Chapitre 45
Une Surprise longuement attendue
Oyez, oyez, gentes demoiselles et damoiseaux !
Me revoici avec le chapitre suivant ! Et... Vous vous rendez compte ? Aujourd'hui, ça fait un an, jour pour jour, que j'ai commencé à poster cette traduction... C'est dingue comme le temps passe vite ! Alors, merci, merci beaucoup pour tous ceux qui sont là depuis le début, à toujours poster des reviews, et aussi ceux qui sont arrivés en route et qui s'accrochent, merci, vraiment du fond du cœur !
Et oui... Pour le premier anniversaire de ma fiction, vous avez le droit à un chapitre un peu spécial (je n'en dirais pas plus, vous le saurez dans quelques minutes) mais surtout très long (genre dans les 12 000 mots) alors profitez-en bien !
Enjoy !
Disclaimer : Je ne possède rien ici, à part la traduction.
Il commença à rire, un rire de pur soulagement, les yeux levés vers le plafond en serrant son bras gauche avec son bras droit, jusqu'à ce que les larmes n'arrivent. Et il demeura ainsi, sur le sol de la bibliothèque, riant et pleurant, pour tout ce que représentait cet emblème, jusqu'à ce qu'il ne tombe progressivement dans le sommeil.
Le lendemain matin, il avait eu du mal à expliquer exactement à Harry ce qu'il s'était produit. Mais, là où les mots lui firent défaut, il lui suffit de montrer son emblème pour que les yeux du garçon s'écarquillent et qu'il commence à sauter partout dans la pièce. L'évènement fut célébré, une fois n'était pas coutume, par du chocolat et une petite sortie au Chemin de Traverse. Severus devait superviser les derniers tests pour la Tue-loup cet après-midi, au Ministère, même s'il essayait au maximum d'éviter Fudge, qui l'avait supplié devenir en tant qu'invité d'honneur à un gala qu'il organisait le 30 juillet. Harry l'avait poussé à y aller, lui rappelant que sa famille ne serait pas de retour avant l'après-midi du 31. Avant de le harceler à propos de son cadeau d'anniversaire, que le maître de Potions refusait tout net de dévoiler.
Toutes ces conversations à propos de cadeaux, et Severus le savait, ne servait qu'à distraire l'adolescent de toute pensée à propos d'une certaine lettre qu'il avait envoyée aux premières heures ce matin. Harry avait écrit à Neville Longdubat et lui avait demandé s'il aimerait passer quelques jours dans sa maison pour l'été. Il avait inscrit l'adresse du Manoir Potter et le plan était d'emmener Neville à Silbreith depuis là-bas. Tout avait été simple, du moins en ce qui concernait le plan, pensa Severus, pendant qu'Harry lui répétait précisément ce qu'il avait mis dans sa lettre, et qu'ils dévoraient respectivement leurs glaces.
« Je ne sais pas ce qui serait pire. » admit Harry, transformant peu à peu sa glace en soupe, à force de la retourner avec sa cuillère. « Que Nev me réponde qu'il ne peut pas venir et qu'il apprenne tout ça par les journaux – je ne peux pas tout écrire dans une lettre ! – ou qu'il vienne et qu'il me déteste à cause de tout ce que je lui ai caché. »
« Tu es l'optimisme personnifié, Harry. » se moqua Severus, en regardant son fils avec attention. « As-tu songé à la possibilité que Neville accepte le tout plus calmement que ce que tu ne crains ? »
« Parce que mes plans se déroulent si bien d'habitude, hein ? » se demanda Harry à voix haute, en laissant tomber sa tête sur la table. Une adolescente, quelques tables à gauche gloussa puis rougit lorsqu'Harry la regarda avec des yeux confus. Severus secoua la tête devant la scène.
« De toute façon, tu verras bien. Tu pourrais être très surpris, et d'une bonne manière, c'est ça que je veux dire. » persista le professeur de Potions. « Écoute. Si les choses tournent mal, je serais là. Tu le sais. » Harry hocha la tête, avant de changer le sujet pour discuter du premier lot de Sphères de Mémoire mis en production. Peu importe l'issue de la discussion qu'il allait avoir avec Nev, trop y penser ne ferait que l'inquiéter.
Cependant, malgré tous ses efforts pour se raisonner, il ne put pas s'empêcher de faire une légère crise de panique au moment où il reçut la réponse de Neville, l'informant que, bien sûr, il serait ravi de passer quelques jours chez lui ! Sa grand-mère avait apparemment été plus qu'enchantée que son petit-fils ait des liens avec les Potter – même si Harry était persuadé qu'elle aurait d'autant plus apprécié que le dit-lien ne soit avec son frère – et l'idée que Neville puisse passer un mois dans le Manoir Potter l'avait ravie. Ce fut avec un cœur battant à toute allure avec à peine une heure de sommeil qu'Harry arriva au Manoir Potter deux jours plus tard, attendant de pouvoir récupérer Neville, accompagné par un Severus, qui faisait preuve d'un calme à toute épreuve. Ils avaient relancé les sorts de dissimulation pour « le dernier spectacle » comme l'avait dit le maître de Potions, et la couverture, autrefois habituelle, était devenue très désagréable pour Harry, après avoir passé un mois sans en avoir besoin.
« Est-ce que tu pourrais arrêter de gigoter ? » demanda Severus à l'adolescent qui attendait à côté de lui, en essayant de demeurer le plus calme possible. Le garçon n'avait pas besoin de voir Severus s'inquiéter. Il pouvait à peine tenir debout tout seul.
« J'avais presque oublié la sensation des sorts de Glamour. » Il haussa les épaules, comme s'il voulait en enlever le sort. « C'est un peu bizarre. »
« Je le reconnais volontiers. » concéda Severus. À ce moment-là, l'horloge familiale sonna les 10 heures et les flammes de la cheminée devinrent vertes à peine quelques secondes plus tard. Le maître de Potions souleva un sourcil, amusé. Harry avait précisé à Neville que Severus serait avec lui, pour que le garçon commence tout de suite à pouvoir se familiariser avec la grande révélation. Apparemment, Neville n'avait pas l'intention de faire attendre le maître de Potions si terrifiant.
« C'est parti. » marmonna Harry, pendant que son ami sortait de la cheminée, un sac sur son épaule. Neville avait encore grandi, réalisa Harry en premier lieu. Il avait vraiment poussé et ses joues de bébé commençaient à disparaître. Il avait l'air également moins maladroit, nota le sorcier aux yeux vert, remarquant qu'il trébucha à peine en sortant des flammes.
« Salut Harry ! » s'exclama-t-il joyeusement, sa voix un peu plus grave que dans ses derniers souvenirs. « Professeur Snape. » Le sourire sur son visage s'agrandit en voyant son professeur, tout de noir vêtu. Severus hocha la tête en retour et Harry s'approcha de son ami pour le serrer dans ses bras chaleureusement.
« Salut Nev ! T'as pris de la hauteur à ce que je vois ! » Peu importait sa dose d'inquiétude, Harry remarqua rapidement qu'il s'était calmé dès qu'il avait posé les yeux sur son meilleur ami.
« C'est aussi ce que dis Grand-mère. » admit l'adolescent. « Bon, » commença-t-il, en regardant autour de lui « où est-ce que je pose mes affaires ? » Harry se tourna vers Severus, qui lui offrit un regard encourageant.
« En fait Nev, on ne va pas rester ici. » avoua Harry, regardant son ami sérieusement.
« Ah bon ? » demanda le garçon, un air surpris sur le visage.
« Je reste chez Sev pendant les vacances. Enfin, je reste chez Sev plus que pour les vacances mais… Écoute, je te promets que je t'expliquerais tout. » Harry s'arrêta pour prendre sa respiration. « Tu te rappelles quand je t'ai dit qu'il y avait certaines choses dont je ne pouvais pas te parler ? » Neville hocha la tête. « Je pense qu'il est temps que je le fasse. »
« Et le fait qu'on ne reste pas au Manoir a un lien avec ça, je me trompe ? » demanda Neville, remontrant une fois de plus à Harry sa perspicacité dont il avait déjà fait preuve au cours de l'année. L'adolescent avait l'air un peu perdu mais pas méfiant, et Harry prit cela comme un bon signe pour continuer.
« Oui, ça a tout à voir avec ça. » affirma Harry, sa voix sonnant bien plus mesurée et calme que ce qu'il était en ce moment-même.
