Hello ! Voici donc le dernier chapitre du tome 3... La vache, c'est passé vite ! J'ai du mal à croire que ça ne fait qu'un an que je suis lancée dans l'écriture d'Elisabeth Bishop.
Ce fut un plaisir de partager ce tome avec vous, en tous les cas. Et si vous avez des questions à poser, n'hésitez pas à les poser dans vos reviews ! N'oubliez pas que je posterait un Bonus Spécial après l'épilogue pour y répondre !
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Et puisqu'on parle de répondre... Voici les réponses aux reviews !
Hello Aomine59 ! Malheureusement tu as tout faux pour le Patronus d'Harry x) Allez, quelques indices ! Ce qui rassure Harry, après la "trahison" qu'il vient de vivre, ça serait une idée de douceur, de confiance, d'amour. Pas forcément un symbole de force et d'indépendance. Ce n'est pas ça qu'Harry désire comme protecteur (même si c'est ce qu'il est, indubitablement). Et un Patronus, c'est avant tout une représentation de ce qu'on désire comme protection, pas forcément de ce qu'on est...
Salut Niakovic ! Ouais, Sirius n'est pas net, mais bon, à ce moment de l'histoire il est encore complètement timbré (relis la scène de la Cabane Hurlante dans le Prisonnier d'Azkaban, tu verras qu'il n'est pas super-rassurant). Pour ce qui est de Lily : Harry n'ose pas s'interroger sur elle, parce qu'il craint de découvrir que les gens ont aussi menti sur la gentillesse et la bonté de sa mère, comme ils avaient menti sur les qualités de son père. Ca se comprend...
Woah Lune Pourpre, effectivement tu as plein d'idées ! Mais non : ce n'est pas un renard, pas un blaireau, pas une chouette, ni un serpent, ni un lion ou un griffon... ni une biche x) Dommage ! Bien essayé, mais tu imagine des éléments qui pourraient représenter un Patronus pour le Harry du canon, pas celui de l'univers EB...
Pareil Kuro no Kage, c'est frustrant toutes ces fics où il s'échappe. Là, c'est réglé, il est emprisonné pour de bon ! Son procès aura lieu dans le tome 4, cela dit x) Pour le lancement de Tourmaline (et le sort de Cédric...) ça sera aussi dans le tome 4. Je sens que tu vas attendre ce tome-là avec beaucoup d'impatience xD
Hello Gilgalad Swiftblade ! Oui, il n'y aucune chance que Remus accepte l'aide d'Elisa. Mais elle lui offre quand même une porte de sortie, au cas où. Pour ce qui ets de Croupton, tu oublie que le Ministère est composé d'incompétents XD Et Croupton a dû accepter sans trop protester de se faire accuser... A condition que personne n'entre chez lui. Il espère pouvoir se débarrasser de son fils sans que ça se sache, mais il ne sait pas encore comment. On va découvrir comment ça va se passer dans ce chapitre... Bref ! Pour ce qui est du chapitre précédent : malheureusement, le chiffre de 3 500 sorciers est canon, il a été donné par JKR elle-même. Pour la révolution industrielle... Bah, j'ai imaginé que les sorciers avaient déjà un taux de natalité optimal (et surtout, zéro mortalité infantile), donc en fait le vrai pic de croissance a uniquement eu lieu chez les Moldus. Pour Lily, maintenant : Harry ne cherche pas à en savoir plus pour elle parce qu'il craint qu'elle ne soit une déception, comme son père. C'est une crainte que partagent Ron et Hermione. Elisa pourrait l'aiguiller de ce côté... Mais elle ne veut surtout pas qu'Harry découvre le lien entre Lily et Rogue, parce qu'elle ne sait pas comment Rogue (qui lui aussi est un perso pas super-stable) réagirait ! Mais tu as raison, j'aurais dû davantage développer cette explication dans le chapitre. Mea culpa. Je vais essayer de modifier ce passage...
Yo Eliie Evans ! Cédric trouve que Trisha a exagéré, mais lui aussi n'aime pas les loups-garous, donc il peut comprendre les deux côtés de l'affaire. Du coup, il ne prend pas parti... Zut. J'aurais dû le mentionner x)
Salut eveapplefield ! Ne t'en fait pas pour Lupin, j'ai la ferme intention de le garder en vie jusqu'au tome 5 au moins ! Pour ce qui est du Patronus d'Harry, oui, c'était assez inévitable. Je vais en parler dans le Bonus spécial plus en détail, si tu veux =)
Hello Murna ! Malheureusement, le Patronus d'Harry ne sera pas ces animaux x) En fait son Patronus ne va certainement pas représenter Elisa (il l'adore, mais elle lui a quand même menti assez récemment), et l'idée de liberté n'est pas forcément un réconfort pour lui... Donc ça ne sera ni un putois, ni un oiseau !
Merci YduliceJenSantiago, et contente que ça t'ai plu ! Tu as de bonnes idées pour le Patronus, ça c'est sûr. Effectivement, ça sera un quadrupède, un animal furtif et un peu timide... Et oui, les renards, coyotes et caracals, c'est plus le truc des fauteurs de troubles comme Fred et George. Je crois que Seamus Finnigan a un renard, autant dans cette fic que dans le canon... Enfin bref. Oui, Harry est plus mature dans cette fic que dans le canon, c'est vrai x) Et pour ce qui est de Sirius et Remus... Pour Sirius, on en apprendra plus dans le tome 4. Pour Remus, il faudra attendre que je poste mon Bonus sur lui, après le tome 4 !
Tiens, oui, BlancheEner, j'avais pas réalisé, mais Elisa est carrément la deuxième personne magique qu'Harry a rencontré. Avant Ron ! Wow. J'avais oublié, et c'est quand même moi qui l'ai écrit... XD Enfin bref ! Oui, Dumbly veut mettre Elisa dans sa poche... et il aurait tort de ne pas essayer. Après tout, je pense qu'il n'y a qu'une poignée d'élèves qui ont retenus son attention comme ça. Pour ce qui est des BUSES : patience ! Tu vas vite avoir ta réponse x)
Yo Sugarbrown ! Bah, en fait, avec Lucius qui a quitté la scène politique suite au scandale de la révélation sur Tom Jedusor, il n'y a plus personne qui paie Fudge pour garder le dossier Black fermé. Alors du coup, il ne se passe rien, et je n'avais rien à écrire dessus x) Bref ! Le Patronus d'Harry... Nope, ça ne sera pas un chien ! Ni une biche. Et Harry qui n'agit pas de manière rationnelle quand ça concerne ses parents... Ah ah. J'en parlerai plus dans le bonus spécial à la fin du tome, de ça =) Quant à ce qui est de la loyauté des Serpentard : oui, les Serpentard présentent un front uni face aux autres Maisons. Mais je pense que c'est essentiellement une question d'image, d'honneur. A l'intérieur de la Maison, en privé, il doit y avoir des discriminations... Surtout vu le nombre de Puristes qu'il y a chez les Serpents.
Hello Lucy d'Enfer ! Tu résumes bien les clichés de l'histoires de James et Lily : belle fille, capitaine de l'équipe, populaires, etc. C'est trop superficiel, trop surfait. Et puis oui : se méfier de Lupin et pas de Pettigrew (qui est le plus lâche de la bande), ça démontre un certain manque de jugeote de leur part. Ils n'étaient pas aussi parfait que certains fans se plaisent à le croire. Enfin bref ! Oui, Rogue n'est pas ce qu'il est sans raison. Il est le produit de tout ce qui lui est arrivé : la pauvreté, la violence chez lui, le harcèlement des quatre chouchous des profs, le désintérêt des profs en question, la rupture avec Lily (rupture dont, d'après moi, les torts reposent essentiellement sur Rogue... mais sont quand même partagés). Bref, tous ces gens sont des persos beaucoup plus complexe qu'il n'y parait...
Libre à toi d'abandonner l'histoire Nadia, mais je ne vois pas vraiment en quoi révéler que James avait été une petite brute efface son sacrifice. Je ne vois pas pourquoi tu penses que j'ai "détruit les vies de ces personnages". La révélation du fait qu'il ne soit pas si parfait, est-ce que c'est si offensant pour toi ? Et ton indignation quant au fait que Rogue ait été innocent... Euh, oui, il l'était ? Je te rappelle que le harcèlement a commencé avant même la Répartition. Evidemment que Rogue était innocent à ce moment-là. Et selon le canon, son seul tort a été de fréquenter les gens avec qui il partageait un dortoir (qu'il pouvait difficilement éviter), et de se défendre contre les Maraudeurs. Mais bon, si tu penses que cela justifie de se faire tourmenter durant sept ans, et d'être abandonnés par sa meilleure amie en faveur d'un garçon plus populaire...
Yo Streema ! Bah, Harry n'a aucune raison de vouloir être proche de Sirius, dans cet univers. Et il lui faudra plusieurs années avant de faire la paix avec la "trahison" de son père. Mais je développerai tout ça dans le Bonus Spécial, si ça t'intéresse !
C'est vrai que ça serai classe, Leaulau, un Patronus en forme de dragon x) Malheureusement, ce n'est pas ça ! Pour la crise de la Grande-Bretagne magique, c'est un headcanon qui me tient à coeur depuis plusieurs mois, et qui me permet d'expliquer l'ampleur des failles du monde d'Harry Potter. L'incompétence du Ministère, la domination des Puristes, le pouvoir de Dumbledore sur l'intégralité du pays, la terreur qu'évoque le seul nom de Voldemort, l'adoration des gens envers Harry, la frénésie devant la finale mondiale de Quidditch... Bref, du coup j'attendais depuis un bail de pouvoir glisser cette explication dans la fic !
Salut Allan Eddem ! Elisa la demi-Hobbit xD En fait, le côté buté (absence de remise en question, aveuglement volontaire sur l'évolution du monde, replis sur soi-même, attachement désespéré aux traditions, préjugés) du monde sorcier vient essentiellement de cette crise démographique. Ils n'ont littéralement plus rien d'autre que la grandeur du passé, alors ils s'y accrochent, parce que le monde au-dehors est terrifiant, et que comme quasiment tous les sorciers progressistes ont été tués, ceux qui ont survécus ne comprennent pas l'univers des Moldus. Pour l'ouverture de Tourmaline : t'inquiète, ça se fera dans le feutré ! Et le Tournoi des Trois Sorciers va faire diversion x) Bref. Pour ce qui est de Sirius, oui, ça soulève des problèmes assez épineux. Mais on les verras dans le tome 4 !
Ah ah Mayoune, oui, imagine Elisa galérer dans un dîner de l'aristocratie xD Et oui, Harry se fait bien secouer, durant ces derniers chapitres. Mais bon, jusque là, il avait eu une année relativement calme, donc... Ca compense ? Enfin bref ! La décandence du monde sorcier est un truc qui me tient très à coeur, c'est un de mes headcanons favoris, il explique tout. Pour ce qui est de McGonagall et Sirius, je vais le développer dans le Bonus Spécial, c'est une bonne idée...
Hello IceQueen38 ! Oui, le futur Patronus d'Harry sera inattendu. Tout le monde est en train de supposer que ça sera un oiseau (symbolisant la liberté) ou un mustélidé (symbolisant Elisa), alors que... Pourquoi Harry se considérerait protégé par la liberté ? Ce n'est pas ça, qui le rassure et le réconforte. Quant à Elisa... Elle lui a quand même menti. Même s'il ne s'y est pas attardé, même s'il lui a pardonné parce qu'il considère que ce n'est pas elle la responsable, elle a quand même trahi sa confiance. Non, il faut chercher ailleurs pour le Patronus d'Harry...
Yo, Simpson31 ! Le M2 se passe bien, on n'a pas beaucoup de cours, du coup ça me permet d'écrire énormément x) Sinon, le fait qu'Elisa se remette en question, ça me parait assez normal. C'est la première "grosse action" qu'elle entreprend depuis le fiasco du journal de Tom Jedusor. Sa confiance en elle a été ébranlée. Et avoir un résultat qui n'est pas optimal, surtout un résultat qui fait souffrir quelqu'un qu'elle aime, c'est pour elle un rappel assez violent qu'elle n'est pas aussi forte qu'elle le croit, et que ses échecs peuvent avoir des conséquences dramatiques... Enfin, voilà. McGonagall va te surprendre dans ce chapitre, tu va voir x) Quant à la SALE, nope, le nom ne va jamais apparaître dans cette fic XD Hermione va trouver quelque chose de plus classe !
