Chapitre 26
De nouveaux visages et d'autres pas si nouveaux
A.N : Alors puisque je commencerai bientôt à travailler sur ma version du second bouquin, je devais commencer à préparer un peu le terrain, c'est-à-dire, Ginny. J'ai remarqué que la plupart d'entre vous êtes soit super excités qu'elle finisse avec Harry ou complètement le contraire. Honnêtement avant d'avoir relu vos reviews, je ne savais absolument pas quoi faire avec ce personnage. Mais puisqu'elle a généré tellement de réactions alors qu'elle n'a été mentionnée qu'une seule fois dans mon histoire, mon cerveau stupide a vu cette situation comme un défi. Maintenant j'ai un tout nouveau scénario dans ma tête et c'est juste de. Votre. Faute. C'est ça, vous m'avez donné un défi. Le truc, c'est que j'adore ce nouveau scénario. C'est tellement mieux que ce que j'avais en tête avant. p
Le seul problème, c'est que pour que ça marche, je vais devoir essayer d'écrire le personnage de Ginny et la moduler pour qu'elle corresponde à mon histoire. Je ne sais toujours pas si elle finira avec Harry ou si ils ne seront que de bons amis, mais maintenant, elle est dans l'histoire. Et comme je vais presque devoir la développer de pas grand-chose, puisque les quatre premiers bouquins parlent surtout de son coup de cœur pour Harry et pas tellement de sa personnalité, dîtes moi si elle semble crédible. Voilà, c'est tout !
A.T :Bonjour à tous ! Oui, je sais que c'est très tôt le matin, que la nuit c'est fait pour dormir mais je voulais le poster aussi vite que possible alors le voici ! je tiens à remercier du fond du coeur toutes les personnes qui prennent encore et toujours le temps de me laisser une review, c'est fou ce que ça fait plaisir ! Vous êtes juste géniaux ! Donc sans plus attendre,
Enjoy !
Disclaimer : Quoi ? Comment ça, l'histoire et l'univers m'appartiennent pas ? Est-ce donc vrai ? Toutes mes illusions s'effondrent !
« Est-ce que j'ai des hallucinations, ou tu viens vraiment d'utiliser une Pierre Philosophale comme engrais ? » Harry cligna des yeux interdit deux ou trois fois après cette question.
« Bah, ça a marché non ? » Ils se regardèrent pendant un moment puis éclatèrent une nouvelle fois de rire. Il y avait encore de la douleur dans leurs cœurs et il y en aurait encore pendant longtemps. Mais désormais, ils pouvaient vraiment commencer à tourner la page.
Trois semaines s'étaient écoulées depuis la création et la destruction presque immédiate de la Pierre Philosophale et les choses revenaient doucement à la normale. Harry reprenait ses études et Severus continuait ses recherches. Ce ne fut qu'à la fin de juillet que les deux sorciers furent frappés par le fait que le douzième anniversaire d'Harry marquait une décennie depuis leur première rencontre.
« Wow. » avait dit Harry, à court de mots pendant que Severus remplissait leurs verres de Bièraubeurre. « Une décennie ? »
« Je sais. » acquiesça Severus avec un sourire. « Parfois je n'arrive pas à croire que tu es bien ce bébé dont je me souviens. Tu as grandi, Harry. » Le maître de Potions se tenait à des phrases courtes, ne faisant pas confiance à sa voix pour ne pas se briser.
« Ça devait bien arriver, je suppose. » balaya Harry d'un geste d'épaules. « Mais une décennie ? » Pour quelqu'un de douze ans, une décennie voulait dire tellement plus que pour quelqu'un aussi vieux que Nich… que quelqu'un de plus vieux. Penser à l'Alchimiste faisait toujours mal. Non pas qu'il pensait que ça s'arrêterait tout de suite mais même, il était censé pouvoir contrôler ses émotions, il était fier de ça. Mais la perte des Flamel était toujours aussi dure et il avait aussi mal que si ses parents étaient morts. Peut-être même un peu plus.
