Chapitre 23

A travers la trappe


A.N : Je sais que beaucoup d'entre vous se demandent si mon histoire va juste se contenter de suivre l'intrigue des livres en ajoutant un Harry qui agit dans l'ombre. Et même si je n'aime en général pas donner trop d'indications – l'élément du surprise sauterait par la fenêtre sinon – je peux vous dire que cette histoire va de plus en plus dévier de l'intrigue des livres jusqu'à atteindre un point où seuls quelques éléments principaux de l'histoire originale demeurent. J'ai juste besoin que le personnage d'Harry commence à se développer dans cette direction, ce qui va commencer dès ce chapitre. Oh, et pour ceux qui se posent la question sur le courage d'Harry qui l'a visiblement abandonné, pour moi, être courageux ne veut pas dire, ne pas avoir peur – il n'y aurait qu'un imbécile ou un fou n'aurait pas peur devant la mort d'un proche et Harry comme je l'ai écrit n'est ni l'un ni l'autre – mais de faire face à ces peurs et continuer d'avancer malgré elles.

A.T : Bonsoir, jeunes vermisseaux ! Rassurez-vous c'est affectueux ;)

Bon ben, que dire de plus ? Merci encore à tous pour vos reviews, ze vous naimeuh !

Enjoy !


Disclaimer :Bon, bon z'avez compris, j'aimerai bien tout posséder hein... Mais je me contente de la traduction le reste, on dit merci à JK Rowling et xXDesertRosesXx


Et lorsqu'Harry se retransforma, un seul regard dans ses yeux troublés suffit à confirmer ses craintes. Il ne savait pas ce qu'il se passait dans la tête du garçon et ce dernier avait tendance à trop penser. Et il ne savait pas quoi faire pour arranger peu importe ce qui n'allait pas. Tout ce que Severus pût faire, fût de serrer le garçon le plus fort possible pendant qu'il pleurait avec un désespoir qu'il n'avait jamais vu chez lui auparavant.

Severus observait Harry à distance. Pendant les premiers jours après leur retour de la Forêt Interdite, le garçon ne semblait plus être que l'ombre de lui-même, évitant toujours le contact visuel, jetant sans cesse des coups d'œil à son frère pour s'assurer qu'il était bien là. Et d'un seul coup, comme ça, quelques jours avant le début des examens, un nouveau feu brûlait dans les yeux du jeune garçon et il raconta à Severus exactement ce qu'il s'était passé.

Le maître de Potions ne put pas en croire ses oreilles. Harry s'en voulait sérieusement d'avoir eu peur en rencontrant le Seigneur des Ténèbres pour la – presque – première fois ? D'avoir été témoin d'une scène atroce : le Seigneur des Ténèbres qui buvait du sang de Licorne dans une clairière dans la Forêt Interdite ? Tout le monde aurait eu peur, bon sang, il avait eu peur lui aussi ! Et il ne se priva pas de le lui dire. Après tout, seulement un fou ou un idiot pourrait regarder cette scène sans avoir peur et Harry n'était ni l'un ni l'autre. Mais ce qu'il avait à dire, même si cela apaisa la culpabilité du garçon – et c'était Harry tout craché de ressentir de la culpabilité envers quelque chose qu'il ne pouvait pas contrôler, son fils incorrigible et adorable – ça n'éteignit pas pour autant ce feu dans ses yeux.

Harry avait vu Voldemort, avait senti pour la première fois à quel point la menace était réelle et il était déterminé à se battre. Le maître de Potions ne savait pas s'il devrait être terrifié ou pas, en voyant Harry aussi décidé. Il l'aurait probablement été – il avait toujours une peur bleue de ce qui pourrait arriver à son garçon – s'il n'avait pas été aussi fier en même temps.

Harry, de son côté, avait fait son possible pour surmonter sa culpabilité. En vérité, il ne pouvait pas dire qu'il avait vraiment réussi, mais une illumination nocturne pendant qu'il révisait pour son examen de Métamorphose l'avait arraché à son auto-apitoiement. Par la barbe de Merlin, qu'est-ce qu'il était en train de faire ? Il était censé s'entraîner, s'améliorer ! Il avait été tellement en colère contre lui-même de ne pas avoir réagi qu'il avait décidé de prendre un livre et de se cacher derrière ? Sa colère enfla et brûla toute trace de peur restante. Elle flamboya, grossit et avec un dernier éclat, disparut, laissant derrière elle une telle clarté et un tel calme qu'il n'avait jamais senti avant.

