Chapitre 27
Déjà entendu le mot 'compétence' ?
A.T : Hello tout le monde, oui je sais, j´ai un jour de retard mais j´ai pas accès à Internet vraiment em ce moment, c´est pas simple de poster tout court. Et ce sera probablement pareil la semaine prochaine mais bon, je fais de mon mieux ! Sinon, merci encore à tous de poster des reviews et de suivre ma fiction, ca me fait toujours super plaisir ! Je prendrai le temps de répondre un peu plus à vos commentaires quand je rentrerai à la maison. D´ici là, voici pour vous le dernier chapitre.
Enjoy !
Disclaimer : Bon, j´en ai marre de l´écrire, ca me déprime de dire à chaque fois que seule la traduction m´appartient (et voilà, je l´ai encore dit...)
« En fait, oui. » répondit-t-il avec un sourire en coin. « Ce n'est qu'une idée pour l'instant. Mais si ça se précise, tu seras le premier à le savoir. Je viens peut-être de nous trouver un projet commun pour l'été prochain… » Et à cette pensée, le sourire d'Harry pouvait rivaliser avec une douzaine de Lumos en même temps.
Harry commençait à s'inquiéter. Le Poudlard Express venait de quitter le Quai 9¾ et il n'y avait aucun signe de son frère dans le train. Adrian avait choisi de passer sa dernière nuit de l'été au Terrier et, même si Harry avait aperçu les cheveux roux caractéristiques de la famille Weasley, sur le quai, quelques secondes avant que le train ne démarre, les cheveux ébouriffés de son frère ne se trouvaient pas parmi eux. Soupirant de déception, Harry se leva de sa banquette, libéra Hedwige de sa cage pour qu'elle puisse voler jusqu'à l'école et quitta son compartiment, à la recherche de son frère. Et dire qu'il avait espéré un trajet sans encombres !
Les premiers Weasley qu'il croisa furent les jumeaux qui lui dirent qu'Adrian et Ron était juste derrière eux lorsqu'ils étaient arrivés sur le quai. Puis il fit coucou à Ginny qui eut un sourire absent. Elle avait l'air plongée dans ses pensées, se dit Harry, et griffonnait dans ce qui devait probablement être son journal. Il n'enviait pas sa place, les premières semaines pouvaient être un vrai choc. Il décida de la laisser penser en paix et continua sa recherche. Par contre, ce ne fut pas Adrian ou Ron qu'il croisa après. C'était une Hermione très inquiète.
« Harry, est-ce que tu as vu Ron et Adrian ? » demanda-t-elle, de but en blanc. Ca fait plaisir de te revoir aussi, pensa sarcastiquement Harry.
« Bonjour Hermione. Non je suis, moi aussi, en train de les chercher. » La Gryffondor tira sur un coin de sa robe d'école – elle l'avait déjà mise ? – anxieuse.
« Si tu les trouves, viens me le dire s'il te plaît. » Et elle se tourna puis partit, pour poursuivre sa recherche. Harry secoua la tête devant son attitude. Toutefois, il n'arrivait pas à se débarrasser de sa propre inquiétude. Où pouvait bien être Adrian ? Une heure et demie plus tard, il était de retour dans son compartiment, plongé dans ses pensées. Il ne pouvait plus le nier, ni son frère ou Ron semblaient être montés dans le train. Des milliers de scénarios différents affluèrent dans son cerveau et il regretta immédiatement d'avoir envoyé Hedwige à Poudlard. Il aurait pu prévenir ses parents si elle avait encore été là.
Pense rationnellement Harry, s'ordonna-t-il, en faisant tourner, sur son pouce, la bague de Dissimulation que Severus lui avait offert Noël dernier. Nos parents étaient bien sur le quai tout comme les Weasley. Si Adrian avait eu un problème, s'il n'avait pas pu embarquer pour quelque raison que ce soit, on l'aurait déjà trouvé et aidé. Mais cela ne calma absolument pas ses battements de cœur frénétiques ou son imagination débordante. Il avait un mauvais pressentiment à propos de ça. Quand est-ce que son frère avait déjà disparu sans s'attirer des ennuis ? Jamais, lui répondit une petite voix dans sa tête, qui le fit soupirer encore une fois.
Soudain, la porte de son compartiment s'ouvrit sur un Neville Longdubat légèrement dépenaillé. Il avait les cheveux ébouriffés, son uniforme scolaire était boutonné à la hâte, il transpirait et était essoufflé comme s'il courait vers la porte de compartiment depuis Londres. Ses yeux tombèrent sur Harry et il baissa la tête, ce que le garçon aux yeux verts interpréta comme de la honte.
