Chapitre 14
Présentations officielles
Disclaimer : Bla, bla bla, c'est pas à moi, bla bla bla même si j'aimerais bien ^^
Hello everybody ! Comment ça va ? Comme vous êtes des lecteurs très chanceux et que c'est un week-end plutôt long (en tout cas pour ceux comme moi qui ont eu la chance de faire le pont) voici le chapitre suivant ! Voilà la fin de leur voyage et le retour à la maison ! D'ailleurs celui-ci est plutôt long :)
Je vous remercie encore tous à être si nombreux à aimer cette fiction et à la reviewer, vous ne savez pas combien ça me fait plaisir, de savoir que même si je suis pas l'auteur, ma traduction est d'assez bonne qualité pour vous plaire ! Merci à tous, je vous fais des gros bisous !
Et comme d'habitude,
Enjoy !
Harry parlait au serpent, en sifflant et en hochant la tête, comprenant exactement ce qu'il disait. Harry parlait Fourchelangue. Harry était un Fourchelang.
« Sev ? » demanda le jeune garçon apeuré. « Je viens juste de parler à un serpent ? » Un petit sourire se dessina sur le visage du professeur de Potions.
« Tu sais quoi, fiston ? » demanda-t-il alors que son petit sourire se transformait en un immense sourire. « Je crois bien que oui. »
« Je ne suis toujours pas sûr à propos de ça. » déclara Harry, au-dessus de son thé vert à la menthe. Ils avaient fini par quitter la vallée peu de temps après le petit incident avec le serpent la nuit dernière. Et « peu de temps » voulait dire qu'ils avaient récupéré leurs sacs en lin avec les fleurs et étaient montés sur leurs chevaux pour repartir. Severus, juste avant de s'en aller, avait jeté un sort de traçage pour qu'ils puissent trouver la vallée plus facilement la prochaine fois.
Le voyage de retour de trois heures avait été très silencieux puisqu'Harry conduisait son cheval le regard perdu dans le vide, suivant le chemin qu'il avait mémorisé durant leur quête pour trouver les fleurs. Le maître de Potions pouvait bien voir que la découverte de son nouveau don le troublait et ce n'était pas surprenant, compte tenu de toutes les histoires associant les Fourchelang au Mal. Il avait essayé de lui parler une ou deux fois, mais il restait immobile comme s'il n'avait pas entendu qu'on l'appelait. Severus avait juste soupiré et attendit patiemment qu'ils arrivent à la Kasbah.
La chambre était exactement comme ils l'avaient laissé et il plaça rapidement les fleurs dans un coin avant de se tourner pour faire face à Harry, les fleurs pouvaient bien attendre. Il avait finalement réussi à comprendre le garçon, qu'il considérait désormais comme son fils, seulement pour découvrir qu'il n'était pas troublé, il était terrorisé. Et cela ne lui avait pas pris longtemps avant de découvrir que l'origine de sa peur ne résidait pas dans le don lui-même. Harry avait su que Voldemort était un Fourchelang – probablement d'une conversation qu'il avait entendue entre les Potter ou Dumbledore puisque Severus n'en avait jamais parlé – et avait développé une peur irrationnelle : que ce nouveau don ne le rende similaire au Seigneur des Ténèbres d'une certaine manière. Sa peur n'avait fait que s'intensifier quand, en mettant son pyjama, Harry avait remarqué que trois nouvelles runes étaient apparues sur son emblème. Mais cette fois-ci, les symboles verts sombres étaient apparus sur une des lignes de son emblème et non autour. Harry avait pâli et resta fermé comme une huître pendant une vingtaine de minutes lorsque Severus avait traduit ces runes comme étant « Fourchelang ». Ce ne fut qu'après que le maître de Potions réussit à le faire parler.
Severus était resté tétanisé face aux explications d'Harry sur sa crainte et il avait, aussi fermement que possible, rassuré le garçon en lui disant qu'il n'avait rien à craindre de la sorte en étant un Fourchelang. Il lui avait expliqué que ce n'était qu'un don, très rare qui plus est, et qu'il devrait en tirer le meilleur possible. Le garçon avait éclaté en sanglots, silencieux et tremblant, et avait demandé à Severus s'il le détestait parce qu'il était un Fourchelang. Après quelques interrogations délicates, Severus avait découvert que la peur du garçon était enracinée plus profondément encore, elle venait d'une conversation qu'Adrian avait eue une fois avec James. Le plus vieux des Potter avait –pour sa défense, c'était probablement une blague- dit à Adrian qu'il ne le pardonnerait jamais s'il montrait une affinité pour un don si « noir ».
Severus avait eu envie de hurler. Aussi doué qu'était Harry, il n'avait que 8 ans et était encore plus jeune lorsqu'il avait entendu la « menace » de James. Ça n'avait pas été facile de le rassurer que la haine était le total opposé de ce qu'il ressentait pour lui. Harry était finalement tombé dans les bras de Morphée un peu après l'aube et certainement pas avant que Severus ne lui ait fait une liste de Fourchelangs qui avaient été loin d'être mauvais. Il était persuadé qu'Harry n'avait été convaincu que lorsqu'il avait mentionné Merlin – les runes étaient sur son emblème lorsqu'ils avaient eu la chance de le voir – mais avait tout de même continué.
Le Fourchelangue était également leur sujet de conversation le lendemain au petit-déjeuner. Ils étaient assis sur une table à proximité de la fenêtre qu'Harry avait choisie, puisqu'il avait remarqué que si on regardait bien, on pouvait distinguer les falaises où ils avaient trouvé les Eloïsa.
