Chapitre 31

Le Ministère, la Chambre des Secrets et des Araignées pas si petites.


... Comment commencer autrement que par : "Je suis atrocement désolée !" Nan sérieux, j'ai vraiment mal géré ces deux dernières semaines et j'ai même pas vraiment d'excuses valables... C'est juste qu'avec la reprise des cours et de toutes les activités, il faut le temps que je me remette dans le bain et que je retrouve mon rythme. De toutes façon les vacances s'approchent et je vais essayer de prendre de l'avance à ce moment, mais si je vois que j'arrive vraiment pas à redevenir régulière, je passerais à un chapitre toutes les deux semaines... Mais pour l'instant c'est pas encore fait, je vais essayer de me reprendre !

Oh, et puis j'ai failli oublier (honte à moi) mais Merci énormément pour toutes vos reviews ces derniers temps, ça m'a fait bien plaisir et merci aussi à tous ceux qui s'abonnent à ma fic !

Bref, sans plus d'attente, voilà le nouveau chapitre !

Enjoy !


Disclaimer : J'ai franchement l'impression de me répéter... Pas à moi tout ça :)


« Tu sais ce que ça veut dire, pas vrai ? » demanda Severus, solennellement, essayant de trouver la bonne manière de formuler sa réponse. « Quelqu'un ne voulait pas que quiconque découvre ce qui était écrit dans ce journal. »

« Et seuls les Gryffondors connaissent le mot de passe de la Salle Commune. »

« Exactement. » confirma le maître de Potions. Les choses étaient devenues d'un seul coup beaucoup plus compliquées.

C'était juste avant le dernier match de Quidditch de l'année que les choses étaient passées de compliquées à presque désespérées. Harry avait été sur le point de partir sur le terrain, lorsque le Professeur McGonagall avait stoppé l'équipe à la sortie des vestiaires. Hermione ainsi qu'un préfet de Serdaigle avaient été pétrifiés, juste devant la Bibliothèque. Lily et James avaient fait de leur mieux pour calmer Adrian qui avait l'air prêt à exploser alors qu'Harry était bien plus intéressé par le fait qu'Hermione ait été trouvée avec un miroir à la main.

« Je suis un idiot. » déclara Severus lorsque Harry lui parla du miroir.

« J'en doute fortement. » le contredit le garçon.

« Non, c'est vrai. Une gamine de douze ans l'a compris avant moi. »

« A compris quoi ? »

« Ce qu'est ce serpent. » expliqua Severus en se frottant les yeux.

« Tu sais quel espèce c'est ? »

« C'est un Basilic, Harry. Un putain de Basilic ! » s'exclama Severus. La réaction que cela causa chez Harry fut exactement celle à laquelle il s'attendait : le garçon pâlit dangereusement et glissa peu à peu de sa chaise.

« Mais les Basilics ne pétrifient pas, ils… Bien sûr. » s'arrêta Harry en repensant à toutes les scènes d'attaques. La flaque d'eau sur le sol, l'appareil photo de Colin, le miroir d'Hermione et même Nick-Quasi-Sans-Tête. « Personne n'a regardé droit dans les yeux du Basilic, non ? Enfin, si, Nick l'a fait, mais bon, lui il est déjà mort. »

« Exactement ce que je pensais. Et puis les poulets égorgés… Comment j'ai pu louper un truc pareil ? » se demanda la maître de Potions, clairement en colère contre lui-même.

« Parce quand on entend un quelque chose galoper on pense à un cheval, pas à un Sombral. » répondit Harry, fatigué. « On savait qu'un serpent pétrifiait des élèves alors on a cherché un serpent qui pouvait pétrifier des élèves, pas un qui était capable de le faire, mais que ce soit assez improbable. Et je croyais que les Basilics étaient éteints. »

« Ils sont censés avoir disparus. » acquiesça Severus.

« Rappelle-moi de partager cette information aux victimes pétrifiées lorsqu'elles se réveilleront. » Cela fit doucement ricaner Severus.

« Je n'y manquerais pas. » Le maître de Potions s'assit sur un coin de son bureau et regarda Harry, sceptique. « Une chose que je ne comprends pas. »

« Quoi ? »

« Les Basilics sont énormes. Comment il pourrait se faufiler dans le château sans être vu ? » questionna Severus. « Quelqu'un l'aurait bien vu. »

« Je n'en sais rien. » répondit Harry qui replongea dans ses pensées. Il se repassa dans sa tête encore les incidents où il avait entendu la voix. « Bon, j'ai bien entendu la voix venir des murs. C'est pour ça que je pensais qu'il s'agissait d'un fantôme au début. » L'œil gauche de Severus tiqua. « Quoi ? »

« Je ne prendrais plus jamais une douche dans ce château. » déclara le maître de Potions d'un ton ferme, prévoyant déjà de faire un aller-retour à Silbreith au moins une fois par jour.

« Pourquoi ? » demanda Harry avant que le sous-entendu de Severus ne le frappe. « Les tuyaux ? Tu penses que le Basilic se déplace dans les tuyaux ? » Le garçon frissonna à cette pensée. D'un seul coup, les douches chaudes qu'il avait appréciées pendant tout l'hiver le faisaient frémir de dégoût.

« Tu vois une autre solution ? » demanda Severus, essayant d'oublier qu'il s'était douché à peine quelques heures plus tôt. Découvrir ce qu'était le serpent ne fit rien pour arranger la situation. Quelques semaines après qu'Hermione ait été pétrifiée, les choses étaient plus sombres que jamais. La seule personne encore un minimum joyeuse était Lockhart qui été convaincu – et essayait d'en convaincre tout le monde également – qu'il était la raison pour laquelle les attaques avaient cessées. Sinon, Harry avait remarqué que Ron et son frère jetait parfois des regards confus en direction d'Hagrid, confirmant les soupçons d'Harry, à présent certain que le journal contenait des informations qui désignait Hagrid comme celui qui avait relâché le monstre de Serpentard plusieurs années auparavant.

