Chapitre 37

Peurs les plus profondes et attaques


Bon, il est déjà tard, c'est juste en terme de timing... Donc je vais faire assez court aujourd'hui. Merci encore à tous et à toutes pour vos reviews, et vos follows, comme d'habitude ça me fait énormément plaisir. Je vous préviens, le chapitre de la semaine prochaine est pas encore traduit, mais si je trouve le temps nécessaire, on essaiera, avec ma bêta, de vous le pondre à temps.

Enjoy !


« Et pourquoi Patmol pourrait être utile ? » demanda Ron et Harry vit le petit sourire en coin se former sur le visage de Ginny.

« J'ai juste pensé que, avec toutes ces discussions sur le Sinistros, Trelawney aimerait peut-être en voir un en vrai. » Son idée fit rire tout le groupe et Harry pensa que Sirius serait probablement d'accord avec ce plan, professeur ou pas.

« Des Détraqueurs. » cracha Severus, en regardant le feu dans la cheminée. « A chaque fois que je tourne le dos, Fudge devient de plus en plus stupide, je te jure. » Harry hocha la tête. Ce n'était pas la première fois que le maître de Potions fulminait contre le Ministre et sa légendaire stupidité, et c'était malheureusement évident que ce ne serait pas la dernière. Au cours d'un mois seulement, ces diatribes faisaient désormais partie du quotidien du jeune adolescent. Et ça ne s'était pas vraiment arrangé quand l'humeur de Severus avait été considérablement refroidie, après un incident pas si charmant incluant Sirius, de la teinture verte pour cheveux et une blague ratée qui aurait dû se produire le premier jour des cours,

Severus n'avait réussi à esquiver celle-là uniquement grâce à Harry, qui avait entendu son parrain en parler à un Remus exaspéré. Le jeune sorcier avait sprinté au bureau de Severus et avait tout juste réussi à le prévenir des plans de Patmol avant qu'il n'aille sous la douche. Sirius avait été déçu, bien sûr, et Severus l'avait fusillé du regard pendant tout le reste de la journée, pendant qu'Harry et Neville, avec qui il avait partagé le secret, se moquait des deux.

Neville, pour le plus grand plaisir d'Harry, continuait de sortir de sa coquille, de plus en plus et, sans s'en rendre compte, il avait aussi aidé le sorcier aux yeux verts à s'ouvrir plus. A sa plus grande surprise, il s'était retrouvé à parler de Severus et Minnie avec Neville, même s'il n'avait pas encore mentionné Silbreith, comme s'il avait toujours été habitué à parler de sa vie facilement. Et pour la première fois, d'autant qu'il se souvienne, ce n'était pas à Adrian à qui il voulait le plus révéler son secret. Parfois, allongé dans son lit le soir, il souhaitait pouvoir partager tout ce qui lui traversait l'esprit avec son meilleur, et peut-être son seul véritable ami. Et ainsi, pendant une nuit pluvieuse d'Octobre, Harry avait décidé que, s'il décidait un jour de révéler son secret à quelqu'un, ce quelqu'un serait Neville, la seule personne, hormis Severus et les Flamel, qui avait prit la peine d'apprendre à le connaître et avait prouvé une fois de plus que les amis étaient bien la famille qu'on se choisissait.

Un autre évènement marquant d'Octobre avait été la leçon de Défense contre les Forces du Mal, sûrement la plus excitante qu'ils avaient jamais eu. Les Épouvantards. Harry avait entendu parler d'eux bien sûr mais il n'avait jamais eu la chance d'en rencontrer un. Le premier à y passer avait été Neville, son Épouvantard prenant son apparence, avec des yeux vides et froids, une posture hautaine, un sourire cruel sur son visage de glace. Le garçon avait pris une bonne inspiration et avait jeté le sort nécessaire, son sosie disparaissant dans un tourbillon de fumée blanche. Harry le regarda avec un sourire amical, lui donnant un petit coup de coude lorsqu'il revint à côté de lui, qui voulait dire qu'ils pourraient parler plus tard. Le garçon lui fit un sourire pendant qu'Harry se préparait pour son tour.

