Chapitre 38
Combats et un Patronus
Hello à tous ! Bon, pas grand chose à dire aujourd'hui à part, comme d'habitude un très grand merci pour toutes vos reviews et vos follows, ça touche toujours énormément, et désolée si j'arrive très rarement à répondre à vos reviews d'ailleurs, j'essaie toute les semaines mais déjà qu'en ce moment je suis à la traîne pour la traduction (ben ouais faut que je m'occupe de celui de la semaine prochaine aujourd'hui et demain si je veux pouvoir le finir à temps)
Voilà et comme d'hab,
Enjoy !
Disclaimer : J'en ai marre de le mettre à chaque fois, ça me déprime... Allez, répétez tous après moi, 'seule la traduction m'appartient'...
Ça n'avait simplement aucun sens. L'homme était soit désespéré, pensa Harry, soit il suivant une sorte de plan. Et sachant qu'il était loin d'être l'homme le plus brillant aux alentours de ce qu'il avait pu comprendre, s'il suivait un plan, il n'était pas seul. Et il n'avait pas l'air d'être le seul à atteindre une telle conclusion. Severus avait approché Dumbledore quelques heures plus tard, pour lui poser exactement la même question. Pourquoi, par l'enfer, Pettigrow, un homme qui avait toujours fait de son mieux pour fuir, agissait de manière si imprudente ?
Les jours passèrent assez rapidement après l'incident de la Tour Gryffondor, comme l'appelait maintenant les étudiants. La concentration d'Harry avait été abruptement détournée du problème Pettigrow – pas celle de Severus par contre, qui était obsédé par l'incident – principalement à cause du Quidditch. Le premier match de la saison était un Gryffondor contre Serpentard et Harry s'était mentalement préparé pour un jeu déloyal. Mais l'équipe Serpentard avait d'autres problèmes.
Pour le plus grand énervement d'Harry – et de Severus – la veille du match, Marcus Flint, le capitaine de l'équipe adverse, était arrivé sur le terrain pendant qu'ils s'entraînaient pour les informer que Malfoy avait eu un accident durant l'entraînement et, par conséquent, l'équipe ne pouvait pas jouer. Donc le match devint un Gryffondor contre Poufsouffle. Neville, qui avait observé la confrontation depuis les gradins, avait simplement levé les yeux vers le ciel pour pointer un ciel couvert de nuages. Harry avait hoché la tête, comprenant le message.
« Blessé, mon œil ! » s'était écrié Georges, dès que Flint avait quitté le terrain. « Ils ne veulent juste pas jouer par ce temps ! » Et Harry était parfaitement d'accord. Il avait plu non stop ces trois derniers jours et tout indiquait que le jour du match, il y aurait encore plus de vent que les précédents. Et en parlant de Quidditch, il y avait aussi une nouveauté du côté des Poufsouffles. Ils semblaient avoir un nouveau capitaine. Son nom était Cédric Diggory qui était également l'Attrapeur de l'équipe. Harry avait ricané, amusé par la réaction des joueuses de son équipe lorsqu'ils avaient appris la nouvelle, mais il semblait être le seul garçon de son équipe à réagir ainsi. Georges et Fred étaient clairement mécontents et ils ne se privèrent pas de l'exprimer de plusieurs manières lors du dîner, plus tard ce jour là, tandis qu'Harry hochait simplement la tête et fit de son mieux pour étouffer ses ricanements amusés dans sa purée. Son meilleur ami, par contre, s'étouffa simplement avec sa purée et les deux adolescents se mirent à rire ouvertement après le départ des jumeaux.
Cependant, l'équipe finit par retourner à ses activités scolaires, ne pouvant rien faire d'autre. D'un, ils avaient décidés de ne pas s'abaisser à se dégonfler et à déclarer forfait, et de deux, les conditions extérieures ne leur permettaient pas vraiment de s'entraîner plus longtemps, et même Olivier avait dû admettre que leur meilleure stratégie serait d'essayer de ne pas penser au match. Le lendemain, Sirius, qui avait assuré les cours en grande partie à cause de la pleine lune, avait été plus que ravi de lui donner des conseils pour qu'il puisse mieux stabiliser se trajectoire en vol, sous une averse. Harry n'avait pas eu le cœur de lui dire qu'il en savait probablement plus que lui sur le maniement d'un balai, donc il s'était tu et avait écouté avec attention. Étrangement, Neville avait semblé assez intéressé par ce que Sirius avait à dire et Harry mit cette information dans un coin de sa tête pour plus tard. Il se reconcentra sur Sirius, pas sur ce qu'il expliquait mais plutôt l'Animagus lui-même.
