Chapitre 41
Découverte
Bonne année 2016 à tous ! Je vous souhaite pleins de bonnes choses et de réussites, mais par-dessus tout une bonne santé ! J'espère que vous avez bien célébré et que vous êtes d'attaque pour une nouvelle année ! J'espère que celle-ci sera riche en évènements pour vous ! Et pour être sympa, voilà un nouveau chapitre pour bien la démarrer.
Comme d'habitude, merci beaucoup pour toutes les reviews, même si j'ai remarqué une baisse ces derniers temps, ceux qui continuent me font très plaisir. Et merci aussi pour les follows, c'est déjà un signe que vous aimez cette fic !
Sinon l'histoire continue et la fin de l'année s'approche :) Et comme a dit l'auteur dans sa note, si Severus existait, il la tuerait en voyant ce chapitre !
Bref, je ne vous ennuie pas plus, je vous souhaite encore une bonne année, régalez-vous et
Enjoy !
Disclaimer : Pas. à. Moi. Sauf la trad (et j'en suis fière)
Le Patronus s'approcha de lui, ayant terminé son travail. Il était plus grand que lui mais inclina se tête, s'approchant de la main de Severus alors que ce dernier caressait sa fourrure. Il lui accorda un dernier regard et disparut, laissant derrière lui un Severus souriant. Il regarda les deux silhouettes immobiles au bord du lac et s'approcha rapidement d'eux, créant dans sa tête un scénario crédible sur ce qu'il venait de se passer pour taire son implication. Il espérait que James avait vraiment été évanoui lorsqu'il avait conjuré son dernier Patronus. Le maître de Potions fit un grand sourire une fois de plus en vérifiant que les deux Potter respiraient et envoya une série d'étincelles vertes dans les airs pour que le reste des équipes les repère. Il avait hâte de pouvoir raconter à Harry ce qu'il venait de se passer, pensa-t-il, en attendant le reste des Aurors.
Harry était assis à côté du lit de son frère, les mains couvrant ses yeux fatigués pendant qu'il écoutait Ron raconter ce qu'il s'était passé en détail de leur côté. Le roux était le seul des trois occupants de l'Infirmerie à être réveillé, pour l'instant. On avait donné une potion de Sommeil Sans-Rêves à James quelques heures auparavant et Adrian n'avait toujours pas ouvert les yeux. Lily avait brièvement paniqué lorsque son mari s'était réveillé avant son fils mais Madame Pomfresh lui avait assuré qu'on devait s'y attendre. Adrian était déjà fatigué avant sa rencontre avec les Détraqueurs et, durant les moments brefs où James avait été réveillé, il avait ajouté que son fils avait conjuré un Patronus pour se défendre.
« On était à Pré-Au-Lard. » commença Ron, en essayant de trouver une position plus confortable. Les Aurors l'avaient retrouvé un tout petit peu après James et Adrian, évanoui avec une jambe cassée, sur le sol de la Cabane Hurlante. « Tout d'un coup, ce fou à lier est sorti de nulle part, a attrapé ma baguette et a commencé à me menacer de me tuer si Hermione ne demandait pas à Adrian de venir le retrouver dans la Cabane Hurlante. Il l'a stupéfixé puis a transplané avec moi vers les bordures de la forêt avant de me stupéfixer à mon tour. Après ça, j'étais dans la Cabane Hurlante et il marmonnait qu'il devait faire tout le boulot pendant qu'elle attendait qu'on vienne la sauver… »
« Elle ? » demanda Dumbledore. Il était arrivé dans l'Infirmerie quelque minutes après qu'on ait amené Harry lui-même dans l'aile hospitalière, mais après seulement avoir eu une violente dispute avec le Ministre pour retirer immédiatement les Détraqueurs du domaine de l'école. Harry avait entendu McGonagall chuchoter à Madame Pomfresh que le Directeur avait même porté la main à sa baguette à un moment. Au final, les Détraqueurs avaient immédiatement été retirés et dispersés à différents endroits à proximité, à la recherche du fugitif à nouveau. Parce que, pendant que les gardiens d'Azkaban étaient concentrés à presque assassiner James et Adrian, le rat en avait profité. Il y avait de grandes chances qu'il soit déjà pratiquement à Londres désormais.