En toute honnêteté, il avait énormément appréhendé sa rencontre avec un Épouvantard. Il savait bien quelles étaient ses peurs : ne pas réussir à protéger son frère, perdre les personnes qu'il aimait, ne pas réussir à réagir dans une situation où on avait besoin de lui. Celles-ci, il les connaissait. Donc, il avait patiemment attendu en ligne, son esprit voyageant jusqu'à Quirell et ce qu'il lui avait fait. Encore une autre peur qu'il essayait d'enfouir profondément. Et s'il devenait l'homme qu'il essayait d'arrêter ? Un tueur ? Mais toutes ses suppositions avaient été fausses. Parce qu'au moment où il s'était avancé en face de l'Épouvantard, un Détraqueur était apparut.

Et même si la créature qu'il craignait s'était emmêlée avec sa propre cape – devenue rose vif en fourrure synthétique – grâce à un Riddikulus bien envoyé, Harry était toujours aussi déconcerté. De tout ce qu'il aurait pu imaginer être sa plus grande peur, les Détraqueurs n'avaient même pas traversé son esprit.

Le même après-midi, il avait parlé avec Neville, au sujet de son Épouvantard. S'il s'était imaginé voir ce genre d'apparence, il l'aurait imaginé pour lui-même, et puis, il fallait bien avouer qu'il était extrêmement curieux de savoir ce qu'il s'était passé dans la tête de Neville au moment où il avait fait face à la créature métamorphe. La réponse avait été plutôt désarmante et avait réussi à renforcer le lien qu'il sentait se former avec son ami.

« J'ai tellement peur de les décevoir. » avait-il expliqué, ce qui avait énormément surpris Harry. Ils s'étaient assis dans le gazon près du lac.

« Les ? » avait-il demandé, les sourcils froncés en essayant de comprendre ce que voulait dire son ami. La réponse lui avait effleuré l'esprit au moment Neville s'était expliqué.

« Mes parents, ma grand-mère… Peu importe ! » s'était-il exclamé. « Mes parents ont fait la guerre. Tu sais ce qui leur est arrivé et maintenant, ma grand-mère est la seule famille que j'ai. J'ai peur de devenir ce qui a rendu ma famille comme ça. » Et il baissa les yeux vers le sol, en attendant le jugement d'Harry. Ce dernier avait été surpris de se sentir au bord des les larmes alors qu'il essayait de formuler une réponse.

« Ça n'arrivera pas, Neville. » avait-il fini par dire, fermement, se rappelant vaguement une conversation qu'il avait eue avec Severus.

« Mais comment tu peux le savoir ? Je n'ai rien de spécial. Comment peux-tu dire que je ne les décevrais pas du tout ? » Harry avait fixé son meilleur ami, une indignation justifiée bouillonnant en lui.

« Tu es mon meilleur ami, Neville, et je ne supporterais pas de te voir rabaissé, même par tes propres mots. » Ça avait semblé attirer son attention puisque Neville avait jeté un regard hésitant sur son ami. « Tu es quelqu'un de bien Nev'. Tu es un ami formidable et un sorcier tout aussi formidable et n'essaie même pas de le nier ! » avait-il ajouté en voyant que Neville allait protester. « Depuis que tu as eu ta nouvelle baguette et que tu as commencé à t'entraîner à nouveau, tu as énormément progressé. Et le fait que tu ais peur de décevoir ta famille veut probablement dire que ça n'arrivera pas. »

« Tu penses vraiment ? » avait demandé son ami, l'espoir brillant dans ses yeux.

« Oui. » avait affirmé Harry. « Et rappelle-toi, si un jour, tu as besoin d'aide, je serais toujours là pour toi. » Ce fut le tour de Neville de s'approcher des larmes. Les deux garçons avaient esquissé un sourire gauche l'un pour l'autre et, d'après les habitudes d'adolescents classiques, avaient essayé de ne pas montrer qu'ils avaient été si touchés à la base. Donc Neville avait donné un léger coup de poing dans l'épaule d'Harry et avait simplement répondu :

« Pareil pour moi. » Harry avait hoché la tête et après ça, la conversation avait déviésur le Quidditch, s'écoulant de manière plus fluide que ça n'avait jamais été entre Adrian et Harry.