« Pas sûr à propos de quoi ? » demanda Severus en levant les yeux au ciel, prenant une gorgée de son thé. La quantité de sucre qu'ils avaient ajouté dans ce truc pourrait vous tuer, pensa-t-il, mais ni Harry, ni lui ne pouvaient s'empêcher d'avoir le bec sucré. « Le Fourchelangue est un don qui peut être très utile dans certains cas, comme la nuit dernière par exemple. » Le professeur de Potions tenta de refouler le frisson qui le prenait à chaque fois qu'il songeait à ce qui aurait pu se passer si Harry n'avait pas été un Fourchelang.
« C'est vrai. » concéda Harry avec un sourire en avalant un peu de thé lui aussi. « Tellement de sucre dans ce truc ! » murmura-t-il en regardant son thé avec un sourire, faisant exploser Severus de rire.
« Écoutes, Harry, arrêtes de t'inquiéter. Le Fourchelangue est juste une autre langue, bizarre je te l'accorde, mais tout de même une langue. » rappela Severus au garçon. « Si ça te fait te sentir mieux, on fera quelques recherches quand on rentrera à la maison. » Harry sourit ouvertement à cette proposition.
« Oui, on pourrait faire ça, j'imagine. »
« Bien. » confirma Severus avec un rictus. « Et maintenant, si on pouvait laisser ce sujet de côté et apprécier le petit-déjeuner. L'entêtement dont tu fais preuve parfois est juste insupportable gamin. »
« On se demande vraiment de qui j'ai pris ce trait de caractère. » répondit Harry avec un rictus, lui aussi. Severus sourit simplement en accord avec ce qu'il disait.
Le reste de leur séjour au Maroc se déroula dans une ambiance bien plus relaxante maintenant qu'ils avaient trouvé la position des fleurs. Ils y retournèrent trois nuits, ne croisant pas le serpent, au plus grand soulagement d'Harry, jusqu'à ce que Severus ne déclare qu'ils avaient suffisamment de fleurs pour une décennie entière.
Ils restèrent à la Kasbah une semaine de plus, juste le temps qu'il leur avait fallu pour terminer le processus de transformer les pétales en une huile lumineuse, légèrement bleutée, que Severus stocka avec précaution – avec une dizaine de sorts de protections et de rembourrage – dans sa malle. Puisqu'il leur restait encore deux semaines de vacances, ils décidèrent de poursuivre leur voyage vers les côtes. Le jour de leur départ de l'hôtel fut, probablement, pour Harry un des souvenirs les plus hilarants de sa vie, un sur lequel il reviendrait dans les années à venir et qui le ferait toujours rire. Ils avaient fait leurs malles et étaient sur le point de quitter la chambre lorsqu'ils entendirent un léger coup sur la porte.
« On attend quelqu'un ? » demanda Harry, confus.
« Non. » répondit Severus d'un ton aussi surpris. « Tu as a appelé le service de chambre ? » demanda-t-il et partit ouvrir la porte, son autre main saisissant sa baguette, dès que Harry lui fit un signe négatif de tête. Severus ouvrit la porte et recula d'un pas, prêt à jeter un Oubliettes à la personne si elle représentait le moindre danger, et se retrouva seulement devant le visage rouge d'embarras de…
« Asmae ? » demanda Severus, sous le choc, enlevant rapidement la main de son étui à baguette. Harry eut un sourire en coin, et s'assit confortablement sur le lit depuis lequel il pouvait facilement observer la scène qui allait se dérouler sous ses yeux. Asmae et quelques unes de ses amies qui travaillaient à l'hôtel, s'étaient pliées en quatre pour satisfaire leurs moindres désirs. Harry en avait profité le plus possible et avait adopté son regard le plus innocent pour demander – et il avait reçu – des croissants au chocolat frais tous les matins. Severus lui avait dit que ce n'était pas très gentil de sa part et qu'il devrait arrêter de leur en demander, mais Harry ne pris pas sa remarque en compte, probablement parce qu'il était lui-même en train de dévorer un croissant pendant qu'il lui disait cela.
« Bonjour, Monsieur Black. » le salua Asmae avec un sourire. « J'ai remarqué que vous libériez votre chambre et quittiez l'hôtel, et je venais vérifier si vous n'aviez pas besoin d'aide. » Severus résista à la tentation de lever les yeux au ciel, il doutait fortement que les réceptionnistes de l'hôtel soient censées aider les clients à remballer leurs affaires.
« On est prêt à partir, Mademoiselle Asmae. » offrit Harry avec un sourire.
« Oui, comme l'a dit mon fils, nous avons déjà fait nos bagages. » confirma Severus. « Merci, pour votre considération. » Il sourit poliment et s'inclina très légèrement.
« Alors j'espère que vous avez apprécié votre séjour dans notre hôtel. » dit-elle, son sourire s'agrandissant.
« Oui, tout était parfait. » déclara le maître de Potions et il regarda la jeune femme dans l'expectative. Qu'est-ce qu'elle voulait déjà ? Puisqu'elle ne semblait pas se décider à bouger, il décida de lui dire : « Donc, ce sera tout ? » pour changer de sujet, s'attendant à ce qu'elle parte.
