Chapitre 13

Découverte au clair de lune


Disclaimer : Je ne possède pas Harry Potter. xXDesertRoseXx possède le scénario et certains OC. Moi il ne me reste que la traduction ^^ (d'ailleurs je n'ai toujours pas reçu de réponse de la part de l'auteure sur l'autorisation de traduire sa fic donc si elle me demande un jour de la retirer du site, c'est avec tristesse que je le ferai)


Hello tout le monde ! Et oui, aujourd'hui est un jour férié ce qui veux dire... Un nouveau chapitre bien en avance par rapport à mes habitudes !

Merci encore à tous les reviewers, followers :) Désolée, j'ai pas le temps pour une longue note aujourd'hui, je suis un peu pressée mais j'éspère que vous apprécierez ce chapitre !

Enjoy !


Ils mangèrent dans un restaurant local, Harry pris des photos d'eux deux et de tout ce qui bougeait, ils louèrent deux chevaux pour la période où ils seraient ici t ils revinrent à l'hôtel pour ranger leurs achats, se doucher et se coucher. Quand le soleil commença à tomber vers l'ouest, ils quittèrent de nouveau l'hôtel, le plus discrètement possible, et ils guidèrent leurs chevaux jusqu'à la rivière avant que Severus ne déplie la carte. Ils firent une estimation approximative de leur position – le parchemin ayant après tout plus de quatre cent ans, donc la précision n'était pas son point fort – et ils chevauchèrent vers le Sud, parallèle à la rivière. Ce fut la première d'une série d'au moins de quinze jours de longue nuits, réalisa Severus en regardant l'étoile de soir s'élever à l'horizon. Leur recherche de la fleur connue sous le simple nom d'Eloïsa avait commencée.

Six nuits, pensa Severus maussade. Cela faisait exactement six nuits qu'ils avaient commencé à chercher la fleur et il sentait qu'ils se rapprochaient à chaque fois. Ce n'était pas qu'il était impatient, non. Il continuerait de venir, nuit après nuit pendant des mois si cela ne concernait que lui. Même Harry, à son jeune âge, ne se plaignait pas des nuits qu'ils passaient sur le dos d'un cheval alors qu'il pourrait être en train de dormir dans un lit bien confortable à la Kasbah, parce qu'il comprenait totalement en quoi cette fleur était importante.

Non, c'était que le temps jouait contre eux ce qui rendait leur recherche bien plus urgente. Eloïsa, la fleur qu'ils recherchaient, ne fleurissait que lors du dernier mois d'été, et même à ce moment, uniquement lorsque la lune éclairait le ciel. Severus savait que cela ne leur laissait qu'une mince fenêtre d'action, de quelques heures chaque soirs. Et ils n'avaient que vingt nuits au total avant que la fleur du désert insaisissable ne s'enterre sous le sable pour une autre année. Ils chevauchaient vers un ensemble de falaises rocheuses, ayant laissé la rivière derrière eux après la deuxième nuit, ils devraient se rapprocher normalement. S'il s'agissait bien des falaises décrites sur la carte, alors les fleurs devraient se trouver dans le coin. Ce n'était vraiment pas loin de la ville où ils séjournaient. S'ils connaissaient la route, Severus était sûr que le trajet ne prendrait pas plus de 3h à cheval, non-stop, pour arriver aux falaises. Le problème, c'était qu'ils étaient dans le désert. Si on ne connaissait pas la route, on ne pouvait pas chevaucher aveuglément, sorcier ou pas.

Donc la routine était la même tous les soirs, ils chevauchaient avec des arrêts toutes les quinze minutes, ils vérifiaient leur entourage et le comparaient à la carte, marquant leurs progression et retournaient à l'hôtel juste avant le lever du soleil. La première nuit avait été un véritable choc, Severus avait pas mal voyagé pour son Maesteria en Potions (j'avoue j'ai volé le terme à la fic No Name, écrite par Miliana… Je suis une fan irréductible de cette fiction ! Désolée pour la pub ^^) mais il n'avait jamais été dans un désert, encore moins la nuit. Et, bien qu'il ne sache que les températures baissaient la nuit, il n'avait pas prévu une telle différence. Ayant retenu leur leçon, ils étaient maintenant munis de capes bien épaisses qu'ils portaient toutes les nuits.

