Tout le monde est mort? Je vois les stats me parler de lecteurs mais je ne reçois aucune review.. Y a un bug du site ou vous êtes tous timides^^?

Ce chapitre risque de faire criser, deux points de vue sur l'éducation s'affrontent ici: les deux se valent, je ne choisis pas, j'avais besoin de montrer que tous les compagnons n'ont eu pas la même enfance :)


Chapitre 9


Attablés à une petite table dans la cour du village, le groupe se rafraichissait en dégustant une des boissons locales. Les sourires augmentèrent lorsqu'ils aperçurent Jack qui remontait la place, les mains dans les poches.

-Jack! s'exclama Rose. Où étais-tu passé? Non, à la réflexion, ne dis rien, grogna-t-elle en le voyant esquisser un sourire grivois.

Ariane pouffa alors que le Docteur secouait la tête, blasé. Jack se laissa tomber à côté d'eux, clairement satisfait de lui-même. La soirée était douce et le soleil commençait sa longue descente, poussant les villageois à se rassembler sur la place. Les conversations allaient bon train, chacun racontant et commentant sa journée.

L'attention de Jack fut attirée par un groupe d'adolescents qui se pourchassaient, leurs rires résonnant au milieu de la foule. Il fronça les sourcils en reconnaissant parmi eux des visages familiers.

-Excusez-moi, murmura-t-il entre ses dents avant de se lever.

Ses amis le regardèrent faire sans comprendre, leur regard se posant sur les adolescents qui avaient ralenti en voyant le Dieu se diriger vers eux. Trois d'entre eux, en particulier, sentirent la panique les saisir, mais avant qu'ils aient pu s'enfuir, Jack attrapa brusquement le plus proche par le bras. Sa main s'abattit sans prévenir, faisant voler le vaurien au sol. Ses deux amis subirent un sort similaire, atterrissant lourdement sur la terre battue.

Un silence de mort était tombé autour d'eux, personne n'osant bouger alors que Jack se penchait vers l'adolescent le plus proche. Le saisissant par le cou, il le redressa sèchement avant de siffler :

-La prochaine fois, ce ne sera pas ma main que vous sentirez. Tentez une seule autre connerie de ce type et vous regretterez que ce ne soit pas vos parents qui vous aient attrapé les premiers. Est-ce que je me suis bien fait comprendre ?

Un petit pleurnichement lui répondit, vite remplacé par un cri lorsque Jack le gifla une nouvelle fois, avant de le secouer violemment :

-Je n'ai pas bien entendu !

-O.. oui..

Une nouvelle paire de gifles.

-Oui qui ?

-Oui, monsieur! pleura le gamin.

-Je ne t'entends pas !

-Oui monsieur! Pardon !

-Ce n'est pas à moi que tu dois t'excuser, petit con ! Tu t'y rendras demain, à l'aube, avec tes malotrus d'amis, et tu as intérêt à être réveillé, car c'est moi qui viendrai te tirer le cu de ton lit douillet!

James renifla, amusé. Quoique les gamins aient fait, il était évident qu'ils ne recommenceraient pas. Le Docteur se leva silencieusement, inquiet devant ce soudain accès de rage. Posant gentiment sa main sur son bras, il demanda calmement :

-Est-ce que je veux savoir ?

-Probablement pas, gronda son ami.

-Quoiqu'ils aient fait, ce doit être grave pour vous mettre dans un tel état.

Jack tourna la tête vers lui en entendant son inquiétude. Ses pupilles étincelèrent lorsqu'il grogna, assez fort pour que tout le monde l'entende :

-Maltraiter un vieil homme et son petit-fils handicapé juste par plaisir ? Ils ont de la chance que Rose soit là, sinon ce n'est pas ma main qu'ils auraient sentie.

Le son de deux chaises tombant brusquement au sol leur fit tourner les yeux. Ariane et James s'étaient levés, une fureur équivalente à celle qui brillait également dorénavant dans les yeux du Docteur déformant leurs traits.

Avant que l'un d'eux n'ait pu mettre la main sur un des adolescents, cependant, une villageoise s'avança et saisit celui qui devait être son fils par la nuque. La paire de gifle qui en ressortit fit grimacer la place entière. Sans un mot, elle entraina son rejeton avec elle, le trainant jusqu'à leur hutte pour ce qui s'annonçait clairement être une conversation difficile.