« Juste une dernière chose. » dit-elle, son sourire se faisant plus séducteur. Severus blêmit légèrement. Harry aurait tellement aimé avoir du pop-corn sous la main à ce moment-là. « Severus ? »
« Oui ? » demanda-t-il en la regardant un peu effrayé. Il était sur le point de lui demander ce qu'elle voulait exactement de lui, lorsqu'elle se mit soudain en mouvement. Elle l'attrapa par le col de son T-shirt, l'attira vers elle et l'embrassa avec fougue. Les fonctions cérébrales de Severus gelèrent. De tout ce à quoi il s'attendait, et bien, cela n'en faisait absolument pas partie. Lorsqu'il fut capable de recouvrir ses capacités mentales, il découvrit, à sa plus grande surprise, qu'il l'embrassait en retour. Finalement, Asmae s'écarta et regarda le maître de potions un peu sonné, avec des yeux dilatés et le visage rouge écrevisse.
« Ec...écrivez-moi » balbutia-t-elle avec une voix faible avant de sourire franchement et de quitter la pièce, lui faisant un clin d'œil par-dessus son épaule. « C'est toujours les plus calmes… » murmura-t-elle lorsqu'elle arriva à l'ascenseur avec un sourire qui lui mangeait la moitié du visage. Dans la suite, Severus ferma la porte et se tourna vers Harry avec une expression de confusion peinte sur son visage.
« C'était quoi ça ? » demanda-t-il, sonnant complètement perdu. Un peu plus tard, il réaliserait qu'il n'avait pas ressenti cette pointe de culpabilité et cette déception qu'il aurait eue par le passé, en pensant que la fille qu'il embrassait n'était pas Lily.
« Ça s'est bien passé. » dit Harry impassible avant de s'écrouler de rire sur le lit juste derrière lui. Severus le regarda comme s'il était devenu fou avant d'abandonner et de sourire légèrement, et ce petit sourire se transforma en un grand sourire et, ce dernier devint un rire incontrôlable et avant qu'il ne s'en rende compte, il était déjà essoufflé.
« Ça s'est bien passé, si je peux le dire ainsi. » commenta le maître de Potions entre deux hoquets. De tout ce qui aurait pu arriver…
« Donc on part ? » demanda Harry, les yeux brillants.
« Oui. » Severus, essuyant les larmes sur ses joues. « Pourquoi on ne partirait pas ? »
« Je pensais que peut-être, Asmae et toi voudriez passer du temps ensemble. » répondit Harry, ayant l'air plus innocent que Severus ne pensait être possible.
« Arrête-toi tout de suite, fiston ! Tu as l'interdiction de mentionner quoi que ce soit de la sorte sur les filles avant que tu n'aies 13 ans et tu ne resteras plus dans la même pièce que ce maudit clébard ! » Que Sirius Black et son influence sur son gamin soient maudits ! Son pauvre et innocent Harry ! Les yeux du dit-innocent, s'agrandirent encore et il ajouta une petite moue pour faire bonne mesure. Severus se retourna et fit léviter leurs deux malles pour qu'ils puissent partir, avec une seule pensée en tête : ne pas regarder Harry dans les yeux, ne pas regarder Harry dans les yeux…
Ils quittèrent l'hôtel, en mettant en pratique toutes les techniques d'esquive que Severus avait développées durant la guerre, et transplanèrent. Ils passèrent quelques jours à Marrakech pour visiter les bazars célèbres – Severus avait dit que leur vrai nom était souk – avant de partir vers le nord jusqu'à Fès puis encore plus au nord jusqu'à Tanger. Ce fut là-bas que Severus réalisa qu'Harry ne s'était jamais baigné en mer avant, donc il se fit comme objectif de visiter le plus de plages possibles durant la semaine qui leur restait. Et ils le firent, mettant enfin en pratique les capacités de nageur qu'Harry avait acquises en nageant dans le lac à la maison.
Ils avaient choisi de passer leur dernière nuit au Maroc à Tanger, assis sur la terrasse de leur chambre d'hôtel, surplombant la mer. Harry ferma les yeux un petit moment, pour se repasser leur première journée hors de l'Angleterre dans la tête. Tout avait largement surpassé ses désirs, en fait. Il rouvrit les yeux pour laisser son regard glisser le long des vagues devant lui, jusqu'aux légères lueurs de la côte Européenne au loin. Le ciel avait été particulièrement clair après une averse surprenante, et Gibraltar avait été visible toute la journée.
« On devrait y aller un jour. » suggéra Harry, en sirotant encore une tasse de thé. Il ne pouvait même pas se rappeler combien de litres de cette boisson il avait consommé mais il ne s'en plaignait pas.
« Hmmm ? Y aller ? Où exactement ? » demanda Severus étonné, lui aussi se remémorait ses vacances, en particulier ces deux jours qu'ils avaient passé dans les montagnes Atlas. Il n'arrivait toujours pas à croire combien il s'était amusé là-bas, cela semblait faire des années – en fait cela faisait des années – qu'il n'avait pas pu être lui-même devant des gens qui n'étaient pas Harry comme il l'avait été pendant ce dernier mois. Mais cela s'était bien passé, et il avait des photos pour le prouver. Harry planifiait de les ordonner dans un album dès leur retour à la maison. Cela avait fait naître un sourire sur son visage, Harry ne le savait pas mais ce serait son tout premier album de famille.
« Tu sais, de l'autre côté du détroit de Gibraltar ? J'aimerais bien voir Gibraltar. » Severus hocha la tête avec un sourire en coin.