Harry avait plaisanté en disant qu'ils ressemblaient à des bandits du désert. Severus rit parce que le garçon n'était pas si loin de la vérité que ça. Puisque Eloïsa était une espèce florale protégée, comme il l'avait expliqué au garçon, qu'ils en emportent hors du pays n'était pas tout à fait légal. Heureusement, les pétales n'étaient pas utilisés en tant que tels mais devaient être manipulés et transformés en huile qui pouvait bien plus facilement être sortie clandestinement du pays. Harry avait, contre toute attente, bien réagi à la nouvelle, cela l'avait même fait ricaner, quelque chose avait brillé dans ses yeux, une lumière que Severus appelait simplement L'Etincelle. Il pressentait que c'était un regard qui reviendrait dans les yeux d'Harry dans le futur. La seule question du garçon après ça fut de demander s'il y aurait des contrôles lorsqu'ils quitteraient le pays. Bien sûr qu'il y en avait, lui avait répondu le maître de Potions, si tu arrivais par balai ou pas un Portoloin légal, il fallait tout déclarer aux autorités. Harry avait juste levé les yeux ciels et s'était reconcenté sur la carte, décidant qu'une amélioration de la potion Tue-Loup valait bien un peu de trafic.

« Hey, Sev. » Harry se tourna vers le maître de Potions avec un sourire. Tous deux avait le teint légèrement hâlé désormais, chose que quelques filles à l'hôtel avaient commenté, au grand amusement de Severus. Cela faisait de nombreuses années qu'il n'avait pas apprécié d'attirer un peu d'attention et c'était la première fois que cette attention était uniquement féminine. Harry se moquait de lui au début jusqu'à ce qu'une petite fille blonde ne l'attrape par le bras et le présente à ses parents comme son petit-ami. Le garçon terrifié avait été sauvé par Severus, et il avait boudé toute la journée, pour le plus grand divertissement de son père d'adoption.

« Oui, Harry ? » demanda Severus, leurs voix constituaient le seuls bruit qui brisaient le silence en plus du vent qui balayait les dunes de sables.

« Peut-être que j'aurais du demander avant, mais pourquoi cette fleur est-elle si spéciale ? » s'enquérait Harry. « Je sais qu'elle est sensée stabiliser la Tue-Loup et empêcher que ses effets ne se dissipent, mais pourquoi cette fleur en particulier ? Et c'est quoi ce nom d'abord, Eloïsa ? C'est pas local, ça c'est sûr. »

« C'est une histoire assez triste. Tu veux vraiment l'entendre ? » le prévint Severus.

« Tu as de meilleurs plans pour ce soir ? » demanda Harry, amusé en rapprochant son cheval de celui de Severus pour qu'ils n'aient pas à parler trop fort. Après s'être habitués au calme du désert, ce genre de sons trop forts paraissait excessif.

« Sale gosse ! » murmura Severus, notant qu'il utilisait cette expression de plus en plus souvent depuis qu'ils étaient à l'étranger. Cela faisait plaisir de voir Harry agir comme le jeune garçon plein de vie qu'il était pour une fois et qu'il arrête de supporter ce fardeau d'être Celui-Qui-A-Survécu en secret et le protecteur caché de son frère. Bien sûr, le garçon essayait de ne pas le montrer, mais parfois c'était clair comme du cristal dans ses yeux.

« Je vais pouvoir l'entendre ce soir cette histoire ou tu vas te la jouer Shéhérazade et me la raconter demain plutôt ? » demanda Harry en haussant un sourcil. Ce mouvement rappelait beaucoup à Severus lui-même et il décida d'écourter la plaisanterie avec humour.

« Je te raconte, si tu me rappelles pourquoi je t'ai donné du travail de littérature en premier lieu… »

« Parce que, et je te cite, une éducation complète vaut mieux qu'un entraînement sans cervelle. » lança malicieusement le garçon.