« Tu es encore jeune. Quant tu vieilliras, une décennie aura bien moins de signification. »
« Dixit le vieillard. » rétorqua Harry en levant les yeux au ciel. « Parce que, vraiment, 32 ans c'est tellement vieux ! » Le sarcasme était clairement perceptible dans sa voix et Severus sourit, pensant qu'il lui ressemblait vraiment.
« Ok, tu as peut-être raison. » admit Severus.
« Tu sais que j'ai raison. » plaisanta Harry. « Hey, Sev ? » continua le garçon après un court instant. « Où penses-tu qu'on sera après une autre décennie ? »
« Qui sait ? » répondit Severus. « Avec un peu de chance, dans cette véranda, en train de boire quelque chose de plus fort puisque tu auras l'âge légal. » plaisanta-t-il d'un ton léger.
« Peut-être que tu seras enfin dans une relation stable ! » le taquina Harry et l'air offensé de Severus le fit ricaner. « Même marié ! »
« Tu essaies de jouer les entremetteuses Harry ? »
« Non. Ça voudrait dire que j'aurais déjà trouvé ta moitié et je ne l'ai pas trouvée. Pour l'instant. »
« Pourquoi tu… » le châtia faussement le professeur de Potions et lui balança un oreiller à la figure.
« Violent en plus ? » demanda Harry taquin, faisant apparaître un sourire satisfait sur le visage de Severus. Le Harry qu'il connaissait revenait progressivement à la surface.
« Bref, » commença Severus en levant son verre « Aux dix prochaines années. Puissent-elles être aussi folles que les dix dernières. Ou on s'ennuierait. »
« Essayons de limiter les expériences de frôler la mort quand même. » ajouta Harry avant de boire.
« Faisons ça. » confirma Severus, avant de le rejoindre dans ses pensées pleines d'espoir. En parlant de garder les choses non ennuyeuses, le sorcier aux yeux vert avait commencé, comme il l'avait dit lui-même, à expérimenter sur les vieux balais durant son temps libre. Et par expérimenter, il voulait dire les démonter et les remonter. Une semaine plus tôt il avait aussi commencé à créer un balai lui-même. Ce n'était qu'un essai et rien de très complexe bien sûr. Il voulait juste voir ce qu'il fallait à un balai pour voler.
Harry avait décidé de se lancer dans la fabrication de balai quelques jours après son douzième anniversaire pour être exact, après que sa famille soit revenue puis repartie. Adrian avait eu l'air assez mécontent du programme qu'on lui avait prévu. Apparemment, le fait que le sort d'Harry ait été attribué à la magie cachée d'Adrian avait débuté toute une série de tests magiques pour voir si ses pouvoirs extraordinaires se manifesteraient encore lorsque l'aîné des jumeaux en aurait besoin. Évidemment, il ne s'était rien passé jusqu'ici mais ça ne les avait pas arrêtés.
Le garçon aux yeux verts eut un sourire en coin en se rappelant l'expression de son frère, le jour où il était reparti pour son entraînement. Cela ferait beaucoup de bien à Adrian, se dit-il. Et pendant que son frère voyageait Merlin savait où, Harry se reconsacrait à ses études privées. Même s'il n'avait pas encore remis les pieds dans son laboratoire d'Alchimie – il avait soigneusement évité cette pièce après avoir fini le rituel de la création de la Pierre Philosophale – il y avait d'autres sujets qui pouvaient demander son attention et qui lui permettraient de ne pas penser aux aspects plus douloureux de sa vie.
Et ainsi, Harry, dans la chaude matinée du 8 août, se trouvait dans la véranda arrière du château, assis en train de lire le livre que lui avait offert Severus à Noël. Il n'avait pas tellement eu le temps de le traduire à Poudlard, mais là, il était absorbé par les pages du livre. Il y avait un petit passage, une info un peu vague, peut-être quelque chose qu'il avait mal traduit. Il devrait demander à Severus. D'ailleurs, en parlant de Severus, pensa Harry, en levant les yeux vers la forêt, où était-il ?