« Ça peut toujours s'arranger. » Dans sa tête, il avait déjà commencé à élaborer des plans pour pouvoir passer un week-end dans le coin. « De toute façon, il faut que tu sois prêt : je n'ai pas la moindre idée du prochain ingrédient dont je vais peut-être avoir besoin pour la Tue-loup. Ou l'endroit où on devrait aller pour le chercher. » Le maître de potions lui fit un clin d'œil conspirateur pendant qu'il parlait. Harry rit.
« Et bien, je prie pour l'Inde. Ou la Norvège. » offrit Harry avec un sourire. « N'importe où en Scandinavie en fait. »
« Qui sait, peut être qu'on atterrira dans la péninsule arabique la prochaine fois. » plaisanta Severus. Ils avaient essayé de trouver des licornes de guerre au Maroc mais les rumeurs semblaient n'être que ça, des rumeurs. Et Harry voulait vraiment voir une licorne de guerre de près, même s'il ne le mentionnait que rarement, et insistait encore moins sur ce sujet. Il ne le ferait jamais, c'était son caractère, mais Severus le voyait bien.
« Ça se pourrait. » répondit Harry avec un sourire éclatant et il leva son verre pour porter un toast. « A nos premières vacances à l'étranger ! » Severus rit et fit tinter son verre contre celui d'Harry.
« Et à toutes celles à venir. » ajouta-t-il et le garçon hocha vigoureusement la tête. Le matin suivant fut difficile, amer et doux en même temps. Les deux sorciers avaient hâte de retourner au château qu'ils appelaient maison mais y retourner voulait dire recommencer à se cacher. C'était pour le mieux pourtant, décida Harry en s'assurant qu'il n'avait rien oublié derrière lui, il avait, après tout, tout simplement passé un mois incroyable à voyager.
« Prêt ? » demanda Severus, avec des pensées similaires en tête. Cela n'allait pas être facile de redevenir cet homme distant, au cœur de pierre qu'avait été sa façade pendant si longtemps.
« Prêt. » confirma Harry. « Prêt à rentrer à la maison ! » Severus ne pouvait pas résister au sourire qui se dessina sur son visage face à son garçon. Il fit léviter sa malle et regarda Harry dans l'expectative. Ce dernier avait demandé qu'il lui apprenne le sort, et Severus avait obtempéré. Le garçon sortit sa baguette et prononça l'incantation à voix haute, faisant s'élever la malle fermement du sol, le sort ayant été exécuté à la perfection.
« Bien joué Harry ! » le félicita Severus puis ils sortirent tous les deux de leur chambre et quittèrent l'hôtel. Ils transplanèrent dans un champ vide, hors de la ville où Severus pointa sa baguette sur un rocher pour en faire un Portoloin utilisable. « Portus ! » Ils s'accrochèrent tous les deux au rocher et quelques secondes plus tard, Harry sentit la traction désormais familière du Portoloin sur son nombril lorsque processus se déclencha. Lorsqu'il rouvrit les yeux, il était de retour au château. Après un mois entier à l'étranger, le garçon fut surpris par la joie qui le saisit dès qu'il posa le pied sur les dalles du grand hall. Sa maison lui avait bien plus manqué que ce qu'il n'avait pensé.
« Maître Severus, Maître Harry ! » les salua la petite silhouette de Minnie, l'elfe de maison rayonnait d'excitation. « Vous êtes de retour, Messieurs ! » s'exclama-t-elle et, avant que Harry ne puisse s'en empêcher, il s'était avancé et l'avait pris dans ses bras.
« Tu m'as manqué Minnie ! » dit-il et il la relâcha, surpris de voir des larmes briller au coin de ses yeux. Severus sourit tendrement à la scène.
« Tu nous as manqué, Minnie. » affirma-t-il. « Sans toi, qui est censé nous crier dessus, dès qu'on loupe un repas ? » la taquina Severus et l'elfe l'observa avec un œil appréciateur.
« Vous avez pris quelques couleurs, monsieur. » déclara-t-elle joyeusement. « Et Maître Harry a encore grandi ! »
« Vraiment ? » demanda Harry, confus.
« Oui, je pense. » confirma Severus en se rapprochant du garçon. Harry avait effectivement grandi depuis qu'ils étaient partis. Probablement le soleil et l'air pur, pensa Severus. Après un petit-déjeuner des plus agréables et quelques heures de repos, Severus décida de s'entraîner avec son épée pendant un moment, quelque chose qu'il avait négligé pendant ses vacances. Il voulait également continuer à travailler sur sa Tue-loup, mais il devait commencer par faire une escapade au Chemin de Traverse. Il allait avoir besoin de chaudrons en argent pur pour la potion, et il ne connaissant qu'un seul magasin où de tels critères seraient garantis. Il poussa la porte de la salle d'entraînement seulement pour réaliser qu'il n'était pas tout seul. « On a eu la même idée, à ce que je vois. »
« Oh, coucou Papa ! » déclara Harry, en équilibrant son épée. Harry utilisait une épée bien plus petite que Severus mais elle restait néanmoins lourde et le garçon avait déjà bien bougé puisqu'une fine couche de sueur était visible sur sa peau. Le maître de Potions avait bien entendu fait très attention à ce que toutes les épées soient protégées avec un enchantement qui les empêcherait de se couper, au moment même où ils avaient commencé à pratiquer. « Je me suis dit que j'avais un peu de retard à rattraper. » admit le garçon et Severus acquiesça d'un signe de tête.
