Chapitre 29

Élèves pétrifiés et suspicions


Bonjour tout le monde ! Bon, c'est un miracle que je puisse poster aujourd'hui, mais ça c'est tout simplement parce que j'ai une correctrice qui déchire ! Je lui ai envoyé le chapitre ce matin (parce que, oui, j'ai bien traîné cette semaine) et paf, elle l'a corrigé en un rien de temps ! Donc merci à toi Fanouille !

Comme toujours vous avez été géniaux les gens, pleins de commentaires et ça me fait toujours très, très plaisir. Alors Merci, tout simplement, et continuez !

Sinon, j'ai pas grand chose à dire de plus, alors je vous laisse à votre lecture :)

Enjoy !


Disclaimer :Bon, on va faire court. Moi. Posséder. Uniquement. Traduction.


« Ron, tu ne croira jamais ce qu'il s'est encore passé ! » chuchota Adrian à son ami roux. Harry avait le sentiment qu'il devrait jouer demain avec seulement quelques heures de sommeil au compteur. Il avait raison.

Le lendemain matin, Harry se réveilla avec une bonne migraine, à cause de : la montagne d'informations qu'il avait récolté la veille au soir plus le stress habituel juste avant un match de Quidditch. Ajoutez à cela l'absolue certitude qu'il allait devoir parler avec Severus tout de suite après le match. Il avait repoussé cette discussion pendant bien trop longtemps et il pouvait voir que le maître de Potions était à deux doigts de lui filer une retenue pour le faire parler. Il repoussa ses couvertures, se frotta les yeux et alla directement dans la salle de bain pour se rafraîchir un peu le visage, en faisant un léger détour pour réveiller son frère.

Les deux garçons, ainsi que Neville qui s'était levé pour souhaiter bonne chance à Harry, se retrouvèrent rapidement dans la Grande Salle avec le reste de l'équipe, à manger en silence à la table vide des Gryffondor avant de se diriger vers le terrain. Harry oublia presque sa propre nervosité, mise à l'épreuve, en essayant de calmer son frère, qui ressemblait à un cachet d'aspirine. Adrian avait la bougeotte, il remontait sans cesse ses lunettes sur son nez alors qu'elles ne glissaient même pas, et essayait constamment de lisser ses cheveux ou ses robes.

« Une fois que tu seras dehors, tu te sentiras beaucoup mieux. » insista Harry, avec un sourire confiant. Pas qu'il soit vraiment confiant de gagner ce match, mais il savait que la plupart du stress s'évacuait sur le terrain. Une fois qu'on y était, on était bien trop concentré sur le jeu pour se préoccuper de ses problèmes.

« Tu penses ? » demanda Adrian, plein d'espoir.

« Non. Je le sais. » répondit Harry, en faisant un clin d'œil à son frère, en parfaite imitation de Lockhart.

« Ok, l'équipe ! On se rassemble ! » les appela Dubois, lorsque des bruits de bas se firent entendre au-dessus d'eux, indiquant que les élèves se réunissaient sur les gradins.

« Et c'est reparti… » marmonna Georges.

« Serpentard a de meilleurs balais que nous, » commença-t-il. « Ça sert à rien de le nier. Mais nous, on a de meilleures personnes sur nos balais. On a volé par tous les temps…. » (« Bien trop vrai. » grommela George Weasley. « J'ai pas été vraiment sec depuis le mois d'Août. ») « … et on va leur faire regretter le jour où ils ont laissé ce petit avorton de Malfoy acheter sa place dans l'équipe. » Les yeux brillant d'une étincelle folle, Olivier se tourna vers Harry. « C'est donc ton devoir, Harry, de leur montrer qu'un Attrapeur doit avoir plus qu'un père richissime. Attrape ce Vif avant Malfoy ou meurt en essayant, Harry, parce qu'on doit gagner aujourd'hui, on le doit. »

« Donc, aucune pression Harry. » ajouta Fred, en lui faisant un clin d'œil.

« Est-ce qu'il est toujours comme ça ? » demanda Adrian, un peu anxieux.

« Effrayant et parano ? » demanda Harry, d'un ton léger.

« Oui. »

« Oui. » répéta Harry en tant que réponse.

« Oh. » déclara simplement Adrian, en souriant faiblement.