Harry avait laissé échapper que chaque essai qu'il pourrait faire en créant un balai, après quelques tests pendant une semaine de faire léviter des morceaux de bois tout seuls, serait beaucoup plus productif s'il pouvait essayer sur différents types de bois. Severus, déclarant qu'il voulait aider, était parti dans la forêt deux ou trois heures plus tôt. Où avait-il disparu ? Harry retourna à son livre, mais il n'arrivait plus à se concentrer. Il avait eu trop de mauvaises expériences pour être à l'aise avec un tel retard.
« Voilà pour toi ! » s'exclama Severus quelque part derrière lui, le surprenant assez pour qu'il lâche son livre. Le garçon se retourna rapidement. Severus avait rapporté le bois comme promis, semblait-il. Harry commença à rire en le voyant.
« Severus, tu te rappelles bien que tu es sorcier, non ? » demanda-t-il en essayant de reprendre sa respiration.
« Oui. » répondit Severus en haussant un sourcil de confusion.
« Et que tu aurais pu utiliser ta magie pour couper du bois ? » continua-t-il en fixant la hache dans la main droite du maître de Potions. Severus sourit.
« J'ai décidé d'utiliser la méthode traditionnelle plutôt. » plaisanta-t-il. « En vérité, j'avais envie de transpirer un peu. »
« Oui, ça se voit aussi. » se moqua Harry.
« Ok, continue comme ça, je peux toujours prendre le bois que je t'ai apporté et… »
« D'accord ! Je vais arrêter, c'est promis ! » s'exclama Harry et sortit sa baguette pour faire léviter les morceaux de bois au sol. Il s'était pas mal entraîné à lancer des sorts informulés ces derniers temps et il maîtrisait maintenant assez bien les plus simples. Il avait essayé le Stupéfix aussi mais avait décidé de lire un peu plus sur la théorie des sorts informulés avant d'essayer de le relancer. Severus était certain que la tapisserie du hall principal ne serait plus jamais la même. Harry, même aujourd'hui, n'arrivait pas le moins du monde à comprendre comme cette tapisserie avait gelé. Il ne la visait même pas ! Mettant ses pensées sur ses lancers de sorts de côté, il regarda plus attentivement les huit branches qui flottaient devant lui, toutes d'une taille idéale et exemptes de feuilles ou de petites branches.
« Les trois plus épaisses c'est du chêne, les deux plus légères sont du saule et le deux dernières sont du frêle. » l'informa Severus.
« Elles sont parfaites, Sev. Merci. »
« Tu n'as pas à me remercier. Je veux juste être là le jour où tu les transformeras en balais fonctionnels ! » le taquina Severus avec un sourire en coin. Ça allait forcément arriver de toute façon. Si Harry pouvait fabriquer une Pierre Philosophale, un balai devrait être simple comme bonjour.
« Si ça ne te dérange pas d'être un rat de laboratoire, je te les ferai tester aussi. » répondit joyeusement Harry.
« Oh, ça me dérange pas ! » Severus ressemblait à un gamin de cinq ans avec son grand sourire et ses yeux pétillants.
« A condition que tu ne portes pas plainte après, tu pourras essayer tout ce que je fais. » déclara Harry avec un sourire. A partir de ce moment, ce fut un processus assez long. Il avait décidé de commencer avec les branches de saule et la première chose qu'il avait à faire était de leur donner la bonne forme. Si quelqu'un lui avait dit, un mois plus tôt, qu'il utiliserait l'Arithmancie pour une activité liée au Quidditch, il l'aurait envoyé à Ste Mangouste tout de suite. Pourtant, il était là, à travailler avec attention sur ses schémas pour s'assurer que le balai aurait la bonne forme. Il avait même essayé d'élaborer quelques designs de l'aspect final qu'il désirait, mais il était encore bien loin d'en être satisfait.
Les semaines passèrent – complétée par un voyage surprise en Tunisie, courtoisie de Severus – et avant qu'Harry ne s'en rende compte, c'était déjà la dernière semaine d'Août. Et donc, la nuit avant la sortie programmée de sa famille au Chemin de Traverse, Harry était dans sa chambre au Manoir Potter, en train de revoir un de ses designs. Il avait du potentiel, pensa-t-il en roulant le parchemin avant de se lancer dans un peu de lecture sur la Métamorphose avancée avant le repas. Il étudiait la métamorphose permanente des objets inanimés, un sujet normalement étudié en septième année à Poudlard. Pas besoin de le dire, il était captivé.