« Entre, Neville ! » le salua Harry. « Est-ce que ça va ? » Le garçon hocha la tête et entra dans le compartiment, refermant la porte derrière lui. En silence, il s'assit en face d'Harry et sembla réfléchir à sa dernière phrase – enfin, plutôt signe de tête – avant de la rectifier et de secouer négativement la tête. « Qu'est ce qu'il s'est passé ? » demanda Harry, inquiet.
« Malfoy. » fut tout ce que dit le garçon, avant de rebaisser la tête de honte.
« Bien sûr. » marmonna Harry, posant le livre qu'il n'était, de toute façon, pas en train de lire sur la table et tourna son attention complète vers Neville. « Qu'est-ce qu'il a fait cette fois ? »
« Il… euh… » Neville déglutit et releva la tête pour regarder Harry dans les yeux. « Il est rentré dans mon compartiment et a commencé par se moquer de moi, parce que j'ai un crapaud. » répondit le garçon, en pointant la bosse dans la poche de sa robe, où son crapaud Trévor se reposait pour l'instant. « Puis, il m'a demandé si j'avais amené un autre Rappeltout avec moi et puis Pansy, elle était là aussi, a demandé à voix haute comment un lâche tel que moi avait pu finir à Gryffondor. » Il rougit et mordit sa lèvre inférieure, probablement pour s'empêcher de pleurer, ou alors de gêne, d'en avoir trop dit. Harry savait que ça avait toujours été le problème de Neville. Il ne se trouvait pas assez courageux pour Gryffondor. De son côté, Harry pensa qu'il était très obstiné dans son scepticisme, l'entêtement était un défaut caractéristique des Gryffondor en soi.
« C'est juste une petite brute. Tous ses amis le sont. » le rassura sérieusement Harry. « Tu ne devrais pas faire attention à lui, Nev. »
« Mais, il a raison. » persista Neville, son regard sur le sol, encore une fois. « Tout le monde sait que je suis pratiquement un Cracmol. » Harry ricana, ce qui attira l'attention de l'autre garçon.
« Tu n'es pas un Cracmol, Neville. » commença Harry. « D'abord, il n'y rien de mal à être un Cracmol. Mais tu as plus que prouvé que tu pouvais lancer des sorts. » lui rappela le jeune sorcier aux yeux verts. Neville sourit doucement et sortit sa baguette, la regardant pensivement. Elle semblait usée, réalisa Harry, comme si elle avait été utilisée pendant de nombreuses années au lieu d'une seule. Et comme si elle avait connu des jours difficiles, il imagina, vu que sa baguette à lui était encore intacte, impeccable. « Votre plus grand allié », l'avait appelé Merlin, et Harry avait bien retenu ces mots.
« Je veux juste rendre justice à mes parents. » admit Neville. Le regard d'Harry oscilla entre la baguette et Neville rapidement avant qu'il ne fasse la connexion.
« Nev, est-ce que… Est-ce que c'est la baguette d'un de tes parents ? » Ca expliquerait beaucoup de choses si c'était le cas. Ce expliquerait définitivement l'état de la baguette – elle avait l'air d'avoir connue des batailles – et l'expérience imprévisible de Neville lorsqu'il s'agissait de lancer des sorts.
« C'est ça, celle de mon père. » admit le garçon, la tête basse. « Grand-Mère dit que je devrait travailler plus dur pour le rendre fier. Elle a dit que, un jour, je mériterais cette baguette, mais je ne sais pas si j'en serai jamais digne. » Harry écouta son monologue avec les yeux écarquillés.
« Crois moi bien quand je te dis que je ne veux pas te manquer de respect, mais, Neville, tu ne peux pas jeter des sorts avec la baguette de quelqu'un d'autre. Enfin, tu peux, » se corrigea Harry, devant les yeux confus de Neville « mais le résultat ne sera pas le même. Cette baguette, » expliqua-t-il, en pointant du doigt la dite baguette dans les mains de Neville « ne te reconnaît pas comme son maître. Tu n'as pas été choisi par elle et tu ne l'as pas gagnée dans un duel. C'est comme te battre avec ta magie, à chaque fois que tu jettes un sort. »
« Tu le penses vraiment ? » demanda le garçon, un regard critique sur sa baguette. Ses yeux brillaient d'un espoir timide, juste une petite étincelle, mais cela semblait changer totalement son visage. « Mais… Ma Grand-Mère dit que…
« Elle veut quelque chose pour se rappeler de ton père. Mais ça ne devrait pas être ça. » lui répondit gentiment Harry. « Je pense qu'une baguette à toi ferait des miracles sur tes lancers de sorts. »
« Vraiment ? » s'illumina Neville, son sourire plein d'espoir désormais.