Il était évident pour tous ceux dans la confidence que son parrain subissait énormément de stress ces derniers temps. Des cernes apparaissaient toujours sous ses yeux bien marqués et il semblait avoir perdu quelques kilos. Harry savait déjà qu'il prenait la fuite de Pettigrow comme une défaite personnelle. Il n'osait même pas imaginait comment lui se sentirait s'il apprenait que son ancien ami avait réussi à pénétrer dans l'école alors qu'il était supposé monter la garde.
Il savait également que sa mère n'était pas passée loin de la crise cardiaque. Adrian avait reçu une lettre extrêmement longue qui lui expliquait qu'il devait se comporter avec beaucoup de prudence, beaucoup plus que ce dont il avait fait preuve ces derniers temps, qu'il ne devait jamais sortir de la salle commune après la tombée de la nuit et d'autres instructions similaires qui avaient considérablement énervé son grand frère. Harry espérait simplement qu'Adrian ne tenterait rien de dangereux juste par contradiction désormais. Connaissant la nature aventureuse de son frère, il s'attendait au pire. Les jumeaux Weasley avaient également lancé des regards étranges à son frère toute la semaine. Et ça c'était pourquoi ?
Toutes ses pensées sur ce sujet furent repoussées au fur et à mesure que le match se rapprochait. Il était en train d'imperméabiliser les lunettes et les tenues de toute l'équipe lorsqu'un Sirius trempé et un Adrian tout aussi humide entrèrent dans les vestiaires.
« Coucou tous les deux ! » les salua Harry, en lançant son dernier sort sur les lunettes protectrices d'Alicia Spinnet. « Ça devrait le faire, Alicia. »
« Tu es un sauveur, Harry. »
« Est-ce que tu es en train de jeter des sorts d'imperméabilité ? » demanda Sirius à son filleul, en souriant avec fierté.
« Je me suis dit que ça pourrait être assez utile. » admit Harry en jetant les sorts sur son propre attirail. Le tonnerre gronda assez proche du terrain de Quidditch, interrompant brièvement la conversation. « Je ne sais pas si tu l'avais remarqué, mais il pleut dehors. » déclara Harry en brisant le silence.
« J'ai plus ou moins remarqué. » plaisanta Sirius, en séchant ses vêtements et ceux d'Adrian d'un mouvement de baguette.
« Alors, prêt pour ton match ? » demanda Adrian.
« Ouaip. » lui assura Harry, essayent d'apparaître aussi confiant que possible. Il aurait souhaité une fois de plus pouvoir monter son Éclair de Feu pour jouer.
« Sûr ? » vérifia Sirius. Harry leva les yeux au ciel et se tourna pour faire face à son parrain.
« Balai ? C'est ok. » commença-t-il en lui brandissant son Nimbus 2000 sous le nez. « Des sortilèges waterproof pour survivre au cataclysme ? C'est ok. » continua-t-il, faisant rire son frère. « Lunettes imperméabilisées pour que je puisse voir où je vais dans le dit-cataclysme ? C'est encore ok. Et baguette, parce que je suis parano ? Aussi ok. »
« Ok, gamin. Tu m'as convaincu. » répondit Sirius, en mettant un petit coup dans le dos de l'adolescent.
« On est juste passé pour te dire bonne chance. » ajouta Adrian. « J'aurais vraiment aimé que tu puisses botter le cul à Malfoy mais Poufsouffle fera l'affaire. » Harry sourit à l'encouragement de son frère. C'était agréable d'entendre ce genre de choses venir de quelqu'un d'autre que Severus de temps en temps.
« Ton frère a raison, Harry. » ajouta Sirius. « Tu vas bien te débrouiller. » Harry hocha la tête et sourit en les regardant s'éloigner, avant de se préparer à rentrer en piste.
