Chapitre 33
Expliquer l'Inexplicable
A.N : (normalement N.A du chapitre précédent mais comme j'ai eu des remarques dessus, je vais poster ce qu'elle avait écrit à la base) Je sais que certains d'entre vous en ont marre qu'Harry apparaisse pour sauver le coup et retourne dans l'ombre encore une fois. Moi aussi j'en ai un peu marre et je me suis promise que c'était la dernière fois que j'utiliserais cet outil de scénario. Mais je pensais que c'était nécessaire et j'espère que vous le comprendrez d'ici la fin du chapitre.
Laissez-moi préciser quelque chose sur le fait que Ginny ait peut-être vu Harry. Il y avait un gros indice dans le chapitre précédent et un encore plus grand de celui qui suit. Mais ce que Ginny a vu, ou au moins, ce que Ginny pense avoir vu, sera expliqué dans les chapitres suivants.
A.T : Bonjour tout le monde ! Et oui, je ne vous ais pas oublié ! Le nouveau chapitre est arrivé !
Ah oui, je tenais à le préciser maintenant pour ne pas créer de confusion. J'ai commencé à désigner Severus 'Père' du point de vue d'Harry. Pour ne pas vous mélanger les pinceaux : avec la majuscule, c'est qu'il s'agit de Sev, quand il n'y aura pas de majuscule ce sera James. Je fais ça parce que je trouve que dans certains contextes, le 'Papa' fait un peu enfantin, surtout lorsque ce n'est pas dans un dialogue, et comme vous l'avez remarqué, Harry est de moins en moins enfantin.
Bref, merci, merci encore pour toutes vos reviews, je sais que je le dis à chaque fois mais, à chaque fois j'ai envie de vous le dire alors je ne vais pas me priver ^^
Nous voici donc à la fin du tome 2, c'est un chapitre assez court qui permet de faire la liaison avec l'été qui s'approche (j'adore les étés dans cette fic) donc,
Enjoy !
Mais maintenant, elle était là, allongée sur le sol de la Chambre des Secrets où elle était tombée, un Basilic mort à quelques mètre d'elle avec un Phénix perché dessus, le journal troué en plein milieu et le héros du monde sorcier regardant alternativement le serpent mort et l'épée étincelante dans sa main, un regard confus sur son visage. Et tout ce qu'elle put faire pendant qu'il l'appelait était de continuer de fixer le point où son frère jumeau venait de disparaître, déconcertée.
Harry venait juste de quitter la salle de bain des Gryffondor, après être resté une bonne trentaine de minutes sous l'eau chaude. Il ne s'était même pas rendu compte de la quantité de crasse, d'encre et de sang dont il s'était recouvert dans la Chambre. Après être retourné aux toilettes de Mimi, il s'était séparé de son frère, Ron, Ginny et d'un Lockhart plus distrait que d'habitude. Il les avait vu disparaître derrière un tournant, Adrian avait toujours l'Epée de Gryffondor à la main. Harry s'était simplement dirigé vers la Tour Gryffondor, appréciant le son discret de ses pas sur le sol de pierre, le sort de Silence qu'il s'était jeté s'étant dissipé depuis longtemps. Il n'avait jamais imaginé qu'un jour, il apprécierait autant ce son.
Quelques minutes après que le jet d'eau brûlante n'ait touché ses épaules, Harry avait éclaté d'un rire nerveux incontrôlable, appuyant son dos contre la paroi de la douche avant de se laisser glisser sur le carrelage, une déferlante d'émotions le submergeant d'un coup. Soulagement, terreur, excitation, fatigue. Toutes très différentes et réunies à la fois, alors qu'il luttait pour reprendre le contrôle.
Reprendre le contrôle lui prit d'ailleurs un peu plus longtemps que prévu et il se trouva dans un état à peu près correct, physiquement et mentalement, vingt minutes plus tard, caché sous la Cape d'Invisibilité, ses sorts de dissimulation en place, ses robes nettoyées par un Récurvite, décidé à retourner dans son lit avant que quelqu'un ne se mette à le chercher. Il grimpa les escaliers avec les dernières traces de la poussée d'adrénaline qu'il avait ressentie dans la Chambre et réussit à se glisser dans son lit en un temps record, la Cape de retour dans la malle d'Adrian, par chance sans aucune trace de sang puisque rien ne semblait pouvoir tacher le tissu qui la constituait.