« Bien sûr ! » lui assura Harry. L'autre garçon sourit encore un peu plus avant de perdre tout la joie qu'il venait de gagner, en un clin d'œil.
« Mais qu'est ce que je dis à ma Grand-Mère ? » demanda-t-il, terrifié. « Je lui ai demandé, l'année dernière, si je pouvais avoir ma propre baguette et elle m'a regardé comme si je l'avais insultée.
« Mais elle doit sûrement voir que… » démarra Harry mais l'expression mélancolique de Neville lui indiqua le contraire. « Tu sais quoi ? » demanda-t-il avec un sourire en coin. « Laisse moi un peu de temps pour réfléchir à ça. » Il avait entendu des histoires sur la Grand-Mère de Neville. Augusta Longdubat était connue pour son caractère strict et semblait être la personne dont Neville avait hérité de l'entêtement. « Je trouverais bien quelque chose. » promit Harry, agrandissant le sourire de Neville encore une fois. Ils parlèrent de tout et de rien pendant l'heure qui suivit, achetant deux, trois trucs à manger du chariot et s'amusant avec les Dragées Surprises de Bertie Crochue.
Harry n'arrivait pas à croire qu'il n'avait pas passé plus de temps avec Neville l'année dernière. Il était réellement intéressant et semblait versé dans la Botanique – sa matière personnelle préférée – leur donnant un très bon sujet de conversation. Il décida immédiatement de se faire pardonner de son manque d'attention de l'année dernière. Cela faisait du bien d'avoir quelqu'un de son âge à qui parler. Ce ne fut que lorsque Neville partit pour récupérer sa malle en lui promettant de le retrouver aux calèches qu'Harry réalisa ce qu'il s'était passé. Il avait oublié Adrian ! Comment pouvait-il oublier Adrian ? D'accord, il était avec Ron et leurs parents étaient à la gare avec eux mais même. Comment avait-il oublié son frère ? C'était sa responsabilité après tout !
La nuit commença à tomber et Harry se changea dans ses robes d'écoles, avec les mains tremblantes, en se fustigeant mentalement. Quelque chose avait dû aller de travers. Sérieusement ! Il descendit du train, suivant le reste du corps étudiant vers ce qu'il pensait être les célèbres calèches sans chevaux de Poudlard – à l'exception des premières années qui allaient vers les bateaux – son esprit lui rappelant vite fait qu'elles étaient en fait tirées par des Sombrals. Un crin de cette espèce faisait partie du noyau de sa baguette et ils n'étaient invisibles que pour ceux qui n'avaient jamais vu la mort. Il aurait dû s'attendre la vue qui l'accueillit mais, avec l'inquiétude pour son frère, ça n'avait même pas traversé son esprit.
Toutes ces pensées sur Adrian furent violemment expulsées de son esprit une fois encore lorsqu'il se trouva nez-à-nez avec une paire d'yeux blancs, morts. Les Sombrals étaient squelettiques, avec une crinière et une grande queue noires foncées, des yeux blancs laiteux ainsi que deux cornes, qui faisaient surface de chaque côté de leurs têtes. Et il pouvait les voir. Ses pensées le ramenèrent sur des flashs d'un feu ronflant et d'un homme qui hurlait lorsqu'une voix le tira brutalement de sa rêverie.
« Enervant, pas vrai ? » demanda George Weasley. « Les calèches qui bougent toutes seules je veux dire. » élabora-t-il.
« Ne t'inquiète pas trop ! » ajouta Fred en poussant un Harry réticent à l'intérieur. « Tu t'y habitueras. » Harry hocha mécaniquement la tête, essayant de se débarrasser de l'image de la mort de Quirell, avec un succès mitigé. Il fit signe à Neville de les rejoindre dans la calèche et suivit le reste de la conversation à moitié, pendant que les Sombrals commencèrent à tirer les calèches vers le château. Ce ne fut qu'après qu'ils se soient assis à la table Gryffondor et que Percy se demande à voix haute où était son frère, qu'il réussit à sortir de son humeur sombre.
« Je ne vois pas Adrian non plus. » déclara Seamus, un garçon aux cheveux blonds cendrés de l'année d'Harry.
« Je ne les ai pas trouvés dans le train. » ajouta Harry, faisant naître de nombreux chuchotements à table. La Cérémonie de Répartition débuta – avec une Ginny radieuse qui rejoint Gryffondor – mettant la discussion de côté pendant un moment, jusqu'à ce que Rusard n'apparaisse, avec son chat Miss Teigne. Il murmura quelque chose à l'oreille de Severus qui fut assez choqué pour que ça se voit sur son visage pendant quelques instants, avant de se lever et de se diriger rapidement vers les terrains, Rusard le suivant aussi vite que possible. Oh, quelque chose clochait, définitivement, pensa Harry.
