Chapitre 21

Vœux de Noël


Bonjour à tous ! Comment allez-vous ? Bien j'espère !

Bon, je m'excuse platement de ne rien avoir posté la semaine dernière et je n'ai aucune raison réellement valable (enfin y avait l'oral du bac de français mais c'était il y a une semaine et demie alors...) tout comme je n'ai pas de raison valable ('fin un peu parce que je suis partie voir de la famille mais c'était que jusqu'à lundi alors...) pour ce chapitre que je viens à peine de finir de traduire, et que, pour pouvoir poster aujourd'hui, je n'ai pas encore envoyé à ma correctrice donc, les fautes seront probablement plus nombreuses que d'habitude. J'éditerais ce chapitre dès qu'il sera corrigé.

Sinon merci encore à tous pour les reviews/favorite/follow qui me font toujours énormément plaisir !

Voilà on avance un peu dans la scolarité d'Harry et on voit certains éléments se mettre en place.

Je m'excuse encore une fois, mais je vous souhaite tout de même une bonne lecture à tous,

Enjoy !


Disclaimer : Je ne possède pas Harry Potter. xXDesertRoseXx possède le scénario et certains OC. Moi il ne me reste que la traduction ^^ (d'ailleurs je n'ai toujours pas reçu de réponse de la part de l'auteure sur l'autorisation de traduire sa fic donc si elle me demande un jour de la retirer du site, c'est avec tristesse que je le ferai)


Harry vit qu'ils s'échangeaient des regards conspirateurs mais il n'eut pas l'occasion de s'y intéresser plus que ça puisqu'il dut rapidement dire au revoir à sa famille. Son frère et ses amis avaient disparu Merlin savait où lorsqu'il se retourna et essaya de les trouver.

Et les regards conspirateurs et les chuchotements continuèrent pendant le mois entier et à l'approche de Noël, les nerfs d'Harry furent lourdement mis à l'épreuve. Au moins sa transformation Animagus était presque terminée, pensa-t-il avec fierté. Il pouvait désormais changer tout son corps en loup excepté la tête, mais le processus était presque complet. Il se dirigeait vers la bibliothèque pour faire quelques recherches supplémentaires sur les sceaux – tout en étant supposé faire des recherches sur les sortilèges – lorsqu'il remarqua trois têtes des plus reconnaissables qu'étaient son frère et ses deux meilleurs amis, le trio qui était devenu inséparable durant ce dernier mois et demi. Et ils allaient à la bibliothèque.

Alors, Hermione, il pouvait accepter qu'elle prenne sur son temps libre pour étudier mais Ron et Adrian ? Et si près de l'heure du repas ? Pas possible ! En plus, ce n'était pas la première fois que quelque chose du genre se passait. Le jeune garçon avait souvent aperçu Adrian et ses deux amis regarder des livres dans la bibliothèque mais comme il était d'habitude le premier là bas, il n'avait aucun moyen de les approcher sans être vu. Aujourd'hui présentait une opportunité unique.

Sans plus réfléchir, il attendit qu'ils rentrent dans la bibliothèque, compta jusqu'à cent avant de les suivre. Il jeta un petit coup d'œil vers eux pour regarder les sujets qu'ils cherchaient – Biographies et Histoires récente ? Pourquoi ? – et choisit rapidement la rangée derrière la leur. Il se pressa contre une ouverture entre les deux étagères de bouquins et fit de son mieux pour comprendre leurs chuchotements. Ses efforts furent rapidement récompensés par la voix étouffée de Ron qui passait à travers l'étagère.

« Tu es sûre qu'on regarde dans les bons livres ? » demanda-t-il, presque en chouinant.

« Ce sont des livres sur les grands sorciers et sorcières de ce siècle, Ron ! Si Nicholas Flamel est mentionné quelque part, ça devrait être là ! » répondit Hermione agitée et le cerveau d'Harry dût s'y reprendre à deux fois avant de faire passer l'information. Nicholas… Livres… Adrian… Quoi ?

« Ouais, mais on cherche depuis un mois et demi ! » se plaignit Ron.

« Écoute, Ron. » commença Adrian, le léger bruit accompagnant ses paroles indiquait qu'il venait de plaquer des livres sur la table. « Si on ne trouve pas qui est Flamel, on n'aura aucune idée de ce que Touffu peut bien garder ! » Ils savaient aussi que le chien s'appelait Touffu ? Mais comment ? Harry essaya de se rappeler quand leur comportement étrange avait débuté. Comme l'avait si gracieusement mentionné Ron, cela faisait un mois et demi… Juste après son premier match de Quidditch en fait. Mais qu'est-ce qui avait pu causer ce changement ? Son esprit surchauffait, essayant de rassembler les pièces du puzzle.