Coucou Catoche ! Oui, l'âge auquel James et Lily se marient a de quoi surprendre. Tous les gens qui se marient jeunes ne sont pas forcément destinés à avoir un mariage malheureux et divorcer, bien sûr : mais sur le long terme, je pense que leur couple n'aurait pas tenu. James n'était pas assez mature, et on ne sait pas si Lily aurait eu la patience de le materner toute sa vie. Bref, voilà. A travers les yeux d'Harry (dans le canon), ils sont le couple parfait, mais en réalité ce sont quand même deux ados emportés par les événements... Bref. Cette histoire de démographie sorcière me travaille depuis un bout de temps x) Et je suis contente de voir que ça a marqué beaucoup de lecteurs xD Pour ce qui est des elfes : non, ils étaient bien exploités avant la crise démographique... Mais ils étaient sans doute mieux traités, etc. Tandis que maintenant, les sorciers se concentrent sur eux-mêmes, et la protection des autres races passe à la trappe. Quant au Patronus d'Harry, non, il n'aura pas un putois comme Elisa xD Ce serait trp facile !
Salut Johann D E ! Nope, le Patronus d'Harry ne sera pas une créature magique. Pour l'air venant de Jedusor... Bof, je ne le voit pas. Jedusor a des émotions trop intenses pour être libre. Il se noie en elles. Sa peur de la mort, sa colère, son obsession. Il a aussi un côté froid, sombre, qui correspond davantage à l'élément eau qu'à l'air. Bref, cela dit, le résultat est le même : Elisa est eau et air =)
Yo Maman Bouba ! Justement, la théorie Puriste a toujours paru viable... Parce que, avec 50 000 sorciers, la population se renouvelait assez pour qu'il n'y ait pas de consanguinité. Du coup, cette théorie parait prouvée, saine, bref, sensée. Alors qu'avec 5% seulement cette population, le risque de consanguinité est très différent ! Mais les Sang-Purs jouent l'autruche : "ça a toujours bien marché", "ça n'est pas si grave", etc. Et le pire ? C'et que ce sont essentiellement les Puristes (et donc... les consanguins) qui ont survécu à la guerre. Le futur du monde sorcier n'est donc pas bien brillant. BREF ! Ah, James et Lily, c'est un point de débat. Je ne sais pas pourquoi les gens disent toujours "Lily est tombée amoureuse de lui DONC il est devenu quelqu'un de bien, c'est la preuve !". Euh... Pas forcément ? Lily n'est ni une sainte, ni omnisciente. De ce qu'on en sait, elle a cru qu'il avait arrêté de harceler les gens (alors qu'il continuait... juste dans son dos), et elle a craqué parce que c'était un bad boy charmeur, riche et populaire. Elle avait dix-sept ans. Son jugement n'était pas infaillible...
Coucou AndouilleEtSushi ! Ah, enfin quelqu'un qui dit "Elisa comment des erreurs, mais elle n'y peut rien, elle fait de son mieux et c'est déjà bien" ! Y a des gens qui pensent qu'elle a bien fait, d'autres qui pensent qu'elle culpabilise trop, mais personne ne voit ça en nuances apparemment x) Sinon, oui, je suis d'avis que Lily était quelqu'un d'assez superficiel. Elle avait honte de son amitié avec Rogue : elle avait d'autres amies (avec qui elle traînait de préférence), elle lui en voulait d'être si bizarre et de s'attirer des ennuis (quand Rogue se plaint des Maraudeurs, elle ne prend pas sa défense : elle l'accuse de traîner avec les gens de son dortoir, elle cherche des excuses à James... elle est très sur la défensive). Et elle fini par sortir avec James, dont apparemment les seules qualités rédemptrices sont d'être beau, riche, et populaire. Ahem. Voilà. Ca sent un peu trop le cliché. Lily n'était peut-être pas si extraordinaire que ça, pour entrer dans un cliché pareil...
Yo Imthebest ! Oui, j'aime bien mon headcanon sur la démographie du pays, ça explique beaucoup de choses =) Pour ce qui est d'Hermione... Elle gère grave. Dans le canon, elle a l'habitude de foncer sans rien demander à personne (et à qui pourrait-elle demander ?). Mais là, avec Elisa pour la tempérer, la possibilité de se tourner vers d'autres amis (les membres du CEM) pour partager ses idées... Hermione a du recul, d'autres perspectives. Et ça la rend bien plus redoutable ! Enfin bref. Ouais, Sirius a traumatisé ses pauvres gosses, mais bon, il est traumatisé lui-même il ne faut pas lui en tenir rigueur x) Pourc e qui est du Patronus d'Harry : t'as tout faux ! Ca sera quelque chose de petit, une forme juvénile... Allez, on verra qui devine...
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Voilà voilà. Bref.
Passons au personnage du jour ! Je sais que je vous avais promis Warrington, mais Zarbi a demandé la fiche d'un autre perso, et... Comme c'est un perso dont j'avais également préparé la fiche, et que j'aime bien... Voici donc Miles Bletchley !
Miles Anacletus Bletchley est un Sang-Pur de la lignée Bletchley, et le fils unique de l'héritier de la famille (Valentin Bletchley, cousin d'Isabelle). Comme tous les Bletchley, il a les cheveux châtain légèrement bouclés, les yeux brun chocolat, la peau claire avec quelques tâches de son, des fossettes, le nez droit, et des longs cils. Il est relativement mignon, mais il n'est pas très charismatique. Miles est du genre à rester en retrait, laissant le reste du groupe l'entraîner.
Le père de Miles, Valentin Bletchley, est l'héritier de la famille Bletchley (qui est actuellement menée par son grand-père, Bartholomew). Il est Chercheur Indépendant en Alchimie, et est parfois consulté par St Mangouste ou le Département des Mystères. Il est assez arrogant, et adore être le centre de l'attention, mais il n'a malheureusement pas de don en politique. C'est un Puriste, quoique modéré. Il n'a pas une personnalité très frappante : il parle haut et fort, mais n'a jamais d'idée novatrice. Il se fait aisément diriger par sa femme (c'est elle le cerveau du couple), et il est complètement soumis à son grand-père Bartholomew.
La mère de Miles est nommée Esther Bletchley (née Esther Rookwood). Son père Augustus Rookwood a été dénoncé comme Mangemort par Karkaroff après la guerre, et sa mère en est morte de chagrin. Esther n'a jamais cru à ses accusations, même quand Augustus a avoué. Elle a toujours été très proche de lui, et il lui est impossible de réconcilier l'image d'un Mangemort avec celle de son Papa remplis d'amour qui se mettait en quatre pour exaucer ses souhaits. Esther voue une haine tenace aux gens responsables de l'emprisonnement de son père, à savoir Fudge, Croupton, Karkaroff, et le Ministère en général. C'est une femme dure, passionnée et rancunière. Bien qu'officiellement femme au foyer, elle a fait des études de droit, et écrit parfois des articles anonymes flamboyants pour la Gazette afin de dénoncer les abus de pouvoir du Ministère.
Miles n'a, a priori, rien de remarquable. Il est mignon, mais rien de renversant. Il est très bon élève, mais il n'est que le troisième de sa classe (derrière Heather et Terence) et le septième de sa promotion (derrière Heather et Terence, mais aussi Takashi, Cédric, Elsa, et Ajurna Balaji). Il a une magie puissante, mais il n'en abuse pas. Il ne se joint quasiment jamais aux blagues et aux bousculades de la bande de Warrington, dont il fait pourtant partie. Il reste généralement en arrière, incitant ses amis à la prudence lorsque c'est nécessaire, et essayant de faire en sorte qu'aucun prof ne leur tombe dessus. Il est discret, mais indispensable.
Miles n'est pas du genre bavard. Il est mal à l'aise avec les inconnus et les situations nouvelles, et il n'aime pas non plus les conversations décousues et bruyantes des gens surexcités. Bref, Miles passe un peu pour un constipé de la vie sociale. Et pourtant…
Il est la voix de la raison de ses amis Puristes, celui qui calme les esprits agités et évite les bagarre. Il a été nommé Préfet, un rôle qui revient normalement à quelqu'un d'influent, mais que personne ne lui a disputé. Personne ne remarque qu'il ne donne jamais d'avis tranché sur la supériorité des Sang-Purs. Il évite les bagarres et les gens roulent des yeux en pensant qu'il est lâche, mais peu de gens réalisent que Miles et l'un des rares Serpentard à n'avoir aucun ennemi qui lui en veut personnellement. Il est courtois, même avec les Sang-Mêlés et les Sang-de-Bourbe, et il connait le nom de tous les élèves de Poudlard. Derrière son sourire timide et son air embarrassé, il est observateur et attentif.
Ce n'est pas sans raison que le Choixpeau a placé Miles Bletchley à Serpentard.
La coutume chez les Bletchley est que chaque membre de la famille ait un dieu protecteur au sein du Panthéon grec. Les dieux les plus populaires sont Athéna, ou Hermès, ou bien Apollon. Miles est le premier Bletchley depuis des générations à choisir Hadès.
Hadès est le dieu de la Mort. C'est aussi le symbole de la richesse, le maître de toutes les divinités des Enfers (qui sont toutes plus terrifiantes les unes que les autres) et le seul dieu à être fidèle à son épouse. Comme Hadès, Miles est posé, responsable, loyal, et personne ne lui cherche noises. Il ne fait pas de vague, mais il finit toujours par tout savoir. Il a apprit la magie noire, seul, sans que cela soit découvert ni par les profs ni par ses camarades. Il ne l'utilise pas. Mais il pourrait, si c'était nécessaire. Inexorablement, il accumule savoir et pouvoir.
Miles se considère lui-même comme un Joker dans le jeu. Il aime savoir ce que les gens pensent, prévoient, croient, préparent, et veulent : mais il ne leur laisse rien deviner de tout cela sur lui-même. Miles est discret, timide, peu remarquable. Pourtant, il est intelligent, puissant, et sans merci lorsque le besoin s'en fait ressentir.
Miles est constamment sous-estimé, et cela lui donne la liberté de faire ce qu'il veut.
Pour autant, Miles n'a pas d'ambitions démesurées ou de projet caché. Il aime être puissant, imprévisible, invisible, méconnu. Il aime observer le jeu… Tout en sachant que, s'il y abattait ses cartes, tout le plateau en serait bouleversé.
Pour garder son mystère, Miles n'a pas vraiment d'amis proches. Il est courtois avec les autres Préfets, mais sans plus. Il traîne souvent la bande de Cassius Warrington, par désœuvrement plus qu'autre chose. Il reste dans la périphérie de la bande d'Adrian Pucey, afin de garder un œil sur leurs activités. Et, de façon discrète, il surveille sa cousine Elisabeth Bishop (qui ne s'en est absolument pas rendu compte).
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Mwahahaha. Tellement de trucs échappent à la vigilance d'Elisa, c'est fou.
J'ai adoré faire la fiche de Miles. Il est inspiré par Varys et Baelish de Game Of Thrones (yep, que des persos louches !) mais aussi par Roque au Fabii dans Red Rising (encore un perso moralement gris, mais bien plus classe). Bref, il a de qui tenir, ce petit.
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Bref ! J'espère que cette fiche vous a plu =) Je ferai la fiche de Warrington avec l'épilogue, promis ! Et ensuite... Bah, ça sera le Bonus Spécial, et ensuite il faudra se dire adieu quelques semaines, avant que le tome 4 ne soit publié. Voilà.
Je ne vous fait pas attendre plus longtemps. Voici donc le dernier chapitre du tome 3 ! Des idées, des projets, des BUSES, un Horcruxe, et une révélation...
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Examens, décisions et planification
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Dumbledore annonça à toute l'école que Sirius Black avait été appréhendé et se trouvait à présent à Ste Mangouste, sous bonne garde. Apparemment, Sirius était ravi de témoigner contre Pettigrew, mais son instabilité mentale inquiétait beaucoup les juges. Etant donné que, dans le canon, Sirius avait été plus préoccupé par l'idée de tuer Peter que par celle de rétablir son innocence (ou même de protéger Harry !), Elisa comprenait tout à fait que les Médicomages préfèrent le garder à l'écart le temps qu'il soit calmé, et en état de témoigner de façon rationnelle.
Harry se remit à travailler son Patronus. Contrairement à ce qui s'était passé dans le canon, il n'était pas considéré comme le plus doué des élèves avec ce sort. Même sans compter Elisa et ses amis du Challenge, un grand nombre d'autres élèves étaient déjà parvenus à maîtriser ce sortilège tandis qu'Harry peinait à réapprendre les bases.
