? Ce n'était pas quelque chose d'anodin, si ça parvenait à changer son Patronus. Et puis… Sans Sirius et Remus, sur quels adultes est-ce qu'Harry pouvait compter ? Isabelle et Michael Bishop, Gwendolyn Bowman sans doute, mais… A part ça, qui d'autre ? Est-ce que cette histoire allait le priver de deux de ses soutiens les plus importants dans le canon ?
Elisa se passa une main sur le front. Le canon avait coulé depuis un bail. Elle ne pouvait pas baser tous ses calculs dessus. Oui, Sirius et Lupin étaient destinés à aider et soutenir Harry, et Harry était destiné à se tourner vers eux quand il avait besoin de conseils. Mais même si c'était le destin, ce n'était pas nécessaire.
Elisa avait accidentellement flingué les chances de ces deux adultes de pouvoir être des appuis solides dans la vie du jeune Survivant, de pouvoir être des liens vers son père disparu. Eh bien, tant pis. Elle n'allait pas pleurer là-dessus : comme l'avait dit Ron quelques jours plus tôt, elle n'en était pas responsable. Il fallait passer à autre chose… Il fallait agir, maintenant, et c'est ce qu'elle allait faire. Elle s'arrangerait pour que d'autres gens aiment, protègent et soutiennent Harry Potter, voilà tout.
Elle arrangerait ça. Elle se l'était juré. Elle ferait de ce monde un lieu meilleur, et elle donnerait à Harry Potter une existence heureuse.
– Je n'ai plus qu'à faire ça tout en dégommant Tommy, marmonna-t-elle. Super-fastoche, vraiment.
Les elfes lui lancèrent un regard compatissant, mais ils ne pouvaient guère l'aider. Elisa s'efforça de sourire, termina son sandwich, puis se leva de sa place. Elle quitta la cuisine, saluant Tilly et Olly d'un hochement de tête mais sans les interrompre dans leur tâche. Déjà, elle avait l'esprit ailleurs.
Il était temps de changer le monde…
… Et, actuellement, ça commençait par des révisions de Métamorphose pour les BUSES. Le reste, elle aviserait après !
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Et voilà, on approche de la fin ! J'espère que ça vous a plu. Que pensez-vous de la disparition du Patronus d'Harry ? Les paris sont lancés pour savoir quel sera son nouveau Patronus (qui apparaitra dans le tome 4) ! La personne qui se rapprochera le plus de la vérité gagne le droit de choisir le prochain perso qui sera pésenté en début de chapitre xD
A dimanche prochain pour le dernier chapitre avant l'épilogue !