« On en a tout les deux besoin. » Ils se plongèrent dans leur entraînement, Severus jetant le sort nécessaire pour animer la statue qui leur servait d'instructeur après qu'ils se soient échauffés un peu. Deux heures plus tard, le professeur de granit avait décidé qu'ils pouvaient s'arrêter pour la journée. Severus pensait qu'ils s'amélioraient, mais il était très dur d'en être sûr avec autant de douleurs musculaires dans le corps. Mais, maintenant,au moins , j'ai des muscles où avoir mal, pensa-t-il avant qu'ils ne se séparent chacun dans leurs chambres, et après une douche rapide, ils se retrouvèrent dans la cuisine pour le déjeuner.
« Je pensais passer un peu de temps dans la tour Ouest ce soir. » dit Harry pendant le dessert. Ils avaient vraiment manqué à Minnie, pensa Harry, en dévorant le gâteau au chocolat que les elfes préparaient généralement pour Noël. « Tu sais, me servir des cartes que j'ai achetées au Maroc. »
« Çà me va, si tu te sens de le faire. » accepta Severus avec un léger rictus. « Juste, ne t'endors pas encore une fois derrière le télescope. » l'avertit Severus comme si c'était normal avant de reprendre une bouchée de son gâteau. Ils devraient en avoir plus souvent, décida-t-il. Si Lupin avait déjà eu raison de quelque chose, c'était bien cela : le chocolat rendait vraiment tout meilleur. Cela dit, Lupin avait souvent raison, à propos de plein de choses, concéda Severus, en pensant au seul membre du groupe d'amis de James Potter qu'il trouvait tolérable. Et en parlant de Lupin… « J'ai besoin de passer au Chemin de Traverse demain matin, pour trouver ce chaudron dont je t'ai parlé. » annonça Severus, attirant immédiatement l'attention d'Harry.
« De ce magasin spécialisé dont tu m'as parlé ? Milles & Trafford c'est bien ça ? » demanda le garçon, repensant à la première fois où il avait entendu ce nom. C'était lord de leur dernière nuit dans la vallée aux Eloïsa, quand Severus lui avait expliqué que la Tue-loup de qualité digne de ce nom n'était solennellement préparée que dans des chaudrons d'argent le plus pur. C'était une des raisons pour lesquelles, selon Severus – qui était passablement furieux en expliquant cela –tant de Tue-loup de si mauvaise qualité se trouvaient sur le marché, elles étaient à peine efficaces, mais moins chères à produire.
« C'est bien ça. » confirma Severus. « Ce sont les seuls à qui je peux faire confiance pour acheter un chaudron en argent solide. » Ils mangèrent la fin de leur dessert – c'est-à-dire toute une moitié du gâteau au chocolat – en bavardant, au sujet de leurs vacances, des photos magiques à développer, d'astronomie ainsi que le projet d'apprendre la recette du merveilleux gâteau au chocolat qu'ils étaient en train de dévorer. Harry alla effectivement à la tour Ouest cette nuit et il se serait endormi là-bas s'il ne s'était pas rappelé de l'escapade au Chemin de Traverse du lendemain matin. Il retourna dans sa chambre et fit de son mieux pour ne pas s'endormir avec ses vêtements, son corps s'ajustant encore aux températures plus fraîches de l'Écosse.
Le lendemain matin, les deux sorciers occupant le château se trouvaient dans la cuisine, en train de manger le reste du gâteau au chocolat – autrement dit toute l'autre moitié – trouvant que ce serait une grosse perte que de le laisser intact. Après s'être faits réprimander par Minnie – Vous ne devriez pas manger que du chocolat pour le petit-déjeuner ! – ils se confondirent en excuses et décidèrent de se rendre au Chemin de Traverse, proprement châtiés mais sans mentionner qu'ils comptaient passer chez Florian Fortârome au passage.
Pour la première fois depuis un moins, ils utilisèrent leur sortilège de Glamour pour masquer leurs apparences, Severus avait néanmoins décidé qu'Harry devrait apparaître légèrement plus grand qu'avant leur départ, ce qui constituait quand même une perte par rapport aux 20cm qu'il avait gagné depuis qu'ils avaient commencé à utiliser ce sortilège de camouflage. Et pour sûr, aucun des deux ne se réjouissaient vraiment de devoir dissimuler le bronzage qu'ils avaient acquis au Maroc, mais bon, il fallait bien faire des sacrifices.
Le Chemin de Traverse était rempli de familles qui se préparaient pour le début de la nouvelle année qui approchait à grands pas – c'était déjà le 30 Août après tout – et Harry vit clairement tous les élèves de Poudlard s'enfuir à la simple vue de Severus. Ça devait probablement être la cape, décida-t-il, et il fit de son mieux pour le suivre de près, faisant de son mieux pour paraître le plus réservé et intimidé possible. Les apparences étaient définitivement trompeuses, pensa le garçon en comparant l'image que Severus renvoyait en ce moment par rapport à sa vraie personnalité. Il se demanda négligemment à quoi pourrait ressembler la réaction de ces élèves en ce moment terrifiés, s'ils voyaient leur professeur honni de potions comme il était réellement. Les filles en seraient toutes retournées, il en était sûr.
Ils s'approchèrent de Gringotts et tournèrent à gauche là où l'allée se séparait en deux, du côté droit il y avait encore quelques boutiques, celle d'Ollivander notamment, et après le Chemin de Traverse se dissolvait dans l'Allée des Embrumes. Par contre, de l'autre côté, se trouvait un quartier de boutiques plus spécialisées et – bien plus loin – des bâtiments hébergeant les grands business magiques tels que la Gazette du Sorcier et les bureaux principaux des Balais de Course Nimbus & Co, la compagnie qui créait les Nimbus.