« Je n'aurais jamais osé lui demander qui elle était, mais je n'ai même pas eu à le faire. » continua Ron. « Il continuait, comme un malade, à se parler à lui-même. Il racontait qu'un an auparavant, ils avaient déplacé Bellatrix Lestrange dans la cellule voisine à la sienne…
« Bellatrix Lestrange ? » demanda Lily, les yeux écarquillés. Elle partagea un regard terrifié avec Molly pendant que Dumbledore fit signe au garçon de continuer son récit.
« C'était son idée, la fuite de Pettigrow. Elle savait que c'était un Animagus et elle a commencé à vérifier les protections. De ce que j'en ai compris, elle pouvait sentir qu'elles avaient été délaissées ? » Ron avait l'air surpris face à cette information en particulier mais Harry le prit sereinement. Il savait qu'il était possible de ressentir un sort jeté sur un objet particulier et les protections laissaient une trace particulièrement forte qui durait dans le temps. Il s'était entraîné sur ce sujet puisque c'était nécessaire pour une grande partie de la magie du sang. Ça ne paraissait pas aberrant qu'une sorcière aussi puissante que Bellatrix soit capable de le faire. Puissante et complètement timbrée, pensa Harry. Dumbledore, qui avait visiblement eu le même genre de pensées, hocha la tête.
« Oui, elle en serait bien capable. » confirma-t-il, d'un air grave.
« Puis il a dit qu'il avait accepté de venir à Poudlard pour attirer Adrian loin de ses gardiens et en échange elle devrait lui dire à quel moment il pourrait se transformer et s'échapper d'Azkaban. C'est à ce moment-là qu'Adrian est entré. » expliqua Ron.
« Et après, que s'est-il passé ? » demanda Lily, serrant la main de son aîné endormi.
« Pettigrow était surpris. » précisa le roux. « Il n'avait pas imaginé qu'Adrian puisse arriver aussi rapidement mais Adrian a dû marcher sur une branche un peu pourrie ou quelque chose comme ça parce qu'il a fait du bruit et Pettigrow a réussi à esquiver le Stupéfix qu'il lui lançait. » Ron déglutit difficilement et sa mère lui donna instantanément de l'eau, avant qu'il ne continue. D'ailleurs, il vida le verre en entier. « Merci Maman. Bref, Pettigrow s'est donc mis à l'abri et il a dit à Adrian d'enlever sa cape ou il me ferait du mal. J'imagine qu'Adrian n'a pas bougé assez rapidement, parce qu'il a pointé sa baguette sur moi et a lancé le sort qui a cassé ma jambe. » Le garçon grimaça au souvenir, et Harry en fit de même par compassion.
« Oh, mon pauvre bébé ! » s'exclama Madame Weasley et elle prit son plus jeune fils dans une étreinte de fer. Ron prit une teinte rouge brique, embarrassé de faire un câlin à sa mère en présence du Directeur.
« Ça va, Maman. » lui assura-t-il et elle se retira non sans mal.
« Donc, Adrian a enlevé sa Cape après ça, j'imagine. » continua Dumbledore pour son interrogatoire.
« En effet. » confirma Ron. « Pettigrow a dit quelque chose, comme quoi il avait toujours détesté la Cape et que le père d'Adrian ne le laissait jamais l'utiliser seul. Après, je suppose qu'Adrian a essayé de gagner du temps pour qu'il puisse trouver une stratégie, parce qu'il a commencé à lui poser des questions comme, pourquoi il faisait ça, comment il avait réussi à rentrer dans Poudlard malgré les Détraqueurs… » Au moins, son frère avait posé les bonnes questions, pensa Harry sombrement.
« Est-ce que Pettigrow a répondu ? » demanda Dumbledore, son attention entièrement tournée vers le jeune Gryffondor. Ron se recroquevilla un peu sous le regard bleu pénétrant mais répondit néanmoins, la voix un peu plus timide.
« Il a dit qu'il rejoindrait Vous-Savez-Qui et qu'il l'aiderait à revenir. Il a ajouté qu'il serait récompensé en tant que serviteur le plus loyal. » Harry ferma les yeux douloureusement, s'accordant un moment pour se plonger dans sa haine totale pour les prophéties. Ce fut quelques secondes plus tard qu'il réalisa que Ron avait arrêté de parler. Il jeta un coup d'œil vers le garçon et le vit, curieusement, regarder le professeur McGonagall.