« Nous allons devoir réutiliser la cheminée, si ça ne te dérange pas. » expliqua Severus, accélérant un peu les choses. « Je vais y aller en premier, toi en second et Harry fermera la marche. » Le garçon hocha la tête, pâlissant à peine mais réagissant bien mieux qu'au dernier Noël où ils l'avaient emmené acheter sa baguette. Il ne l'avait pas oublié, visiblement et à ce moment précis, Severus comprit pourquoi Harry avait choisi de lui faire confiance avec son secret. Vu toute la loyauté que possédait le jeune Longdubat, il aurait tout aussi bien pu atterrir à Poufsouffle et Severus voyait cela comme un des meilleurs compliments. « Tu n'as rien à craindre, je te le garantis. » Neville regarda brièvement les yeux pleins d'espoirs de son ami et hocha vivement la tête, sa décision prise.
« Ouvrez le chemin dans ce cas, Professeur. » Severus sourit au garçon – qui eut l'air bien plus choqué par ce geste que par l'ensemble de la conversation précédente – et s'avança dans les flammes à nouveau vertes.
« Silbreith ! » prononça-t-il, et il disparut dans une fumée émeraude, laissant Neville et Harry seuls, pour un petit instant.
« Rentre simplement dans le cheminée et dit 'Silbreith', d'accord ? » demanda Harry.
« Silbreith, c'est bon. » confirma Neville, en hochant la tête une fois de plus.
« Et je te promets Nev, je vais tout t'expliquer. » Il baissa les yeux pendant un petit moment. « Juste, s'il te plaît, une fois qu'on arrivera, laisse-moi te confier tout ce que j'ai sur le cœur avant de poser des questions. Je répondrai à tout, je te le jure, c'est juste que… » Il planta son regard dans celui de son meilleur ami. « Ça va être très difficile pour moi, de me dévoiler totalement. »
« Alors ok. » accepta Neville, avant de se rapprocher de la cheminée. « Je te fais confiance Harry, tu le sais. » Puis il se retourna, une bonne poignée de Poudre de Cheminette dans sa main et un léger sourire sur le visage. « Essaye juste d'écourter l'introduction, si ça ne te dérange pas. Il en faut peu à mon imagination pour élaborer le pire scénario possible. » Il fronça les sourcils. « Tu n'es pas en train de mourir d'une maladie extrêmement rare et le professeur Snape est la seule personne capable de te préparer le remède, non ? » Harry le fixa, cligna une fois, deux fois des yeux, avant d'éclater de rire.
« Non, rien de tout ça. » lui assura-t-il, essuyant quelques larmes de rire de son visage.
« Alors ok. » répéta Neville, jetant la poudre sur les flammes en prononçant distinctement le nom de sa destination. Au moment où le feu reprit une couleur naturelle, Harry prit une longue et profonde inspiration pour se calmer, avant de suivre son meilleur ami à la maison, essayant de ne pas trop se torturer les méninges pour ce qu'il allait faire dans peu de temps. Au moment où il sortit de la cheminée de Silbreith – désormais entouré du décor familier de la maison et la présence rassurante de son père – il s'était à moitié convaincu qu'il était capable de le faire. Neville était son ami et son frère, avec tout ce que ça impliquait. Il lui devait sa confiance et son honnêteté. En parlant de Neville, l'adolescent avait l'air totalement émerveillé par le cadre qui l'entourait. Harry n'avait jamais, pas à un seul moment dans sa vie, arrêté d'apprécier la beauté de Silbreith, mais cette première réalisation de vivre dans un château, à en décrocher la mâchoire, s'était désormais dissipée, laissant place au sentiment bien plus profond et chaleureux, d'être simplement à la maison. Cependant, la réaction de son ami était plus que compréhensible.
« Est-ce que c'est Poudlard ? » demanda Neville, regardant avec attention autour de lui.
« Non. » répondit Severus.
« Mais c'est un château. » affirma le garçon, faisant défiler son regard depuis le plafond arqué, très haut, jusqu'au plancher de bois, ainsi que tout ce qui l'entourait.
« C'est vrai. » confirma Harry, rappelant sa présence à son ami, un peu perdu.
« Il s'appelle Silbreith et se trouve en Écosse, un peu plus au nord que Poudlard. » précisa Severus, toujours là pour aider. « Mais, Harry et moi, on l'appelle simplement la maison. » Les yeux de Neville s'agrandirent sous le choc, son attention entièrement tournée vers son meilleur ami et son professeur de Potions.
« Je… Pardon ? » Harry sourit doucement à sa réaction.
« Est-ce que tu voudrais bien continuer cette conversation dans la bibliothèque ? On serait bien plus à l'aise que debout ici. » Essayant de ne pas bloquer sur le fait que la maison de Severus Snape – et celle d'Harry aussi ? – était non seulement un château mais qui possédait en plus sa propre bibliothèque, Neville hocha la tête, par réflexe, et suivit son ami. Les couloirs et les escaliers défilèrent alors qu'ils avançaient en silence, Neville essayant de tout intégrer. Donc, le professeur Snape vivait dans un château. Huh. Lorsqu'Harry lui avait dit que Snape était plus que ce qu'il laissait apparaître, plusieurs idées lui étaient venues en tête, mais qu'il soit le propriétaire d'un château ne lui avait jamais effleuré l'esprit. Après avoir traversé une sorte de galerie, assez imposante – les portraits avaient l'air aussi surpris de le voir que lui de se trouver ici, pensa Neville – ils atterrirent devant une immense double porte qui devait être celle qui conduisaient à la bibliothèque, devina l'adolescent lorsqu'ils s'arrêtèrent devant. Harry lui fit un sourire encourageant avant de s'avancer et ouvrir les portes.
C'était en effet la bibliothèque, réalisa Neville, les yeux grands comme des soucoupes, percevant les rayons du soleil levant qui filtraient à travers le verre épais qui constituait une bonne partie du mur en face de lui et éclairaient les deux étages remplis de livres d'une lumière chatoyante. Quelqu'un se racla la gorge derrière lui et Neville se tourna et fixa bêtement Severus Snape. L'homme en question lui lançait le même sourire encourageant qu'avait eu son ami, quelques instants plus tôt, le rendant encore plus silencieux.
« Je pense qu'il est temps que je vous laisse tous les deux. » déclara-t-il calmement, avant de se tourner vers Harry. « Dès que vous avez fini, ou si tu as besoin de quoi que ce soit, appelle Minnie et elle me préviendra, d'accord ? » Harry hocha la tête. L'heure était venue.
« Bien sûr. Merci Papa. » Neville eut un hoquet au moment où le sourire de Severus s'agrandissait. Le maître de Potions avait le sentiment qu'il pourrait sourire en permanence. C'était la première fois qu'Harry l'avait appelé Papa devant quelqu'un qui les connaissait, autre que les elfes de maison du château, et la chaleur que lui procura ce titre lui alla droit au cœur, comme le ferait la Pimentine la plus puissante au monde. Avec un dernier sourire, il sortit de la bibliothèque, laissant un garçon déterminé et un autre complètement perdu derrière lui.
« Papa ? » répéta Neville. Sa tête commençait à tourner.
« Oui. » répondit Harry, un sourire d'excuse sur le visage. Pas vraiment d'avoir appelé Severus son père, ça, jamais, mais plutôt d'avoir lâché la bombe aussi soudainement, sans plus de cérémonie, sur son ami qui ne s'y attendait pas. « Et encore, ce n'est pas le pire. »
« Papa ? » redit Neville. « C'est ça ton secret ? Le professeur Snape est ton père ? Mais tu es le jumeau d'Adrian ! Est-ce que Snape est aussi son père ? Comment ça pourrait être possible ? Je veux dire, sans vouloir vexer qui que ce soit, Adrian est le portrait craché de ton Père, enfin M. Potter… Je ne sais même pas ce que ça veux dire ! » s'exclama l'adolescent, en se tapant le front, légèrement pris de vertiges. Harry, face à la détresse de son ami, décida de s'avancer.