Une idée stupide, selon Harry et son frère avait l'air de partager son opinion. Il avait seulement l'air hésitant à demander sa version à Hagrid mais il n'avait vraiment pas l'air de le considérer comme une réelle menace. Harry sentait que c'était mieux comme ça. Le moins son frère en savait sur l'histoire, le plus loin il resterait du danger.

Mais là-dessus, Adrian avait une opinion complètement différente. Ce ne fut que quelques nuits plus tard après avoir pensé cela qu'Harry se retrouva à suivre son jumeau et Ron qui allaient payer une petite visite à Hagrid. Enfin, pour être exact, il suivait leur direction en volant dans le ciel noir sur son Nimbus puisqu'ils marchaient sous la Cape d'Invisibilité. Il n'avait pas eu le temps de jeter un sort de traçage sur son frère – et même s'il l'avait fait, il y avait de grandes chances que son frère soit désormais assez entraîné pour le sentir – mais il avait entendu les garçons dire où ils allaient.

Donc il regarda du haut Hagrid leur ouvrir la porte pour les saluer et les garçons rentrer une minute après. Même son ouïe n'était pas assez fine pour pouvoir entendre ce qu'ils racontaient à l'intérieur mais il n'osait pas plus s'approcher. Et ce fut un choix judicieux, puisque la lumière d'une lampe attira son attention quelques instants plus tard. Quelqu'un venait du château et se dirigeait vers la cabane d'Hagrid.

Harry se coucha sur son balai et se fit le plus petit possible, puis alla se cacher derrière la cabane, parallèle au toit, n'osant même pas effleurer les brindilles qui le constituaient. Il osa par contre jeter un petit coup d'œil par la gauche pour identifier les deux formes qui s'approchaient. Il ne pouvait pas s'empêcher de donner satisfaction à sa curiosité, et il comprit rapidement que les cheveux argentés ainsi que la très longue barbe qu'il apercevait ne pouvait appartenir qu'au Directeur. Ou à Merlin, pensa Harry, mais la probabilité était minime, c'était le moins qu'on puisse dire.

Donc, s'il s'agissait réellement du Directeur, qui était l'homme qui l'accompagnait ? Il était beaucoup plus petit et rondouillard que Dumbledore, habillé de robes bien trop chargées, d'une couleur moutarde immonde, surmonté d'un chapeau melon. Le rythme cardiaque d'Harry s'accéléra. Que faisait Cornelius Fudge, Ministre de la Magie et abruti fini, à Poudlard ? Il se colla un peu plus au toit pendant que Dumbledore s'approchait et toquait à la porte. Il put entendre un son étouffé à l'intérieur de la cabane, indiquant que Ron et Adrian essayaient de se cacher, avant qu'Hagrid n'ouvre la porte. Pile au moment où Harry se demandait s'il ne devrait pas s'approcher de la fenêtre pour pouvoir entendre ce qu'ils racontaient, une troisième silhouette, un homme avec une longue cape de voyage et des cheveux blonds argentés s'avançait également vers la maison.

Lucius Malfoy ? Les poils sur la nuque d'Harry se dressèrent et son frisson n'eut rien à voir avec une brise un peu fraîche. L'apparition de Lucius Malfoy ne présageait jamais de bonnes nouvelles et le dérapage de M. Weasley en était bien témoin. Cependant il fit au moins une chose de bien, en laissant la porte ouverte. Et une fois qu'Harry put entendre ce qu'ils disaient, il souhaita ne pas l'avoir fait. Hagrid se faisait arrêter et Dumbledore se faisait chasser de l'école. On est foutus, pensa-t-il avec un pessimisme total.

« Oh non, vois-tu Lucius… » résonna la voix tremblante de Fudge. Le Ministre avait au moins réalisé qu'il serait bien incapable de s'occuper de ce qui se passait en ce moment sans Dumbledore dans l'école. « Dumbledore suspendu ? – non, non – C'est la dernière chose qu'on veut en ce moment… » Mais il était toujours ignorant des intentions de Malfoy, semblait-il. Enfin, un homme sur les deux était déjà suffisant pour lui. Mais il ne fallut pas longtemps pour qu'il soit convaincu, puisque Malfoy serpenta gracieusement autour des objections du Ministre. Comment cet homme avait pu être élu allait bien au-delà de la compréhension d'Harry. Apparemment, la confirmation de Lucius qu'il avait bien eu le vote des douze gouverneurs pour suspendre Dumbledore fut suffisante.

« Et vous avez du en menacer et en faire chanter combien avant qu'ils ne soient d'accord, Malfoy, hein ? » beugla Hagrid, Harry – même s'il grimaça sous la puissance vocale – l'applaudit mentalement.

« Mon cher, vous savez, votre petit caractère vous causera des ennuis un de ces jours, Hagrid, » renifla M. Malfoy sarcastiquement. « Je vous conseillerais bien de ne pas crier sur les gardes d'Azkaban ainsi. Ils n'aimeront pas du tout ça. » Harry était sur le point de lancer un bon maléfice sur l'homme. Il y avait peu de choses à faire à part crier quand les Détraqueurs étaient impliqués et toutes les personnes présentes auraient pu vous le confirmer.

« Vous pouvez pas prendre Dumbledore ! » hurla Hagrid. Un petit hurlement vint de Crockdur, mais Malfoy ne devait pas avoir bougé. « Enlevez le, et les Nés-Moldus n'auront aucune chance ! Il y aura des meurtres la prochaine fois ! »

« Calmez-vous Hagrid. » le coupa Dumbledore d'un ton ferme, avant de s'adresser à Lucius Malfoy. « Si les gouverneurs veulent ma suspension, Lucius, je me dois, bien sûr, de me retirer… »

« Mais… » balbutia Fudge, incompétent lorsqu'il s'agissait d'autre chose que de se pavaner et d'exhiber son titre. Typique, pensa Harry. L'homme avait un jour voulu condamner Severus sans un procès et il n'avait même pas le courage d'agir en face d'un vrai Mangemort.