Il allait s'entraîner. Il allait s'améliorer. Et il ne s'autoriserait plus jamais à rester immobile dans des situations pareilles. Il ne pouvait pas se promettre de ne plus avoir peur, étant donné qu'il ne pouvait pas contrôler son cœur et honnêtement, combien de fois Severus l'avait mis en garde contre ce genre de choses ? Mais il n'autoriserait plus sa peur l'arrêter. Et Harry avait rit, son cœur bien plus léger que ces derniers jours. Il s'était précipité dans les escaliers pour aller dans la Salle Commune et avait pris son frère dans une étreinte à un bras, le laissant très surpris.

« C'était en quel honneur ? » demanda Adrian, qui était en grande conversation avec Ron et Hermione.

« Je viens de finir ce que je devais revoir pour la Métamorphose et je voulais le faire partager. » répondit Harry avec un petit sourire, avant de retourner dans son lit pour vraiment finir de réviser cette fois.

« Tu vois ce que ça peut te faire de trop étudier ? » entendit-il dire Ron pendant qu'il s'éloignait. « Tu devrais arrêter avant de perdre la boule toi aussi. » A partir de ce moment, Harry passa ses journées à étudier comme d'habitude, sa motivation renforcée. Les examens passèrent en un coup de vent, pour lui du moins. Hermione avait semblé déterminée à surpasser ses notes, mais même elle se fit une raison après qu'Harry ait transformé la souris qu'on lui avait donnée en une boîte faite d'or pur et de pierres précieuses. Elle était tellement bien décorée que même le Professeur McGonagall avait dû s'arrêter avant de lui faire un grand sourire.

Le dernier examen – Histoire de la Magie – arriva à sa fin et dans une atmosphère très joyeuse. C'était enfin fini ! Les résultats seraient disponibles la semaine prochaine et, avec le dernier match de Quidditch deux jours plus tard, ce serait la fin officielle de leur 1ère année à Poudlard. La bonne humeur d'Harry ne dura que jusqu'à ce qu'il remarque son frère, une expression choquée sur le visage, traîner ses deux amis vers la cabane d'Hagrid. Quelque chose lui disait qu'Adrian s'était enfin demandé d'où venait l'œuf de Norbert. Severus et lui en étaient déjà venus à la conclusion que cet incident portait clairement le nom de Quirell. La probabilité que ce soit une simple coïncidence était d'une sur un million si on prenait en compte le timing et Severus et Harry avaient compris que Quirell savait comment passer Touffu. Tout ce qui lui manquait désormais était l'opportunité.

Avec ces réalisations, le maître de Potions envoya une lettre à Nicholas, lui expliquant ses inquiétudes mais l'alchimiste, sachant pertinemment que si la Pierre n'était pas en sécurité à Poudlard, elle ne le serait nulle part, avait répondu qu'il tenterait quand même sa chance. Harry avait soupiré et espéré qu'ils seraient capables d'empêcher les tentatives de Quirell. Il rentrait du bureau de Severus après avoir lu cette lettre, réfléchissant à un moyen de persuader Nicholas de cacher la Pierre autre part. Il entra dans la Salle Commune avec un soupir, ne s'attendant pas vraiment à trouver quelqu'un. Il aurait dû se méfier. Juste là, au milieu du sol, se trouvait le corps clairement pétrifié de Neville Longdubat.

L'esprit d'Harry se mit immédiatement en marche. Neville avait visiblement été pétrifié après que tout le monde soit allé se coucher, ou sinon, quelqu'un l'aurait remarqué. Et puisque la probabilité d'une attaque extérieure dirigée contre Neville était faible, ça devait être un Gryffondor qui avait jeté le Petrificus Totalus La seule raison de le faire était que Neville se trouvait sur son chemin. Et après avoir perdu cent-cinquante points et une retenue dans la forêt Interdite, il n'y avait que trois personnes auxquelles Neville pourrait s'opposer. En plus c'était les seules personnes qui pourraient avoir une bonne raison. Et qui savait depuis combien de temps ils étaient partis déjà. Oh, mon frère, qu'est ce que tu as fait ?

