Chapitre 5 : Et ça continue !
J'ai 13 ans et j'ai appris que je pouvais ne plus rien ressentir. Vidée de toutes émotions. Seule la colère, la tristesse, la peur et la souffrance résident en moi comme un fléau. Je ne peux plus m'en séparer. Oh, j'en ai oublié une ! La folie. Elle, je l'ai rencontrée après toutes ses années de violence et de mépris. J'ai développé un syndrome contre la violence. Je perds le contrôle à chaque fois que la violence opère où va opérer. Quand je dis que je perds le contrôle, vous ne verriez qu'un démon à la place de la frêle jeune fille. Je ne sais pas si je peux raconter ce genre de moment... Mais, je ne m'en souviens pas de toute façon. Désolée...
Il y a eu une période plutôt... Comment dire ? Ben... Disons qu'à un moment, j'ai découvert que tout ce qui été autorisé sur nous s'appliquait à partir de 10 ans. Quand je parle de "tout ce qui été autorisé", c'est les plus graves blessures qu'on peut nous infliger afin de récolter encore plus de sang... Là, je parle de l'égorgement. Vous savez, le tranchage d'artère au cou. Ce n'était qu'autorisé à partir de 10 ans... Et les séances sont prévues un jour sur deux.
Un jour, je me suis regardée dans un miroir. Je n'y ai vu qu'une pauvre chose, les yeux bouffis par les larmes et parsemées de marques rouges. J'étais pitoyable. J'avais le teint pâle et je me sentais tellement faible... Mais, à cette époque, j'ai vu quelque chose qui m'a bien étonné... Je n'avais aucune marques. C'était très étrange...
J'ai appris un peu plus tard qu'en fait, c'était à cause de notre mélange de gènes. Nous sommes bien plus résistants et nous cicatrisons presque aussitôt que la blessure est été faite. C'est super ! On peut nous blesser indéfiniment, on aura aucune marque et on peut recommencer pour toujours, on ne sera jamais marqué ! Sauf si on nous taille avec une lame brûlante... C'est cool, non ?
