Chapitre 42

La Deuxième Fois


Hello tout le monde ! Comme d'habitude je veux commencer par vous remercier tous pour vos encouragements et vos reviews qui me font toujours très plaisir. De plus en plus de personnes mettent cette fiction en alerte, et ça fait chaud au cœur !

Sinon, ça avance doucement, on finit ici la troisième année, mais la quatrième n'arrivera pas de sitôt, je vous promets un loooooong été avec pleins de choses dedans, vous verrez ;)

Je n'ai pas grand chose de plus à dire à part,

Enjoy !


Disclaimer : Seule la traduction m'appartient, même si c'est triste, c'est déjà suffisant.


« Voir quoi ? » demanda l'adolescent alors que Severus s'éloignait vers son laboratoire.

« Lavande, Harry ! C'est de la foutue lavande ! » cria le maître de Potions par-dessus son épaule, son rire faisant écho dans le couloir. Harry fixa son dos qui s'éloignait pendant quelques secondes avant que son cerveau n'assimile.

« Foutue lavande. » marmonna-t-il, avant d'exploser de rire lui-même.

Les mois passèrent dans une paix relative après les vacances de Noël. Adrian était rentré de son entraînement, fatigué et énervé. De ce qu'il avait pu comprendre, il avait passé une grande partie de ses vacances à apprendre des sorts de défense plus avancés, une décision qu'Harry soutenait intérieurement. Harry avait passé la majeure partie de ses vacances soit à aider un Severus extatique soit à avancer avec ses études. Il avait été plus que surpris de voir qu'il avait à peu près couvert le programme de sixième année et commençait doucement mais sûrement à s'orienter vers les livres de septième année. Il ne pouvait pas s'empêcher de ressentir de la fierté pour ses prouesses. Si tout continuait selon son plan, il en aurait fini avec les études scolaires à peu près au même moment de l'année prochaine, peut-être même plus tôt.

La plus grande surprise qui l'accueillit à la rentrée fut probablement une chose que Sirius avait laissé échapper durant une visite à son bureau. Apparemment, pendant qu'il essayait de convaincre Remus de ne pas quitter son poste avant la fin de l'année – il se sentait immensément coupable de ne pas avoir pris sa potion Tue-loup – le Professeur McGonagall les avait tous stupéfiés en remettant sa propre lettre de démission. A en croire Sirius, le Directeur avait dû passer une semaine à la persuader de rester. Étant donné qu'elle avait été là lorsqu'ils étaient revenus pour le premier cours de Métamorphose du semestre de Printemps, il avait réussi à la convaincre. Cependant, elle était désormais bien plus facile à agacer et avait tendance à enlever des points pour la moindre erreur.

Puis il y avait Ginny. Harry avait été presque pétrifié lorsque, un après-midi, une semaine après les vacances, la jeune fille était venue lui parler. Il était assis sur son fauteuil préféré près de la cheminée avec Neville, revenant sur les notes qu'il avait prises sur un rituel de magie sanguine qu'il avait trouvé en parcourant les milliers de livres que Nicholas lui avait laissés, lorsqu'il avait sentie une petite main sur son épaule. Il avait fermé son cahier et levé les yeux pour se trouver face à Ginny, qui lui souriait doucement. Son estomac s'agita un peu et son sourire s'agrandit.

« Salut, Harry. » dit-elle. Ce dernier se demanda ce qu'elle pouvait bien lui vouloir.

« Salut Ginny. Comment étaient tes vacances ? » La jeune fille haussa les épaules.

« Toujours les mêmes réunions familiales. Non, c'est vrai que Charlie est revenu de Roumanie. Il a même réussi à me persuader de me porter volontaire pour un programme d'été dans le refuge de Dragons où il travaille. Bon, je ne me plains pas, c'est quand même des vacances gratuites en Roumanie ! » Elle parlait de manière assez animée, faisant sourire Harry. Remarquant qu'elle s'était un peu emportée, elle rougit un peu et s'éclaira la gorge. « Comment se sont passées les tiennes ? » demanda-t-elle.

« Bien. Rien de très spécial. » Si on exceptait être le témoin de la création d'une potion Tue-loup permanente, ajouta-t-il mentalement. « J'ai passé Noël avec Se… hum, avec le Professeur Snape. » Qu'elle ait remarqué son incartade ou pas, elle ne fit aucun commentaire dessus.