Il finit par étudier jusqu'à minuit passé et réussit à peine à se brosser les dents avant de s'endormir. Il était pratiquement certain d'avoir entendu un bruit de chute dans la chambre voisine – celle de son frère – mais il s'endormit trop vite pour pouvoir y réfléchir. Le lendemain matin commença de manière intéressante étant donné que la maison entière semblait être dans des états variés de sommeil quand Lily jugea qu'il était judicieux de les réveiller à sept heures. Adrian portait encore son bas de pyjama sous ses robes et avait l'air préoccupé par quelque chose, James marmonnait à propos de l'injustice de la situation et la brutalité d'être réveillé si tôt et Sirius avait l'air de s'être rebellé puisqu'il avait apporté son oreiller dans la cuisine avec lui. Il était présentement en train de dormir, la tête sur la table à manger.
« Il peut vraiment dormir partout, pas vrai ? » demanda un Remus souriant, les yeux sur son ami de longue date.
« Chanceux, le salaud… » grommela James, faisant glousser ses enfants et récoltant une tape sur l'arrière de la tête de sa femme.
« James, fais attention à ce que tu dis ! » le réprimanda-t-elle. En réponse il roula des yeux. « J'ai épousé un gamin de cinq ans. »
« Apparemment. » répondit gaiment Harry, par-dessus ses céréales. Il était le seul qui ne semblait pas affecté par l'heure matinale.
« Tu as à l'air horriblement joyeux ce matin. » s'agaça Adrian. « C'est pas normal. »
« Non, je suis juste brillant comme ça. » lança-t-il malicieusement, faisant rire toute la table et Sirius murmura quelque chose d'incompréhensible dans son sommeil. Remus s'approcha de l'Animagus assoupi et tira l'oreiller de sous sa tête, le réveillant plutôt abruptement.
« Je suis debout ! Je suis debout ! » s'exclama-t-il, paniqué avant de réaliser ce qu'il venait de se passer exactement, les rires retentissants et l'oreiller dans les mains de Moony étant de très bons indices. « Moony ! » pleurnicha Sirius. « Je ne peux pas croire que tu viennes de faire ça ! »
« Et je n'arrive pas à croire que tu te sois endormi sur la table de la cuisine, mais tu l'as fait. » rétorqua le loup-garou, faisant bouder Sirius. L'atmosphère demeura joviale durant tout le trajet jusqu'au Chemin de Traverse et continua dans le même esprit lorsqu'ils rencontrèrent les Weasley. Adrian courut vers Ron, chuchotant immédiatement quelque chose à son oreille et Harry secoua la tête. Il avait le sentiment qu'il en entendrait parler bientôt. Il se tourna vers le reste du groupe. Sa mère s'était rapprochée de Molly et elles parlaient également très bas tandis que la seule autre fille du groupe les suivait, l'air un peu amusé. Ca allait être la première année de Ginny à Poudlard, réalisa Harry en s'approchant de la seule fille Weasley.
« Alors qu'est-ce que ça te fais d'aller à Poudlard pour la première fois ? » demanda le garçon aux yeux verts pendant qu'ils se dirigeaient vers Gringotts.
« Excitée je suppose. Heureuse. Terrifiée. » répondit-elle avec un sourire timide.
« Ouais, je vois bien. » acquiesça Harry, se rappelant que ses sentiments étaient identiques l'année dernière. « Sois simplement toi-même et tout se passera bien. Le Choixpeau sait ce qu'il fait et en plus, si t'as besoin de quoi que ce soit, tu as quatre frères dans l'école vers qui te tourner, sans parler d'Adrian et moi. » Ginny le récompensa d'un sourire éclatant. Le grand groupe se balada dans le Chemin, les enfants regardaient leurs listes d'école. Harry soupira. Ce Lockhart était partout sur sa lettre. Il pensa à la photo, sur la couverture du Sorcière Hebdo, du sorcier blond avec son sourire aux dents bien trop blanches et soupira encore une fois. Il avait essayé de lire quelque uns de ses livres et, même si la théorie derrière ses aventures semblait correcte, il sentait que quelque chose n'allait pas. Harry avait décroché face au ton pompeux de l'auteur et il avait été heureux de poser le livre et de ne plus jamais lire son travail.