« Non ! » grogna Hagrid. Harry était sur le point de faire connaître son opinion si les choses continuaient comme ça. Severus aussi serait absolument ravi de cette situation, pensa-t-il sarcastiquement.

« Cependant, » continua Dumbledore, parlant lentement et très clairement pour qu'aucun d'entre eux ne puisse en louper un seul mot, « vous découvrirez que je ne quitterais vraiment cette école lorsque plus personne ne me sera loyal. Vous verrez aussi que de l'aide sera toujours donné à Poudlard, pour ceux qui en demandent. » De quoi il parle ? se demanda Harry. Est-ce que Dumbledore pouvait réellement savoir que Ron et Adrian était dans la pièce avec lui ? Etait-il sur le point de se faire découvrir aussi ? Puis il jeta un coup d'œil à la bague, toujours sur son pouce. Avoir la capacité de pouvoir cacher sa trace magique ne lui avait jamais fait autant de bien.

« Des sentiments admirables. » sonna la voix de Malfoy, aussi douce que de la soie, encore une fois. « Nous allons tous regretter votre, hum, façon très personnelle de diriger les choses Albus, et j'espère que votre successeur arrivera à empêcher les, hum, meurtres » Puis il quitta la cabane, en s'inclinant et Albus sortit également. Hagrid ainsi que Fudge étaient encore à l'intérieur et Harry put très clairement entendre le demi-géant déclarer :

« Si quiconque voudrait découvrir des choses, tout ce qu'ils auraient à faire serait de suivre les araignées. Ca les mènera au bon endroit ! C'est tout ce que j'avais à dire. » Suivre les araignées ? C'était quoi comme conseil ça ? Même s'il était vrai que les araignées craignaient le basilic en général, Hagrid ne pouvait pas savoir ce qu'était le monstre. Et comment les araignées pourraient aider de toute façon ?

Ne perdant pas son temps à réfléchir là-dessus, Harry redécolla et fit le tour de l'école pour éviter d'être vu avant d'entrer avec précautions dans le grand Hall. Au lieu de monter par les Grands Escaliers, il fit un détour par le bureau de Severus. Il avait parfaitement prédit la réaction du maître de Potions cette fois. Severus était furieux, et sa main s'agrippait à sa baguette inconsciemment. Quelque chose dit à Harry que, une fois qu'il aurait quitté son bureau, Severus allait sortit son épée et commencerait à exploser des trucs dans la pièce. Et en vérité, c'est exactement ce qu'il fit.

Les jours qui suivirent furent sombres, comme prévu. Draco se pavanait dans l'école et alla même jusqu'à proclamer qu'il demanderait à son père de soutenir Severus pour qu'il prenne la position de Directeur, puisque le Professeur McGonagall – qui était la Directrice Adjointe – n'allait pas durer bien longtemps. Severus accepta son commentaire avec un sourire un coin légèrement pincé qui, pour ceux qui le connaissaient bien, – c'est-à-dire seulement Harry – pouvait facilement être traduit par 'Je t'enverrai bien un chaudron dans la tronche mais ça mettrait ma couverture en péril et me coûterait probablement mon travail'.

Neville échangea un regard exaspéré avec Harry par-dessus sa potion presque terminée. Il faisait énormément de progrès sur les Potions depuis qu'Harry l'aidait et surtout depuis que sa peur du professeur Snape avait presque intégralement disparue. Le maître de Potions avait été moins sur le dos du garçon et en retour, il avait moins peur que le Gryffondor ne fasse exploser son chaudron ce qui voulait dire qu'il n'avait plus à autant lui tourner autour pendant les cours. Neville, montrant son intuition et son intelligence, ce qu'Harry remarquait de plus en plus souvent, avait parfaitement compris pourquoi Severus avait tellement été sur son dos par le passé.

Puis il avait vraiment surpris Harry en ne rajoutant aucun commentaire et en avalant la pilule tout de suite, ajustant tout simplement son point de vue et ne s'attachant pas à ses préjugés. Le sorcier aux yeux vert se retrouva bizarrement très fier de son ami, tout comme il avait été une fois avec son frère lorsque ce dernier avait commencé à maîtriser son sort basique de Défense. Cela remontait déjà à plusieurs années et Harry ne s'était jamais attendu à ressentir cet esprit d'équipe encore une fois. Les amis sont la famille que tu choisis, résonna une petite voix, qui ressemblait drôlement à celle de Nicholas, dans sa tête et le garçon sourit et ajusta lui aussi son point de vue. Peut-être qu'il y avait un fond de vérité dans ce proverbe.

Lockhart était la seconde exception à la règle et était plus agaçant que jamais, en disant à qui voulait bien l'écouter qu'il avait prédit depuis le début qu'Hagrid était le coupable et disait du mal sur lui à la moindre occasion. Incapable de se retenir, Harry lui glissa la petite potion que Severus et lui avait crée quelques mois auparavant, spécialement pour ce genre d'occasion. Et il fut de l'avis général que Lockhart avait l'air tout particulièrement renversant ce jour, quand, pendant qu'il mangeait son dîner dans la Grande Salle, il avait pris une gorgée de sa boisson et finit avec les cheveux vert citron et un problème d'acné plus que visible. Severus vola un regard à Harry, lui fit un petit signe d'assentiment et essaya de noyer son rire dans son verre d'eau. La Grande Salle dans son entièreté explosa de rire, même le personnel fut incapable de retenir leur hilarité. Flitwick faillit tomber de sa chaise en essayant d'arrêter son fou rire en regardant tout sauf Lockhart et le professeur McGonagall gloussait ouvertement.

« Tu l'as fait. » s'exclama Adrian, ses yeux plein d'admiration en regardant son frère, son exemple rapidement suivi par le reste de la table Gryffondor, qui regardait Harry comme s'ils ne l'avaient jamais vu avant. « Tu l'as vraiment fait ! »

« J'ai dit que je le ferai. » répondit calmement Harry, en prenant lui-même un gorgée de son jus de citrouille.