« Tu passes beaucoup de temps avec le professeur Snape. » fit-elle remarquer. Mais elle souriait toujours et Harry réalisa qu'elle ne faisait qu'émettre un fait et non le rabaisser d'une quelconque manière parce qu'il passait du temps avec Severus. « À quoi il ressemble hors de l'école ? » demanda-t-elle assez soudainement. Les yeux d'Harry s'écarquillèrent devant la question inattendue. Si seulement il pouvait dire la vérité, les gens ne se demanderaient pas autant pourquoi il passait autant de temps avec… « Tu n'as pas à répondre si tu n'en as pas envie. » lui assura Ginny en souriant, interrompant le cours de ses pensées. Elle n'avait pas l'air de vouloir le pousser pour des réponses mais Harry lui en donna tout de même une.

« Il est différent. » répondit-il sans approfondir. Ginny hocha simplement la tête. « Donc tu voulais me dire quelque chose ou… » relança Harry, ne sachant plus quoi dire. Il ne se sentait absolument pas préparé pour ce genre de conversations.

« Oh ! » s'exclama Ginny, avec de grands yeux. « Oui c'est vrai. » Elle joua un peu avec l'ourlet de son T-shirt avant de continuer. « Je sais que tu es la personne qui a prévenu tout le monde qu'Adrian avait disparu. Ron aurait pu… » Elle s'arrêta et leva les yeux pour regarder Harry en face. « Ron aurait peut-être pu mourir si l'aide était arrivée plus tard. Il est peut être un peu lourd parfois, mais c'est mon frère et tu lui as probablement sauvé la vie. » Harry cligna des yeux une ou deux fois, complètement perdu. Il avait toujours désiré que quelqu'un le remercie pour ce qu'il avait fait mais, après avoir attendu aussi longtemps, il avait inconsciemment abandonné l'idée. Et maintenant, il était là, sans aucune idée de ce qu'il devrait dire.

« Je n'avais pas vraiment… » commença-t-il doucement.

« Merci Harry. » déclara sérieusement Ginny avant de hocher la tête, comme si elle voulait se rassurer et repartit vers ses amies. L'adolescent aux yeux verts la regarda s'éloigner, incapable d'intégrer ce qu'il venait d'entendre. Après quelques secondes, il sourit et retourna à son carnet de notes. La sensation de chaleur dans sa poitrine, la joie toute simple que quelqu'un se soit arrêté pour lui dire un simple 'merci' ne le quitta pas de toute la nuit.

Après cet évènement, la vie écolière continua étrangement calmement. Même avec Pettigrow en fuite, il n'y avait pas eu de situations mortelles supplémentaires et, plus les jours passaient, plus Harry commençait à avoir peur qu'il ne s'agisse que du calme avant la tempête. Néanmoins, essayant de dissimuler son pessimisme intérieur, le jeune garçon essayait de profiter au maximum de ces jours calmes. Il faisait de grandes avancées dans ses études, trouvant qu'il était bien plus facile de se concentrer lorsqu'il n'avait pas à faire face à des serpents mortels ou des Seigneurs des Ténèbres complètement givrés comme il l'avait fait ces deux dernières années.

Son amitié avec Neville s'intensifiait chaque jour qui passait et ce sentiment qu'il avait eu pour la première fois, lorsqu'ils s'étaient assis près du lac, que la relation qu'ils avaient, était celle qu'il aurait dû avoir avec son frère, ne fit que se renforcer. Et soudainement, il réussit à comprendre pourquoi Sirius et Remus avaient toujours été aussi proches, comment ils pouvaient communiquer sans presque dire un mot. Ils étaient frères, tout simplement et il avait commencé à ressentir la même chose avec Neville. Les amis ne sont que la famille qu'on se choisit, lui avait dit Severus et Harry, pour la première fois depuis de nombreuses années, sentait qu'il avait réellement un frère.

Il passait ses week-ends – pendant qu'Adrian était quelque part à s'entraîner – à aider Severus à perfectionner la Tue-loup. Le maître de Potions était euphorique devant les progrès qu'ils faisaient, tous les ingrédients se mettant enfin en place après toutes ces années de dur labeur. Parfois, Harry le laissait tout simplement prendre des notes sur ses progrès pendant qu'il restait assis dans le bureau du maître de Potions et travaillait sur leur projet commun. Au moment où le match suivant de Quidditch contre Serdaigle arriva, l'allure générale des sphères de mémoire – ils travaillaient encore sur le nom également – était établie.