« Peut-être qu'on devrait s'assoir pour ça. Ou, du moins, tu devrais. » recommanda-t-il en conduisant Neville vers le fond de la pièce pour qu'il s'installe sur un des fauteuils devant la cheminée. « J'aimerais bien pouvoir rester debout, si ça ne te dérange pas. » Le garçon grogna pour seule réponse, attendant assez impatiemment que sa tête arrête de tourner et que son ami s'explique. « Minnie ! » appela ce dernier soudainement, faisant sursauter Neville. Après un bruit de craquement reconnaissable, un elfe de maison - une serviette douce et propre sous le bras – apparut, en regardant Harry avec des yeux inquiets.
« Oui, jeune maître Harry ? Tout va bien ? » Le jeune maître en question sourit et hocha la tête.
« Aussi bien que possible, Minnie, ne t'inquiète pas. Pourrais-tu, s'il te plaît, nous apporter de l'eau fraîche ? On pourrait en avoir besoin. » L'elfe hocha la tête et disparut pour revenir rapidement avec un plateau d'argent, une carafe d'eau et deux verres en cristal dessus.
« Ce sera tout, maître Harry ? » questionna l'elfe de Maison.
« Pour l'instant. Juste, si tu pouvais dire à Papa de ne pas creuser un trou dans le sol du couloir à force d'y faire les cents pas, ce serait génial. » ajouta-t-il, avec un léger sourire en coin. Il n'était pas vraiment d'humeur à plaisanter, mais il ne voulait pas inquiéter la pauvre Minnie en plus. « J'aime beaucoup le tapis. » conclut-il. Ses mots semblèrent avoir l'effet compté, puisque l'elfe de maison arrêta de froncer les sourcils d'inquiétude.
« Bien sûr, maître Harry. » Et après un autre craquement, elle était partie.
« Jeune maître ? Par la barbe de Merlin, tu es vraiment son fils ! » s'écria Neville.
« Oui. » confirma Harry. « Cependant, je devrais peut-être commencer par le commencement. Et quand je dis le commencement, j'ai bien peur de devoir revenir 15 ans en arrière, lorsque Voldemort était à son apogée. Tu vas devoir écouter un moment. »
« Il y a 15 ans tu dis ? » vérifia Neville, choqué et confus de ses nouvelles révélations, surpassant sa peur bien ancrée à la mention du nom 'Voldemort'.
« À un ou deux mois près. » précisa Harry, avec un sourire taquin.
« Si tu penses que ça va t'aider à expliquer… »
« En effet. »
« Alors, ne te prives surtout pas, explique. » le supplia presque Neville, en s'enfonçant un peu plus dans le fauteuil rembourré. Harry accepta d'un hochement de tête et commença à faire les cents pas devant son ami, se remémorant rapidement l'ordre dans lequel il avait décidé de raconter tout ce qui lui était arrivé. Il s'arrêta abruptement, et planta son regard dans celui de son ami.
« Pour que tu puisses comprendre exactement ce qu'il s'est passé, je vais devoir te confier deux prophéties. Une, faite il y a près de 1000 ans et l'autre seulement 15 ans. Elles prédisent toutes les deux la même suite d'évènements, à peu de choses près, l'une étant plus détaillée que l'autre. Je devrais probablement commencer avec la plus récente. C'est, après tout, celle qui a tout déclenché. Tu me suis jusque là ? » Neville le regarda, complètement stupéfait mais pas moins intrigué. Des prophéties ? Deux prophéties ? Mais qu'est-ce qu'il pouvait bien s'être passé ici ?
« J'essaye. » répondit-il, se concentrant pour suivre les propos de son ami.
« Très bien. Comme je le disais, il y a 15 ans, Voldemort était plus puissant que jamais. Tout laissait penser qu'il allait gagner la guerre et notre camp en souffrait les conséquences. Et puis, sorti de nulle part, une prophétie a été faite. Une prophétie qui donnait des indices sur la défaite de Voldemort. » L'attention de Neville était entièrement centrée sur l'histoire et il ne fit même pas attention au nom du Seigneur des Ténèbres, il avait encore plus peur qu'Harry s'arrête.
« Et ? » l'incita-t-il à continuer, faisant sourire tristement Harry. Et en guise de réponse, Harry continua son récit.
« Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres approche... il naîtra de ceux qui l'ont par trois fois défié, il sera né lorsque mourra le septième mois... et le Seigneur des Ténèbres le marquera comme son égal mais il aura un pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore... et l'un devra mourir de la main de l'autre car aucun d'eux ne peut vivre tant que l'autre survit... Celui qui détient le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres sera né lorsque mourra le septième mois... » Le contenu des deux prophéties s'était ancré dans son esprit, notamment parce qu'il se les répétait plusieurs fois les nuits où il n'arrivait pas à dormir, pour essayer d'en découvrir la signification, ou au moins, un semblant d'indice. Était-ce réellement un avantage de connaître son futur ou était-il mieux d'en être merveilleusement inconscient jusqu'à ce qu'il se transforme en présent ? Pour l'instant, ce genre de réflexions ne lui avait procuré que des migraines carabinées. Même si parfois il aurait désiré vivre une vie qui n'était pas constamment sous l'ombre de ces deux prophéties, il savait tout autant qu'il n'aurait jamais eu la vie qu'il menait actuellement sans elles. Pour l'instant il avait simplement décidé que 'mieux valait prévenir que guérir' et en était resté là. De toute façon, était-ce vraiment utile d'espérer changer quelque chose qui s'était déjà produit ?
« Quoi ? » questionna Neville, en retournant la prophétie dans sa tête, sous tous les angles. « Qui a fait cette prophétie ? »
« Cette prophétie a été faite par notre très chère professeur Trelawney, Nev, et l'a faite devant rien de moins qu'Albus Dumbledore. » Les vertiges semblèrent faire un retour fulgurant puisque Neville enfouit une fois de plus sa tête dans ses mains.
« Je ne peux pas croire ça ! » s'exclama-t-il, même si son ton laissait entendre le contraire, d'où la présence de migraine.
« Au début, moi non plus. » admit le sorcier aux yeux verts, en se frottant le côté gauche de son visage, fatigué. « Si tu veux, dès que j'aurais fini de tout t'expliquer, je pourrais te montrer les souvenirs de comment j'ai découvert les deux prophéties. Merde, je pourrais même te répéter tout ce que je vais raconter sous Veritaserum si tu préfères… »
« Tu n'as vraiment pas besoin de faire ça. » lui assura Neville. Il ne doutait pas vraiment d'Harry. Mais, Merlin, il avait déjà tellement de questions qui attendaient d'être posées, son esprit vibrait d'anticipation ! Mais, prudent, il choisit de laisser Harry continuer sa narration. Peut-être qu'il répondrait à certaines questions de lui-même.
« Merci Nev. » déclara sincèrement Harry. Posséder la confiance de Neville était une des choses les plus précieuses pour lui, plus que ce que les mots pouvaient exprimer.
« Maintenant est-ce que tu pourrais… »
« Oui, bien sûr. » s'empressa de répondre Harry continuant avec son récit. "Comme tu peux le comprendre, cette prophétie est arrivée jusqu'aux oreilles de Voldemort." Comment et par qui était un secret qu'il n'était pas prêt à raconter, tout simplement parce que ce n'était pas à lui de le révéler. Et son Père en avait déjà assez souffert comme ça. "Au moins la première partie, de ce que j'en ai compris. La partie qui parlait d'un enfant qui naîtrait à la fin du mois de juillet, fils de parents qui l'avaient arrêté au moins 3 fois et vivaient encore pour en parler. " Neville hocha la tête. "Le problème était que la prophétie ne précisait pas qui cet enfant était." Il fronça les sourcils et continua. "La précision n'est définitivement pas une qualité des prophétie, je peux te le garantir." Pendant ce temps, Neville avait été pris d'une soudaine prise de conscience. La prophétie n'avait pas précisé qui était l'enfant, avait dit Harry. Né lors de la mort du septième mois, disait la prophétie. Combien de fois ses parents s'étaient opposés à Voldemort déjà ?
« Que veux-tu dire par 'elle ne précisait pas qui était l'enfant' ? » Harry laissa échapper un soupir fatigué, les épaules basses et Neville fut encore une fois frappé par le fait que son ami semblait vraiment porter le poids du monde sur ses épaules parfois.