Il mangea aussi le plus vite possible et demanda le mot de passe à Percy, prétextant qu'il voulait sortir plus tôt pour pouvoir écrire une lettre à ses parents, pour demander des nouvelles de son frère. Percy accepta, à peine capable de cacher sa propre inquiétude pour son frère à lui. Harry se déplaça rapidement en direction de la Salle Commune de Gryffondor, avant que le dessert ne soit servi, puis prit un détour brusque vers les cachots, dès qu'il était hors de vue de regards indiscrets. Minerva McGonagall avait été informée de l'accident par Rusard qui, incapable de tenir le rythme de Severus, était revenu à la Grande Salle. Le teint pâle et les lèvres pincées du professeur de Métamorphose furent la confirmation dont Harry avait besoin.
Il se précipita dans le bureau de Severus, et toqua à la porte. Il n'y avait personne à l'intérieur alors le garçon commença à faire les cents pas dans le couloir nerveusement. Heureusement, Severus apparut dans le coin, sa cape flottant derrière lui, avec un visage énervé. En s'approchant il remarqua Harry et le fit entrer avec lui.
« Qu'est-ce qu'a fait mon frère ? » demanda Harry, résigné.
« Lui et Ronald Weasley se sont crashé dans le Saule Cogneur avec une voiture volante. » Harry commença à tousser, s'étouffant avec de l'air en essayant d'assimiler ce qu'il venait d'entendre. Adrian… voiture volante… crashé… Saule Cogneur ? Il avait dû mal comprendre quelque chose.
« Où, par Merlin, ont-ils trouvé une voiture volante ? » Ses yeux se dirigeant inconsciemment vers le portrait vide du sorcier le plus célèbre de tous les temps, espérant qu'il apparaisse pour lui répondre.
« J'ai le sentiment que c'est – que c'était – à Arthur mais je n'en suis pas certain. Mais je suis certain qu'il n'est pas venu en volant à la gare ! » affirma Severus, en mettant la tête dans ses mains, assis derrière son bureau.
« Et ils sont vraiment rentré dans le Saule Cogneur ? » croassa Harry, convaincu qu'il n'allait pas aimer la réponse.
« Oui, d'entre tous les endroits dans le parc de Poudlard où ils auraient pu atterrir ! » s'exclama le maître de Potions. « Ils étaient intactes, miraculeusement, si je peux me permettre. Un peu secoués. Minerva doit être en train de bien leur remonter les bretelles pendant qu'on parle. » Harry acquiesça.
« Mais pourquoi ils ont eu besoin d'une voiture volante ? »
« Apparemment, ils ont loupé le train. »
« Donc, au lieu d'attendre nos parents, ils ont pensés 'Hey, pourquoi on ne volerait pas à Poudlard ? Imagine comme ça serait amusant !' » s'écria le garçon, perdu.
« Apparemment. » répéta Severus. Ils restèrent silencieux pendant un moment, chacun perdu dans ses pensées.
« Une idée pourquoi ils ont loupé le train ? » demanda Harry. « Fred et George m'ont dit qu'ils étaient juste derrière eux quand ils sont entrés dans le quai. » Le maître de Potions secoua négativement la tête.
« Minerva est arrivée avant que je ne sorte vraiment de mon choc qu'ils aient survécu, je n'ai pas demandé. »
« J'essaierai de le découvrir ce soir. » décida Harry.
« Est-ce que tu as mangé quelque chose ? » demanda Severus, se rendant compte que, pour pouvoir arriver dans son bureau avant lui, Harry avait très probablement sauté le repas.
« Je ne pense que mon estomac puisse supporter quoi que ce soit là… » répondit Harry. Il avait entendu de nombreuses choses sur le Saule Cogneur de Cornedrue, Patmol et Moony. La simple pensée de son frère près de cet arbre, encore pire, rentrer dedans avec une voiture volant, le faisait frissonner.
« Tiens. » lui offrit Severus en agitant sa baguette pour lui donner ce chocolat chaud exceptionnel qui venait des cuisines. Harry le prit avec gratitude. Peut-être qu'un peu de chocolat chaud lui ferait du bien. Il prit quelques gorgées et fit tourner la tasse dans ses mains.
« J'ai vu les Sombrals ce soir. » murmura-t-il, repensant aux chevaux fantomatiques maintenant qu'il était rassuré sur la sécurité de son frère.