Le match avait été assez simple et Harry n'admit jamais qu'il avait presque manqué le Vif d'Or parce qu'une certaine Cho Chang lui avait sourit gentiment. Non monsieur ! Severus ne cessa jamais d'essayer de lui faire avouer non plus. Tout comme Neville qui avait depuis longtemps abandonné sa timidité au côté de son ami, et qui ne manquait jamais de le lui rappeler à chaque fois que Cho était dans le coin. Un petit peu après le second match de la saison, un autre évènement les pris par surprise. Hermione, fatiguée d'entendre encore et encore comment le Sinistros poursuivait Adrian, avait tout simplement arrêté la Divination, en plein milieu d'une leçon. Adrian en rigolait encore. Apparemment, l'expression du Professeur Trelawney avait été magique. Harry avait acquiescé de façon absente. Utiliser un Retourneur de Temps aussi souvent finissait par affecter les gens.

Quelques jours avant les vacances de Pâques, Harry avait été approché par son professeur d'Arithmancie, Septima Vector, une sorcière d'environ quarante ans, à la fin d'un cours. Ils avaient eu un test quelques jours plus tôt et elle avait l'air désireuse de discuter de ses résultats. Harry s'était approché de son professeur avec hésitation. Il avait pourtant été certain d'avoir réussi ce test…

« Dites-moi, M. Potter, comment pensez-vous vous en être sorti au dernier test ? » demanda-t-elle d'un seul coup. Elle allait toujours droit au but mais Harry ne s'attendait pas à cette question.

« Je… euh… Je crois que je m'en suis bien sorti. » balbutia-t-il. « Pourquoi ? Il y a un problème, Professeur ? » La sorcière secoua la tête, un petit sourire aux lèvres. Harry décida de prendre cela pour un bon signe.

« Un problème ? » demanda-t-elle, en regardant avec attention l'adolescent en face d'elle. « Oui, il y en a un. » Harry se figea.

« Vraiment ? » Il refit mentalement tous les calculs qui lui revenaient du contrôle. C'étaient des éléments de base, qu'il maîtrisait déjà lorsqu'il avait commencé à étudier l'Alchimie à Poudlard. Certaines choses même avant.

« Oui, il y en un. J'ai peur que vous commenciez à vous ennuyer dans cette classe, M. Potter. » déclara le professeur Vector. Les yeux d'Harry s'écarquillèrent légèrement. Ça, c'était inattendu.

« M'ennuyer ? »

« Oui. Vos réponses étaient parfaitement correctes. Mais vous avez utilisé des théories avancées qui n'ont certainement pas été enseignées dans cette classe. » Harry pâlit en réalisant qu'elle disait bien la vérité. Avec tous les calculs qu'il avait pris l'habitude d'effectuer pour ses études, les théories avancées d'Arithmancie, plus complexes et surtout bien plus complètes, étaient devenues comme une seconde nature pour lui. « Dites-moi, M. Potter, avez-vous étudié l'Arithmancie de votre côté ? »

« En effet. » admit Harry, son cerveau s'activant pour formuler une réponse crédible qui expliquerait son surplus d'études. « Je trouve tout simplement le sujet intéressant, Professeur. J'ai essayé de lire pendant mon temps libre, d'étudier à la Bibliothèque quand je le pouvais… » L'explication sonnait faux à ses oreilles mais elle sembla correspondre aux attentes de son professeur.

« C'est ce que je me suis dit, M. Potter. » le coupa-t-elle, avec un grand sourire. « J'ai pris la liberté de regarder vos notes dans le reste des matières enseignés dans votre année et vous semblez vous débrouiller avec excellence. Vous prenez vos études au sérieux, je présume. » Harry hocha la tête, se souvenant brièvement que sa mère avait mentionné que le Professeur Vector avait été à Serdaigle.

« C'est vrai. » confirma-t-il. Le sourire du Professeur s'agrandit.

« Parfait ! » s'exclama-t-elle, sortant un parchemin d'un des tiroirs de son bureau. « Ceci, » commença-t-elle, en donnant le parchemin à l'adolescent sous le choc, « est le programme d'un cours que je donne. Il s'agit des Études Avancées d'Arithmancie et je l'ai crée il y a quelques années en guise de substitut pour les élèves de cinquième à septième années qui étaient bien en avance sur leurs camarades. L'année prochaine, le premier niveau serait composé de deux cinquième année et de vous, si vous décidez de le joindre. » Harry, la fixa, hébété.

