Chapitre 24

La Culpabilité et le Chagrin


A.N : Pour commencer, dans ce chapitre, je me suis essayé à explorer le personnage de Severus un peu plus. Son passé de Mangemort pour être précise. C'est tout ce que je peux dire sans ruiner la surprise. Maintenant, je sais que beaucoup d'entre vous se demandent quand Harry va être reconnu comme le vrai Survivant. Comme je l'ai déjà dit je prévois de traverser les sept livres (ou au moins la majorité des évènements puisque mon histoire va de plus en plus dévier du scénario original) donc je veux développer un peu plus le personnage d'Harry. Je veux qu'il révèle qu'il est le Survivant selon ses propres conditions et, laissez moi vous dire qu'il y a un long chemin à faire (et pas mal de perturbations aussi) avant qu'on en arrive là.

A.T : Bonjour à tous ! Bon j'ai pas énormément de temps aujourd'hui pour cette note alors je vais tout simplement vous dire, merci encore pour toutes les reviews et les follow, ça me fait toujours énormément plaisir :)

Enjoy !

Disclaimer : Bon, je crois que vous avez compris le principe, même si ça me plaît pas de ne rien avoir là-dedans XD


Severus ne pouvait pas en croire ses oreilles. Harry avait dû… Merlin non ! Il n'était qu'un enfant. Il n'avait même pas douze ans et il avait dû… Voldemort mourra, décida Severus à ce moment précis, peut-être pas de sa main mais il allait aider et, s'il croisait son chemin, ce bâtard allait mourir lentement et dans la souffrance. Le maître de Potions s'agenouilla et pris Harry dans ses bras. Il dut insister un peu vu que le garçon semblait ne pas vouloir être touché. Severus connaissait cette sensation.

« Harry, regarde-moi. » ordonna-t-il, d'un ton sans appel. Harry leva les yeux, ses yeux verts semblaient perdus. « Je sais que tu te sens horriblement mal maintenant mais ce n'était pas de ta faute, Harry. »

« Mais je l'ai tué ! J'étais là, j'ai levé ma baguette et je l'ai tué ! Je l'ai brûlé, Sev ! » s'écria Harry, sa voix presque méconnaissable sous la douleur. Il sonnait plus vieux, comme s'il avait vieilli d'une décennie cette dernière heure. Severus ferma les yeux et soupira.

« Quand j'avais 19 ans, Harry, à peu près un an et demi avant ta naissance, j'étais déjà sous les ordres de Dumbledore, espionnant pour l'Ordre dans le rang des Mangemorts. » commença le maître de Potions et Harry le regarda, confus. Au moins j'ai son attention, pensa Severus. « J'avais 16 ans quand j'ai rejoint le Seigneur des Ténèbres, même pas sorti de l'école. Je n'étais pas le seul de ma Maison à le rejoindre cette année. Il y avait ce garçon, Benjamin Alexander. C'était un cinquième année, mais Voldemort n'a jamais fait grand cas de l'âge de ses recrues. C'était un garçon timide, venant d'une famille pauvre, et il ne l'a rejoint que pour éviter d'être rejeté pour ses origines modestes. Lorsque j'ai eu 18 ans et que j'ai quitté l'école, je me suis mis au service de l'Ordre, essayant de faire quelque chose pour rattraper la pire erreur de ma vie. Benjamin… Il a choisit une voie différente. »

« Mais qu'est-ce que ça a à voir avec… » commença Harry mais Severus l'interrompit avant même qu'il ne puisse finir sa question.

« Tu vas voir. » lui assura le professeur de Potions avec un sourire triste. « Comme je le disais, Benjamin a suivi un chemin différent. Il avait toujours été une personne malléable et son implication avec les Arts Sombres l'ont, au final, corrompu… »

« Il n'y a pas de bien et de mal… Il n'y a que le pouvoir, et ceux qui sont trop faibles pour l'atteindre. » Quelque chose que Quirell avait dit à son frère lui revint en tête. Quirell avait-il toujours été comme ça ?