« Il parlait à Hagrid avec Ron et une brunette. » Ce fut bizarrement la voix de son parrain qui lui vint en tête. Voilà, Adrian avait été en retard ce jour-là parce que Ron, Hermione et lui-même parlaient avec Hagrid. Hagrid qui avait donné au Directeur le Cerbère qui gardait la Pierre. Hagrid qui, sans aucun doute, savait pourquoi un Cerbère, de toutes les créatures, était nécessaire pour garder l'objet qui était gardé dans l'école, Dumbledore le lui aurait dit. Hagrid qui ne pourrait pas mentir, même pour sauver sa propre vie. Quelques questions et une langue qui dérape et son frère aurait facilement pu apprendre pour Nicholas.

« Mais pourquoi on ne peut pas juste demander à quelqu'un ? » pleurnicha Ron. C'était une bonne question en fait.

« Parce que c'est le moyen le plus simple pour que Snape le découvre, Ron ! » chuchota Adrian et Harry haussa un sourcil de confusion, qu'est-ce que Sev avait à voir avec tout ça ?

« Je ne peux pas croire que Dumbledore n'ait encore rien fait pour ce salaud ! » s'exclama Ron. Attendez une minute !

« Et il était juste là dans le couloir du troisième étage la nuit de l'attaque ! » affirma Hermione.

« Rien que de penser que mon frère ait dû passer autant de temps avec lui en grandissant ! » ajouta Adrian en colère. « Papa a toujours dit que ce gars état mauvais ! »

« Je parie que c'est pour ça qu'Harry est si maigre et pâle ! Snape lui fait probablement faire des corvées toute la journée ! » Ouais bien sûr, songea le sorcier en question. Il avait dû vivre dans un château et voyager dans le monde entier. Pauvre de moi ! Harry ne pouvait pas en croire ses oreilles, ils pensaient que Severus était derrière tout ça ?

« Arrêtez maintenant tous les deux ! » chuchota Hermione. « On doit continuer à chercher ! » Et je dois m'en aller, pensa Harry, avec l'intention de traquer un Severus Snape. Le maître de Potions allait être furieux, pensa Harry, et il aurait tous les droits de l'être.

« Donc, laisse moi résumer. Ils pensent que je suis derrière ça ? » demanda Severus puis explosa de rire. Le garçon le regarda avec surprise.

« Je crois que tu ne m'as pas bien entendu. Ils pensent que… »

« Oh j'ai bien entendu ! » lui assura Severus en essuyant ses larmes. « Mais soyons honnêtes là, Harry, tu pensais que ton frère suspecterait qui ? Flitwick ? »

« J'espérais juste… Je n'en sais rien ! » dit Harry en s'enfonçant un peu plus dans son fauteuil juste à côté du feu dans le bureau de Severus. « J'espérais juste qu'Adrian pourrait regarder au-delà des choses horribles que disent Cornedrue et Sirius. Apparemment, j'avais tort… » il murmura cette dernière partie.

« Ça va, vraiment. Je le prends comme un hommage à mes fantastiques capacités d'acteur. » déclara Severus sérieusement, faisant rire Harry, ce qui avait été le but dès le début.

« Au moins ils n'ont aucune idée où chercher pour Nicholas. Je veux dire, j'avais 8 ans la première fois que j'ai entendu son nom et même à cette époque je savais que ça me rappelais quelque chose d'important. On pourrait penser qu'Adrian avec ton son entraînement aurait lu à propos de lui quelque part. » se plaignit le garçon.

« Et bien, il y a toujours les cartes de collection des Chocogrenouilles… » commença Severus, faisant sourire Harry.

« Je ne savais pas que Nicholas en avait une. Il a plutôt essayé de faire profil bas. »

« Ils n'en a pas une à proprement parler, mais il est mentionné sur celle de Dumbledore. »

« Tu es bien placé pour le savoir. » déclara sèchement Harry. « Parfois j'ai l'impression que tu as encore plus le bec sucré que Remus et ça veut en dire long. »

« Très long même. » acquiesça Severus avec un rictus. « Bref, tant qu'ils continueront à chercher dans les mauvais livres, on sera tranquille. Et c'est bien de savoir qu'ils ont trop peur de moi pour aller demander, ils pourraient finir par poser la question à la mauvaise personne. » conclut le professeur de Potions.