Ainsi, chez les Gryffondor, Ron avait un chien (un Jack Russell terrier, plus précisément), Seamus Finnigan avait un renard, et Hermione était finalement parvenue à obtenir une jolie loutre élancée. Chez les Serdaigle, Sue Li avait petit lapin aux oreilles tombantes, et Terry Bott avait un chat au pelage tacheté comme celui d'un léopard. Parmi les Serpentard, Gregory Goyle avait un Patronus corporel parfait : un rhinocéros blanc massif. Drago Malefoy avait une petite forme sautillante qui, Elisa en était presque sûre, était une sorte de belette. Daphnée Greengrass faisait apparaitre un colibri, et Tracey Davies obtenait une forme encore un peu floue, mais qui évoquait indubitablement un héron.
C'était cependant chez les Poufsouffle que le sort avait le plus de succès. Zacharias Smith avait obtenu un blaireau, ce dont il était immensément fier. Susan Bones avait un lévrier, et Hannah Abbot un porc-épic. Les trois autres élèves de leur classe (Ernie Macmillan, un garçon nommé Kevin Entwhistle, et une fillette membre du CEM nommée Alicia Kerriden) bataillaient toujours un peu avec le sortilège, mais ils obtenaient des formes plus ou moins nettes qu'on pouvait respectivement identifier comme un sanglier, une grande raie manta, et un poney hirsute.
Si jamais les Détraqueurs décidaient de revenir dans le coin, ils allaient avoir une sacrée surprise.
Les surprises, justement. Elisa pensait en avoir fini avec elles. Le problème de Peter Pettigrew était réglé, celui de Lupin aussi (les rumeurs glanées par Neal à St Mangouste disaient que lui et Sirius s'écrivaient, donc il était toujours vivant), et celui de Sirius également. Normalement, le seul problème restant à l'horizon de cette année, c'était ses BUSES. Mais non, l'univers aimait bien la prendre au dépourvu, apparemment.
Car le premier jour de juin, au petit-déjeuner, McGonagall annonça qu'elle démissionnait de son poste de directrice de Maison de Gryffondor.
Elle gardait son job de prof de Métamorphose, et aussi celui de Sous-directrice. Mais elle passait la gestion des Gryffondor à un autre enseignant. Honnêtement, ce coup-là, Elisa ne l'avait vraiment pas vu venir. McGonagall démissionnait ?! Mais d'où est-ce que ça sortait ?!
– … Cette décision prendra effet à la prochaine rentrée, acheva McGonagall en haussant la voix pour couvrir la vague de murmures qui s'était élevée à son annonce. Je resterai encore en poste jusqu'à la fin de cette année scolaire. Après cela, je me désisterai de manière définitive. Il m'est apparu que je n'accordai pas à la fonction de directrice de Maison l'attention que ce poste méritait.
Hein ? fit mentalement Elisa avec ahurissement. Une seconde, j'ai déjà entendu ça quelque part… J'ai dit ça !
Elle ne savait pas d'où sortait ce discours, mais cette dernière phrase, elle la reconnaissait. C'était plus ou moins ce qu'elle avait dit à Dumbledore quand elle lui avait annoncé que McGonagall était surmenée ! Oh, doux Merlin. Est-ce que le directeur avait cafté ?! Elisa voulait que le sol s'ouvre et l'avale, là, maintenant.
Mais McGonagall ne tourna même pas la tête vers Elisa, continuant d'une voix posée :
– Les fonctions d'enseignante et de Sous-directrice ne pouvant être déchargée à quelqu'un d'autre, je dois donc laisser la fonction de directrice de Gryffondor à une personne qui y sera plus dévouée. Le professeur Charity Burbage me remplacera donc à la tête de Gryffondor à partir de septembre. Merci de votre attention.
McGonagall se rassit. Aussitôt, un brouhaha de protestations et d'exclamations incrédules envahit la Grande Salle. Elisa n'y prêta pas attention. Par-dessus la table des Poufsouffle, elle chercha le regard de Dumbledore. Le directeur était présent, aujourd'hui, contemplant le chahut d'un air serein. Quand ses yeux croisèrent ceux de la jeune Poufsouffle, il haussa un sourcil et sourit d'un air bienveillant, ses yeux pétillants derrière ses lunettes.
Elisa ne savait absolument pas quoi en penser.
Chez les Gryffondor, c'était le drame. Ce qui était assez compréhensible : si Chourave avait abandonné les Poufsouffle, la Maison des jaunes et noirs aurait été bouleversée, elle aussi. Toute la journée, les Gryffondor affluèrent dans le bureau de la Sous-directrice, anxieux et nerveux. La professeur de Métamorphose s'efforça de les rassurer, mais beaucoup d'élèves ressortirent de l'entrevue sans être apaisés.
– Elle dit qu'elle y pensait depuis plusieurs semaines, lâcha Percy d'un ton pincé. Elle considère que si elle n'a pas remarqué que ses élèves devenaient Animagus sous son nez ou humiliaient leurs pairs pour leur plaisir, elle n'était pas qualifiée pour ce rôle. Je pense qu'on peut tous deviner qui est à blâmer pour sa démission.
Elisa retint un grognement. Les Poufsouffle, qui s'étaient arrêtés dans le couloir pour l'attendre lorsqu'elle avait abordé Percy pour en savoir plus, hochèrent gravement la tête, et Heidi énuméra d'un air sombre :
– James Potter, Sirius Black, Remus Lupin et Peter Pettigrew.
– Tout ça c'est à cause de cette fichue lettre, soupira Cédric. La personne qui l'a rendue public devrait vraiment avoir honte.
Rhonda regarda ailleurs, tirant nerveusement sur sa tresse de cheveux blonds. Elle avait l'air déprimée, en ce moment : elle ne s'était pas encore réconciliée avec Helen. Personne ne savait pourquoi elles s'étaient disputées, mais c'était apparemment plutôt sérieux. Les deux filles ne s'adressaient toujours pas la parole.
– C'est le directeur qui a proposé au professeur McGonagall de transférer l'une de ses charges au professeur Burbage, enchaîna Percy. Et le professeur McGonagall a accepté uniquement parce qu'elle ne voyait pas d'autre solution.
– Pour réduire sa charge de travail ? releva Elisa. Il y aurait pu y avoir une ou deux autres possibilités. Engager un secrétaire pour réduire sa tâche de Sous-directrice, par exemple. Ou engager un apprenti pour la seconder dans son job de prof de Métamorphose.
Mais Percy secoua la tête :
– Les experts en Métamorphose sont plutôt rares. Et un travail de secrétaire à Poudlard ne serait pas considéré comme assez attractif pour les sorciers. Il y a de meilleures perspectives au Ministère.
Elisa fronça les sourcils. Un Cracmol pourrait faire ce job. Le Ministère n'accepterait pas d'engager des Cracmols, mais Poudlard ne faisait pas de discrimination (puisque Rusard le concierge était Cracmol, justement). Et pour faire les comptes, une personne ayant l'habitude de gérer la complexité des finances moldues ferait sans doute un bien meilleur job qu'un sorcier, qui trouvait que même les additions étaient difficiles !
Franchement, si le monde sorcier arrêtait de porter des œillères et s'ouvrait aux Cracmols, ils résoudraient pas mal de problème. La crise démographique serait réduite, par exemple. Beaucoup de jobs seraient créés, puis pourvus. L'économie aurait un nouveau départ ! Bon sang, ce serait comme une vague d'immigration dans la communauté sorcière : avec des immigrants dotés de connaissances supérieures, souvent inconnues, et de talents dont les sorciers avaient désespérément besoin. Est-ce qu'elle était la seule à voir ça ?!
Elle garda cependant le silence. Ce n'était pas le genre de débat qu'il fallait lancer dans un couloir bondé, au milieu d'élèves qui avaient tous les nerfs à fleur de peau à cause de l'annonce McGonagall et de l'imminence des BUSES. Elle trouverait bien un moyen de faire cette suggestion plus tard.
En attendant, elle avait d'autres trucs à faire. Commencer à anticiper le Tournoi des Trois Sorciers qui aurait lieu l'année prochaine (elle était en train d'apprendre le Sortilège de Têtenbulle pour l'enseigner à… quiconque serait choisi comme champion de Poudlard, en fait). Superviser discrètement les entraînements d'Harry au Patronus. Discuter avec Gwendolyn de B&B. Se préparer à l'ouverture de Tourmaline. Trouver qui était le traître qui avait rendu public la lettre de Willis Crawford.
Et surtout, vaincre sa peur, et se remettre en quête des Horcruxes de Voldemort.
Elle savait où était le diadème, elle savait comment le détruire, mais elle n'y avait pas touché de l'année. Elle s'était retranchée derrière des excuses plus ou moins solides, comme la nécessité de capturer Pettigrew ou bien les révisions pour les examens. En y repensant, Elisa sentait un inconfortable sentiment de culpabilité lui brûler l'estomac. Détruire le diadème était important, mais elle n'avait cessé de repousser l'échéance, parce qu'elle avait peur.
Mais je ne peux pas laisser Tom définir ma vie, songea-t-elle. Je ne peux pas laisser ma peur me paralyser. Je ne suis pas une Gryffondor, c'est vrai, mais… Je ne suis pas une lâche non plus. Il faut que je le fasse. Qui d'autre que moi peut le faire ?
Cela dit, tout ça devrait attendre… Car, quelques jours plus tard, ce fut le début des BUSES.
Le premier examen était celui de Sortilèges. L'épreuve écrite du matin était d'une facilité incroyable, et Elisa rajouta même les détails du fonctionnement du Sortilège de Lévitation lorsqu'il lui fut demandé de définir le sort et ses effets. Elle eut le temps de relire sa copie, la trouva parfaite, et termina en avance. L'après-midi, c'était l'épreuve pratique, et là aussi la Poufsouffle se mit en quatre pour tout réussir brillamment. Son examinatrice applaudit avec enthousiasme, et lui demanda même de faire la démonstration d'un sortilège de son choix. Elisa utilisa l'Aguasitus puis Menti Effinxi pour créer la silhouette d'une danseuse qui exécuta quelques entrechats, et lorsqu'elle quitta la salle d'examen, elle se sentait très optimiste.
Le lendemain, cela dit, son enthousiasme fut rapidement douché. C'était l'examen de Métamorphose. Elisa avait beaucoup travaillé la théorie, et elle ressortit de l'épreuve écrite plus ou moins sûre de ses réponses. En revanche, elle faillit paniquer durant l'examen pratique, quand on lui demanda de changer une théière en tortue. La sienne se retrouva dotée d'une anse et d'un bec verseur. Heureusement, elle rattrapa des points en exécutant un parfait Sortilège de Disparition. Elle maîtrisait l'Evanesco depuis des années, mais comme c'était considéré comme un sortilège très complexe, elle était certaine que sa démonstration allait être considérée comme une marque de talent.
Le mercredi, ce fut l'épreuve de Botanique, l'une des matières qu'Elisa avait le moins révisé. Anxieuse, elle compléta son test théorique, se trompa deux fois quant à l'usage de certaines plantes utilisées dans des potions de soin, mais parvint à donner une définition longue et détaillée de l'usage des Mandragore. L'épreuve pratique fut beaucoup plus facile que ce à quoi elle s'attendait, et porta essentiellement sur des trucs qu'elle avait révisés avec Cédric. L'examinateur lui demanda entre autres d'identifier des plantes telles que le Géranium Dentu et les jeunes Tentacula.
Puis ce fut l'examen de Défense. Sur ce coup, les examinateurs les attendaient au tournant, avec le scandale qui entourait le renvoi de Lupin. Mais Elisa réussi brillamment l'épreuve théorique (en partie grâce à Tom Jedusor, ironiquement : sans lui, elle n'aurait jamais lu autant de bouquins de Défense), puis l'examen pratique. Le Challenge avait affuté les talents de duelliste de toute sa promotion, mais Elisa et Terence, qui connaissaient tout une panoplie de sorts qui n'appartenaient définitivement pas au duel classique, eurent droit à leur moment de gloire. Elisa fit ainsi la démonstration de son Patronus, puis du Fulgura, puis du Ponderatus, au plus grand bonheur de son examinateur. En ressortant de la salle, Elisa se sentait presque aussi optimiste qu'après l'épreuve de Sortilèges, et elle échangea un large sourire complice avec Terence Higgs. La Défense, c'était vraiment leur domaine.