« Mais… Je serais dans ma quatrième année et… »

« Et vous perdrez votre temps dans le circuit habituel. » le coupa-t-elle. « Je ne vous forcerai à rien, M. Potter. Je vous suggère simplement d'y réfléchir. Je n'ai même pas besoin de réponse au retour des vacances de Pâques. » continua-t-elle en voyant son expression pensive. « Vous avez l'été entier pour prendre votre décision. Si vous acceptez, envoyez-moi une lettre au moins une semaine avant la rentrée de l'année prochaine et vous n'aurez qu'à passer le test nécessaire durant votre première semaine de rentrée. Pensez-y, M. Potter, cela peut conduire à des BUSES et des ASPICS précoces. Une matière de moins à vous inquiéter pendant votre cinquième et septième année. » La proposition était vraiment tentante puisque même un seul examen de moins pour le programme surchargé des années des BUSES et ASPICS l'amènerait au paradis.

« J'y réfléchirais. » promit-il, sa main se serrant sur le parchemin.

« J'espère que vous le ferez, M. Potter. » dit-elle avant de lui souhaiter une bonne journée. Harry décida de faire sauter la pause de midi pour partager les nouvelles avec Severus. Le maître de Potions était survolté.

« Bien sûr que tu vas dire oui ! » annonça-t-il scandalisé, une fois qu'Harry venait de lui exposer les raisons pour lesquelles il hésitait.

« Ça ne passerait pas inaperçu. » lui rappela Harry.

« Mais tu veux le faire. » insista Severus. « Et qu'est-ce qu'on a dit à propos de tes études scolaires ? »

« Que je devrais faire de mon mieux, sans prendre quoi que ce soit d'autre en compte. » répondit Harry, avec un grand sourire.

« C'est ça ! » s'exclama Severus avec un sourire en coin. « Dit à Septima que tu passeras le test l'année prochaine. » ordonna-t-il avant de serrer Harry dans ses bras, mettant fin à la conversation. Harry secoua le tête en riant aux imbécilités du professeur de Potions pendant qu'il le virait de son bureau, le grondant de ne pas avoir mangé. Neville, prêt à le gronder d'avoir sauté le repas à son tour, eut un immense sourire et le félicita chaleureusement à l'entente de ces nouvelles.

« Mon meilleur ami est un génie ! » dit-il, essuyant une larme imaginaire de son visage.

« Tu prends la grosse tête, Longdubat. » le taquina Harry en levant les yeux au ciel, incapable d'empêcher un sourire d'apparaître sur son visage. Et après ça, bien sûr, Neville n'oublia pas de le gronder pour avoir loupé le repas.

Les vacances de Pâques se passèrent plus ou moins comme celles de Noël, avec Harry et Severus à Silbreith pendant que le reste des Potter étaient… Harry ne prenait même plus la peine de se poser la question. Il se contentait d'espérer que son frère s'améliorait et qu'on le gardait en sécurité. Durant ces vacances, Harry avait montré à Severus, un jour, dans son laboratoire, le corps des Sphères de Mémoire. La sphère en elle-même était un peu plus grosse qu'un Vif d'Or. Elle était en majorité faite de verre, avec une sorte de fil argenté qui formait des motifs à sa surface, comme des spirales.

« Il y a un interrupteur ici, » expliqua Harry, pointant une rosette finement sculptée avant de la pousser avec son pouce « qui activera la série de sort que tu jetteras dessus. C'est un sortilège runique plutôt bien caché. Rien de très folichon. Juste un déclencheur en quelque sorte. » Severus sourit.

« Juste un sortilège runique, bien sûr. Rien de très folichon, en effet. » ironisa-t-il. Harry leva les yeux au ciel, hésitant intérieurement à lui expliquer que les sortilèges runiques étaient en gros un assortiment de runes et qu'il s'agissait d'une des bases des sortilèges alchimiques, avant de réaliser que Severus le savait déjà. Il ne fit que lui tendre l'objet et changea de sujet.

« Alors, comment avance la Tue-loup ? Des progrès depuis hier ? » La réponse de Severus commença par un sourire un peu fou et un hochement de tête.