L'équipe sortit sous les acclamations bruyantes de leur Maison – de Serdaigle et Pouffsouffle aussi, les deux Maisons avaient trop perdu contre Serpentard pour ne pas être un peu rancunières – et sous les huées des Serpentards et de leurs fans. Il pleuvait à verse, mais les deux équipes n'y prêtèrent aucune attention et se rassemblèrent au milieu du terrain. Après avoir promis un match loyal à Mme. Bibine, les équipes s'envolèrent. Harry commença immédiatement à chercher l'insaisissable balle dorée, peu désireux que Malfoy ne le devance.

L'Attrapeur blond prouva que la triche n'était pas un problème pour lui lorsqu'il attrapa l'arrière du balai d'Harry, pour l'empêcher d'atteindre le Vif. Harry s'était tourné vers Fred et Georges, pour essayer de voir pourquoi ils n'envoyaient pas le Cognard sur Malfoy pour les trouver en train de défendre son frère, du mieux qu'ils le pouvaient d'un Cognard qui semblait s'acharner sur lui. Après quelques coups à peine esquivés, passant bien trop près de la tête d'Adrian, Olivier dut demander un temps mort.

Adrian avait fermement refusé de déclarer forfait juste parce qu'un Cognard essayait de le décapiter et Harry, tiraillé entre son besoin habituel de protéger son frère et son envie de gagner le match, se jura d'attraper le Vif d'Or le plus rapidement possible. Et c'est ce qu'il fit, en l'attrapant sous le nez de Malfoy. Littéralement. L'Attrapeur Serpentard était tellement concentré à se moquer d'Adrian qui évitait le Cognard comme il pouvait n'avait pas vu le Vif voleter près de sa tête.

L'équipe s'était rassemblée au milieu du terrain pour leur victoire lorsqu'Harry le vit du coin de son œil : le Cognard qui avait visé Adrian durant tout le match revenait encore une fois à la charge. Il heurta son frère en pleine poitrine, et le fit basculer de son balai, avant de retourner pour finir le travail. N'ayant pas le temps de dégainer sa baguette à une telle distance, Harry se plaça simplement sur la trajectoire du Cognard. Un « crack » épouvantable et la douleur fulgurante dans son bras gauche l'informèrent facilement qu'il avait un os cassé. Il sortit habilement sa baguette avec sa main droite et la pointa sur le Cognard.

« Reducto ! » hurla-t-il, et le jet de magie qui sortit de sa baguette réduisit le Cognard en poussière. Il se posa ensuite près de son frère.

« Harry ! » l'appela Adrian, sous le choc. « Ton bras ! Mais à quoi tu pensais ? » s'exclama Adrian avec une voix un peu pâteuse et Harry se rendit compte que son frère s'était heurté la tête en tombant.

« Que je préférerais que mon frère garde sa tête sur ses épaules. » admit Harry avec un sourire douloureux. « Aïe, au passage. »

« Adrian ! Harry ! » La voix de Lily s'éleva sur le terrain, surpassant le brouhaha environnant. « Harry, est-ce que ça va ? »

« Belle victoire, gamin ! » cria Sirius de derrière elle. « Malfoy n'a jamais vu ce qui l'attendait ! » Lily lui lança un regard meurtrier et Sirius se figea sur place. « Désolée, Lily. »

« C'était quand même un beau match. » ajouta James.

« James, est-ce que tu pourrais arrêter ! » le réprimanda-t-elle et retourna son attention vers son fils amusé, malgré la douleur. « Harry, qu'est ce qui t'es passé par la tête ! Et Adrian, est-ce que tu vas bien ? » ajouta-t-elle en remarquant la bosse qui grossissait sur son front. Le garçon hocha simplement la tête, regrettant immédiatement d'avoir bougé la tête. La réponse d'Harry fut plus verbale.

« Pourquoi tout le monde me demande ça ? Vous auriez préféré que je laisse Adrian se faire toucher ? » Cela sembla l'apaiser un peu puisqu'elle pris son plus jeune fils dans ses bras, avec précaution pour ne pas le blesser un peu plus.

« Tu es un frère génial, Harry. Et je suis fière de toi. Mais si tu refais encore une fois une cascade du genre, tu seras puni jusqu'à tes 17 ans. » déclara-t-elle au bord des larmes.

« Laissez-moi passer, laissez-moi passer ! » La voix de Lockhart traversait la foule. Neville, qui se trouvait derrière lui, courut le plus rapidement possible pour atteindre Harry en premier, et lui dit de regarder la main de Lockhart. Le professeur blond avait dégainé sa baguette et Harry pouvait deviner qu'il allait essayer de le guérir. Hochant la tête en guise de remerciement vers Neville, il se tourna vers sa famille.