« Je me doutais que tu les verrais. » acquiesça Severus délicatement. « Rappelle-toi simplement que les Sombrals, malgré leur apparence, ne sont pas des créatures sombres et, en plus, tu en as un crin… »
« Dans ma baguette, je sais. » finit Harry. « Ils m'ont juste rappelé… Et bien la raison pour laquelle je peux les voir. » Severus regarda le garçon sérieusement.
« Harry, on en a déjà parlé. Tu ne peux pas laisser ça diriger ta vie. » Harry hocha la tête.
« Je sais et c'est pas ce qu'il se passe. Je te le jure ! » insista-t-il en remarquant le regard inquisiteur de Severus. « Ca se révèle juste très dur à oublier, c'est tout. » Le professeur de Potions soupira.
« Je vais te dire la vérité, Harry. Tu n'oublieras jamais complètement. Il y aura des moments où tu t'en souviendras mais, au fur et à mesure que le temps va passer, ça deviendra plus facile à gérer à chaque fois. » Harry fit un signe de tête.
« Je peux t'emprunter du parchemin et une plume ? » demanda-t-il, prenant le maître de Potions par surprise.
« Pour quoi faire ? »
« Je suis sensé être parti plus tôt du festin pour pouvoir envoyer une lettre à mes parents. Je ferais mieux de l'écrire, au cas où. » Severus hocha la tête et lui donna ce qu'il avait demandé avec un sourire. Harry écrit quelques lignes à la hâte et souhaita bonne nuit à Severus, conscient qu'il ferait mieux d'y retourner.
« Et rappelles toi ce que je t'ai dit Harry. » Le garçon acquiesça d'un signe de tête et courut à la Tour Gryffondor, n'arrivant que quelques secondes avant le reste des Gryffondors. Il dût se dépêcher de rejoindre son dortoir pour qu'il puisse rapidement attacher sa lettre à la patte d'Hedwige et la laisser partir, pour redescendre et croiser ses camardes. Quelques instants plus tard, lorsqu'il vit son frère en un morceau, la fatigue de la journée le rattrapa. Il se retira dans son lit après avoir souhaité rapidement 'bonne nuit' à tout le monde et après avoir fait promettre son frère de tout lui expliquer en détail le lendemain matin, et Adrian ainsi que Ron suivirent rapidement son exemple.
Le jumeau Potter aux yeux noisette honora sa promesse et raconta à son frère comment ils avaient trouvé le passage pour le quai bloqué et comment ils avaient décidé d'emprunter la voiture qui s'avérait être une création de M. Weasley. Lorsqu'Harry leur demanda pourquoi ils n'avaient pas attendu les parents, les deux garçons échangèrent un regard perdu. Harry secoua la tête, pleins de questions en tête. Ce ne fut que lorsqu'il demanda à son frère s'il avait une idée de pourquoi le passage avait été bloqué pour Ron et lui, alors que tous les autres étaient passé, qu'il réalisa que son frère lui cachait quelque chose. Le regard faussement passé inaperçu qu'il avait échangé avec Ron en disait long, et Harry prit soudainement conscience qu'il était de nouveau exclu de quelque chose d'assez important dans la vie de son frère.
Les cours commencèrent ce jour-ci, sans changements particuliers. Enfin, il y avait bien eu les deux Beuglantes adressées à Ron et Adrian ce matin et Harry se trouva encore une fois impressionné de la puissance vocale de sa mère. Même si la voix était amplifiée magiquement, ça restait un exploit, pensa Harry.
Le chemin vers le cours de Botanique avait été intéressant aussi. Un élève de première année, un garçon appelé Colin Creevy avait réussi à prendre une photo d'Adrian, avant de lui demander de la signer. Adrian était resté pétrifié, complètement surpris et on avait fini par le tirer vers les Serres où ils avaient croisé – malheureusement – Lockhart. Habillé intégralement en turquoise ce jour-là, il marchait d'un bon pas à côté d'une Professeur Chourave assez mécontente et porteuse de plusieurs pansements – Harry pouvait voir le tristement célèbre Saule Cogneur au loin, ses branches se balançant librement dans les airs – puis il se dirigea vers le groupe des deuxièmes années. La majorité du corps étudiant fut conduit à l'intérieur des Serres pendant qu'Adrian était retenu par le professeur blond. En remarquant son expression presque terrifiée, Harry décida d'avoir pitié de lui et de ne pas le laisser tout seul. Il s'approcha du Professeur Chourave dans ce but.
« Professeur ? » demanda-t-il timidement.
« Oui, M. Potter. » Elle était visiblement toujours énervée contre Lockhart, juste assez pour faire passer plus facilement la demande d'Harry.