« Lorsque j'ai eu 19 ans, j'étais un espion à temps plein pour l'Ordre et il était un des meilleurs de Voldemort. Il torturait sans distinction, il tuait qui on lui disait de tuer et souvent, il ne montrait aucune pitié. » Severus semblait perdu dans ses pensées, qui appartenaient à des temps bien plus sombres que le présent. « Une nuit, Voldemort avait envoyé un groupe de Mangemorts pour chercher les membres de l'Ordre qui se cachaient. J'étais de paire avec Benjamin. Malgré mes efforts pour faire l'empêcher, on avait localisé un sorcier membre de l'Ordre, qui était marié à une Moldue. Il avait trois enfants, tous en dessous de l'âge de 5 ans. Benjamin pénétra dans leur maison avant que je n'arrive. Il n'avait pas envie d'attendre. Le temps que j'arrive à la maison, il avait déjà torturé la mère avec le Doloris pendant une heure et demie et avait fait regarder les enfants. Quand il me vit, il éclata de rire. » Severus ferma douloureusement les yeux. « Il riait, Harry, et il m'a dit de choisir un des enfants, celui que je préférerais tuer en premier. Et pour appuyer ses paroles, il a jeté le maléfice de Mort sur la mère, sous mes yeux. Les enfants pleuraient, le père avait l'air complètement perdu et je ne pouvais rien faire pour les aider. Benjamin déclara alors que, puisque je n'arrivais pas à faire mon choix, il choisirait en premier. Il pointa sa baguette sur la plus jeune enfant, une fillette de deux ans, encore un bébé.

« Et qu'est ce qu'il s'est passé ? » demanda Harry, sa voix paraissant un peu moins hantée, et ses larmes avaient arrêté de couler de ses yeux.

« J'ai choisi. J'ai choisi Benjamin. » répondit Severus. « Je le connaissais depuis qu'il avait 11 ans, mais le garçon que je connaissais et l'homme qu'il était devenu étaient deux personnes totalement différentes. Je lui ai jeté l'Avada Kedavra et modifié les souvenirs de la famille pour qu'ils ne se rappellent pas de mon visage, puis je suis parti. Je ne me suis jamais senti aussi vide de ma vie. » admit Severus, en refermant les yeux. Il n'avait jamais partagé cette histoire avec quiconque auparavant. Il n'avait jamais pensé qu'il le ferait, mais cela semblait être le bon moment. Il sentit une main douce sur la sienne, et il ouvrit les yeux pour voir qu'Harry avait posé sa paume sur son poing serré.

« Ce n'était pas ta faute, Papa. » le consola le garçon. « Il aurait tué cette fillette si tu ne l'avais pas tué. Il était parti bien trop loin. »

« Oui, il aurait tué cette fille. » acquiesça Severus. « Et qu'aurait fait Quirell si tu ne l'avais pas arrêté ? » Le garçon resta silencieux. « Harry ? »

« Il aurait tué Adrian. » murmura-t-il.

« Oui il l'aurait fait. Comment aurais-tu pu ne pas protéger ton frère Harry ? » demanda Severus

« J'aurais pu le désarmer… J'aurais pu… »

« Tu n'aurais pas pu. » trancha Severus. « Quirell était possédé par Voldemort. Le désarmer n'aurait apporté rien de bon. »

« Mais… »

« De plus, Harry, » continua Severus « Quirell est mort au moment où il a renoncé à son corps pour le donner au Seigneur des Ténèbres. Voldemort l'a utilisé comme un simple hôte. Il ne lui aurait jamais permis de vivre. Il aurait été la preuve vivante de ses plus grands moments de faiblesse et il n'aurait jamais accepté ça. » affirma Severus. « Je doute également que Quirell aurait survécu à la séparation d'avec Voldemort après avoir fusionné avec lui pendant si longtemps. Non, il est mort dès qu'il a accepté ce marché. »

« Et tu… Tu ne me détestes pas ? » demanda Harry. « Tu ne penses pas que je suis exactement comme lui ? »

« Non ! Bien sûr que je ne te déteste pas ! » protesta fermement Severus, en agrippant les épaules du garçon avant de le secouer un peu. « Et tu n'es pas du tout comme lui. Même si ça n'avait pas été pour sauver ton frère, tu es là, en pleurant la mort d'un homme qui t'aurait tué sans le moindre remords. » Un nouvel espoir brilla dans les yeux du garçon lorsqu'il enregistra les paroles de Severus. Peut-être qu'il n'était pas en train de devenir le prochain Mage Noir comme il le craignait.