Sa mère et Mme. Weasley – et visiblement Hermione d'après ce qu'il avait saisi d'Adrian et d'un Ron qui s'en plaignait – avaient une réaction diamétralement opposée. Mme. Weasley gloussait, en général, quand le nom de Lockhart était mentionné et sa mère, elle, soupirait rêveusement. Harry trouvait ça marrant à regarder, pas son père. James était prêt à descendre le sorcier blond à tout moment et Lily était toute aussi prête à le réprimander s'il le faisait.
Après qu'ils aient acheté quelques ingrédients et tout ce qui ne nécessitait pas une visite à la librairie, ils s'approchèrent de Fleury & Bott. La queue devant la librairie était pratiquement interminable et principalement composée de sorcières de tous âges. Harry ne mit pas longtemps à comprendre pourquoi. Gilderoy Lockhart signait son autobiographie Moi, Le Magicien ce matin-là et les foules avaient afflué pour l'apercevoir. Le garçon soupira pour la énième fois et se tourna pour regarder sa mère et Mme. Weasley. Les deux rousses réarrangeaient vivement leurs cheveux et le mot « conspiration » apparut en caractères gras dans son esprit.
« Oh allez, Lils ! » se plaignit James en levant les yeux au ciel. « On ne peut pas revenir demain ? »
« Certainement pas ! » rétorqua sa femme avant de se diriger fermement vers la file. Hermione et ses parents étaient là aussi, réalisa Harry, la fille aux cheveux touffus leur faisait signe depuis la queue, ses joues devenues rouges à cause de l'anticipation. Harry entendit un léger ricanement et se tourna vers le son – le seul qui n'était pas une plainte, ni un grognement ou encore un gloussement aiguë – et vit Ginny qui regardait la scène d'un air incrédule. Au moment où elle remarqua qu'Harry la regardait, elle vira au rouge cramoisi en un temps record mais Harry lui sourit d'encouragement. C'était agréable de voir, que toute la population féminine du pays n'était pas devenue folle.
« Allez, les enfants ! » s'exclama Molly. « La queue est assez longue sans que vous essayiez de gagner du temps ! »
« On doit vraiment ? » se plaignit Fred.
« Oh, allez les enfants ! Ça va être tellement marrant ! » se moqua Sirius avec une imitation réussie d'une femme aux cheveux noirs qui essayait de convaincre ses enfants, quelques pas devant eux, ce qui les fit énormément rire. L'attente aurait été supportable, pensa Harry, si Lockhart n'avait pas décidé d'attraper Adrian et de le forcer à se faire prendre en photo pour la Gazette du Sorcier. Le pauvre garçon avait l'air hébété, il se tortillait et faisait de son mieux pour se cacher du photographe et d'un Lockhart tout sourire. James était sur le point de protester, pendant que Lockhart offrait à Adrian sa collection entière de livres gratuitement mais fut brutalement stoppé lorsque l'écrivain auteur annonça qu'il serait leur prochain Professeur de Défense Contre les Forces du Mal.
Est-ce qu'on aura un jour un prof normal dans cette matière ? se lamenta Harry, ses espoirs de faire quelque chose d'intéressant cette année passaient par la fenêtre. Le seul professeur qu'il avait eu était un fou possédé par Voldemort et maintenant ça ? Il était sur le point de faire part de ses pensées, lorsqu'un autre problème attira leur attention. Les Malfoy venaient d'arriver et ils venaient de rencontrer les Weasley, surtout le patriarche Weasley. Harry déglutit, sa main se resserra sur sa baguette automatiquement, et se rapprocha du chahut. Pour une raison pas si étrange, ça s'annonçait assez mal.