« Et est-ce qu'il a précisé comment il avait réussi à entrer dans le château ? » demanda Dumbledore. Ron eut l'air indécis, et n'osa d'abord pas formuler une quelconque réponse à cette question et Harry essaya de se rassurer. À quel point ça pouvait être mauvais, pensa-t-il avant de jurer intérieurement. Cette question était le meilleur moyen de provoquer le Destin et il devrait pertinemment le savoir maintenant.
« Oui. » admit Ron à contrecœur.
« Comment ? » Toute la pièce le regardait dans l'expectative – à l'exception d'Harry qui fixait ses mains, en partie intrigué, en partie prudent – et Ron déglutit.
« Il a dit que le plan de base était simplement de s'enfuir d'Azkaban et essayer de partir avec le premier bateau pour la terre ferme mais… » Le garçon s'arrêta encore une fois et regarda son professeur de Métamorphose, comme s'il demandait sa permission.
« Personne ne vous tient pour responsable de ce qu'il s'est passé M. Weasley. » lui assura-t-elle. Cependant, Harry sentait que ce n'était pas le cœur du problème. Et il avait raison.
« C'est juste que… Il a raconté qu'il s'était caché dans un creux dans le mur proche de sa cellule puisque personne ne le chercherait aussi près. » Il déglutit à nouveau et continua. « Il a dit qu'il était juste à cet endroit lorsque vous êtes arrivée, Professeur. » finit timidement le roux, surprenant la Directrice de Gryffondor. Severus, qui, jusqu'alors, avait essayé de rester aussi loin que possible du centre de l'attention, partagea un regard perdu avec Harry, de l'autre côté de la pièce.
« Mais qu'est-ce que… » Ron ne la laissa pas finir sa phrase, ayant visiblement décidé que le meilleur moyen d'en finir serait de tout raconter d'un seul souffle.
« Vous étiez en train de hurler sur les gardes et vous vous teniez juste devant sa cachette. Il s'est vanté d'avoir tout simplement grimpé dans vos robes jusque dans votre poche. Il en est sorti au moment où vous étiez arrivée à Poudlard. » Le blanc qui suivit sa déclaration était assourdissant de silence. Harry regarda rapidement les robes que son Professeur de Métamorphose portait et grimaça face au constat qu'il serait facile pour un sorcier aussi maigre transformé en rat de faire exactement ce que Ron venait de décrire. McGonagall adorait les longues robes fluides, généralement en plaid. Et, l'ayant déjà vu très énervée, Harry n'avait aucun doute sur le fait qu'à ce moment précis, elle était bien trop concentrée à expulser sa rage sur les gardes, pour remarquer autre chose.
« Mais… Comment… » McGonagall avait pris une teinte grise livide, et s'était recroquevillée sur sa chaise, ayant l'air plus petite que jamais. Pour la première fois de sa vie, Harry remarqua qu'elle était en réalité plus petite que sa mère. Avec la manière dont elle se tenait, elle avait toujours donné l'impression d'être forte et imposante, et la voir ainsi était tout simplement… mal. Harry maudit Pettigrow encore un peu plus pour ça.
« En êtes-vous absolument certain, M. Weasley ? » demanda Dumbledore, regardant sa collègue, désormais en pleurs, avec compassion. Ron hocha la tête, faisant renifler McGonagall dans son mouchoir en tissu. Molly, Lily et Madame Pomfresh coururent à ses côtés et essayèrent de la consoler de leur mieux.
« Il nous a précisé que c'était comme ça qu'il entrait et sortait de l'école. Il attendait simplement que Sirius ou le Professeur McGonagall passent par une sortie et il se glissait dedans lorsqu'il faisait assez sombre pour qu'il se dissimule dans les ombres. » Dumbledore frotta ses yeux, fatigué, et fit signe à Ron de poursuivre.
« Puis Adrian lui a demandé pourquoi il avait essayé de pénétrer dans la Salle Commune le soir d'Halloween alors que la Tour était vide. Il a répondu qu'il connaissait l'existence de la Carte des Maraudeurs. Il avait vu Fred et Georges l'utiliser. » Ce fut le tour des jumeaux de pâlir, leurs tâches de rousseur se démarquant d'autant plus sur leurs visages. La famille Weasley entière se rapprocha d'eux, comme si c'était un réflexe, ce qui fit sourire légèrement Harry, malgré la situation.
« Mais comment pouvait-il connaître la Carte ? » demanda Georges, confus.