Le vendredi était le jour de l'examen des Runes Anciennes, une matière essentiellement théorique. La jeune Poufsouffle n'était pas aussi compétente dans cette matière qu'en Sortilège ou en Défense, mais elle était quand même plutôt douée. La plupart de ses inventions nécessitaient des runes, après tout. Elle considéra donc que son épreuve était un succès. L'après-midi, l'épreuve pratique consistait à placer des runes sur un objet pour l'ensorceler. Elisa songea à fabriquer un mécanisme de montre digitale sorcière, juste pour frimer, mais finalement elle changea d'avis et utilisa plusieurs runes pour plier une feuille de papier en forme d'oiseau et le faire voler. Elle aurait aussi pu faire la démonstration de ses « notes explosives » (c'était ainsi qu'elle surnommait ses mines sorcières, des runes chargées d'un Sortilège Explosif à retardement), mais mieux valait garder cet atout dans sa manche. Et puis, ce n'était pas encore tout à fait au point.
– Enfin le week-end ! s'exclama Trisha en sortant de l'épreuve. Alors, qu'est-ce qu'on fait de beau ce samedi ?
– On révise ! rétorquèrent Elisa et Adrian en chœur.
Trisha poussa un grognement théâtral, mais ne protesta pas. Après tout, les BUSES n'étaient pas terminées. Ils avaient encore un sacré boulot à faire.
Elisa, de son côté, était toujours aux prises avec son dilemme. Il fallait vraiment qu'elle reprenne sa chasse aux Horcruxes. A commencer par le diadème, qui était le plus accessible. Sérieusement, le sort de la Grande-Bretagne reposait sur cette quête. Elle ne pouvait plus s'accorder le luxe de la repousser au fond de son esprit sous prétexte que les examens étaient plus importants ! Il était grand temps qu'elle prenne son courage à deux mains, ravale la nausée qui lui serrait la gorge quand elle pensait à Tom, et qu'elle plante un crochet de Basilic dans cette fichue tiare. Elle avait assez fait preuve de lâcheté comme ça.
Une petite voix dans sa tête protestait, parce qu'elle n'avait que seize ans, que ce n'était pas son job de faire ça, et qu'elle avait peur. Mais Elisa l'étouffa fermement. Si elle abandonnait, alors Tom gagnait. Si elle abandonnait, des tas de gens risquaient de mourir. Non, elle ne pouvait pas laisser tomber. Parce qu'elle haïssait Tom Jedusor, sa gentillesse, ses mensonges, sa trahison, et ce qu'il était devenu ensuite. Mais surtout, parce qu'elle ne pourrait jamais vivre avec elle-même si son inaction causait ensuite la mort de gens qu'elle connaissait. Et si Voldemort revenait, il y aurait des morts, c'était certain.
Alors non, elle ne pouvait plus repousser l'échéance. Après les BUSES, elle devait s'y remettre. Pas de pause dans son combat contre le destin.
Le week-end sembla passer à toute allure, entièrement consacré à de frénétiques révisions de dernière minute. Les Poufsouffle révisaient généralement ensemble, mais Elisa (entraînant derrière elle Trisha et Cédric) allait souvent travailler avec Heather (qui était toujours accompagnée de ses trois amis Serpentard). Leur petit groupe de sept passa quasiment tout le dimanche après-midi dans une salle de classe vide, entassé autour d'une table qui croulait sous les manuels et les grimoires. Entre deux révisions, Trisha fabriquait machinalement des amulettes d'apaisement. Les amulettes de chance étaient bannies des examens, mais pas les grigris permettant de garder son calme. Et c'était fou le nombre d'élèves de cinquième et de septième année qui suppliaient Trisha de leur prêter une telle amulette pour passer leur examen de Potions…
– Tu les fais payer au moins ? s'inquiéta Elisa.
Sa meilleure amie lui renvoya un regard narquois :
– Après cinq années à te fréquenter, j'ai quand même acquis un certain sens du business. Oui, je les fais payer. Deux Mornilles l'examen, payable d'avance. Ceux qui n'ont pas l'argent peuvent me payer en composants d'amulette. Les Weasley m'ont filé des crins de licorne, par exemple.
– Ils les ont sans doute piqués dans la cabane d'Hagrid, fit pensivement Terence. Ce sont de vrais fouineurs. Au fait, si tu as des crins de licorne en trop, je les veux bien, ça peut se vendre à un bon prix…
– Ou ça peut me permettre de faire une amulette qui te permettra de passer tes BUSES, contra Trisha.
Sans lever les yeux de son bouquin, Tabitha leva la main :
– Je choisi l'amulette !
Terence rigola, et ce fut la fin de l'histoire. Et à la fin de la journée, chacun des membres de leur petit groupe d'étude avait une amulette d'apaisement et de bonne fortune à porter autour du cou, dissimulés sous leur robe, pour passer leurs examens. La magie des amulettes était limitée, mais Elisa n'allait pas refuser le moindre avantage.
Leur premier examen de la deuxième semaine était celui de Potions. Les premières questions de l'épreuve théoriques portaient sur différentes pierres et leurs propriétés, et Elisa maîtrisait à fond ce sujet… Mais la suite des questions portait sur des éléments plus complexes, comme la fabrication du Polynectar, ou encore le résultat d'une réaction entre les ailes de fées et le venin de mamba. En ressortant de la salle, Trisha et Elisa échangèrent un regard angoissé. Ça aurait pu se passer nettement mieux.
L'épreuve pratique ne fut pas plus facile. Du moins, pour Elisa, qui transpirait au-dessus de son chaudron et marmonnait les étapes de la préparation à voix basse pour ne pas perdre le fil de ce qu'elle faisait. Ses amis s'en sortaient mieux : Cédric était évidemment parmi les meilleurs de la classe, et Trisha avait toujours eu une bonne intuition avec la fabrication des potions. Cela dit, à la fin de l'épreuve, ils étaient tous très contents d'en avoir fini avec cette matière.
Le lendemain matin, c'était l'épreuve d'Etude des Moldus, et l'après-midi, Cédric passa son examen de Soins aux Créatures Magiques. Trisha et Elisa ne suivaient pas ces matières, et avaient donc toute la journée de libre pour réviser. Le surlendemain également, ils avaient quasiment toute la journée pour travailler leurs futures épreuves, car leur examen d'Astronomie n'avait lieu que tard dans la nuit. Elisa n'était pas passionnée par cette matière, mais après avoir vécu seize ans avec Isabelle Bishop et sa passion pour les astres, la jeune Poufsouffle était plus que compétente. Elle termina son épreuve en un temps record, assez fière d'elle.
Le lendemain matin, c'était l'épreuve de Divination. A nouveau, Elisa aborda l'épreuve avec confiance, même si elle s'emmêla un peu les pinceaux avec la lecture des feuilles de thé. Elle était plus douée avec le tarot, la lecture du ciel ou encore la boule de cristal. Néanmoins, ça se passa plutôt bien. Au moins, elle n'aurait pas une note trop horrible !
L'après-midi était complètement libre pour Elisa et Trisha, mais Cédric et Heather passaient leur épreuve d'Arithmancie. A en juger par la manière dont ils trituraient nerveusement leur amulette avant de quitter la table du petit-déjeuner, cet examen promettait d'être particulièrement ardu. Elisa était bien contente de ne pas avoir pris cette option. Et puis, ça lui laissait plus de temps pour réviser l'épreuve de demain.
Car le lendemain, jeudi, c'était Histoire de la Magie. Et, devant sa copie, Elisa commença à prendre cruellement conscience de ses lacunes. Elle n'avait jamais écouté un mot de Binns, préférant utiliser ces heures de manière plus utile, par exemple en faisant ses devoirs ou en préparant les leçons du CEM. Mais maintenant, ça se voyait ! Compulser les notes d'Heather ne suffisait pas à apprendre le cours. Elle répondit laborieusement aux questions qui lui évoquaient quelque chose, puis passa à la dissertation et s'étendit en long et en large sur le rôle des Moldus dans l'établissement du Secret Magique… mais elle laissa en blanc toutes les questions sur les guerres gobelines ou sur les lois de commerce international. Ce fut la seule épreuve dont elle ressortit avec l'intime conviction qu'elle ne récolerait pas plus qu'un Piètre.
– Alors, c'était moche ? s'enquit joyeusement Terence en sortant de la classe.
Elisa lui jeta un regard torve. A force de traîner avec Adrian qui adorait l'Histoire ancienne, Terence était sans doute incollable sur le sujet.
– J'ai trouvé ça plutôt facile, renchérit d'ailleurs Adrian d'un air innocent. Et toi, Magister ?
– Je me suis plantée en beauté, grommela la Poufsouffle.
– Ça t'apprendra à ne pas travailler en classe, la tança Adrian. Mais sois positive ! C'était la dernière épreuve.
– Ouais, sourit Heather qui les rejoignait en s'étirant avec bonheur. On est libres ! On se fait une partie de Quidditch improvisée ?
– On n'est pas assez pour faire deux équipes, protesta faiblement Terence.
– Pas si on recrute chez les autres Maisons, objecta Adrian dont le regard s'était éclairé à la mention du Quidditch. Hey, les Weasley ! Un Quidditch, ça vous tente ?
Fred et George, qui s'éclipsaient discrètement en direction du rez-de-chaussée (sans doute pour piller les cuisines) s'immobilisèrent en souriant jusqu'aux oreilles. Plusieurs autres élèves avaient entendu, et il ne fallut pas longtemps pour qu'Heather et Adrian, désignés capitaines, aient chacun rassemblés sept joueurs. La quasi-totalité de leur promotion se mit en route en direction du stade, bavardant avec excitation. Entraînée par Trisha, Elisa sourit, et leur emboîta le pas.
Sa grande quête pour sauver le monde pouvait bien attendre un après-midi. Et puis, après une épreuve d'Histoire aussi déprimante, elle avait bien mérité de se détendre un peu, non ?
oOoOoOo
Les deux premières semaines de juin étaient consacrées aux examens des six premières années de Poudlard, mais la troisième (enfin, jusqu'au vendredi !) était consacrée aux épreuves des élèves passant leurs ASPICS… ainsi qu'à la correction des copies des élèves qui passaient des examens "normaux". Pour pratiquement tout le monde, donc, la dernière semaine de cours était consacrée à la détente, la relaxation, et à faire des paris sur qui allait gagner la Coupe des Quatre Maisons.
Du moins, c'était ce qu'Elisa pensait.
Parce qu'apparemment, cette troisième semaine était aussi utilisée par les étudiants pour commencer à organiser leur réseau et planifier leur planning social de l'été ! En effet, dès le lendemain des BUSES, Elisa se fit accoster dans les couloirs par Drago Malefoy, qui l'invita poliment à une soirée que sa mère organisait à la mi-août. Des invitations similaires furent émises par tout un tas d'autres élèves dans les jours suivants. D'abord Daphnée Greengrass, puis son cousin Miles Bletchley, puis Blaise Zabini, puis un Serpentard nommé Logan Warren (qui avait un cousin à Poufsouffle, si ses souvenirs étaient exacts), et finalement Millicent Bulstrode. Et ça ne se limitait pas aux Serpentard ! Samuel Carter, un Serdaigle de sixième année, l'invita à un festival sorcier qui se tiendrait à la mi-juillet et qui était organisé par sa famille. Un Gryffondor de septième année lui fit la même offre un peu plus tard. C'était comme si soudain, le fait d'avoir passé ses BUSES la rendait disponible.
– C'est à peu près ça, fit Adrian avec indifférence quand elle lui soumit le problème. Après les BUSES, les enfants sont considérés comme étant intellectuellement adultes. Heather a encore plus d'offres que toi. Moi, j'ai même déjà deux familles qui proposent de me fiancer l'une de leur fille.
– Comme si tu étais de la viande fraîche ? lâcha Terence d'un ton cassant.
Adrian grimaça, mais hocha la tête :
– Les Sang-Purs sont tellement peu nombreux… Ils se jettent sur nous comme si on était une ressource limitée. Ce qui est un peu le cas, d'ailleurs.
Elisa prit un air dégoûté. Elle n'avait jamais été aussi contente d'être Sang-Mêlé. Si quelqu'un lui avait proposé des fiançailles, elle l'aurait frappé. D'accord, elle avait l'âge mental d'un adulte, mais techniquement, elle avait seize ans ! Elle était mineure, à peine pubère ! Il y avait des lois contre ce genre de propositions perverses ! Ce n'était plus le Moyen-Âge !
– Tu as accepté les invitations, du coup ? s'intéressa Cédric. Pour moi, c'est mon père qui gère ça, mais étant donné que ta famille n'est pas du genre à faire ce genre de chose…
Elisa esquissa un mince sourire :
– Ma mère brûlerait la lettre, oui. Et ils n'ont certainement pas envie d'écrire à mon père Moldu, cette sale bande de snobinards. Mais pour répondre à ta question… J'ai accepté l'invitation de Drago, celle de Millicent, et celle de Samuel Carter. Chez Drago, j'irai toute seule, mais je serai accompagnée par Gwendolyn quand j'irai chez les Bulstrode et au festival des Carter.
