Chapitre 39

Une nouvelle prophétie


Vu que vous l'attendez depuis longtemps je vais faire très court :)

Merci encore à tous et à toutes pour vos reviews & follows c'est toujours génial !

Allez,

Enjoy !


Alors que Novembre touchait à sa fin, les températures baissaient de plus en plus. Les premières neiges étaient déjà tombées et, au moment où Décembre arriva, les terrains qui entouraient le château étaient déjà couverts d'un épais manteau blanc. La vie d'Harry était presque devenue une routine. Il étudiait, travaillait un peu sur son projet supplémentaire en commun avec Severus et son entraînement Animagus, croquait et imaginait les améliorations pour son Eclair de Feu spécial Attrapeur. Ca ne le dérangeait pas, bien au contraire. C'était agréable de ne pas toujours être conscient du fait qu'un psychopathe était dehors, assoiffé du sang de votre frère - et probablement du votre par la même occasion - selon lui. Neville avait travaillé dur sur ses Sortilèges ces derniers temps et Harry lui avait proposé de l'aider à s'entraîner. Même si ça leur bouffait une bonne part de leur temps libre, Neville s'améliorait rapidement et était désormais au même niveau que les autres élèves de leur année. Ca aidait aussi de pouvoir expulser ses frustrations, nota Harry un soir en s'affalant, épuisé sur son lit, après une heure d'entraînement rigoureux.

Il rentrait de la Bibliothèque le lendemain matin lorsqu'il percuta Hermione. Elle avait l'air d'avoir pleuré, encore une fois. La jeune fille s'éloigna rapidement de lui, bafouillant une excuse étouffée et Harry la regarda avec exaspération. Ron allait trop loin cette fois. Sérieusement, à quel point c'était dur d'aller la voir et de lui dire qu'il était désolé ? Visiblement bien trop. Il reprit sa route pour la Salle Commune de Gryffondor en essayant de se rappeler le mot de passe pour rentrer. Après l'attaque de la Grosse Dame, l'entrée de leur Salle Commune avait été couverte par le portrait du Chevalier du Catogan, il avait l'air minable, avec son poney gris un peu gras. Le chevalier insistait pour inventer de nouveaux mots de passe au moins deux fois par jour et essayait constamment de défier tous les étudiants, assez malchanceux qui oubliaient le dit-mot de passe, à un duel. Adrian lui avait dit qu'il l'avait déjà rencontré auparavant, lorsqu'il cherchait la Tour de Divination. Le garçon aux yeux noisette semblait vaguement effrayé par la peinture. Harry partageait le sentiment.

Marmonnant le mot de passe actuel – Palsembleu, vraiment ? – il entra dans la pièce où il trouva son frère, énervé, essayant de raisonner un Ron à l'air boudeur. Adrian avait beaucoup joué le médiateur ces derniers temps et il commençait vraiment à en avoir marre. Harry s'assit dans un fauteuil près de la cheminée et sortit son manuel de Potions. En vérité, il avait fini ses devoirs à la Bibliothèque mais il avait toujours trouvé cela bien plus facile d'observer les gens caché derrière un bouquin. Et il observait, en ce moment même, son frère.

Depuis la fête après leur victoire sur les Poufsouffles, Adrian était devenu de plus en plus sombre au fil des jours. Sirius et Remus étaient toujours obsédés par la traque de Pettigrow – et qui pourrait leur en vouloir ? – et ils étaient tracassés de peur pour Adrian et, à la surprise d'Harry, pour lui aussi. Leur mère, de l'autre côté, avait envoyé à Adrian une longue lettre de trois pages après la tentative de Pettigrow d'entrer dans leurs dortoirs, le pressant d'être très prudent et de ne jamais quitter le château sans être accompagné. Il y avait même certains professeurs qui le suivaient de temps en temps, surtout lorsqu'ils allaient en Soin aux Créatures Magiques avec Hagrid. Et puis il y avait eu cette discussion qu'il avait eue avec les jumeaux Weasley cette nuit.