Le garçon aux yeux verts avait aussi beaucoup pensé à la forme de son propre Épouvantard, encore et encore, jusqu'à ce qu'il arrive à mettre le grappin sur Severus, qui était en train de mettre la misère à un mannequin d'entraînement avec sa longue épée, dans son bureau. Severus avait écouté ses inquiétudes, avait réfléchi quelques secondes, rit un petit peu et était retourné à la démolition du mannequin, laissant Harry avec un simple :

« Très intelligent, gamin. » Apparemment, ce que Severus avait réalisé et qu'il lui expliqua – après qu'il soit totalement satisfait avec son travail, ce qui voulais dire que ce qui avait été un mannequin, était devenu un tas de pièces méconnaissables –, c'était que sa plus grande peur n'était pas les Détraqueurs. Sa plus grande peur était la peur elle-même, d'où la manifestation physique du Détraqueur. Et même si Harry avait compris ce qu'il voulait dire, il lui restait tout de même un gros problème. La dite manifestation physique de sa plus grande peur patrouillait les terres de Poudlard, comme par hasard.

Et c'est ainsi que son entraînement pour le Patronus avait commencé. Severus avait été plus que ravi de lui trouver un Épouvantard – ayant déclaré une guerre privée avec cette race à cause d'un accident qu'il refusait d'expliquer à Harry, faisant penser à ce dernier que tout avait très probablement un rapport avec un certain Animagus canin – pour qu'il puisse s'entraîner dessus. Après plusieurs semaines avec comme seul résultat une brume argentée, son Patronus corporel avait fini par chasser le faux Détraqueur. Il s'était simplement reculé et avait admiré avec joie un loup de 2m pousser l'Épouvantard dans un coin avant que ce dernier n'abandonne et disparaisse avec un gros 'Crack'.

« Parce que des Aurors, ça n'aurait pas suffi, non ! » continua Severus dans sa diatribe. « Il fallait que ce soit des Détraqueurs ! »

« Et bien, on peut rien y faire pour l'instant à part le supporter. » le raisonna Harry, récoltant un regard noir du maître de Potions.

« On ne devrait pas avoir à le faire. » répondit-il simplement avant de s'assoir en face d'Harry, en broyant encore du noir.

« Sur un sujet plus joyeux, as-tu entendu la dernière prédiction sur la mort promise d'Adrian ? » demanda Harry avec un grand sourire, en essayant – et réussissant – à sortir Severus de son humeur noire.

« Il y en a eu une autre ? »

« Oh que oui. » confirma l'adolescent. En plus de voir le Sinistros dans chaque lecture des feuilles de thé, Trelawney avait commencé à laisser des indices pas très subtils sur comment Adrian rencontrerait sa fin. « Il est possible qu'elle ait mentionné une décapitation, de ce que j'ai pu comprendre. »

« Décapitation ? » demanda Severus, clairement amusé. « On ne peut pas dire qu'elle n'a pas une imagination débordante.

« Ça c'est évident. » acquiesça Harry.

« Et comment se sont passé tes cours ces derniers temps ? »

« Plutôt bien en fait. » admit Harry. « Si on oublie le presque incident avec Draco durant le premier cours de Soin aux Créatures Magiques, je dirais que tout se passe trop bien. » Harry repensa au premier jour du trimestre, lorsqu'Hagrid leur avait joyeusement présenté quelques Hippogriffes. Il les trouvait fascinants et pour une fois, Harry était d'accord avec lui. Sur le fait qu'ils étaient fascinants bien sûr. Pas sur le fait que c'était la première créature qu'il était judicieux de présenter à des élèves de 3ème année.

Il leur avait donné les bases, comment les approcher, comme s'incliner correctement, et il avait ensuite demandé un volontaire. Pour éviter une catastrophe pour le tout premier cours d'Hagrid, Harry s'était avancé. D'accord, il n'avait jamais monté d'Hipogriffe, mais il était probablement le seul de la classe à avoir un minimum d'expérience en équitation. Donc il s'était incliné devant un Hipogriffe nommé Buck et avait même réussi à la monter et faire le tour de la propriété de Poudlard pendant un moment. Dire qu'il n'avait pas apprécié le vol aurai été un mensonge flagrant. Ce n'était pas aussi confortable que de monter un cheval, ou même faire voler un cheval, supposa Harry – trop de plumes ne laissait pas beaucoup de possibilité pour s'accrocher – mais voler avait toujours été quelque chose d'excitant pour lui.