« Comme Quirell ? »

« Tout à fait. » confirma Severus, d'un ton sombre. « Mais maintenant dis-moi, est-ce que tu prévois toujours de rester au château pour les vacances ? »

« Ouaip, Adrian a supplié pour rester étant donné que Ron reste aussi, puisque sa famille va en Roumanie pour voir Charlie et tout ça, je me suis dit que ce serait peut-être mieux si je restais également. » expliqua Harry. « En plus, Cornedrue a décidé d'emmener ma mère à l'étranger, une seconde lune de miel ou quelque chose du genre. » Harry souhaita immédiatement avoir avalé sa langue. Comment pouvait-il laisser sortir quelque chose comme ça ? Severus, par contre, semblait faire de son mieux pour le surprendre aujourd'hui.

« Bien. » déclara-t-il. « Lily mérite d'être chouchoutée de temps en temps. » Et en toute honnêteté, il pensait ce qu'il disait. Il s'était même surpris lui-même un peu, mais il avait enfin réussi à penser à James et Lily sans même ressentir un semblant de douleur dans son cœur. Il voulait juste voir la femme à laquelle il tenait vivre heureuse et si James Potter pouvait faire ça, alors ok. Il aimait toujours Lily, réalisa-t-il, elle avait été sa première et meilleure amie et était une femme merveilleuse. Il n'était juste plus amoureux d'elle. Cette réalisation lui fit monter un sourire aux lèvres.

« Ça va Papa ? » demanda Harry et le sourire de Severus s'agrandit.

« Super en fait, merci, Harry. » Merci pour tout fiston, pensa-t-il en regardant le jeune sorcier très surpris. « Je demandais juste parce que je m'étais dit que ce serait une bonne occasion de compléter nos transformations Animagus. »

« Vraiment ? » demanda Harry avec un énorme sourire.

« Vraiment. »

« Tu sais que tu aurais pu terminer cette transformation il y a un mois à peu près. » déclara Harry timidement. « Tu n'avais pas à attendre… »

« Harry, je voulais attendre. On a commencé ça ensemble. » répondit Severus avec sa voix je-ne-plaisante-pas et Harry sourit à nouveau.

Les vacances commencèrent rapidement et le premier jour du break de Noël, Hermione Granger quitta le château, chuchotant quelque chose à Ron et Adrian qu'Harry, trop éloigné, ne pût pas entendre. Pas qu'il eut besoin de se creuser la tête pour comprendre de quoi elle parlait. Il soupira, maintenant, comme il espérait que son frère le laisse faire parti de leurs plans ! Mais voilà, se dit-il, c'était un peu prétentieux, compte tenu de ce qu'il cachait à son frère. Néanmoins, il avait trouvé une raison d'être heureux : il allait compléter sa transformation ce soir. Tout ce qu'il devait faire était d'attendre que tout le monde soit endormi et piquer la cape. Il sourit à cette pensée.

A minuit, il souriait encore, venant juste de se faufiler hors de la Salle Commune, sous le bruit d'une Grosse Dame assez surprise. Severus ouvrit la porte à son premier coup et, après qu'ils aient retiré leurs Glamours, ils se mirent en action. Après s'être entraînés à changer différentes parties de leurs corps, Severus les jugea prêts pour la transformation complète.

« N'oublie pas de toujours penser comment tu veux finir, imagine le loup. » lui rappela le maître de Potions et Harry acquiesça d'un hochement de tête. Le garçon ferma les yeux et se concentra sur l'image d'un loup noir, celui qu'il tentait de devenir et commanda à son corps de commencer le changement. La première chose qu'il sentit était la sensation de chatouillis que lui procurait sa fourrure en poussant sur son corps. Puis vint l'étrange sensation d'avoir son corps tiré et poussé jusqu'à atteindre la forme désirée. Lorsqu'il ne sentit plus de changements, il ouvrit les yeux. Le monde autour de lui semblait différent, trouva-t-il, les couleurs étaient moins nettes et… venait-il vraiment d'entendre quelqu'un marcher au-dessus de lui à travers un bon mètre de pierre compacte ? Apparemment oui. Oh et il y avait un autre loup qui le regardait de l'autre côté de la pièce. Il sursauta presque en réalisant qu'il s'agissait de Severus. Il fit sortir un aboiement qui semblait être l'équivalent loup d'un petit rire.