« Je suis totalement d'accord avec ça ! » raisonna la voix de Neville depuis le fond de la salle où Olivier l'avait acculé pour lui expliquer comment l'équipe allait jouer pour le match. « Et est-ce que tu pourrais, s'il te plaît, rappeler à Olivier que je ne fais pas partie de l'équipe ? Je crois qu'il l'a oublié. » Harry éclata de rire, en jetant un regard amusé vers un Olivier désormais silencieux, qui revoyait frénétiquement les schémas et tactiques qu'il avait élaboré cette semaines.
« Je ne pense pas que ça change quoi que ce soit, à ce niveau là, Nev. » répondit Harry, en riant encore une fois. « Je pense qu'Olivier aurait essayé d'expliquer ses stratégies même à Trevor s'il venait sauter par ici. » Les deux garçons partagèrent encore un rire joyeux avant que Neville ne souhaite bonne chance à son ami. Il sortit des vestiaires pour rejoindre le reste de leur Maison dans les gradins.
En se rappelant ce jour, Harry réaliserait plus tard que c'était la seule fois qu'Olivier ne leur avait pas fait de discours au début du match. Le capitaine des Gryffondors était tellement désireux de quitter Poudlard avec la plus belle saison que l'école ait jamais vue, il en était devenu muet. Une autre première avait été de rentrer sur le terrain et à peine entendre les applaudissements de la foule. La pluie battait tellement fort, qu'il était presque certain que le reste de l'équipe ne pouvait pas les entendre du tout. Les deux capitaines se serrèrent la main et le jeu commença.
Harry s'envola, en essayant de maintenir son balai le plus stable possible, même s'il n'obtenait pas de grandes réussites. Le vent était tellement fort qu'il devait s'accrocher comme jamais auparavant. Il fit quelques tours du terrain, attentif à l'Attrapeur adverse. Olivier avait eu l'espoir que, à cause du temps épouvantable, Cédric et sa carrure plus massive serait désavantagé sur le terrain. Le problème, c'était que tous les enchantements du monde ne pouvaient pas tromper le vent et, même si personne ne pouvait le voir, Harry avait encore plus grandi depuis qu'il avait débuté sa puberté, il avait désormais atteint les 1m65. Severus aimait se moquer de lui en disant qu'il avait été touché par un maléfice d'étirement, étant donné qu'il avait pris presque 7cm en deux mois. Harry l'avait juste fusillé du regard pendant que le maître de Potions reposait sur lui les sorts de dissimulation qu'ils utilisaient habituellement, même si ce dernier avait réussi à persuader Harry de laisser sa nouvelle taille se montrer progressivement au cours de l'année.
En revanche, dans l'immédiat, le vent lui causait bien plus de problèmes que ce qu'il aurait imaginé. Harry fit de son mieux pour localiser le Vif d'Or le plus rapidement possible. Plus tôt il pourrait reposer les pieds sur terre, mieux ça serait, surtout si on prenait en compte sa tendance à avoir des accidents sur le terrain. Sans qu'il ne le sache, Severus pensait la même chose. Qui, avec un minimum de bon sens, autoriserait un match de Quidditch dans de telles conditions ? Personne, réalisa le professeur de Potions. Mais Albus Dumbledore, même s'il était un sorcier aux nombreux talents, n'était définitivement pas sain d'esprit. Il lança un regard noir au dit Directeur et se reconcentra sur le jeu pile au bon moment, pour voir Harry esquiver un Cognard qui visait sa tête, de manière assez spectaculaire.
Le sorcier aux yeux verts s'accrochait à son balai comme si ça vie en dépendait – ce qui était plus ou moins le cas – et continua de scruter le terrain en-dessous de lui à la recherche du Vif d'Or insaisissable. Il cru l'avoir aperçu à un moment mais un Cognard bien lancé l'empêcha de partir en chasse. Le pire, c'était que ça n'avait pas été fait exprès. Cédric était tout aussi perdu que lui et avait plus l'air décidé à le suivre de partout et s'assurer d'aller plus vite qu'Harry pour attraper le Vif d'Or, une fois qu'il serait repéré.