Et il était revenu juste à temps également. Pas plus de dix minutes plus tard, le Professeur McGonagall les réveilla tous pour un festin improvisé. Ce n'était pas comme si je voulais dormir de toute façon, pensa Harry sarcastiquement. Je trucide des Basilics tous les jours, pourquoi je serais fatigué ? Mais en vérité, il aurait été incapable de dormir, pas vraiment, et mettre un peu de nourriture dans son estomac lui semblait judicieux.
Donc il descendit au festin où il ne put rester que pendant le premier service, puisqu'il avait été demandé au bureau du Directeur. Là-bas, il retrouva Severus, sa famille au complet – y compris Sirius et Remus – et le Directeur, plongés dans une conversation intense. Adrian, qui était toujours couvert de sang et de vase de son aventure nocturne, lui accorda un sourire fatigué qu'Harry lui retourna, faisant de son mieux pour apparaître heureux et complètement ignorant de la situation. Severus lui lança juste son regard – qu'il devrait breveter – qui voulait dire on parlera plus tard, visiblement peu convaincu de ce qu'il venait d'entendre, peu importe ce que c'était. Harry lui répondit d'un signe de tête et cela sembla être la seule confirmation dont son Père avait besoin. Le maître de Potions leva légèrement les yeux au ciel, croisa les bras sur sa poitrine et se glissa à nouveau derrière son masque froid. La crise de panique qu'il ressentait intérieurement, après qu'Harry lui ait pratiquement confirmé qu'il avait effectivement un rôle dans les évènements de la soirée, devrait attendre encore quelques minutes, visiblement.
« Qu'est-ce qu'il s'est passé ? » demanda Harry, de sa meilleure voix surprise. « Tout le monde va bien ? Le Professeur McGonagall dit que Ginny est de retour. » Lily et James se précipitèrent pour prendre leur plus jeune fils dans les bras avant de retourner leur attention sur leur aîné couvert de sang. Une légère pointe de douleur se répandit dans sa poitrine mais il se rappela que ses parents ne connaissaient pas la vérité. Par contre, Severus oui, pensa-t-il, et la douleur fut rapidement remplacée par ses pensées, imaginant comment son Père allait réagir en entendant la version exacte de l'histoire. Une chaleur rassurante, semblable à celle que la chanson de Fumseck lui avait provoquée un peu plus tôt, l'envahit et il se dit que, côté famille, il était peut-être celui qui avait le plus de chance. Il se dit également qu'il allait probablement être puni pendant tout l'été, vu comment Severus serrait et desserrait convulsivement les poings. Mais ça en valait quand même la peine.
« Adrian a encore gagné un round contre le Seigneur des Ténèbres, voilà ! » plaisanta Sirius, essayant de prétendre d'avoir le cœur léger. Lorsque Patmol essayait d'avoir l'air joyeux et échouait, c'était un bon indicateur de la dangerosité ou la gravité de la situation.
« Quoi ? » s'écria Harry, faisant semblant de frissonner en s'asseyant sur la chaise qu'on lui présentait. Il pouvait jurer avoir vu les lèvres de Severus tressaillir pendant une seconde.
« Laissez-moi l'expliquer. » offrit Dumbledore et commença à raconter tout ce qu'Adrian leur avait dit. Harry l'écouta attentivement, obtenant pour la première fois la version de son frère. Dumbledore fit une courte pause et regarda Adrian avec un peu de fierté au moment où il arriva au passage où Ron et Adrian avaient compris que l'entrée de la chambre était dans les toilettes de Mimi. Adrian regardait ses pieds, légèrement embarrassé qu'on expose aussi ouvertement toutes les règles qu'il avait outrepassées. « Puis nous avons les évènements de ce soir. » ajouta le Directeur. Pour la seconde fois, Harry pensa qu'il l'avait découvert, n'ayant pas été particulièrement discret ces dernières heures. Mais Dumbledore regardait toujours Adrian, un sourire fier sur le visage. Sourire qui, accompagné d'inquiétude, était partagé avec le reste des adultes, sauf Severus.