« Dîtes, on pourrait pas continuer ça à l'infirmerie ? » demanda-t-il, plus que rassuré lorsque ses parents acceptèrent, l'éloignant d'un Lockhart déçu. Harry attrapa trouva Severus dans la foule et lui lança un regard qui disait clairement 'on parlera plus tard'. Le maître de Potions hocha la tête et sourit légèrement, avant de secouer la tête et de se diriger vers l'équipe de Serpentard. Il s'agissait d'une des rares fois où il pouvait engueuler Malfoy sans créer des suspicions et il n'allait pas laisser passer cette opportunité.

« Mais pourquoi un Cognard ferait ça ? » se demanda Remus à voix haute, pendant que Mme. Pomfresh s'activait sur la main d'Harry. « Ils ne sont pas supposés viser un joueur en particulier. »

« Et bien, celui-ci l'a fait. » répondit Sirius, l'air pensif.

« Je ne sais pas comment te remercier Harry… » murmura Adrian pour la dixième fois de l'heure. Le garçon aux yeux noisette avait la tête bandée et était allongé dans le lit voisin à celui d'Harry. Il avait aussi une commotion cérébrale et quelques côtes froissées et devrait donc passer la nuit dans l'Infirmerie

« N'importe quoi ! » rétorqua Harry. « T'es mon frère, Adrian, voler devant un Cognard agressif était le moins que je pouvais faire. J'aurais même dû bouger plus vite ! » Adrian sourit faiblement et hocha la tête. Harry ne se laissa pas tromper et s'attendit à être remercié à nouveau dans approximativement dix minutes.

« Et c'était quelque chose de très courageux à faire. » ajouta Lily, en ébouriffant les cheveux de son fils aux yeux verts.

« C'était bien le maléfice Reducto que tu as utilisé sur le Cognard ? » demanda James, intéressé.

« Ouais, c'était bien ça. »

« C'est de la magie avancée pour ton âge, Harry. » répondit James avec un sourire. « Et il était puissant en plus ! »

« J'ai trouvé ce sort à la Bibliothèque le mois dernier. Je ne l'avais jamais vraiment essayé. » Et c'était la vérité. Il n'avait jamais essayé ce sort en particulier avant. C'était juste le premier qui lui était venu en tête sous les circonstances.

« Mon fils, le rat de Bibliothèque. » dit Lily tendrement.

« Je proteste là ! » se vexa Harry, exaspéré, faisant rire son entourage. « Nan sérieux là ! Je suis là, à l'Infirmerie, en train de me faire soigner pour un os cassé que je me suis récupéré en jouant au Quidditch et même là, tu m'appelles un rat de Bibliothèque ! »

« Il n'a pas tord là, Lily. » ajouta Sirius avec un rictus amusé.

« En parlant de ton bras cassé, » déclara Mme. Pomfresh « tu peux y aller. C'était quand même un sale coup et ça pourrait piquer dans le reste de la journée. Si tu ne mets pas trop de poids dessus pendant les quelques heures qui suivent, tu seras complètement remis avant la tombée de la nuit. »

« Merci, Mme. Pomfresh. » dit Harry en souriant. « Ca va aller toi ? » demanda-t-il à son frère, se sentant un peu coupable de pouvoir partir alors que lui non.

« Pour la troisième fois Harry, ça va aller, Harry ! Ron et Hermione vont passer dans un moment de toute façon, va t'amuser ! » Harry sourit et hocha la tête. Le groupe des cinq personnes se dirigèrent tous ensemble vers la Tour Gryffondor, où les adultes, avec un fort sentiment de nostalgie, dirent au revoir et laissèrent le garçon retourner dans la Salle Commune. L'accueil de ses camarades fut bruyant, c'était le moins qu'on puisse dire. Quelques feux d'artifices de Georges et Fred volèrent à travers la pièce et quelqu'un avait visiblement fait un petit détour par les cuisines à en croire l'abondance de nourriture qui les entourait.