Harry devait bien admettre que le Poufsouffle de sixième année était doué. Suivre l'Attrapeur adverse aurait été la tactique qu'il aurait choisi également, s'il pensait que son adversaire avait de meilleures chances que lui d'attraper le Vif d'Or. Mais ça devenait presque ennuyeux. Il essaya de le tromper plusieurs fois et, même si ça avait en partie marché, ça ne valait pas le temps que ça prenait, au final. Le temps était bien trop mauvais pour effectuer plus de manœuvres que nécessaires. Au moins, pensa Harry en regardant le reste des joueurs de son équipe, les sorts imperméables avaient l'air de bien fonctionner. Ils menaient le jeu et avaient l'air bien plus à l'aise que leurs adversaires.
Et, alors qu'Harry commençait à s'irriter légèrement à cause, à la fois du temps et de Cédric Diggory, quasiment toujours collé à ses fesses plutôt qu'en train de chercher le Vif d'Or, il le vit. Une lueur dorée qui planait juste au-dessus du sol, au niveau des buts de Poufsouffles. Avec un grand sourire en coin, il plongea, accélérant aussi vite que lui permettait son balai. Ce ne fut même pas une seconde après le début de sa descente qu'il le sentit : le froid perçant sa peau comme une centaine d'aiguilles, les cris d'un homme mourant devenant de plus en plus forts et faisant bourdonner ses oreilles. Le temps sembla se figer tandis que tous les encouragements des spectateurs s'arrêtèrent d'un coup et tout le monde était sur ses pieds, terrifiés, devant l'arrivée des grandes silhouettes encapuchonnées des Détraqueurs.
Harry sentit sa tête commencer à tourner. Le martèlement dans sa tête devint tellement assourdissant qu'il pensa presque qu'il allait décrocher de son Nimbus. Mais, au final, ses yeux se rétrécirent de colère et non pas de peur. Il ne se figerait plus face au danger, plus jamais. Il l'avait juré quelques années auparavant et ce ne serait pas un Détraqueur qui le ferait briser son serment. Il dégaina sa baguette et visa approximativement dans leur direction, réunissant les pensées les plus heureuses qu'il pouvait rassembler : son Éclair de Feu, l'expression fière de Severus lorsqu'ils avaient quitté les bureaux de Nimbus & Co., son frère, toujours en vie malgré les épreuves, lui-même en train de rire aux éclats dans différents coins du globe, passer des bons moments avec Neville qui le faisaient réaliser ce qu'était une véritable amitié, sauver son frère…
« Expecto Patronum ! » tonna sa voix dans le stade complètement silencieux à ce moment et un énorme éclat argenté lui confirma qu'il avait bel et bien réussi à conjurer son Patronus. C'était le sort, peu importe combien il était avancé, que Severus et lui avaient jugé indispensable de pouvoir utiliser ouvertement. Souriant ouvertement en sentant le bruit diminuer dans ses oreilles, Harry retourna son attention vers le Vif d'Or. L'apparition de son Patronus, bien que stupéfiante, semblait également avoir brisé l'emprise des Détraqueurs sur l'Attrapeur des Poufsouffles : le blond avait à son tour commencé à plonger. Et il commença son plongeon, plus proche du Vif que lui.
« Allez ! » grogna Harry sur son balai. « Plus vite ! » Il se pencha le plus possible sur son Nimbus et ne put retenir son rire victorieux lorsqu'il dépassa Cédric et réussit à attraper le Vif d'Or quelques secondes à peine avant son adversaire. Il reprit de la hauteur, les doigts bien serrés sur le Vif qui essayait encore de fuir et Madame Bibine siffla la fin du jeu. La voix de Lee Jordan hurlait la victoire des Gryffondors extatiques. Ce fut la première fois qu'il eut droit à des applaudissements aussi déchaînés. Il avait l'impression que la foule rugissait, les applaudissements résonnaient plus fort que le tonnerre. Ses pieds n'avaient même pas encore touché le sol lorsque ses compagnons de jeu foncèrent sur lui pour le féliciter.
« Un Patronus ! » s'exclama Olivier. « Un vrai Patronus ! Et tu as réussi à chopper le Vif d'Or ! Meilleur. Attrapeur. Au. Monde. ! » Il avait tout débité d'un seul coup, probablement en une seule respiration pendant qu'il serrait Harry dans ses bras comme si sa vie en dépendait.
