Chapitre 2 : La cérémonie où le soleil s'est éteint...

"C'est bientôt l'heure Madame. La cérémonie commence dans 5 minutes, nous serons revenus vous chercher d'ici là."

Ils ferment la porte et ma mère se précipite sur moi. Elle me prend par les épaules, les larmes aux yeux puis elle m'explique doucement :

"Ma chérie... Mon petit Espoir... La cérémonie va bientôt commencer et j'aimerais tellement t'empêcher de voir ça... Il faudra que tu sois forte et que tu essayes de ne pas pleurer d'accord ? Ils vont t'emmener t'asseoir et tu ne devras en aucun cas faire du bruit d'accord ? Maman t'aime et est fière de toi mon cœur ! Maintenant, il faut que je me change. Viens.

- Oui Maman !"

Elle me sourit malgré sa fatigue apparente et enleva sa robe entièrement blanche, lui arrivant aux genoux. Une tenue que tous les gens de ma race portent. Ils disent que c'est une tenue "desclave". Je ne sais pas ce que ça veut dire "desclave" mais ça à l'air amusant !

Je lui fais un grand sourire d'enfant quand je découvre sa tenue. Elle est presque nue, seul un bout de tissu blanc cache ses seins, une ceinture dorée à sa taille qui tient une étoffe de tissu blanc transparent, laissant deviner sa mince silhouette et ses longues jambes de gazelle lui tombe jusqu'au pied, dévoilant sa jambe droite. Elle a des sandales dorées et ses cheveux ont été tressés avec de minces filins en or. Pour finir, un collier en or pur dévoilant sa gorge frêle et un bracelet en or à chaque poignet, les deux reliés par une petite chaîne en or elle aussi. Elle est absolument sublime !

Elle me prend dans ses bras tandis que je sens son parfum. Je veux me souvenir de son odeur. Je passe une des mèches encadrant son visage entre mes doigts alors qu'on toque à la porte. Les mêmes hommes en noirs. Ou femmes, d'ailleurs, il n'y a pas de différence, car ils portent tous une longue cape à capuche qui leur cache le visage. Ils annoncent de leur voix froide et cassante :

"C'est l'heure. Madame, venez avec nous. Nous reviendrons chercher votre fille plus tard."

Elle m'embrassa et partis avec eux, soudain froide et nonchalante. Ils fermèrent la porte alors que je m'asseyais sur le lit blanc. Je soupire et me laisse tomber en arrière. Je ferme les yeux doucement, dans un moment de calme qui ne dura pas longtemps, car on vint toquer à la porte. Celle-ci coulissa une nouvelle fois et laissa place aux mêmes visages cachés par une capuche couleur ténèbres, impénétrable... Ils sortirent leur phrase fétiche :

"C'est l'heure. Venez avec nous Mademoiselle."

Je me levais d'un coup, toute joyeuse à l'idée d'assister à ma première cérémonie. Ils m'encadrent, un à ma droite, l'autre à ma gauche et l'autre derrière moi et je les suis, traversant les couloirs gris ou blancs, parsemés de chandeliers.

Nous arrivons dans une immense salle avec plein de... Plein de fauteuils en bois, comme dans les "léglise". Des chandeliers forment un chemin dans l'allée centrale et sur le côté des fauteuils. J'étais émerveillée... Jusqu'à ce que je vois ma mère, enchaînée à une table de pierre ou des reliures parcouraient la pierre. Elle avait les bras et les jambes écartées, enchaînée fermement, lui faisant d'horrible marque rouge. La table était légèrement incurvée pour que l'on voit bien son visage. Elle avait les larmes aux yeux en me voyant et elle m'adressa un sourire auquel je répondis timidement.

Ils m'installèrent tout devant comme tous les enfants de 4 ans. Je disais fièrement à tous les enfants, et mêmes aux ados de derrière que celle qui était étroitement liée à la table était ma mère. Je m'exclamais tout fort et j'étais excitée comme une puce.

Les hommes en noirs se mirent de part et d'autre de ma mère et sur les côtés de la salle. Ils exécutèrent une prière en une langue que je ne connaissais pas. J'étais tranquillement assise, un grand sourire éclatant aux lèvres et j'attendais patiemment que leur voix monotone s'éteigne et que la cérémonie commence vraiment.

C'est bon ! Ils ont enfin fini ! Je trépigne d'impatience...

Un homme tout de blanc vêtu s'approche doucement de ma mère, un fourreau à la main. Il dégaine le sabre et entame une danse autour de ma mère. Une danse magnifique... Une danse... Mortelle pour ceux qui s'approcheront de lui. Une fois arrivé à la tête de ma mère, il se met face à elle, le sabre séparant sont visage d'un trait noir et se penche sur elle.

C'est à ce moment que l'horreur commença véritablement. Il trancha la gorge de ma mère. J'ouvrais de grands yeux et des larmes se mirent à couler. Je n'arrivais pas à réagir, à bouger ni a hurler. J'étais pétrifié devant ce spectacle affreux. J'appris à quoi servaient les reliures dans la pierre. Ils formaient en chemin, guidant le sang qui coulait de la gorge de ma mère jusqu'à ce qu'elle tombe dans une sorte de cercle autour de la pierre. Je déversais des torrents de larmes sans bouger alors qu'il trancha les veines des poignets de ma mère qui hurlait à la mort. Le sang giclait à chaque fois que la lame transperçait violemment une veine, sans trancher le membre. C'est quand il lui ouvrit le ventre que je réussis à réagir.

Je me précipitais vers ma mère quand un bras fort me retint. Un homme en noir. Je lui mordais sauvagement la main et je repris ma course vers ma mère. Je montais les marches à toute vitesse quand on me prit les bras m'empêchant de bouger. Je me débattais, mais je voyais quand même ma mère se vider lentement de son sang en hurlant et pleurant de tout son corps. Ils m'obligèrent à rester devant elle, à regarder ce spectacle atroce. Soudain, un cri retentit :

"Arrêtez ! Vous lui prenez trop de sang ! Elle va mourir !"

C'était un homme en noir. Et effectivement, le danseur, après avoir une autre fois tranchée la gorge de ma mère s'arrêta vite, comprenant son erreur. Elle cessa de hurler et sa tête retomba, le regard vide. Je m'arrêtais de hurler et contemplais le visage de ma mère, son regard posé vers un vide sans fin.

Ils me lâchèrent alors et je me dirigeais lentement vers elle. Je n'entendais plus les cris et les pleurs des enfants. Je n'entendais plus les hurlements furieux des adultes. J'ignorais totalement le monde m'entourant, seule ma mère restait, sur cette table où je me penchais sur son corps. Je fermais ses paupières et caressais sa joue, laissant une trace de sang sur celle-ci. Je pleurais, enfouissant ma tête contre elle et déversant toutes les larmes de mon corps.

Ils m'emmenèrent loin d'elle alors que je perdais déjà connaissance.