La foule diminuait énormément dans ce coin là, et la moyenne d'âge des clients passait d'environ quatorze à cinquante ou soixante ans. Milles & Trafford, le magasin qu'ils cherchaient, était l'un des bâtiments les plus proches de Gringotts, à seulement cinq minutes à pied à partir de la séparation de la route. Harry, tout en suivant Severus, observait les magasins les uns après les autres, un air de plus en plus émerveillé se peignant sur son visage. Il aurait tellement avoir une deuxième paire d'yeux pour pouvoir distinguer encore plus de choses autour de lui et il loupa presque leur magasin puisque son attention était tournée sur un des bâtiments de l'autre côté de la rue qui vendait des plantes très rares et était un savant mélange entre une boutique et une serre.
Milles & Trafford, était une boutique faite de pierre, comme la plupart des magasins sur le Chemin de Traverse et Harry pouvait distinguer, à travers la vitre, une grande variété de chaudrons et d'autres accessoires semblant des plus délicats, faits de métal ou encore de verre. Severus sourit légèrement face au regard émerveillé d'Harry et poussa le garçon vers l'avant d'un léger coup de coude. Harry s'empressa de s'avancer, ne voulant rien de plus que d'entrer dans le magasin. Le jeune garçon aux yeux verts était facilement le plus jeune client de la boutique et il fit de son mieux pour ne pas toucher le moindre objet autour de lui et en même temps il mourrait d'envie de demander ce qu'étaient chacun de ces objets.
Les sages sorciers et sorcières autour de lui, discutaient de problèmes tels que les derniers développements d'une théorie d'arithmancie ou les décisions imminentes du Magenmagot et le garçon écouta attentivement, essayent de tout assimiler à la fois. Severus parlait au propriétaire, expliquant avec précision ce qu'il désirait et ni lui, ni Harry ne remarquèrent un sorcier en robe pourpre luxueuse, qui les avait repérés de l'autre côté du magasin. Mais le vieil homme les avait en effet repérés et il s'approchait d'eux avec des yeux marron pétillants et un sourire ravi.
« Un vrai plaisir de te revoir, Harry ! » s'exclama-t-il lorsqu'il arriva au niveau des deux sorciers. Le garçon se retourna, surpris et regarda le vieil homme confusément avant que la reconnaissance n'envahisse son visage.
« M. Nicholas ? » demanda-t-il avec un sourire timide, pendant que le maître de Potions observait la scène, surpris.
« Je vois que tu te rappelles de moi, jeune homme. » répondit Nicholas avec un sourire en se tournant pour détailler l'homme vêtu de capes noires qui accompagnait Harry. Il avait l'air fatigué et probablement plus jeune que ce qu'il en avait l'air, pensa Nicholas. Il avait apparemment un besoin urgent de se remplumer, comme le dirait sa femme. Mais il y avait quelque chose dans ses yeux… il y avait un désir de protection dans ces yeux, et un amour profond pour le jeune garçon, Nicholas en était sûr. Et plus important, dès qu'il réalisa qu'il était observé, ces yeux semblèrent se geler, devenant un abysse de noir et de gris sombre, enfermant tous ses secrets profondément. Un maître Occlumens peut-être ?
« Je suis Severus Snape. » se présenta l'homme de lui-même, avec une intonation précise et coupante. Quel jeune homme étrange, pensa Nicholas en observant la personne qu'Harry avait appelé Sev, avec tant d'affection, une année plus tôt. Il ne semblait pas être une personne qui apprécierait de se faire appeler Sev à la légère. « Vous semblez vous connaître tous les deux ? » questionna-t-il en fixant le garçon, qui souriait honteusement, puis le vieil homme, puis de nouveau Harry.
« Oh, nous nous sommes rencontrés il y a presque un an. » offrit Nicholas en souriant. « Dans le Chemin de Traverse encore une fois, je crois que vous l'aviez emmené acheter un télescope ? » Severus haussa un sourcil, il se rappelait effectivement de cette journée.
« Je vois. » dit-il laconiquement. « Et vous êtes ? » Son visage ne trahissait rien de ses sentiments, mais, d'après le bref regard qu'il avait aperçu plus tôt, avant que l'homme ne le cache derrière un masque froid, Nicholas pouvait affirmer que la réaction de Severus était en grande partie provoquée par son désir de protéger le garçon. Il agissait comme un loup, nota-t-il, protégeant son louveteau. Cela aurait été très intéressant à observer si le jeune homme, en toute honnêteté, n'avait eu pas l'air aussi intimidant. Severus, de son côté, essayait de comprendre pourquoi ce vieux sorcier lui semblait si familier, pourtant il était sûr de ne jamais l'avoir rencontré par le passé.
« Excusez-moi, j'en perds mes manières. » offrit le vieux sorcier. « Nicholas est mon nom, Nicholas Flamel, pour vous servir. » Cela réglait le problème, pensa Severus, ses yeux agrandis sous la surprise. Au final, cela expliquait pourquoi l'homme lui semblait si familier : c'était Nicholas Flamel. LE Nicholas Flamel, comme l'alchimiste reconnu mondialement et l'unique créateur de la Pierre Philosophale. Harry regardait l'échange avec des yeux curieux, il connaissait ce nom, Flamel… Severus semblait le reconnaître également, et, d'après son expression, Nicholas était quelqu'un d'assez important.