« Mais pourquoi ça fait si mal ? » demanda-t-il sincèrement, avec de grands yeux. Severus sentit les larmes lui monter aux yeux mais essaya de les retenir, pour le bien d'Harry.

« Parce que tu y accordes de l'importance. Et puisque tu le fais, tu ne pourras jamais prendre une vie légèrement. » répondit Severus avec un doux sourire. « Je veux juste que tu comprennes une chose. Si jamais ta vie est en danger, ou si quelqu'un auquel tu tiens est menacé, tu ne dois pas hésiter. Promets-moi que tu feras toujours attention à toi dans un cas pareil, Harry. » Le garçon était toujours pâle, mais le choc initial quittait doucement son système nerveux, le soulagement que son frère et lui soient encore en vie et que le plan de Voldemort soit déjoué perçant l'armure de terreur que ces derniers évènements avaient créé autour de son cœur.

« Je te le promets. » dit-il d'une petite voix. Au moins, elle était plus sûre qu'avant.

« Maintenant, je veux que tu me rendes un service. » commença Severus. « Je vais te faire une potion de Sommeil Sans Rêves légère et je veux que tu la prennes, et que tu essayes de dormir un peu. » Remarquant l'expression paniquée du garçon, il ajouta : « tu peux dormir ici, sur le canapé, mais tu dois dormir. Tu fonctionnes grâce à l'adrénaline là, mais ça va pas durer. » Harry voulait protester, mais ses paupières devinrent soudainement lourdes. Peut-être qu'il était fatigué en fait. Juste un petit peu. Il s'avança vers le canapé et Severus mélangea rapidement quelques ingrédients dans une fiole en verre. Dès que le processus fut terminé, il donna la Potion à Harry.

« Et Adrian ? » demanda le garçon en regardant la potion.

« J'irais me renseigner pour toi si tu veux. De toute façon, ça m'étonnerait qu'il se réveille avant le matin. » lui assura le maître de Potions. « Et je m'occuperais de te couvrir pour le fait que tu sois hors de ton dortoir. Toi, tu te reposes. » Harry hocha une fois la tête, et rangea sa baguette – qu'il agrippait encore dans une main – dans son holster et avala la Potion d'une seule gorgée, avant de s'installer confortablement dans les oreillers moelleux que Severus avait sur son canapé.

« Et, Papa ? » demanda Harry, en bâillant légèrement.

« Oui, Harry ? »

« Je t'aime. » déclara le garçon en fermant les yeux.

« Je t'aime aussi, fiston. » répondit Severus et lui embrassa le haut de la tête tendrement. « Et je suis fier de toi. » La respiration du garçon devint régulière et Severus ferma les yeux puis laissa sortir un long soupir de soulagement. Une partie de lui voulait pleurer. Au fond il savait qu'Harry devrait se battre un jour et, étant celui qui était censé arrêter Voldemort, il serait même impliqué dans un combat où il devrait prendre la vie de quelqu'un. Mais que ça arrive si vite…

Donc oui, une partie de lui voulait pleurer jusqu'au petit matin. Mais l'autre partie de lui, la partie qui l'emporta, voulait juste eploser quelque chose. Il prit sa baguette et sortit de la pièce, traversant les couloirs jusqu'à arriver dans une de ces grandes pièces de stockage qu'on pouvait trouver dans les cachots. Celle-ci était remplie de vieux bureaux et de meubles qu'ils n'utilisaient plus à l'école. Le plafond était haut et arqué, les piles de fournitures en bois montant assez haut. Parfait.