« Tu l'étouffes, Olivier ! » le réprimanda Angelina de quelque part derrière son épaule gauche. Elle avait plutôt raison, nota un Harry virant doucement au bleu. Avant de pouvoir penser à la possibilité de mourir à cause d'une accolade, Olivier, désormais au bord des larmes, se recula et tous ses camarades le félicitèrent vivement. En jetant quelques coups d'œil par-dessus l'épaule de Georges – ou Fred, il était absolument incapable de le dire sous cette pluie – il cherchait des yeux le maître de Potions.
Le dit maître de Potions avait un sourire en coin plus que satisfait et s'avançait vers Harry tout comme le reste des membres du corps enseignant, menés par un Sirius éberlué, un Dumbledore confus et – par l'or des Gobelins ! – une professeur McGonagall enjouée. Harry sourit simplement au groupe qui se rapprochait et se préparait mentalement à raconter sa version des faits. Il savait qu'il en aurait besoin un jour ou l'autre alors il avait trouvé une histoire convaincante dès qu'il avait réussi à conjurer son tout premier Patronus, et il l'avait racontée à Severus qui l'avait un tout petit peu perfectionné et elle était désormais prête à être racontée.
« Bordel, Harry ! » s'exclama Sirius en regardant son filleul, sous le choc. « C'était quoi ça ? »
« Félicitations, M. Potter ! » s'exclama une McGonagall très souriante à son tour. Elle n'avait pas l'air aussi pressée de savoir d'où venait son Patronus, du moins pour le moment, pensa Harry, amusé.
« Oui, oui. » commença Dumbledore, sa voix pour une fois légèrement perturbée. « Un très beau jeu et une encore plus belle démonstration de magie. »
« C'était quoi ce bordel, Harry ? » se répéta Sirius, faisant rigoler légèrement Harry.
« Ça vous dérangerait de faire ça à l'intérieur ? » demanda-t-il, en levant les yeux vers le ciel. « Je suis trempé, un sort imperméable ne fait pas non plus des miracles. » Neville était également juste à côté, en regardant son meilleur ami avec un sourire fier et une étincelle dans les yeux. Harry en déduit qu'il apprendrait rapidement à Neville comment fonctionnait le sortilège du Patronus assez rapidement. Il sourit à cette possibilité et hocha la tête une fois vers son ami avant de rediriger son regard vers le Directeur.
« Oui, bien sûr. » acquiesça Dumbledore. Et, après ça, une grande partie du personnel de l'école suivirent l'équipe de Gryffondor au milieu des cris de joie dans les vestiaires. Harry s'arrêta en passant à côté de Cédric et lui tendit la main.
« Tu t'es vraiment bien débrouillé sur le terrain. » félicita-t-il l'autre garçon qui, après la surprise initiale, sourit et serra la main d'Harry.
« Et bien, tu étais meilleur. »
« Disons simplement qu'on a tous les deux fait de notre mieux. C'était vraiment un très beau match. » répondit Harry en riant.
« Ça c'est clair ! » confirma Cédric en riant lui aussi. Ils se dirent au revoir et se dirigèrent vers leurs vestiaires respectifs. Severus se fit une note mentale d'offrir quelque chose d'énorme à Harry pour Noël pendant que ce dernier félicitait son adversaire pour le match : il avait élevé un gentleman, nom de dieu ! Et tu ne vas pas te mettre à pleurer s'admonesta-t-il. Juste par bonne mesure, il se tourna vers Sirius, ouvertement choqué et son rictus revint automatiquement sur son visage. Dès qu'ils posèrent un pied dans les vestiaires, Harry fut bombardé de questions, encore une fois.
« Est-ce que tu vas finir par me dire ce qu'était ce bordel ? » demanda à nouveau Sirius, de manière frénétique.
« Oui, je crois que nous aimerions tous le savoir. » insista Dumbledore. Sa voix créa instantanément le silence dans la pièce et Harry haussa les épaules.
« Pour commencer, est-ce que le professeur Lupin vous a dit que l'Épouvantard prend la forme d'un Détraqueur pour moi ? » demanda Harry au Directeur. Le vieil homme secoua négativement la tête puisqu'il n'avait jamais demandé. En revanche Sirius ainsi que McGonagall hochèrent positivement la tête. « Et bien, après les avoir rencontré une première fois dans le train, j'ai cherché un sort que je pourrais utiliser contre eux à la Bibliothèque. Le sort du Patronus n'est pas si difficile à trouver étant donné qu'il est enseigné en septième année. »
« C'est vrai. » acquiesça Albus, puis lui fit signe de continuer.