« C'est un honneur de vous rencontrer M. Flamel. » déclara Severus, sa voix ne trahissant toujours pas son agitation intérieure et il tendit la main. Il était en train de parler à un alchimiste de 600 ans, ça n'arrivait pas tous les jours. Au vu de l'étincelle dans les yeux de Severus, pensa Harry, Nicholas est définitivement quelqu'un d'important. « Je suis un grand admirateur de votre travail. »
« Oh, bien. » offrit Nicholas en guise de commentaire, en serrant la main tendue de Severus. « C'est un plaisir de vous rencontrer. J'avais le pressentiment que le chemin d'Harry et le mien se croiseraient encore un jour ! » déclara-t-il et fit un clin d'œil à un Harry, désormais rougissant. « Maintenant jeune homme, je savais que tu t'intéressais à l'astrologie mais je n'avais jamais imaginé te rencontrer ici. »
« Je ne suis pas le client cette fois-ci, M. Flamel. » répondit Harry avec un petit rire. « Je ne fais qu'accompagner. Pas que je ne me plaigne, cela dit, cet endroit est juste incroyable. » Ce fut au tour de Nicholas de rire.
« Oui, je me doutais bien que tu l'apprécierais. » dit le vieil homme. « Et que cherchez vous ici, M. Snape, si je peux me le permettre, vous êtes tout de même bien plus jeune que la clientèle habituelle. » se renseigna Nicholas.
« Vous voyez, je… » débuta Severus, en essayant de trouver une excuse crédible quand le propriétaire du magasin revint avec un grand sourire.
« C'est votre jour de chance professeur ! » s'exclama-t-il. « Nous avons encore le chaudron dont vous avez besoin en stock ! Un exploit difficile quand on cherche de l'argent pur, hein ? » dit-il avant de remarquer Nicholas. « Je ne vous avez pas vu, M. Flamel ! Un honneur de vous avoir dans notre magasin, comme d'habitude ! Je suppose que vous êtes ici pour votre commande ? »
« Bien sûr. Tout est prêt ? »
« Tout ce que vous avez demandé est arrivé hier soir ! » lui assura le propriétaire. « Je vais aller les chercher tout de suite. » Nicholas hocha de la tête et le vendeur partit en ajoutant : « Un de nos employés vous apportera votre chaudron dans quelques minutes, professeur Snape. »
« Donc, un chaudron en argent pur ? » demanda Nicholas en haussant un sourcil. « Un achat intéressant, peu de potions n'exigent ce genre de chaudron et peu de sorciers – encore moins de votre âge – cherchent à en acheter un. Mais encore, professeur Snape, je savais que j'avais entendu votre nom auparavant. Vous êtes le professeur de Potions à Poudlard correct ? Le plus jeune maître de Potions depuis quatre siècles si ma mémoire est bonne. »
« Vous avez raison, M. Flamel. » répondit Severus avec un hochement de tête, essayant de réprimer le choc, qu'un alchimiste de renommée mondiale ait entendu parler de lui.
« Appelez-moi Nicholas, s'il vous plaît, professeur. » demanda le vieil homme.
« Si vous m'appelez Severus. » répondit l'homme, de noir vêtu, avec un sourire.
« Entendu. » confirma Nicholas en riant. « Donc, Severus, dîtes moi. » commença-t-il en le regardant lui et Harry. « Seriez-vous le père du jeune Harry ? » Harry et Severus arborèrent le même rictus sur le visage, cette similitude ne passant pas inaperçue pour le vieil homme.
« Non, M. Flamel. » répondit Harry pour les deux.
« Non ? » questionna Nicholas. Cela expliquait pourquoi le garçon appelait le maître de Potions Sev. Mais voilà… « J'aurais pu jurer que vous étiez père et fils, vous vous ressemblez vraiment. »
« Ce n'est pas la première fois qu'on nous le dit. » admit Severus avec un sourire en coin. « Mais non, je m'occupe juste d'Harry pour ses parents. » Et pourtant, vous l'aimez comme si c'était votre enfant, pensa Nicholas en regardant le deux avec attention. Il venait de remarquer qu'il y avait quelque chose… d'étrange avec leurs apparences et il ne s'agissait pas que de leurs poids ou leurs teints plutôt pâles même si c'était la fin d'Août. On ne le voyait pas au premier regard, pas même le second ou le troisième, mais après les avoir observés attentivement, on ne pouvait pas le louper.
« Et comment cela se fait-il que tes parents ne soient pas avec toi en cette si beau matin d'été ? » interrogea Nicholas, confus. C'était déjà la deuxième fois cet été qu'il avait vu Harry avec Severus.
« Ils sont occupés monsieur. » répondit Harry en haussant les épaules. Et apparemment, le garçon n'était pas plus dérangé que ça par ce fait, comme s'il y était habitué.
« Je vois. Et je dois insister, appelle moi Nicholas aussi s'il te plaît, je me sens déjà suffisamment vieux comme ça ! » Harry rit à cette déclaration.
« D'accord, Nicholas. » accepta le garçon.
« Je me demandais si vous… » débuta Nicholas mais il se fit interrompre par le vendeur qui revenait avec une boîte remplie d'objets fragiles. Pas exactement des fioles, remarqua Harry en regardant ces objets bizarres, faits de verre.