Adrian ne lui avait rien dit et les jumeaux n'avaient rien laissé passé non plus – apparemment ils avaient promis, ces nigauds de roux qui tenaient toujours leurs promesses – mais visiblement quelque chose d'important s'était passé cette nuit et il ne savait rien là-dessus. Il en avait parlé avec Neville qui avait inventé des scénarios de plus en plus loufoques, faisant rire Harry de plus en plus. Parce que, honnêtement, des essais illégaux de sortilèges d'étirements et de tonification des muscles avec le Professeur Flitwick en tant que cobaye, pouvait uniquement le faire envisager des images hilarantes. Mais dès que Neville n'était plus là pour le distraire de ses pensées, son imagination prenait un virage plus sombre. Et si Adrian réussissait à se mettre en danger ? Encore une fois, il se massa les temps et essaya de penser à autre chose, de se calmer. Comment était-il censé protéger son frère s'il ne savait jamais ce qu'Adrian allait faire ? Il avait eu énormément de chance jusque là, il s'en rendait bien compte.

Le seul qui avait l'air au courant de cette conversation mystérieuse semblait être Ron. Harry avait vu son frère et le roux chuchoter entre eux, un peu comme durant la première année, avant qu'Hermione ne soit acceptée dans leur cercle. Et si même Hermione n'était pas au courant, cela voulait probablement dire qu'il s'agissait de quelque chose qu'Adrian n'était pas censé faire.

L'adolescent aux yeux verts comprenait le comportement de son frère jusqu'à un certain point. C'était vrai, il n'avait jamais vécu une telle folie de surprotection lui-même – même si Severus avait ses moments – mais il savait ce que c'était, de ne pas pouvoir agir librement, comme on le souhaiterait. Il souhaitait juste pouvoir découvrir ce que mijotaient les deux, mais ils étaient extrêmement prudents cette fois-ci.

Il les avait vus une ou deux fois fixer un bout de parchemin dans une admiration silencieuse et il avait même jeté un petit coup d'œil au parchemin une nuit, suivant le conseil de Severus. Le maître de Potions était tout aussi stressé de ces conversations silencieuses entre Ron et Adrian, que Harry l'était. Certaines expériences passées leur avaient appris qu'il fallait être très prudent lorsque des signes comme ceux-ci apparaissaient à l'horizon. De toute façon, il était revenu les bras ballants.

C'était quelques jours avant les vacances de Noël lorsque les choses prirent un virage inattendu, et pas des meilleurs. C'était un matin, assez tôt, lors de la seconde sortie à Pré-Au-Lard et Harry rendait visite à Remus, avec une tasse de chocolat, fraîchement confectionné. C'était la nuit de pleine lune, ce soir, et le loup-garou se sentait assez mal. Il n'avait même pas pu rejoindre la Grande Salle pour le dîner, la veille et encore mois pour le petit-déjeuner de ce matin. Il toqua à la porte de son bureau et entra après avoir entendu la voix de Remus l'inviter à entrer.

« Salut, gamin ! » le salua Sirius depuis son fauteuil préféré près de la cheminée. Visiblement, il n'avait pas été le seul à avoir eu l'idée de tenir un peu compagnie à Remus.

« Salut Sirius, Remus. » dit-il et se tourna vers le loup-garou. Il était assis en face de son meilleur ami, l'air éreinté, des grands cercles noirs sous ses yeux ambre.

« Même un homme qui a un cœur pur et récite ses prières la nuit,

Peut devenir un loup lorsque l'aconit fleurit et la pleine lune brille dans la nuit. »

C'était une rime qui avait toujours résonné dans l'esprit du garçon lorsqu'il voyait Remus les jours de pleine lune. Harry pensait que personne ne méritait la malédiction des loups-garous. Il ne le souhaiterait jamais à personne. Mais le fait qu'en plus, Remus était l'un des hommes les plus doux et gentils qu'il connaissait rendait les choses bien plus injustes.