« C'est lui Queudver. » marmonna Lily, choquant d'autant plus les jumeaux.
« Il nous a expliqué que c'était le seul moyen qu'on puisse le repérer et que la récupérer l'aiderait également à savoir où se trouvait Adrian, tout le temps. » ajouta Ron, appréciant peu à quoi ressemblait ses frères d'ordinaire si joyeux, à ce moment.
« Mais on ne l'a jamais vu sur la Carte ! » protesta Fred.
« Vous n'auriez pas pu. » se manifesta Harry, pour la première fois depuis des heures, attirant momentanément l'attention sur lui. « Il n'aurait apparu que s'il avait marché dans un couloir ou une pièce en particulier mais, en tant que rat, il pouvait passer dans les fissures des murs et il connaissait tous les passages secrets. Il n'apparaîtrait pas non plus sur la Carte pendant qu'il en traverserait un. Sirius me l'a dit. » Après un bref regard vers les jumeaux Weasley complètement perdus, il se hâta d'expliquer. « Sirius est Patmol. » Cette dernière révélation, sembla choquer les jumeaux au point de ne plus faire un seul bruit.
« Après ça, il a essayé de lancer un sort sur Adrian. » reprit Ron, désireux d'en finir avec son récit. Il était fatigué et Harry ne pouvait pas lui en vouloir. Ce dernier essayait simplement de ne pas trop se concentrer sur le fait que son frère n'avait pas été loin d'y passer cette nuit. « Mais Adrian l'a esquivé et a commencé à riposter. Ils ont tourné pendant un moment dans la pièce mais Adrian a finalement réussi à le désarmer. Pettigrow était à proximité de la porte à ce moment alors il a choisi de fuir. Adrian a attendu quelques secondes pour voir s'il revenait, puis il a couru vers moi pour s'assurer que je n'étais pas blessé, hormis ma jambe et il est parti à sa poursuite. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé après ça. Je crois que je me suis évanoui parce que tout ce dont je me rappelle après, c'est d'être réveillé par des Aurors qui m'ont amené ici. »
« C'est comme ça qu'il a récolté sa coupure sur la joue ? Adrian, je veux dire. » demanda Lily, effleurant tendrement la portion de peau du visage de son fils aîné désormais totalement guérie et lisse.
« Non, je pense qu'il l'avait déjà lorsqu'il est entré. » précisa Ron. Le Saule Cogneur dans ce cas-là, devina Harry. Severus prit le relais et expliqua en phrases brèves comment ils avaient trouvé Hermione, comment ils étaient venus à la rescousse de Ron et Adrian jusqu'à la transformation de Lupin et la poursuite d'Adrian par James.
« Je les ai suivi dès que j'ai pu m'éloigner de Lupin mais ils avaient déjà énormément d'avance. Au moment où je suis arrivé, j'ai vu Adrian, évanoui à côté du lac et j'ai pu voir Potter conjurer son Patronus. Celui qu'il avait lancé avant venait de disparaître mais, avant que je ne puisse faire quoi que ce soit, il a jeté un sort de plus avant de s'évanouir à son tour. Je… ne sais pas exactement pour quelles raisons, mais le dernier Patronus avait l'air plus lumineux et a chassé tous les Détraqueurs. » Dumbledore hocha la tête, comme s'il comprenait quelque chose de plus que le reste des personnes dans la pièce, une signification cachée derrière un incident qu'Harry présuma, à juste titre, fabriqué de toutes pièces.
« Tu serais surpris, Severus, de ce qu'un homme protégeant son fils serait capable de faire s'il pensait qu'ils étaient tous les deux sur le point de mourir. Les limites n'existent plus à ce moment, même en magie. Peut-être même surtout en magie. » Lily regarda son mari avec adoration tandis que Severus protestait intérieurement que, même si ce que venait de dire le Directeur était probablement vrai – il l'avait ressenti à chaque fois qu'Harry s'était trouvé dans des situations dangereuses – il ne devrait pas essayer d'expliquer des événements en s'appuyant sur des expériences qu'il n'avait jamais vécu. C'était un peu violent, il le concédait, mais à ce moment, il s'en fichait. Le Directeur ne faisait pas partie de ses personnes favorites dans le monde, ces derniers temps. Harry se fit une note mentale de demander plus tard à Severus la version réelle de l'histoire.