Il fit demi-tour immédiatement, sans avertir Neville – qui semblait s'être endormi – de sa présence. Il quitta la Salle Commune en état de choc, se dirigeant droit vers le troisième étage et le couloir Interdit, sa baguette en main. Il aurait aimé aller chercher Severus d'abord, mais une seconde de retard pouvait être de trop. Le garçon aux yeux verts courut aussi vite que ses pieds pouvaient le porter, se moquant complètement – ou en venant même à l'espérer au point où il en était – de rentrer dans un professeur. Cela n'arriva pas et lorsqu'il arriva dans le couloir Interdit, il était dans un état à moitié fou. Touffu aboyait de l'autre côté de la porte et ce ne fût qu'à ce moment qu'Harry réalisa qu'il n'avait aucune idée de comment passer cet obstacle. Mais pour une fois, la subtilité n'était pas le but. S'il devait réduire un Cerbère en pièces pour aller chercher son frère, alors qu'il en soit ainsi. Il ouvrit néanmoins la porte doucement, ne voulant pas alerter le chien de sa présence tout de suite.

Le chien aboyait sur la trappe ouverte, montrant clairement que quelqu'un l'avait maîtrisé. Au moins, son frère avait survécu à ça. Il fit rapidement le tour de la pièce des yeux, où deux choses attirèrent son attention : Premièrement, la Cape d'Invisibilité était tombée par terre. Et deuxièmement, il y avait une harpe brisée en deux à deux mètre de lui. Il n'y avait qu'une seule raison pour justifier la présence de cette harpe. Avec un Reparo rapide, qui attira l'attention du chien, la harpe se retrouva comme neuve. Un autre mouvement de baguette fit s'activer les cordes de la harpe. Le sort n'allait pas durer longtemps, et le son qui en sortait n'était pas vraiment une mélodie, mais cela sembla quand même avoir un effet sur Touffu. Ses yeux se fermèrent et il s'affaissa d'une masse au sol. Harry attrapa la Cape, la jeta sur lui-même et s'approcha de la trappe.

Il jeta un Lumos pour essayer de voir le fond, la lueur au bout de sa baguette éclairant ce qui semblait être une sorte de plante rampante. Doutant fortement que Dumbledore ait demandé à Madame Chourave de planter du Chèvrefeuille, Harry serra bien fort sa baguette, et sauta. La plante amortit sa chute et essaya ensuite de lui briser les os, ses tiges encerclant ses jambes, qu'il identifia donc comme un Filet du Diable.

« Je n'ai pas le temps pour ça. » murmura Harry et il pointa sa baguette vers la plante. « Incendio ! » Des flammes bien rouges sortirent de sa baguette, obligeant la plante à se reculer jusqu'au mur. Le garçon se remit à courir au même moment. La porte suivante qu'il poussa le mena dans une pièce où des milliers d'oiseaux multicolores flottaient autour de lui. Trois balais étaient jetés en vrac sur le sol, près de la porte de sortie et Harry pouvait facilement deviner qui les avait utilisés. Il s'approcha de la porte et, lorsqu'il se rendit compte qu'elle était fermée, il sût qu'aucun sort ne lui permettrait de passer. Il lui fallait la clé. Et en parlant de clé…

Il leva de nouveau la tête. Les oiseaux se révélèrent ne pas être des oiseaux, mais des clés ailées. Et celle qu'il cherchait devait être vieille, pensa le garçon, et grosse, en argent, probablement un peu abîmée si elle avait déjà était utilisée deux fois. Il ramassa un balai et s'envola, ses yeux cherchant frénétiquement la bonne clé. Et il la trouva quelques secondes plus tard, grâce à ses talents d'Attrapeur. Avec des mouvements brusques, il l'attrapa et la plaça dans le trou de la serrure puis ouvrit la porte. Il resserra sa prise sur sa baguette, vérifia que la Cape était bien mise autour de lui et passa la porte. Là, il semblait être devant un échiquier géant, alors qu'une porte ouverte l'attendait de l'autre côté.

Pendant quelques secondes il eût peur de devoir jouer son passage lorsque la chance décida de se mettre de son côté. Une Hermione échevelée et en larmes apparut dans son champ de vision, courant vers l'échiquier, ses yeux fixés vers le coin gauche de la pièce où se trouvait un Ron évanoui. Harry n'avait pas le temps de s'arrêter. Priant pour que le roux aille bien, il saisit sa chance, en courant à travers la pièce en même temps qu'Hermione. La présence de quelqu'un qui avait déjà gagné la partie semblait être suffisant pour empêcher une nouvelle partie de commencer.