« Bonjour Harry. » le salua Remus. « Qu'est-ce qui t'amène ici ? »

« Heureux que tu poses la question, Remus ! » s'exclama Harry. On sentait la fatigue même dans la voix du loup-garou et il décida qu'il pouvait au moins essayer d'alléger l'atmosphère. « Je me suis dit que comme c'était ces jours du mois, encore une fois, tu pourrais aimer un peu de chocolat. » Et il lui tendit la tasse avec la boisson chaude, le visage un peu grimaçant. « Bouah, ça sonnait très bizarre. » admit-il, faisant éclater de rire les deux adultes.

« Merci, Harry. » répondit Remus, sa voix un peu plus légère. « J'avais bien besoin de ça. » Il prit une bonne gorgée du chocolat et regarda Harry avec des yeux appréciateurs. « Bizarrement, tu obtiens un meilleur chocolat que ce que j'ai l'habitude d'avoir. » Harry se retint de leur dire que c'était la recette de chocolat chaud préférée de Severus.

« Si tu dois vraiment le savoir, je l'ai fait moi-même. » Et il était honnête pour le coup. Il était entré dans les cuisines et les elfes rangeaient tout du petit-déjeuner et il n'avait vraiment pas eu le cœur de les déranger pour quelque chose d'aussi trivial qu'une tasse de chocolat.

Il avait presque baissé les bras à un moment puisque les elfes n'avaient pas voulu en démordre : c'était à eux de le faire. Il avait donc été obligé de ruser et de les informer que, non seulement il serait plus que ravi qu'ils le laissent utiliser leur cuisine – compliment qui fut très apprécié des elfes – mais que cuisiner lui manquait aussi beaucoup, quelque chose qu'il avait prétendu faire souvent chez lui. Les elfes avaient bien compris le sentiment et l'avaient finalement autorisé à préparer son chocolat tout seul, et faisant bien comprendre à Harry que les Cuisines seraient toujours ouvertes pour lui. Les images d'un Severus couvert de farine à la suite de l'essai de cuisine qu'ils avaient fait pour la première fois, lorsqu'il avait 8 ans, l'avait fait sourire tout le long.

« Vraiment ? » demanda Remus, surpris.

« Les elfes de maison ont presque eu ma tête pour ça, mais oui, je l'ai fait. » lui assura l'adolescent en rigolant. Sirius se pencha en avant pour lui ébouriffer les cheveux, en souriant de fierté. Il savait mieux que quiconque à quel point ces petits gestes étaient touchants pour Remus.

« Et bien, tu pourrais bien avoir à faire tous les chocolats chauds que je boirai à partir de maintenant. » répondit le loup-garou en souriant. « Ce truc est fantastique ! »

« Maintenant je me sens exclus. » marmonna Sirius, pour plaisanter.

« J'en ferais un pour toi aussi, la prochaine fois. » promit Harry en souriant. « J'espère juste qu'aucun de vous n'est au régime. Il y a plus de crème fraîche que de lait dans ce truc. » admit le garçon. Son oncle honoraire rit et Sirius fixa la tasse dans les mains de son ami, avec envie.

« Maintenant je me sens vraiment exclu. » Harry sourit à nouveau pendant que son parrain sortait sa baguette pour rapprocher le dernier fauteuil, pour qu'il puisse s'assoir. « Tu te joindrais à nous ? »

« Volontiers. » répondit Harry en souriant. Ça lui faisait du bien de parler avec Sirius et Remus. D'une certaine manière, tristement d'ailleurs, ça avait toujours été plus simple de parler avec eux qu'avec ses parents, cette facilité n'étant surpassé que lorsqu'il était avec Severus, auparavant avec les Flamel et désormais, Neville. Mais encore une fois, son Père tombait dans une catégorie complètement différente, comme son meilleur ami.

« Donc, j'ai entendu parler du Patronus que tu as conjuré pendant ton dernier match de Quidditch. » dit Remus en souriant. Le match avait eu lieu presque un mois auparavant, coïncidant avec les jours du mois qui fatiguaient Remus et, par conséquent, n'avait pas pu assister au match. « Tu nous en caché des choses. » l'accusa Remus avec un sourire en coin au dessus de sa tasse. Harry ne pouvait même pas prétendre être blessé par sa plaisanterie puisque Remus montrait très rarement son côté joueur et encore moins les jours juste avant ou après la pleine lune.