Harry s'approcha de Severus et utilisa sa patte pour le pousser un peu, pour retrouver le maître de Potions – maintenant devenu loup – le frapper sur le dessus de la tête, ses dents montrant une sorte de rictus lupin. Severus le loup était plus grand que lui, nota Harry, mais c'était probablement parce qu'il était plus jeune. Avec un rire enjoué – hurlement – Harry sauta et retomba sur ses quatre pattes, courant dans la pièce pendant un moment, remarquant à peine un Severus amusé qui secouait la tête. Le professeur de Potions se retransforma, faisant signe à Harry d'en faire de même. Cela lui demanda pas mal de concentration, mais Harry se trouva bientôt dans son corps normal avec en souriant de toutes ses dents aux maître de Potions.

« C'était géant ! » s'exclama-t-il, Severus riant à ses bêtises.

« Je vais devoir être d'accord. » confirma-t-il. « Maintenant, voyons voir si on peut faire aller cette transformation plus vite, cela doit devenir comme une seconde nature. » Et c'est exactement ce qu'ils firent, s'entraînant pendant encore une heure avant d'être satisfaits des progrès qu'ils avaient fait pour cette nuit. Harry bondissait presque de joie, il était Animagus ! Un vrai, et officiel ! Et la preuve était, il s'en doutait, apparente sur sa marque. Il avait senti la chaleur familière qui ne pouvait qu'indiquer un changement sur son emblème. Et en vérité, là, juste sous la ligne qui le marquait comme un Fourchelangue, dans l'une des lignes horizontales qui composaient son emblème, se trouvaient deux runes qu'il pouvait traduire lui-même. Animagus.

Il quitta le bureau de Severus en souriant comme un dingue, un livre sous son bras que Severus avait ramené de la maison. Il ne l'avait trouvé que quelques jours avant et s'était dit que le garçon aimerait y jeter un coup d'œil. Il se nommait Enormenlàf Déordryà ou, en anglais moderne, L'héritage des Animagi. C'était écrit en runes et le professeur de Potions voulait qu'Harry essaye de le traduire. Harry passe une bonne partie de la nuit à faire exactement cela.

Ce ne fût pas une grande surprise qu'il se retrouve réveillé brutalement – et bien trop tôt – deux jours plus tard, le matin de Noël par le - toujours - impatient d'ouvrir ses cadeaux Adrian. Harry aurait bien rit aux imbécilités de son frère si l'horloge derrière lui ne l'avait pas informé qu'il n'avait dormi que cinq heures. Il travaillait encore sur ce livre, prenant des notes à côté en le lisant. C'était une lecture intéressante, en particulier les parties qui décrivaient comment la transformation affectait la forme humaine du sorcier tout autant que la personnalité du sorcier affectait le résultat de la transformation. Apparemment il y avait certaines caractéristiques qui dépendaient l'une de l'autre et inversement, mais Harry se renseignait encore là-dessus. Retour au présent désormais, il faisait face à une pile de cadeaux au pied de son lit et son frère surexcité sautait sur le dit-lit en lui disant de se réveiller.

« Allez Harry ! » dit Adrian avec excitation. « On a des cadeaux ! »

« Et Joyeux Noël à toi aussi, Adrian. » déclara Harry avec un sourire et son frère haussa les épaules et lui retourna la formule.

« Joyeux Noël, Harry. » prononça Ron à travers un bâillement, venant visiblement de se faire réveiller de la même manière que lui.

« Ouais, ouais. Joyeux Noël à tous ! On peut ouvrir nos cadeaux maintenant ? » s'écria Adrian exaspéré en regardant la pile de paquets devant son lit. Harry et Ron se moquèrent de lui mais obéirent quand même, assez impatients de découvrir leurs cadeaux eux-mêmes maintenant qu'ils étaient un peu plus réveillés. Harry savait qu'il aurait à aller au bureau de Severus plus tard pour avoir ses cadeaux du maître de Potions et des Flamel mais les cadeaux en face de lui avaient l'air tout aussi prometteurs.

Il commença à déballer et trouva une flûte faite main par Hagrid, un tout nouveau et tout aussi fait main pull émeraude de Mme. Weasley – Harry les adorait avec la sensation de chaleur cachée dans chaque maille – un bouquin de sorts très utiles pour les blagues de Sirius et un abonnement annuel à Métamorphose hebdomadaire, courtoisie de Remus, accompagné d'une note qui disait que, même s'il ne pourrait pas comprendre tout ce qu'il lirait, ça pourrait être très bénéfique si même la moitié de ce que Minerva avait déclaré sur son potentiel était vrai. Et venant de Minerva McGonagall, avait ajouté le loup-garou, ça l'était probablement. Remus n'avait aucun moyen de le savoir mais le garçon avait voulu s'inscrire depuis des années mais ne savait pas comment contourner ses parents. Il se fit la note mentale de le remercier personnellement pour cela.