– Et tu as refusé les autres invitations ?
– Yep. Je leur ai dit que j'avais déjà quelque chose de prévu. Sauf à Miles Bletchley. Lui, je lui ai dit que je lui causerai quand sa famille aurait suffisamment rampé devant ma mère, et pas avant. Il avait l'air sacrément constipé.
– Bon choix, approuva Adrian. La soirée des Bulstrode te mettra en contact avec à peu près tout le monde chez les Serpentard. La soirée de Narcissa Black a l'air beaucoup plus privée, ma famille n'a pas été invitée : mais ça te permettra de rencontrer le gratin de la société. Et les Carter ne sont pas aussi riches, mais ce sont quand même de bonnes relations à avoir.
– Et surtout, ils organisent un festival sorcier, pas une banale soirée ! rajouta Trisha en se frottant les mains avec délectation. C'est eux qui financent une grande partie des activités du Festival de Nephtys. Le tir de baguette, le concours des artistes, mais aussi le concours du meilleur pâtissier ! On pourra se voir, Elisa. Je serai là-bas pour aider mon père à présenter son œuvre au concours !
Elisa se rappelait vaguement que son amie avait parlé d'un tel concours l'année dernière. Le festival de Nephtys, à la mi-juillet, était une occasion pour les sorciers de se rassembler et de s'amuser, mais aussi de participer à des concours dont les prix étaient parfois assez conséquents…
Eh ben, elle avait apparemment effectué un choix judicieux. A la base, elle avait accepté l'invitation de Millicent parce qu'elle savait que les Bowman seraient là, elle avait accepté celle de Draco parce qu'elle voulait absolument explorer la maison de Square Grimmauld, et elle avait accepté l'invitation de Samuel Carter parce qu'elle était curieuse d'assister à un festival. Ah, et aussi parce qu'elle se souvenait de sa petite sœur Sarah, la petite première année à Serpentard qui avait lu Mon amie Flicka.
Elisa ne prévoyait pas d'aller se pavaner à plus de trois soirées mondaines (deux, en fait, plus le festival). Se sociabiliser était trop fatiguant. Et puis, elle avait des projets, pour cet été, et elle ne comptait pas gâcher son temps à minauder devant des Sang-Purs élitistes qui n'étaient intéressés que par son pognon et qui méprisaient son ascendance !
Cet été, elle devait continuer à entraîner Harry, découvrir ce que devenait Barty Croupton Jr, trouver un moyen d'empêcher Cédric de se présenter au Tournoi des Trois Sorciers (jusque-là, elle avait six plans envisageables, mais elle considérait que ce n'était pas assez), mettre la main sur le médaillon de Serpentard, préparer le lancement de Tourmaline, fabriquer des MagicoGlisseurs… Ouais, elle n'avait définitivement pas le temps de minauder avec la haute société. Elle faisait quelque chose d'autrement plus important.
Et soudain, elle se rappela qu'elle s'était promis d'accomplir une tâche importante après les BUSES. Soudain, tout son optimisme retomba d'un coup, tandis que son estomac faisait une embardée et que ses mains devenaient moites.
– Elisa ? s'inquiéta Cédric. Tu es toute pâle, ça va ?
Elle esquissa un faible sourire. Comme en pilote automatique, elle se leva de son banc.
Elle n'avait pas besoin de faire de préparatifs spécifiques. Elle pouvait juste aller dans la Salle sur Demande et faire ça, vite fait. Alors c'était maintenant ou jamais, parce que si elle pétochait et se rasseyait, elle n'oserait plus se relever.
– J'ai juste besoin d'aller aux toilettes. Je reviens dans cinq minutes.
Elle quitta la Grande Salle, sous le regard dubitatif de ses amis, en se forçant à respirer lentement, comme avant un duel. L'angoisse lui serrait la poitrine comme un étau, et elle se sentit soudain furieuse que Tom ait encore ce genre d'emprise sur elle. Le journal avait été détruit, le Basilic tué, mais elle avait encore peur, et c'était injuste. Elle était supposée être plus forte que ça ! Elle était supposée avoir gagné !
Elle accéléra le pas, serrant la mâchoire avec obstination. Non, elle ne flancherait pas, elle ne remettrait pas la corvée à demain. Le diadème était là, alors elle allait le détruire, une fois pour tout. Ce serait son acte de gloire. Elle s'en fichait si personne ne l'apprenait : elle devait le faire, pour se prouver à elle-même qu'elle était plus forte que ce stupide journal.
Elle entra dans la Salle sur Demande d'un pas ferme, même si son cœur battait à grands coups et que son estomac était complètement noué. Comme toujours, ce fut la salle d'arme qui apparut devant elle, et elle se détendit un peu devant ce décor familier. Puis, la gorge serrée, elle ferma les yeux, et pensa de toutes ses forces à ce pour quoi elle était venue.
– Je veux ce que Tom Jedusor a laissé ici, déclara-t-elle d'une voix qu'elle aurait souhaité plus ferme.
Lorsqu'elle rouvrit les yeux, en face d'elle se trouvait un petit tas d'objets hétéroclites. Quelques livres, un manteau, une balance cassée, une poignée de Mornilles. Et, au sommet de la pile, un élégant diadème argenté. Pendant une seconde, Elisa fut affreusement tentée de le mettre, de retrouver le savoir de Tom et de puiser dans ses connaissances, de redevenir la meilleure…
Elle dressa ses barrières d'Occlumancie, et l'impulsion disparut. La jeune fille retint un frisson d'horreur et de frayeur. Elle était vraiment, vraiment contente d'avoir appris à fermer son esprit ! Rien que de penser à ce qui se serait passée si elle avait mis la tiare… Elle frissonna de nouveau, serrant ses propres bras autour d'elle comme si elle avait froid. Puis elle crispa la mâchoire. Voilà qu'elle se laissait encore effrayer par ce stupide bout de métal. Bon sang, ce n'était rien. Ce n'était qu'un bout d'âme, un truc moins qu'humain, la preuve de la déchéance de Tom ! Pourquoi est-ce qu'elle était aussi effrayée ?! Elle avait survécu au journal. Ça faisait d'elle une battante. Elle n'avait pas à avoir peur !
– Olly ! appela-t-elle d'un ton impératif. Apporte-moi un crochet de Basilic !
Si l'elfe fut surpris de sa requête, il n'en montra rien, et apparu dans un grand craquement avec l'objet demandé. La pointe du crochet était laissée nue, le blanc de l'ivoire légèrement grisâtre à cause du venin qui l'imprégnait, mais l'autre extrémité avait été enveloppé dans un bout de tissu pour éviter que la peau n'entre en contact avec le poison.
– Merci Olly, fit-elle dignement en prenant la chose. Tu peux retourner aux cuisines.
L'elfe disparut en s'inclinant. Elisa inspira profondément. Son cœur battait la chamade. Du bout du pied, elle poussa le diadème sur le sol, à bonne distance des autres babioles. Puis, maintenant en place le bijou grâce à la Force, elle planta le crochet de Basilic en plein cœur de la tiare.
Comme ça, pouf. Sans fanfare, l'Horcruxe fut détruit.
Elle s'attendait à un éclair de lumière, à un hurlement, à un flot de sang noir peut-être. Mais non. Le métal céda comme du beurre sous l'impact, comme si le venin le faisait fondre. Le diadème poussa un léger cri aigu qui évoquait le métal en train de se tordre, puis se mit à fumer tandis qu'un liquide noir suintait de la tiare. Et ce fut tout.
Elisa lâcha le crochet de Basilic, le laissant planté dans le diadème, et recula d'un pas. Elle se sentait bizarrement ahurie. Peut-être un peu indignée, aussi. C'était fini ? Si vite ? Après qu'elle se soit angoissée pendant des semaines à ce sujet ?! Elle avait presque l'impression de s'être fait arnaquée. C'était tout bonnement décevant.
Elle contempla le diadème transpercé un moment, puis l'emballa dans un torchon (qu'elle obtint en déchirant joyeusement le vieux manteau de Tom). Elle enveloppa le crochet de Basilic dans un autre pan de tissu, puis jeta les deux paquets au fond de son sac. Puis elle quitta la pièce, referma la porte derrière elle, et redescendit en direction de la Grande Salle.
Elle aurait dû se sentir triomphante. Elle venait de détruire un Horcruxe, quand même ! C'était un moment important de l'intrigue, non ? Mais elle se sentait juste… normale. Elle avait les mains moites et elle avait les jambes un peu molles, comme après avoir frôlé la chute, mais… Elle ne se sentait pas différente. Elle ne se sentait même pas fière. Elle se sentait soulagée d'avoir triomphé de sa lâcheté et d'avoir osé affronter sa peur, mais l'importance de la destruction du diadème ne l'avait pas encore tout à fait atteinte.
Elle avait fait son devoir, c'est tout. Elle n'était pas une Gryffondor. Il n'y avait rien d'héroïque à ses actions.
Avant de retourner à la Grande Salle, elle fit un crochet par le dortoir des Poufsouffle, elle cacha sous son lit les torchons contenant le diadème et le crochet. Puis elle rejoignit ses amis, qui n'avaient pas encore fini leur déjeuner. Comme si tout était normal. Et la vie reprit son cours, complètement inchangée par la disparition de l'Horcruxe de Voldemort. Comme si ça n'avait été qu'un interlude insignifiant au milieu de la planification de leurs vacances. Les élèves qui mangeaient tranquillement à leurs tables n'avaient d'ailleurs aucune idée de l'importance de ce qui venait de se passer.
Des fois, Elisa leur enviait un peu leur ignorance. Elle aimait connaître l'avenir, avoir une longueur d'avance sur les autres. Mais parfois, c'était vraiment lourd à porter. Elle aurait bien aimé n'avoir qu'à se préoccuper de ses devoirs ou du score de sa Maison.
D'ailleurs, en parlant de score…
– Gryffondor est en tête pour la Coupe, fit remarquer Heather un peu plus tard. Avec l'arrestation de Pettigrew, Potter et les Weasley ont dû récolter des centaines de points.
– C'est injuste, marmonna Trisha. Magister aurait dû en recevoir aussi.
– Moi ? s'étonna Elisa. Mais je n'ai rien fait, à part dire que le rat était peut-être magique.
– Tu as sauvé la vie d'Hagrid. Pendant que les trois andouilles jetaient des sorts à un criminel, tu sauvais la vie d'un être humain. En quoi est-ce que ça pourrait être indigne de points ?
Elisa ouvrit la bouche pour dire que ce qu'elle avait fait ne comportait aucune gloire… Puis elle la referma, honteuse. Ce n'était pas vrai. Il y avait quelque chose de glorieux à sauver la vie d'autrui, à être utile, à faire quelque chose de bien. Mais ce n'était pas le type de gloire que les Gryffondor admiraient, et ce n'était pas le type de gloire que le directeur récompensait.
Poufsouffle forme des soigneurs, lui avait dit le Choixpeau. Elisa sentit ses épaules se détendre, presque involontairement. Ce souvenir était étrangement réconfortant.
Peut-être n'était-elle pas une si mauvaise Poufsouffle. Elle n'avait même pas réfléchi avant de soigner Hagrid, et il ne lui était même pas venue à l'idée de rejoindre Harry et les Weasley dans leur combat. Pour elle, abandonner quelqu'un qu'elle pouvait aider, c'était tout simplement inimaginable. Même si la gloire lui passait sous le nez, elle faisait ce qui était juste. N'était-ce pas pour ça qu'elle détruisait les Horcruxes en secret ?
Alors elle haussa les épaules, et se resservit en jus de citrouille.
– Franchement, les points étaient bien la dernière chose à laquelle je pensais à ce moment-là. Ça m'est égal. Je sais ce que j'ai fait et j'en suis fière, je n'ai pas besoin qu'un vieux sorcier sénile me donne un bon point pour savoir que mon sens moral est juste.
Trisha, qui avait l'air prête à se lancer dans une tirade indignée, referma la bouche d'un air surpris. Même les Serpentard regardèrent Elisa d'un air neuf.
– C'est très mature de ta part, finit par dire Tabitha.
Elisa sourit. Puis elle changea de sujet, évoquant leurs projets pour l'été et de quelle façon ils pourraient se revoir, et la conversation s'arrêta là.
Une journée passa, puis une autre.
