Chapitre 6 : "J'irai jamais."

"Mademoiselle ? C'est l'heure.

- Allez vous faire voir, j'irai jamais. À moins que vous ne vouliez re avoir le carnage que j'ai fait la dernière fois ? Dans ce cas, j'arrive avec grand plaisir.

- Très bien. Suivez-nous."

Je pince les lèvres. Plutôt coriaces, ces imbéciles... Je croise les bras en signe de révolte. Ah, ah ! Vous allez faire quoi là ? Bande d'idiots, vous ne pouvez pas me porter, car sinon vous allez vous manger un coup de corne dans la tête. Ah, ils s'avancent avec leur petit air débile pour m'intimider et disent d'un ton sombre :

"Suivez-nous. Tout de suite."

Je leur réponds avec le signe le plus charmant du monde et ils y répondent par une énorme claque. Et là. Je perds mon sang-froid. Je me relève, les poings tellement serrés que mes ongles s'enfoncèrent dans ma chair d'où un long filet de sang s'échappa, toute tremblante de rage. J'attrape violemment la nuque de celui qui m'avait donné la claque avec les yeux d'un démon. Je prononce lentement, sifflant tel un serpent avec un ton cassant et froid :

"Que venez-vous de faire ?"

Il ne répondit pas. Enfin, il n'eut pas le temps, car je lui écrasais la face sur mon genou. Un énorme craquement et il tombait à terre, le regard dans le vide. Un filet de sang coule de son nez et sa bouche, se répandant sur le sol. Je m'approche d'un autre avec l'air d'une psychopathe, je baissais la tête et lui enfonce les cornes dans le ventre faisant gicler son sang sur ma chevelure. Je lui prends sauvagement le poignet et lui retourne pour briser le coude, mais je n'eus pas le temps de voir le dernier Grand appuyer sur la sonnette d'alarme, dissimulée sur le mur. Alors, une nuée de Grand débarqua dans la pièce. Je me battais sauvagement avec l'air d'une psychopathe quand soudain, j'entendis un cri qui me fit sursauter :

"Il faut absolument la garder ! Ils ne sont plus que 50 à peine !"

Mes pupilles rétrécirent. 50 ? Quoi ?! Mais... Nous... Ils nous ont tués... Mon peuple est... Je réprime un cri de rage et je fracasse le crâne de l'un d'eux contre le mur. J'entendis un murmure qui disait que je n'étais qu'un démon et qu'il fallait m'achever. Je griffais le visage de celui qui avait parlé et il poussa un hurlement déchirant. Je lève la main vers mon visage et vois le sang ruisseler. Le sang me répugne. Surtout quand ce n'est pas le mien... Je sors de la pièce tel un ouragan après en avoir assommé deux. Ou trois, je ne sais plus. Je ne suis plus moi-même... D'ailleurs... Je reprends mon état normal et je commence à courir. Je cours aussi vite que mes jambes le pouvaient. Au fur et à mesure, j'ouvrais les portes des cellules de mes camarades.

Une fois dehors, mon peuple me suivant, nous courions en direction de la forêt. Mais là, une bombe éclata derrière nous. Je ne compris pas tout de suite ce qui m'arrivait. Je me vois, projetée en avant les yeux agrandis par la peur et j'entends les cris de mon peuple. Je toussote... La vache ! Ça fait mal. Je crache de la terre et du sang en me relevant difficilement. Autour de moi, des cadavres et la désolation.

Je cours et atteins non-sans soulagement la forêt. J'ai envie de regarder derrière moi, mais la peur m'en empêche. Je cours jusqu'à n'en plus pouvoir... Je m'enfonce dans les méandres de la forêt, m'écorchant de partout, mais je m'en fiche. Ce qui compte, c'est courir. Courir jusqu'à atteindre la délivrance, la liberté. Soudain, je tombe. Je commence à pleurer sans m'arrêter. Mais là, je relève la tête et vois un spectacle inimaginable. L... J'ai réussi. Je ne m'en suis pas rendu compte, mais j'ai couru longtemps.

Et j'ai atteint la ville.