« Oh, bien. » répondit-il de manière indifférente, regardant ses ongles, avec un air supérieur.

« Fais gaffe, gamin ! » le gronda faussement Sirius, retenant à peine son rire.

« Alors, quel est l'animal qui te sert de Patronus ? » demanda Remus, curieux.

« Sirius ne te l'a pas dit ? » demanda en retour l'adolescent, confus. Après tout, son parrain avait été juste là.

« J'étais légèrement choqué – tu sais, à cause du fait que mon filleul de 13 ans ait conjuré un Patronus – pour remarquer exactement ce que c'était. » se défendit Sirius. « En plus, j'étais assis juste derrière les Détraqueurs. » Il grimaça de dégoût. « C'était pas la place idéale pour voir quoi que ce soit. Mais c'était quelque chose d'imposant ce que j'ai pu entrapercevoir, d'à peu près, quoi, 2m ? Un ours peut-être ? » Harry se mit à rire à sa suggestion.

« Tu sais que tu es la deuxième personne à croire que c'était un ours ! » précisa Harry à son parrain. « Mais non, c'était pas ça. Je suis choqué, en fait, que tu n'ais pas reconnu ce que c'était. »

« Pourquoi ? » demanda Remus, perdu. Harry sourit.

« C'est un loup. » répondit-il simplement. L'immense sourire qu'il reçut de Remus valait tous les chocolats du monde. Harry avait toujours su que le loup-garou voyait son état comme la pire des malédictions. Ça devait lui faire du bien de pouvoir penser qu'un loup puisse faire partie de quelque chose de positif.

« J'imagine que tu fais partie de la meute alors, gamin. » déclara Sirius, la voix légèrement tremblante. Un autre grand sensible, pensa Harry. Il pensa à son Père et se demanda encore une fois qui aurait une crise cardiaque en premier, lorsque ces deux là réaliseraient à quel point ils se ressemblaient : Sirius ou Severus ? Ils continuèrent à parler pendant une bonne heure et demie avant que la conversation ne dérive, inévitablement, sur le sujet de Pettigrow.

« Je ne comprends tout simplement pas comment tout ça s'est passé ! » s'exclama Sirius, l'air aussi fatigué que Remus lorsqu'Harry était rentré dans le bureau au début. Peut-être que j'aurais réellement du lui amener un chocolat chaud aussi, pensa Harry.

« L'évasion de Pettigrow ou son apparition à Poudlard ? » demanda l'adolescent après un petit moment.

« Les deux, en fait. » répondit Sirius.

« Avec toutes ces protections anti-Animagus, on pensait qu'il ne pourrait pas rentrer. Il n'a jamais été très intelligent en fait. » dit Remus, en partie pour lui-même. « Je ne vois vraiment pas comment il a fait. »

« J'y pensais justement… » Harry regarda ses mains avec hésitation. « Et s'il ne travaillait pas seul ? »

« Il n'a aucun complice qui aurait pu le faire sortir d'Azkaban. » lui assura Sirius. « Les Mangemorts qui ont évité la prison ne l'aideraient pas et il n'a plus aucune famille ou amis. » Sa voix s'était clairement refroidie à cette dernière partie.

« Je me disais bien aussi. » dit Harry en agitant la main.

« Alors qu'est-ce que tu voulais dire ? » demanda Remus, intéressé.

« Je voulais dire, et si son évasion avait été facilitée depuis l'intérieur d'Azkaban ? » demanda Harry. C'était une théorie que lui et Severus avaient élaborée récemment et il sentait qu'il devait partager. Après tout, Sirius dirigeait les recherches, avec Cornedrue.

« Qu'est ce que tu suggère par là ? » demanda Sirius, son esprit analysant déjà ce que son filleul avait mentionné.

« Tu l'as dit toi-même. Pettigrow n'est pas très intelligent. Ni très talentueux ou courageu. Je suppose qu'il a surtout été désespéré tout ce temps. Désespéré de s'enfuir. » s'expliqua Harry. « Alors comment s'est-il échappé ? Comment a-t-il pu savoir quand les protections se sont affaiblies ? Pourquoi maintenant ? » Les deux adultes le regardèrent attentivement. « C'est malpoli de fixer les gens. » les réprimanda Harry et les adultes se jetèrent un coup d'œil.