« Je pense que j'en suis arrivé au point où je vais pouvoir commencer l'étape des tests. On est d'accord, ça va me prendre du temps de trouver des sujets-tests et conserver mon anonymat mais… »

« Severus, je… »

« Dis que tu es désolé Harry et je te punis. » le coupa le maître de Potions, empêchant tout discours dirigé par la culpabilité qu'Harry s'était peut-être préparé à donner. « Je n'en serais même pas là, si tu n'avais pas été avec moi, alors garde tes excuses pour toi. » Harry n'était vraiment pas d'accord mais Severus avait l'air décidé. Alors il se contenta d'un simple :

« Comme tu veux, Papa. » et il abandonna le sujet. Le retour à l'école n'avait rien apporté d'excitant. Peu importe ce qu'il s'était passé pendant les vacances d'Adrian ne vint jamais dans leur conversations, mais le plus vieux des jumeaux Potter sembla irrité d'avoir encore passé ses vacances à étudier. Harry s'était une fois de plus retenu de faire un commentaire, sentant comme une routine se former. Il espérait réellement que son frère ne ferait rien pour provoquer sa chance, à cause de son mécontentement et il garderait un œil sur lui pendant qu'il contiendrait sa propre colère. Adrian devrait être heureux d'avoir la possibilité de s'entraîner. C'était la guerre qu'ils allaient bientôt devoir affronter et il doutait sérieusement que son frère s'en rende compte.

Avec avril arriva le dernier match de la saison, Gryffondor contre Serpentard pour la Coupe, et signait le dernier match d'Olivier à Poudlard. Fidèle à sa parole, l'équipe de Gryffondor fit de son mieux pour faire ses adieux à son Capitaine avec un grand coup d'éclat. Le score final avait été un fantastique 350 contre 20, en faveur des Lions, ayant pour résultat un Olivier se roulant au sol, pleurnichant de joie. La fête de célébration continua jusque tard le lendemain matin et laissa un immense sourire sur le visage d'Harry.

Avant qu'il n'ait pu dire ouf, le mois d'Avril était fini, tout comme une bonne partie de Mai, signifiant le début des examens. Neville et lui avaient passé la plupart de leur temps à éviter Hermione qui s'était mise à se parler à elle-même entre les contrôles, et ils firent de leur mieux pour finir en un seul morceau, du début, jusqu'à la fin des examens. Finalement, après une matinée assez agitée, Harry était assis avec Severus, dans son bureau, après son dernier examen de l'année qui avait été l'Étude des Runes, et discutait joyeusement avec lui de ses plans pour l'année prochaine.

« Tu sais, la plupart des études extrascolaires commencent pendant la sixième année mais les élèves de quatrième année peuvent prendre les Études Antiques. Ce n'est qu'une heure par semaine pendant la 4ème année et 2 heures pendant la 5ème avec un sujet lors des BUSES qui devrait être effroyablement simple quand on sait que ce cours considère qu'une une énorme partie de la magie du Sang est antique. » commenta Harry. « Et ce n'est que de la théorie comme examen. »

« Donc, tu songes à le prendre ? » demanda Severus, en souriant doucement pendant qu'il se versait un thé glacé. La météo avait enfin rattrapé la saison et les températures avaient considérablement augmenté, même si il faisait bien plus frais dans les cachots.

« Oui. C'est vraiment en grande partie théorique, comme je l'ai dis, étant donné que la Magie du Sang est très rarement pratiquée et le reste des sujets abordés ne sont pas introduits avec des sorts. Mais la théorie en elle-même devrait être très intéressante, et surtout, très utile. » s'anima Harry.

« Alors tu devrais le prendre. »

Harry, ainsi que Severus se figèrent d'un seul coup. Pour être honnête c'était exactement ce que Severus s'apprêtait à dire. Mais ce n'était pas lui qui l'avait fait. Harry se retourna doucement, ses yeux se tournant dans la direction que fixait Severus. Il avait déjà entendu cette voix. D'accord ce n'avait été qu'une seule fois, mais comment aurait-il pu oublier Merlin ?

« Bonjour, messieurs. Ça fait longtemps. » les salua le vieux sorcier, ses yeux bleus foncés les regardant avec attention. « Tu es affreusement maigrichon. » déclara-t-il en regardant Harry. Ce dernier mit quelque seconde à se remettre du choc, mais son cerveau se remit en marche.

« Oh, non, c'est juste… » Au lieu de finir sa phrase, le jeune garçon pointa sa baguette sur lui et retira les sorts de dissimulation, Severus suivit son mouvement. Les sourcils de Merlin se levèrent légèrement.

« Beaucoup mieux. » commença-t-il. « Mais pourquoi est-ce que vous utilisez des sortilèges de dissimulation, d'abord ? » demanda le grand sorcier, perplexe.

« Ça fait partie de la façade. » répondit simplement Severus. Le vieil homme eut l'air encore plus confus.

