Point De Vue Ino :

Je restais bouche-bée... Comment pouvait-il savoir ? Père lui avait dit ? Non, même mon père n'en savait presque rien, il savait juste que je vivais seul... Comment comment comment !? Il ne devrait rien savoir ! Surtout pas qu'un jour j'ai... J'ai commis un horrible crime, plus horrible que tout et personne ne le savait...

"Tu viens Ino ?" Demanda Riccardo.

"Qu'est-ce que tu sais..?" Fis-je calmement.

"De ton passé ? Juste que tu vivais dans la rue."

"Qui t'as dit ça !?" Criai-je.

"Calme-toi ! On t'as sauvé de l'équipe Alpha qui avait changé ton passé, je t'ai vu dans les rues."

"T'as rien vu d'autre ?"

"Des gens agonisaient, beaucoup étaient morts ou mourants..."

"Quel était mon état mental ?"

"Je ne sais pas trop..."

"Dit-moi !"

"Tu semblais énervé..."

"Et physiquement ?"

"Tu avais du sang sur toi... Tu avais sûrement étais blessé de nombreuses fois."

"Je vois. On va à l'intérieur."

Riccardo semblait un peu étonné et je le comprenais, je ne m'énervais pas souvent mais là, c'était vraiment la corde sensible, très sensible... Et de ce péché... Je ne pouvais pas en parler j'avais peur que Riccardo arrête de me parler à cause de ça.

"Ino, tu veux bien me dire ce qui ne va pas ?" Demanda Riccardo. "Tu sembles préoccupé par quelque chose..."

"C'est juste mon passé, je le hais." Fis-je. "J'ai souffert mais ce n'est pas tout et je ne veux pas t'en parler."

Je ne me rendais même pas compte que je pleurais, je ne devais pas en parler, même sous torture. En vérité, ne pas avoir oublié mon passé était déjà une torture en elle-même... Je sentis les bras de Riccardo autour de moi puis ses lèvres se posèrent sur les miennes pour la première fois... C'était tellement agréable, mais je ne m'en sentais pas digne : j'étais un monstre, je ne méritais pas tant de tendresse.

"Ino, je n'aime pas te voir pleurer." Fit Riccardo. "Dit-moi ce qui ne va pas."

J'aimerai pouvoir le dire mais peu importe le nombre de fois où j'essayais, j'avais toujours le même résultat : mes larmes envahissaient ma vision et ma bouche ne sortait aucun son. Le regard de Riccardo était calme mais surtout inquiet, à ce moment, comment pouvais-je lui dire alors qu'il restait aussi mignon, aussi beau, aussi important dans mon cœur...

"Je suis un monstre..." Murmurai-je au bout d'un moment.

"Un garçon comme toi ne peux pas être un monstre." Fit Riccardo, calme.

"Je... J'ai !"

"Tu as ?"

"Tu... J'étais ami avec un homme... Il m'aidait à survivre... Puis un jour il... Je me sentais mal, car il avait un fils plus jeune que moi et je... Je l'avais empêché de vivre..."

"Pourquoi ? Il s'est passé quelque chose ?"

"Oui... Pour survivre j'avais fréquenté des hommes étranges et tout à changer... Ils m'ont appris la véritable raison qui poussait l'homme à m'approcher... J'étais fou de rage, je m'étais permis d'anéantir mon futur..."

"Anéantir ton futur ?"

"Je... N'avais jamais pensé au 'après' de ma vie dans les rues..."

"Il y a encore quelque chose que tu me caches n'est-ce pas ?"

"O-Oui m-mais je..! Tu ne dois pas... Me détester..."

"Dit-moi tout."

"Je suis un..."