« Tu as raison, tu sais. » admit Sirius. « À propos de tout ce que tu as dis, tout ce que tu as demandé, tu as raison. Quand as-tu tant grandi que tu es devenu si intelligent ? » Sirius était réellement perplexe à propos de ça. Harry sourit.

« J'ai juste grandi, Patmol. » répondit l'adolescent, triste de ne pas pouvoir leur dire la verité. « Ça arrive même aux meilleurs d'entre nous. » Ils hochèrent silencieusement la tête et Remus finit son chocolat en silence. Harry observa les flammes danser dans la cheminée, pensif. Cela lui faisait du bien de montrer cette partie de lui à d'autre personnes que son Père. Se cacher était tellement fatiguant parfois. « Je devrais aller à la Bibliothèque. » dit-il après un bon moment de silence confortable.

« Pour travailler sur ton devoir de DCFM j'espère ? » le taquina Sirius.

« Si tu veux savoir, je l'ai déjà fini. » répondit-il avec un clin d'œil. « Mais j'ai un parchemin de Runes à traduire. »

« Ah oui, » dit Remus en souriant. « Etude des Runes et l'Arithmancie, c'est ce que tu as choisi. »

« Et Soin aux Créatures Magiques aussi. » compléta Harry.

« Pas de Divination ? » demanda Sirius, prétendant être choqué.

« Traite-moi d'idiot mais je trouve que prédire ma mort pour une note toutes les semaines est assez déprimant. » contra l'adolescent, ses yeux verts brillants de malice.

« Seulement parce que ça l'est. » confirma Remus. « Merci beaucoup pour le chocolat, Harry. Et pour la compagnie. »

« Y a pas de quoi, Moony. » Le garçon sourit et s'avança vers la porte. Au moment où il allait quitter la pièce, son parrain se leva et s'approcha rapidement pour le prendre dans ses bras.

« Tu es un garçon formidable, Harry. » le complimenta Sirius, surprenant le jeune garçon. « J'ai le sentiment que je ne te l'ai pas assez dit. »

« Te fais pas de soucis. Je sais que je suis formidable. » le rassura Harry, faisant rire à nouveau les deux adultes.

« Peut-être que tu devrais l'entendre de temps en temps aussi. » ajouta le loup-garou.

« C'est vrai ça ! » acquiesça Harry en souriant hautainement. « Nourrissez mon égo ! »

« Si tu veux parler de ton égo, la seule chose à dire est qu'il est justement mal nourri, gamin. » lui assura Sirius, en ébouriffant un tout petit peu ses cheveux. Harry rit doucement et quitta le bureau bien plus léger que lorsqu'il s'était levé ce matin. Il devrait raconter ça à Sev, décida-t-il. Et peut-être qu'il pourrait tenter Neville avec un peu de chocolat chaud. Il avait complètement oublié d'en faire un pour lui et en plus, les elfes avaient bien dit qu'il pourrait revenir dès qu'il voulait.

Il se dirigeait vers la Bibliothèque, décidé à emprunter un livre sur les Runes. Pas pour sa traduction qu'on lui avait donné pour le lendemain bien sûr. Celle-ci serait finie dans quelques minutes. C'était pour son projet commun avec Severus. Apparemment, les procédés alchimiques étaient plus compliqués lorsqu'on travaillait avec du verre.

Ce fut 10 minutes plus tard, avec un lourd pavé dans les mains et pendant qu'Harry quittait la Bibliothèque que ça arriva. Il avait tourné dans le coin lorsqu'une des visions les plus étranges qu'il avait eues de sa vie l'accueillit. Une femme, probablement dans la petite quarantaine même si c'était dur à définir, marchait dans le couloir, concentrée sur un paquet de cartes de tarot qu'elle lisait en marchant. Elle était très fine et était drapée dans un châle vaporeux orné de paillettes. Un nombre de chaînes incalculables et de perles pendaient à son cou maigre, et ses bras et mains étaient couverts de bracelets et de bagues. Elle avait des lunettes énormes, donnant tout de suite à Harry l'impression d'un grand insecte brillant. Il réalisa subitement qu'il regardait le professeur Trelawney.