« C'était une prise géniale, Harry ! » s'exclama Neville, en courant pour venir féliciter son ami. « Mais ta main est ok ? Et Adrian va bien ? »

« Il va bien. » le rassura Harry. « Un peu choqué et pris de vertiges à cause d'une bosse assez impressionnante sur le front, mais à part ça, tout va bien. Et Mme. Pomfresh a guéri mon bras en un rien de temps. » ajouta-t-il en souriant. « Merci, au passage, Nev. Qui sait ce qui se serait passé si Lockhart m'avait atteint avant toi ! »

« Y a pas de quoi, Harry ! » répondit Neville en souriant au sorcier aux yeux verts. « C'est à ça que servent les amis, non ? » Le sourire d'Harry s'agrandit à cette déclaration, menaçant de séparer son visage en deux parties. Amis. Il avait eu l'habitude de penser qu'il avait des amis avant, mais ce titre était surtout porté par Ron et Hermione. Et ces deux-là étaient les amis de son frère, qui traînaient avec lui de temps à autre. Mais un ami à lui ? Quelqu'un avec qui il avait décidé de se lier d'amitié de lui-même ? Il n'avait jamais eu ça avant Neville.

« C'est exactement à ça que servent les amis, Nev ! » confirma Harry et poussa son ami vers les jumeaux qui faisaient encore étalage de leurs talents pour tout ce qui touchait de près ou de loin aux blagues foireuses, au milieu de la salle.

Il était tard dans la nuit, lorsque Harry eut enfin l'opportunité de prendre la Cape de la malle de son frère et de se faufiler hors de la Salle Commune, tout en essayant de trouver la meilleure manière d'aborder le sujet « j'entends des voix » avec Severus. Existait-il vraiment une manière d'aborder ce sujet sans avoir l'air complètement marteau ? Il était en bas des Grands Escaliers lorsqu'il l'entendit, encore une fois.

« … Déchirer… tuer… » Harry se figea.

« Pas encore ! » marmonna-t-il et il se rua vers la voix, baguette au poing. Si on réfléchissait bien, c'était vraiment la mauvaise chose à faire, de courir vers un danger non-identifié. Mais que pouvait-il faire d'autre ? La dernière fois, Miss Teigne avait finie pétrifiée. Et si jamais quelque chose d'encore pire arrivait cette fois-ci ?

« … Je peux te sentir… tellement faim… » La voix remontait et Harry la suivit.

« …tuer… c'est le moment de tuer… » Le son venait encore de quelques couloirs plus loin. C'était assez proche de… l'Infirmerie ? Harry redoubla d'efforts, pensant à son frère.

« … meurt, Sang-de-Bourbe ! » Harry dévala les quelques marches devant lui et se figea devant la vue qui l'accueillit. Sur le sol, se trouvait une forme, un petit corps sur le ventre, son appareil photo encore devant son visage. Colin Creevy était allongé par terre, pétrifié. Harry ne put pas dire combien de temps il resta immobile. Mais un bruit se fit entendre dans les escaliers sous lui et il regarda arriver le Directeur, habillé de robes en laine et d'une cape de nuit, une tasse fumante dans les mains, qui remontait les escaliers. Ne voulant pas être trouvé ici, à ce moment, Harry recula silencieusement vers le couloir derrière lui, ne commençant à courir que lorsqu'il dépassa le premier tournant. Ce fut essoufflé qu'il toqua sur la porte du bureau de Severus.

« Calme toi, Harry ! » s'exclama Severus en voyant le garçon rentrer d'un mouvement raide, à moitié invisible. « Qu'est-ce qu'il s'est passé ? »

« Colin Creevy. Il a été pétrifié ! Papa, j'étais juste là ! C'était la voix. Je l'ai suivie jusque là-bas. » Harry inspirait bruyamment, tout en faisant les cents pas dans la pièce. Comment est-ce que ça avait pu arriver ?

« Un étudiant pétrifié ? » demanda Severus, hébété. « Et tu suivais une voix ? Quelle voix ? » Les flammes de la cheminée virèrent au vert et Severus replaça habilement la Cape d'Invisibilité sur Harry, avant de se jeter à la hâte ses sorts de désillusion et s'approcha. Le visage de Minerva McGonagall apparut sur les braises encore rouges.

« Severus ! » appela-t-elle. Il y avait de l'angoisse dans sa voix, voire de la panique.

« Minerva ? Quel est le problème ? »

« Un étudiant a été trouvé par Albus vers les Grands Escaliers. Un élève de première année pétrifié ! C'est horrible, Severus ! » Harry n'avait jamais entendu la voix de sa Directrice de Maison habituellement si calme et posée, monter autant dans les aigus.