« Le fameux Adrian Potter. » renifla Draco devant Adrian qui chancelait sous le poids de ces livres nouvellement acquis. Il les posa sans plus de cérémonie dans les bras de son frère, en ajoutant qu'il devrait les brûler pendant que Malfoy continuait. « Tu peux même pas entrer dans une librairie sans faire la une. » Harry mit la collection du travail de Lockhart en lui articulant qu'il en rachèterait d'autres pour lui et se tourna vers Malfoy pour éviter que son frère ne lui saute dessus.
« Je ferais attention à ce ton, Malfoy. » déclara calmement le garçon. « Ton commentaire transpirait la jalousie. » Les yeux de Malfoy se réduisirent en deux fentes pendant qu'Adrian ricanait.
« Qu'est-ce qu'il se passe ici ? Papa a dit qu'il avait vu Malf… » commença Ron en s'approchant des jumeaux Potter. « Oh, c'est toi. » grommela-t-il en regardant Malfoy comme s'il valait moins qu'un déchet. « J'parie que tu t'attendais pas à voir Adrian ici, hein ? » demanda Ron avec un rictus, serrant précieusement contre lui sa pile de livres de leur nouveau prof de DCFM. Hermione, à côté de lui, claqua la langue d'un air désapprobateur à la réaction du rouquin. Harry, lui, se demandait momentanément comment il avait pu réussir à l'entendre au milieu du chaos ambiant. La cacophonie autour d'eux était plus bruyante que d'habitude, mais jusque là il avait attribué ça à la signature d'autographes, mais maintenant…
« Je m'attendais encore moins à te voir acheter des choses, Weasley. » cracha Malfoy, arrachant brusquement Harry de sa rêverie. « J'imagine que tes parents vont s'affamer pendant un moins pour acheter tout ça. » Ron devint rouge brique et lâcha également ses livres dans le chaudron de Ginny. Il s'avança pour attaquer Malfoy mais Adrian et Hermione le retinrent. Un effort vain étant donné que Lucius et M. Weasley – après que le patriarche Malfoy ait fait un commentaire désobligeant sur l'état des livres de Ginny – décidèrent que ce serait une bonne idée de s'attaquer mutuellement dans le magasin plein à craquer.
Même le propriétaire ne pouvait pas les séparer et les jumeaux Weasley, James et Sirius encourageaient Arthur tout le long. Heureusement, pour tout le monde inclus, Hagrid fit une entrée surprise – apparemment, il était allé acheter du répulsif pour Limaces dans l'Allée des Embrumes, ce qui provoqua un regard machiavélique identique chez les deux jumeaux Weasley – et permit de calmer tout le monde, du moins en partie.
« Je ne peux pas croire que tu ais fait ça ! » s'énerva Lily, en regardant son mari. « Tu es resté à côté et tu l'as encouragé ? Tu es un Auror, James ! » Elle fulminait et Cornedrue bredouilla quelques excuses. Néanmoins, ce n'était rien en comparaison du regard que dédiait Mme. Weasley à son mari. Le fait qu'elle ait dû éviter, et de justesse en plus, un tome assez conséquent consacré à la Sororité qui avait faillit atterrir dans son œil, n'aidait absolument pas.
« Un bon exemple que tu donnes à tes enfants… se bagarrer en public… qu'est-ce que Gilderoy Lockhart a dû penser… » Arthur eut au moins la bonne idée d'avoir l'air contrit, avec son apparence misérable accompagnée d'une coupure à la lèvre.
« Il était amusé. » informa Fred pour tout le monde. « Vous ne l'avez pas entendu lorsqu'on est partis ? Il a demandé à ce gars de la Gazette du Sorcier s'il pouvait intégrer la bagarre dans son rapport – une histoire de publicité je crois… » Harry leva les yeux au ciel. Une année d'apprentissage avec Lockhart et il avait bien peur que tout ce qu'ils apprendraient serait comment poser efficacement de manière à ce que la caméra ne capture que votre bon profil.
« Lockhart a l'air adorable. » marmonna Ginny à côté de lui. Harry se tourna vers elle et eut un sourire en coin.