« Il y avait trois candidats, trois garçons nés le dernier jour de juillet qui remplissaient tous les critères. Le premier né le 31 juillet était toi, Nev. » Le garçon pâlit mais hocha la tête. Il s'y attendait à moitié. « Le deuxième, né vers 11h du soir était Adrian. Et puis, quelques secondes avant que l'horloge ne sonne minuit, j'étais né. » Quelques secondes avant les douze coups de minuit, pensa Neville, on ne pouvait pas vraiment faire plus près de la mort de Juillet que ça. Mais c'était bien Adrian qui avait arrêté le Seigneur des Ténèbres, non ?
« Mais ce n'était pas moi dont parlait la prophétie. » déduit Neville, n'osant pas pousser les déductions plus loin. Tout était assez surréaliste.
« Non. » lui assura Harry. « Non, tu n'as pas de souci à te faire. » ajouta-t-il avec un tout petit rictus, avant de sa passer une main dans les cheveux. « Tout comme, j'en ai peur, Adrian, malgré les preuves apparentes. » Et Neville se demanda un instant pourquoi il avait pris la peine de hoqueter de surprise alors que toutes les croyances du monde sorcier de ce pays sur leur liberté, assez récente, pendant ses treize dernières années, s'écroulaient en une seule phrase.
« Mais Harry... La prophétie dit que celui fait pour... gérer le Seigneur des Ténèbres serait marqué comme son égal. La cicatrice d'Adrian... » Harry se contenta de lever son T-shirt pour pointer sa marque qu'il n'avait pas pris la peine de recouvrir d'un Glamour cette fois. Neville le fixa, comme électrocuté.
« Comme je le disais, Nev, preuves apparentes. » Il soupira avant de laisser retomber son T-shirt. « Même si cet emblème n'a pas été visible avant mes 7 ans, le fait est que personne n'a jamais pris la peine de regarder plus loin que l'évidence depuis. Enfin, si, Papa l'a fait, mais il est juste... Oh c'est parce que c'est mon Papa, j'imagine. Il connaît ce genre de choses, ne me demande même pas comment. »
« Est-ce que tu parles du professeur Snape ? » demanda Neville, connaissant déjà la réponse. « Mais tu viens de dire... James est ton père. »
« Biologique. Au point où j'en suis, j'ai bien peur que ce ne soit qu'un détail. » répondit simplement Harry.
« Merlin, je suis perdu ! » Harry hocha la tête de compréhension. Il savait que le seul moyen qu'il avait pour aider son ami était de continuer ses explications. C'est donc ce qu'il fit. Il lui parla de sa rencontre avec Snape, du fait que ses parents lui portaient un peu moins d'attention au fil des ans, comment il avait été un peu délaissé pendant qu'Adrian s'entraînait et comment il avait commencé à passer de plus en plus de temps avec l'homme qu'il avait fini par considérer comme son vrai père. Et il parla encore et encore, jusqu'à ce qu'il arrive à ce fameux jour, peu de temps après son septième anniversaire.
« Adrian venait tout juste de recevoir sa baguette, vois-tu. » expliqua Harry, en prenant une petite gorgée d'eau pour apaiser sa gorge qui s'asséchait rapidement. « M'en offrir une par la même occasion ne leur est pas venu à l'esprit, donc Papa a décidé de prendre du temps pour m'apprendre un peu de magie et pour me faire penser à autre chose. C'est une habitude qu'il a prise. » Harry sourit tendrement alors que Neville hocha à peine la tête, trop stupéfait. « Donc, on était en train de travailler sur une potion de renouvellement sanguin, il me semble, lorsqu'un hibou a décidé qu'il serait amusant de passer près de la cheminée pour déposer une lettre. Dans la manœuvre, il a réussi à envoyer toute la réserve de racines de Mandragores de Papa dans le chaudron bouillant. » Neville grimaça en imaginant le résultat. La racine de Mandragore était un ingrédient très volatile, comme toutes les parties des Mandragores. « Comme tu peux l'imaginer, boom. » plaisanta Harry.
« De combien de Mandragores tu parles environ ? » demanda Neville, pensant à la pagaille qu'un tel accident pouvait causer.
« Assez pour presque détruire la cheminée et le mur juste derrière. » précisa l'adolescent aux yeux vert. « Je me rappelle encore d'avoir eu le sentiment d'être pétrifié alors que les flammes se rapprochaient, et avoir pensé que je désirais qu'elles s'arrêtent, lorsque ce fut exactement ce qu'il se passa. J'ai mis mes mains devant moi et j'ai protégé Papa et moi de l'explosion. Sur le coup je me rappelle avoir pensé, 'Wow, la magie accidentelle, ça déchire !' » Il secoua la tête. « Faux. Comme Papa l'a dit presque tout de suite, la magie accidentelle n'est pas supposée être aussi avancée. Ce qui laissait encore la question 'bordel, qu'est-ce qui ne va pas avec moi ?'. Et avec ça en tête, on est allé voir Dumbledore. Ou, au moins, c'est ce qu'on avait prévu de faire. »
« Prévu ? »
« On a été… retenus. Au moment où on est entrés dans Poudlard en fait. » Face à l'expression perplexe de Neville, Harry soupira et lui fit signe de se rapprocher pendant qu'il récupéra avec précaution le paquet qu'avait laissé Severus pour lui, sur le bureau. Harry avait été catégorique sur le fait qu'il voulait tout raconter à Neville, mais Severus, conscient qu'une expérience comme celle-ci serait difficile autant pour Harry que pour Neville, avait décidé de faire quelque chose qu'il avait évité depuis trois ans. Aller fouiller dans les affaires que Nicholas leur avait léguées. Il n'y avait pas grand-chose dans la chambre-forte à part sa collection de livres et quelques boîtes. Mais le professeur de Potions se rappelait que Nicholas avait déjà mentionné une Pensine, un été, il y avait 5 ans de ça. Les Pensines étaient des artefacts précieux et très rares, prisés par tous les sorciers ou sorcières, et en possédait une pouvait apporter une aide incomparable. Personnellement, Severus les évitait comme la peste.
Si Nicholas leur avait légué sa Pensine, à lui et Harry, il avait probablement laissé tous les souvenirs qu'il avait placé dedans intacts. Severus n'était pas certain qu'il puisse un jour être prêt à les regarder et il se connaissait également suffisamment pour savoir qu'il pourrait difficilement résister à la tentation, s'il se décidait à sortir cette Pensine. Mais il était arrivé un moment où Harry en avait besoin alors, peu importe ses souffrances émotionnelles, il irait la chercher. Nicholas, dans sa grande sagesse, avait en effet placé sa précieuse Pensine dans une des caisses. La même Pensine était maintenant posée, soigneusement emballée sur le bureau en face d'Harry. Le garçon se répugnait de l'utiliser mais… Comment expliquer sa rencontre avec Merlin sans avoir l'air complètement marteau ?
« Tu sais, j'étais entièrement préparé à parler pendant des heures et des heures, » commença Harry, en déballant la Pensine et en la plaçant sur le bureau avec précaution, sous le regard perpétuellement confus de Neville « mais il y a des choses que tu dois voir pour croire. Ou plutôt, des choses qui sont trop difficiles à expliquer. » Et il sortit sa baguette, la pointa sur sa temps et ajouta souvenir par souvenir dans la Pensine, les moments liquéfiés de sa vie tournant et virant dans la Pensine, créant un maelström d'images sur la surface trouble. « Je ne voulais pas utiliser cette Pensine-là, elle appartenait à quelqu'un qui m'était cher et que j'ai perdu. Il… » Harry soupira de défaite. « Tu verras. » Puis il pointa la Pensine. « Tu sais comment te servir d'une Pensine ? »
« En théorie. » répondit doucement Neville.
« C'est assez simple. Je serais avec toi en plus. » Neville hocha la tête, réalisant qu'il venait de faire ce geste un nombre incalculable de fois durant depuis le début du récit. Mais il était encore curieux de ce que son ami avait à lui montrer. Donc les deux amis prirent une grande inspiration et se plongèrent dans l'équivalent de 7 ans de souvenirs. Ensemble, les deux frères visionnèrent ses souvenirs de Merlin, des Flamels – et mon Dieu, combien ceux-là faisaient encore mal – des bouts de ses voyages dans le monde avec Severus, comment ils avaient tous les deux changés et décidé de le cacher, les années d'Harry à Poudlard, même la création de l'Éclair de Feu et pour finir, la seconde prophétie. Et Harry parla et expliqua, tout le long, en montrant ces choses à Neville silencieux, alors qu'il étalait sa vie devant lui, sans pudeur. Midi était déjà bien passé lorsqu'ils revinrent dans le monde réel.
