Chapitre 30

Potions interdites et un Journal Étrange


Hello !

Tout d'abord, désolée pour le post aussi tardif, mais j'ai quelques problèmes de messagerie en ce moment alors je n'ai reçu le chapitre corrigé que 4h après que ma correctrice l'ait envoyée... Désolée...

Sinon, on est déjà au chapitre 30 ! Pfiou que ça va vite quand même ! Je m'en étais pas vraiment rendu compte ^^ Donc je tenais vraiment à vous remercier, tous autant que vous êtes pour lire ce petit bout de fiction, et en particulier ceux qui prennent le temps de me laisser systématiquement un petit mot, qui me fait toujours, et je dis bien TOUJOURS énormément plaisir. Vous pouvez même pas imaginer ^^

Bref, j'avoue qu'avec la reprise des cours j'ai un peu moins de temps pour traduire en ce moment donc pour l'instant ça reste correct et suffisant pour mon rythme de parution mais les chapitres font finir par s'allonger et je pense devoir être obligée à passer à un rythme d'un chapitre toutes les deux semaines. Enfin, on en est pas encore là ^^

Brefouille, je sais que je me répète mais merci encore, vraiment.

Enjoy !


Disclaimer : Bon je pourrais toujours essayer de vous convaincre que cette histoire m'appartient, genre le scénario ou les personnages mais ils appartiennent respectivement à XxDesertRosesxX et J.K. Rowling, même si ça me fait très mal au cœur de l'admettre... Sniff...


« Ça, Harry, est encore une autre excellente question. » répondit Severus, élaborant une liste mentale des capacités de tous les serpents qu'il connaissait. Plusieurs pouvaient empoisonner, quelques uns avaient des propriétés magiques de différents types et de très nombreux – magiques ou non – pouvaient tuer. Mais pétrifier ? « A laquelle j'ai bien peur de ne pas pouvoir répondre. » conclut Severus avec un soupir. Il pouvait déjà sentir une migraine énorme pointer le bout de son nez.

Harry fulminait. Il était vrai que ce n'était pas la première fois que ça arrivait, mais il devenait doucement de plus en plus frustré. Adrian était en train de chuchoter avec Ron et Hermione, encore, et leurs voix très basses ne lui permettaient absolument pas d'écouter aux portes. Et ce n'était pas qu'Harry était opposé au fait que son frère ait des secrets et sa propre vie. Il se rendait bien compte, qu'être contre ce fait serait vraiment prétentieux de sa part, vu les secrets qu'il gardait lui-même. Mais ils étaient jumeaux. Et, bien qu'il gardait ses secrets, pensa le garçon aux yeux verts, il ne le faisait que pour protéger Adrian. Si tout lui dire ne le mettrait pas en danger immédiat, il lui aurait tout raconté. Mais là, il ne s'agissait pas d'une question de vie ou de mort. C'était simplement un mauvais coup dans lequel Adrian allait se fourrer avec Ron et Hermione et, encore une fois, il n'était pas impliqué dans la confidence.

Donc, il en était réduit à les observer discrètement discuter et comploter, derrière son livre de Sortilèges. En plus, le reste de la Salle Commune ne semblait pas remarquer leur conversation conspiratrice. Ses camarades étaient pour le moment bien trop occupés à découvrir la prochaine invention pyrotechnique des jumeaux Weasley pour se rendre compte de quoi que ce soit, donc le Trio d'Or – le nom désormais donné à Adrian, Ron et Hermione – n'avait aucune raison de penser qu'il était observé. Harry soupira et essaya de se reconcentrer sur son livre. Il s'agissait vraiment de Sortilèges, cette fois-ci, juste pas de deuxième année. Même s'il serait très imprudent de regarder par-dessus son épaule, on aurait pu voir qu'il étudiait le niveau de 6ème année.

Cependant, son attention, comme à chaque fois que son frère mijotait quelque chose qui pouvait peut-être se révéler dangereux pour son bien-être, n'était pas vraiment tournée sur les sorts et maléfices. Ça avait été un mois de Septembre pour le moins agité depuis que Severus et Harry avaient conclut que c'était un serpent qui causait les attaques. La race était encore indéfinie et Severus s'arrachait les cheveux à essayer de trouver cette réponse, il arborait désormais un regard meurtrier devant chaque livre sur le sujet qu'il étudiait. Harry lui-même était tiraillé entre essayer de découvrir ce que tramait son frère et avancer avec ses études personnelles. Le maître de Potions l'avait encouragé à avancer, lui rappelant que prendre du retard ne ferait rien de plus que l'empêcher de faire face au serpent lorsqu'il serait temps.

Attention, Severus n'avait absolument aucune intention de le laisser gérer le monstre de Serpentard tout seul – il n'aimerait même pas qu'il se trouve dans un rayon de moins de 16km, réalisa Harry – mais il faisait de son mieux pour que le garçon ne soit pas complètement obsédé par ça. Harry de son côté, faisait de son mieux pour occuper son temps libre par tout sauf les serpents, puisqu'il avait lui-aussi rencontré une impasse dans ses recherches. Donc il lisait sur l'Alchimie, les Sortilèges, les sorts, les Potions, les Runes et même sur sa transformation Animagus…

« … vous êtes sûr qu'on a tout ce qu'il nous faut ? » demanda Ron, de l'autre côté de la pièce. En parlant de sa transformation Animagus, pensa le garçon aux yeux verts, il n'aurait jamais du entendre Ron d'aussi loin. Après tout, le roux chuchotait. Il avait remarqué ce genre de situations auparavant et un peu de lecture attentive de vieux parchemins légués par Nicholas que Severus avait réussi à introduire dans l'école avait confirmé ses suspicions. Il semblait que, une fois la transformation Animagus complétée avec succès, des éléments humains et animaux se mélangeaient. C'était souvent la ou une des particularités les plus remarquables de chaque forme, donc Severus et lui avaient pu constater une sérieuse amélioration de leurs ouïes, un des plus grands atouts des loups. Ceci expliquait également, devina le jeune garçon aux yeux vert, pourquoi leurs loups, à Severus et lui, étaient noir d'encre, en lien avec leurs cheveux et tout le reste. Et ça expliquait aussi Sirius et son caractère.

« Tout est en place, ne t'inquiète pas Ron. » lui assura Hermione et ils reprirent leur conversation, chuchotant cette fois-ci bien trop bas pour que même Harry ne puisse distinguer quoi que ce soit dans la Salle Commune bondée, encore trop bruyante, même si la démonstration de feu d'artifices était terminée. Harry en savait par contre assez pour comprendre que, lorsqu'il avait demandé s'ils avaient tout ce qui leur fallait, Ron parlait d'ingrédients de Potions. Après un cours de Potions désastreux où un Pétard Mouillé du Dr. Filbuste était apparu comme par hasard dans une potion d'Enflure qui avait finie par atterrir sur plusieurs élèves, Severus avait découvert que quelques ingrédients de sa réserve personnelle manquaient.