Il en eut l'occasion quelques heures avant l'aube, lorsque son frère se réveilla enfin et Dumbledore commença à l'interroger après qu'ils aient vérifié qu'il allait bien. Les Weasley étaient partis un peu après trois heures du matin, lorsque Ron s'était endormi et, par suite, quand Adrian avait commencé à parler, Harry avait été autorisé – plutôt forcé par une infirmière scolaire un peu agitée – à quitter la pièce, pendant que Severus s'excusait et le suivit. Ils n'eurent même pas à ouvrir la bouche pour comprendre qu'Harry n'irait pas immédiatement dans sa Tour.
« Donc, Cornedrue a combattu une centaine de Détraqueurs avec un seul Patronus pendant qu'il s'évanouissait ? » demanda Harry quelques minutes plus tard, une fois la porte du bureau de Severus bien fermée et verrouillée.
« Ça aurait pu arriver ! Je te ferais savoir que, petit un, James sait apparemment jeter un sort de Patronus et petit deux, c'est absolument possible de combattre autant de Détraqueurs avec un seul Patronus. » déclara Severus d'un ton égal. « Sinon, autres nouvelles. Mon Patronus n'est plus une biche désormais. Tout se transforme en loups ces derniers temps. » Harry regarda l'adulte avec précaution pendant une seconde, avant d'exploser de rire.
« Bien évidemment. Est-ce que tu as remarqué que les gens s'évanouissent toujours au bon moment ? » demanda l'adolescent en essuyant quelques larmes de son visage.
« Heureusement qu'ils le font, sinon on devrait les assommer nous-mêmes. » Harry hocha la tête, avant de se mettre à fixer les flammes dans la cheminée. Le silence entre eux était confortable, mais Severus pouvait sentir que quelque chose perturbait Harry. « À quoi tu penses ? »
« Et si j'avais fait le mauvais choix, Papa ? » s'interrogea Harry, regardant le maître de Potions à côté de lui qui avait l'air assez surpris.
« Le mauvais choix ? De quoi ? » Harry avait l'air plongé dans ses pensées. Lorsqu'il se remit à parler, c'était en partie à lui-même.
« Et si j'avais révélé la vérité et annoncé que j'étais le Survivant ? Est-ce que mon frère serait dans un lit d'hôpital en ce moment même ? » Severus ne fut pas aussi choqué de la question que ce qu'il s'imaginait.
« Harry, c'est une question à laquelle il est impossible de répondre. » De grands yeux verts se tournèrent vers lui, dans l'expectative. « Non seulement, je ne peux pas savoir comment les choses auraient évolués, mais en plus, je ne peux même pas te dire ce qu'il se passerait si tu leur disais aujourd'hui. Harry, tu leur aurais peut-être dit, mais est-ce que ça aurait changé ton caractère ? Celui de ton frère ? »
« Je ne pense pas. Pourquoi tu demandes ça ? »
« Parce que, » s'expliqua Severus, « je pense que ton frère aurait fini dans ce lit ce soir, d'une manière ou d'une autre. » Le garçon le regarda d'un air perplexe et Severus poursuivit. « Adrian ne t'a peut-être pas prévenu de ses plans de ce soir, mais tu l'aurais fait si les rôles avaient été inversés. Il serait, dans ce cas, probablement à la place de Ron actuellement. » Harry hocha la tête devant la logique du raisonnement. Il l'aurait dit à son frère, du moins, il voulait penser qu'il l'aurait fait. « Et n'oublie pas, » continua Severus « que si tu n'avais pas suivi l'entraînement que tu as eu, tu n'aurais peut-être pas pu gérer les situations que tu as rencontré aussi efficacement. Regarde Adrian. Il est assez doué mais, avec l'entraînement qu'on lui impose, quel qu'il soit, il s'est trouvé à peine assez capable pour faire face à un traître pas vraiment puissant. Je ne dis pas qu'il faut rabaisser ses capacités. Mais plutôt le type d'entraînement qu'il reçoit. Adrian est en vie, et tu es en vie aujourd'hui grâce au choix que tu as fait. N'en doute jamais. » Harry acquiesça.
« C'est juste tellement dur, parfois, de ne pas douter de moi. » Severus ricana sombrement.
« Ce serait surnaturel que tu ne doutes pas de toi. Même Dumbledore doute de lui. Rarement et il repousse l'idée tout de suite mais tout de même… » L'air supérieur qu'il avait pris pour cette dernière phrase amena un fou rire qui dura un long moment.