« J'ai besoin de m'assoir. » fut la première réaction de Neville, et c'était compréhensible. La tête lui tournait et Harry l'aida à revenir dans le fauteuil qu'il avait occupé pendant un moment, lorsque ses jambes faillirent le lâcher.
« Et maintenant, tu sais tout. » conclut Harry doucement, attendant la réaction de son ami, quelle qu'elle soit. Il leva doucement les sorts de dissimulation qu'il avait placés sur lui pour la première fois, il y avait de nombreuses années et fixa obstinément le sol, sa tête le lançait et son cœur se serrait et desserrait douloureusement. C'était le moment. Neville essayait de digérer tout ce qu'il venait de voir. Harry était celui qui avait vaincu le Seigneur des Ténèbres. C'était lui qui l'avait empêché de revenir au pouvoir par deux fois, sauvant la vie de son frère et en se mettant sa vie en danger par la même occasion. C'était le garçon – peut-être plus l'homme ? – qui s'était entraîné et entraîné, se préparant pour une bataille qui s'approchait de plus en plus désormais, tout en restant dissimulé dans l'ombre, ne réclamant jamais la célébrité que le monde avait attribuée à son frère. Cette même personne, qui continuait de se battre malgré la culpabilité qu'il ressentait face à la mort de deux personnes qu'il considérait comme ses grands-parents. Celui qui avait fabriqué une Pierre Philosophale à 12 ans, qui avait rencontré Merlin et partageait un certain nombre de points communs avec lui, qui avait crée l'Éclair de Feu, qui se détestait encore pour avoir pris la vie d'un homme qui l'aurait tué ainsi que son frère sans hésiter. Harry était l'enfant que ses parents avaient délaissé en faveur de son frère, tant et si bien qu'il avait finir par se sentir détaché de sa famille. Et, par-dessus tout, Harry était son ami. Son ami qui avait réussi à faire tomber tous les murs qu'il avait construit pour le laisser voir tout ce qui se cachait derrière. Ce n'était vraiment pas compliqué pour lui d'arriver à une conclusion après ça.
« Comment est-ce que je peux t'aider ? » La tête d'Harry se releva violemment pour planter son regard confus et surpris dans celui de Neville. Ce n'était pas ce à quoi il s'attendait, en déduit Neville. Harry avait simplement attendu qu'il le juge, ayant visiblement peur qu'il l'abandonne comme d'autres personnes l'avaient fait dans sa vie. Et même si Neville savait qu'Harry était bien plus fort que ce qu'il en avait l'air – même sans les sorts de dissimulation – il se sentait prêt à envoyer un maléfice et estropier quiconque essayant de le blesser. Et même s'il n'était plus vieux que lui que de quelques heures à peine, Neville savait que ce qu'il ressentait était ce qu'un grand frère ressentait envers son petit frère. Parce que, malgré toute sa force, Harry avait été blessé au fils des années, par le plus sombre des sorciers et par les personnes qui auraient dû être là pour lui, encore et encore et de tellement de façons différentes, Neville avait juste envie d'hurler face à toute cette injustice. Il se jura que la douleur et la misère tomberait sur quiconque essaierait de blesser son petit frère dans le futur. Même s'il devait s'entraîner toutes les heures de la journée, il se tiendrait aux côtés d'Harry. C'était à ça que servait la famille après tout.
« Quoi ? » s'étonna Harry, ne croyant pas ce qu'il venait d'entendre. « M'aider ? »
« Oui. » confirma Neville, se sentant plus certain de sa décision qu'il ne s'était jamais senti, de sa vie entière. « T'aider. Merlin sait – et il le sait vraiment non ? – que tu n'as pas reçu beaucoup d'aide ces dernières années ! Professeur Snape, aussi brillant qu'il soit, ne devrait pas non plus tout faire tout seul ! » Harry le regarda avec des yeux presque effrayés. « Hé, en plus, c'est à ça que sert la famille, pas vrai ? » Et la carapace d'Harry se brisa. Une main couvrant ses yeux, un sanglot étouffé passa la barrière de ses lèvres, suivi par un autre et encore un autre, jusqu'à ce que le barrage cède. Neville, qui, au fond, s'attendait une telle réaction, le laissa se recomposer en paix et, une fois que les larmes semblèrent arrêter de couler, il rapprocha maladroitement Harry de lui et lui tapota dans le dos, ne sachant pas trop quoi faire d'autre. Être un grand frère était tout nouveau pour lui, après tout.
« Je… Nev, je… Je ne sais même pas quoi dire ! » s'écria Harry, ne sachant plus où se mettre et rougissant furieusement de s'être laissé aller ainsi.
« Tu peux commencer par : 'Bien sûr Nev ! Bien sûr que tu peux m'aider !' et on verra bien où ça nous mènera, d'accord p'tit frère ? »
« Oui, parfaitement ! » Le sourire d'Harry lui mangeait le visage après la dernière phrase de Neville : frère. Il avait un frère… Hey ! Attendez une minute !
« P'tit frère ? Petit ? » s'écria le sorcier aux yeux vert, et les deux amis se regardèrent dans les yeux un moment avant que Neville ne réponde, avec un air blasé,
« Et bien je suis plus vieux que toi. »
« De 7 heures à peine. »
« Et je suis toujours un peu plus grand que toi. »
« Ce n'est pas ma faute si tu as été touché par un sort d'étirement pendant les vacances ! » Ils se fixèrent encore, le silence s'étendit un court moment avant qu'ils ne commencent à rire, de manière hystérique à l'absurdité de la situation. C'est ainsi que les trouva Severus en entrant dans la pièce accompagné du bruit des portes qui s'ouvraient bruyamment.
« Je suis désolé, je sais que j'ai dit que j'attendrais mais ça fait déjà quatre heures et… » Il regarda les deux adolescents qui riaient aux éclats par terre, rires qui semblèrent d'ailleurs s'accentuer lors de son arrivée. Le maître de Potions, pensa Neville, avait l'air bien plus jeune sans les sorts de dissimulation et avec cet air perplexe sur le visage. « Qu'est-ce que j'ai manqué ? » demanda le professeur de Potions résigné, une fois que leurs rires se soient calmés. Et ils lui expliquèrent.
Neville passa toute une semaine à Silbreith. Severus et Harry expliquèrent au garçon tout ce qu'il n'avait pas vu dans la Pensine et Neville prit le tout remarquablement bien. Severus était presque choqué du calme que démontrait le garçon, s'attendant presque à ce qu'il hurle au meurtre, une fois le choc initial soit passé. Mais, lorsque Neville lui expliqua un soir, pendant qu'Harry était allé récupérer ses designs pour l'édition Attrapeur de son Éclair de Feu, qu'il voyait réellement Harry comme son frère, que c'était ce qui lui importait le plus, puis qu'il l'avait presque supplié – supplié lui, l'homme qui l'avait absolument terrifié ses deux premières années et demies à Poudlard – de l'entraîner pour qu'il puisse apporter son aide, toutes dernières traces de doutes disparurent. Il n'y avait rien de sinistre ou tordu dans l'esprit de Neville – le garçon lui avait proposé d'examiner ses pensées et Severus avait accepté l'offre, ne désirant jamais prendre de risques lorsque la sécurité d'Harry était en jeu, lorsque cela pouvait facilement être évité – il y avait seulement de l'inquiétude, une affection fraternelle et un besoin de faire quelque chose, de pouvoir être utile, de pouvoir aider. C'est pourquoi Severus commença à l'entraîner dès le lendemain, aux côtés d'Harry.
En ce qui concernait Harry lui-même, le garçon ne pouvait pas être plus heureux. Sa famille patchwork semblait vraiment se former. Neville se tiendrait à ses côté comme tout frère le ferait et il recevrait l'entraînement nécessaire pour tenter de survivre à la guerre. C'était très loin du mépris et du dédain auxquels il s'était attendu, mais il ne se plaindrait jamais d'avoir eu tort. C'était tout ce qu'il n'aurait jamais pu espérer. Juste avant de repartir chez sa Grand-mère le 30 juillet – sa grand-mère avait été inflexible sur le fait qu'il passe son anniversaire à la maison – il avait fait promettre à Severus et Harry de bien s'amuser de la réaction de la famille Potter lorsqu'une partie de la vérité, seulement ce qu'ils pouvaient se permettre de dévoiler, leur serait révélée. En retour, il avait promis qu'il travaillerait son Occlumencie et ses Enchantements ainsi que quelques mouvements basiques de combat à l'épée que lui avait montré Harry. Oui, songea Harry. Il n'avait même pas osé rêver que les choses se déroulent aussi bien qu'aujourd'hui.