Bien sûr, Malfoy avait dû mettre son grain de sel, et faillit ruiner totalement le premier cours d'Hagrid. Contrarié que l'Hipogriffe d'Adrian se soit incliné avant le sien – qui était Buck – il avait été sur le point d'insulter l'Hipogriffe, une action qui aurait forcément causé une attaque si Harry n'était pas intervenu. Il avait gardé un œil sur le blond, sentant dans ses tripes qu'il essaierait de faire quelque chose pour ruiner le premier cours d'Hagrid. L'idée qu'il pourrait se blesser au passage ne lui avait même pas traversé l'esprit donc il eut véritablement beaucoup de chance d'être assez près pour pouvoir intervenir et calmer l'Hipogriffe agité, comme il l'aurait fait avec un cheval.

Il y avait eu quelques dégâts tout de même, il n'avait pas été assez rapide pour empêcher Buck de se cabrer et de viser Malfoy avec ses deux jambes, de manière menaçante. Draco en avait parlé à son père, qui avait fait remonter l'histoire jusqu'aux Gouverneurs et, même s'ils n'avaient rien fait pour le moment, Hagrid avait été tellement mortifié qu'un élève se soit presque blessé dans son cours qu'il avait complètement changé son programme et leur parlait des Vercrasses, qui devaient bien être les créatures les ennuyeuses de l'existence.

« Trop bien, Harry ? » demanda Severus, ramenant Harry à la réalité.

« Pardon ? » répondit-il avant de se rappeler de quoi ils étaient en train de parler. « Ah oui, trop bien. Je m'attends presque que quelque chose m'arrive, à n'importe quel moment. »

« Légèrement paranoïaque non ? » le taquina Severus, en essayant d'alléger l'atmosphère. S'il était entièrement honnête avec lui-même, en ce moment, Severus avait tendance à sursauter dès une ombre bougeait lors de ses patrouilles, il avait même jeté un sort sur l'une d'entre elle.

« Dixit celui qui a lancé un sort explosif sur une armure. » commenta sarcastiquement Harry. Et fait la grosse erreur de t'en parler après, pensa Severus en levant les yeux au ciel.

« C'était une erreur honnête. » se défendit-il.

« Et un chanceux hasard que Peeves était déjà en train de détruire une salle de classe pas loin. » Severus hocha la tête, en accord avec la logique du garçon. Ça lui avait épargné de nombreuses explications. « J'en ai tout simplement marre d'attendre qu'un autre fou à lier se décide à frapper. »

« Techniquement, les deux premières années, on attendait le même fou à lier. » lui rappela Severus.

« Donc on devrait considérer la variété comme un changement agréable ? Plus de fous à lier au lieu du même chaque année ? » demanda Harry, en haussant un sourcil.

« Je me suis mal exprimé. » admit Severus avec un petit sourire en coin.

« J'espère bien. » rétorqua Harry, sur un ton humoristique.

Le lendemain finit par arriver et avec lui, le premier entraînement de Quidditch de l'année scolaire. Olivier, comme d'habitude, était frénétique. C'était sa dernière année à Poudlard, comme lui avait rappelé ses joueurs, et il était catégorique sur le fait qu'il devait pouvoir partir avec panache. Il voulait non seulement garder la coupe de cette année dans le bureau des Gryffondors – 'sa place légitime' étaient ses mots exacts – mais également gagner d'une telle manière qu'ils laisseraient les 3 autres Maisons ramper à leurs pieds. Sa passion était tellement apparente qu'Harry lui-même approuva. Son seul souhait aurait été de pouvoir utiliser son Éclair de Feu. Il ne se plaignait pas de son ancien balai mais – par l'or des Gobelins ! – il avait construit l'Éclair de Feu ! C'était juste différent.

Ce ne fut que lors du seizième du mois que quelque chose de complètement différent capta son attention. Il était assis paisiblement dans la Salle Commune, en train de lire le dernier numéro de Métamorphose Hebdomadaire, lorsqu'une Lavande en pleurs était entrée dans la pièce. Elle marmonnait et gémissait à moitié et Harry ne pouvait pas s'empêcher de se demander ce qu'il s'était passé. Neville lui lança un regard perturbé et ils essayèrent tous les deux de retenir leurs rires de leur mieux, en attendant que la jeune fille ne s'explique. Étant donné que la subtilité n'avait jamais été le fort de Lavande, se curiosité fut rapidement satisfaite. Son lapin était mort. Triste, il était bien d'accord, il ne couperait pas à verser quelques larmes si Hedwige devait mourir, mais en plein milieu de la salle commune ? Quel comportement de diva !