Ses parents lui avaient offert un tout nouvel ensemble de Quidditch, incluant un kit de préservation pour son nouveau balai qu'Harry regarda avec un sourire. Ils étaient à Paris, l'informait la lettre et passaient apparemment un super moment. Il prit une petite bouchée du délicieux fudge au chocolat qui accompagnait le pull de Mme. Weasley avant que Fred et George ne fassent irruption dans la chambre pour une sortie en famille, comme ils l'appelaient. Harry se retrouva à sourire jusqu'à la fin de la journée – ça avait forcément un lien avec le bonnet orné de fleurs que Dumbledore portait à la place de son chapeau de sorcier. Harry pouvait voir les minuscules indices qui montraient que Severus faisait également de son mieux pour retenir son rire.

Il se dirigea vivement vers le bureau de Severus, une heure avant le couvre-feu, ayant mentionné à son frère qu'il avait – comme par hasard – oublié son livre de potions dans les cachots mais qu'il n'avait jamais été le réclamer. Ron ne pouvait pas comprendre pourquoi, parmi tous les jours de l'année, Harry voudrait aller aux cachots volontairement le jour de Noël mais le garçon aux yeux verts lui avait rappelé la rédaction de 90cm de parchemin qu'ils devaient écrire sur huit ingrédients basiques de la fabrication de Potions. Ron avait juste pâli et hoché solennellement avant qu'Harry ne quitte la Salle Commune. Il toqua à la porte du bureau de Severus et entra rapidement, fermant la porte derrière lui et se débarrassant de tous les sorts de dissimulation qu'il portait.

« Joyeux Noël, Papa ! » s'exclama le garçon puis courut pour faire un câlin au maître de Potions qui lui retourna son geste.

« Joyeux Noël à toi aussi, Harry ! » lui souhaita le proclamé Papa. « Donc, comment c'était ton premier Noël loin de la maison ? »

« Bizarre. » répondit Harry immédiatement. « Mais n'importe quel jour où Dumbledore décide de porter un bonnet serait bizarre. » Severus éclata de rire, ce qu'il s'était empêché de faire toute la journée.

« Cet homme est parfois trop pour mes pauvres nerfs. Essaye de garder un visage impassible assis à côté de ça ! » s'exclama le maître de Potions puis dégaina sa baguette, l'agitant une fois pour attirer deux cadeaux de derrière le bureau. « Je suppose que tu aimerais avoir tes cadeaux. » déclara-t-il avec un sourire en coin.

« Oui, j'aimerai plutôt bien. » acquiesça Harry d'un ton neutre avant de sourire devant les deux paquets. Ils avaient tous les deux l'air des sortes de livres et il déballa d'abord celui qui avait l'air le plus petit. Il s'avéra être le cadeau de Nicholas et de Pernelle. C'était vraiment un livre, de la collection personnelle de l'alchimiste, d'après la note qui l'accompagnait. Rubedo était son titre et Harry resta immobile à le fixer pendant un moment, avant que Severus ne brise le silence.

« J'imagine que tu ne t'attendais pas à un cadeau de ce genre ? » demanda le professeur de Potions dérouté.

« M'attendre à ? C'est… Ce truc c'est… » murmura Harry incohérent.

« Une phrase entière maintenant, si ça ne te dérange pas. » le taquina Severus en souriant et Harry se recomposa.

« C'est un livre sur la dernière étape de création de la Pierre Philosophale. » répondit Harry d'une voix douce. « Le dernier chapitre de Magnum Opus, le secret de tous les secrets d'Alchimie. » Severus fixait désormais le livre d'un air aussi émerveillé qu'Harry. « Tu comprends ce que c'est ? Nicholas doit avoir écrit ce livre lui-même ! » s'exclama Harry en tournant les pages du livre – clairement écrit à la main – avec révérence. C'était ça, la dernière étape pour devenir un alchimiste accompli.

« Es-tu en train de me dire que Nicholas t'as envoyé les directives pour créer une Pierre Philosophale ? » demanda Severus incrédule.

« Non, pas les directives. » expliqua Harry en touchant délicatement le livre, presque comme s'il allait disparaître. « C'est le texte qui décrit à quoi ressemble le processus, le résultat final si tu préfères. Chaque alchimiste doit trouver son propre moyen de l'atteindre mais… C'est comme si Nicholas m'avait jugé digne d'essayer et d'atteindre ce niveau. C'est… C'est gigantesque, Sev. » expliqua Harry très sérieusement et Severus posa une main sur son épaule, comprenant ce que représentait ce moment pour lui.