Ce fut avec ce genre de pensées plaisantes en tête qu'Harry se réveilla le 31 juillet et alla prendre sa douche dans le manoir Potter. Le gala de Fudge, qui avait supplié Severus d'y assister, s'était déroulé la veille et Harry s'était dit que rentrer un jour plus tôt que prévu au Manoir ne lui ferait pas de mal, puisque Severus n'était pas à Silbreith. En parlant de Severus, ce dernier avait fait de gros efforts pour qu'il n'ait absolument aucune idée du grand secret concernant son cadeau cette année – peu importe le grand secret – et l'adolescent puisait dans toute sa patience pour ne pas demander à Minnie de l'espionner. Il se sécha les cheveux et quitta la salle de bains, vérifiant bien que le seul sort de dissimulation restant, celui qui couvrait son emblème, était en place. Les elfes de maison n'en parleraient pas à moins qu'on leur demande expressément, mais pourquoi prendre le risque ? Il eut un petit sourire en coin face à son reflet dans le miroir et attrapa une paire de jeans de son placard et une chemise blanche tout simple qu'il enfila sans prendre la peine de la boutonner. Il était seul dans le manoir après tout.
Il descendit vivement les escaliers en sifflotant, de très bonne humeur en pensant à son futur petit-déjeuner. Rosie, l'elfe cuisinière du Manoir Potter, avait fait un gâteau au chocolat pour l'occasion et il était déterminé à en prendre une part avant l'arrivée de Severus. D'ailleurs, le maître de Potions était censé être arrivé depuis déjà une heure et demie, et Harry commença réellement à se demander ce qu'il s'était passé à ce gala. Le pas léger, toujours sifflotant un air des Bizzar's Sisters, il sauta les dernières marches et était sur le point de tourner pour aller à la cuisine lorsque son attention fut attirée par autre chose dans le salon.
« Surprise ! » crièrent de nombreuses voix en chœur. C'était difficile de dire qui était le plus surpris : Harry de voir sa famille entière rassemblée dans le salon très en avance, ou la famille Potter de voir Harry.
« Harry ? » demanda Adrian en regardant son petit frère avec de grands yeux. Leurs expressions variaient, allant de la surprise à la stupeur et, même si tout ce passait plus tôt que prévu, Harry décida d'y aller dans la foulée. Il eut un sourire éclatant et alla serrer son frère dans les bras. Il faisait désormais une bonne tête de plus que lui et ça se voyait vraiment avec une telle proximité.
« Par l'or des Gobelins ! Vous tous ?! » s'exclama-t-il en riant. « Joyeux anniversaire à nous ! » souhaita Harry à son frère avant de se tourner vers le reste de sa famille. Il remarqua que Ron et Hermione étaient là aussi, cette dernière ayant l'air embarrassée et évitait son regard à tout prix. « Vous êtes revenus plus tôt que prévu ! »
« Harry ? C'est toi gamin ? » demanda Sirius, regardant son filleul avec suspicion.
« Est-ce que tu as d'autres filleuls nommés Harry dont tu aurais oublié de me parler ? » demanda l'adolescent sur le ton de la plaisanterie.
« Tu as l'air… différent. » déclara sa mère, un peu perdue.
« Maman, ne le prends pas mal, mais je grandis. » répondit le garçon, en serrant Lily dans ses bras. « Ça arrive même aux meilleurs, regarde Patmol par exemple. »
« Hé ! » protesta ce dernier.
« Tu as grandi. » confirma James assez neutre, secouant la tête comme pour effacer l'image actuelle de son fils et la remplacer par l'apparence qu'il avait l'habitude de voir.
« Qu'est-ce qu'on peut y faire ? » demanda l'adolescent, de manière rhétorique.
« Bon sang Harry ! » s'exclama Ron. « Tu fais du sport ? » Il avait l'air un peu énervé qu'Hermione y ait prêté autant d'attention et Harry baissa le regard sur sa chemine déboutonnée comme s'il venait de le remarquer.
« Oui, ça, c'est le combat à l'épée et le Quidditch. » s'excusa-t-il en boutonnant son haut. « Désolé pour ça. » Il sourit effrontément. « Je ne vous attendais pas de sitôt. »
« On s'était dit qu'on pouvait te lancer une fête d'anniversaire surprise. » expliqua Remus. « On n'avait juste pas réfléchi à qui serait le plus surpris. » Harry rit doucement avant d'aller saluer Remus d'une tape sur l'épaule. Remus serait assurément le plus surpris de tous. Harry savait que la potion Tue-loup n'était pas encore tout à fait disponible sur le marché, les derniers tests n'ayant été complétés que la veille – d'où le gala – et pour cette raison, la majorité du monde sorcier n'osait pas trop y croire, avant d'obtenir une annonce officielle du Ministère. Annonce qui devait être publiée sur chaque journaux et magazine, ce matin même. Harry ne pouvait pas se rappeler avoir attendu le courrier avec tant d'impatience.
« On pensait que tu étais en train de t'ennuyer, coincé dans l'Impasse du Tisseur avec Snape tout l'été. » ajouta Adrian. Harry lui lança un regard amusé.
« Ah, je devrais peut-être mettre les choses au clair là-dessus, mais d'abord, laissez moi vous demander : qu'est-ce qui vous fait croire que je ne m'amuse pas avec Sev ? » demanda-t-il, choquant chaque personne dans la pièce.
« Sev ? » balbutia James.
« Amuser ? » ajouta Sirius.
« Oui. De toute façon, vous n'avez pas souvent été dans le coin pendant l'été. » leur rappela Harry en haussant les épaules.
« Depuis quand tu appelles Snape, Sev ? » demanda Ron, surpris.
« Depuis que j'ai…quoi, 5 ans ? » prétendit de se rappeler Harry. « Juste, pas à l'école. »
« Mais comment peux-tu t'amuser avec… » La question de Sirius fut interrompue par le son des flammes et d'une personne rentrant dans la maison par le réseau de Cheminette.
« Désolé d'être en retard, gamin. J'ai été re… tenu. » Severus rentra dans le salon, et embrassa la scène du regard. Harry haussa simplement les épaules et Severus décida de faire avec. « Par l'or des Gobelins ! Vous tous ! » s'exclama-t-il, faisant rire Harry.
« Exactement ce que j'ai dit ! » Severus leva les yeux au ciel et se rapprocha vers les regards interdits qu'on lui lançait. Il portait un jeans sombre, une chemise blanche avec le col ouvert et une veste gris anthracite. Il ne s'était pas rasé, ses cheveux étaient légèrement ébouriffés et il avait, dans l'ensemble, l'air bien trop séduisant, tonique et en bonne santé pour être le Severus Snape dont tous se rappelaient et que certains détestaient.
« Joyeux anniversaire, Harry ! » souhaita le maître de Potions avant de serrer Harry dans ses bras, le tout avec un grand sourire.
« Tu es le premier à me le souhaiter en fait. » déclara Harry, en regardant sa famille et amis qui avaient l'air pétrifiés.
« Et ils faisaient quoi alors ? » demanda le professeur de Potions avec un sourire en coin.
« J'en sais vraiment rien. » admit Harry.
« Snape ? » questionna Sirius en regardant l'étranger en face de lui. Il possédait la même voix que Severus Snape, ses yeux étaient de la même couleur et forme que ceux de Severus Snape et il avait même le même maudit rictus que Severus Snape, mais les ressemblances s'arrêtaient là.
« Tu connais beaucoup de gens qui s'appellent Severus Snape ? » demanda le maître de Potions, faisant à nouveau rire Harry.
« C'est plus ou moins ce que j'ai dit ! » s'exclama à nouveau l'adolescent.
« Severus. C'est vraiment toi ? » demanda Lily, avec de grands yeux et le visage un peu rouge.
« Sérieusement Lils, pas toi non plus ! » se plaignit le Maître de Potions, feignant le désespoir.