« Calme-toi Minerva. » déclara Severus, imperturbable. « L'élève est à l'Infirmerie ? »

« Oui, Albus l'a emmené là-bas. » Elle inspira longuement. « Est-ce que tu peux venir ? On a besoin de ta confirmation qu'il s'agit bien de la même chose qui a touché le chat de Rusard. »

« J'arrive tout de suite. Devrais-je prévenir les étudiants ? »

« Albus dit qu'on devrait éviter. Ils le sauront demain, on ne devrait pas semer la panique au milieu de la nuit. » Le maître de Potions hocha la tête.

« Je serais là dans quelques minutes. » Le visage de McGonagall disparut de la cheminée et Severus se retourna vers Harry qui enleva la Cape.

« Sev, je… »

« Je serais de retour dans une heure tout au plus. Tu devrais rester ici et essayer de te relaxer. Après, je veux que tu me racontes absolument tout. » Il agita sa baguette et fit apparaître une tasse de chocolat chaud pendant qu'Harry s'asseyait dans un fauteuil. Les minutes s'écoulèrent lentement pour Harry, qui réfléchissait. La voix devait exister. Sinon, comment elle aurait pu l'emmener à l'endroit de l'attaque ? Mais pourquoi était-il le seul à l'entendre ? Il regarda le cadre vide sur le mur, perdu dans ses pensées. Qu'est-ce qu'il se passait à Poudlard ces derniers temps ?

Pendant ce temps là, Severus était arrivé à l'infirmerie. L'élève était en effet un première année de Gryffondor du nom de Colin Creevey et était aussi un grand fan d'Adrian Potter. Il s'était apparemment éclipsé de la Salle Commune de Gryffondor pour prendre une ou deux photos de son héros. Espérant qu'il ait photographié son attaquant, Albus avait ouvert l'appareil photo. Une fumée sombre et bien épaisse accompagnée de l'odeur de plastique brûlé fut tout ce qu'il découvrit. Dumbledore semblait savoir qui était cet Héritier, pensa Severus en revenant à son bureau, ayant rempli sa mission qui consistait simplement à vérifier que Colin était dans le même état que Miss Teigne. Albus le savait mais semblait encore perplexe, il ne savait visiblement pas comment tout était possible. Et un Albus perplexe n'est jamais de bon augure.

Et puis, il y avait Harry, pensa le maître de Potions en accélérant le pas. Le garçon avait évité de parler avec lui ces dernières semaines. En soi, c'était déjà très inhabituel. Le fait qu'il semble préoccupé était troublant. Son comportement de ce soir était tout simplement inquiétant. Il avait été pâle et parlait d'une voix qui l'avait conduit jusqu'à la scène du crime. Il ouvrit la porte de son bureau, une paire d'yeux émeraudes plongeant directement dans les siens.

« Est-ce que Colin… »

« Oui, il a été pétrifié. » confirma Severus et Harry se renfonça dans son fauteuil.

« Oh. » marmonna-t-il doucement.

« Tu voulais me dire quelque chose avant que Minerva ne m'appelle. » lui rappela le maître de Potions, en s'asseyant juste à côté de lui. Harry leva ses yeux, pensif, comme s'il essayait de trouver les mots justes. Ca non plus, ça n'annonçait jamais de bonnes nouvelles.

« En printemps dernier, Ron Weasley m'a dit que je perdais la boule à force de trop étudier. » commença Harry, en se rappelant d'une conversation qu'ils avaient eu en mai.

« En quoi est-ce intéressant ? »

« Je pense qu'il avait raison. »

« Que tu étudies trop ? » plaisanta Severus, essayant de lui alléger l'esprit.

« Non, pas ça. La partie où je perds la boule. » le corrigea Harry.

« Et qu'est ce qui t'as fait penser que tu perdais la tête ? »

« Je… » Harry regarda ses pieds, découragé. « Il se peut que j'entende des voix que personne d'autre n'entend. » admit-il finalement.

« Des voix ? »

« Une seule, en fait. Assez sanguinaire d'ailleurs. Elle n'arrête pas de répéter qu'elle veut tuer quelqu'un… » Harry releva ses yeux craintifs vers Severus.