« Mais imagine tout le savoir qu'il pourrait nous transmettre ! » lui chuchota le garçon aux yeux vert avec une admiration très clairement feinte dans la voix. « Je peux déjà voir ça. Un moins entier consacré à ses tendances vestimentaires préférées. Oh, joie ! » Ginny ricana à son sarcasme.
« Bon, il doit bien avoir un peu de connaissances ce prétentieux. » dit la petite rousse. « Il a quand même écrit ces livres après tout… » lui rappela-t-elle et Harry hocha la tête.
« Et la théorie est correcte mais la manière qu'il a de les écrire… »
« J'imagine que tu as, toi aussi, pensé que mentionner que sa couleur préférée était le lila n'avait aucune importance avec la façon dont il avait maîtrisé ce Yéti ? » demanda-t-elle et les yeux d'Harry s'écarquillèrent sous la surprise.
« Tu as déjà lu ces livres ? » demanda le garçon aux cheveux corbeau. Ginny rougit comme une tomate.
« Non, juste celui là. Une Année avec le Yéti. » s'expliqua Ginny. « Maman est fan et le livre traînait dans la maison depuis longtemps alors je me suis dit, pourquoi pas ? » Harry hocha la tête en souriant.
« Et oui, pour répondre à ta question, je suis bien d'accord que ça n'avait aucune importance, à moins que le pauvre Yéti ne se soit jeté de la falaise en le voyant approcher, ses yeux brûlant à la vue de ce prétentieux avec sa cape lilas. » Ginny explosa de rire, ce qui attira l'attention de leur famille sur eux, pendant quelques secondes avant que Sirius ne les traîne chez Florian Fortârome pour une glace. Son comportement gamin aida à alléger l'atmosphère et Harry soupçonna que c'était intentionnel cette fois-ci. Harry discuta avec Ginny pendant la majorité de leur sortie, la jeune fille lui racontait une histoire de comment elle avait été attaquée dans l'Allée des Embrumes.
« Et qu'est-ce que tu faisais dans l'Allée des Embrumes ? » demanda-t-il, intéressé.
« J'avais à peu près cinq ans et je m'étais perdue. » expliqua Ginny. « J'avais tellement peur que mon esprit a commencé à me jouer des tours, je te jure. » Harry acquiesça, comprenant la sensation. Merlin savait le nombre de cauchemars qu'il avait eu ces derniers temps.
« Et que s'est-t-il passé ? »
« On va le dire comme ça : si tu as trouvé que Papa faisait peur en se bagarrant avec Malfoy, tu l'aurais trouvé terrifiant à ce moment. » Harry rit à sa remarque, essayant de s'imaginer un M. Weasley, d'ordinaire calme, se battre contre un groupe de sorciers. Et bien, il pouvait certainement le faire, pensa Harry, surtout si c'était pour sauver sa seule fille.
Le retour au Manoir Potter se déroula sans accrochages. Ron s'était joint à eux pour la nuit et là, il était sur leurs terrains, nageant dans l'étang. Harry était retourné dans sa chambre et prenait un peu d'avance sur les sujets qu'il devait connaître pour cette année, notant les matières qu'il aurait peut-être besoin de réviser avec de partir à l'école. La liste était, sans surprise, assez courte. Harry sortit son manuel d'Histoire de la Magie, et fit de son mieux avec toutes les rébellions gobelines dont il devrait se souvenir. Etant donné qu'il y en avait quinze, sa tête le lançait lorsqu'il descendit pour manger. Adrian et Ron étaient perdus dans une discussion sur le Quidditch, pour changer. Secouant la tête d'amusement, Harry s'assit à table.
Le reste de l'été passa en un clin d'œil. Harry avait été tellement concentré sur ses études – en partie parce qu'il essayait de ne pas trop penser à Mai et Juin derniers – il réalisa à peine qu'Août était fini et que le trimestre était sur le point de commencer. Il était assis sur la véranda arrière du château de Severus, encore une fois – cela devenait presque un rituel pour le dernier jour de l'été – gravant quelques détails sur son tout premier balai fait main. Le design était assez simpliste, il pouvait bien le voir, et les sorts de sécurité et de confort laissaient encore à désirer mais c'était sans aucun doute un balai et, le plus important, il volait.