« Génial ! » s'écria Ron, incapable de détacher son regard de Lockhart, qui venait tout juste de réaliser ce qu'il s'était passé et avait poussé un cri – plutôt aigu d'ailleurs – terrifié.

« Une vraie surprise, en effet. » murmura Fred.

« Nous vous tirons nos chapeaux, Monsieur. » ajouta Georges pendant que Lockhart sprintait vers la porte entre les rires bruyants. Neville qui avait été le seul informé au préalable pour qu'il sache où regarder, en était tombé par terre, tenant ses côtes à cause de son fou rire. Harry aurait du se douter que la journée ne continuerait pas sur une note aussi joyeuse.

Pendant qu'ils étaient en cours de Botanique - et après qu'Ernie McMillian, un des Poufsouffle les plus convaincus que Adrian était l'Héritier de Serpentard, se soit répandu en excuses pour son comportement de ces derniers mois - Adrian et Ron repérèrent enfin une ligne d'araignées, se dirigeant à toute allure vers la Forêt Interdite. Adrian les montra à un Ron devenu livide et ils commencèrent à chuchoter en disant qu'ils devaient absolument les suivre, s'attirant un regard étrange d'Ernie et Harry, lui, faillit couper la Figue Abyssinienne qu'il tenait en deux, qui ne fut sauvée que par l'intervention agile de Neville. Il pouvait jurer que son œil droit tiquait encore lorsqu'ils les suivirent jusqu'à l'école. Maintenant il devait en plus faire attention à ce qu'ils n'aillent pas se payer une petite balade dans la forêt. Magnifique.

« C'est quoi le problème Harry ? » demanda Neville, au dîner, son ami étant devenu de plus en plus perdu dans ses pensées au fil de la journée.

« J'ai le pressentiment que mon frère va encore se fourrer dans quelque chose d'incroyablement stupide, Nev. » lui répondit Harry en chuchotant, s'attirant un regard sceptique de la part de son ami.

« Ce serait pas quelque chose de constant ? » demanda le garçon, faisant sourire légèrement son ami aux yeux verts.

« T'as bien deviné. » admit Harry, tout en pensant qu'il allait devoir mettre Severus au courant le plus vite qu'il était humainement possible.

« Ils veulent faire quoi ? » demanda Severus avec un air ahuri, lorsqu'Harry lui rapporta la conversation qu'il avait surpris.

« J'aimerais mieux ne pas avoir à le répéter. J'ai toujours l'espoir qu'ils me jouent un tour ou quelque chose de ce genre. »

« On devrait les dénoncer. » réfléchit Severus à voix haute avant de se corriger. « Mais qu'est-ce qu'on dirait ? 'Professeur McGonagall, deux de vos étudiants vont aller faire une petite balade dans Forêt Interdite un de ces jours mais on ne peut pas vous dire pourquoi ou comment nous le savons'. »

« Je ne pense pas que ça puisse bien tourner. » admit Harry. « Bon, je peux toujours les surveiller et t'appeler lorsqu'ils essaieront de partir… »

« J'ai mes patrouilles avec Flitwick tous les soirs jusqu'à 4h du matin. » lui rappela le maître de Potions d'une voix fatiguée. « Minerva pense que même les professeurs ne sont pas en sécurité à patrouiller l'école seuls pendant que Dumbledore est absent. » Harry soupira fortement.

« Alors qu'est-ce qu'on fait ? On les laisse gambader dans une forêt remplie de Merlin sait quelles créatures pendant qu'on reste assis sans rien faire ? » fulmina le garçon, frustré. « Non ! Je les suivrais sur mon balai lorsqu'ils partiront. » Severus pâlit légèrement. Il avait pourtant senti qu'un coup comme ça allait arriver.

« Harry, la Forêt Interdite est… »

« Dangereuse ? » le coupa le garçon. « Bien sûr qu'elle l'est ! C'est pour ça que ne vais pas laisser Adrian et Ron y aller tous seuls. La baguette de Ron ne fonctionne même pas, pour l'amour du ciel ! »

« Ecoute, Harry… »

« Je serai sur mon balai tout le temps et j'aurai ma baguette. Je me suis entraîné pour ce genre de situation, Sev et si les choses tournent au vinaigre, je me transformerai simplement en loup et je m'enfuirais. » Ce n'était pas que le plan d'Harry ait l'air insensé, pensa Severus. Et ce serait très hypocrite de l'avoir fait s'entraîner pendant toutes ses années puis l'empêcher de faire ce pourquoi il s'entraînait lorsque le besoin apparaissait. Mais quand même, le professeur de Potions savait qu'il se serait proche de la crise de panique sachant que son fils était là-bas sans lui.

« Je n'aime pas ça. » déclara-t-il finalement.

« Moi non plus. » le rassura Harry. « Mais je ne vois aucun autre moyen. »

« Et peut-être qu'ils finiront par ne pas le faire non plus. » se résonna Severus, essayant de calmer ses pauvres nerfs. Harry hocha la tête même s'il pensait que c'était très peu probable. C'était aussi ce que pensait le maître de Potions.

« Merci, Papa. » dit Harry simplement, serrant Severus dans ses bras, avant de faire demi-tour et de repartir vers la Tour Gryffondor, avant le couvre-feu. Comme ils s'y attendaient, non seulement Adrian et Ron mirent leur plan en marche, mais en plus, ils le firent la nuit-même. A peine deux heures après avoir prévu de suivre son frère, si le besoin se présentait, il se retrouvait en train de faire exactement ça, suivant les deux garçons de haut, qui couraient vers la cabane d'Hagrid. Ils avaient la Cape sur eux mais Harry supposa qu'ils ne voudraient pas la garder dans la Forêt et que le meilleur endroit pour la laisser était la cabane d'Hagrid. Et il avait bien deviné, puisque quelques minutes plus tard, la porte de la maison du Garde-Chasse s'ouvrait toute seule et seulement après un ou deux instants, les deux garçons ainsi que Crockdur, le chien de chasse d'Hagrid, quittèrent la sureté de la maison et se dirigèrent vers la forêt. Harry toucha sa baguette, s'assurant qu'elle se trouvait toujours bien dans son holster avant de les suivre à la trace.