« Je me demandais… Est-ce que je pourrais attendre Adrian ici ? » La professeur de Botanique ne s'attendait certainement pas à cette requête. « Vous voyez, professeur, nous avons déjà rencontré Lockhart à Fleury & Bott il y a quelques semaines et il y a eu, et bien, un incident avec un reporter de la Gazette du Sorcier et… » Harry savait que le professeur Chourave en avait entendu parler étant donné que la photo avait fait la une dans les journaux. « Ce que j'essaye de dire, c'est qu'Adrian est assez mal à l'aise avec Lockhart depuis, et, avec tout mon respect, le Professeur s'égare vraiment parfois… »
« D'accord, M. Potter. » répondit la professeur rondelette, sa personnalité d'ordinaire joyeuse revenant à la surface, après avoir été un peu entamée puisque Lockhart essayait de critiquer son travail. « Vous pouvez rester. Et trois points pour Gryffondor pour soutenir vos camarades. » Elle se tourna vers le reste de la classe et Harry quitta les Serres en souriant doucement. Ca s'était encore mieux passé que prévu. Mais bon, Professeur Chourave était la Directrice des Poufsouffles, la loyauté chez elle était sacrée. Il entendit des voix s'approcher dans le coin.
« Adrian, Adrian, Adrian… » s'exclama Lockhart de manière très théâtrale. « Quand j'ai entendu ce qu'il s'était passé, bien sûr c'était de ma faute ! Je me serais botté les fesses ! » Quoi ? Harry se figea sur ses pas, sa curiosité l'emportant sur lui. Est-ce qu'il avait loupé un épisode ? Adrian avait dû être tout aussi étonné puisqu'il n'avait pas encore répondu. « Je ne sais pas quand j'ai été le plus choqué. Faire voler une voiture jusqu'à Poudlard ! Et bien, j'ai su, bien évidemment, tout de suite pourquoi tu l'avais fait. Tu t'es vraiment démarqué Adrian, Adrian, Adrian. »
« Quoi ? » marmonna silencieusement Harry.
« Je t'ai donné le goût de la célébrité, pas vrai ? Je t'ai donné le truc. Tu as fait la une des journaux et tu ne pouvais pas attendre de pouvoir recommencer. » Harry aurait rit s'il n'était pas en train de se cacher. C'était du matériel à chantage bien trop précieux pour qu'il se fasse remarquer tout de suite.
« Oh non, vous voyez, Professeur… » commença Adrian, sa voix montrant qu'il était au moins aussi surpris qu'Harry.
« Adrian, Adrian, Adrian. » continua Lockhart, imperturbable. Harry, qui jetait un coup d'œil discret depuis son coin, pouvait voir que le Professeur blond avait mis sa main sur l'épaule de son frère. « Je comprends. C'est naturel d'en vouloir un peu plus lorsqu'on y a goûté pour la première fois – et je me reproche de t'y avoir fait prendre goût, parce que ça allait forcément de monter à la tête… » Harry renifla silencieusement. Comme si Adrian s'intéressait à la célébrité… « Mais tu vois, jeune homme, tu ne peux pas commencer à voler dans des voitures pour te faire remarquer. Calme-toi, d'accord ? Tu auras le temps de faire ça quand tu seras plus âgé. Oui, oui, je sais ce que tu penses. 'C'est facile à dire pour lui, c'est déjà un sorcier mondialement célèbre !' Mais quand j'avais douze ans, je n'étais personne, tout comme toi aujourd'hui. En fait, j'étais même encore moins quelqu'un que toi ! Je veux dire, quelques personnes ont entendu parler de toi, non ? Toute cette histoire avec Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom ! » Harry devait se mordre l'intérieur de la joue pour ne pas éclater de rire. « Je sais, je sais – ce n'est pas aussi bien que de gagner la récompense du Sourire le Plus Charmeur de Sorcière Hebdo cinq années de suite, comme je l'ai fait – mais c'est un début, Adrian, c'est un début. »
« Alors là, attendez une seconde Professeur… » Adrian devenait de plus en plus rouge et était sur le point de montrer ce tempérament célèbre dont ils avaient tous les deux hérité de leur mère. Et puisque, dans le cas d'Adrian, à ce dit-tempérament s'ajoutait l'attitude de James, Harry trouva que c'était le bon moment d'intervenir avant que son frère ne se retrouve en retenue dès le premier jour d'école.
« Bonjour, Professeur ! » s'exclama Harry, joyeux en se rapprochant de la paire, faisant semblant de ne pas remarquer le visage énervé de son frère. Gilderoy ne l'avait pas vu non plus.
« Jeune Harry Potter, si je ne me trompe pas ! » s'écria Lockhart. « Je pense avoir entendu que tu étais le premier de ta promotion, vrai ? Et le frère d'Adrian par la même occasion ? » Non, je suis sa Grande Tante, pensa sarcastiquement Harry, mais laissa filer.