Jack secoua la tête, avant de jeter un regard noir vers les deux gamins restants. Ces derniers se recroquevillèrent sur le sol, apeurés.

-Vos parents ont trop honte de vous pour venir vous chercher? Dommage pour vous, c'est donc avec nous que vous passerez la soirée, grogna James.

-Davis, murmura le Docteur en l'interrompant de son regard, avant de faire un signe de tête vers des villageois qui les fixaient, leur honte évidente.

James renifla, clairement mécontent. Rose réalisa en frissonnant à quel point les gosses étaient chanceux que leurs parents soient présents. Elle n'était pas certaine de l'état dans lequel ils s'en seraient sortis, sinon. Elle fronça les sourcils en voyant Ariane cracher à côté d'eux avant de se détourner, sa mauvais humeur également évidente.

-Hé bien, c'était intéressant, murmura-t-elle lorsqu'ils furent tous revenus à leur table, les deux ados trainés au loin par leurs parents.

-Vauriens, siffla Jack. Et ce n'était pas la première fois.

-Tu l'aurais vraiment fait? souffla-t-elle, avant de préciser lorsqu'il haussa un sourcil. Tu as dit que si je n'avais pas été là, tu les aurais puni avec autre chose que ta main.

Jack haussa les épaules. Rose le fixa, ahurie.

-Quoi ?

-C'est violent !

-S'en prendre à un vieillard et un jeune handicapé, ça ne l'est pas? claqua-t-il. Je ne sais pas comment tu as été élevée, Rosie, mais chez moi, on ne s'en prend pas aux plus faibles !

-Moi non plus ! Mais ma mère ne m'a jamais frappée pour m'éduquer! protesta-t-elle.

-Frapper? Ce n'est pas frapper, c'est remettre les pendules à l'heure, renifla James. Si j'avais fait cela, j'aurai goûté à la ceinture de mon père.

Rose s'étouffa dans son verre.

-Votre éducation n'est pas celle de tout le monde, Rose, intervint doucement le Seigneur du temps en sentant l'atmosphère se tendre. Ce n'était pas ainsi que votre mère et la société de votre époque voyaient les choses, mais cela ne veut pas dire que c'est identique partout.

La blonde secoua la tête.

-ça je l'ai compris, mais la ceinture ?

-Je n'ai jamais revolé, commenta James en grimaçant depuis son verre, le vieux souvenir réveillant une honte qu'il pensait dépassée en lui.

-Mon père ne l'a jamais employée sur moi, mais certains petits cons ont perdu de sales habitudes ainsi, ajouta Jack sombrement. La vie est rude, Rose. Dure. Impitoyable. C'est comme ça. Tu as grandi en paix, et c'est très bien, je ne souhaite à personne de souffrir, mais tout le monde n'en a pas la chance. Et certains ont besoin de rappels plus sévères que d'autres, commenta-t-il en haussant les épaules.

-Je ne pense toujours pas que je pourrais m'y faire, répondit son amie, ses bras serrés autour d'elle. Même si je comprends le fond.

-S'en prendre aux plus faibles en toute impunité.. Personne n'a le droit de faire cela, grogna Ariane. Ils ne recommenceront pas, Jack, je peux te l'assurer. Ils ont appris leur leçon.

Le capitaine esquissa un faible sourire, sa rage se calmant lentement alors qu'il constatait l'approbation de ses amis. Il n'avait pas menti, s'il reprenait les gamins à faire quoique ce soit de mal, il n'y aurait aucun lieu où ces derniers pourraient se cacher.

Ses pensées se tournèrent vers Mo'h, son expression s'adoucissant à son souvenir. Le garçon était réellement adorable. Son courage forçait l'admiration, et il ressentit le besoin d'en faire plus pour lui et son grand-père. Demain, à l'aube, il se rendrait chez eux, et proposerait son aide. Il y avait tant qu'il pourrait sûrement faire pour améliorer leur vie, même légèrement. Ses parents et son papé n'auraient pas voulu qu'il se contente de les défendre une seule fois. Ce n'était pas ainsi qu'étaient élevés les enfants de Boeshane.