« Donc. » commença Harry en regardant de plus près le maître de Potions, un rictus se dessinant sur son visage. « Est-ce que ça ne serait pas la moitié de la tenue que tu portais au gala hier ? » La chemise et la veste étaient sans aucun doute les même et les yeux écarquillés de Severus confirmaient sa déclaration. « Dix Gallions que t'es réveillé dans le mauvais lit. Encore une fois. » L'adulte lança un regard mauvais à l'adolescent. Mais il ne pouvait même pas prétendre se sentir offensé avec les têtes que faisaient tout le monde, en particulier James et Sirius. Il se contenta de soupirer et balaya la provocation d'un geste de la main.
« Sois fier de moi, gamin. J'ai vérifié pour les serments d'abstinence cette fois-ci. » déclara Severus, en regardant le plafond.
« Et demandé si elle était mariée ? » persista Harry, en rétrécissant ses yeux.
« Oui. » répondit Severus en faisant la moue.
« Alors qu'est-ce qu'il s'est passé ? »
« Ça s'est passé comme ça. » essaya d'expliqua le maître de Potions, en faisant des gestes avec les mains. « J'ai oublié de lui demander si elle était fiancée, elle a oublié que son fiancé rentrait à la maison aujourd'hui. Oups. » La seule réponse d'Harry fut de lever les yeux au ciel et de soupirer. Il ne devrait jamais autoriser Severus à aller à ce genre d'évènement seul.
« Ça continue d'arriver n'empêche. » marmonna le garçon.
« Mais qui êtes vous, tous les deux ? » s'exclama Sirius, regardant les deux sorciers en face de lui d'un air terrifié.
« Est-ce qu'il s'est empiré depuis la dernière fois que je l'ai croisé ? » demanda Severus, faussement inquiet.
« Il a l'air pareil qu'avant. » observa Harry. « Et, devine quoi ? »
« Quoi ? » questionna Severus, ignorant totalement le reste des personnes dans la pièce, qui n'en revenaient pas. Il s'amusait bien trop pour s'arrêter.
« Puisque c'est mon anniversaire, Rosie a fait… »
« Un gâteau au chocolat ? » termina Severus avec un immense sourire. Il ignora poliment le hoquet qu'Hermione n'avait pas réussi à retenir, n'arrivant pas à croire que le maître de Potions de Poudlard était capable d'une expression facile autre qu'un rictus. Harry sourit en retour.
« T'as deviné. »
« Alors qu'est-ce qu'on attend encore ici ? » se demanda la professeur de Potions à voix haute, en se dirigeant droit vers les cuisines.
« Hé, moi aussi je veux du gâteau ! » cria Harry en le suivant. « C'est mon anniversaire ! »
« Tu n'aurais pas dû me le dire dans ce cas ! » résonna la voix de Severus dans les couloirs du Manoir Potter. Le reste de la famille Potter regarda le plus jeune membre de leur famille disparaître derrière un tournant, toujours aussi hébétés.
« Qu'est-ce qu'il vient de se passer ? » demanda James doucement, regardant autour de lui, comme s'il était perdu. Il n'y eut aucune réponse pendant un moment, jusqu'à ce que Lily n'ouvre la bouche.
« C'était vraiment Severus ? » Les regards restèrent toujours aussi confus.
« Il lui ressemblait un peu. » Hermione parla pour la première fois. « Et Harry a… grandi. » Lily hocha la tête, et dirigea son regard vers le coin où les deux hommes en question avaient disparus.
« C'était eux. » confirma Remus, le visage très pâle. Il se demandait déjà ce qu'ils avaient manqué, par l'enfer, ce qui avait pu se passer juste sous leurs nez. « Ils ont juste l'air… différents. »
« Différents ? » répéta Sirius, l'air un peu fou. « Différents, Remus ? » Il regarda autour de lui frénétiquement. « Harry est soudainement presque aussi grand que toi avec corps d'un athlète ? Du combat à l'épée ? Quand est-ce que ça s'est arrivé ? » Il s'arrêta comme s'il attendait une réponse qui ne vint jamais. « Et Snape ? Il est… »
« Beau. Vraiment canon. » finit Lily pour lui. James regarda sa femme, perturbé. Hermione acquiesça d'un hochement de tête.
« J'allais dire heureux. » corrigea Sirius. « Il souriait et il a prit Harry dans ses bras ! Depuis quand Severus Snape fait des câlins aux gens ? » Le feu vira au vert encore une fois et une Minerva McGonagall en sortit. Ses yeux exorbités tombèrent immédiatement sur le groupe de personnes rassemblés au milieu de la pièce. Elle s'avança à grands pas vers eux et ses lunettes penchaient légèrement vers la gauche, elle semblait s'accrocher à ce qui avait l'air d'être un journal.
« Vous êtes déjà au courant alors ! » s'exclama-t-elle en agitant le journal. « Ouf, tant mieux pour moi, j'en ai presque fait une crise cardiaque ! Albus va venir aussi. » Comme s'il avait attendu d'être annoncé, le Directeur de Poudlard sortit de la cheminée, l'air tout aussi choqué que Minerva.
« Ils sont déjà au courant ? » demanda-t-il au professeur de Métamorphose.
« Vu leurs têtes, j'imagine que oui. »
« Au courant de quoi ? » questionna James. « Combien Harry et Snape ont terriblement changés pendant l'été ? On vient de les voir ! »
« Vous n'êtes pas au courant. » se résigna doucement Albus, partageant un regard mal à l'aise avec son professeur de Métamorphose.
« Pas au courant de quoi ? » demanda Lily. « Je ne suis pas d'humeur pour les énigmes Albus ! »
« Vous feriez mieux de jeter un coup d'œil à ça. » leur conseilla le Directeur, leur passant un exemplaire de la Gazette des Sorciers.
« La Gazette des Sorciers ? » commença Remus. « Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il s'est… » Ses yeux s'écarquillèrent devant les gros titres, et la fin de sa phrase se transforma en hoquet. Plus il avançait dans sa lecture, plus sa tête tournait, jusqu'à ce qu'il n'arrive au point où il n'eut pas d'autre choix que de s'assoir. Même si on pouvait surmonter le fait qu'Harry soit le créateur de l'Éclair de Feu – et, bordel, comment pouvait-on surmonter ça ! – que Severus Snape découvre la remède contre la lycanthropie ? Ça faisait beaucoup à encaisser d'un coup.
« C'est une blague ? » demanda un James livide au Directeur qui confirma d'un signe de tête. Comment avait-il pu manquer ça ? Il se rappelait qu'Harry lui avait demandé s'il pouvait avoir un job d'été, l'année dernière. Est-ce qu'il parlait de ça ?
« J'ai doublement vérifié, avec mes connexions au Ministère et à Gringotts. C'est la vérité. » leur assura Dumbledore, en se frottant les yeux. Ça avait été une grosse surprise. Ça, c'était l'euphémisme du siècle.
« Mais comment ? » demanda Remus, depuis le canapé, sa tête toujours enfouie dans ses mains. Sa voix était légèrement cassée.
« Severus est le plus jeune maître de Potions depuis des siècles et Harry a toujours été au-dessus de la moyenne, on savait ça. Et puis, c'est aussi le frère du Survivant. » ajouta Albus, ses mots sonnant creux à ses propres oreilles. Quand avait été la dernière fois qu'il s'était arrêté pour vraiment regarder Harry Potter ? Plus d'une décennie, se répondit-il, honteux.
« On devrait leur poser la question nous-mêmes. » proposa Adrian, les yeux fixés sur l'image de son frère souriant sur la première page. Pourquoi Harry n'avait rien dit ?
« Ils sont dans la cuisine après tout. » murmura Lily. Albus et Minerva la regardèrent, perplexes. « Ils y sont vraiment. » leur assura-t-elle. Albus hocha la tête et prit la tête de la marche, James et Sirius le suivant de près et le reste la troupe marchait derrière eux.
Pendant ce temps-là, Harry et Severus étaient dans la cuisine, riant aux éclats. Ça s'était encore mieux passé que prévu, pensa le maître de Potions. Et l'attente en avait valu la peine.
« Ils sont devenus terriblement silencieux. » remarqua Harry. Ils avaient entendu la vois de McGonagall et ils avaient écouté le Directeur arriver, ils en avaient donc déduit que l'heure des questions était arrivée. Pour une fois, Harry était prêt à en profiter à fond. Après tout, il avait promis à Neville de déclencher un joyeux bazar.