Pile au moment où il se demandait comment, par Merlin, il allait pouvoir faire pour les suivre par-dessus la forêt, son frère jeta un Lumos avec sa baguette, éclairant efficacement leur chemin à tout les deux, sans le savoir. La première heure et demie passa assez calmement au vu de la situation et le fait que, à la terreur d'Harry, les garçons et le chien avaient dévié du sentier de forêt qu'ils suivaient avant ça. Un glapissement étranglé de Ron faillit le faire plonger mais ce n'était qu'une fausse alarme. Ils avaient apparemment retrouvé la Ford Anglia de M. Weasley qu'ils avaient fait se crasher dans le Saule Cogneur à la rentrée. Jusque là, tout allait bien, pensa Harry. Mais encore une fois, ça n'allait pas durer. Le jeune sorcier les entendit avant de les voir. De grandes araignées noires encerclaient les deux sorciers autour de lui et, avant même qu'il ait pu esquisser un geste, ils avaient attrapé Adrian, Ron et Crockdur et les emmenait plus profond dans la forêt.

Le cœur d'Harry battait à mille à l'heure pendant qu'il suivait les araignées vers dans la forêt, le bruit reconnaissable que faisaient leurs pinces rendant cette partie de sa tâche plus simple. Il n'aurait eu aucun problème à jeter un sort mais il avait peur de toucher son frère ou encore Ron. Cela dit, il commençait vraiment à perdre patience, lorsque les araignées s'arrêtèrent devant une sorte de petite construction qui ressemblait à un petit dôme blanc, d'un argenté lumineux au clair de lune, juchée dans une petite clairière de la forêt. Les araignées laissèrent les deux garçons, miraculeusement sains er saufs, si ce n'est un petit peu secoués, sur le sol de la forêt. Et juste quand Harry songeait au meilleur moyen de les sortir de ce pétrin, les araignées se mirent à parler, répétant un seul mot, encore et encore.

« Aragog ! Aragog ! » Des araignées qui parlent ? Harry ferma les yeux. Que faisaient des Acromantulas en Angleterre ? La même chose qu'un Basilic, lui répondit une petite voix dans sa tête. Et, à ce moment, Aragog, une araignée de la taille d'un petit éléphant, fit son apparence à travers les toiles qui constituaient le dôme. Il ordonna qu'Adrian et Ron soient mangés pour l'avoir réveillé mais le jumeau Potter aux yeux noisette s'exclama qu'ils étaient des amis d'Hagrid, ce qui fit réagir l'Acromantula, qui rétracta son ordre.

Et donc, Harry resta assis sur son balai, écoutant Aragog raconter comment la Chambre des Secrets avait été ouvert dans le passé et comment, même si Hagrid l'avait en effet caché dans le château, ce n'était pas lui le monstre de Serpentard. Assez logiquement, il refusa de leur donner le nom du vrai monstre puisque les Acromantulas avaient décidé depuis longtemps de ne jamais prononcer le nom de Basilic encore une fois. Par contre, ce qui était nouveau pour lui, fut une seule petite information. La fille qui était morte pendant la première ouverture de la Chambre avait été tuée dans une salle de bain. L'esprit d'Harry fit très rapidement la connexion. En supposant que la fille n'avait jamais quitté Poudlard – vu les circonstances de sa mort – il n'y avait qu'un seul fantôme qui correspondait à cet indice. Harry avait entendu des histoires sur Mimi Geignarde et son frère l'avait même mentionnée de temps en temps, en y repensant, ce qui fit réaliser Harry qu'elle se trouvait probablement dans les toilettes où le Trio avait brassé leur Polynectar. Peut-être que maintenant il détenait enfin une piste.

Cependant, toute pensée de la Chambre fut soudainement repoussée de son esprit puisqu'Aragog donna un nouvel ordre lorsque Ron et Adrian essayèrent de s'enfuir. Apparemment, sa décision de retenir ses enfants de dévorer Hagrid ne s'étendait pas à ses amis.

« Je ne peux décemment pas leur refuser de la viande fraîche lorsqu'elle arrive si volontairement à notre nid. » furent ses mots exacts. Harry resserra sa prise sur sa baguette tandis qu'Adrian se retourna pour faire face au mur d'araignées géantes qui s'était rassemblé derrière lui. « Adieu, ami d'Hagrid. » Contre toute attente, un rayon lumineux puissant éclaira la clairière, il s'agissait de la voiture de M. Weasley qui apparut et ses portes s'ouvrirent d'un coup. Adrian, Ron et Crockdur se jetèrent à l'intérieur et la voiture s'éloigna toute seule. Harry plongea et les suivit en zigzaguant à travers les arbres. Les araignées avaient par contre l'air de les rattraper, alors le sorcier aux yeux verts sortit sa baguette et lança les maléfices et les sorts les plus puissants qui lui venaient à l'esprit. Hagrid trouverait, à son retour, la population d'Acromantula de la forêt quelque peu diminuée mais Harry ne pouvait pas plus s'en ficher sur le moment.

Le convoi improbable continua d'avancer ainsi pendant de longues minutes. La voiture rebondissait sur les araignées qui se trouvaient sur son passage et Harry réduisait cela qui essayait de les rattraper par derrière en pièces. Les Acromantulas étaient intriguées de la provenance des sorts mais elles n'avaient pas le temps de réfléchir à cela : dès qu'elles s'arrêtaient, elles étaient touchées. Enfin, la voiture sortit de la Forêt et balança ses passagers par terre, avant de faire demi-tour et de disparaître – dans un état encore pire qu'avant – entre les arbres épais. Les deux garçons sonnés se regardèrent un moment avant de suivre un Crockdur tremblotant dans la cabane d'Hagrid.