« Bonjour, professeur. » la salua-t-il gentiment, n'obtenant aucune réponse. Elle passa à côté de lui, en marmonnant des choses incohérentes à ses cartes. Il haussa les épaules mentalement et continua de s'éloigner. Une main petit mais puissante s'accrocha à son épaule, arrêtant tout mouvement qu'il aurait fait. Il se libéra immédiatement et dégaina sa baguette, lâchant le livre qu'il tenait en se tournant pour faire face à la personne que son instinct avait marqué comme son assaillent. Ses yeux s'agrandirent sous le choc lorsqu'il tomba sur le regard blanc du professeur de Divination.

« Ça se passera ce soir. »

Sa voix était rauque, d'un autre monde. Et ses yeux, qu'il pensait regarder, avaient tout simplement roulé dans leurs orbites.

« Professeur Trelawney ? Vous allez bien ? » Cela semblait une question stupide à poser. Elle était en train d'avoir une vision, de faire une prédiction, une prophétie. Harry commençait à en avoir marre de celles-là.

« Le Seigneur des Ténèbres est là, solitaire, abandonné de ses amis.

Pendant douze ans, son serviteur a été enchaîné.

Ce soir, avant minuit, le serviteur brisera ses chaînes et ira rejoindre son maître.

Avec l'aide de son serviteur, le Seigneur des Ténèbres surgira à nouveau, plus puissant et plus terrible que jamais.

Ce soir... avant minuit... le serviteur ira... rejoindre... son maître..."

La tête du professeur Trelawney tomba sur sa poitrine. Elle émit une sorte de grognement. Harry resta figé, en la fixant. Puis, assez soudainement, la tête du professeur se leva brutalement. Harry la regardait, stupéfait. Le professeur de Divination le regarda, un peu dans les vapes, pendant quelques secondes avant de jeter un coup d'œil à ses cartes éparpillées sur le sol.

« Oh, mon garçon, que je suis maladroite. » commenta-t-elle et se baissa pour ramasser son paquet de cartes. Harry la fixait encore. Puis il secoua la tête et se baissa pour l'aider, c'était un réflexe et sa tête tournait encore.

« Merci, mon garçon. » ajouta le professeur, sa voix assez aigue, et très différente de ce qu'Harry venait juste d'entendre. Il lui donna les cartes qu'il avait dans la main et la regarda, effrayé, essayant de transformer sa réaction en neutralité calme. C'était la femme qui avait prédit la chute du Seigneur des Ténèbres, la même femme qui, sans le vouloir, avait fait l'une des prophéties qui le mettait dans cette situation. Et maintenant… Si ce qu'elle avait dit était vrai, alors… Il savait bien qu'elle ne s'en rappellerait pas mais il devait lui demander.

« Professeur, vous venez de dire… vous avez dit… » Son visage était inexpressif, au pire confus. Comme pour tous les voyants, elle n'avait aucune idée de ce qu'il venait de se produire. Harry secoua la tête et se releva du sol.

« Oui ? » demanda-t-elle, un peu à l'ouest.

« Rien, ce n'était rien. » dit-il. Ce n'était pas elle qu'il devait mettre au courant. Ce serait d'ailleurs plus sage qu'elle n'en sache rien. Elle serait en sécurité comme ça.

« Tu n'es pas un de mes étudiants. » dit-elle en le regardant prudemment.

« Non, mon frère l'est par contre. Je suis Harry. Harry Potter. » Le professeur hocha la tête, arrangea son châle, prête à repartir, même si encore un peu désorientée. Elle lui dit au revoir mais Harry ne retourna pas la politesse. Son frère ! Elle venait tout simplement de prédire le retour du Seigneur des Ténèbres mais plus important, elle avait prédit son retour avec celui de son plus fervent serviteur, un homme enfermé pendant douze ans. Ce soir. Son cerveau fit immédiatement le lien avec Peter Pettigrow. Il devait prévenir quelqu'un. Severus. Il devait trouver Severus !