Severus ferma la porte derrière lui, la verrouilla et plaça un sort de Silence dessus avant de tourner sa baguette vers les piles de meubles. Ses pensées étaient embrouillées et sa vision était floue lorsqu'il commença à jeter des sorts dans toutes les directions. Et même si aucun son ne pouvait être entendu à l'extérieur, Severus hurlait des sorts, à droite, à gauche, brisant des étagères et des bureaux en éclats. Comment avait-il pu laisser ce genre de choses arriver ?

Une autre pile de bureaux explosa sous une succession rapide de sorts de Matraque. Le professeur de Potions regarda autour de lui, une lueur sauvage dans les yeux. Il remarqua une autre pile et une toute petite partie de son cerveau se réjouit que Poudlard ait autant de meubles supplémentaires. Pourquoi ne pouvait-il pas protéger Harry lorsqu'il avait le plus besoin de lui ?

Il jeta tous les sorts d'explosion auxquels il pouvait penser, brisant et réduisant en morceaux tout ce qu'il pouvait trouver autour de lui, les minutes s'écoulant pendant qu'il évacuait sa frustration. Il fit le tour de la pièce frénétiquement, essayant de trouver autre chose à détruire. Il ne restait rien. Il s'interrompit pour regarder les morceaux de bois brûlés qui étaient jadis des meubles. Avait-il réellement fait tout ça ? Il soupira. Bien sûr que oui.

Après avoir repris ses esprits, il se mit à réparer ce qu'il avait brisé. Tout n'était pas récupérable – il y avait une flaque de métal fondu sur le sol que Severus nettoya tout simplement, ne se rappelant pas la présence d'un quelconque objet métallique présent dans la pièce, encore moins le fait de l'avoir fait fondre – mais la pièce n'avait pas l'air bien différente après son passage. Il retourna dans son bureau pour vérifier l'état d'Harry, qui dormait encore.

Ce fut un pur coup de chance qu'il soit revenu à ce moment là, puisque quelques minutes plus tard, une Minerva McGonagall paniquée toquait à sa porte. Son visage était pâle, ses lèvres serrées en une ligne mince. Une partie de l'anxiété visible dans son regard fut remplacée par le soulagement puis la confusion lorsque ses yeux se posèrent sur le jumeau Potter endormi sur le canapé de Severus.

« Donc, Harry est là ? » demanda-t-elle choquée. « On l'a cherché partout… J'ai commencé à croire qu'il était… »

« Harry est arrivé en courant dans mon bureau il y a une heure et demie a peu près. Il s'était réveillé pour boire de l'eau et s'est rendu compte que son frère n'était plus là. » expliqua-t-il. « Je n'ai pas pu entrer dans les détails puisqu'il était assez perturbé. Il m'a dit que son frère était au courant pour le Cerbère et il avait peur que son frère soit parti dans le Couloir Interdit. Harry lui-même ne semblait pas en savoir plus que ce qu'il avait entendu de son frère sur le sujet, mais j'ai bien peur qu'Adrian en sache plus sur ce qui se trouve sous la trappe que la prudence ne l'autorise. » Severus essaya de garder une expression neutre en parlant, tâche extrêmement compliquée étant donné que son cœur martelait dans sa poitrine, chaque battement amenant une autre pointe de douleur en s'imaginant le nombre de choses qui auraient pu devenir tragique cette nuit. « Je viens de le persuader de boire une Potion de Sommeil Sans Rêves et j'allais venir vous informer. Mais pourquoi est-ce que vous le cherchiez ? »

« Harry avait raison, et vous aussi. » l'informa Minerva, en enlevant ses lunettes pour se frotter les yeux. « Adrian était au courant pour la Pierre et a passé la trappe avec Ron Weasley et Hermione Granger cette nuit. Lui ainsi que Weasley sont inconscients pour l'instant. Je n'ai pas réussi à apprendre grand-chose mais Vous-Savez-Qui était impliqué et Albus dit que Quirell également. Adrian les a empêchés de voler la Pierre, Severus ! » s'exclama Minerva. « Merlin sait comment, mais il l'a fait ! » Severus ferma les yeux et soupira doucement. Oui, Minerva, Adrian… Un jour, tu le sauras…

« Est-ce que les Potter ont été informés des évènements de ce soir ? » demanda-t-il, essayant discrètement de changer de sujet.