Pendant ce temps, Harry se trouvait sur son balai, juste au-dessus de la bordure d'arbres, haletant comme s'il venait de courir un marathon, ses mains tremblantes à cause de la poussée d'adrénaline. N'y pensant pas trop, il vola directement vers l'école, en entrant par la Tour d'Astronomie qui était bien plus proche de la Tour Gryffondor que le Grand Hall. La Grosse Dame le regarda d'un air mécontent lorsqu'Harry lui dit le mot de passe mais il lui accorda à peine un regard. Il savait qu'elle était liée à un contrat magique et qu'elle ne pourrait donc pas rapporter ses faits et gestes, ou sinon, les jumeaux Weasley – et les Maraudeurs avant eux – auraient eu de très gros problèmes depuis longtemps.

Harry rangea silencieusement son balai sous son lit et se mit rapidement en pyjama. Il était encore essoufflé lorsqu'il grimpa dans son lit et était dans un état le plus éloigné du sommeil lorsque son frère et Ron arrivèrent dans le dortoir. Cela ne prit à son frère qu'une heure et demie pour arriver à la même conclusion que lui sur Mimi Geignarde et, pendant la conversation de trois heures qui suivit, son intuition qu'ils avaient préparé le Polynectar dans ses toilettes avait été confirmée.

Ce ne fut que quelques heures avant l'aube qu'Harry réussit enfin à s'endormir. Il passa l'intégralité de son petit-déjeuner à jeter des regards à son frère qui, trop absorbé par sa conversation avec Ron, ne se rendit compte de rien. Durant la leçon de Métamorphose du jour, le Professeur McGonagall les informa que les examens commenceraient la semaine suivante. Ce fut la première fois qu'Harry ne songea même pas à réviser pour ses examens. Il devait absolument raconter à Severus ce qu'il s'était passé. Mais ce ne fut pas comme si il put l'approcher ce jour-là. Tout d'abord il y eut l'annonce comme quoi les jeunes Mandragores étaient prêtes et que ceux qui avaient été pétrifiés seraient éveillés le lendemain. Ensuite, il y eut Ginny. Harry avait remarqué qu'elle devenait de plus en plus pâle au fil de l'année, mais à chaque fois qu'il pensait à lui demander, son frère arrivait à se mettre dans des situations impossibles et le distrayait. Mais elle avait enfin l'air prêt à en parler.

Elle s'était assise à côté de Ron et semblait essayer de trouver les mots exacts pour exprimer ce qu'elle voulait dire. Trois paires d'yeux la regardèrent, dans l'attente.

« Quoi ? » demanda Ron à sa sœur, d'un ton impatient, devenant visiblement frustré qu'elle ne parle pas. Remarquant son visage pâle et les cercles sombres sous ses yeux, le regard d'Harry s'adoucit et il essaya de la rassurer.

« Allez Ginny. Ron est ton frère et tu nous connais, Adrian et moi, depuis qu'on est petits. Tu peux nous parler. » Les yeux de Ginny semblèrent s'éclairer un peu et elle hocha la tête, ouvrant la bouche pour parler. Percy se sentit dans l'obligation d'intervenir pile à ce moment, bien sûr, faisant fuir Ginny et les informant rapidement que ce qu'elle avait à leur dire n'avait rien à voir avec la Chambre des Secrets. Harry, qui avait vu la peur dans ses yeux, doutait vraiment de ce qu'il disait, mais n'avait pas d'autre choix que d'attendre la prochaine fois qu'il verrait Ginny pour lui demander lui-même.

Cependant, son attention fut rapidement demandée ailleurs par son frère et Ron qui, piégeant facilement Lockhart qui les laissa filer sans trop de questions, essayèrent de se faufiler jusqu'aux toilettes de Mimi Geignarde. Harry, se disant qu'il ne manquerait à personne en Histoire de la Magie, attendit qu'ils soient hors de son champ de vision avant de commencer à les suivre. Il vit également comment ils piégèrent le Professeur McGonagall en lui faisant croire qu'ils n'étaient là que pour aller visiter Hermione – belle improvisation là, frérot, commenta-t-il mentalement – et il se cacha derrière une tapisserie tandis que la professeur de Métamorphose lui passa juste à côté en se mouchant.

Il suivit les deux autres garçons jusqu'à l'Infirmerie – ils étaient obligés de s'y arrêter maintenant – et il attendit patiemment derrière une statue pendant qu'ils étaient à l'intérieur. Ils sortirent de l'aile de soins incroyablement excités pour des gens qui venaient de parler avec une victime pétrifiée et Harry découvrit rapidement pourquoi. Hermione avait découvert ce qu'était le monstre et avait apparemment caché ses notes – ou une page de son bouquin, Harry pouvait difficilement faire la différence vu la distance qu'il mettait entre eux pour les filer tranquillement – sur sa personne. C'était une preuve de sa malchance, pensa-t-il, qu'Adrian découvre également ça aujourd'hui.

Il se sentit plus calme pendant un moment puisque les deux garçons semblaient décidés de montrer l'information au Professeur McGonagall. Sa paix mentale vola en éclat lorsque la voix du professeur de Métamorphose résonna magiquement à travers toute l'école, demandant aux étudiants de retourner dans leurs Salles Communes et aux professeurs de se retrouver dans la salle du personnel. A sa grande crainte, Adrian et Ron étaient déjà entrés dans la salle du personnel et s'étaient apparemment cachés dans une armoire à cape dans le coin gauche de la pièce. Harry réussit à peine à fermer la porte d'un petit placard de fournitures, vers l'entrée de la pièce derrière, lui, lorsque les professeurs commencèrent à arriver. N'arrivant pas totalement à croire qu'il se retrouvait dans une situation pareille encore une fois, il ne bougea pas et écouta la discussion en jetant un petit coup d'œil par l'interstice entre les deux portes du placard. Certains avaient l'air choqués et effrayés et d'autres étaient perdus, seul le visage de Severus était un masque parfaitement immobile. Et ils attendaient tous le professeur McGonagall.