Mais Lavande et ses tendances hystériques passèrent rapidement en arrière plan lorsque son attention se porta sur Ron et Hermione qui se disputaient encore à propos de Ron qui gobait trop facilement les prédictions louches du futur, ce à quoi Ron avait répondu qu'Hermione avait un cœur de pierre et se cantonnait à ce qui était écrit dans ses bouquins. Et ce n'était pas la seule dispute entre ces deux là dont il se rappelait depuis le début du trimestre.

« Oh, une autre dispute. » dit une voix, celle de Ginny, à sa gauche. La jeune fille s'était assise dans un fauteuil, pour lire son livre de Défense.

« Ils font ça souvent ces derniers temps, non ? »

« C'est un euphémisme. » soupira Ginny en regardant son frère et Hermione s'assassiner du regard pendant qu'Adrian essayait de les calmer. « Je me demande quand est-ce qu'ils vont enfin réaliser qu'ils se plaisent mutuellement ? » songea-t-elle avant de retourner à son bouquin. Harry sentit ses sourcils se soulever d'eux même.

« Tu penses que c'est ça leur vrai problème ? »

« Pas toi ? » demanda-t-elle nonchalamment, ne prenant même pas la peine de lever les yeux. C'était une supposition intéressante, admit-il, en regardant un Neville amusé qui hocha la tête. En y repensant, Ginny avait peut-être raison.

« Hm. » marmonna-t-il avant de retourner à sa propre lecture. Qui l'aurait cru ?

Le week-end d'Halloween se rapprochait et Adrian s'assombrissait de plus en plus au fil des jours. Leurs parents, à cause des derniers évènements, avaient décidés de ne pas signer les formulaires nécessaires pour Pré-au-Lard et, par conséquent, Adrian et Harry seraient obligés de rester à l'école ce jour là.

« Oh, allez Adrian ! » s'exclama Harry lorsque son frère s'était avachi dans le canapé à côté de lui. « C'est pas comme si on était jamais allés à Pré-au-Lard !

« Non, pas avec le reste de l'école, on y est jamais allé ! » contra Adrian et Harry leva les yeux au ciel. Lorsque son frère avait décidé de bouder, il bouderait et on ne pouvait rien y faire.

« Bon, je vais à la Bibliothèque. » déclara Harry en se levant du canapé et ferma le livre de Botanique qu'il avait emprunté pour sa dissertation. « Tu veux venir ? »

« Oh que non ! » grogna Adrian avec un air renfrogné.

« Comme tu veux. » répondit Harry un peu amusé par la situation. Neville était déjà à la Bibliothèque, et Harry était impatient d'aller le rejoindre. Il croisa Rusard sur son chemin dans les couloirs et il du le convaincre que le livre qu'il avait devait être rendu à la Bibliothèque. Il retournait à la Salle Commune lorsqu'il croisa Severus qui tenait un gobelet fumant. « Tu apportes sa potion à Remus ? » demanda Harry qui avait immédiatement reconnu la Tue-loup.

« Oui, c'est bien ça. » répondit Severus. « Même si ça veut dire que je devrais probablement endurer une autre conversation avec le clébard et ses remarques pas si subtiles que je serais impressionnant en vert. » ajouta Severus d'un ton cinglant. Harry essaya d'enlever le sourire de son visage et décida de l'accompagner jusqu'au bureau des professeurs de Défense. En moins d'une minute, Severus toqua sur la porte avant d'entrer de lui-même. Comme il l'avait prédit, Sirius était là également, assis près de la cheminée.

« Snape. » grogna-t-il en guise de salutation. « Salut gamin ! T'as décidé de nous payer une visite ? » ajouta-t-il rayonnant dès qu'il vit Harry derrière le maître de Potions.