« Merci, Papa. J'en avais besoin. » Severus hocha la tête et ajouta gentiment.
« En plus, » commença le professeur de Potions, d'un ton sombre, « Voldemort reviendra un jour. Nous en sommes certains désormais. » Ses poings se serrèrent à cette pensée. « Et lorsqu'il le fera, il ne restera pas longtemps sous l'illusion que ton frère l'ait arrêté. Un regard attentif et il le saura. » Il se tourna vers Harry qui était retombé dans sa contemplation des flammes. « Lorsque ce moment arrivera, Adrian aura besoin de toutes les protections possibles. »
« Le maillon faible, c'est ça ? » demanda Harry, la voix plus profonde que jamais. Plus mature qu'elle ne devrait être, songea gravement Severus. Il s'approcha de lui et lui serra l'épaule pour le rassurer.
« Mais il t'aura toi. Et tu m'auras moi. » Harry se tourna et sourit au maître de Potions.
« Et nous serons prêts, pas vrai ? » Severus hocha la tête.
« Aussi prêts que possible. »
La semaine suivante passa comme dans un brouillard. Les vacances se rapprochaient et le corps étudiant, encore remué par les événements décida, en grande majorité, d'abandonner Poudlard pour les vacances. Harry se reposait sur son lit, les yeux se promenant sur le plafond. Ses parents avaient emporté Adrian Merlin savait où pour un entraînement supplémentaire. Cette fois-ci, Harry ne se sentait même pas coupable pour ce que frère allait subir. Le premier jour après l'incident Pettigrow et après être sorti de l'Infirmerie, Adrian avait été silencieux, acceptant toutes les critiques de ses parents – et les regards d'Harry – stoïquement. Mais, plus la semaines avançait, plus il avait vu toute cette affaire comme une autre aventure et rediscutait joyeusement de ses plans pour les vacances.
Apparemment, passer à côté de la mort n'était pas suffisant pour entamer sa bonne humeur. Et même s'il ne souhaitait pas que son frère perde cette étincelle, cette énergie qu'il avait toujours eue, Adrian était allé trop loin en disant qu'il aurait même chassé Bellatrix Lestrange en personne, si elle avait là et n'avait pas juste envoyé Pettigrow. Harry était simplement resté assis de l'autre côté de la Salle Commune et l'avait écouté, fatigué, l'esprit trop engourdi pour structurer un argument qui le remettrait à sa place. Neville, qui allait partir le lendemain pour ses vacances, l'avait regardé tristement, assis juste à côté de lui, lui communiquant silencieusement qu'il avait bien compris que les problèmes qu'Harry avaient mentionnés n'étaient que le début. Il ne le poussait jamais à lui donner des réponses, et Harry ne pouvait lui en être plus reconnaissant.
Le lendemain, ses parents lui avaient envoyé une lettre, lui demandant s'il pouvait rester à Poudlard ce Noël. La dernière prophétie les avait apparemment forcés à avancer avec l'entraînement d'Adrian, plus rapidement que ce qu'ils avaient prévu. Même Noël ne pouvait pas être épargné pour du repos. Harry répondit qu'il comprenait et il dit au revoir à son frère. Il espérait simplement qu'ils comprendraient aussi – s'ils venaient un jour à le découvrir – qu'il allait passer les vacances à Silbreith avec Severus. Après tout, Noël était une fête familiale.
Il se sentait néanmoins assez amer face à la tournure que les événements avaient prise : Pettigrow s'était enfui, une prophétie voulait que ce dernier ramène le règne de Voldemort et Adrian ne semblait pas comprendre combien il était facile de prendre une vie. Et personne dans sa famille – outre Severus – ne s'était arrêté pour penser à lui. Il ne s'était pas vraiment attendu à ce qu'on lui propose un entraînement aux côtés d'Adrian et il n'en voulait même pas. Mais un simple merci pour les avoir prévenu qu'Adrian n'était pas dans le château – même si c'était mentionné dans cette stupide lettre que ses parents lui avaient envoyé – aurait suffit.