« C'est arrivé, » annonça-t-elle en arrivant dans la pièce. « Une étudiante a été capturée par le monstre. Droit dans la Chambre-même. » Le professeur Flitwick laissa échapper un petit glapissement, tombant en arrière de sa chaise. Le professeur Chourave plaqua ses deux mains sur sa bouche. Severus, perdant son visage de glace pendant une seconde seulement, agrippa fortement l'arrière d'une chaise et demanda :

« Comment peux-tu en être sûre ? »

« L'Héritier de Serpentard, » répondit le professeur McGonagall, qui était très blanche et tremblante, « a laissé un autre message. Juste en dessous du premier. 'Son squelette reposera dans la Chambre à jamais' » Le professeur Flitwick fondit en larmes, les sanglots agitant tout son corps.

« Qui est-ce ? » demanda Mme. Bibine, qui s'était écroulée sur une chaise. « Quelle étudiante ? »

« Ginny Weasley. » répondit le professeur McGonagall. Harry n'osait même pas s'imaginer ce que devait ressentir Ron à ce moment précis. « Nous allons devoir renvoyer tous les élèves chez eux demain, » ajouta la Directrice Adjointe. « C'est la fin de Poudlard. Dumbledore a toujours dit… » La porte s'ouvrit d'un seul coup. Pendant une folle seconde, Harry fut persuadé qu'il s'agissait de Dumbledore. Mais c'était Lockhart, et il était rayonnant. Harry n'avait jamais autant voulu lui balancer un sort.

« Vraiment désolé, - je me suis assoupi – qu'est-ce que j'ai manqué ? » Il n'eut pas l'air de remarquer que tous ses collègues le regardaient avec ce qui ressemblait remarquablement à de la haine. Severus s'avança et Harry reconnut son regard, il arborait le même à chaque fois qu'il s'entraînait à l'épée.

« L'homme de la situation, » déclara-t-il, d'un ton polaire. « Juste à point. Une petite fille a été capturée par le monstre, Lockhart. Emmenée dans la Chambre des Secrets elle-même. Votre moment est enfin arrivé. » Lockhart pâlit, et recula d'un pas comme s'il venait d'être touché par un sort invisible.

« C'est vrai, Gilderoy, » intervint le Professeur de Botanique, l'air plus énervée que ce qu'Harry aurait pu imaginer d'une femme si calme. « Ne disiez-vous pas, juste hier soir, que vous saviez depuis le début où se trouvait l'entrée de la Chambre des Secrets ? »

« Je… et bien… je… » balbutia Lockhart.

« Oui, vous ne m'avez pas dit que vous sachiez exactement ce qu'il y avait dedans ? » rajouta le professeur de Sortilèges.

« C'e… C'est vrai ? Ca ne me dit rien… »

« Je me rappelle très certainement vous avoir entendu dire que vous trouviez tellement dommage de ne pas avoir pu vous battre avec le monstre avant l'arrestation d'Hagrid. » l'acheva Severus et Harry l'applaudit mentalement. « Vous n'aviez pas dit que toute l'affaire avait été mal menée et qu'on aurait dû vous confier les rênes dès le début ? » Lockhart balaya du regard ses collègues aux visages fermés.

« Je… Je n'ai jamais… vous avez peut-être mal compris… »

« Alors, on vous laisse les rênes Gilderoy, » termina le professeur McGonagall. « Ce soir serait une excellente occasion de s'y mettre. Nous nous assurerons qu'il n'y aura personne sur votre chemin. Vous pourrez combattre le monstre par vous-même. Enfin les rênes entièrement à vous. » Lockhart regarda désespérément autour de lui, mais personne ne vint à son secours. Il n'avait plus l'air si parfait sur lui à ce moment. Sa lèvre tremblait, et en l'absence de son sourire à pleine dents, il avait l'air d'avoir le menton tremblotant et il semblait fébrile.

« T…Très bien, » balbutia-t-il. « Je ser… serais dans mon bureau pour… pour me préparer. » Et il quitta la salle.

« Bon, » annonça McGonagall, dont les narines étaient dilatées, « au moins maintenant il ne traînera plus dans nos pattes. Les Directeurs de Maison devraient partir informer les étudiants de ce qu'il s'est passé. Dites-leur que le Poudlard Express les ramènera demain à la première heure. Le reste d'entre vous, vérifiez bien qu'aucun élève n'ait quitté leurs dortoirs, s'il vous plaît. » Les professeurs se levèrent et partirent, un par un. Harry attendit que son frère et Ron partent, en premier. Adrian soutenait son ami abattu. Puis Harry courut pour arriver à la Salle Commune avant eux, avec le cerveau en surchauffe. Il aurait dû écouter son instinct. Ginny savait réellement quelque chose à propos de la Chambre et son implication lui coûtait visiblement beaucoup maintenant.

L'après-midi passa affreusement doucement, la famille Weasley d'ordinaire bruyante n'était plus que l'ombre d'elle-même et Harry sentait l'absence de Ginny plus que jamais. Il savait que son frère n'aller pas se poser et ne rien faire et la même certitude s'appliquait également à Ron. D'ailleurs, ne se préoccupant absolument pas du fait qu'ils n'étaient pas seuls dans la Salle Commune, ils se levèrent et laissèrent le reste des Gryffondors, bien trop plongés dans leurs pensées pour faire attention à eux, pour aller voir Lockhart et lui dire tout ce qu'ils savaient. Harry courut derrière eux, après avoir récupéré la Cape d'Invisibilité. C'était vraiment une décision stupide, de les suivre aveuglément, mais son frère pouvait être en danger s'il les laissait seuls. Donc, il était là lorsqu'Adrian poussa la porte du bureau de Lockhart et il fut tout aussi enragé que son frère lorsqu'il découvrit que le professeur de DCFM s'enfuyait. Plus tard, il se demanderait comment il avait pu imaginer qu'il puisse faire autre chose.