« Il vole vraiment… » commença Severus, sa main au-dessus du balai flottant. Harry ricana.
« Pour quelqu'un qui était sûr de ma réussite il y a quelques semaines seulement, tu as l'air plutôt surpris. » se moqua Harry.
« Et bien, je ne m'étais jamais attendu à ce que tu le fasses si vite ! » se défendit le maître de Potions, une expression satisfaite sur le visage. « Et il va tenir lorsqu'il commencera à bouger ou je dois m'attendre à une explosion ? » Les yeux d'Harry se réduisirent en deux fentes et il saisit le balai et monta dessus d'un mouvement agile. « Je plaisantais ! » s'écria Severus pendant qu'Harry décollait. Honnêtement, pensa le garçon, c'était très loin du Nimbus 2000. Mais ses calculs avaient été parfaitement justes et, même s'il manquait encore de confort et de rapidité, son premier essai était parfait sur la plan aérodynamique, volant stablement dans les airs. Harry sourit et vit quelques tours autour de la véranda avant de décider de ne pas trop pousser sa chance.
« Une explosion ? » demanda-t-il joyeusement. « Rien d'aussi dramatique, j'en ai bien peur. »
« Par l'Or des Gobelins, il vole vraiment ! » s'exclama Severus, tout excité, prenant le balai des mains d'Harry et faisant la même chose que lui pendant qu'Harry éclatait de rire face à ses idioties. « Et il est stable en plus ! » s'écria-t-il juste au-dessus d'Harry.
« C'était le seul objectif à ce niveau. » répondit Harry, s'asseyant sur le canapé et se saisissant de son carnet sur ses designs de balais, ajoutant quelques notes sur les ajouts qu'il devrait faire. La série de livres que Severus lui avait achetés avait déjà été lue, et désormais, il avait commencé à ajouter quelques sorts qu'il avait trouvés pendant ses recherches. Et si ça ne comptait pas en tant qu'activité qui forgeait son imagination, pensa le garçon, je ne sais pas ce qui le serait.
« C'est un souvenir qui mériterait qu'on achète une Pensine ! Tu viens de construire un balai opérationnel ! » se réjouit la professeur de Potions en descendant du balai.
« Holà, t'as l'air encore plus excité que quand j'ai fabriqué la Pierre. » observa Harry, hilare.
« J'étais choqué à ce moment, Harry. Au moins tu m'as prévenu cette fois-ci. » Le garçon hocha la tête.
« C'est pas faux. » répondit-t-il. « C'est vraiment dommage que les Pensines soient si rares. Peut-être que je pourrais en faire une, mais c'est un domaine de magie diamétralement différent. Magie du Sang, Métamorphose, des connaissances en Runes et un peu d'Alchimie. Gravure de Sceaux aussi ! » Harry secoua la tête. « Ca prendrait des années de recherches rien que pour faire un essai. » Severus hocha de la tête.
« Ca demande aussi quelques connaissances en Potions. » ajouta Severus, le regard pensif.
« Tu ne penses pas essayer d'en faire une, si ? » demanda Harry, incrédule. Aucun doute que Severus était brillant mais la fabrication de Pensine était un art spécifique, et très secret.
« Pas vraiment. » murmura le maître de Potions.
« Mais tu penses à quelque chose. » le pressa le garçon.
« En fait, oui. » répondit-t-il avec un sourire en coin. « Ce n'est qu'une idée pour l'instant. Mais si ça se précise, tu seras le premier à le savoir. Je viens peut-être de nous trouver un projet commun pour l'été prochain… » Et à cette pensée, le sourire d'Harry pouvait rivaliser avec une douzaine de Lumos en même temps.
Et voilà, tout avance gentiment ! Bon et je vous dit à la prochaine pour la rentrée en 2ième année ! Et puis, hésitez pas à commenter, ça me donne le sourire ;)