« Quelle façade ? » Harry et Severus partagèrent un regard confus. Aucun des deux ne s'étaient attendus à une seconde conversation avec Merlin, mais même si à de rares reprises ils avaient entretenu ce genre de pensées, ce n'était vraiment pas la manière dont ils s'imaginaient que la rencontre se déroulerait. Severus décida de prendre la conversation en main.

« Nous essayons de faire notre possible pour que personne ne découvre qu'Harry est le Survivant. » Merlin les regarda et hocha la tête, toujours aussi confus avant qu'il ne fasse la connexion dans son esprit.

« Alors vous vous êtes cachés ? Tout ce temps ? » Il avait l'air pris entre le choc et la culpabilité. Il prit de longues respirations avant de les regardes à nouveau. « Racontez-moi tout. » ordonna-t-il et Harry commença le récit de ses dernières années. Il lui montra sa baguette, lui raconta sa rencontre avec Nicholas et sa désormais maîtrise en Alchimie, sa première, deuxième et troisième année, il lui parla aussi de Neville, de son Éclair de Feu et de la potion Tue-loup. Également, comment il avait découvert qu'il était un Fourchelangue, comment il avait sauvé son frère, la fuite de Pettigrow ainsi que ses études supplémentaires. Il décrit également Silbreith et comment il avait voyagé aux quatre coins du monde avec Severus. Merlin intégra toutes les informations et soupira.

« Tout ça, et personne n'est au courant ! » s'exclama-t-il, choqué, en se prenant la tête dans les mains. Severus fut aussi choqué que lui à sa réaction et un peu énervé également.

« Ce n'était pas le but ? » demanda-t-il, la voix plus froide que ce qu'il avait prévu.

« Ne pas laisser le monde apprendre qu'Harry était en réalité celui qui avait stoppé Voldemort était, en effet, le but, parce que ce monde serait intervenu. Ne révéler à personne comment il avait sauvé son frère était un autre sacrifice nécessaire. Mais dissimuler entièrement tous vos accomplissements au monde entier ? Pourquoi ? » Les deux plus jeunes sorciers partagèrent un regard perdu.

« C'était le meilleur moyen de les empêcher de deviner ce qu'il s'était passé. » expliqua Harry. « S'ils ne voyaient rien d'autre que le petit frère d'Adrian et son gardien réticent, ils ne soupçonneraient jamais l'existence de quelque chose de plus important. » Merlin soupira encore une fois et releva les yeux vers les deux sorciers en face de lui.

« C'est en grande partie de ma faute. » s'excusa-t-il. « J'aurais du tout vous expliquer il y a des années de ça. Que vous vous cachiez au monde entier n'a jamais été ce que j'avais prévu. »

« Expliquez-vous, s'il vous plaît. » demanda Harry, le tête tournante.

« Je suis venu ici aujourd'hui parce qu'il est temps que vous entendiez la prophétie, dont je vous ai parlé il y a quelques années, dans son entièreté. Les pièces sont enfin en place et il est désormais temps. Peut-être qu'elle vous aidera à comprendre. » déclara Merlin et il sortit sa baguette. Avec un grand mouvement de vague, une voix de femme se mit à résonner dans la pièce silencieuse, profonde et rapide, qui ressemblait énormément à la voix qu'avait eue Trelawney en faisant cette prophétie, cinq mois plus tôt.

Le fils du père qui n'est pas le père

Né sous la lune de la Revendication, du Tonnerre et des Foins

Né alors que se meurt le septième mois

Apportera la fin d'une ère de ténèbres

Et le commencement d'années de prospérités

Pour tout ce qui est magique

Et le père du fils qui n'est pas le fils

Père de cœur et d'âme, lié par tout sauf le sang

Le protégera et le guidera

Le soutiendra et le mènera

Il apprendra à son fils, le plus méritant d'une paire

Le protecteur juré de son frère

L'enfant négligé

De surpasser les ténèbres de son temps

Et uni avec celle qui Voit et sa sœur qui n'est pas sa sœur

Le gardien de la magie qui est vieux

Le père et le fils trouveront

Leur chemin dans la vie

« Quoi ? » demanda doucement Severus, en agrippant les accoudoirs de son fauteuil. Harry avait l'air tout aussi perdu, ses yeux fixant le vide. Cette prophétie le peignait non seulement comme celui qui allait défaire le Seigneur des Ténèbres mais également comme le créateur d'une nouvelle ère, quoi que cela puisse signifier.