« Oui, mais quand nous sommes allés chercher Harry… » Elle s'arrêta et jeta un coup d'œil au garçon endormi. « Mais pourquoi n'est-il pas venu me voir lorsqu'il ne trouvait plus son frère ? Je suis sa Directrice de Maison après tout ! » Et elle tourna ses yeux incrédules vers Severus.

« Et – comme vous le savez mais semblez l'oublier – je suis celui qui a aidé à élever ce garçon. » rétorqua-t-il avec une voix qu'il espérait calme, même s'il ne pouvait pas empêcher le ton glacial sous entendu, qui allait avec ses mots. Les yeux de Minerva s'agrandirent avant de se tourner vers le sol.

« Bien sûr, Severus. » répliqua-t-elle simplement, en se recomposant. « Nous devrions aller voir Albus. Il a également requis votre présence, avec le reste du corps professoral. » Severus hocha la tête.

« Laissez-moi juste écrire un mot rapide pour Harry. La potion n'était pas très puissante et il pourrait se réveiller avant que je ne revienne. Il aimerait savoir que son frère est hors de danger. » Minerva hocha la tête et quitta le bureau, après l'avoir informé que la réunion allait se dérouler dans le bureau d'Albus. Severus sortit un bout de parchemin et écrit ce que venait de lui dire Minerva et ce qu'il avait répondu pour le couvrir. Il écrit aussi qu'Adrian allait bien et jeta un sort qui ferait apparaître le parchemin vierge jusqu'à ce qu'Harry ne jette le bon sort. Il plia le mot et écrit le nom d'Harry au dos avant de partir pour la réunion.

Les Potter arrivèrent environ une heure après qu'Harry ait foncé dans son bureau, à presque trois heures du matin. Ils avaient été extrêmement inquiets, ce qui était normal, et furent rapidement rejoints par Sirius Black et Remus Lupin. Severus les observa à distance, songeant à moitié de consoler une Lily en larmes. Elle restait son amie, peu importe les circonstances. Mais il ne pouvait pas s'approcher d'elle sans se faire écorcher vif par son mari et son caniche d'ami. Les quatre, y compris Lupin, étaient rassemblés autour du lit d'Adrian, Lily était assise sur une chaise, tenant la main de son fils.

« Qu'est-ce qui lui est arrivé, Albus ? » demanda James dès qu'il posa le pied dans l'Infirmerie.

« C'est une longue histoire, j'ai bien peur… » commença-t-il avant d'être interrompu par un grognement, venant apparemment de Sirius.

« On a du temps. Parlez. Tout de suite. » Le ton de Sirius était glacial et à l'exact opposé de ce à quoi Severus s'attendait. Peut-être que le clébard n'était pas si mal que ça après tout, pensa le professeur de Potions, combattant son envie de sourire.

« Comme vous voulez. » Et il commença à tout expliquer sur la Pierre Philosophale et la manière dont elle était gardée dans l'école. Lorsque cette partie fut complète, il expliqua comment Adrian avait découvert la présence de la Pierre, d'une manière ou d'une autre, et comment il avait empêché Voldemort de la voler.

« Voldemort était là ? » demanda Lupin, ses yeux ambrés fusillaient le Directeur.

« Oui. »

« Et comment mon fils l'a arrêté ? » demanda Lily, parlant pour la première fois depuis qu'elle avait vu son fils. Parce qu'il est incroyable, répondit mentalement Severus, en pensant au garçon qui dormait dans son bureau. De toute façon, c'était une question, dont la réponse serait intéressante.

« Lorsque je l'ai rejoint, Adrian était inconscient et Quirell – qui avait servi d'hôte corporel à Lord Voldemort – était consumé par les flammes. Il ne restait pratiquement plus rien de lui lorsque les flammes ont diminué. » répondit sérieusement Albus.

« Des flammes ? » interrogea James. « Albus, vous voulez dire que… Que voulez vous dire ? » demanda-t-il en fixant le Directeur ne voulant pas vraiment croire ce qu'il entendait.