« Oui, c'est bien ça. » Il se tourna vers son frère. « Le Professeur Chourave m'a envoyé chercher Adrian. La leçon va commencer. » Il sourit à son frère et se retourna pour faire face à Lockhart à nouveau, essayant de faire sa meilleure interprétation d'Hermione. « Et je mourrais d'envie de vous demander, Professeur, quand vous avez traqué ces Vampires dans votre livre, Voyages avec des Vampires, vous avez utilisé un sort de traçage traditionnel ? Parce que d'après ce que j'ai entendu ça devait être une variante pour qu'elle marche aussi bien ! » Le sourire brillant de Lockhart se fana un peu à la question d'Harry.
« Ah, oui, même si j'aimerais vous transmettre mon savoir, j'ai bien peur d'avoir retenu votre frère bien trop longtemps de votre cours. C'est l'heure d'y aller ! » Et avec un clin d'œil joyeux, il se retourna et partit. Harry fit un clin d'œil à son frère.
« Je me suis dit que t'aurais bien besoin d'un sauvetage. » expliqua-t-il, faisant rire son frère.
« Meilleur frère au monde ! » s'écria l'autre jumeau Potter, en mettant les mains sur les épaules de son frère. « Ce maudit enfoiré ! » continua-t-il, en fusillant du regard l'endroit où Lockhart avait disparu. « S'il continue comme ça, je te jure qu'il va le regretter ! »
« Tu sais quoi, Adrian ? » réfléchit Harry à haute voix, une idée intéressante en tête.
« Quoi ? » Adrian s'arrêta juste avant de rentrer dans la serre.
« Lockhart ne serait-il pas magnifique avec des cheveux verts ? » demanda-t-il avant de rentrer, lui, dans la serre, laissant derrière lui, un frère étonné, qui le suivit quelques secondes plus tard. Adrian lui passa un petit bout de papier avec un seul mot écrit dessus, juste après qu'Harry ait répondu à une question du Professeur Chourave sur les Mandragores. Brillant, disait le parchemin. Harry fit un sourire en coin à son frère qui expliquait à Ron, le plus silencieusement possible, ce qu'il s'était passé. Voilà, c'était un plan qui méritait qu'on y réfléchisse sérieusement…
Ils rencontrèrent également un garçon nommé Justin Finch-Fletchey, un Poufsouffle de deuxième année qui était assis à la table à côté de celle qu'il partageait avec son frère, Ron et Hermione. Il leur serra la main à tous et les complimenta pour, et bien leur existence en général, déduit Harry.
Le reste de la journée se passa de manière totalement calme, comme attendu. Et ce qui s'était vraiment passé de manière attendue, du moins selon Harry, était le cours de DCFM. Lockhart avait commencé le cours avec le mot 'Moi', qui pointait sa photo sur la couverture d'un de ses livres et faisant une blague aberrante sur son sourire. Le garçon aux yeux verts n'avait besoin de rien de plus pour confirmer que cette année serais une déception complète de ce côté-là. Et, même si aucune confirmation n'était nécessaire, le test que leur donna Lockhart fit exactement cela. 44 questions sur lui plus tard – auquel seule Hermione avait réussi à répondre sans fautes – ce fut à une classe majoritairement amusée que le Professeur de Défense leur présenta les créatures qu'ils étudieraient aujourd'hui.
« Oui. » annonça Lockhart, en soulevant le drap qui recouvrait une grande cage sur son bureau de manière théâtrale, « Des Lutins de Cornouailles fraichement attrapés. » La classe rigola doucement et Harry sourit légèrement lui-même. Ok, les Lutins de Cornouailles étaient casse-pieds mais tant qu'ils étaient enfermés… Harry blanchit en voyant Lockhart se rapprocher de la cage.
« Ben ils ne sont – ils ne sont pas vraiment – dangereux, non ? » demanda Seamus en souriant, assis juste devant la cage.
« N'en soyez pas si sûrs ! » Le Professeur agita son doigt devant le nez de Seamus de manière agaçante. « Ils peuvent être des petits garnements démoniaques ! » Harry regarda prudemment Lockhart. Il était bien trop proches des petites fées, bleues électriques, qui étaient présentement en train de secouer les barreaux de la cage, en faisant des grimaces aux élèves. « D'accord, dans ce cas. » déclara Lockhart, sa main sur le loquet de la cage. Harry hoqueta… il ne ferait pas ça. « Voyons voir ce que vous en faites ! » Et il ouvrit la cage.