« Et bien, j'ai récupéré l'incantation, et la manière de l'utiliser pour la faire fonctionner mais, même après plus d'un mois, quand j'ai enfin réussi à conjurer un Patronus corporel, je n'avais aucun moyen de voir s'il marcherait vraiment contre des Détraqueurs. Et après ça, j'ai fait face à l'Épouvantard et je me suis dit que, si je m'entraînais contre l'Épouvantard qui prétendait être un Détraqueur, et que j'arrivais à faire fonctionner le sort, alors j'aurais les mêmes résultats contre un vrai Détraqueur. » expliqua Harry.
« C'est assez bien réfléchi, en effet. » se permit de commenter Flitwick. « Et très Serdaigle de votre part, M. Potter ! »
« Merci, professeur. » répondit Harry en souriant, se rappelant que les jumeaux lui avaient dit que Flitwick pensait qu'il était un Serdaigle refoulé.
« Donc, qu'est-ce que tu as fait ? » demanda Sirius, toujours un peu perdu.
« Et bien, j'avais cru entendre que le professeur Lupin entraînait Adrian et vous, monsieur, vous étiez occupé avec la recherche de Pettigrow donc… »
« Il m'a demandé de lui trouver un Épouvantard. » admit Severus, le visage inexpressif. Le silence emplit à nouveau la pièce.
« Toi ? » demanda Sirius en se tenant la tête, comme s'il était pris de vertiges. Le reste de l'équipe de Gryffondor fixa le professeur de Potions, choqués.
« Oui. » répondit Severus avec désintérêt. « Je lui ai procuré un Épouvantard et une salle de classe vide. J'imagine qu'il s'est entraîné. » Il le fit sonner comme s'il était déçu qu'Harry ait réussi à le faire, chose qui sembla apaiser les Gryffondors qui se mirent probablement à penser que le maître de Potions avait espéré qu'Harry ait abandonné ou se soit fait battre à plate couture par un Épouvantard.
« C'est bien ça, monsieur. » affirma Harry. « J'ai réussi à faire fonctionner le sort correctement i peine quelques jours. » C'était un petit mensonge, mais Adrian avait réussi à produire un Patronus corporel quelques semaines avant le match et Harry ne voulait pas leur dire qu'il avait réussi à le faire bien plus rapidement devant un Détraqueur.
« Ça explique beaucoup de choses. » commenta Dumbledore, ses yeux pétillant joyeusement. Harry devina qu'il était parvenu à une conclusion dans sa tête et, vu l'expression heureuse sur son visage, probablement la mauvaise. Oh, tant pis. « 20 points pour Gryffondors pour la détermination de leur Attrapeur. » Des applaudissements se firent entendre dans les vestiaires et ne firent que s'intensifier lorsque Flitwick le récompensa de 10 points de plus pour :
« Avoir démontré une grande prouesse magique et volonté. » Et le petit professeur partit, pensant à nouveau que, peut-être, le Choixpeau s'était trompé cette année et que le jeune Potter aurait du être à Serdaigle. Le professeur McGonagall suivit son exemple, félicitant encore une fois son équipe en pensant brièvement que même les Détraqueurs n'arriveraient pas à détrôner la coupe de Quidditch de son bureau. Le Directeur partit, en songeant que Severus avait peut-être commencé à changer pour le mieux pendant qu'il avait élevé Harry. Et Sirius suivit à contrecœur un Severus fier – même s'il apparaissait très calme de l'extérieur – et sortit de la pièce, en sentant que quelque chose avait semblé très étrange dans cette conversation, il lui manquait quelque chose et il était bien décidé à découvrir quoi, pensa-t-il.
« Tenté de continuer cette petite fête dans la Salle Commune ? » demanda Fred, et sa proposition fut suivit d'une vague d'approbation. Harry devait bien l'admettre, cette journée était vraiment le meilleur moment de sa semaine assez mouvementée. Il avait prévu de retourner à la Tour Gryffondor et passer une soirée assez relaxante, peut-être récupérer un petit quelque chose à manger puisque, comme d'habitude, son appétit avait complètement disparu avant le match, puis discuter un peu avec Neville et peut-être même commencer à lui expliquer comment il était possible de conjurer un Patronus. Ce qu'il n'avait pas prévu, c'était de se retrouver au milieu d'une dispute.