« Il semblerait qu'Adrian ait, encore une fois, réussi à atteindre la même magie qui l'a aidé à arrêter Voldemort la première fois. Sa magie a une fois de plus agie face à la menace et l'a sauvé. » les éclaira Albus. Severus savait qu'il aurait dû être soulagé qu'ils ne soupçonnent pas du tout Harry mais une partie de lui voulait que le garçon soit reconnu pour ses actions pour une fois. Mais ce n'était pas le bon moment…

« Comment avez-vous pu ne pas savoir, Albus ? » demanda Lily, sans détacher les yeux de son fils. « Comment Adrian a-t-il pu rentrer dans cette pièce sans que vous le sachiez ? »

« Je ne m'attendais pas à ce que qui que ce soit ne passe le Cerbère, Lily. » admit-il gravement. « Je pensais la Pierre protégée. Comment aurais-je pu imaginer que trois élèves de même pas douze ans essaieraient de la récupérer ? » Et bien, un seul élève était suffisant, pensa Severus. Les Weasley arrivèrent à ce moment, se précipitant sur Ron qui était allongé dans le lit voisin d'Adrian. Ce ne fut que lorsque les jumeaux ainsi que Percy arrivèrent, encore en pyjama, que quelqu'un s'inquiéta pour Harry.

« Il dort dans mon bureau. » déclara Severus et James le regarda d'un air accusateur.

« Et pourquoi cela ? » demanda ce dernier, ses yeux se rétrécissant. Severus, soulagé d'avoir pris le temps de détruire l'intérieur de cette classe abandonnée ce qui lui permit de se retenir de jeter un sort à James, lui répéta la même chose qu'à Minerva.

« Je crois qu'il se sent coupable d'avoir su qu'Adrian s'était approché du chien et de n'avoir rien dit. Il avait l'air convaincu que son frère était blessé et qu'il aurait pu empêcher cela. » finit Severus. Pas si loin que ça de la vérité et ça expliquerait en partie la culpabilité d'Harry. James sembla se calmer après ça. Severus quitta l'Infirmerie et raccompagna Albus à la chambre sous la trappe. Le Directeur ramassa la Cape du sol où elle était tombée et la regarda avec un soupir.

« Chose épineuse, cette cape. Faite pour protéger mais a également aidé son possesseur à se mettre en danger de manière splendide, n'est ce pas Severus ? » Le maître de Potions se fichait bien de la cape mais hocha néanmoins la tête, le Directeur avait toujours semblé attiré par elle. Severus se prépara mentalement. Il était sur le point de voir ce qu'avait dû endurer Harry. Minerva, Filius et Pomona Chourave les rejoignirent pour faire une meilleure estimation de ce qu'il c'était exactement passé cette nuit.

Le Filet du Diable parlait de lui-même, même si la majorité des preuves de ce qui c'était passé ici était couvert par des marques de brûlures qu'Albus lui-même avait causé en essayant de rejoindre Adrian. Coup de chance, songea Severus. Ils avaient utilisé les balais et la bonne clé pour passer la porte, même si Flitwick ajouta que l'un d'entre eux avait essayé un Alohomora. Minerva niait toujours que des élèves de douze ans aient pu passer son épreuve si facilement mais Severus lui rappela qu'ils avaient passé le sien tout aussi facilement. Son plus grand choc vint lorsqu'ils entrèrent dans la chambre où la Pierre avait été cachée. Il y avait le miroir dont Harry lui avait parlé et Severus fit bien attention de ne pas regarder dedans. Il savait déjà ce qu'il désirait le plus. Le voir aurait peut-être été un peu trop. Mais ce n'était pas le miroir qui avait attiré son attention.

Le mur, de l'autre côté de la pièce, était roussi, les pierres beiges et dorées qui composaient les alentours étaient devenues noires. Sur le sol, il y avait une autre marque sombre, un cercle d'un diamètre de 3 voire 4 mètres. Et au centre de ce cercle, se trouvait quelque chose qui semblait avoir été le propriétaire de la cape violette – qui avait été un turban – qui était juste sous devant le miroir. Severus pouvait comprendre pourquoi Harry était aussi terrifié lorsqu'il était rentré dans son bureau. Peu importe le sort qu'il avait utilisé, il était très puissant. Comment il avait réussi à le lancer, le contrôler puis marcher – encore pire, courir, comme il soupçonnait le garçon d'avoir fait – jusqu'à son bureau, c'était un mystère total. C'était un enchantement de haut niveau et il aurait dû le vider de ses forces, à cet âge là. Mais bon, Harry n'avait jamais rien fait normalement.