Après qu'Harry ait légèrement espionné son frère, ils avaient réussi à assembler les pièces du puzzle et Harry avait du retenir Severus de verser du Véritaserium dans le verre d'Adrian, en lui rappelant que c'était légèrement illégal de droguer ses étudiants. Et même s'ils n'avaient aucunes preuves tangibles que le Trio d'Or soit à l'origine du vol, le maître de Potions avait découvert, non sans énervement, que les ingrédients manquants étaient surtout utilisés pour la fabrication de Polynectar. Harry essayait encore de se remettre mentalement de cette découverte.

« Tu bosses les sortilèges ? » sonna la voix de Neville qui s'affaissa à côté de son ami sur canapé, son livre – enfin l'un d'entre eux – de DCFM dans la main et un regard désespéré sur le visage.

« Oui. » répondit simplement Harry, souriant gentiment aux malheurs de son ami.

« Je te jure, si je lis encore une phrase qui explique combien Lockhart est fantastique, je lui balance un maléfice la prochaine fois que je le croise ! »

« Ça c'est la bonne façon de penser ! » s'exclama Harry, félicitant Neville qui était lui-même un peu surpris de sa déclaration.

« Les livres de Lockhart m'empoisonnent le cerveau, je te jure. » Et bien, au moins tu n'a pas affaire à une voix de serpent meurtrier non identifié, Nev, pensa Harry un peu fatigué.

« Je pense que ton cerveau se rebelle contre l'écriture de Lockhart, pour de vrai. » plaisanta Harry. C'était agréable de voir Neville s'exprimer sans se sentir embarrassé, même si ce n'était que lorsqu'ils étaient tous les deux, supposa le jeune sorcier.

« Entre Quirell et Lockhart, c'est pas une surprise que je ne puisse pas jeter un sort de défense correct pour sauver ma peau ! » s'exclama le garçon aux yeux marron, s'autocritiquant. Harry réfléchit à cette phrase pendant quelques instants. La guerre s'approchait, ça arriverait dans le futur, et il ne savait pas quand exactement. Peut-être dans une décennie, peut-être dans un mois. Qu'est-ce qui arriverait à Neville dans ces cas-là ? Il frissonna à cette pensée. Sa décision était prise, sans hésitation aucune.

« Écoute, Nev, » commença Harry, en prenant un morceau de parchemin vierge sur la table devant lui sur laquelle se trouvait également sa rédaction de Métamorphose complète, puis il trempa sa plume dans sa bouteille d'encre et écrivit quelques titres de livres qu'il avait lus et qui l'avaient beaucoup aidé avec la technique de base pour lancer des sorts. Il savait que si Neville voulait s'améliorer – et il savait que non seulement son ami le voulait mais qu'en plus il en avait les capacités – il devrait commencer avec les bases. « Voilà quelques livres qui m'ont bien aidé. » dit Harry et donna la petite liste à Neville. « Tu peux commencer avec ceux là, tu peux les emprunter à la Bibliothèque, et ensuite, tu pourras continuer avec les livres qu'on a cette année. Une fois que tu les auras lus, je t'aiderai à pratiquer. Ça te dit ? » Neville regarda juste la liste entre ses mains, puis Harry, puis la liste, puis Harry, avec un regard incrédule.

« Tu es sérieux ? »

« Je ne te proposerais pas de t'aider, si je n'étais pas sérieux. » le rassura Harry avec un sourire. « C'est pas à ça que servent les amis ? » Le sourire de Neville en réponse était aveuglant et ses yeux brillaient de larmes contenues.

« C'est exactement à ça que servent les amis ! » répondit-il et Harry rit, devant le comique de retournement de situation. Il avait terriblement hâte d'être le 25 décembre. Neville serait stupéfait de son cadeau. Harry avait travaillé sur cette idée depuis des mois, et Severus avait été plus qu'heureux de pouvoir l'aider.

En fait, Severus avait été plus qu'heureux qu'Harry se soit enfin trouvé un ami de son âge, de manière générale, et approuvait totalement le choix de son protégé. Neville Longdubat était un garçon timide, avait-il dit, mais uniquement à cause de la manière dont il avait été éduqué. Il avait du potentiel, Severus en était certain, et il avait volontiers aidé Harry à mettre en œuvre ce qu'il avait prévu. Et ça avait été la seule chose qu'il avait appréciée ces dernières semaines. Avec tout ce qu'il avait en tête en ce moment, il était proche de la rupture mentale.

Donc, ce fut sans surprise pour Harry que le professeur de Potions décide de relâcher une bonne partie de sa frustration retenue sur Lockhart. Le jeune sorcier n'était pas plus dérangé que ça. L'idiot, qui se pavanait sans cesse, avait réussi à prendre un Club de Duel et à le tourner en un théâtre, donc Severus s'était porté volontaire pour l'aider, uniquement pour avoir la chance de lui lancer autant de sorts qu'il voulait. Harry fit partie des élèves qui applaudirent lorsqu'il lança un Expelliarmus vicieux sur Lockhart, de l'autre côté de la pièce. Même le crétin avait réalisé qu'il jouait dans une catégorie complètement différente et s'était pressé de mettre les élèves par paires, pour l'entraînement.

Adrian était sur le point de combattre Ron, Harry prenant place en face de Neville lorsque son frère saisit le reniflement de Draco, de l'autre côté de la pièce. Le concours de regard entre les deux se transforma en duel, avec Lockhart qui leur hurlait qu'ils n'étaient supposés que désarmer leur adversaire. Le blond était même allé jusqu'à utiliser des sorts basiques de douleur qui étaient inacceptables dans un duel pour mineurs et qui aurait causé des dégâts sérieux, si son adversaire n'avait pas été Adrian. Un des maléfices dévié par le bouclier d'Adrian faillit toucher Justin Finch-Fletchey au visage, ce qui fit s'évanouir le pauvre garçon, sous le choc.

Et, alors qu'Harry et Severus n'arrivaient absolument pas à trouver l'attaquant ou l'espèce de serpent qui causait les attaques, un jour seulement après l'incident du Club de Duel, Justin fut retrouvé pétrifié, n'ayant en fin de compte échappé aux dégâts physiques du sort de Draco pour se retrouver attaqué par l'animal monstrueux de Serpentard. Et le pire ? Pétrifié à côté de lui, flottait Nick-Quasi-Sans-Tête.

« Mais bordel, comment on peut pétrifier un fantôme ? » s'était écrié Harry furieusement dans le bureau de Severus cette nuit-là. C'était bien la preuve de combien Severus était préoccupé, puisqu'il n'avait même pas réagi au langage grossier d'Harry. Et pour en rajouter, c'était Adrian qui avait découvert les victimes et Peeves avait découvert Adrian. Encore une fois, les rumeurs couraient dans l'école, et l'esprit frappeur ne faisait que de mettre de l'huile sur le feu, jusqu'au point que tout le monde soupçonnait Adrian d'être l'Héritier de Serpentard. Ça n'avait fait qu'intensifier la précipitation de son frère de faire aboutir ce qu'il mijotait avec ses amis et l'envie pressante d'Harry de s'éclater la tête contre un mur.