« Écoute, si Harry peut le faire, tu peux le faire aussi Ron ! » Hermione réprimandait le plus jeune des mâles Weasley profondément vexé. « Merlin sait combien de temps Adrian a passé à essayer de t'apprendre comment on faisait ! » Harry partagea un regard semi-paniqué à un Neville qui avait les yeux ronds. Ce dernier était entré dans les vestiaires quelques secondes après que les professeurs aient pris congé et il avait marché avec l'équipe de Gryffondor jusqu'à leur Tour, expliquant ce qu'il s'était passé lorsque les Détraqueurs étaient entrés sur le terrain, de son point de vue.
« De quoi ? » demanda-t-il sans bruit à l'Attrapeur Gryffondor qui haussa les épaules et se tourna à son tour vers les jumeaux Weasley pour un peu de détails sur la situation.
« Visiblement, notre petit frère s'est mis dans le pétrin. » déclara Fred en regardant Georges.
« Il semblerait que oui, mon frère ô combien brillant. » répondit Georges, son rictus identique à celui de son jumeau.
« Et qu'est-ce que vous allez faire ? » demanda Harry en secouant la tête face aux pitreries de ses amis.
« Rien du tout ! » s'exclamèrent-ils en chœur.
« Il s'est mis dans cette situation tout seul… »
« … Maintenant il doit s'en sortir tout seul ! » compléta Fred et ils se dirigèrent tout les deux vers le buffet improvisé qu'ils avaient récupéré des cuisines. Dans des circonstances différentes, Harry aurait suivi leur exemple, décontracté, mais son nom avait été mentionné dans la dispute. Ça ne pouvait absolument pas être une bonne chose.
« À l'aide ! » articula-t-il à Neville au moment où son frère l'appela.
« Harry ! » s'écria un Adrian soulagé, ayant l'air plus que ravi que son jumeau soit arrivé. « Aide-moi ! » lui murmura-t-il, pendant qu'il lui tapait dans le dos pour le féliciter.
« Et risquer ma vie au passage ? Comment est-ce que je me suis retrouvé mêlé à cette histoire d'abord ? » demanda le jumeau aux yeux verts, légèrement paniqué.
« Harry ! » l'appela Ron, heureux de trouver un moyen de sortir de cette situation qui se transformait doucement en grosse dispute. « Putain de bon jeu, mec ! »
« Merci, Ron. » répondit Harry en s'approchant prudemment, avec Neville à quelques pas derrière lui. Hermione le regardait, perplexe.
« Où as-tu appris à conjurer un Patronus comme ça ? » demanda immédiatement la jeune fille aux cheveux châtains. Harry résista à l'envie de lever les yeux au ciel. Elle n'avait pas de mauvaise intention mais elle pouvait être tellement autoritaire parfois ! Elle haussa un sourcil, en attente d'une réponse qu'Harry ne se sentait pas obligé de donner. Elle n'aurait pas pu le demander gentiment ?
« Oh, allez Hermione ! » sonna la vois de Ginny derrière lui. « On a l'impression que t'es en train de lui faire un procès au pauvre Harry ! Au fait, super beau jeu, Harry. Et un Patronus du tonnerre. C'était quoi en fait ? J'étais un peu loin pour voir sa forme précise. » Le sorcier aux yeux verts se tourna et sourit à la jeune rousse.
« Merci Ginny. Et c'est un loup. »
« Un peu gros pour être un loup, non ? » demanda la jeune fille, clairement amusée. « Il avait l'air bien plus gros qu'un ours. »
« Je suis juste aussi bon que ça, Weasley. » plaisanta Harry avec un petit sourire en coin. Ginny leva les yeux avec un air exaspéré et retourna vers ses amies, mais pas avant avoir marmonné :
« T'as vraiment la grosse tête, Potter. » Harry rigola doucement mais fut brusquement ramené à l'ordre par une Hermione impatiente.
« Tu ne m'as jamais répondu. » Elle avait l'air de résister à l'envie de taper du pied par terre, et Harry soupira, résigné. Il lui donna la même histoire qu'il avait présentée après le match. Elle eut plus d'impact sur Adrian et Ron que sur elle.