« C'est Adrian qui a fait ça ? » haleta Pomona. Non, il se trouve que ce n'est pas lui, pensa Severus derrière ses boucliers d'Occlumencie. Il ne pensait pas que Dumbledore essaierait quoi que ce soit dans son état de choc, mais ça ne faisait pas de mal d'être prudent.

« Oui, c'est bien lui. » confirma Dumbledore. Severus jeta un coup d'œil aux pierres brûlées et aux restes de l'homme qui avait essayé de tuer Adrian Potter et souhaita – pour la centième fois de la soirée – avoir été capable de s'en occuper à la place d'Harry.

Il était plongé dans ses pensées quand il retourna à son bureau au lever de l'aube et faillit rentrer dans un Harry qui quittait son bureau, avec le mot qu'il lui avait laissé dans la main. Le garçon le regarda impatient.

« Comment va Adrian ? » demanda-t-il, les yeux plein d'inquiétude. « Est-ce qu'il s'est réveillé ? »

« Il était toujours évanoui quand j'ai quitté l'Infirmerie. Il a récolté une bosse assez moche sur la tête mais Pomfresh est convaincue qu'il ira mieux dans la matinée. Il devrait se réveiller à n'importe quel moment maintenant. » Harry soupira de soulagement et Severus ouvrit la porte de son bureau pour qu'ils puissent parler sans être interrompus pendant un moment.

« Je m'étais bien dit qu'il serait blessé à la tête. Il est tombé assez violemment par terre quand Quirell lui a lancé un sort… » Les yeux verts du garçon se tournèrent vers le sol à la mention du nom de Quirell.

« Si tu n'avais pas fait ce que tu as fait, Harry, ton frère ne se réveillerait pas. » lui rappela le maître de Potions. Il lui expliqua rapidement ce qu'il avait dit à ses parents et ils travaillèrent un peu l'histoire d'Harry. Une heure et demie plus tard, le garçon était prêt à rendre visite à son frère.

« Et, Sev ? » l'appela-t-il en se tournant de la porte.

« Merci. J'ai un peu perdu la boule là-bas. » admit Harry.

« Vu les circonstances Harry, tu l'as bien géré. » Harry hocha la tête. « Apprécie le fait que tu sois encore en vie, Harry, et que ton frère le soit aussi. Va le voir. Je dois écrire une lettre pour nous deux, il faut qu'on informe Nicholas des évènements. »

« Je vais essayer de me détendre. Dit 'Bonjour' à Nicholas de ma part. » Harry entra dans l'Infirmerie et fut immédiatement pris dans les bras de sa mère. Il écouta la version officielle de ce qu'il s'était passé cette nuit et raconta l'histoire que Severus et lui avaient inventé. Il s'était réveillé pour prendre un verre d'eau et n'avait pas trouvé Adrian et Ron dans leurs lits. Il avait vu Neville paralysé par terre et avait couru informer Severus. Il craignait le pire puisqu'il avait entendu son frère parler de ce qu'il se trouvait derrière la porte fermée du Couloir Interdit. Son histoire fut acceptée sans accroches.

Adrian se réveilla un peu après onze heures, Ron lui s'était réveillé deux heures plus tôt. Il expliqua ce qu'il s'était passé de son point de vue, comment il avait découvert la Pierre – Harry prétendit être surpris, ce qui échoua un peu vu qu'il était encore sous le choc. Mais heureusement, personne ne faisait attention à lui à ce moment – et pourquoi il avait décidé d'aller la chercher.

« Et quand on a entendu que le Professeur Dumbledore était hors de l'école, on savait que… » Le Professeur McGonagall interrompit son histoire en se mouchant assez bruyamment dans son mouchoir – en plaid s'il vous plaît.