« Tu t'es vraiment bien débrouillé, fiston. » déclara-t-il simplement et Harry sourit avant de pâlir et de commencer à paniquer.

« Mais… c'est trop tôt ! » s'écria-t-il soudainement. « Comment est-ce que je pourrais être déjà prêt ? »

« Harry, respire ! » lui ordonna le maître de Potions. « Tu l'as dit toi-même. Ce ne sont pas des indications précises, cela pourrait te prendre des années pour atteindre ce niveau. » Le garçon sembla se calmer face à la logique de Severus.

« Désolé pour ça. » s'excusa-t-il en rougissant. « C'est juste que… Le cadeau de Nicholas m'a pris par surprise. »

« J'avais cru remarquer. » répliqua le maître de Potions avec un rictus. Harry posa le livre sur le bureau de Severus avec précaution et commença à déballer le cadeau du maître de Potions. La première chose qu'il remarqua était une bague en argent avec des runes gravées dessus et Severus lui expliqua qu'elle était ensorcelée avec un puissant sort Ne-me-trace-pas. « Aussi longtemps que tu la porteras, » expliqua le maître de Potions « tu n'apparaîtras sur aucun objet magique traceur, cela bloque même la Trace du Ministère, tant que tu te contentes de quelques sorts mineurs dans un endroit rempli de Moldus. Je me suis juste dis que ce serait plus simple que de renouveler ce sort toutes les semaines. » Harry sourit et mit la bague sur son pouce droit, le couvrant d'un sort de dissimulation. Il se concentra sur le cadeau principal. C'était un autre livre, intitulé…

« Pas possible ! » s'écria Harry, courant pour serrer Severus dans ses bras, aussi fort que possible, une copie de L'Art de la Fabrication de Balais dans les mains. « Où t'as trouvé ce bouquin ? » demanda-t-il surexcité.

« J'ai peut-être ou peut-être pas acheté un pourcentage des Publications Obscures, l'agence qui encore une fois a peut-être ou peut-être pas imprimé les livres originaux pour les fabricants de balais. » déclara Severus calmement en regardant le garçon bouche bée.

« Vraiment ? » Severus hocha la tête. « Énorme ! »

« Ça l'est. » répondit Severus avant d'éclater de rire. « Mais sérieusement, c'est juste le premier livre de la série. Quand tu l'auras fini, je te donnerai le reste à lire. »

« Merci Papa ! » s'exclama Harry rayonnant.

« Y a pas de quoi, si tu es vraiment intéressé pour apprendre quelque chose je serais nul de ne pas t'aider avec ça. » le rassura le professeur de Potions. Harry sourit et sortit un petit paquet de sa poche, soigneusement emballé dans du papier bleu nuit avec un ruban doré. « Qu'est-ce que c'est que ça ? » demanda Severus, confus.

« Une Bombabouse, seulement, très bien emballée. » rétorqua Harry, moqueur. « C'est ton cadeau de Noël ! » Les yeux de Severus s'écarquillèrent : Harry lui avait toujours offert un cadeau pour Noël – il était le seul qui le faisait en fait – mais cette année il avait pensé qu'avec l'école et tout le reste… Non pas qu'Harry puisse lui offrir un meilleur cadeau que l'appeler Papa, il ne pouvait toujours pas s'empêcher cette chaleur de se répandre dans sa poitrine.

« Merci, Harry. » dit le maître de Potions, prenant le cadeau des mains tendues du garçon devant lui.

« Ouvre-le d'abord. » marmonna Harry. « Ce n'est vraiment pas grand-chose. Je veux dire, je l'ai fait moi-même puisque je n'ai pas eu le temps d'acheter quoi que ce soit… Si tu ne l'aimes pas… » Pendant ce temps, Severus avait déballé son cadeau avec beaucoup de précaution et ouvert la petite boîte pour se retrouver face une fiole en verre fermée, toute aussi petite, entourée d'un fil d'une sorte de métal noir, contenant ce qui semblaient être des cristaux irisés d'un bleu profond et un petit héliodore avec un sceau gravé dessus. La fiole était remplie de ce qui semblait être une huile translucide et émettait une lueur bleue assez légère et un pic de magie puissant.

« Est-ce que c'est… » commença Severus, ses yeux choqués fixés sur la toute petite fiole.