« Snape ? » demanda Ron, incrédule. « Snape t'as aidé ? »
« Il avait l'air assez déçu que l'Épouvantard ne t'ait pas dévoré ou quelque chose du genre, si tu veux mon avis. » commenta Fred, qui avait écouté leur conversation. « Il te regardait d'un air plutôt ennuyé. »
« Plus en colère qu'ennuyé. » le corrigea Georges. Harry secoua simplement la tête.
« Je pense qu'il a toujours ce regard lorsque Sirius est dans les parages. » Les jumeaux hochèrent la tête, devant la logique de sa déclaration.
« Même, l'idée de Snape en train d'aider quelqu'un est pas facile à accepter. » déclara Adrian. Neville regarda Harry avec un gentil sourire. Il avait bien commencé à réaliser que l'image que le professeur Snape montrait à tout le monde à Poudlard était bien différente de ce qu'il était vraiment. Et sa relation avec Harry également, s'ajouta Neville pour lui-même, était bien plus profonde que ce qu'ils laissaient apparaître. Il l'avait réalisé il y a un bon moment, lorsqu'Harry avait choisi de lui montrer, à lui et à lui seul, à quel point les choses étaient différentes entre le maître de Potions et lui, et il ne pouvait pas s'empêcher de se sentir incroyablement heureux d'avoir gagné une telle confiance. Neville savait bien ce que ça voulait dire de dissimuler une partie de soi. Avoir quelqu'un avec qui pouvoir partager toutes ses peurs intérieures et anxiétés, était ce que Neville avait de plus proche d'un frère, chose qu'il aurait aimé avoir depuis qu'il était tout petit.
« C'est pas le plus important ici. » les coupa Hermione et interrompit les pensées de Neville. Elle retourna son attention vers Ron. « Tu vois ? Harry l'a fait parce qu'il s'est entraîné. Puisque tu t'entraînes avec Adrian, tu pourrais au moins essayer et être plus… »
« Oh, ferme-la Hermione ! » la coupa Ron, devenant rouge jusqu'aux oreilles. Il n'aimait pas particulièrement se faire engueuler par une fille devant ses frères et sœur. « C'est pas de ma faute, bordel, si t'as pris plus de cours que ce que tu ne peux suivre en réalité et que tu n'ais pas le temps de venir aux entraînements pour le Patronus ! » Et Harry s'était posé la question, lorsqu'Adrian avait mentionné que seul Ron s'entraînerait avec lui.
« C'est pas de ma faute si tu as choisi la facilité en prenant la Divination ! » contra Hermione, sa voix montant d'un cran. Harry recula d'un pas en déglutissant. Ça s'aggravait à vue d'œil. Il lança un regard anxieux à Fred qui, en retour, lui fit signe de se reculer un peu plus. Neville, prudent, était déjà à une bonne vingtaine de centimètres derrière lui.
« Adrian a choisi les même options que moi ! » lui rappela un Ron offensé. À partir de ce moment, l'attention de leur Maison entière commença à se tourner vers eux.
« Mais, lui, il a des entraînements supplémentaires et… »
« On peut pas tous être des je-sais-tout, chiants et autoritaires ! » cracha Ron et Harry vit avec horreur les yeux d'Hermione s'humidifier.
« Tu es tellement insupportable parfois ! » s'écria-t-elle et courut hors de la salle vers les dortoirs des filles, retenant à peine ses larmes. Harry secoua la tête d'un air découragé. Ils étaient tout les deux insupportables parfois. Neville lui tendit un verre de jus de citrouille en signe de compassion silencieuse et lui pointa le buffet du doigt en lui disant qu'il lui ramènerait quelque chose.
Ron boudait dans son coin, tandis que les jumeaux roux partagèrent un nouveau regard et posèrent leurs mains sur les épaules d'Adrian. Harry les observa pendant que les deux terreurs emmenaient son frère hors de la salle. Il était sur le point de se mettre à les suivre mais il fut interrompu par un Olivier jubilant qui voulait parler de stratégies de Quidditch. Harry ne savait pas trop ce qu'il l'énerva le plus à partir de ce moment. Les yeux d'Olivier scintillants comme s'il avait une très forte fièvre à chaque fois qu'il parlait de Quidditch ou les yeux de son frère qui scintillaient autant lorsqu'il revint dans la Salle Commune ?