Et ça y était, ils étaient là, quelques jours avant les vacances de Noël, à prévoir de rester au château encore une fois. Leurs parents seraient occupés pendant une grande partie des vacances et, même si les jumeaux Potter rentreraient par Poudre de Cheminette la veille de Noël, ils passeraient la majeure partie de leurs vacances au château. Cela ne posait visiblement aucun problème à Adrian, mais pas à Harry qui, en plus de craindre fortement que ce qu'avait prévu son frère tournerait probablement à la catastrophe, avait mourut d'envie de pouvoir tester son dernier design. Toutes ces nuits sans sommeil et ce stress renfermé l'avaient amené à des nuits très productives au niveau des designs pour son projet personnel de balai.

« Tu bosses les sortilèges ? » demanda Fred, qui se laissa tomber sur le canapé, à côté d'Harry, sortant brutalement le garçon de ses pensées.

« Ouais. » répondit laconiquement Harry, en fermant son livre en se décalant pour permettre à George de s'assoir aussi.

« Punaise, mon gars ! C'est tout ce que tu fais ? » demanda Georges en haussant un sourcil. Ils semblaient d'être d'une humeur bien plus sérieuse qu'à leur habitude, réalisa Harry, et il ne pouvait pas s'empêcher de se demander pourquoi. Une lettre dans les mains de Fred, sur laquelle il n'arriva qu'à distinguer qu'il s'agissait de l'écriture de leur mère, ce qui lui indiqua une partie de l'histoire. Et le fait que les jumeaux aient encore écopé d'une retenue, en faisant exploser Merlin savait quoi d'autre quelques jours auparavant, lui dit le reste.

« Des soucis à la maison ? » demanda-t-il calmement pendant que les deux garçons se regardèrent.

« Perspicace, pas vrai ? » soupira Georges. Peu importe ce que racontait la lettre, ça devait être assez mauvais.

« On me l'a déjà dit, ouais. » confirma Harry avec un hochement de tête. « Et ça veut dire que j'ai raison ? »

« Ouais. » acquiesça Fred. « Maman a appris pour notre dernière retenue et… »

« Ouais, je comprends. » lui assura Harry.

« Je ne suis pas sûr… » répondit Georges en partageant un regard avec son frère. Le jeune sorcier les regarda prudemment.

« Et pourquoi non ? De toute façon, votre mère ne peut pas être si fâchée… »

« C'est pas ça, mon gars. C'est juste que… »

« … tout le monde sait que tu es une sorte de Serdaigle renégat, qui n'a joint Gryffondor que pour avoir une bonne équipe de Quidditch. » compléta Fred, d'une voix parfaitement sérieuse.

« Quoi ? » demanda Harry, perdu. « Personne ne pense ça de moi ! Si ? » Soudain, la Salle Commune sembla se rétrécir autour de lui.

« Oh si. Même Flitwick l'a dit une fois. » Les yeux d'Harry s'agrandirent de confusion.

« Professeur Flitwick pense que je suis un Serdaigle renégat ? »

« Non, mais il a dit que tu devrais être à Serdaigle et… tu sais quoi ? C'est en fait pour ça que tu ne comprends pas. » Le garçon aux yeux verts hocha la tête. Il ne comprenait plus rien là.

« Je dois admettre que vous m'avez paumé. »

« Ce que veux dire Fred, » expliqua Georges « c'est que tu es le meilleur étudiant de ton année et l'Attrapeur de Gryffondor. Maman parlait avec Remus qui lui a dit quelque chose à propos d'un abonnement à un magazine qu'il t'a offert pour Noël dernier et elle a une forte tendance à faire des comparaisons… » murmura-t-il presque inaudiblement. Harry sourit tristement.

« Ma mère fait la même chose, vous savez. » l'attention des jumeaux passa rapidement de regarder le tapis sombrement à le regarder lui, en une fraction de seconde.

« Vraiment ? » dirent-ils en chœur, avec leurs deux paires d'yeux bleus, identiques et un peu surpris, qui le fixaient.

« Pas consciemment, je pense, mais elle le fait. » leur assura Harry, en haussant les épaules. « Mais avec ma mère… Elle n'est pas du genre à envoyer une lettre à propos de ça, mais je peux le voir parfois, quand Adrian et moi on est dans la même pièce qu'elle. C'est des petites choses dans mon cas, mais je comprends ce que vous voulez dire. » Fred et Georges regardèrent Harry, d'une manière légèrement différente, pas comme s'ils ne l'avaient jamais vraiment vu avant mais plutôt comme s'ils venaient de découvrir quelque chose à propos de lui qu'ils n'avaient jamais imaginé exister. Et Harry, de son côté, comprit qu'il y avait bien plus aux jumeaux que des blagues et de la joie de vivre.

« Peut-être que tu comprends vraiment après tout. » admit Fred, en coulant un regard vers Adrian.

« Bon, au moins, on te balance pas la comparaison à la figure. » ajouta George.

« C'est la retenue qui a déclenché ça, cette fois ? » demanda Harry, curieux.

« Pas juste ça. » admit Georges.

« Les BUSES arrivent l'année prochaine et Maman voulait savoir ce qu'on comptait faire après l'école. » expliqua Fred. « Elle espérait qu'on ait envie de travailler au Ministère, on a dit que non, et les choses se sont dégradées à partir de là. »

« Je vois. Et qu'est-ce que vous voulez vraiment faire après l'école ? »

« On pensait peut-être ouvrir notre propre boutique sur le Chemin de Traverse. » confessa George après une petite pause. « Un magasin de Farces et Attrapes, comme Zonko. »

« C'est sûr que vous avez un don pour ça. » répondit Harry en souriant. Il pouvait vraiment s'imaginer ça arriver dans quelques années.

« J'aimerais bien que Maman pense comme toi. » Georges avait les yeux fixés sur la lettre entre les mains de Fred, pendant qu'il parlait.

« Ouais, mais c'est pas si important que ça en a l'air, là tout de suite. » déclara Harry. « Vous ne pouvez choisir votre futur uniquement en fonction de ce que tout le monde veut que vous fassiez. C'est votre futur après tout ! »

« Ouais, mais… »

« Je vais le dire autrement. » l'interrompit Harry. « Si vous persistez dans une carrière que vous n'aimez pas vraiment, vous allez devenir malheureux ou au moins vous demander toute votre vie ce qu'il ce serait passé si vous aviez suivi votre rêve. Est-ce que vous pensez que c'est ce que veux votre mère ? »

« Non… » murmurèrent-ils ensemble.

« Exactement. Maintenant, si vous essayez de voir les choses de son point de vue, je pense que vous découvrirez qu'elle est juste terrifiée. Votre mère sait pertinemment qu'il serait bien plus simple de tout simplement travailler au Ministère. Ça vous donnerait un emploi sûr et un salaire qui assurerait une vie confortable pour vous deux. Posséder son propre commerce est vraiment beaucoup plus risqué, j'imagine. Mais si vous voulez vraiment ça et vous travaillez pour en faire une réalité, vous finirez bien par la convaincre, vous inquiétez pas. » déclara Harry, essayant de rassurer les jumeaux.

« Notre petit Harrykins a grandi et a mûri avant nous ! » s'exclama Fred avec un sourire en coin, ses yeux pétillant enfin de nouveau.