« Tuer, c'est ça ? » demanda Severus. Qu'Harry entende des voix n'était, en effet, vraiment pas bon. Principalement parce que c'était Harry qui les entendait et que ça indiquait probablement plus une menace magique que de la folie. Et avec les attaques de ces derniers jours…

« Yep. » confirma Harry en essayant en vain de prendre un ton léger. « J'entends une voix meurtrière qui vient des murs. Pas un très bon signe pour ma santé mentale, j'en ai bien peur. »

« Disons, de manière purement hypothétique, » commença Severus en se levant de son fauteuil pour s'assoir sur le coin de con bureau, plus proche d'Harry. « Disons que tu n'es pas – et je pense réellement que tu ne l'es pas – fou. » Harry hocha la tête, appréciant l'idée. « Et si tu n'es pas fou, il doit y avoir une autre explication pour la voix. »

« Comme quoi ? » demanda Harry, en se redressant sur sa chaise.

« Tu dis que tu es le seul à l'entendre ? »

« Oui. » confirma Harry. « J'étais en train d'attendre qu'Adrian en ait fini avec sa retenue avec Lockhart, la première fois que je l'ai entendue. » expliqua Harry, en se frottant les yeux. « Je pensais qu'Adrian aurait peut-être besoin de voir un visage familier après autant de temps enfermé avec Lockhart, à répondre à son courrier, mais la retenue prenait des années et j'étais à moitié endormi sur le sol. Quand j'ai entendu la voix, je me suis dit que c'était probablement un fantôme qui me jouait des tours, Peeves en tête de ma liste. »

« Assez logique. » acquiesça Severus.

« La deuxième fois, c'était juste avant que Miss Teigne soit pétrifiée. Adrian, Ron et Hermione s'étaient retrouvés coincés à la fête d'anniversaire de mort de Nick-Quasi-Sans-Tête, où il n'y avait rien à manger, et je les avais, en gros, envoyés baladés pour aller au festin d'Halloween. Donc j'ai décidé d'aller demander aux elfes de maison s'ils ne pourraient pas préparer quelque chose pour eux puis leur amener lorsque j'ai entendu la voix, disant qu'elle voulait tuer, et qui se dirigeait vers la Grande Salle. Je venais juste de lire le message sur le mur lorsqu'Adrian est arrivé. Je me suis caché derrière la tapisserie et je me suis mélangé aux autres élèves une fois que le festin était terminé.

« Et pourquoi tu ne me l'as pas dit, à ce moment ? » demanda Severus, confus.

« Je voulais mais, j'ai pensé que… Je voulais simplement avoir une meilleure explication qu'être fou avant de te dire quoi que ce soit. » Harry avait l'air honteux lorsqu'il admit pourquoi il l'avait évité. C'était stupide, bien sûr, qu'Harry ait pu croire que je pourrais un jour penser qu'il était fou, pensa Severus.

« Tu sais que tu peux me parler de tout, n'est-ce pas ? » demanda le maître de Potions.

« Ouais. »

« Et je veux que tu le fasses. Mais si c'est à propos de voix que tu entends, qui ne devraient pas être là. » Il réfléchit quelques secondes à sa phrase. « Surtout, si c'est à propos de voix que tu entends. » corrigea-t-il.

« Est-ce que tu penses que… » Harry déglutit. « Tu penses que si je te l'avais dit plus tôt, Colin ne serait pas… »

« Non. Ne prends pas ça en plus sur tes épaules. » le prévint Severus. « On ne sait absolument pas qui est responsable de ces attaques et qui est l'Héritier. Enfin, Dumbledore a l'air de le savoir, mais même lui n'a rien pu faire pour empêcher la dernière attaque. » Harry hocha la tête, pas entièrement convaincu.

« En tout cas, le troisième fois que je l'ai entendu, c'était ce soir. Je l'ai suivie jusqu'à l'endroit où j'ai trouvé Colin. Mais j'étais déjà en train de venir ici, pour te parler. Après que Dobby soit passé hier… »

« Dobby ? » demanda Severus, perdu.

« Un elfe de maison qui est venu voir mon frère hier soir… » expliqua Harry, narrant tout ce qu'il avait entendu. Le maître de Potions frotta ses yeux fatigués. Comment est-ce qu'un elfe de Maison pouvait savoir ce qui allait se passer à Poudlard avant que ça ne se passe ? Comment un elfe de maison pourrait être au courant des attaques ? Et si l'elfe, Dobby, le savait vraiment, pourquoi avait-il prévenu Adrian et pas le Directeur ?

« On va faire les choses une par une, avant que ce soit moi qui perde la tête. » suggéra Severus.