La puanteur qui venait de la pièce suivante suffit à le prévenir de ce qui l'attendait avant même de voir le troll évanoui sur le sol. Harry doubla sa vitesse, il ne restait qu'une épreuve, il le savait. Et ensuite, la pièce finale où se trouvait son frère, seul avec Quirell, ou même Voldemort. Des flammes s'étendaient devant l'entrée et la sortie de la pièce suivante dans laquelle il s'engouffra. Le message qu'avait laissé Severus était clair et Harry débattait intérieurement. C'était bon, se dit-il, en prenant la petite fiole. Il en restait à peine encore pour une personne. Ne s'arrêtant pas pour réfléchir, il l'avala tout de suite et traversa les flammes noires, la sensation glacée de la potion s'accordant parfaitement à la sensation froide qui enserrait sa poitrine.

Il se dirigea en hâte vers la pièce suivante et s'arrêta sous le choc devant la scène sous ses yeux. Quirell était là, comme prévu tout comme son frère qui, par chance, était toujours debout même s'il était entortillé dans une corde épaisse des pieds à la tête et derrière lui se trouvait le même miroir qui l'avait tant captivé six mois plus tôt. Le miroir qui vous montrait votre désir le plus profond. A quoi pouvait-il bien servir dans cette chambre ? Pas grand-chose. Quirell commença à expliquer comment il avait fait rentrer le troll dans l'école et comment il travaillait pour Voldemort. Adrian essayait de maintenir une façade courageuse, mais Harry pouvait dire qu'il était intimidé.

« Je vois la Pierre… Je la présente à mon maître… Mais où est-elle ? » marmonna Quirell à lui-même, tournant le dos à Adrian, qui était juste pétrifié par la peur. « Peut-être que la Pierre est dans le miroir. Est-ce que je dois le briser ? » Le professeur de Défense s'agitait de plus en plus. « Que fait ce miroir ? Comme marche-t-il ? Aidez-moi Maître ! » Harry se tétanisa lorsqu'il entendit une voix répondre à son appel, semblant venir de Quirell lui-même.

« Sers-toi du garçon… Sers-toi du garçon… » Quirell se tourna vers Adrian et, avec un mouvement de poignet, fit disparaître les liens qui maintenaient Adrian et le garçon était libre de bouger. Quirell lui ordonna de se rapprocher et de regarder dans le miroir. C'est ce que fit Adrian. Harry ne comprenait pas ce qu'il se passait.

« Alors ? » demanda Quirell impatiemment. « Qu'est-ce que tu vois ? »

« Je-Je sers la main de Dumbledore. » répondit Adrian. Harry connaissait assez son frère pour remarquer qu'il mentait. « J'ai gagné la Coupe du Tournoi des Quatre Maisons. » Quirell jura encore une fois et poussa le garçon sur le côté. Adrian sembla décidé de tenter se chance et essaya de s'enfuir. Il se tourna, sa main serrant sa poche. Ce fût à cette seconde précise qu'Harry réalisa que son frère avait, d'une manière ou d'une autre, récupéré la Pierre Philosophale.

« Il ment… Il ment… » retentit à nouveau cette voix aiguë, venant de Quirell sans qu'il ne bouge ses lèvres.

« Potter, reviens ici ! » Adrian ne s'arrêta pas. « J'ai dit reviens ici ! » Et il sortit sa baguette pour jeter un Stupéfix rapide. Adrian tomba la tête la première et resta immobile tandis que la voix s'exprima à nouveau.

« Alors c'est comme ça que ça va finir… Adrian Potter, Le Garçon-Qui-A-Survécu, va mourir ce soir… Laisse-moi le regarder avant qu'il ne meure… J'ai attendu dix ans pour ça… » dit la voix. Harry, lui, se rapprochait sans bruit de Quirell, sa baguette pointée sur Quirell sous sa cape. Il était prêt à tout ce qui pourrait être nécessaire…

« Maître, vous n'êtes pas assez fort ! » protesta Quirell.