Adrian et Ron escortèrent un Lockhart désarmé jusqu'aux toilettes de Mimi, en le forçant légèrement à l'aide de leurs baguettes pointées dans son dos, ignorant ses plaintes et ses protestations. Ils trouvèrent Mimi Geignarde qui fut plus que ravie de leur raconter comment elle était morte. Elle parla du langage étrange qu'elle avait entendu lorsqu'elle se cachait dans les toilettes et Harry pensa immédiatement au Fourchelangue. Elle ajouta ensuite qu'elle était sortie pour dire aux intrus de s'en aller puisqu'au moins un d'entre eux était un garçon et juste après, au niveau d'un évier qu'elle leur pointa du doigt, son regard avait croisé deux grands yeux jaunes, et elle était morte. Adrian s'approcha de l'évier, et Harry le suivit de près. Il y avait un serpent gravé à sa base et Mimi précisa que le robinet n'avait jamais fonctionné.

Adrian et Ron essayèrent tout pour faire apparaître l'entrée, mais en vain. Harry arriva à la conclusion que seul un Fourchelang pouvait ouvrir la Chambre. Tester sa théorie avec tout ce monde autour était en revanche impossible.

« Pourquoi elle ne s'ouvre pas ? » s'écria Ron, ne remarquant pas que Lockhart reculait doucement vers la porte.

« J'en ai aucune idée. » répondit Adrian, en regardant attentivement le serpent gravé. Lockhart était de plus en plus proche de la sortie.

« Peut-être que vous le faites mal… » tenta Mimi, qui s'attira un regard méchant de Ron qui lui dit, pas très poliment, de ficher le camp. Mimi brailla et plongea dans ses toilettes, quittant la pièce.

« Au moins, elle nous embête plus, là. » marmonna Ron.

« Ouvre-toi, stupide Chambre ! » s'exclama Adrian en donnant un coup de pied dans l'évier. A ce moment, Lockhart se retourna et courut hors de la salle des toilettes.

« Il s'enfuit ! » s'écria Ron, se mettant à pourchasser le professeur blond, et Adrian sur ses talons, la baguette au poing. Harry ne perdit pas de temps. Il s'approcha de l'évier et toucha le serpent gravé, pensif. Il inspira un bon coup. Il n'avait rien à perdre, selon lui, mais il n'avait pas de temps à perdre. Il se redressa et dit,

« Ouvre-toi. » C'était un ordre simple, mais il n'était pas prononcé en français. Au lieu de ça, un sifflement sortit d'entre ses lèvres lorsqu'il parla le langage des serpents. Le robinet brilla d'une lumière vive et commença à bouger avec un bruit de grondement, il tourna jusqu'à laisser apparaître une ouverture sombre dans le sol – un tuyau assez grand pour qu'un homme glisse dedans. Un flash-back de l'année dernière surgit devant ses yeux et il revit la trappe sombre. Le choc le fit reculer d'un pas. Il devait aller chercher Severus immédiatement. Mais ça n'allait pas se produire.

« Adrian ! » appela un Ron choqué depuis l'entrée. « Viens voir ça ! Et amène l'idiot avec toi ! » Harry se décala sans bruits de l'évier, permettant à Ron et Adrian, qui avait sa baguette pointé sur Lockhart à nouveau – le blond avait écopé d'une lèvre fendue à cause de sa tentative de fuite – de s'approcher.

« L'entrée. » murmura Adrian, et Harry vit Lockhart perdre toutes ses couleurs. « Mais comment ? » Les deux amis se regardèrent et Harry commença à bouger sans bruits. Et ce maudit Lockhart n'arrivait même pas à fuir des élèves de deuxième année !

« Et bien… » dit Ron, ses yeux s'illuminant comme s'il venait d'avoir une grande révélation. « TU as bien ordonné à la porte de s'ouvrir avant que l'idiot essaye de s'enfuir. » Harry remercia sa bonne étoile pour une fois, puisqu'Adrian avait effectivement fait ça. Ce dernier hocha la tête, l'explication de Ron semblant être cohérente pour le moment.

« Et maintenant quoi ? » demanda Adrian.

« Ginny est en bas, mon gars. » déclara Ron comme si ça répondait à sa question. Et pour Harry en tout cas, c'était le cas.

« Je descends là-dedans, » décida Adrian. Harry était de nouveau prêt à suivre. Il ne pouvait pas ne pas y aller, pas maintenant, alors qu'ils venaient de trouver l'entrée de la Chambre, pas s'il y avait la plus petite, la plus mince chance que Ginny soit encore en vie.

« Moi aussi. » affirma Ron. Il y eut une courte pause.

« Et bien, vous n'avez vraiment pas l'air d'avoir besoin de moi, » déclara Lockhart, avec l'ombre de son ancien sourire. « Je vais juste… » Il posa la main sur la poignée de la porte, mais Ron ainsi qu'Adrian pointèrent leurs baguettes sur lui.

« Vous pouvez même y aller en premier. » grogna Ron. Le visage blême et désarmé, Lockhart s'approcha de l'ouverture.

« Les garçons, » commença-t-il, la voix tremblante. « Les garçons, qu'est-ce que ça pourrais amener de bien ? » Harry lui donna un petit coup dans le dos avec sa baguette. Lockhart passa les jambes dans le tuyau. « Je ne pense vraiment pas que… » débuta-t-il mais Ron le poussa et il glissa hors de leur vue. Ils attendirent qu'il descende tout et seulement à ce moment, lorsqu'il atteignit le bas avec un bruit sourd et des plaintes, les deux sorciers sautèrent à leurs tours. Harry regarda le tuyau avec un air absent, son cœur battant fort dans sa poitrine. Ginny était en bas, et bientôt, son frère le serait également. Et en bas, il y avait aussi le Basilic. Il n'allait pas aimer ça.


Et oui, les cocos, vous allez devoir attendre le prochain pour la grosse action de la Chambre des Secrets...

En tout cas, hésitez pas à mettre des reviews, je vous jure que ça motive à mort, peu importe ce qu'elles disent ^^