« J'avais raison d'ailleurs. » confirma Severus avec un signe de tête, faisant rire Harry. « L'histoire de la fleur commence ainsi : Vers la fin du 14ème siècle, le Ministre de la Magie Allemand envoya une équipe de recherche là ou se trouve aujourd'hui le Maroc. Ils devaient trouver de l'aide pour la guerre magique qui avait commencé en Europe centrale. Et par aide, ils ne voulaient pas dire des renforts ou de nouvelles formes de magie, non. La cause principale de leurs problèmes sur le moment était le poison : un nouveau poison avait été créé pour le champ de bataille et avait le potentiel de tuer un nombre massif de personnes. Il était incorporé dans l'eau et la nourriture et tuait sans discrimination. L'équipe de recherche fut envoyée ici pour récupérer une petite plante célèbre pour ses propriétés magiques auprès des locaux.

« L'Eloïsa ? » demanda Harry, intrigué.

« Exactement. » confirma Severus. « Mais la fleur n'avait pas de nom à cette époque. Celle qui portait le nom d'Eloïsa à l'époque était la jeune fille de 12 ans du leader de l'équipe. Sa mère était morte du poison plus tôt dans l'année et son père, connu pour ses prouesses magiques, s'était proposé pour mener l'expédition. Il avait pris sa fille unique avec lui, n'ayant pas d'autre membre de famille pour la garder. Ils vécurent dans le désert pendant un mois et, rappelle toi que la ville où nous séjournons était encore abandonnée à l'époque.

« Qu'est ce qu'il s'est passé alors ? »

« Prétendument, Eloïsa se promenait une nuit quand une douce lumière bleue venant d'une pile de rochers attira son attention, elle s'en approcha et, à sa surprise, la lumière semblait venir d'un ensemble de petites fleurs, ressemblant à des clochettes, qui semblaient refléter la lueur de la lune. Voulant partager sa découverte, elle courut au camp où son père était encore endormi. Par contre, elle trouva quelque uns de ses hommes qui, épuisés du long voyage sautèrent sur l'occasion de trouver cette fleur si rare et de retourner à leurs familles. Ce qu'aucuns d'eux ne remarqua fut la lune. »

« La lune ? » demanda Harry, entièrement absorbé.

« Oui, la lune. Eloïsa n'éclot qu'à la lumière de la lune. Bien sûr, aucuns membres du groupe – et certainement pas une petite fille de douze ans – n'était au courant de ce fait. C'était donc assez naturel pour eux de ne pas prêter attention à l'éclipse lunaire qui se déroulait cette nuit. » Harry avait les yeux grands ouverts et il était pendu aux lèvres de Severus.

« Et ? »

« La fillette les mena bien là où elle avait vu les fleurs mais, sans la lumière de la lune, la plante s'était rétractée dans le sable. Dans un élan de rage, un des hommes dégaina sa baguette et la pointa sur la fille. Le reste des hommes s'élancèrent à son secours mais une malédiction finit par la toucher. Il est dit que son père, qui s'était réveillé aux cris, arriva là-bas quelques instants seulement après que sa fille ait été tuée par la malédiction. » Severus haussa les épaules et continua. « Comme tu peux le comprendre, la lune revint assez rapidement et les fleurs refirent surface. »

« Et ils les ont ramenés en Europe ? »

« Oui. En réalité, les fleurs en elles-mêmes ne possédaient aucune propriété curative mais elles aidaient à stabiliser l'effet des potions dans lesquelles elles étaient ajoutées. Une goutte d'huile extraite des pétales de ces fleurs prolongeait les effets pendant un long moment que personne n'a jamais vraiment mesuré. Le point de cette histoire, par contre, est qu'il fut prouvé que la fleur s'avéra parfaitement inutile pour guérir le poison. L'antidote fut finalement crée et la fleur devint de l'histoire ancienne sous le nom d'Eloïsa. Personne ne sait ce qui est arrivé au père de la fille. Les fleurs étaient considérées être un mythe jusqu'à ce qu'un botaniste français ne tombe sur elles par accident, il y a trois siècles. Il catalogua les fleurs et en ramena un petit spécimen en Angleterre. C'est sa carte qu'on suit. » expliqua Severus.