« J'ai assez de forces… pour ça… » insista la voix et Quirell commença à défaire doucement son turban jusqu'à ce qu'il tombe au sol puis il se retourna. Harry mordit l'intérieur de sa joue pour ne pas hurler, il mordit tellement fort qu'il pût sentir le goût métallique de son propre sang. Donc c'était Lord Voldemort ? Il regarda cet homme, qui avait essayé de le tuer, lui et son frère, lorsqu'ils étaient enfants, cet homme qui menaçait de nouveau la vie de son frère. Ou du moins ce qu'il restait de lui. Un visage déformé, qui ressemblait vaguement à un serpent avec deux yeux rouges carmins se trouvait à la place du crâne de Quirell, et il regardait son frère avec une pure malveillance.

« Nous nous retrouvons, Adrian Potter. » déclara Voldemort. « Je m'attendais à mieux de toi. Au moins, la dernière fois que tu me faisais face, tu me regardais dans les yeux. » se moqua-t-il. « Tu n'auras pas de seconde chance. Tue-le et prends la Pierre. Elle est quelque part sur lui ! » ordonna le Seigneur des Ténèbres d'une voix froide.

« Oui, Maître. » dit Quirell avec obéissance, presque révérence.

« Au revoir, Adrian Potter. » dit Voldemort tandis que Quirell se retournait vers le garçon évanoui. Pendant que Voldemort parlait, toute la peur qu'Harry ressentait, la menace de la mort imminente de son frère qui l'avait gelée sur place, se transforma instantanément en une colère noire qui devint rapidement une brûlante rage blanche. Voldemort était un monstre et Quirell l'aidait. Le Seigneur des Ténèbres détruisait tout ce qu'il touchait, le polluait, l'éradiquait. Et maintenant, il était après son frère. Une de ses premières leçons d'alchimie lui revint en mémoire et il agrippa fort sa baguette sous la Cape.

« Si tout échoue, Harry, rappelle-toi toujours : le feu purifie tout ce qui est impur. » retentit la voix de Nicholas dans sa tête. Dans les années à venir, Harry reviendrait sur ce souvenir et se demanderait comment il avait réussi à faire ce qu'il avait fait. Ce n'était pas comme s'il avait pratiqué un sort informulé avant. Ce dont il se souviendrait après, c'était que, au moment où Quirell leva sa baguette vers Adrian, il pointa la sienne sur lui et concentra toute sa volonté dans le seul sort de haut niveau qu'il connaissait :

« Saevit Infernalis ! » Et même si aucun son ne sortit de sa bouche, une immense vague de flammes rouges sombres jaillirent de sa baguette et frappa Quirell – qui était penché sur Adrian, prêt à lui jeter le sort fatal – dans la poitrine, l'envoyant de l'autre côté de la pièce. Le Professeur de Défense Contre les Forces du Mal cria de toutes ses forces tandis que le feu, au lieu de s'éteindre, grandit de plus en plus, tournant autour de lui, l'enveloppant comme une tornade infernale, l'engloutissant et s'étendant de plus en plus haut, jusqu'à ce que les flammes viennent lécher le plafond.

Une fumée sombre, rappelant vaguement une forme humaine, s'envola des flammes ravageuses et s'enfuit par la porte avec un cri terrible. Le Seigneur des Ténèbres avait abandonné le corps de Quirell et fuyait la bataille. Il passa au-dessus d'Adrian, le maudissant encore pour cette magie qui était stockée en lui et qui avait presque causé sa défaite une seconde fois.

Tout ce qu'Harry pouvait faire était de regarder Voldemort s'échapper. Il voulait courir vers son frère, il voulait vérifier qu'il allait bien, qu'il était vivant, mais son corps refusa de coopérer lorsque son cerveau réalisa enfin ce qu'il venait de faire. Les flammes faisaient encore rage, et Quirell était toujours à l'intérieur. Il n'avait aucune de chance de s'en échapper. Il l'avait tué. Il avait tué. Au lieu de s'avancer vers son frère il recula d'un pas, sa main – serrant toujours sa baguette – retombant mollement sur son flanc. Quelques secondes passèrent et les flammes commencèrent à se disperser. Harry n'entendit pas les pas qui résonnaient dans le couloir et ne remarqua Albus Dumbledore que lorsqu'il lui passa devant.