« Et tellement intelligent aussi ! » le seconda Georges.

« Tellement intelligent, je comprends rarement un seul mot de ce que je raconte. » plaisanta Harry, avec un air très sérieux, les faisant bien rire. « Mais pour de vrai, si ouvrir un business est vraiment ce que vous voulez, tentez le coup au moins. En tout cas, moi, je mettrais bien de l'argent là-dessus. »

« Attention à ce que tu dis, on pourrait bien te prendre au mot pour celle-là, Potter. » le menaça Georges.

« Donc, doit-on s'attendre à ce que tu suives notre chemin et que tu deviennes le Préfet en Chef que tout le monde attend ? » demanda Fred.

« Le Préfet en Chef ? Merlin non ! » s'écria Harry, feignant d'être terrorisé.

« Alors, qu'est-ce qu'on devrait s'attendre, venant de toi ? Une carrière dans le Quidditch peut-être ? » Harry sourit brièvement.

« Quidditch, tu as dit ? » demanda-t-il en songeant à ses designs à moitiés finis de balais de course dans son sac. « C'est une idée. »

« Je suis agréablement surpris, mon garçon ! » annonça Fred, de sa meilleure imitation de Dumbledore.

« Je dirais même fou de joie ! Extatique ! » ajouta Georges en imitant Percy et en serrant la main d'Harry pour en rajouter.

« Je ne peux que vous surprendre. Je suis déjà un Serdaigle renégat, comme vous l'avez dit. Qu'est-ce qui m'empêche d'être un cas totalement particulier ? » rationnalisa le garçon avec un rictus.

« Rien que nous puissions voir ! » s'exclamèrent les deux jumeaux. La soirée passa de manière joyeuse après ça. Harry décida de passer un peu plus de temps avec les jumeaux dans le futur. Il y avait définitivement plus sous leur apparence joyeuse et il pouvait s'identifier un peu à ça.

La semaine se termina avec le départ de la plupart des étudiants qui rentraient chez eux pour les vacances d'Hiver. Hermione, les Weasley et Neville, qui avait demandé à sa grand-mère s'il pouvait rester – et qu'on lui épargne la grande réunion familiale, mais il avait écrit comme excuse qu'il avait besoin d'étudier – et les Potter étaient pratiquement les seuls restants de la Gryffondor et même Harry et Adrian rentrèrent à la maison la veille de Noël, puisque leurs parents seraient absents une semaine puis reviendraient juste après eux, pour passer la veille de Noël tous ensemble. Harry pensa qu'il s'imaginait peut-être des choses, mais il lui avait semblait percevoir une certaine tension entre James et Lily qui n'avait jamais été présente auparavant. Il classa ça comme le fruit de son imagination.

Il rentra au château, très tôt le matin de Noël. Les cadeaux avaient été échangés et, après s'être remis d'une crise de fou rire à cause du badge de Préfet de Percy qui – courtoisie des jumeaux Weasley qui l'avaient enchanté – affichait désormais 'Tête d'Epingle', Harry se dirigea vers les cachots pour retrouver Severus dans son bureau. Son frère et ses amis avaient eu l'air bien trop excités ce matin, mais bon, c'était Noël après tout et en plus, la seule chose intéressante qu'Harry avait réussi à tirer de son frère était que, lorsqu'il avait été au bureau du Directeur après avoir découvert Justin et Nick, Fumseck avait ressuscité.

Donc, décidant d'apprécier sa journée de Noël, Harry avait dit à Neville de ne pas lui donner son cadeau tout de suite et de retrouver dans la Grande Salle, une heure plus tard. Comme ça, il avait juste assez de temps pour aller jusqu'aux cachots et échanger ses cadeaux avec Severus avant d'aller chercher le cadeau de Noël pour Neville.

« Joyeux Noël, Harry ! » s'exclama lorsque le garçon entra dans son bureau. Il était de bonne humeur de ce que pouvait en voir Harry et ça amena très rapidement un sourire sur son visage. Severus lui avait offert des branches de frêle fraichement coupées, parfaites pour le balai qu'il était en train de construire, un kit professionnel pour les balais – tous les prototypes étaient construits en utilisant ces outils, expliqua-t-il, une fois qu'Harry ait réussi à surmonter le fait que ces outils étaient tous en argent – et un parchemin, qu'il avait insisté pour lui donner plus tard, juste pour augmenter le suspense.

Harry, de son côté, lui avait offert trois tomes sur les Potions, proprement emballés dans du papier vert, qui constituait la saga Scinncræft Drence Bréowan, ou l'Art de Fabriquer des Potions. La couverture des livres était faite du meilleur cuir marron, avec des arabesques argentées sur le dos. Severus ouvrit le premier, avec l'air d'un gamin de 5 ans. Sa mâchoire se décrocha à la vue.

« Où tu as trouvé ces textes ? » demanda-t-il, ses yeux survolant les différentes recettes ou potions très rares, ou encore oubliées.

« J'ai demandé à Minnie d'aller dans mon coffre et trouver ce qu'elle pouvait qui venait de la collection de Nicholas sur les Potions très rares. C'était principalement plusieurs parchemins dans des états plus ou moins bien conservés, mais je lui ai demandé de m'amener ceux que je trouvais intéressants à l'école, morceau par morceau, puisque je n'ai pas réussi à tout faire cet été. Je n'en ai lu que quelque uns en détails, mais j'ai fait de mon mieux pour les cataloguer et faire des copies lisibles des originaux. Si on suit bien les titres et quelques descriptions brèves de leurs contenus, je pense que ma classification est compréhensible. » répondit-il longuement, en haussant les épaules, les yeux toujours fixés sur un des instruments dans sa boîte à outils. Outils qu'il failli faire tomber lorsque Severus l'enveloppa dans une étreinte.

« Tu es toujours obligé de me surprendre à chaque fois, n'est-ce pas ? » s'enquérit le professeur de Potions, en riant.

« J'essaie. » sonna la réponse d'Harry, étouffée. « J'en déduis que tu aime ce cadeau. »

« Non, tu crois ? » demanda le maître de Potions avec un sourire immense. « Je l'adore ! » Il tourna les pages doucement, son sourire s'agrandissant un peu plus chaque fois, il n'arrivait tout simplement pas à croire que certaines potions soient inclues là-dedans.

« Bien. » déclara Harry en soufflant un bon coup.

« Non, Harry, c'est parfait. » Severus ferma le bouquin et le posa avec précaution sur son bureau. « Je t'aime, fiston. »

« Je t'aime aussi, Papa. » répondit le jeune garçon. « Et maintenant, ce parchemin, veux-tu ? »

« Ah, le parchemin. » répéta Severus en prenant le dit-parchemin de son bureau. Son sourire s'agrandit lorsqu'il le donna à Harry. « J'ai fait quelques recherches sur le livre que je t'ai donné à Noël dernier sur la transformation Animagus et voilà ce que j'ai trouvé. » Le jeune sorcier aux yeux vert déroula le parchemin et commença à le lire. Ses yeux s'écarquillaient de plus en plus au fur et à mesure de sa lecture.