« C'est un sort alchimique. » finit Harry en rougissant. « Celui-ci fait partie des sorts d'amélioration et il est censé t'aider avec les sortilèges. » expliqua Harry. « Le sceau lui permet de stocker la magie inutilisée lorsqu'on jette un sort, qui se retrouve abandonnée. Tu peux l'utiliser quand tu veux tout simplement en empoignant le sort lorsque tu jettes un sortilège… » conclut le garçon en rougissant encore plus. Severus continua de fixer la fiole, ébahi.

« Et tu as fait ça tout seul ? » demanda Severus, en regardant le sort avec émerveillement, en s'enfonçant dans son fauteuil.

« Et bien, j'ai demandé à Nicholas de m'envoyer les ingrédients par hibou mais j'ai crée le sceau et assemblé le sort, en jetant tous les sortilèges nécessaires moi-même durant ce dernier mois à peu près. Je sais que ce n'est pas grand-chose mais… »

« Harry. » le stoppa Severus et le regarda droit dans les yeux. « Ce truc, » commença-t-il en pointant le sort du doigt « est un artefact magique, très rare et très précieux. Et que tu l'aies fait toi-même… »

« Mais c'est de la fabrication basique de sceaux. » répondit Harry. « N'importe quel alchimiste peut… »

« Et combien existe-t-il d'alchimistes ? Qui sont encore actifs aujourd'hui je veux dire. » demanda Severus très sérieusement. « Et parmi eux, à ton avis, combien se sépareraient de ce genre de sort de leur plein gré ? » Harry le regarda confus, n'ayant jamais considéré les choses ainsi avant, combien d'autres alchimistes existait-il ? « Très peu, je peux te le garantir. » fit Severus, comme s'il lisait dans ses pensées. « Et aucun d'eux n'atteint le niveau de Nicholas. Fais-moi confiance lorsque je te dis que ce sort est… c'est exceptionnel Harry. » Ce dernier rougit encore plus, si c'était possible.

« Merci. » murmura-t-il tout bas, avant que Severus ne le prenne dans ses bras pour le remercier.

« Est-ce que je t'ai dit que tu étais un génie ces derniers temps ? » Et ils rirent tous les deux. Harry dût partir assez vite, puisque c'était bientôt l'heure du couvre-feu. Il mit les deux livres dans son sac et dit au revoir à Severus, le laissant, toujours en train de fixer le sort, avant qu'il n'ait à partir faire ses patrouilles. Harry sautilla jusqu'à la Tour Gryffondor. Au moment où il entra dans la salle commune, il se dirigea immédiatement vers son lit, aussi vite qu'il pouvait sans vraiment courir, ferma les rideaux autour de lui et sortit le cadeau de Nicholas de son sac. Il n'était pas sûr du temps qu'il avait passé à lire – cela devait faire plusieurs heures – mais son attention fut soudain attirée par le son d'une malle qu'on ouvrait puis refermait, perturbant le silence de la chambre. Le garçon aux yeux vert jeta un coup d'œil à travers ses rideaux et aperçut à peine son frère avant que ce dernier ne disparaisse sous la cape d'Invisibilité. Et ça avait été un si bon jour jusque là…

Harry se retint de soupirer et se leva pour suivre son frère, jetant rapidement un sort de traçage sur lui au moment où il sortit de la Salle Commune. Il aurait juste à être ultra prudent et espérer qu'Adrian ne dépasse pas les zones où Severus serait en train de patrouiller cette nuit. Ce qui voulait dire quoi ? La zone autour de la bibliothèque ? Par tout l'or des Gobelins ! Est-ce que son frère se dirigeait vraiment vers… Pas possible ! Mais, comme Harry venait de le réaliser, son frère se dirigeait bien vers la bibliothèque. En se cachant dan les ombres, le plus jeune des Potter suivit la trace de son frère à travers l'école et attendit dehors lorsqu'il rentra dans la bibliothèque. Ce serait inutile de le suivre à l'intérieur : il n'avait pas la cape et en plus, il avait une plutôt bonne idée d'où son frère se rendait. S'il avait raison il n'aurait qu'à attendre une ou deux minutes avant que…

Le cri perçant qu'il attendait brisa le silence nocturne en mille morceaux. Peut être qu'Adrian devrait tenir compte des conseils d'Hermione pour une fois et lire L'Histoire de Poudlard. S'il l'avait lu, il aurait su que tous les livres de la Réserve criaient au meurtre si un étudiant essayait de les lire sans permission. Pour ne décevoir personne, Rusard apparut d'un passage secret – Harry se fit une note mentale de se rappeler de celui-là – et courut droit vers la bibliothèque, sa chatte Miss Teigne sur ses talons. La trace qu'il avait placé sur son frère lui indiqua qu'il s'était échappé sous le nez de Rusard et courrait maintenant vers l'Aile Ouest et s'éloignait du Grand Escalier. Quelque chose lui disait que son frère était complètement perdu.