« Il l'a fait. » soupira Harry et dégaina sa baguette, se levant de sa chaise et son frère, juste à côté de lui, suivit rapidement son exemple. Derrière eux, Ron et Hermione firent la même chose et se préparèrent à faire face à la pagaille qui se répandait autour d'eux. Quelques fées s'échappèrent par la fenêtre, semant du verre brisé partout derrière elles. D'autres essayaient de réduire la classe en miettes pendant que deux prenaient Neville par les oreilles et le laissèrent pendu au chandelier. Les étudiants se cachèrent sous leurs bureaux, pendant que Lockhart les encourageait à leur faire face. Son propre essai – un mouvement assez stupide et une incantation qui ressemblait à Peskipixi Pesternomi, un sort dont Harry n'avait jamais entendu parler – rata complètement, et sa baguette suivit les livres et les parchemins par la fenêtre. Neville faillit atterrir sur la tête, puisque le chandelier avait cédé sous son poids. Trop, c'était trop.
« Desimotus ! » C'était un sort qu'il avait piqué dans la bibliothèque de Severus pendant les dernières vacances de printemps alors qu'il cherchait des incantations qui pourraient l'aider dans son travail sur les balais. Une petite orbe, transparente, qui semblait faite de l'air qui se trouvait dans la pièce, sortit de sa baguette et toucha une des fées. A ce contact, elle s'étendit d'un coup dans la classe, arrêtant toutes les fées dans les airs, figées. Harry pointa sa baguette sur la cage pour les renvoyer dedans et s'approcha de cette cage lui-même et verrouilla la porte dès qu'elles furent toutes à l'intérieur. Il se retourna pour regarder Lockhart, les yeux rétrécis. Le Professeur en question le fixa en retour, surpris, avec ses grands yeux qui dépassaient de la table derrière laquelle il se cachait. Il ouvrit la bouche soit pour parler ou tout simplement parce qu'il ne pouvait pas s'en empêcher mais il fut sauvé par la sonnerie.
« Très bien, M. Potter, 15 points pour Gryffondor ! » Et il partit vers le couloir, aussi vite qu'il pouvait sans courir, laissant derrière lui ses étudiants stupéfiés. Harry soupira et rangea sa baguette dans sa poche, et se rapprocha de Neville pour l'aider à se relever.
« Merci, Harry. » murmura le garçon en lissant ses robes.
« Y'a pas de quoi. Ca va Nev ? »
« Ouais. » répondit vaguement Neville puis ajouta, surtout pour lui-même « Pourquoi est-ce que c'est toujours moi ? »
« Ca. C'était. Enorme ! » s'exclama Ron, en tapant l'épaule d'Harry qui eut un sourire en coin.
« Sérieux, Harry, c'était super ! » ajouta Adrian, jetant un coup d'œil aux fées toujours immobilisées. Quelques autres étudiants le félicitèrent pendant qu'ils essayaient de récupérer ce qu'ils pouvaient de leurs livres avant leurs cours suivants.
« Est-ce que tu peux le croire ? » se plaignit Ron lorsqu'il récupéra son livre de Métamorphose de l'autre côté de la pièce.
« Qui ça ? » demanda Adrian.
« Lockhart. »
« Il veut juste nous donner un peu d'expérience pratique. » le défendit Hermione, en jetant un sort pour nettoyer l'encre qui se trouvait sur son devoir de Sortilèges.
« Expérience pratique ? » renifla Harry. « Hermione, il ne savait pas le moins du monde ce qu'il faisait… »
« Mais c'est vrai qu'il avait l'air de s'y connaître tellement quand il s'est planqué sous le bureau ! » plaisanta Adrian, ce qui fit rire Ron et Harry.
« N'importe quoi ! » protesta Hermione. « Tu as lu ses livres ! Regarde toutes ces choses incroyables qu'il a faites… »
« Qu'il dit avoir faites… » marmonna Ron et Harry hocha vigoureusement la tête.
« Par l'or des Gobelins ! » s'exclama le sorcier aux yeux verts en ramassant son livre de Sortilèges, désormais déchiqueté pour lui lancer un Reparo rapide. « L'année dernière c'était Quirell, maintenant ça ! » Il regarda autour de lui, analysant le bazar qui avait été leur classe de DCFM auparavant. Les fenêtres étaient brisées, le chandelier en métal par terre, les bureaux étaient abîmés et les morceaux de papiers qui avaient été des livres et des rédactions étaient lentement ramassés par les élèves. Au moins, les Lutins étaient toujours évanouis. Il se tourna vers Neville qui essayait encore de trouver son sac. « Est-ce que Dumbledore a déjà entendu le mot 'compétence' ? »
Voilà, j´espère aue ca vous a plu ! Oubliez pas de reviwer un potit truc, ca fait toujours plaisir, et la taille ne compte pas ;)