« C'est pas une blague ? » demanda-t-il à un maître de Potions pas peu fier.

« Aussi réel que ça puisse l'être. »

« Multiples formes Animagus ? » chuchota Harry, ses mains se resserrant légèrement sur le parchemin, un sourire choqué apparut sur son visage et ses yeux brillèrent d'excitation.

« Oui. »

« Mais comment ? » demanda le garçon, sur le point de sautiller.

« Ce n'est pas facile. » expliqua Severus, en prenant le parchemin des mains d'Harry avant qu'il ne l'abîme, à force de s'y agripper si fort. « Le première forme que tu obtiens est instinctive. Elle est liée à ton noyau magique, c'est plus une expression intrinsèque de ton pouvoir qui déclenche la transformation Animagus, qui dépend principalement de ton caractère. »

« Mais si la forme que tu prends est prédestinée, comment tu peux en provoquer une deuxième ? » demanda Harry, n'ayant pas eu le temps de lire tout le texte du parchemin dans sa hâte de bien vérifier qu'il existait effectivement une telle possibilité.

« Une fois que tu as achevé ta première transformation une fois, ce que tu as fait techniquement est d'apprendre l'enchaînement de magie nécessaire pour devenir un Animagus. L'animal que tu deviens n'est pas un problème à ce moment parce que tu ressens comment tout devrait se passer. La seconde transformation est à l'opposé de ça. » élabora le maître de Potions, avec un enjouement qu'Harry aurait aimé voir possible pendant qu'il enseignait.

« Opposé comment ? »

« C'est assez simple comme concept, mais c'est bien plus dur à mettre en pratique. » continua Severus. « Cette fois, tu as déjà la capacité de transformer ton corps, tu sais comment ça marche mais mentalement, tu reviens toujours à la forme que tu sais déjà adopter. »

« Et alors, tu n'as qu'à imaginer une deuxième forme et… »

« Pas si simple, j'en ai bien peur. » l'interrompit Severus. « Comme je te l'ai dit, la première forme est intrinsèque. Tu n'as qu'à imaginer ton corps changer et il le fait. Tu n'as pas à penser comment tes muscles ou tes os et tes artères doivent être, parce que ton corps sait déjà quoi faire. Tout ce qui nécessite ton attention c'est d'atteindre la capacité magique de le faire. » Harry comprenait ce que Severus lui disait, dans un sens du moins. Il ne s'était jamais demandé auparavant comment ça se faisait qu'il puisse devenir un loup sans savoir comment le corps d'un loup fonctionnait.

« Alors, comment la deuxième transformation est-elle possible ? »

« Puisque ton esprit ne sais pas comment le faire, tu dois simplement le lui apprendre. » expliqua Severus avec un rictus.

« Et par ça, tu veux dire… »

« Choisis un animal et étudie-le. Son anatomie, comment il marche, comment il se nourrit, comment il respire, tout en fait. » répondit le maître de Potions. « Une fois que tu sais ce que le résultat final devrait être, ta magie fait tout le reste. » Harry était juste en train de dévisager Severus avec émerveillement.

« Et comment ça se fait que je n'en ai jamais entendu parler ? » questionna-t-il, pas vraiment intéressé par la réponse, étant donné qu'il avait bien trop hâte de travailler sur cette deuxième transformation.

« Et bien, j'imagine que l'information a été connue il y a un certain temps, mais devenir Animagus était considéré comme illégal durant le XVIIème siècle – et un siècle plus tard, la majorité des vieux manuscrits sur le sujet ont fini par être détruits – et c'est encore, de nos jours, très réglementé et suivi de très près. Et en plus, il faut être un sorcier assez puissant ou avoir reçu beaucoup d'aide pour devenir un Animagus. Une seconde transformation en demande encore plus. Cela demande de la volonté et de la persévérance, pendant des mois, peut-être des années d'études. » rationnalisa Severus. « En plus, j'ai le sentiment que le livre que j'ai trouvé dans la bibliothèque faisait partie de ceux qui étaient censés avoir été détruits sous le Décret du Ministère il y a trois siècles. »

« On se sent obligé de détester le Ministère parfois. » marmonna Harry en regardant le parchemin, perdu dans ses pensées. Il essayait déjà de choisir un animal qu'il aimerait pouvoir devenir. « Tu sais, j'aime vraiment beaucoup voler. » déclara simplement le garçon et Severus hocha la tête en ricanant.

« Je vais voir ce que je peux faire. » répondit-il et ils partirent dans une longue discussion sur le sujet. La dite-discussion, fit passer le temps a une vitesse extraordinaire et Harry avait du courir pour revenir à la Grande Salle, pour le plus grand amusement du maître de Potions, pour aller chercher Neville. C'était un Harry pantelant, mais très excité qui rejoignit son ami, qui descendait à ce moment les escaliers.

« Je… Coucou, Neville… Suis-moi ! » Et il se retourna pour courir vers les cachots encore une fois lorsqu'un Neville rieur plaça une main sur son épaule pour l'arrêter.

« Pourquoi t'essaierais pas de respirer d'abord ? » demanda le garçon en regardant son ami d'un œil critique.

« Bonne idée. » admit Harry, un sourire en coin apparaissant aussi sur son visage.

« Donc, » commença Neville pendant que l'autre sorcier essayait de reprendre sa respiration, « j'ai le droit d'avoir au moins un indice sur ce que tu vas m'offrir ? » Le garçon jouait avec un nœud violet qui entourait ce qu'Harry supposa être son cadeau. C'était une petite boîte emballée dans un papier doré qui avait l'air assez cher et ça avait vraiment attiré la curiosité d'Harry.

« Nope. » plaisanta Harry avant de redevenir sérieux. Il savait combien Neville avait peur de Severus. « Juste, fais-moi confiance sur ce coup, ok ? » Neville reprit son sérieux et hocha la tête.

« Bien sûr. » Harry sourit une fois de plus et commença à marcher, faisant signe à Neville de le suivre.

« Harry ? » demanda son ami, plus qu'étonné de la direction qu'ils prenaient. « Pourquoi est-ce qu'on va vers les cachots ? »

« Tu verras ! » répondit joyeusement le garçon. « Tu vas adorer ton cadeau, je te le promets ! » Au moment où ils arrivèrent devant la porte du bureau de Severus, Neville était devenu très pâle et tremblait doucement.

« Harry ? » demanda-t-il simplement, en regardant son ami avec de grands yeux terrifiés.

« Nev, tu n'as aucune raison d'avoir peut. »

« Mais c'est le bureau du professeur Snape ! » se plaignit le garçon. « Et si jamais il nous choppe ici ? »

« D'abord, il est en train de nous attendre. » A cette déclaration, Neville devint translucide et recula d'un pas, avec ses genoux qui tremblaient de plus en plus.

« Quoi ? » demanda-t-il d'une voix étranglée.

« Tu m'as bien entendu. » répondit gentiment Harry. « Et le plus important, Nev, c'est que le professeur Snape m'a pratiquement élevé. » A cette déclaration, tout tremblement fut remplacé par un regard perplexe.