En vérité, ce n'était pas tout à fait exact que personne dans sa famille ne lui avait porté d'intérêt. Il avait entendu Sirius débattre de son cas avec Cornedrue. Le chien avait suggéré qu'Harry se joigne à eux, se proposant avec Remus, pour le prendre en charge en tant que professeurs, mais son ami n'avait pas été convaincu. Ils devaient se dépêcher, avait-il dit, et Adrian était la priorité. Sirius avait eu l'air mécontent mais avait reconnu qu'il ne pouvait rien faire de plus pour convaincre son ami, toujours aussi borné. Cependant, le regard qu'il avait eu laissait prévoir qu'il n'était pas encore prêt à s'annoncer vaincu et qu'il continuerait sa bataille. Et, même si ça faisait mal, que ses parents l'écartent un peu de leurs pensées au profit de son frère, avoir Sirius et Remus de son côté était comme du baume sur une blessure ouverte depuis longtemps. Ça lui faisait du bien de savoir que son parrain n'avait pas oublié leur conversation du matin, avant que la journée tourne à l'enfer.
Il avait aussi fait un passage par le bureau de Dumbledore cette soirée-là, juste avant que le Directeur ne parte rejoindre les Potter, peu importe où ils allaient. Il avait facilement obtenu la permission de rester chez Severus plutôt que Poudlard et était sorti rapidement du bureau, juste après avoir caressé Fumseck doucement au moment où Dumbledore se préparait, rétrécissant et rangeant ses instruments dans un petit sac. L'oiseau se pencha un peu plus contre sa main comme s'il ressentait qu'il avait besoin de réconfort.
Le lendemain après-midi, Harry attendait patiemment dans son dortoir, seul, que l'horloge sonne les cinq heures. Il y avait eu un accident durant le dernier cours de Potions avant les vacances et Severus devait tout nettoyer avant qu'ils ne partent pour la maison. Le jeune sorcier aux yeux verts sortit ses notes sur la magie du sang et relut ce qu'il avait griffonné la nuit dernière. Les cinq coups arrivèrent rapidement et il commença à partir vers le bureau de Severus. Ce fut un Severus de mauvaise humeur qui l'accueillit à sa porte.
« Harry. » salua-t-il simplement, en se massant légèrement les temps alors qu'ils marchaient vers la cheminée.
« Si mauvais que ça ? » demanda l'adolescent en souriant à l'expression crispée du maître de Potions.
« Le chaudron a fondu, Harry. Il a fondu. » Harry ricana en attrapant une poignée de Poudre de Cheminette qu'il lança sur les flammes, marchant dessus dès qu'elles changèrent de couleur. Il ressortit de la cheminée bien plus imposante dans le hall de Silbreith, attendant que Severus n'arrive derrière lui, ce qu'il fit, quelques secondes plus tard. Il leva immédiatement les sorts de dissimulation qu'il portait. Harry en fit de même, souriant doucement à son reflet dans le miroir sur le mur opposé. Cela faisait des mois qu'il ne s'était pas vraiment regardé dans un miroir. C'était à moitié surprenant de voir combien il avait grandi.
« Je crois que je suis encore plus grand. » commenta l'adolescent d'un ton égal, en s'approchant du miroir. Réalisant qu'il n'obtenait aucune réponse de Severus, il se retourna pour voir ce qu'il faisait. Ce dernier s'était simplement assis dans un fauteuil et boudait dans son coin tandis que Minnie accourait pour leur souhaiter la bienvenue.
« Maître Severus ! Jeune maître Harry ! Bon retour à la maison ! » Harry se rapprocha de la petite créature avant de s'agenouiller brusquement pour lui faire un câlin.
« Tu m'a manqué Minnie ! » L'elfe de maison rougit et se recula lorsqu'Harry la relâcha, pour observer le « jeune maître ».
« Le jeune maître a encore grandi. » dit-elle d'un ton fier.
« C'est ce que je viens de dire ! » s'exclama Harry en riant. « Mais Papa boude dans son coin et n'y a pas fait attention, j'en ai peur. »
« Je ne boude pas ! » s'écria Severus avec indignation. « Je… »
« Tu broies du noir, on sait. » le coupa Harry, en tordant un peu les lèvres.
« Quelque chose ne va pas, maître Severus ? » demanda Minnie d'un ton concerné.
« Rien de très grave, Minnie, pas la peine de paniquer. Juste un accident dans le laboratoire de Potions hier. » la rassura Harry.
« Mais personne n'a été blessé ? » questionna la minuscule elfe de maison de sa voix aiguë, examinant de près ses deux maîtres à la recherche de coupures ou de bleus.