Poudlard avait définitivement un air de vacances. Les élèves de première, deuxième, troisième, quatrième et sixième année attendaient les résultats de leurs examens, et les élèves qui venaient de passer leurs BUSES et leurs ASPICS n'auraient pas leurs résultats avant la fin de juillet, mais… Tout le monde était détendu et profitait du beau temps. Elisa continua à s'entraîner avec son sortilège de Modelage de l'Eau, mais aussi son sortilège de Maîtrise de l'Eau. Plusieurs élèves squattaient régulièrement le stade de Quidditch pour y organiser des matchs désordonnés, ou des courses de balais. Le Trio d'Or profitait de cette période de pause, lui aussi, même si Harry continuait à s'entraîner sans relâche au Patronus. Il parvenait à nouveau à faire apparaître un nuage de brume argenté à la silhouette fine, qui lui arrivait à la taille. Peut-être était-ce un chien élancé, comme un lévrier ?
Elisa rendit visite à Hagrid pour prendre de ses nouvelles. Le demi-géant fondit promptement en larmes, la remercia profusément de lui avoir sauvé la vie (Elisa ne savait plus où se mettre tellement elle était embarrassée) et lui offrit un plateau de gâteaux durs comme des cailloux. Après ça, la jeune fille se jura de ne plus rendre visite au garde-chasse que si elle avait des amis pour faire diversion. Elle ne savait pas comment agir avec les gens qui pleuraient. Surtout s'ils pleuraient de reconnaissance ! Elle se sentait complètement mortifiée.
La veille du départ, elle fit ses bagages, comme tout le monde. Puis, une fois que ses camarades eurent le dos tourné, elle sortit de leur cachette le diadème et le crochet de Basilic, et les glissa ans son sac. Elle ne savait pas trop quoi en faire.
Peut-être qu'elle devrait les donner à Dumbledore, et le laisser se débrouiller avec.
Elisa considéra l'idée un moment. Elle ne comptait pas faire appel au directeur pour la chasse aux Horcruxes, merci bien. Pas tout de suite en tous les cas ! Mais il fallait peut-être l'informer qu'il y avait plusieurs Horcruxes dans la nature. Et si jamais il lui arrivait quelque chose… Il serait bien que quelqu'un sache qu'elle avait détruit le diadème. Et puis, Dumbledore pouvait peut-être lui donner des informations supplémentaires. Bon, elle en doutait un peu, parce que cette vieille chèvre était vraiment avare de confidences. Mais Elisa savait que Dumbledore l'avait déjà à l'œil. Si c'était elle qui venait lui donner les informations qu'elle voulait, ça lui permettrait de garder le contrôle, voire même de demander quelque chose en échange. Sinon, elle n'avait aucun doute que cet idiot sénile allait essayer de fouiner dans sa vie privée, et chercher les Horcruxes lui-même sans rien dire à personne, ce qui mènerait à sa mort. Et, d'accord, elle n'aimait pas le directeur, mais elle ne voulait pas non plus avoir sa mort sur la conscience !
Elle poussa un profond soupir, puis décida de continuer à garder le silence, du moins pour l'instant. Elle avait déjà assez à faire sans avoir Dumbledore sur le dos en plus.
Elle lui en parlerait peut-être l'année prochaine. Après tout, elle devait parler de la destruction du diadème à quelqu'un, histoire que cette info ne disparaisse pas si elle était tuée, par exemple. Si elle mettait à exécution ses plans pour empêcher Cédric de mourir lors du Tournoi, le risque que ce soit elle qui soit tuée devenait très réel, puisqu'elle avait pour projet de prendre sa place.
Pour l'instant, cette idée lui semblait encore distante et un peu irréelle. Mais elle savait que si elle mourait, elle ne pouvait pas emporter ses secrets avec elle dans la tombe : elle devait au moins les transmettre à quelqu'un. Et Dumbledore était le seul qui était au courant de l'existence des Horcruxes, ce qui faisait de lui le seul choix possible. La jeune fille aurait préféré en parler à Harry, afin de lui expliquer dès maintenant que tuer Voldemort était possible… Mais tant que le Survivant ne maîtriserait pas l'Occlumancie, ça serait une très mauvaise idée. Et si Voldy tombait sur l'info en fouinant dans son crâne, hein ? Il déplacerait ses Horcruxes et tout serait à refaire !
L'Occlumancie, tiens. Ça avait été plus facile à apprendre qu'elle ne le pensait, et maintenant, elle savait qu'elle pourrait regarder Dumbledore dans les yeux sans craindre qu'il franchisse ses barrières. Tout l'art de l'Occlumancie consistait à connaître son esprit et ses limites, et à les protéger en utilisant sa magie comme une muraille. Pour Elisa, c'était facile. Elle avait vingt ans d'avance en matière d'introspection et de connaissance de soi, et son utilisation de la Force lui avait donné une connaissance très précise de sa force magique et de ses capacités ! Du coup, l'Occlumancie lui venait presque facilement.
Savoir comment l'Occlumancie marchait permettait aussi de comprendre pourquoi, dans le canon, Harry en avait été incapable. Des années de négligence émotionnelle, très peu d'introspection, un deuil récent, et une profonde ignorance de l'étendue de ses pouvoirs : c'était une recette désastreuse pour appréhender sa propre identité. Pas étonnant que les leçons avec Rogue aient été un tel fiasco. Harry partait avec un gros handicap, et le manque de patience du Maître des Potions n'avait rien fait pour l'aider à le surmonter.
Bref. Elle en parlerait à Dumbledore, mais… Pas maintenant. Quand elle aurait achevé ses préparatifs pour Tourmaline et pour le Tournoi, plutôt. Après tout, le lancement de l'école des Cracmols méritait toute son attention. Tout comme la sélection du champion de Poudlard pour le Tournoi. Et si elle était effectivement choisie comme championne, elle risquait d'avoir une année très chargée.
Elle attendit que tout le monde soit couché, puis appela Olly, et lui ordonna de cacher le diadème et le crochet de Basilic dans la petite planque creusée sous son atelier, dans la forêt derrière le Cottage aux Erables. En attendant qu'elle se décide à en parler au directeur, les deux objets devaient rester à l'abri.
Elle poussa un profond soupir. Avoir entre ses mains le sort de la Grande-Bretagne était vraiment un lourd fardeau. Et, ironiquement, les deux seules personnes avec qui elle pouvait le partager étaient Harry, qu'elle tentait désespérément de protéger d'un tel sort… Et Dumbledore, à qui elle ne faisait pas confiance.
Peut-être qu'elle devrait parler des Horcruxes à sa mère, ou à Trisha et Cédric, ou encore à Heather ou Terence. Elle se sentirait moins seule, si elle pouvait compter sur des amis. Et surtout, elle ne voulait pas finir comme Dumbledore, enfermée dans sa solitude par ses problèmes et son sens des responsabilités. Elle n'avait pas le monopole, dans ce domaine. Et, comme elle l'avait dit elle-même au directeur quelques mois plus tôt… Si on essayait de tout résoudre seul, on avait beau garder le contrôle, on creusait sa propre tombe. L'isolation, la déconnexion avec la réalité, et la surcharge de travail, c'était une très mauvaise combinaison.
J'en parlerai à Trisha, finit-elle par décider. Et à Cédric, et à Maman. Je leur demanderai d'apprendre l'Occlumancie d'abord, mais je leur en parlerai.
Elle s'était promis de ne pas devenir comme Dumbledore, de ne pas se laisser aveugler par son arrogance, de ne pas se croire supérieure aux autres. Et, bon, d'accord, elle était sans doute aussi autoritaire et arrogante que ce vieux fou, mais… Au moins, elle devait faire un effort pour que ça ne définisse pas sa vie.
Elle se retourna dans son lit, écoutant la respiration de ses camarades endormis. Oh, bon sang, ce qu'elle était défaitiste ! Elle devrait être contente. Oui, le fiasco de la lettre de Crawford aurait pu être évité, et oui, elle avait été imprudente quand il avait fallu révéler la nature de Pettigrew. Mais personne n'était mort, tout s'était bien terminé. Et elle avait accompli tous ses projets pour l'année ! Elle avait capturé Pettigrew, innocenté Sirius, détruit le diadème, apprit le Patronus à des tas d'élèves, et même prévu un moyen d'entrer à Square Grimmauld. Franchement, elle avait bien trop tendance à se morfondre. Pourquoi ne pouvait-elle pas savourer sa victoire comme quelqu'un de normal ?
Elle ferma les yeux, et se promit qu'une fois au Cottage, elle demanderait à Chappy de faire des gâteaux au miel pour fêter ses BUSES. Elle méritait bien une petite récompense.
oOoOoOo
Le retour des élèves à Londres fut pour le moins animé. Tout le monde discutait des dernières nouvelles apportées par la Gazette. Un des Aurors avait tout raconté à la presse : apparemment, Pettigrew avait confessé ses crimes, et la seule raison pour laquelle le procès n'avait pas été avancé, c'était que Sirius Black était encore soigné à Ste Mangouste.
Il y avait aussi eu un évènement mineur qui n'avait fait l'objet que d'un court article en troisième page de la Gazette, et dont Elisa n'entendit parler qu'une fois dans le train, tandis qu'elle hissait son coffre dans le filet à bagage.
– … Oh, et Croupton est mort ! lança Cédric.
Elisa sursauta, faillit tomber par terre, et se rattrapa de justesse au filet à bagage, manquant de se faire écraser les doigts par son propre coffre par la même occasion.
– Croupton ?! L'ancien directeur du Département de la Coopération Magique Internationale ?
Cédric hocha la tête :
– Lui-même. Apparemment, quand l'Auror posté là est entré voir, il l'a trouvé mort dans son lit, avec un flacon de potion à côté de lui…
Il baissa la voix :
– Il se serait suicidé pour éviter la honte de perdre au procès et d'aller à Azkaban.
Elisa se mordit la lèvre. Elle doutait fortement que quelqu'un d'aussi rigide que Croupton se soit donné la mort. A tous les coups, c'était son fils qui l'avait tué… Et qui en avait profité pour s'échapper. Oh, bon sang. Un Mangemort était dans la nature et personne ne le savait !
– Pourquoi ça t'intéresse ? demanda Trisha avec curiosité.
– Euh, hésita Elisa. Parce que Croupton allait avoir une certaine importance dans le procès de Black et Pettigrew, vu qu'il était responsable de tous les vices de procédure de l'affaire. Alors, forcément, s'il a disparu, je me demande à qui le Ministère va faire porter le chapeau…
Ambre Kwebena et Astoria Greengrass, qui squattaient leur compartiment comme en début d'année, hochèrent la tête d'un air pensif. Puis Ambre remarqua naïvement :
– Il y aura sûrement une enquête, et peut-être qu'on découvrira qu'il a été éliminé par un complice !
Mais Astoria renifla avec dédain :
– Non, les enquêtes de suicide sont toujours superficielles. Se donner la mort, c'est un déshonneur. Et mettre fin à la lignée d'une vieille famille de cette façon… Le dossier va être enterré très vite.
La façon dont les sorciers voyaient le suicide était assez vieillotte. C'était un acte sévèrement condamné par l'opinion publique, une sorte d'aveu de faiblesse déshonorant. Elisa réalisa soudain qu'elle devrait changer ça, aussi. Les gens qui désiraient se suicider devraient être aidés, au lieu d'être méprisés. Le canon de la saga n'avait guère montré de personnages suicidaires, mis à part Rogue, et c'était un tort. Au lieu de dédaigner ce genre de chose, les sorciers devraient se demander pourquoi ça arrivait, pourquoi quelqu'un serait poussé à bout à ce point-là, et comment éviter que ça se reproduise.
Mais bon. Puisque Croupton ne s'était pas vraiment suicidé, et qu'en plus elle n'avait pas vraiment une haute opinion de l'homme, elle n'allait pas vraiment se lancer dans un débat là-dessus. Elle poussa un profond soupir, puis tenta :
– S'il avait un elfe, ton père pourra au moins l'interroger pour savoir si c'était un suicide, Cédric.
Le garçon eut l'air surpris, puis pensif :
– C'est… une très bonne idée, en fait. Les Aurors interrogent rarement les elfes, mais je crois que mon père aimera la suggestion.
Amos Diggory se fichait complètement de l'importance du témoignage d'un elfe, mais il serait certainement très fier de pouvoir participer à une enquête officielle. Même s'il était un ancien Poufsouffle, le père de Cédric avait aussi pas mal d'ambition.
Le train démarra, et ils se mirent à discuter de choses plus triviales. Elisa et sa mère comptaient partir au Mexique quatre ou cinq jours, au début d'août, afin d'explorer des ruines Aztèques. Elles seraient rentrées à temps pour le procès de Pettigrew, et Elisa prévoyait de passer tout le reste du mois d'août à préparer le lancement de Tourmaline.