« Il a quoi ? »

« C'est vrai. » lui assura Harry, heureux de pouvoir enfin partager cette information avec quelqu'un. « Mes parents… Et bien ils étaient toujours très occupés avec Adrian et Sev est un vieil ami de ma mère. » Severus avait été ferme sur le point qu'aucun ami d'Harry ne devrait jamais trembler à sa vue. Donc, Harry avait gentiment proposé de le dépeindre sous un meilleur angle – autant que possible en tout cas – pour que Neville soit rassuré. « Et il n'est pas aussi mauvais que ce que le gens disent de lui. Il n'est pas méchant du tout ! » Cela semblait, pour lui, l'euphémisme du siècle.

« Mais… » Neville semblait un peu incapable de saisir l'idée d'un Severus Snape qu'on puisse apprécier.

« Bon, comme je te l'ai dit, il m'a élevé. » lui rappela Harry avec un sourire. « Et je n'ai pas trop mal tourné, pas vrai ? » Neville hocha la tête. « Donne-lui une chance, Nev ! Tu verras ! Il m'a même aidé avec ton cadeau ! »

« Sérieux ? » demanda le garçon, incapable de se retenir.

« Ouais ! » lui assura Harry. Neville sembla prendre en compte ce qu'il venait d'entendre, avant de parvenir à sa décision. Il hocha la tête une fois, plus pour lui-même et déclara simplement.

« Alors ok. »

« Merci Nev ! » s'écria Harry avant de lui faire un clin d'œil en toquant à la porte.

« Et est-ce que tu viens de l'appeler Sev ? » demanda Neville après un court moment de réflexion pendant que le professeur de Potions en questions ouvrait la porte.

« Bonsoir, M. Longdubat. » salua-t-il gentiment, faisant de son mieux pour ne pas effrayer le garçon. A son mérite, Neville avait vraiment plus l'air choqué que terrifié. « Et Joyeux Noël. » ajouta Severus, sortant brutalement le garçon de sa stupeur.

« Joyeux Noël, Professeur. » lui souhaita-t-il en retour, et il fut poussé dans le bureau. Severus fit un clin d'œil à Harry qui ferma la porte. Le garçon pouvait dire que l'adulte appréciait beaucoup cette situation également. C'était le substitut le plus proche qu'ils avaient d'être vraiment eux-mêmes sans pour autant enlever leurs sorts de Dissimulation qu'ils avaient utilisé pendant ces dernières années.

« Donc, prêt pour ton cadeau ? » demanda le maître de Potions à Neville qui rougit fortement.

« Oui, j'imagine. » murmura-t-il et Severus sourit doucement avant de se diriger vers son bureau pour sortir quelque chose d'un de ses tiroirs, laissant Neville observer sa silhouette de dos, se demandant si le professeur de Potions avait réellement souri ou s'il s'agissait d'un effet de la lumière qui venait du feu ronflant dans la cheminée. En parlant de la cheminée…

« Prêt, Nev ? » demanda Harry, tandis que Severus jetait une poignée de Poudre de Cheminette dans les flammes.

« On quitte Poudlard ? » demanda le garçon, plus surpris que paniqué.

« J'ai bien peur que ton cadeau fasse partie de la catégorie de ceux qui doivent être récupérés personnellement. » répondit mystérieusement le garçon aux yeux verts.

« Et où va-t-on ? » Au lieu de lui répondre, Harry hocha la tête vers Severus qui s'était avancé dans les flammes vertes et prononça distinctement :

« Chemin de Traverse ! » Et il avait disparu, enveloppé par les flammes magiques.

« Qu'est-ce que tu veux m'offrir du Chemin de Traverse ? Et est-ce qu'on a même le droit de quitter le château ? » demanda Neville à Harry qui le poussa vers la cheminée.

« Et bien, techniquement, seul Severus a vraiment le droit d'utiliser le réseau de Cheminées sans passer d'abord par Dumbledore. » Il eut un léger rictus pendant que Neville s'avançait dans l'âtre. « Si quelqu'un nous demande, on est en train de faire une bataille de boules de neige près du lac. » Il tendit le pot de Poudre de Cheminette à Neville qui en prit une poignée après une seconde hésitation.

« Chemin de Traverse ! » Et Neville se trouva rapidement dans la cheminée du Chaudron Baveur où Severus l'attendait, presque immédiatement suivi d'Harry. Severus fit un signe de tête vers Tom en quittant l'auberge et, même si le barman trouva cela étrange qu'il soit accompagné de deux garçons plutôt qu'un seul, ses nombreuses années d'expérience lui avaient appris à ne pas faire de commentaires.

« Allez ! » s'écria Harry pour Neville au moment même où Severus ouvrit l'entrée du Chemin de Traverse. « On a un peu de chemin à faire ! »

« Mais pour aller où ? » demanda le garçon, regardant, toujours aussi surpris et choqué, Severus et Harry échanger un regard malicieux.

« Harry m'a mentionné, » commença le maître de Potions, attirant l'attention de Nev sur lui, « que tu utilisais l'ancienne baguette de ton père ? » Les yeux du garçon s'écarquillèrent et devinrent ronds comme des Gallions, pendant qu'il comprenait où voulait en venir Severus.

« Oui, c'est vrai. » répondit-t-il hébété.

« Et bien, » commença Harry avec un sourire, « savais-tu qu'Ollivander était ouvert même le jour de Noël ? » le regard éberlué sur le visage de son ami lui indiqua rapidement que non, il ne le savait pas.

« Ollivander ? » répéta Neville, sous le choc. « Une baguette. Tu veux m'offrir une baguette. » Il fixa son ami souriant dans les yeux, s'attendant à ce qu'il lui dise que c'était une blague. Harry ne fit qu'hocher la tête.

« Je crois bien que M. Ollivander est en effet un fabricant de baguette. » répondit Harry. « Qu'est-ce que je pourrais vouloir t'acheter d'autre là bas ? » Le trio dû s'arrêter un instant pendant que Neville serrait Harry dans ses bras, aussi fort qu'il le pouvait, sans aucune intention visible de le relâcher.

« Merci Harry ! »

« Qu'est-ce que tu dirais de me remercier une fois que tu auras eu ta baguette ? M. Ollivander nous attend. » Neville le relâcha rapidement et se recula, essayant de camoufler sa gêne.

« Suivez-moi, les garçons. » ordonna Severus, se tournant pour cacher son sourire. Un peu plus tard, le trio entra dans la boutique et ils furent immédiatement accueillis par le fabricant lui-même et son regard bleu pâle, très perçant. Sentant l'inconfort de Neville, Harry fit un clin d'œil à son ami et lui donna un petit coup pour le faire avancer.

« M. Longdubat ! » le salua le vieil homme. « Le Professeur Snape m'a informé de votre… cas plutôt particulier. Je me suis toujours demandé pourquoi vous n'étiez jamais venu pour votre première baguette ! » admit le vendeur, en invoquant le même mètre ruban argenté dont Harry se souvenait de l'année précédente. « J'ai, bien entendu, pensé que vous aviez choisi un autre fabricant de baguette mais ne pas en acheter une pour vous, jeune homme, est quelque chose auquel je ne m'étais jamais attendu ! »

« Je… vous voyez, je… » balbutia Neville, incertain de ce qu'il devait répondre.