« Je vois que vous êtes un peu perdus. » commenta Merlin. « Cette prophétie – comme le sont généralement toutes les prophéties – est un moyen un peu pompeux de dire qu'Harry est censé vaincre le Seigneur des Ténèbres et qu'il apportera le début de l'Âge d'Or pour le monde de la Magie. Une prophétie du même goût a été faite pour moi il y a des millénaires. Je sais que cela peut paraître beaucoup à digérer mais dans l'essentiel, c'est une version plus détaillée que la prophétie que vous connaissez d'ores et déjà. » Harry regarda Merlin, perplexe.

« Mais pourquoi nous cacher aurait été inutile ? Le protecteur juré de son frère et L'enfant négligé décrivent parfaitement ma vie. » pointa le garçon, faisant encore soupirer Merlin.

« Peut-être que tu as raison. » déclara le sorcier. « Après tout, les prophéties ont leur manière de toujours se réaliser, peu importe ce que l'on fait une fois qu'elles ont été mises en place. Et si le Destin voulait que tu sois l'enfant négligé, il t'a moulé pour l'être. Peut-être que vous cacher était nécessaire pour que tous les évènements se mettent en place, pour être certain que toutes les pièces du puzzle se mettraient en place correctement, je n'en sais rien… »

« Quelles pièces du puzzle ? » demanda Severus, sentant la colère lui monter au nez.

« Comme vous l'avez entendu, vous deux n'êtes pas les seuls concernés par le prophétie originale. » expliqua Merlin. « Celle qui Voit et sa sœur qui n'est pas sa sœur, le gardien de la magie qui est vieux. Il y a deux personnes de plus impliqués et peut-être que tout ceci était nécessaire pour qu'elles trouvent le bon chemin également. »

« Donc, nous connaissons déjà ces deux femmes ? » questionna Severus. « Et nous les avons influencées d'une manière ou d'une autre ? »

« Je n'en sais rien. » répondit Merlin. Harry et Severus le regardèrent, sceptiques. « Non, je n'en saurais vraiment rien. C'est Morgane qui a fait la prophétie et elle m'a confié ce peu d'informations que je vous ai donné puisque j'ai vécu des situations similaires dans ma vie. Ces deux femmes, m'a-t-elle dit, sont sous sa responsabilité. Et si quelqu'un sait comment une prophétie doit être manipulée, c'est bien Morgane. Tout ce que je peux vous dire c'est ce qu'elle m'a dit : leurs chemins sont désormais dessinés et vous révéler la prophétie entière n'aurait plus aucune chance d'influencer leurs routes. Donc peut-être que le chemin que vous avez suivi était le bon au final. » Alors qu'Harry n'avait aucune idée de ce qu'il pouvait répondre à ça, Severus explosa de rire, et, ce qui débuta comme de petits rires finit sur une note hystérique. Harry ainsi que Merlin le regardèrent de là où ils se trouvaient pendant qu'il riait et riait encore, si fort que des larmes commencèrent à couler de ses yeux.

« Je n'arrive pas à comprendre ce que j'ai pu dire de drôle, Severus. » déclara Merlin, partageant un regard inquiet avec Harry.

« Rien du tout. » confirma Severus, en inspirant et expirant fortement pour essayer de contenir son rire. « Mais vous avez bien dit que les chemins de tout le monde étaient désormais en place.

« Oui. »

« Donc, peu importe ce qu'on fait, ils ne peuvent pas, disons, dérailler ? » continua le maître de Potions.

« Non, ils ne peuvent pas. La prophétie s'est mise en marche et, même si l'issue est encore incertaine, les faits mèneront à cette fin d'eux-mêmes… » Mais Severus l'interrompit encore une fois avec un élan de rire libéré.

« Papa ? » s'inquiéta Harry, ayant peur du pire.

« Tu ne vois donc pas, Harry ? » demanda Severus, essuyant quelques larmes restantes. « Tu devras peut-être encore cacher le fait que tu es Celui-Qui-A-Survécu au monde pour que ton frère puisse continuer à recevoir un entraînement et que tu puisses continuer à être libre de tes choix mais nous n'avons plus besoin d'être aussi secrets désormais. » Harry le regarda, comme pétrifié.