« Salut Sirius, Remus. » les salua-t-il en retour pendant que Severus posait le gobelet sur le bureau derrière celui où était assis Remus. « J'allais rendre un livre à la Bibliothèque et j'ai croisé le professeur Snape qui venait jusqu'ici. Je me suis joint à lui. »

« Ta potion est prête. » déclara Severus sèchement. « Si tu en as besoin de plus, j'en ai fait un chaudron entier. »

« Oui, j'en aurais peut-être besoin d'un peu plus demain. Merci Severus. » Remus, toujours poli, avala la potion en quelque gorgée. « Un goût horrible, comme d'habitude. » commenta-t-il, en grimaçant face au goût.

« Dis Snape, » commença Sirius. « Tu ne penses pas que tu devrais arrêter de porter du noir à un moment ? » Severus ne daigna même pas répondre à sa question mais ça ne découragea pas l'Animagus canin de continuer. « Parce que j'ai entendu que le vert était vraiment à la mode cette saison et tu pourrais profiter d'une couleur un peu plus vivante pour contraster avec ton visage… » Severus le fixa avec mépris.

« Je garderais ça en tête. » fut tout ce qu'il dit. Sirius, déçu que le professeur de Potions n'ait pas mordu à l'hameçon, essaya de parler à nouveau lorsqu'Harry décoda d'intervenir. Le bol sur le bureau de Remus lui donna l'opportunité parfaite.

« Hey, ce n'est pas un Strangulot ça ? » demanda-t-il, en pointant le démon aquatique avec intérêt. Severus comprit le message et s'excusa avant de partir pendant que Remus lui expliquait qu'il comptait passer aux démons des eaux après les Kappa. Sirius retourna à son activité précédente c'est-à-dire lire un dossier du Ministère, avec un air déçu pendant qu'Harry soupirait intérieurement, soulagé d'avoir désamorcé la crise. Il se demanda vaguement combien de temps mettrait Severus à réduire le mannequin d'entraînement en pièces cette fois.

Le temps qu'il rentre à la Salle Commune, en discutant avec Neville de leur dernier projet de Botanique, Ron et Hermione étaient déjà rentrés, avec un énorme assortiment de sucreries de Honeyduckes, la fameuse confiserie de Pré-au-Lard. Le sucre sembla apaiser légèrement Adrian et il était déjà de meilleure humeur lorsqu'ils se dirigèrent tous vers le festin d'Halloween. Comme d'habitude, le repas était délicieux et on trouvait difficilement un élève qui ne se resservait pas. Même ceux qui étaient passé à Honeyduckes semblaient déterminés à se bourrer de la célèbre tarte à la citrouille de Poudlard et l'adolescent aux yeux verts pouvait facilement comprendre pourquoi.

Si on mettait de côté la nourriture délicieuse, il n'arrivait pas à se débarrasser du mauvais pressentiment qui l'avait collé toute la journée. Il avait mis de temps à comprendre ce que c'était mais en regardant le ciel sombre du plafond enchanté il avait enfin réalisé ce qui l'ennuyait. C'était Halloween. En général, Halloween se passait mal ici. Non, se corrigea-t-il, en général quelque chose se passait mal pour lui à Halloween. Quirell et son Troll, l'attaque de Miss Teigne et comment pourrait-il oublier Voldemort et son essai de les tuer, lui et son frère, lorsqu'ils avaient un an ?

Mais, il se tut, donnant une chance à l'optimisme, rien n'était arrivé jusque là. Peut-être qu'il aurait de la chance cette fois-ci. Le temps passa et le festin finit par toucher à sa fin, et Harry était heureux de pouvoir dire qu'aucun professeur possédé ne s'était rué dans la pièce, aucune fête des morts à l'horizon et pas un seul murmure ni aucune histoire à dormir debout sur un serpent meurtrier n'était parvenu à ses oreilles. Non Monsieur !

Logiquement dans ses conditions, Harry était de très bonne humeur en suivant ses camarades Gryffondor retourner à la Salle Commune, et discutait joyeusement avec Neville sur la nouvelle créature qu'ils allaient étudier en DCFM. Les jumeaux Weasley s'approchèrent d'eux, et leur parlèrent d'une nouvelle invention sur laquelle ils travaillaient, lorsqu'il rentra dans Lee Jordan, qui marchait devant lui.

« Désolé, Lee. » s'excusa-t-il en se frottant le nez.

« Pas ta faute Harry. » lui assura l'élève de cinquième année.