« Adrian a encore fait son truc, c'est ce que ça veut dire. » expliqua Sirius avec un grand sourire, tapant amicalement un Adrian rouge de gêne sur l'épaule. Dire qu'Harry était curieux à ce moment aurait été un euphémisme.
« Qu'est-ce que t'as fait cette fois, frérot ? » demanda le sorcier, en souriant également. Le soulagement se répandit dans ses veines, maintenant qu'il venait de réaliser que quelqu'un s'était débrouillé pour trouver une explication à ses actes de ce soir. Et s'il avait senti une légère pointe de déception puisque personne ne semblait songer à chercher une explication plus sensée, et bien, il fit de son mieux pour l'avaler.
« Je ne m'en souviens pas. » marmonna Adrian, essayant encore de combattre ses joues encore rougissantes.
« Ce qui n'est pas très étonnant mon garçon. » le rassura Albus pendant qu'Harry se tournait vers Severus pour obtenir une explication qui avait vraiment du sens. Le maître de Potions avait juste levé un sourcil et laissait la scène se dérouler.
« Je ne comprends toujours pas. » indiqua Harry, certain que le seul moyen d'avoir une réponse était de poser la question directement.
« Encore une fois, laissez-moi vous expliquer. Vos parents aimeraient également entendre ça, je suppose. » ajouta le Directeur. « D'abord, on a l'entrée dans la Chambre elle-même. Si peu de gens sont capables de trouver la Chambre, encore moins l'ouvrir, c'est en grande partie parce qu'il faut être un Fourchelangue pour ouvrir l'entrée, une capacité qu'Adrian ne possède pas. »
« Merci Merlin, pour ça aussi ! » s'exclama James. « Des sorciers trop noirs, ces Fourchelangue. » Harry se demanda négligemment ce que Merlin, étant lui aussi un Fourchelangue, aurait à dire face à une déclaration pareille.
« Alors, comment Adrian est entré dans la Chambre ? » demanda Harry, faussement confus.
« Il l'a juste ordonné. » répondit Dumbledore, ses yeux pétillants avec plus d'ardeur que d'habitude. Harry prit un instant pour mémoriser cet instant.
« Juste comme ça ? » demanda-t-il en souriant. Le Directeur couvrait ses traces mieux qu'aucun scénario qu'il aurait pu créer lui-même. Et il avait l'air de vraiment y croire, en plus. « Bah, c'est pas très étonnant. » Il se tourna vers Adrian. « Tu as bien hérité du tempérament de Maman, il est prouvé qu'il fait de sacré dégâts aux murs. » Tout le monde éclata de rire à la plaisanterie d'Harry, Severus se retenant tout juste.
« Tu m'en diras tant. » ajouta James.
« Au tout début, j'ai cru qu'elle ne s'ouvrirait pas. » admit Adrian. « Puis Lockhart a essayé de s'enfuir… »
« Pas étonnant non plus. » commenta Remus.
« … Et quand on est revenus dans les toilettes, le lavabo s'était décalé et un l'entrée d'un tuyau se trouvait par terre. »
« Et tu as décidé de sauter dedans. » compléta James. « Ca c'est mon fils ! »
« Ne l'encourage pas James ! » le prévint Lily. « Ce qu'il a fait était dangereux. Il aurait pu mourir ! »
« Mais il ne l'est pas. » contra James.
« Pas maintenant, James. » rétorqua Lily sèchement et se retourna vers le Directeur. « Continuez s'il vous plaît. Vous devez encore nous expliquer en détail ce qu'il s'est passé avec Adrian. » Albus acquiesça et continua. Il raconta les évènements à peu près comme Harry s'en rappelait, excepté son implication dans toute cette histoire, jusqu'au moment où Riddle avait stupefixé Adrian.
« Et c'est là que les pouvoirs d'Adrian ont refait surface. » finit Dumbledore. Harry le regarda perplexe, l'image de son frère immobile sur le sol dominant encore son esprit – assez douloureusement d'ailleurs.
« Comment ? » demanda le sorcier aux yeux vert.