« Ah. » s'exclama Merlin, en souriant. « J'imagine que ce que Severus veut dire est que vous n'avez plus besoin d'être aussi prudents désormais. Vous avez maintenu les apparences pendant si longtemps, vous n'êtes pas en danger direct qu'on vous soupçonne être le Survivant, à moins que tu ne décides de le déclarer toi-même. Vous pouvez être un peu plus… flexible ? Oui, flexible avec les mesures que vous avez prises jusqu'ici. »

« Et avec Voldemort qui va revenir et tout ce qui va avec, » débuta Severus, se levant de son fauteuil et commençant à arpenter la pièce. « ce sera comme les mener vers la vérité. Parce que Voldemort découvrira qu'il a fait une erreur tôt ou tard et il le dira forcément au monde. »

« Mais ça pourrait ne pas arriver avant des années… »

« Ou ça pourrait arriver demain. » insista Severus, coupant court la protestation d'Harry. « Pettigrow a disparu, et vous, » ajouta-t-il en se tournant vers Merlin « avez dit que toutes les pièces de la prophétie originelle se mettent en place. Ça ne peut plus durer encore trop longtemps. » Harry hocha la tête sombrement. Cette déclaration était logique, malheureusement.

« Mais qu'est-ce que tu suggères alors ? » demanda Harry.

« Garde secret le fait que tu es celui qui a vaincu Voldemort. Révèle tout le reste au monde. Tu t'es caché déjà bien trop longtemps. » proposa Severus, les yeux brillants. « Si le Seigneur des Ténèbres revient demain, je veux que tu aies vécu ta vie pleinement avant d'entrer en guerre pour qu'ainsi, lorsqu'elle sera finie, tu puisses regarder derrière toi sans avoir de regrets. » Harry sourit, sentant ses yeux s'humidifier.

« Tu as l'air de partir du principe qu'on va gagner. » remarqua l'adolescent.

« Je sais qu'on gagnera. »

« Vous savez, Arthur m'a déjà donné un discours du même type. » déclara Merlin, soudainement. Les deux plus jeunes sorciers le regardèrent avec de grands yeux.

« Vraiment ? » demanda Harry avec hésitation.

« Oui. » rit Merlin. « Je faisais une crise de panique avant de faire face à Mebd et il m'a dit qu'il était convaincu qu'on s'en sortirait. Lui aussi avait raison et il ne m'a jamais laissé l'oublier depuis qu'on a gagné cette bataille. Ce crétin en reparle à la moindre occasion ! » Harry n'était pas sûr de ce qui sonnait le plus étrange dans cette déclaration. Que Merlin fasse une crise de panique, que le Roi Arthur soit encore en vie et apparemment un crétin, ou encore que le Grand Merlin emploie le mot 'crétin'.

« En tout cas, ça résout efficacement tes problèmes pour trouver des sujets-tests pour la Tue-loup anonymement. » céda Harry. Severus le regarda perdu un instant.

« Tu as bien raison. » Et son rictus s'agrandit. « Et on pourra voir la réaction de James et Sirius lorsqu'ils apprendront que tu es le créateur de l'Éclair de Feu. » Ils commencèrent tous les deux à rire à cette simple pensée jusqu'à ce que Merlin ne les interrompe.

« J'ai peur, qu'il soit temps que je m'en aille. » déclara le vieux sorcier, regardant les deux hommes en face de lui avec tendresse.

« Doit-on s'attendre à ce que vous réapparaissiez dans ce tableau encore une fois ? » demanda Severus, un sourire permanent sur le visage.

« J'ai peur que non. » répondit Merlin. « Mon travail ici est terminé. » Harry hocha la tête, quelque part un peu triste.

« On a quand même eu la chance de vous voir deux fois. » conclut-il. « C'est, et bien, deux fois plus que ce que n'importe quel sorcier ou sorcière encore en vie pourrait prétendre. »

« Qui dit qu'on ne se reverrait plus ? » demanda Merlin, récoltant deux regards perturbés en retour. « Cela prendra juste très, très longtemps, j'espère. » ajouta-t-il. « Messieurs, ce fut un honneur. » Et sur ces mots, il disparut du portrait, pour de bon. Les deux sorciers se firent face.

« Qu'est-ce qu'il pouvait bien dire par là ? » demanda Harry.

« Tu sais quoi, fiston ? » répondit Severus. « Pour l'instant je m'en fiche. On doit commencer à planifier certaines choses. »

« Planifier ? » Le sourire en coin du maître de Potions était plus que malicieux.

« On sort de l'ombre de manière fracassante, fiston. » Harry aimait cette pensée et eut un sourire réciproque pendant que Severus commençait déjà à échafauder des plans.


Voilà, j'espère que vous avez apprécié ce chapitre ! N'oubliez pas de me laisser un petit quelque chose avant de partir ça me ferait plaisir !