Il se mit à courir comme un dératé jusque dans les cachots, priant pour que Severus soit là-bas. Son sang battait dans ses temps, il entendait son cœur battre jusque dans ses oreilles. Et il courut, courut, songeant que c'était un peu ce qu'il faisait souvent. Courir pour empêcher quelque chose qui semblait inévitable. Il percuta quelques élèves qui partaient pour Pré-au-Lard, mais ignora leurs cris surpris. Il pouvait désormais voir les escaliers qui menaient aux cachots et il accéléra son rythme. Avant qu'il ne s'en rende compte, il se trouva à frapper comme un fou sur la porte du bureau de Severus, de toutes ses forces.

« Par la barbe de Merlin… Harry ? » s'étonna le professeur de Potions en regardant l'adolescent essoufflé en face de lui, le faisant rentrer tout de suite. Est-ce qu'il pleurait ? Et c'était le cas, de pure frustration. « Harry, qu'est-ce qu'il s'est passé ? » Il ferma et verrouilla la porte derrière lui.

« Papa. » fut tout ce qu'il put articuler avant de courir serrer le maître de Potions avec tout ce qu'il avait. Il avait peur, non, il était terrifié.

« Harry, calme toi. » Severus s'agenouilla devant l'adolescent tremblant et le regarda droit dans les yeux. Harry avait arrêté de pleurer mais la panique qu'il voyait dans ses yeux était suffisante pour que son cœur s'arrête pendant deux secondes. « Dis-moi ce qu'il s'est passé. » Harry prit une grande inspiration, essayant de se recomposer. Il devait le dire à Severus.

« Je revenais de la Bibliothèque… » Il regarda le livre, posé par terre. Il avait du le ramasser à un moment ou un autre et l'avait refait tomber ici. « Je revenais de la Bibliothèque lorsque j'ai croisé le professeur Trelawney… » Il fit de son mieux pour lui transmettre la prophétie, aussi proche des mots exacts que possible. Ce n'était pas si dur au final, les mots semblaient s'être inscrits au fer rouge dans son cerveau. L'expression de Severus devenait de plus en plus grave à chaque nouveau mot. Au final, tout ce qu'il avait pu faire avait été de fermer les yeux, et soupirer.

« Tu l'as dit à quelqu'un ? » demanda-t-il, la voix grave. Harry secoua la tête négativement.

« Pas même Trelawney. » Severus lui fit un petit sourire, un sourire fier. Même à treize ans, il comprenait parfaitement ce qu'il venait de se passer et avait réussi à garder la tête froide.

« On doit prévenir Dumbledore. Maintenant. » Harry acquiesça et suivit le maître de Potions hors du bureau. Severus se stoppa juste avant la porte. « Harry ? »

« Oui ? » Les yeux verts rencontrèrent l'onyx.

« Peu importe ce qu'il se passe aujourd'hui, on va gérer ça. Tu peux le faire, et tu n'es pas tout seul. » Harry lui fit un sourire un peu tremblant, essayant de maintenir son calme.

« Merci, Papa. »

« Hey, c'est à ça que je sers. » dit Severus. « C'est tout dans la description du job. » Le trajet jusqu'au bureau du Directeur fut rapide mais moins frénétique que celui pour les cachots. Des centaines de scénarios se jouaient dans l'esprit d'Harry. Avec l'aide de son serviteur, le Seigneur des Ténèbres surgira à nouveau, plus puissant et plus terrible que jamais… Ça se passait vraiment alors. Peut-être pas aujourd'hui, mais un jour, dans un futur trop proche. Et alors qu'il se trouvait juste devant la gargouille qui gardait le bureau de Dumbledore, à côté de Severus, il se jura d'être prêt lorsque l'heure viendrait. Il ferait tout ce qu'il pourrait. Et, d'une manière ou d'une autre, il s'en sortirait.


Oubliez pas de laisser un pôtit quelque chose ! ;)

A plus !