Le vieux sorcier regarder les flammes un instant, figé, avant de se pencher vers Adrian. Harry ne pouvait plus supporter ça une minute de plus. Contrôlant à peine ses deux jambes, il marcha comme s'il était sous le maléfice de l'Imperius jusqu'à ce qu'il atteigne la sortie de la chambre. Lorsque la lumière provenant du feu qu'il avait déclenché arrêta de peindre les murs en orange, ce fût comme si le brouillard se dissipait de son esprit, et le poids entier de ce qu'il venait de faire lui retomba dessus comme une tonne de briques. Il se mit à sprinter comme un fou en essayant de semer ses pensées et sa culpabilité, en passant la porte. Il utilisa un sort d'expulsion pour sortir par la trappe, presque inconscient de ses actions. Touffu était encore endormi sous le sort quelconque que Dumbledore lui avait lancé, mais Harry ne s'arrêta même pas pour vérifier. Il continua simplement à courir, ne remarquant même pas que la Cape glissait de ses épaules et tombait au sol, à quelques mètres du chien à trois têtes.

Il se rua dans les escaliers, manquant par deux fois de trébucher et de tomber, mais il s'en fichait, il continuait de courir. Il manquait de souffle mais il ne laissa pas cela l'arrêter, il continuait à courir. Il n'y avait aucune torche allumée dans le château à cette heure-ci dans les cachots donc il continua à courir dans le noir, ne prenant même pas la peine de faire un peu de lumière sur son passage : il irait bien tant qu'il continuerait de courir.

Il atteignit une porte familière et commença à frapper dessus de toutes ses forces, ne se préoccupant pas de qui pourrait l'entendre. Severus ouvrit sa porte, confus. Il venait juste de finir de lire quelque chose d'intéressant pour sa recherche sur la potion Tue-loup et était sur le point d'aller se coucher. Il essaya de demander à Harry ce qu'il s'était passé mais son visage pâle et ses joues marquées de larmes l'en empêchèrent. Il ouvrit tout simplement sa porte plus largement et le laissa entrer dans son bureau, puis verrouilla la porte derrière lui.

« Qu'est-ce qu'il s'est passé, Harry ? » demanda-t-il après un petit moment, mais le garçon resta silencieux, les yeux perdus dans le vide, comme s'il était tombé dans une sorte de transe.

« J'ai rencontré Voldemort. » répondit Harry après quelques minutes de silence. Severus eut un hoquet de surprise et sentit le monde tanguait autour de lui. Quoi ?

« Harry… »

« Quand je suis rentré dans la Salle Commune, j'ai réalisé qu'Adrian, Ron et Hermione étaient partis après la Pierre. » expliqua Harry, ses yeux toujours fixés quelque part sur le mur en face d'eux, près du portrait vide de Merlin. « Je les ai suivi et j'ai vu Quirell menacer Adrian. Je ne sais pas comment mais mon frère a eu la Pierre – il y avait ce miroir, là, celui dont je t'ai parlé à Noël dernier et la Pierre était dedans – et là j'ai réalisé que Voldemort était là aussi, possédant Quirell ou quelque chose comme ça, ils partageaient le même corps. Adrian a tenté de s'échapper, Quirell l'a assommé et Voldemort lui a ordonné de le tuer. » Le garçon s'arrêta, les larmes s'échappant de nouveau de ses yeux qui ne clignaient pas.

« Harry, est-ce qu'Adrian va bien ? » demanda Severus, craignant le pire. Harry haussa les épaules.

« Il était toujours inconscient lorsque je l'ai laissé, mais Dumbledore venait d'arriver. Je pense qu'il va s'en sortir. » Si Adrian n'était pas le problème ici, qu'est-ce que c'était ?

« Qu'est ce qu'il s'est passé, Harry ? » demanda Severus pour la deuxième fois.

« Quirell allait tuer Adrian, Papa. » déclara le garçon, la voix lourde, en regardant droit dans les yeux du maître de Potions pour la première fois depuis qu'il était entré dans son bureau.

« Mais il ne l'a pas fait. » affirma Severus, n'aimant pas du tout où la conversation se dirigeait. Est-ce que Dumbledore avait arrêté Voldemort à temps ?

« Non, il ne l'a pas fait. » acquiesça le garçon, en tremblant. « Parce que je l'ai tué en premier. » La voix du garçon se brisa et il tomba sur ses genoux, pleurant à grosses larmes.


Bon... C'est pas la joie, j'avoue...

Voilà pour ceux qui espéraient qu'Harry allait s'en remettre rapidement, ben ça en rajoute une couche...

Allez, séchez vos larmes et n'oubliez pas les reviews. A la prochaine, petits chenapans !