« Ok. »

« D'abord, promets-moi que tu viendras toujours me voir quand quelque chose te pose problème. De mon point de vue, t'écouter et t'aider du mieux que je peux, fait partie de mon métier. » Harry sourit.

« Je te le promets, Papa. » Severus sourit en retour.

« Maintenant, retournons à cette voix. Je pense qu'on peut dire, qu'il est certain que ce n'est pas un produit de ton imagination. » expliqua Severus. « Elle t'a déjà mené par deux fois à l'endroit des attaques. »

« Donc tu penses que la voix et les attaques sont liées ? » demanda Harry.

« Admet que toi aussi, tu y as déjà pensé même si ça t'as juste effleuré l'esprit. » déclara Severus en haussant un sourcil. Harry hocha la tête. Il y avait déjà pensé, mais seulement après la deuxième attaque. Après tout, la première fois qu'il avait entendu la voix, il n'y avait aucune victime pétrifiée à ajouter.

« Après ce soir, oui, j'y ai pensé. »

« Et si ce n'est pas juste dans ta tête, c'est réel. Et si c'est réel, pourquoi es-tu le seul à l'entendre ? » demanda Severus, sa question les plongeant tous les eux dans un silence pensif.

Harry se concentra, rassemblant ses esprits fatigués du mieux qu'il le pouvait. Qu'est ce qui le rendait différent de tous les autres habitants du château qui pourrait l'amener à entendre des voix ? Et bien, il était un alchimiste, pensa Harry, mais entendre des voix – tout comme dans la plupart des domaines magiques, avec peut-être l'exception notable de la Divination – était en général peu accepté même parmi les alchimistes. Ses yeux s'agrandirent à la solution suivante. D'un côté, ça expliquerait beaucoup de choses, puisque, en principe, il possédait réellement une capacité qui lui permettait d'entendre des voix que personne d'autres ne pouvait entendre mais, de l'autre côté, ça n'expliquait rien du tout. Pourquoi donc un serpent attaquerait les élèves Nés-Moldus ?

« Sev ? »

« Des idées ? »

« Juste une. »

« Et c'est quoi ? » le pressa le professeur de Potions.

« Est-ce que le fait que je sois un Fourchelangue pourrais avoir quoi que ce soit à voir avec ce que j'ai entendu ? » Severus haussa un sourcil en réfléchissant à la suggestion du garçon. Parce que même si, oui, c'était l'explication la plus plausible – lorsque Salazar Serpentard était impliqué, les serpents suivaient toujours – ça ne se présentait vraiment, mais vraiment pas bien.

« C'est très probable. » acquiesça le maître de Potions, en hochant la tête de manière absente. « Mais je ne suis pas sûr que ça soit très rassurant. »

« Tu préférerais que j'ai viré de la carafe ? » le taquina Harry, avec un petit sourire en coin.

« Non. Pas vraiment. » le contredit Severus, le visage toujours inquiet. « Tout de même, tu réalises bien que, si c'est vraiment un serpent que tu entends – et qu'est-ce que ça pourrait être d'autre avec l'Héritier de Serpentard supposément à Poudlard ? – alors c'est un serpent avec des tendances meurtrières, avec de forts préjugés envers les Nés-Moldus et est capable de les pétrifier. Et il arrive, d'une manière ou d'une autre, à serpenter dans le château invisible aux yeux de tous, et obéit au doigt et à l'œil de cet héritier, quel qu'il soit. » Harry se replaça dans son fauteuil.

« Je vois où tu veux en venir. » admit-il. « Ce que je ne comprends pas, » commença Harry après une pause, assez longue, « c'est quel genre de serpent pourrait faire quelque chose comme ça ? Quelles espèces ont le pouvoir de pétrifier ? »

« Ca, Harry, est encore une autre excellente question. » répondit Severus, élaborant une liste mentale des capacités de tous les serpents qu'il connaissait. Plusieurs pouvaient empoisonner, quelques uns avaient des propriétés magiques de différents types et de très nombreux – magiques ou non – pouvaient tuer. Mais pétrifier ? « A laquelle j'ai bien peur de ne pas pouvoir répondre. » conclut Severus avec un soupir. Il pouvait déjà sentir une migraine énorme pointer le bout de son nez.


Bon, bon, bon ! Ben allez-y, dîtes moi ce que vous en pensez ^^

Je vous dis à la semaine prochaine (on croise doigts) !