« Je ne suis pas capable de vous donner plus de détails. Mais il semble que sa magie ait réagi violemment sous la menace, prenant le contrôle de son corps et se défendant du mieux possible. Adrian avait laissé la porte de la Chambre ouverte… » Je savais que j'avais oublié quelque chose, pensa Harry. « donc Severus et moi sommes allés voir ce qu'il s'était passé en bas de plus près. » Et c'était pour ça que Severus était là. « Les répercussions de l'explosion de ta magie ont dû être terribles, mon cher enfant. » affirma le Directeur avec un grand sourire. « La Chambre a presque été détruite. » Fallait pas exagérer non plus, pensa Harry honteusement. Il avait juste explosé quelques colonnes. Et peut-être une ou deux statues. Et il y avait le cadavre du Basilic au milieu de la pièce. Ok. J'ai démoli l'endroit, admit Harry pour lui-même, faisant de son mieux pour retenir un petit rire nerveux.
« Mais alors, le monstre de Serpentard ? Et comment Voldemort s'est retrouvé là-dedans ? » questionna Harry. Le plus de choses il découvrait maintenant, le moins de chances il avait de laisser sortir quelque chose qu'il n'était pas censé savoir, comme le fait que le monstre était en réalité un Basilic, par exemple. Dumbledore expliqua comment le propriétaire du journal, Tom Riddle, était en réalité le Seigneur des Ténèbres en personne – Harry feignit encore la surprise – et ce qu'était vraiment le monstre. Il parla de l'intervention de Fumseck et d'Adrian qui avait du récupérer l'épée du Choixpeau, sa magie appelant à l'aide.
« Et qu'est-ce que ce vieux Chapeau a à dire là-dessus ? » demanda Sirius et Harry essaya de dissimuler sa panique. Il avait complètement oublié ce maudit chapeau !
« Malheureusement, la magie du Choixpeau ne marche que lorsqu'il répartit quelqu'un au début de son séjour à Poudlard. Après ça, tout ce qu'il peut dire d'une personne est son opinion sur sa répartition et même, ça reste strictement confidentiel entre le chapeau et l'élève. » expliqua Dumbledore et les muscles d'Harry se relaxèrent. Il avait vraiment une chance incroyable. « Mais Fumseck qui était là-bas a confirmé que le Basilic avait en effet été tué par l'épée de Gryffondor qui a été retirée du Choixpeau. » Harry applaudit mentalement la capacité du Phénix de dire la vérité en ne rentrant pas dans les détails. Tout ce qu'il avait indiqué était vrai. Qui avait récupéré l'épée et comment, était en revanche gardé secret du Directeur.
Et Albus continua avec les détails de comment l'explosion apparente de sa magie avait eu lieu. Evidemment, il y avait toujours eu cette théorie que, plus Adrian vieillirait et s'approcherait de la maturité de ses pouvoirs, plus les ses manifestions deviendraient violentes, jusqu'à ce qu'il arrive à les contrôler. « Être un pré-adolescent dans une situation aussi dangereuse a dû causer une telle réaction. » raisonna le vieux sorcier.
« Mais il s'est évanouit après ça. » commenta Remus.
« Ce qui est parfaitement normal. La quantité de magie qu'il a du relâcher l'a probablement épuisé. » Et la possibilité qu'il ait été supéfixé ne t'ait jamais venu à l'esprit ? Harry regarda le Directeur incrédule. Etait-il si insensé de s'imaginer que, puisque lui et Severus étaient rentrés dans la Chambre plus tard, quelqu'un d'autre aurait pu faire la même chose ?
« Mais qu'est-ce que ça veut dire pour Adrian ? » demanda Lily, en agrippant la main de son fils.
« Peut-être qu'on devrait parler de ça de manière plus privée. » offrit Albus. « Severus, pourquoi n'emmènerais-tu pas le jeune Harry, ici présent, au festin ? Il doit encore battre de son plein. » Donc ils allaient encore parler de l'entraînement d'Adrian ? Quelle surprise, pensa le jeune sorcier. Et il n'était pas invité à participer à la conversation, très choquant en effet !