« Pourquoi personne n'avance ? » demanda Harry, réalisant qu'il n'avait pas été le seul à s'arrêter brutalement. La ligne de Gryffondor devant lui était immobile, personne ne passait par le portrait de la Grosse Dame.

« Pourquoi personne ne rentre ? » demanda Ron d'un peu plus loin. Bonne question, pensa Harry en essayant de regarder par-dessus les têtes des gens assemblés devant l'entrée. Le passage avait l'air fermé ce qui était insensé. Est-ce que la Grosse Dame visitait encore une de ses amies ? Mais, pensa l'adolescent, elle ne faisait jamais ça avant le couvre-feu.

« Laissez-moi passer, s'il vous plaît, » sonna la voix de Percy, en s'avançant à travers la foule, torse bombé, « C'est quoi le problème ici ? Vous ne pouvez pas tous avoir oublié le mot de passe… Excusez-moi, je suis Préfet… » Puis le silence tomba sur la foule, vers l'avant d'abord, et le frisson sembla se répandre dans la foule. Si quiconque songea aux Détraqueurs, ils choisirent de ne pas le montrer. Puis ils entendirent Percy dire, d'une voix coupante, « Que quelqu'un aille chercher le professeur Dumbledore. Vite. »

« Dumbledore ? » se demanda Harry à voix haute. Qu'est-ce qui pouvait être si important qu'ils avaient besoin de Dumbledore ? Son esprit se rappela brièvement des attaques de l'année dernière. Mais le Basilic était mort, il en était sûr. Pour le meilleur ou pour le pire, tout ce qu'il décidait de tuer, mourrait. Et pas même le roi des serpents n'aurait pu survire aux évènements de Juin dernier.

Dumbledore apparut rapidement et les Gryffondor lui créèrent un passage pour qu'il puisse s'avancer. Harry fut l'un des curieux qui le suivirent. De loin, le portrait avait toujours l'air fermé mais la Grosse Dame n'abandonnerait pas son poste pendant qu'il y avait un festin en bas. Un seul coup d'œil d'un peu plus près suffisait à comprendre pourquoi le portrait avait encore l'air fermé. Le cadre était encore bien fixé sur le mur. C'était le reste de la peinture qui manquait.

La toile était déchirée, des pans de tailles différentes tombant des restes lacérés de ce qu'avait été le portrait de la Grosse Dame. Cette dernière avait dû fuir – et heureusement – puisqu'Harry n'arrivait pas à discerner une trace de rose que ce soit sur les bouts qui restaient de la peinture, encore fixés sur la cadre, ou sur les morceaux au sol. Dumbledore regarda rapidement le tableau ruiné en face de lui et se retourna, les yeux plus sombres, pour voir McGonagall, Remus et Severus se précipiter vers lui.

« Nous devons la trouver, » ordonna-t-il. « Professeur McGonagall, allez trouver M. Rusard pour lui dire de fouiller chaque peinture du château pour la Grosse Dame. » Severus observa la peinture avec une furie à peine restreinte. Il n'y avait qu'un seul homme qui aurait quelque chose à gagner d'un acte aussi désespéré. Il n'avait jamais pensé que Pettigrow pouvait avoir quelque chose qui ne faisait que ressembler à du cran mais aucune autre explication ne pouvait lui venir en tête sur le moment. Peut-être que le rat en fuite avait été quelque chose de plus que ce que les apparences laissaient croire.

« Bonne chance avec ça ! » résonna une voix caquetante, interrompant le courant de ses pensées. Un regard au dessus de lui trahit facilement la source du son, qui était Peeves. Pour être honnête, il ne connaissait personne d'autre avec une voix si moqueuse et railleuse. Et l'esprit frappeur avait l'air plus que ravi à propos de quelque chose. Ce n'était jamais un bon signe.

« Que veux-tu dire Peeves ? » demanda calmement le professeur Dumbledore, en effaçant efficacement le rictus sur le visage du fantôme. Même Peeves avec sa nature odieuse n'osait jamais provoquer Dumbledore. Je suppose qu'il est bon à quelque chose en fin de compte, pensa Severus.