« Mais si les propriétés de cette plante sont si puissantes, » déclara Harry confus. « pourquoi elle n'est pas utilisée pour plus de potions ? Elle devrait être célèbre ! »

« Réfléchis bien Harry. » dit Severus souriant à la vue des sourcils froncés du garçon. Finalement, le jeune sorcier soupira lorsqu'il parvint à une conclusion.

« Parce que personne n'a réellement besoin qu'une potion soit permanente. Elles sont supposées faire effet puis disparaître. » répondit le garçon, faisant hocher la tête de Severus avec plus qu'un peu de fierté.

« Si on était à l'école, je t'aurais récompensé de cinquante points, Harry. » lui assura le maître de Potions. « C'est quelque chose que la plupart des sorciers n'arrivent pas à comprendre avec les potions : elles sont extrêmement dangereuses si elles restent dans le corps plus que nécessaire. Une grande partie des ingrédients sont toxique par nature et ceux qui ne le sont pas, ne sont tout de même pas sensés résister pour toujours. Prends le Poussos par exemple. Puisqu'elle met tant de temps à agir, aucun des ingrédients n'est toxique. Mais tu peux t'imaginer ce qu'il se passerait si elle ne s'arrêtait jamais de fonctionner ? »

« Les os des patients continueraient de grandir ? » demanda Harry en faisant la grimace, resserrant sa prise sur les rênes de son cheval.

« Exactement. La potion devrait bien faire quelque chose et lorsqu'elle ne trouverait plus d'os à faire repousser, elle s'activerait sur les os déjà existants. C'est d'ailleurs l'un des gros problèmes, le surdosage de cette Potion. » expliqua Severus.

« Mais pour la Tue-Loup ? On cherche pas justement à rendre ses effets permanents ? » s'interrogea Harry.

« Vraiment ? » demanda Severus, désireux de voir Harry réfléchir par lui-même.

« J'ai compris. » dit le garçon après quelques minutes de réflexion. « On veut que les effets lors de la pleine lune soit permanents. Mais la Tue-Loup contient des ingrédients toxiques donc elle ne peut pas être active tout le temps. »

« Encore une fois, des points pour la Maison dans laquelle tu iras à Poudlard. » répondit Severus avec un sourire. « Si je voulais un ingrédient qui garderait les effets de la potion indéfiniment, je pourrais peut-être recréer cet effet dans mon laboratoire à la maison, donc cette excursion aurait été inutile. C'est une autre raison, en plus de sa capacité à prolonger les effets d'une potion, qui rend cette fleur si spéciale. » Le maître de Potions attendit patiemment qu'Harry ne comprenne. Le garçon ne le déçut pas.

« C'est la réaction qu'elle a avec la lumière de la lune. Si tu peux trouver un moyen de reproduire la réaction originelle de ces plantes sous la lumière de la lune dans un potion, alors tu auras une Tue-Loup qui ne serait active que lorsque le loup-garou est affecté par la lune, rendant l'effet désiré permanent. » conclut Harry. « C'est une idée de génie ! »

« Et bien, merci Harry. » dit Severus alors que leurs chevaux atteignaient les falaises. « Bien sûr, cela va demander énormément de recherches et très probablement une longue liste d'ingrédients pour produire l'effet désiré au final, mais au moins, c'est un début ! » Ils chevauchèrent un moment en silence.

« Tu avais raison, au fait. » admit le garçon, en regardant la lune.

« J'avais raison à propos de quoi ? »

« C'était une histoire triste. » Répondit Harry avec un sourire léger.

« Je t'avais prévenu. » rétorqua Severus prenant un air insulté – et très exagéré – sur son visage. Harry rit à ses imbécilités.

« C'est vrai, c'était intéressant quand même. Je me demande si… » commença Harry et son regard se perdit au loin.

« Tu te demandes si quoi ? » l'incita Severus.

« Oublie ça. » dit le garçon en regardant d'un air hypnotisé au loin, avec une voix surprise. « Là, tout de suite, je me demandes si cette histoire m'a trop affecté ou si il y a réellement une lueur bleue qui vient des rochers par là-bas. » déclara le garçon en pointant du doigt quelques rochers au loin. La tête de Severus se tourna si rapidement pour voir ce que le garçon montrait qu'il en eut le vertige. Cela n'avait pas tellement d'importance : les talents d'attrapeur d'Harry avaient repérés une lueur bien différente du Vif d'Or cette fois-ci.