« Bien sûr, Albus. » répondit-il, et il ouvrit la porte pour escorter Harry hors de la pièce. Une fois la porte bien fermée derrière lui, Severus lui fit signe de commencer à marcher, ne se parlant pas l'un à l'autre en descendant jusqu'aux cachots. Mais dès la porte du bureau de Severus fut fermée et verrouillée, le maître de Potions fixa Harry droit dans les yeux. « Au nom de Merlin, Harry, qu'est-ce qu'il s'est passé ? » demanda-t-il, la voix rauque et serrée.
« Voldemort, comme tu as pu l'entendre. Lui et son animal de compagnie, le Basilic. » répondit le sorcier aux yeux verts.
« Je veux les détails, Harry. Non mais à quoi tu pensais ? » demanda Severus sévèrement, en enlevant les sorts de dissimulation sur lui, le regard mécontent toujours présent. « Je croyais que tu m'avais promis de demander mon aide si le besoin venait. » Ses yeux sombres étaient fixés sur le garçon assis en face de lui et il dut se serrer les mains pour qu'elles arrêtent de trembler. Ces rencontres annuelles avec Voldemort allaient sérieusement réduire son espérance de vie, si ce n'était pas déjà fait.
« Ce n'était pas de ma faute. » expliqua Harry, le visage sérieux. « Adrian m'a laissé une fenêtre d'action assez courte. Ca a commencé à mal tourner après le cours de DCFM, ce matin… » Son récit des évènements correspondait partiellement avec celui que leur avait donné Albus et il faisait beaucoup plus d'effets sur le professeur de Potions. Dès qu'Harry arrêta de parler, Severus s'était avancé vers lui et l'avait enveloppé dans une étreinte puissante, le corps tremblant légèrement, même s'il essayait de se reprendre. Les yeux d'Harry s'agrandirent avant de lui rendre son étreinte, réalisant que le maître de Potions était au bord des larmes.
« Est-ce que tu te rends compte que tu aurais pu très facilement te faire tuer ce soir ? » demanda Severus après s'être suffisamment calmé pour pouvoir former des phrases complètes. « Une seule morsure de ce serpent et tu aurais été… » Au lieu de finir sa phrase, il serra encore plus le garçon dans ses bras.
« Je vais bien, Papa. » le rassura Harry. « Vraiment. »
« J'aimerais juste… Je souhaiterais simplement que tu n'ais pas à traverser tout ça. » admit Severus.
« Moi aussi. » déclara Harry doucement. « Mais je le traverse. Et ça se passerait beaucoup moins bien si tu n'étais pas là. » Severus desserra son étreinte pour regarder Harry.
« Tu te débrouillerais très bien sans moi. »
« J'en suis pas si sûr. » le contredit Harry. « Tout ce que je sais, je l'ai appris par ou à cause de toi. » avoua le jeune garçon. « Ce que j'essaye de te dire là, c'est : Merci, Papa. » Severus hocha simplement la tête, le léger sourire sur son visage contrastant bien avec ses yeux humides.
« Tu as juste un truc pour les situations dangereuses, pas vrai ? » demanda Severus, dans une tentative d'humour.
« C'est plutôt les situations dangereuses qui ont un truc pour moi. » rétorqua Harry, en levant les yeux au ciel.
« Oh bien, je suppose que tu ne serais pas toi sans tes problèmes et tes cascades. » conclut le maître de Potions nonchalamment. « Merlin nous garde, que tu ais une année normale à Poudlard ! » Le sarcasme dans se voix fut effacé par la réponse d'Harry.
« Pourquoi je voudrais être normal alors que je peux être moi ? » demanda-t-il malicieusement.
« Sale gosse ! » s'exclama tendrement Severus, se demandant brièvement combien de fois il avait appelé Harry ainsi – et pourquoi il avait eu raison à chaque fois de le faire.
« T'es bien placé pour le savoir ! » plaisanta Harry avec un rictus.
Le reste des dernières semaines de l'année scolaire passèrent aussi calmement que possible après les évènements des derniers mois. Hagrid était revenu d'Askaban la nuit même où le Basilic avait été tué et les victimes pétrifiées avaient été guéries quelques heures plus tard. A la plus grande horreur d'Hermione, l'annulation des examens avait été la première annonce de Dumbledore, qui avait repris ses fonctions. Lockhart – ayant brillamment réussi à se faire toucher par le sort qu'il destinait à Ron et Harry – souffrait de dégâts permanents sur son esprit et fut donc retiré du corps enseignant avec l'accord de l'école entière. Lucius Malfoy avait été relevé de ses fonctions au Conseil de Poudlard et Adrian l'avait piégé en libérant Dobby qui était en fait un de ses elfes de maison.