« Ils sont venus me voir et je leur ai dit que la Pierre était en sécurité ! » Tout le monde la regarda sous le choc, peu habitués à de telles crises de cette femme stricte. Harry, qui avait compris à quel point la culpabilité pouvait vous peser, décida de parler.

« Vous n'auriez pas pu savoir, Professeur. » Tout le monde se tourna vers lui, le choc passant du professeur de Métamorphose à l'élève aux yeux verts. « Le Directeur lui-même ne suspectait rien et a quitté l'école. Comment auriez-vous pu savoir ? »

« Il a raison, Minnie. » seconda Sirius. « Vous n'aviez aucun moyens de savoir. » C'était une preuve de combien Minerva était perturbée, étant donné qu'elle ne lui reprocha pas son surnom. Ils parlèrent encore un peu avec les Weasley et Hermione lorsque la discussion s'orienta vers des sujets un peu plus scolaires. Le Directeur les informa que des rumeurs avaient commencé à courir dans l'école et que des élèves de la Maison Serpentard – Malfoy, avait grommelé Ron – avaient essayé de mettre la pagaille en racontant partout qu'Adrian était tellement blessé, qu'il allait devoir être transféré à Ste Mangouste.

« Rends-moi un service, s'il te plaît, Harry. » Le jumeau aux yeux noisette parlait sombrement.

« Bien sûr, ce que tu veux. »

« Botte leur le cul au match de demain ! » Le match ? pensa Harry. Ah oui, le Quidditch. Il avait complètement oublié ça, mais d'une certaine manière, la promesse de quelque chose de normal, le calma. La vie continue, j'imagine, pensa le garçon avant d'hocher la tête.

« Ca marche frérot ! » Et c'est exactement ce qu'il fit, aidant l'équipe de Gryffondor à gagner sa première Coupe de Quidditch depuis des années. Dubois en avait pleuré pendant une heure entière, et la fête dans la Salle Commune dura jusqu'à minuit bien passée. Le reste de la semaine se passa calmement, à l'exception des cauchemars d'Harry. Différents scénarios où il rejoignait son frère quelques secondes trop tard ou juste le fait de se voir jeter le sort encore et encore. Severus lui avait dit que ça passerait. Il devait juste se souvenir qu'il avait agit pour protéger, il avait fait ce qu'il fallait.

Les résultats des examens n'étaient pas inattendus. Harry était premier de sa classe, suivi par Hermione et Adrian qui, avec son entraînement, avait déjà un niveau supérieur. Ce qui fut surprenant par contre, était que Gryffondor gagne la Coupe de Maisons, après des points ajoutés à la dernière minute par le Directeur. Harry se retrouva dans le bureau de Severus cette nuit, riant énormément face à l'expression mécontente de Severus.

« Comme si perdre la Coupe de Quidditch n'était pas suffisant ! » s'exclama-t-il en faisant les cents pas dans son bureau. « D'où venaient ses points d'abord ? »

« J'imagine qu'arrêter Voldemort compte comme une activité extrascolaire ? » demanda Harry légèrement, souriant vraiment pour la première fois depuis l'incident de la Pierre. Ils quittaient Poudlard le lendemain matin et Harry se réjouissait que dans une petite semaine, il serait de retour à la maison. Le château où il avait grandi lui avait manqué plus qu'il ne l'aurait imaginé.

« C'est un point de vue intéressant. » rétorqua sèchement Severus et Harry explosa de rire à nouveau. « Je te ferais savoir que… » Le hululement d'une chouette le coupa. Enfin, après une semaine d'attente, Nicholas lui avait répondu. Severus déplia la lettre et commença à lire.

« Qu'est-ce que dit Nicholas ? » demanda Harry, impatient.

« Attends ! Je n'ai même pas encore dépassé 'Cher Harry et Severus' ! » lui répondit le maître de Potions. Il continua de lire. Il aurait aimé ne pas l'avoir fait.


Oui, je sais c'est un peu sadique mais justement, je veux savoir ce que vous pensez qu'ils trouveront dans cette fameuse lettre...

Allez, oubliez pas les reviews !