Harry attendit que Rusard ne sorte de la bibliothèque puis il entra dans le passage secret qu'il venait de découvrir grâce à Rusard, avant de suivre son frère. Pendant qu'il avançait caché, il pouvait entendre deux paires de pas venant vers lui, l'un devait être Rusard et l'autre…

« La Réserve ? Et bien, ils ne peuvent pas être très loin, nous les attraperons. » résonna la voix faussement froide de Severus et Harry se cacha immédiatement dans une salle de classe abandonnée pour attendre. Lorsque les deux hommes le dépassèrent, il sortit de la pièce pour continuer de suivre la trace de son frère. Adrian semblait être caché dans une salle de classe deux portes plus loin que celle qu'il avait choisie. Il ne montrait aussi aucune indication qu'il quitterait bientôt cette salle. Mais que pouvait-il bien faire dans une salle de classe vide ?

Peu importe ce que c'était, cela lui avait pris déjà une heure et demi minimum, pensa Harry après avoir encore attendu. Le bruit d'une armure résonna à distance – probablement Peeves qui retournait à ses vieilles blagues – et cela sembla rappeler à Adrian qu'il devait bouger. Il sortit de la salle de classe presque sans bruit et courut vers le chemin qu'il venait de parcourir dans l'autre sens. Harry l'aurait suivi, mais sa curiosité était piquée. Que pouvait-il bien avoir dans cette pièce ? Il rentra rapidement par la porte que son frère avait laissée légèrement ouverte et regarda autour de lui. Au premier coup d'œil, cela ressemblait à ce qu'on attendait d'une salle de classe vide, avec les bureaux et les chaises empilées près du mur, leurs formes sombres assez nettes sur les murs. Ce qui ne collait pas par contre se trouvait en plein milieu de la salle, réclamant son attention.

C'était un miroir magnifique, aussi haut que le plafond, avec un cadre en or décoré, qui tenait sur deux pieds avec des griffes. Il y avait une inscription gravée sur le dessus : « Riséd elrue ocnot edsi amega siv notsap ert nomen ej ». Quel genre de langue c'était ? Ce n'était pas du vieux français, pour sûr… Harry examina l'écriture pendant un moment avant que ça ne le frappe. C'était un miroir après tout, pourquoi ne pas lire l'inscription à l'envers ? Je ne montre pas ton visage mais de ton cœur le désir. Cela était un peu plus sensé d'une certaine façon mais posait aussi beaucoup de questions. Mais que pouvait bien dire cette inscription se demanda-t-il, en regardant finalement dans le miroir. Son souffle se coupa. Son miroir le montrait comme il était, sans ses sorts de Glamour. Pouvait-il avoir oublié de les jeter ? Bien sûr que non ! Il se le rappelait nettement ! En regardant une nouvelle fois dans le miroir, il remarqua que son reflet n'était pas seul. Il regarda derrière lui, mais la pièce était vide.

Pourtant, à côté de lui dans le miroir, avec une main sur son épaule gauche, se trouvait Severus. Mais pas le Severus que tout le monde connaissait et craignait. C'était le Sev qu'Harry connaissait, le vrai lui. Et à côté d'eux se trouvait la famille d'Harry, ils souriaient tous, sans aucune trace de la peur permanente dans leurs yeux. Sirius et Cornedrue ne regardaient pas Severus avec dégoût et Remus avait l'air en meilleure santé que jamais. Harry sourit à cette image, pensant à quel point ce serait bien si… Soudainement il fronça les sourcils et secoua la tête. Que disait l'inscription déjà ? Je ne montre pas ton visage… Donc c'est ce que mon cœur désire le plus ? se demanda Harry. Être libre d'être moi-même et accepté pour ça ? Le jeune sorcier toucha l'image une fois, avec tentation. Puis il soupira et se détourna du miroir et ses fausses promesses. Si jamais il voulait réaliser ce rêve, ce qu'il ne devrait certainement pas faire était de rester ici et de perdre son temps à espérer, il devrait agir. Il ferma la porte derrière lui et s'éloigna, détestant le miroir juste un peu. Et lorsque Ron et son frère disparurent la nuit suivante, Harry ne prit pas la peine de les suivre.


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