– Peut-être qu'on aura une année tranquille l'an prochain, fit Trisha avec espoir.
– Je ne parierai pas là-dessus, marmonna Elisa.
Du coup, Cédric posa sur elle un regard scrutateur :
– Tu as vu ça en Divination ? C'est vrai que tes prédictions tendent à être exacte… Tu avais prédit que je serai Préfet et Capitaine…
– Et tu avais prévu l'attaque de Black à Halloween, se rappela Trisha. Et tu savais qu'un désastre nous tomberait dessus juste avant d'être attaquée par Lockhart !
– Tu es une Oracle ? s'étrangla Astoria en ouvrant de grands yeux.
Elisa réprima un fou-rire, et haussa les épaules, feignant la décontraction :
– Je suis juste assez douée avec le tarot et la boule de cristal. Mais bon, certaines de mes interprétations n'ont aucun sens. Le voile du destin est souvent aussi opaque qu'un mur de béton.
– Mais tu as Vu quelque chose pour l'année prochaine ? fit avidement Ambre.
Elisa tergiversa une seconde, puis décida de tenter sa chance.
– Pas grand-chose. Dépendant des interprétations, huit personnes iront au fond du lac, quelqu'un va revenir d'entre les morts, et il y aura trois directeurs.
Il y eut un silence consterné.
– Même Trelawney est plus précise que ça ! lâcha Trisha d'un air affligé.
– Peut-être que tout ça a un sens caché, fit Astoria d'un ton pas très convaincu.
Elisa se demanda absurdement si, un jour, elle aurait une réputation de voyante à cause de ses conneries. Ce serait vraiment ironique. Hilarant, d'accord, mais ironique. Elle ne voyait pas le futur, elle voyait le passé de son autre vie. Tu parles d'un Troisième Œil !
La conversation dériva ensuite sur les élucubrations de Trelawney, puis sur les défauts des différents profs, puis sur la démission de McGonagall comme directrice de la Maison de Gryffondor. Plusieurs personnes passèrent par leur compartiment, pour leur souhaiter de bonnes vacances ou juste faire un brin de causette. Heather, Adrian, Terence et Tabitha passèrent en coup de vent au début du trajet : Adrian et Heather étaient invités à tout un tas de soirées mondaines, mais Terence et Tabitha n'avaient pas cet honneur, et du coup leurs deux amis réfléchissaient à organiser une sorte de résistance passive pour montrer à leurs familles qu'ils n'étaient pas contents de cette discrimination. Puis ce fut Takashi, qui voulait prévenir Elisa qu'il serait au Japon (en train de visiter ses grands-parents) pour trois semaines en août.
Cho Chang vint saluer Cédric, et lui donner son adresse pour qu'ils s'écrivent durant les vacances. Luna Lovegood et les jumelles Carrow passèrent peu après, pour demander conseil à Elisa : elles essayaient de s'organiser pour pouvoir aller en même temps au Festival de Nephtys, puis fausser compagnie à leurs parents pour se retrouver. Edgar Whistler et Ginny Weasley, quant à eux, réfléchissaient à comment échapper au festival, parce que Sun-Min ne pouvait pas y aller et qu'ils ne voulaient pas l'exclure.
Puis ils reçurent la visite des jumeaux Weasley, qui leur proposèrent innocemment un paquet de Dragées Surprise. Ambre en croqua une, et sa peau devint aussitôt d'une couleur jaune fluo très agressive. Les jumeaux avaient versé quelques gouttes de potion sur les bonbons. Leur invention eut beaucoup de succès. Ambre prit une poignée de bonbons pour les manger plus tard et faire peur à sa mère. Cédric sermonna les jumeaux sur les obligations de sécurité quant aux tests des potions. Puis Elisa leur demanda innocemment s'ils comptaient se lancer dans une boutique de farces et attrapes, parce que si oui, ils auraient beaucoup de succès.
– Je serai prête à vous financer, pointa-t-elle.
Les jumeaux se regardèrent. Ils étaient bien conscients qu'Elisa avait déjà sa propre boutique sur le Chemin de Traverse, et un sacré paquet de pognon.
– On en reparlera, finit par dire Fred (ou George ?).
– Surtout, n'en parle pas à notre mère ! rajouta George (ou Fred ?).
La Poufsouffle frissonna. Non, informer Molly Weasley du fait qu'elle encourageait ses enfants sur la voie de la délinquance, ce n'était pas du tout dans ses intentions ! Elle tenait à la vie, merci bien.
Plusieurs élèves passèrent également dans le compartiment d'Elisa et ses amis afin de lui rendre les livres qu'ils avaient emprunté par le biais de son petit trafic. Jojo, Aglaé et Liam lui avaient emprunté différents bouquins d'Histoire, qui racontaient la vie de véritables figures historiques, de façon un peu romancées. Matthew Debbs, le petit Serpentard connu pour faire exploser ses potions, avait quatre livres d'Agatha Christie à lui rendre. Son amie Sarah Carter avait tout juste finit Le lion et l'armoire magique. Sue Li, de Serdaigle, avait aussi quelques livres à rendre, tout comme Seamus Finnigan de Gryffondor.
Ce fut vers la fin du trajet, alors qu'ils n'étaient plus qu'à quelques kilomètres de Londres, que Rhonda frappa à la porte de leur compartiment. La Poufsouffle à la peau mate semblait bien moins assurée que d'habitude, son regard évitant celui des autres occupants du compartiment. Elisa cligna des yeux, perplexe. Puis Rhonda se racla la gorge avec nervosité :
– Je peux te parler deux minutes, Magister ? C'est à propos de… A propos de la lettre.
Et Elisa comprit.
– … C'est toi qui as volé la lettre de Willis Crawford ?!
Rhonda tressaillit, mais hocha la tête, les épaules raidies et la mâchoire serrée. Ambre et Astoria avaient l'air un peu perdu, ne voyant pas de quoi il s'agissait. Mais Cédric et Trisha avaient tous les deux l'air scandalisé.
– C'est toi qui as donné la lettre aux Serpentard ? lâcha Trisha outragée.
– Non, fit Elisa sans lâcher Rhonda du regard. Tu l'as donné à Helen, pas vrai ?
C'était tellement logique. Elle aurait dû le voir plus tôt. Rhonda était dans le dortoir quand Trisha et Elisa avaient lu la lettre, elle les avait sans doute vues ranger la missive dans la pochette cartonnée, et elle avait vu qu'Elisa avait pleuré, et que Trisha était furieuse. Dans tous les cas, elle avait remarqué la lettre. Et ensuite… Ensuite, elle l'avait sans doute lue, avait été horrifiée par son contenue, et…
– Je sais que je n'aurais pas dû, avoua Rhonda d'une petite voix. Mais je l'ai lue, parce qu'elle traînait, et… Ensuite, je ne savais pas quoi faire. C'était quelque chose de vraiment grave. Alors, quand tu es partie en vacances, j'ai craqué et j'en ai parlé à Helen, et elle a écrit à son père…
Et il en avait sans doute directement référé à Amélia Bones. Cela expliquait que, quand Elisa était revenue de vacances, tous les enfants d'employés du Ministère murmuraient que Lupin était un suspect. Cela expliquait aussi que Dawlish fasse partie des Aurors envoyés à Poudlard. C'était lui qui avait découvert la piste, après tout.
– Helen a donné la lettre aux Serpentard ? lâcha Cédric d'un ton dubitatif.
Rhonda secoua la tête :
– Non. Son père voulait vraiment voir la lettre, mais je n'osai pas la lui donner. J'avais peur qu'un prof la voit et la confisque. Ils l'auraient fait disparaitre, pas vrai ? C'est pour ça que tu gardais la lettre cachée, Magister, parce que tu savais que les profs essaieraient d'enterrer l'affaire.
Non, elle avait gardé la lettre cachée parce qu'elle était lâche, égoïste et persuadée de son bon droit. Mais l'argument de Rhonda se tenait, alors Elisa fit mine d'acquiescer. Encouragée, l'autre Poufsouffle reprit :
– Il fallait que la lettre passe aux Aurors sans que les profs puissent l'intercepter. Alors je l'ai donné à Helen le jour de la sortie à Pré-au-Lard, pour qu'elle la transmette à son père hors du château. Ils devaient se retrouver aux Trois Balais…
– … Mais Helen était en retenue ce jour-là, réalisa Elisa. Elle avait été collée par Rusard avec plusieurs autres élèves. Son père est allé au village pour recevoir la lettre, mais pas elle !
D'ailleurs, ça expliquait que les Aurors soient arrivés si vite sur les lieux de la bagarre qui avait éclaté aux Trois Balais. Ils étaient déjà en route.
– C'est ça, acquiesça piteusement Rhonda. Alors Helen a confié la lettre à une élève de Serdaigle qui est en septième année, Bianca Willerby. Elle était amie avec sa marraine, Liorah McFusty, alors Helen pensait qu'elle pouvait lui faire confiance. Mais Willerby a laissé son petit ami fouiller son sac, parce qu'elle voulait lui donner un bouquin, et… Il est tombé sur la lettre. Et comme c'est un Serpentard, ses amis n'étaient pas loin, et ils la lui ont pris des mains pour rigoler, et… Ensuite, ça a dégénéré. Mais c'était un accident ! Personne ne voulait ça ! Pas moi, ni Helen, ni même Willerby et son petit-ami !
Elisa se souvenait vaguement qu'Adrian lui avait raconté une histoire similaire. Le premier Serpentard à avoir lu la lettre, un certain Joshua Ruppert, était quelqu'un de discret, qui avait juste eu la missive entre les mains par hasard. Ensuite, c'était ses amis plus chahuteurs qui avaient fait circuler la lettre. Tout concordait.
– Tu aurais dû le dire tout de suite, accusa Cédric. Elisa était vraiment déprimée après le vol de la lettre.
– Je n'étais pas déprimée, protesta la jeune fille. C'est Harry qui était au trente-sixième dessous.
Rhonda carra les épaules :
– Je ne voulais pas qu'Helen soit accusée. Vous avez vu à quel point McGonagall a été secouée par cette histoire. Si elle avait su qu'on était derrière tout ça…
Trisha croisa les bras, l'air accusateur :
– C'est plutôt qu'Helen a refusé de s'excuser parce qu'elle pense qu'elle n'a rien fait de mal, c'est ça ?
Rhonda s'empourpra violemment, mais ne nia pas. Elisa grimaça. Elle aimait Helen, vraiment, mais l'arrogance de la Serdaigle battait largement la sienne (ce qui était un exploit en soi). Helen Dawlish n'avait jamais eu à demander de faveur, n'avait jamais eu à se défendre face à la discrimination, et surtout, elle n'avait jamais eu à s'excuser. Elle avait la vie parfaite d'une Sang-Pur privilégiée, douée et riche, qui obtenait toujours tout sans effort et qui n'avait jamais eu à porter la responsabilité de quoi que ce soit. Pas étonnant qu'elle ait immédiatement refusé d'accepter sa faute dans ce fiasco.
Ouais, Elisa était amère, et un peu jalouse. Mais qui ne le serait pas, honnêtement ?!
– C'est pour ça que vous vous êtes disputées ? réalisa Cédric.
– Oui, admit Rhonda. Même si ce qui s'est passé n'était pas prévu, qu'on ne voulait pas que ça dégénère… C'était quand même de notre faute. De ma faute, pour avoir volé la lettre, et de la faute d'Helen, pour l'avoir confié à n'importe qui. On aurait dû réparer cette faute, s'excuser, mettre les choses à plat, mais Helen refusait de se dénoncer. Et moi, je ne pouvais pas me dénoncer toute seule parce que les gens auraient forcément su qu'elle était impliquée !
Trisha et Elisa se regardèrent. Ce n'était pas faux. Si Rhonda était impliquée dans quelque chose, Helen l'était forcément. Chez les Poufsouffle, Elisa était sans doute la seule personne qui se la jouait parfois solo.
– C'était quand même mal, finit par déclarer Cédric. Tu nous as menti, et tes actions ont blessés plusieurs personnes. Mais tu avais de bonnes intentions, alors… Elisa ?
Comptez sur Cédric pour prendre le rôle du juge impartial dirigeant ce tribunal improvisé. La jeune prodige des Sortilèges grimaça. Puis elle haussa les épaules, soutenant le regard de Rhonda :
– Je comprends pourquoi tu l'as fait. C'était quand même une info-clef, et je la gardais au fond de mon coffre sans en parler à personne. Voler et mentir n'est pas bien, mais… Ce que tu as fait été juste, et dans d'autres circonstances, j'aurais sans doute fait pareil. Peut-être que tu devrais t'excuser auprès d'Harry, puisque c'est lui qui a le plus souffert de cette histoire, mais je crois que sa réponse sera la même que la mienne, de toute façon.