« Je vous ai déjà expliqué que M. Longdubat avait des raisons personnelles pour avoir utilisé la baguette de son père. » déclara Severus, épargnant au garçon de fournir une explication. Neville le regarda avec admiration pendant qu'Harry souriait de toutes ses dents.

« Oui, oui bien sûr. » répondit M. Ollivander de manière absente. « Pas que ça ne soit vraiment important maintenant. Mieux veut tard que jamais, je dis ! » proclama le vieux sorcier en commençant à prendre les mesures de Neville pour sa baguette. « Et comment cela se passe avec la votre, M. Potter ? » demanda Ollivander en se mettant à la recherche de baguette convenable pour Neville.

« Elle marche parfaitement bien. » le rassura Harry, en regardant sa baguette avec adoration.

« Elle est conservée avec beaucoup de soins, je vois ! »

« J'essaie, Monsieur. » le marchand hocha la tête et reparut avec quelques baguettes pour Neville. Après quelques essais, ils furent récompensés par une pluie d'étincelles vertes et jaunes qui jaillit d'une baguette en bois de cerisier.

« Ah, ça y est ! » s'exclama le vendeur de baguettes. « 33cm, bois de cerisier avec un crin de licorne ! Légèrement souple et solide ! » Il secoua la tête joyeusement. « Une excellente baguette. » Neville sourit joyeusement et regarda sa baguette, les larmes aux yeux. Il n'arrêta pas de les remercier après que Severus ait payé pour sa baguette et pendant tout le chemin jusqu'au Chaudron Baveur, même quand Severus leur paya une Bièraubeurre avant de rentrer. Lorsqu'ils furent enfin revenus à Poudlard, Neville les quitta en leur promettant de ne parler de cette sortie à absolument personne. Après tout, lui rappela Harry, ils n'étaient pas supposés avoir quitté le château. Le garçon était presque parti, lorsqu'il se rappela qu'il n'avait pas encore donné son cadeau à Harry.

« C'est pas grand-chose, vraiment. » dit Neville. « Rien du tout par rapport à ce que tu m'as trouvé, mais… » Harry leva les yeux au ciel aux marmonnements de son ami en déballant le papier cadeau pou découvrir…

« Une montre de poche ? » demanda Harry avec des yeux pétillants. C'était bien une montre de poche, en argent avec des arabesques élégantes en bronze sur les deux côtés. « Comment est-ce que tu as su que j'aimais ça ? » demanda-t-il en prenant son ami dans ses bras.

« Tu en portes toujours une, alors j'ai pensé que… » balaya Neville d'un haussement d'épaules.

« Tu as bien deviné ! » lui assura le sorcier aux yeux vert. « Je l'adore Nev ! » Se souhaitant encore mutuellement un Joyeux Noël, Neville le laissa pour aller à la Volière, pour poster ses vœux de Noël pour sa famille pendant qu'Harry resta derrière pour passer encore un peu de temps avec Severus. Après le départ de Neville, Harry était empli de joie et Severus était ravi de voir le garçon s'ouvrir à un ami. Leur conversation retourna sur le sujet de leur deuxième entraînement Animagus et les possibilités les plus probables qu'ils pourraient choisir. La former était cruciale, ils étaient tous les deux d'accord sur ce fait.

Quelques heures plus tard, Harry quitta le bureau de Severus, sur la promesse de revenir le lendemain pour continuer de travailler sur son design de balai, et l'esprit empli d'images d'oiseux de chasse. Il grimpa jusqu'à la Tour Gryffondor, quelques minutes avant le couvre-feu, et se fit accueillir par Fred et Georges à l'entrée, leurs visages étaient rouges d'excitation, témoin de la bataille de boules de neige de laquelle ils venaient probablement de rentrer. Fred le défia à un jeu de Cartes Explosives et il accepta joyeusement, jusqu'à ce que la nuit tombe hors du château, rapidement joints par un Neville heureux qui les encourageait et explosait de rire dès que des cartes leur explosaient à la tête.

Les dix heures du soir étaient bien passées lorsque Percy rentra dans la Salle Commune, tout rouge et en colère. Harry réalisa rapidement ce qu'il manquait. Son frère était introuvable.

« Ça va Harry ? » demanda Neville du canapé d'où il était assis. « Tu as l'air pâle. »

« J'ai peut-être chopé un rhume, j'en ai peur. Mais dis-moi, est-ce que tu saurais où est mon frère ? »

« Avec le notre apparemment. » répondit Fred en regardant à travers la pièce. « Hermione n'est pas là non plus. Et après le couvre-feu ! » Fred avait sourire en coin et Harry soupira. Dès qu'il avait le dos tourné, ils disparaissaient. Ce ne fut qu'une heure plus tard que revinrent les deux garçons du Trio d'Or, déclarant qu'Hermione était malade et qu'ils l'avaient emmené à l'Infirmerie. Ils avaient l'air assez bouleversés et le lendemain matin Severus confirma vraiment que, si une fourrure noire, des oreilles pointues et une queue étaient les symptômes de la nouvelle grippe, alors oui, Hermione était malade.

« Donc tu penses qu'ils ont utilisé le Polynectar au final ? demanda Harry, en taillant précautionneusement les premières branches de frêle que Severus lui avaient ramené, assis en tailleur sur le tapis épais qui recouvrait le bureau du professeur de Potions, canalisant son énergie dans son design pour ne pas se défouler en lançant des sorts sur tout ce qui lui passait sous la main.

« Ils ont du. Mais la potion n'est pas censée être utilisée pour les transformations animales, ce qui est probablement ce qu'a fait Miss Granger. Mais je pense que c'était quand même un accident. » conclut Severus.

« Tu penses que ça a marché pour Ron et Adrian, alors ? » une part de lui était impressionnée. Le Polynectar était une des potions les plus difficiles à brasser et, en plus d'avoir volé les ingrédients, Adrian, Hermione et Ron avaient du pouvoir trouver la recette quelque part.

« Ça doit être ça. Aussi débiles qu'ils sont, même Crabbe et Goyle se souviendraient comment ils se sont retrouvés enfermés dans un placard à balai, sans leurs chaussures. Et comment ils ont pu parler à Malfoy pendant qu'ils étaient, à mon avis, inconscients dans ce placard. » Severus ricanait légèrement lui-même.

« J'ai bien l'impression que mon frère et compagnie, enquêtent également sur l'Héritier de Serpentard. » songea Harry, en attrapant un outil qui ressemblait à un petit scalpel, afin de finir les détails sur la poignée.

« Qu'est-ce que tu penses qu'ils aient découvert ? » demanda Harry.