« J'espère que tout vous convient ? » demanda le propriétaire à Nicholas qui sortit le seul objet en bronze du lot, il ressemblait à une sphère de la taille d'une orange. Nicholas sortit sa baguette et tapa la sphère une fois. Elle s'ouvrit, laissant apparaître d'autres sphères plus petites qui commencèrent à flotter autour d'elle, qui tournaient autour de la main de Nicholas. Les petites sphères étaient de couleur verte, bleue, rouge et grise, et elles semblaient posséder un symbole chacune, d'une teinte plus sombre, gravé à la surface. Des triangles ? se demanda Harry en les regardant tourner. Avant qu'il n'arrive à réfléchir sur la signification des ces étranges symboles, Nicholas retapa la sphère et celle-ci retourna à sa condition primaire.
« Oui, tout est parfait, comme d'habitude. » le rassura Nicholas et le vendeur partit accueillir d'autres clients.
« Toujours à votre service, M. Flamel » déclara-t-il juste avant de partir. Il se tourna vers Severus et ajouta : « Votre chaudron ne va prendre qu'une minute de plus, professeur. »
« Intéressé par l'Extrait d'Éléments, Harry ? » demanda Nicholas avec un sourire. Il n'avait pas manqué le regard captivé du garçon.
« C'est comme ça que s'appelle la sphère ? » demanda ce dernier en totale admiration. « Vous avez dit éléments ? C'est ce que veulent dire les symboles sur les sphères colorées ? Ça ressemblait à des runes mais pas tout à fait. » Harry commença à rougir face au sourire grandissant de Nicholas.
« Tu les as remarqués ? » demanda-t-il, intrigué. « Et oui, tu as bien raison. Les symboles représentent bien les éléments mais ce ne sont pas des runes, on les appelle des symboles alchimiques, Harry. » s'exclama Nicholas. Les sourcils d'Harry disparurent presque totalement sous ses cheveux indisciplinés.
« Symboles alchimiques ? » répéta-t-il, confus. « Vous êtes un alchimiste alors ? » demanda-t-il avec de grands yeux. Severus sourit.
« Encore une fois, tu as raison. » confirma Nicholas. L'employé du magasin arriva enfin avec le chaudron de Severus et les yeux d'Harry s'agrandirent encore. Il était magnifiquement bien fait, avec des arabesques complexes couvrant le métal reluisant.
« Votre chaudron, professeur. » déclara l'employé et plaça délicatement le chaudron sur le bureau. Severus hocha la tête et paya le prix demandé – une somme assez importante selon Harry – et Nicholas observait le nouvel achat avec des yeux passionnés, son intérêt piqué. « Autre chose ? »
« Non, ce sera tout, merci. » répondit Severus en finissant son inspection minutieuse du chaudron, jetant un sort pour vérifier qu'il s'agissait d'argent bien solide. Satisfait, il se tourna vers l'employé. « Je vais envoyer mon elfe de maison plus tard dans la journée pour le récupérer. » déclara-t-il et reporta son attention sur Harry et Nicholas. Il ne se risquerait pas à marcher dans la rue avec un chaudron aussi cher et il préférait ne pas avoir à expliquer au propriétaire pourquoi il devait le placer sous un sort de dissimulation.
« Comme je l'ai dit plus tôt, un achat intéressant. » affirma Nicholas avec un sourire.
« Je le pense aussi. » approuva Severus et Harry hocha la tête pour montrer son accord.
« Et maintenant, revenons à ce que je voulais vous demander avant d'avoir été interrompu. » continua l'alchimiste. « Je me demandais si vous n'auriez pas l'après-midi de libre, par hasard. » Severus et Harry se tournèrent face à l'autre et en un regard ils se mirent d'accord : ils pouvaient bien s'accorder une après-midi.
« Et bien, oui, on n'a rien de prévu. » dirent-ils en même temps, en se retournant vers un Nicholas très souriant.
« Parfait ! Dans ce cas, accepteriez-vous de venir chez moi pour le thé vers cinq heures ? » demanda Nicholas. « Pernelle, ma femme, en serait plus que ravie et j'aimerais pouvoir te montrer ce que fait exactement cette sphère, Harry. » Le garçon était tellement heureux, qu'il en aurait fait des bonds sur place : un vrai alchimiste, en chair et en os, voulait lui apprendre quelque chose ! Il se tourna vers Severus – qui avait l'air assez surpris par la déclaration – dans l'expectative. Le maître de Potions sourit.
« Ce serait avec grand plaisir. » acquiesça Severus ce qui fit sourire Harry et ce dernier le prit dans ses bras avec un « Youpi ! » retentissant.
« C'est réglé alors ! » dit Nicholas en tapant dans ses mains. « Vous pouvez venir par poudre de Cheminette vers cinq heures, en prononçant simplement 'Le Château Flamel' » Les yeux d'Harry brillèrent en regardant Severus, encore un autre château. « Je connecterai notre cheminée au réseau de poudre de Cheminette principal cet après-midi. »
« Nous serons là à cinq heures pile. » le rassura Severus et après ça, ils quittèrent le magasin, les trois sorciers marchant ensemble jusqu'au Chaudron Baveur en bavardant activement à propos de Poudlard. Lorsqu'ils arrivèrent chez Florian Fortarôme, leurs chemins se séparèrent puisque les deux plus jeunes étaient très attirés par le nouveau 'Sundae Surprise Triple Chocolat' mis en avant sur le tableau à craie. Bien sûr, ils ne pourraient pas les manger ici - à cause de leurs couvertures et tout cela – mais rien n'empêchait Harry de rentrer et d'en acheter deux à emporter.
Alors, alors ? Verdict ? N'oubliez pas les commentaires jeunes gens !
Aller, à plus !
Rina