Rhonda cligna des yeux, et ses épaules se détendirent :
– Alors tu ne m'en veux pas ?
– Pas à toi, précisa Elisa en s'assombrissant.
Parce que Rhonda avait fait quelque chose de juste, mais aussi quelque chose de courageux, en avouant sa responsabilité. Alors qu'Helen continuait à se draper dans son orgueil et à se dire qu'elle n'avait rien à se reprocher. Tout ça parce que la fière Serdaigle était terrifiée à l'idée d'avoir tort, de ne pas être parfaite. Ah ! C'est vrai que ça ne devait pas lui arriver souvent.
– C'est ma faute si Helen s'est retrouvée mêlée à ça, plaida Rhonda.
– Mais elle n'a pas essayé de réparer les dégâts, lâcha Trisha. Elle n'a même pas osé dire qu'elle était responsable. Même si c'était la bonne chose à faire, elle a préféré se planquer !
Cédric, Astoria et même Ambre hochèrent la tête. Pour tous les Poufsouffle assemblés ici, le problème était évident. Helen avait fait ce qu'elle croyait juste, elle aussi… Mais ensuite, elle avait manqué d'honnêteté envers Elisa en gardant le silence, et elle avait manqué de loyauté envers Rhonda en lui interdisant de se dénoncer. Et chez les Poufsouffle, c'était quelque chose de grave.
– Elle ne sait pas vraiment comment gérer ce genre de chose, répliqua loyalement Rhonda. C'est la première fois qu'elle se retrouve mêlée à un truc aussi sérieux.
– Et alors ? contra Elisa. Je veux bien qu'elle manque de courage, mais faire preuve d'honnêteté, c'est à la portée de tout le monde !
– Helen n'est pas une lâche !
– Elle ne se comporte pas différemment !
Rhonda et Elisa se fusillèrent du regard, comme deux chats hérissés et sur le point de se sauter à la gorge. Puis Elisa inspira longuement et se concentra sur ses exercices d'Occlumancie, et Rhonda recula d'un pas avec une profonde respiration, avant de réajuster son col d'un geste mécanique. Chez les Poufsouffle, il était très rare que des désagréments, même graves ou explosifs, terminent en bagarre.
– Je sais que c'est ton amie, finit par dire Elisa. Mais ce qu'elle a fait est mal, et le fait qu'elle refuse de l'admettre est pire.
Au moins, quand Elisa faisait une grosse bourde, elle savait se l'avouer. Elle avait même tendance à trop culpabiliser, en fait.
– Je sais, soupira Rhonda. Et… Tu n'as pas complètement tort. Le fait qu'elle continue à se cacher, même maintenant, c'est lâche. Mais elle ne va vraiment pas aimer ça.
Elisa se demanda brièvement si ce n'était pas injuste de sa part d'attendre de ses pairs qu'ils se comportent comme elle, avec la même… maturité. Helen n'avait pas vingt-trois ans d'avance en matière de développement intellectuel. Faire ce qui était juste sans se laisser tétaniser par la pression sociale de ses pairs, sans être retenue par l'idée d'être puni par un prof ou par celle d'être regardé de travers par les élèves, ça ne devait pas lui venir aussi facilement qu'à Elisa…
Après une seconde de réflexion, la jeune fille décida que non. D'accord, Helen n'était qu'une adolescente. Mais le Choixpeau l'avait mise dans la Maison de la réflexion et de la sagesse. Et pour ne pas remarquer à quel point son comportement était stupide, il fallait vraiment ne pas avoir les yeux en face des trous.
– Je vais lui parler, finit par dire Rhonda en rouvrant la porte du compartiment. Mais à mon avis, elle va être plutôt vexée.
Elisa, Cédric et Trisha esquissèrent la même grimace. Ouais, Helen ne viendrait pas s'excuser dès que son amie lui aurait mis le nez dans ses erreurs. Au contraire, elle serait affreusement offensée, refuserait de leur parler, et se monterait hautaine et agressive jusqu'à ce qu'elle se soit défoulée dans un bon duel… Autant dire qu'elle et Elisa n'allaient pas s'adresser la parole avant le prochain Challenge, en octobre !
Rhonda quitta le compartiment, et le silence retomba, uniquement rompu par le grondement distant et les secousses du train. Puis Cédric se racla la gorge :
– Eh bien… Au moins, on a le fin mot de l'histoire.
– Ouais, marmonna Elisa. C'était extrêmement fun, comme conversation.
Et cet été, elle pouvait faire une croix sur toute idée de correspondance avec Helen. La Serdaigle offensée ne lirait pas la moindre de ses lettres… Et ne répondrait pas à ses appels sur miroir, non plus. Elisa soupira. Le drama adolescent, c'était un vrai casse-tête.
Heureusement, Trisha fit diversion en leur signalant qu'il était temps de se préparer à l'arrivée, car ils commençaient déjà à dépasser les premiers bâtiments de Londres. Ils se débarrassèrent de leurs robes, et Elisa enfila avec plaisir sa vieille veste d'aviateur. C'était peut-être un peu chaud pour le beau soleil qu'il faisait dehors, mais il y avait un sacré vent. Et puis, cette veste était un accessoire indispensable à son personnage, après tout ! Et puis, quitte à se faire remarquer… Elle laissa Malta s'enrouler autour de son cou comme une écharpe, même si le serpent était désormais trop grand pour se cacher entièrement dans son col. Comme le vent risquait de déplaire à Malta, elle jeta rapidement au reptile le Sortilège de Réchauffage du Prince de Sang-Mêlé.
Le train finit par s'arrêter, et ils descendirent. Astoria fut la première à partir, rejoignant sa famille. Les Greengrass ignorèrent Ambre, mais saluèrent poliment Elisa d'un hochement de tête. Avec un temps de retard, la Poufsouffle se souvint que les Greengrass faisaient partie du gratin de la société qui serait invité chez les Bulstrode en même temps qu'elle.
Puis ce fut Ambre qui s'en alla, rejoignant plusieurs Nés-Moldus qui quittaient le quai 9 ¾ afin d'attendre leurs parents du côté Moldu. Hermione était avec eux, et elle salua Elisa au passage, avant de glisser un prospectus dans la poche de Cédric. Elisa perçu fugitivement le mot "elfe" sur le parchemin, et retint un sourire. C'était bon de savoir que la petite Gryffondor commençait à atteindre des gens.
Adrian adressa un signe de la main à Elisa en passant devant elle au moment de s'en aller, tout comme Terence, puis Heather. De loin, Rhonda salua également la jeune fille, mais Helen fit mine de ne pas la voir. D'autres élèves s'en allèrent, les uns après les autres. Les Weasley, puis Cédric, puis Trisha. La mère d'Elisa était en retard, comme toujours, mais ça ne la dérangeait pas. Lorsque le quai se fut suffisamment éclaircit, elle réussit à retrouver Harry, et le Survivant attendit avec elle en discutant de leurs projets pour l'été.
Finalement, Isabelle et Michael Bishop arrivèrent à la gare. Isabelle avait un peu perdu de son hâle des Caraïbes, mais elle avait toujours conservé le même style de coiffure, des perles et de petites fleurs parsemant ses cheveux partagées en plusieurs tresses qui s'entrecroisaient de manière élaborée. Michael, quant à lui, était plus bronzé que jamais et arborait également une nouvelle coupe de cheveux qui le rajeunissait. Elisa sourit jusqu'aux oreilles. Apparemment, ses parents ne s'étaient pas ennuyés durant ces derniers mois.
– Alors les enfants, comment se sont passés vos examens ? lança Michael en ébouriffant familièrement les cheveux d'Harry.
Le Gryffondor émit un rire étranglé, et Elisa fut frappée par à quel point c'était une scène normale. Comme si elle et Harry étaient deux enfants ordinaires, accueillis par leurs parents au terme de l'année scolaire. A en juger par le regard étrangement brillant du Survivant, il y avait pensé aussi.
– Je ne me suis pas trop mal débrouillée, sourit Elisa en embrassant sa mère puis son père. Mais bon, il faudra attendre mes résultats pour être certain. Et Harry s'en est bien tiré aussi, je pense…
– Je dois avoir la meilleure note de ma promotion en Défense ! se vanta Harry. Je crois que j'ai même battu Hermione !
Elisa pouffa, puis se retourna vers ses deux parents :
– Je sais que Maman est restée à la maison depuis les vacances, mais toi, Papa, tu reviens d'où ?
– Canada, se vanta son père. Un endroit tout à fait magnifique. Et très romantique… Je devrais y emmener ta mère, d'ici deux ou trois ans.
– Pas l'année prochaine ? s'étonna Elisa.
Vu qu'elle et sa mère iraient ensemble au Mexique cet été, il y aurait eu une certaine continuité. Ils seraient restés sur le même continent. Mais Isabelle secoua la tête :
– L'année prochaine, ton père et moi réfléchissons à traverser tout l'Amérique du Sud, depuis le Golfe du Mexique jusqu'au Cap Horn.
Elisa fronça les sourcils. Elle n'était pas très au courant des actualités moldues, mais l'Amérique du Sud n'était pas un continent super-stable, non ? Il y avait des tensions frontalières, des troubles civils… Néanmoins, ce n'était pas le type de sujet qu'on abordait lors de retrouvailles, alors elle laissa couler.
Il n'y avait plus grand-monde sur le quai, mais Elisa vérifia quand même d'un rapide coup d'œil que personne ne les observait (si les gens voyait sa famille embarquer le Survivant, leur tranquillité était fichue), avant de proposer innocemment :
– On y va ?
Isabelle prit la main d'Harry. Son elfe Chappy apparut entre Michael et Elisa, les attrapa chacun par le coude. Dans un grand craquement, ils disparurent tous en même temps, pour réapparaitre juste dans le jardin du Cottage aux Erables, juste devant la porte d'entrée. Elisa et Harry échangèrent un regard ravi, et la jeune fille sut qu'ils pensaient exactement à la même chose.
Ils étaient de retour à la maison.
Chacun retrouva sa chambre, et il fallut défaire leurs bagages. Chappy était déjà en train de leur préparer du thé et des gâteaux au miel, et Elisa s'éclipsa brièvement pour aller voir son atelier et s'assurer que tous ses elfes allaient bien. Elle se fit une rapide check-list de tous les projets inoffensifs qu'elle avait pour les vacances, comme chercher un possible assistant qui l'aiderait à faire des MagicoGlisseurs, ou bien se remettre à plancher sur l'invention de la vidéo sorcière. Ses projets moins avouables, comme voler le médaillon de Serpentard à Square Grimmauld, n'étaient jamais notés nulle part. Elle installa le terrarium de Malta sous sa fenêtre, et plaça le cousin préféré de son chat Dracarys au milieu d'une flaque de soleil. Elle explora la maison, cherchant à voir si le capharnaüm exotique qui l'encombrait avait diminué, et si elle pouvait embarquer quelques-uns des trucs les plus encombrants pour meubler Tourmaline. Bref, le début typique des vacances.
– La fin de l'année était plutôt agitée, lui confia Harry un peu plus tard tandis qu'ils dévoraient les gâteaux au miel de Chappy. Avec la lettre des Serpentard, l'arrestation de Pettigrew, le renvoi de Lupin, et puis Black…
Les Maraudeurs avaient sacrément morflé, en effet. Elisa hocha sagement la tête :
– Mais c'est fini, maintenant. On est tranquille pour… Oh, au moins jusqu'au procès de Pettigrew. Cinq semaines de calme, imagine ça !
Harry gloussa.
– Peut-être que l'année prochaine sera plus paisible ?
Et Elisa rit jaune. Oh, elle ne comptait pas là-dessus. Pas du tout, même. Elle avait échafaudé des dizaines de projets pour protéger Cédric, et plus de la moitié de ses idées reposaient sur des moyens de l'empêcher de soumettre son nom à la Coupe de Feu. Mais Harry ? Harry n'aurait pas ce luxe. Si Barty Croupton Jr était dans la nature, alors Harry Potter ne pourrait pas échapper au Tournoi des Trois Sorciers, c'était certain. Alors elle se contenta de hausser les épaules :
– Quoi qu'il nous tombe dessus, on fera de notre mieux pour y être préparé.
Ils ne pouvaient guère faire plus.
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Et voilà ! L'épilogue arrive dans une semaine. N'oubliez pas qu'après, je posterai le bonus spécial pour répondre à toutes vos questions !