« Honteuse, Monsieur le Directeur. Elle ne veut pas être vue. Elle est dans un état lamentable. Je l'ai vu courir à travers les paysages du quatrième étage, Monsieur, en slalomant entre les arbres. En criant des choses terrifiantes, » déclara-t-il joyeusement. « Pauvre chose. » ajouta-t-il peu crédible, son rictus revenu à la puissance dix. Severus dut retenir son rictus à son tour : du coin de l'œil, il avait vu Harry lever les yeux au ciel, exaspéré, une réaction qui le faisait tellement ressembler à lui que c'était plus qu'amusant, en dépit de la situation.

« Elle a dénoncé le responsable ? » dit doucement Dumbledore. Il était évident pour les personnes qui le connaissaient un peu qu'il attendait simplement une confirmation de ses peurs.

« Oh oui, Professeur, » répondit Peeves, avec l'air de quelqu'un qui avait une bombe dans les mains. Se refusant le plaisir de jeter un Récurvite sur le fantôme, Severus attendit patiemment le reste de l'explication. « Il s'est vraiment énervé lorsqu'elle a refusé de le laisser entrer, vous voyez. » Peeves fit une pirouette et sourit à Dumbledore entre ses jambes. « Pour un homme aussi petit, il a un caractère bien trempé, ce Peter Pettigrow. » Un seul regard entre Severus et Harry suffit à faire passer le message. Le message en question étant 'bordel de merde' puisque les deux avaient espéré avoir un Halloween calme cette fois.

Les élèves furent conduits dans la Grande Salle, pendant que les professeurs étaient dispatchés dans tout le château. Dumbledore conjura des sacs de couchage pour tout le monde avec un sort de transformation plutôt impressionnant avant de joindre les recherches, en laissant les rênes à Percy Weasley, qui arborait un air pompeux.

Pendant qu'Hermione faisait la leçon à tous leurs camardes qu'on ne pouvait pas pénétrer dans le château magiquement, surtout grâce aux protections de Dumbledore et les Détraqueurs, Harry regardait pensivement le plafond enchanté. Même si Hermione ne devait pas le dire – ni Adrian, Ron ou lui-même – la partie sur comment Peter était entré dans le château, en sachant qu'il pouvait se transformer en rat, était à moitié expliquée.

À moitié seulement parce qu'il était normalement impossible d'entrer l'école puisque même les passages secrets avaient été protégés pour empêcher les Animagi en particulier de passer – le sortilège n'étant levé que lorsque Sirius ou Minerva désiraient passer. Ça avait été assez embêtant pour Severus qui avait dû trouver une excuse pour dissimuler la véritable raison pour laquelle il ne pouvait pas passer, étant un Animagus non déclaré. Son moyen pour échapper à un interrogatoire avait été Sirius qui s'était apparemment porté volontaire pour patrouiller les entrées secrètes. Severus avait facilement refusé de travailler aussi proche de Sirius et le Directeur, désireux d'éviter tout conflit, avait accepté. Bien sûr, cela empêchait également Harry d'utiliser les passages secrets, mais ça n'avait pas posé de problème jusque là.

Néanmoins, une autre question nécessitait une réponse. Pourquoi, par l'enfer, Pettigrow essaierait de pénétrer dans la Salle Commune durant la première nuit du trimestre où personne n'était dedans ? S'il voulait attaquer Adrian, il n'avait qu'à attendre un peu plus longtemps, le temps que les enfants arrivent. Bon après, il aurait dû échapper à une Maison entière de Poudlard et il n'avait pas de baguette. N'importe quel étudiant au-delà de sa quatrième année – et Adrian et lui-même bien sûr – l'aurait facilement arrêté. S'ils étaient réveillés. Mais même s'ils étaient endormis avant, quelqu'un se serait réveillé et aurait remarqué un homme capturer Adrian.

Ça n'avait simplement aucun sens. L'homme était soit désespéré, pensa Harry, soit il suivant une sorte de plan. Et sachant qu'il était loin d'être l'homme le plus brillant aux alentours de ce qu'il avait pu comprendre, s'il suivait un plan, il n'était pas seul. Et il n'avait pas l'air d'être le seul à atteindre une telle conclusion. Severus avait approché Dumbledore quelques heures plus tard, pour lui poser exactement la même question. Pourquoi, par l'enfer, Pettigrow, un homme qui avait toujours fait de son mieux pour fuir, agissait de manière si imprudente ?


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