« Harry ? » Le professeur de Potions se tourna gravement vers le garçon.

« Oui, Sev ? » Le sourire de l'homme aux yeux noirs fut la seule réponse dont Harry eut besoin.

« Le premier arrivé aux fleurs a gagné ! » s'exclama Severus et fit accélérer son cheval, Harry le suivant immédiatement avec un rire. Ils arrivèrent aux fleurs luisantes en quelques minutes et furent récompensés par la vue de ce qu'ils avaient espérés voir. Plus que cela en fait.

« Quelques fleurs entre des rochers hein ? » demanda Harry avec un sourire qui lui mangeait la moitié du visage. Une petite vallée était apparue devant leurs yeux, auparavant cachée par les rochers pointus. Et dans cette vallée, des milliers de fleurs brillantes offraient de nombreuses promesses, sous la lueur de la lune.

« Peut-être que l'histoire se trompait un peu. » admit Severus et descendit de son cheval d'un mouvement fluide, aidant Harry à en faire de même. Ils attachèrent les rênes sur des rochers et se commencèrent immédiatement à s'activer, ayant chacun une faucille à la main, dont la lame était faite de l'argent le plus pur. Harry coupait la fleur délicate juste au-dessus des deux grandes feuilles près du sol, comme lui avait appris Severus pour qu'elles puissent repousser l'année prochaine, et plaçait la fleur avec la tige dans un léger sac en lin qu'il avait passé dans son dos. C'était un processus assez lent, et chaque fleur produirait à peine assez d'huile pour en faire une goutte entière.

« Pour être franc avec toi, Severus, » commença le garçon en continuant de couper prudemment, s'assurant de ne pas marcher sur les plantes qu'il avait déjà coupées, « je pensais qu'on mettrait le mois entier à trouver ces fleurs. » admit Harry avec un sourire qui rencontra le regard faussement sévère du maître de Potions.

« C'est bien de voir que tu fasses autant confiance à mon sens de l'orientation, Harry. » commenta Severus, feignant d'être blessé par ses mots.

« Mais c'est vrai. Tu te rappelles cette fois où on s'était perdu dans la forêt à la maison ? » demanda Harry en riant, rappelant à Severus un évènement qui s'était déroulé en Mai. « Si les chevaux n'avaient pas connu le chemin on aurait été perdus ! Dans les terrains de notre propre maison t'imagines ? » Severus sourit lorsqu'il entendit « notre maison ».

« Ce que tu sembles oublier c'est que tu étais avec moi dans cette forêt, et tu étais tout aussi perdu que moi. » répondit Severus, en souriant.

« Et tu sembles oublier que tu es l'adulte dans cette famille. Attendais-tu vraiment qu'un garçon de sept ans ne retrouve le chemin pour toi ? » demanda Harry sérieusement, en pointant Severus de sa faucille. « Je ne crois pas ! » Severus leva les yeux au ciel et continua de travailler, trop joyeux car Harry avait parlé de « famille » pour rétorquer. Ils devraient probablement revenir le lendemain et peut être la nuit d'après encore, mais ils auraient toutes les Eloïsa dont ils avaient besoin.

Ce fut à peu près 20 minutes plus tard, que quelque chose attira l'attention de Severus. Les chevaux paraissaient agités d'un seul coup. Il regarda vers le ciel et vers le désert mais le ciel était limpide et le vent doux : rien ne semblait indiquer une tempête de sable à l'horizon, et même si ça avait été le cas, ils seraient plutôt protégés par les falaises. Cette protection naturelle couplée avec une flopée d'Enchantements protecteurs serait tout ce dont ils auraient besoin, en fait. Les chevaux paraissaient tout de même agités et essayaient de se libérer de leurs liens. Harry se tourna vers les chevaux qui hennissaient désormais et remis sa faucille dans son sac pour pouvoir les approcher.