« Personne n'a été blessé, Minnie. Ne t'inquiète pas. » la rassura Severus à son tour. « J'avais juste prévu de revoir quelques éléments pour la Tue-loup pour que je puisse me reposer et me relaxer pour quelques jours. » Minnie secoua la tête, exaspérée.
« Le maître devrait se reposer plus. » marmonna-t-elle en regardant ses pieds. Severus se mit à rire.
« Tu n'as pas tort, Minnie. » L'elfe de maison sourit avec hésitation. « Maintenant, pourquoi n'irais-tu pas nous faire un peu de chocolat chaud. Ça nous ferait, à tous les deux, le plus grand bien pour rentrer dans l'esprit des vacances. » Minnie hocha vigoureusement la tête et partit se mettre au travail alors qu'Harry approuvait de la tête. Merlin savait qu'il avait besoin d'une pause avec toutes les folies qu'ils avaient subies ces derniers temps.
« Tu te prenais encore la tête à propos de cette plante, pas vrai ? » demanda Harry, son attention centrée à nouveau sur le maître de Potions.
« Quand est-ce que je ne le fais pas ? » demanda Severus, s'affalant à nouveau dans son fauteuil, les sourcils froncés. « J'examinais un parchemin norvégien du Vème siècle et j'avais pleinement l'intention de continuer après le cours mais non ! Il m'a fallu 6 heures pour totalement retirer ce chaudron du sol et en plus, il y avait les copies à corriger ce matin ! » se plaignit le professeur, faisant sourire Harry.
« Un vrai bordel, c'est ça ? »
« Je ne sais même pas ce qui a causé une réaction aussi violente ! » admit Severus. « Bon, si tu exceptes le fait que Mademoiselle Brown était plus intéressée par son parchemin d'astrologie que ce qu'elle était en train de faire. » Et le chaudron a fait boum, pensa Severus, se remémorant l'explosion plutôt intéressante de fumée rose sombre. Et dire qu'il avait plein d'espoirs après avoir trouvé ce parchemin…
« C'était une explosion digne de ce nom. » rit Harry. « Une qu'on pourrait prévoir venant de Seamus, j'imagine, mais pas venant de Lavande. » Severus put jurer que son cœur venait de louper un battement. Non. Après toutes ces années. Ce n'était pas possible.
« Qu'est-ce que tu viens de dire ? » demanda-t-il doucement, sentant sa tête lui tourner.
« Qu'on pourrait s'attendre à une telle explosion de la part de Seamus mais pas de Lavande. » Le maître de Potions pâlit encore plus. « Papa ? » demanda Harry, s'approchant très rapidement de Severus. « Est-ce que ça va ? » Mais, visiblement, il ne l'écoutait pas. Au lieu de ça, il se marmonnait à lui-même, les yeux écarquillés.
« Bien sûr… Ça pousse sur des terrains rocheux. Et ça n'aurait pas été importé si loin dans le nord à ce moment… Donc il n'aurait pas pu savoir… juste la description… herbe de pierre violette… Même les Moldus l'utilisent… C'est antiseptique, un bon analgésique… Après avoir cherché chaque plante rare sur cette planète… Par l'or des Gobelins ! » s'exclama Severus. Harry regarda le maître de Potions, sous le choc. Il semblait avoir tout juste résolu le problème de cette plante mystérieuse qui l'empoisonnait depuis si longtemps. Mais comment ?
« Papa, qu'est-ce qu'il s'est passé ? » Si je gagnais une Mornille à chaque fois que je posais cette question, pensa Harry, de manière absente.
« Tu ne vois pas Harry ? » Il l'attrapa par les épaules et l'adolescent se retrouva face à un Severus surexcité. Ses yeux étincelaient d'un feu nouveau et il commença rire, se redressant pour ébouriffer ses propres cheveux.
« Voir quoi ? » demanda l'adolescent alors que Severus s'éloignait vers son laboratoire.
« Lavande, Harry ! C'est de la foutue lavande ! » cria le maître de Potions par-dessus son épaule, son rire faisant écho dans le couloir. Harry fixa son dos qui s'éloignait pendant quelques secondes avant que son cerveau n'assimile.
« Foutue lavande. » marmonna-t-il, avant d'exploser de rire lui-même.
Voilà pour vous mes chers lecteurs ! Qu'en avez vous pensez ? N'hésitez pas à laisser un commentaire, ça me ferait super bien commencer la nouvelle année ;)