Dans l'ensemble, pensa Harry, tout est retourné à la normale, enfin, peu importe ce que « normale » voulait dire dans sa vie, corrigea le jeune sorcier. Enfin, à l'exception de Severus, encore plus protecteur qu'Harry aurait pu imaginer, le surveillant d'un œil de lynx et lui faisant envoyer du chocolat chaud tous les soirs par Minnie. Adrian avait même commencé à se demander pourquoi les elfes des cuisines le favorisaient autant mais il avait balayé la question d'un haussement d'épaules.
Et, en parlant d'Adrian… Harry faisait de son mieux pour ne pas se sentir coupable, en se raisonnant qu'il avait vraiment sauvé la vie de son frère après tout, mais il trouvait ça assez difficile. Ses parents et Dumbledore, excités et effrayés en même temps face à son avance supposée en magie, avaient décidé de doubler leurs efforts pour en reproduire les effets. Visiter des docteurs et des spécialistes était désormais jugé risqué mais les sessions d'entraînements furent doublées et Adrian avait boudé à cause de ça pendant des jours tandis qu'Harry s'excusait mentalement. Severus avait levé les yeux au ciel lorsqu'il lui avait raconté et lui avait dit qu'il réfléchissait trop à la situation, pour changer.
Sur une note plus positive, Gryffondor – grâce aux quatre cents points qu'Adrian et Ron avaient récoltés – avait gagné la coupe des Maisons pour la deuxième fois de suite et Ginny était revenue à son état normal. Elle riait et plaisantait avec ses frères et elle avait même laissé échapper que la Serdaigle qui avait été pétrifiée, Pénélope Deauclaire, était la petite amie de Percy. Les jumeaux s'étaient littéralement mis à genoux pour la remercier de cette information, leurs yeux pétillants face au nouveau moyen de chantage à leur disposition.
« Ce n'était pas très sympa de ta part, de dévoiler le secret de Percy comme ça. » avait déclaré Harry avec un sourire en coin, en regardant les jumeaux s'éloigner avant de s'assoir sur son siège dans le Poudlard Express, attendant que ce dernier ne démarre.
« Et bien, Percy m'a techniquement empêché de vous dire ce que je savais de la Chambre ce jour-là et en plus, il n'aurait pas pu garder le secret bien longtemps. » répondit Ginny avec un haussement d'épaules, sans le moindre regret. Harry avait partagé un regard avec Neville. Il était arrivé à la même conclusion : Cet été, la vie de Percy allait être une torture.
« Et tu as bien raison. » Harry considérait que c'était déjà un miracle que Percy ait réussi à cacher sa relation aux yeux de Fred et Georges en vivant dans la même maison.
« Et en plus, ce n'était pas si important. » conclut Ginny. « Ceux qui me connaissent bien savent que je suis particulièrement douée pour garder les secrets importants, Harry. » déclara solennellement la rousse. Harry remarqua le changement dans son comportement et se demanda si elle se rappelait d'éléments du temps où elle était sous l'influence de Voldemort. Peu importe ce que ça pouvait être, le regard dans ses yeux le fit penser qu'elle disait la vérité. Il apprécia la résolution de Ginny encore un peu plus à ce moment. Peut-être que l'année prochaine, ils pourraient traîner ensemble un peu plus. Ce serait sympa pour lui d'avoir d'autres amis de sa tranche d'âge – autre que les jumeaux. Avec un sourire léger, il se tourna vers son livre au moment au l'engin rouge commençait à avancer.
Encore une autre année à Poudlard était terminée et l'été ne faisait que commencer. Et Merlin sait combien j'ai de projets pour cet été, pensa Harry, en ricanant derrière son bouquin, son esprit tourné un instant vers les designs théoriques de balais dans son sac, enfin terminés.
Voilà très chers lecteurs ! En espérant que ça vous ait plu ! N'hésitez pas à me donner votre avis, comme d'habitude !
A plus !