« Tout doux, mon grand. » dit-il calmement, caressant les chevaux doucement. « Sev, tu as un idée pourquoi ils sont si inquiets ? » Les chevaux n'avaient pas l'air de se relaxer, peu importe ce qu'on leur faisait.

« Non, et la météo semble… Harry, derrière toi ! » s'exclama Severus qui sentait son cœur s'arrêter de battre. Sur les rochers derrière le garçon, se tenait un gros serpent prêt à se jeter sur Harry. Severus resta immobile, le moindre mouvement pouvait faire attaquer le serpent, et personne ne pouvait dégainer sa baguette plus vite qu'un serpent en attaque.

Le serpent regardait Harry, qui en retour le regarda droit dans les fentes qu'il avait pour yeux. C'était un long serpent marron et, comme la plupart des serpents en Afrique, semblait venimeux. Harry n'osait même pas cligner des yeux. Le serpent sembla prendre sa décision et recula sa tête, prêt à frapper.

« Eloignez vous de mes œufs ! » Les yeux d'Harry s'agrandirent encore plus à la voix sifflante. Le serpent venait-il juste de lui parler ? Ne quittant pas le serpent prêt à attaquer, il bougea ses lèvres doucement. Qu'avait-il à perdre de toute façon ?

« Bonjour ? » demanda-t-il doucement. Le serpent referma d'un coup sa mâchoire.

« Tu es un parleur, humain ? » demanda le serpent à son tour. Harry, pensant à moitié qu'il avait déjà été mordu et qu'il s'agissait des effets secondaires du poison, était on ne sait trop comment presque sûr que ce serpent était une femelle.

« Je crois. » répondit-il en regardant le serpent, apeuré mais aussi émerveillé.

« Pourquoi menaces-tu mes œufs alors ? » demanda le serpent en baissant doucement la tête.

« Je ne les menace pas. » se défendit Harry. « Mon père et moi sommes juste ici pour les fleurs. On n'avait pas réalisé qu'il y avait un nid par ici. »

« Donc vous n'êtes pas là pour mes œufs ? » persista le serpent qui semblait néanmoins bien moins agité.

« Je te promets qu'on ne fera rien pour les mettre en danger. » jura Harry. « Si tu me dis où se trouve ton nid, je te jure qu'on ne s'en approchera même pas. »

« C'est par là, derrière ces rochers. » déclara le serpent en pointant une pile de rochers assez éloigné des fleurs avec le bout de sa queue.

« On est là uniquement pour les fleurs, on ne s'approchera pas de ton nid. » répéta Harry.

« Tu as l'air d'être un parleur honnête. Et tu n'es pas beaucoup plus vieux qu'un bébé serpent. Si tu promets de ne pas t'approcher de mon nid, tu peux rester. » accepta le serpent.

« On aura peut-être besoin de revenir les nuits prochaines. » la prévint Harry. « Les fleurs n'éclosent que sous la lumière de la lune. »

« Je sais, jeune parleur. » confirma le serpent. « Eloignez vous de mon nid et récupérez toutes les fleurs dont vous avez besoin. »

« Je te promets qu'on restera loin. »

« Bien alors. » concéda le serpent et, juste comme ça, tourna sa tête et glissa au loin. Harry laissa sortir un soupir bruyant de soulagement et se tourna pour regarder Severus. Sans qu'Harry ne le sache, le maître de Potions n'avait pas pu décrocher les yeux du garçon lorsqu'il parlait avec le serpent. Après que le choc initial n'ait disparu et qu'il fut sûr que le serpent n'attaquerait pas, son cerveau se mit à travailler plus vite qu'une licorne galopante, faisant le lien dans sa tête. Harry parlait au serpent, en sifflant et en hochant la tête, comprenant exactement ce qu'il disait. Harry parlait Fourchelangue. Harry était un Fourchelang.

« Sev ? » demanda le jeune garçon apeuré. « Je viens juste de parler à un serpent ? » Un petit sourire se dessina sur le visage du professeur de Potions.

« Tu sais quoi, fiston ? » demanda-t-il alors que son petit sourire se transformait en un immense sourire. « Je crois bien que oui. »


Alors, alors ? Oubliez pas les reviews ;)