« Probablement la même chose que moi. » Harry hocha la tête. Severus lui avait déjà mentionné, un jour après leur conversation sur le serpent qu'il entendait, que la Chambre avait déjà été ouverte une fois auparavant, 50 ans plus tôt, et qu'Hagrid avait été désigné coupable, puis avait été expulsé et sa baguette avait été brisée. Dumbledore n'avait jamais cru cette hypothèse bien sûr, alors il avait engagé Hagrid comme Garde-chasse de l'école. Et n'importe qui, ayant la chance de rencontrer Hagrid, pourrait témoigner que, mis à part son adoration pour les créatures dangereuses – qui était probablement ce qui l'avait mis dans le pétrin à la base – il avait le cœur sur la main.

Severus avait aussi découvert qu'il y avait eu une mort à cette époque, qui avait presque forcé l'école à fermer. L'identité de la fille en question était toujours incertaine – parce qu'il s'agissait d'une fille – puisque Minerva et Albus, les seuls qui avaient été présents à cette époque, s'était arrangés pour qu'aucun des deux n'en parler. Mais Hagrid avait été dénoncé par un Préfet appelé T.M. Riddle. Le Directeur semblait toujours perdre l'étincelle caractéristique de son regard, lorsqu'il parlait de cet incident.

« Et qui était ce Riddle ? » demanda Harry, en soulevant doucement le balai qu'il était en train de fabriquer pour pouvoir le peser.

« Tout ce que j'ai pu trouver sur lui c'est qu'il était le Préfet en Chef, il a reçu une récompense pour avoir attrapé Hagrid et une Médaille pour un Mérite Magique. » l'éclaira Severus. « Après ça, il semble avoir complètement disparu de la circulation. Albus sait quelque chose, comme d'habitude, mais il ne veut pas partager, comme d'habitude encore, si je peux ajouter. » Harry hocha la tête et regarda pensivement les brindilles sur le sol.

« Ça devait bien être un imbécile fini s'il a accusé Hagrid des attaques. » déclara Harry, faisant rire Severus, visiblement d'accord avec lui. « Bouleau ou chêne ? »

« Pardon ? » demanda Severus, perdu.

« Désolé, je voulais dire pour la queue du balai. » clarifia Harry.

« Oh. Aucune idée. Ça fait vraiment une différence ? »

« Et une grosse, crois-moi. » répondit Harry en pesant ses choix.

« Alors va avec ton instinct. »

« Ça sera bouleau dans ce cas. » décida Harry en ramassant quelques unes des brindilles devant lui.

« Tu fais pas mal de progrès avec ça. » observa le maître de Potions.

« En fait, la véritable conception, une fois qu'on en a fini avec les calculs, c'est la partie simple. C'est le travail de sorts après qui est compliqué. » Severus leva simplement les yeux au ciel. Bien sûr qu'Harry trouverait que fabriquer un balai était facile. Il avait élevé un génie.

C'était le 1er Février lorsque Hermione quitta l'infirmerie, Madame Pomfresh l'ayant relâchée un jour après qu'elle ait arrêté de cracher des boules de poils. L'école était aussi silencieuse que possible avec deux étudiants pétrifiés, les mandragores grandissaient parfaitement et ça faisait bien trop longtemps que Lockhart n'avait rien fait de stupide. Mais Harry ne se préoccupait pas trop de ça. C'était un livre qui avait capté son attention du moment. Ce fait, en soi, n'était pas tellement surprenant. C'était le type de livre qui était inhabituel.

Ce n'était pas quelque chose d'extravagant. Juste un simple journal, qui avait l'air trop vieux pour appartenir à son frère. Mais c'était bien Adrian qui l'emmenait partout avec lui ces derniers temps et semblait très concentré dessus. Et ce ne fut pas avant le 14 février, et le terrible fiasco qu'avait été l'extravaganza de Lockhart pour la St Valentin, qu'Harry ne commence à prêter attention à ce journal. Adrian avait reçu une musique de St Valentin – Harry se doutait que c'était l'idée des jumeaux Weasley – et le choc que ça lui causa finit, il ne savait trop comment, avec le sac de son frère tordu et de l'encre rouge recouvrant tout ses bouquins. Et même si Harry avait vu de ses yeux le journal se faire recouvrir avec les autres, il n'y avait pas la moindre petite tâche dessus lorsqu'Adrian le ramassa.

Mettant son plan de revanche contre Lockhart de côté, qui était de lui concocter une petite potion et la lui glisser à n'importe quelle occasion, Harry se mit à s'intéresser à ce journal. Mais son frère en fit de même et depuis cette soirée, il ne le quitta absolument jamais des yeux, venant toujours vérifier qu'il était encore là à chaque pause.

« C'est frustrant ! » s'écria Harry un soir, quelques jours avant les vacances de Pâques. Les jours étaient passés à toute vitesse et la seule chose vraiment intéressante qu'il ait faite pendant ce temps avait été de choisir sa seconde forme Animagus. C'était un Falco Peregrinus ou un Faucon Pèlerin. L'oiseau de proie le plus rapide du monde qui était quand même assez commun pour ne pas faire lever trop de sourcils s'il était vu. Severus avait approuvé son choix de tout son cœur et était déjà en train de chercher tous les documents qu'il pouvait trouver sur ce sujet.

« Tu ne penses pas que tu est en train de prêter beaucoup trop d'attention à ce journal ? » demanda Severus, en copiant quelques notes pour sa potion Tue-loup. Il s'en rapprochait de jour en jour, il avait presque perfectionné sa recette à l'exception de l'élément stabilisant qu'il n'avait toujours pas trouvé.

« Tout comme Adrian. »

« T'as déjà songé qu'il s'agissait peut-être de son journal ? » plaisanta le maître de potions. « Ce serait logique qu'il veuille que personne ne le lise. »

« Adrian n'est pas le genre à tenir un journal. » le contra Harry, ajoutant quelques runes sur le sceau qu'il travaillait en ce moment, absent.

« Tu ne sais jamais Harry. » Mais la théorie du garçon fut prouvée juste quand, un jour, en retournant de l'entraînement de Quidditch, Adrian avait retrouvé sa malle ouverte et le journal manquant. Le journal de Riddle, avait dit Ron, et Harry était sûr de l'avoir bien entendu.

« Je l'ai entendu haut et fort, je te le jure ! » s'exclama Harry.

« Je te crois, Harry. » répondit Severus, plongé dans ses pensées, pendant que le jeune sorcier faisait les cents pas dans son bureau.

« Tout ce temps, il était là, juste sous mon nez ! » s'écria le garçon. « Et maintenant quoi ? »

« Tu sais ce que ça veut dire, pas vrai ? » demanda Severus, solennellement, essayant de trouver la bonne manière de formuler sa réponse. « Quelqu'un ne voulait pas que quiconque découvre ce qui était écrit dans ce journal. »

« Et seuls les Gryffondors connaissent le mot de passe de la Salle Commune. »

« Exactement. » confirma le maître de Potions. Les choses étaient devenues d'un seul coup beaucoup plus compliquées.


Voilà, voilà, désolée pour ceux qui attendaient la scène du Club de Duel, elle est passée en vitesse. J'avoue que j'en suis aussi un peu déçue parce qu'on aurait pu en faire un truc bien marrant, mais bon, ce chapitre est déjà quand même bien long ^^

Allez, à la prochaine, et surtout, faites moi plaisir et reviewez Sioupliaît !