« Ça doit être le choc. » plaisanta Severus, en prenant un morceau de sa part de gâteau au chocolat. « Tu penses que Minerva ou Albus sont abonnés à Sorcière Hebdo ? » demanda la maître de Potions, et Harry faillit s'étouffer de rire.
« Non. » rit-il. « Je pense qu'on aura l'honneur d'être aux premiers rangs pour voir leurs réactions. » Des bruits de pas résonnèrent dans le couloir, indiquant que le groupe était suffisamment sorti de leur hébétude pour commencer à bouger.
« Que le jeu commence. » murmura Harry, au moment où la porte s'écrasa contre le mur.
« Délicat. » commenta Severus depuis le coin du plan de travail de la cuisine où il s'était assis.
« Severus. » le salua un Dumbledore perturbé. Albus, bien entendu, avait vu la photo qui accompagnait l'article de la Gazette des Sorciers, mais voir de ses propres yeux les changements produisait un tout autre effet. Et ce fut également la première de nombreuses fois où Dumbledore commença à douter de son jugement.
« Albus. » répondit le professeur de Potions avec un léger sourire. Le Directeur déglutit et montra le journal.
« J'imagine que les félicitations sont nécessaires. » déclara-t-il. « Pour vous deux. » Il se tourna vers Harry, le jeune homme souriait calmement aussi.
« Merci, professeur. » le remercia l'adolescent.
« Quand est-ce que c'est arrivé ? » demanda James, en plantant son regard dans celui émeraude de son fils. « L'Éclair de Feu Harry ? » Le jeune homme en question se contenta d'hausser les épaules.
« Je t'ai bien demandé la permission de me prendre un job d'été. » répondit Harry d'un ton léger. « Au tout début, je ne savais même pas comment ça allait se passer. Et après, avec tout ce qu'il s'est passé avec Pettigrow je me suis dit qu'il valait mieux que je ne vous embête pas avec ça. J'ai simplement décidé de rendre ça public et la nouvelle a plus ou moins coïncidé avec celle de Severus donc… Surprise ? » demanda-t-il en souriant.
« C'est tout ce que tu as à dire ? » demanda Adrian, choqué. « Surprise ? » Harry garda son air enjoué, mais il n'allait pas permettre qui que ce soit de le réprimander pour ses actions.
« Écoute, vous étiez toujours ailleurs, à vous entraîner et je devais bien faire quelque chose de mon temps. Et il se trouve que je me débrouille très bien dans tout ce qui est design. Qui l'aurait cru, pas vrai ? » Le silence qui suivit sa déclaration était presque assourdissant.
« Et pour la Potions Tue-loup ? » demanda Remus, en visant Severus du regard. « Et tu n'as pas intérêt à prendre ça à la légère ! » Le comportement de Severus redevint complètement sérieux et il regarda le loup-garou droit dans les yeux.
« La Tue-loup représente 9 ans de ma vie. Et en plus, j'ai vu ce que tu devais endurer tous les mois depuis mon enfance, Remus. Je ne prendrais jamais ça à la légère. » Le loup-garou hocha la tête et sourit. Puis il réussit à faire quelque chose de complètement inattendu, quelque chose qu'Harry n'avait jamais imaginé pouvoir voir un jour. Il s'avança et serra le maître de Potions le plus fort possible. Severus eut un petit sourire et lui fit de petites tapes dans le dos.
« Merci, Severus. »
« Pas de quoi, n'en parlons plus. » répondit le maître de Potions, et le loup-garou se recula pour le regarder sévèrement.
« On parle de remède contre la lycanthropie ! Bien sûr que je vais en parler ! » Severus rit et secoua la tête.
« Je parle de l'étreinte. N'en parle pas. Jamais. » Les deux hommes se regardèrent un moment, avant d'exploser de rire.
« Ce n'est pas vraiment en train de se passer. » marmonna Sirius dans son coin. Il observait la scène silencieusement, essayant de tout intégrer.
« Continue d'essayer de t'en persuader cabot. » le provoqua Severus.
« Et c'est reparti. » murmura Harry. Puis soudainement, il regarda le journal et eu une révélation. « Hum. »
« Hum ? » répéta Severus.
« Je viens juste de réaliser, je n'ai pas encore reçu ma copie de la Gazette du Sorcier. » fit remarquer le garçon.
« Oh, ils envoient le courrier aux individuels après les institutions, donc n'importe qui à Poudlard le recevrait avant toi. » expliqua Severus avec un sourire en coin. « Magazines compris. » Harry grogna à cette déclaration.
« Quels magazines ? » demanda Lily, en regardant l'interaction entre son fils et son ami d'enfance avec une expression indéchiffrable.
« Juste un. Sorcière Hebdo. » précisa Harry.
« Oui, on a donné une interview à Rita Skeeter et… »
« Ne prononce pas ce nom ! » grommela Harry, en laissant tomber sa tête sur la table. « Elle est diabolique. »
« C'est vrai. » acquiesça Severus, le regard perdu dans le vide pour quelques secondes. « C'est une femme effrayante. » élabora-t-il, regardant une Lily perdue. « J'aimerais mieux ne pas avoir à en parler. » ajouta-t-il en frissonnant.
« Pourquoi pas ? » demanda Adrian, avant d'avoir pu retenir sa question. Il pâlit lorsque Severus le regarda. Et sa mâchoire se décrocha lorsqu'il lui sourit avec indulgence.
« Parce que si j'en parle, je vais y penser or j'essaye vraiment de me convaincre que ça ne s'est jamais passé. » l'éclaira-t-il. Un hibou gris entra dans la pièce, et lâcha l'exemplaire du journal concerné sur le plan de travail de la cuisine. « Cependant, l'univers n'a pas l'air de vouloir me laisser faire. » soupira Severus.
« Je peux… » commença Lily, se déplaçant pour récupérer le magazine.
« Fais-toi plaisir. » Elle récupéra le magazine et commença à le lire, Albus, Minerva, James et Sirius lisant par-dessus son épaule. Adrian, Ron et Hermione se regardèrent, abasourdis et Severus coupa une part de gâteau au chocolat pour Remus. « Je me suis dit que tu en aurais peut-être besoin. » Le loup-garou hocha la tête et sourit.
« Tu vis dans un château ? » hurla Sirius, faisant sursauter tout le monde dans la pièce. Severus cligna des yeux.
« Je suppose que tu parles de moi ? » vérifia-t-il avec un sourire en coin. « Oui, c'est le cas. Il s'appelle Silbreith et c'est un peu plus au nord que Poudlard. » Impression de déjà-vu, non, se demanda le maître de Potions.
« Vous devriez voir la neige là-bas pendant les vacances de Noël. » dit Harry de manière absente. « C'est vraiment quelque chose. »
« Et Harry a vraiment aidé à l'élaboration la Potion Tue-loup ? » demanda James à son tour.
« Il ne l'admettra jamais, mais il m'a aidé pour une bonne partie du processus. » répondit Severus avec honnêteté.
« Et bien, tu as testé tous les balais que j'ai construit, même celui où j'avais oublié le sort de confort… » contra l'adolescent, souriant devant la grimace que fit Severus face au souvenir.
« Oui, mais j'ai quand même pu tester le prototype de l'Éclair de Feu. » rétorqua-t-il.
« Et vous avez participé à un tournoi de joute ? » demanda Lily, interloquée.
« On a gagné un tournoi de joute. » corrigea Severus.
« Et ces Sphères de Mémoire… » demanda Albus, impressionné. « C'était vraiment un projet commun ? »
« Sev a eu l'idée. J'ai juste fait un peu de conception. » expliqua Harry.
« Ouais, un peu. » se moqua Severus, sarcastique. « Ce qu'il veut dire c'est qu'il a fait le design intégral. »
« En parlant de design. » en profita Harry, avec un sourire en coin. « Rosie ! » appela-t-il et la petite elfe de maison apparut avec un bruit de craquement.
« Oui, maître Harry ? »
« Pourrais-tu, s'il te plaît, m'apporter les parchemins sur mon bureau et le balai dans ma chambre ? » L'elfe s'inclina et disparut, revenant quelques secondes plus tard avec les objets demandés. « Merci Rosie. Oh, et ton gâteau est fantastique au passage. » L'elfe de maison s'inclina à nouveau avec un grand sourire et quitta la pièce.
« C'est quoi ? » demanda Ron, regardant le balai d'un air fasciné. Il ressemblait à l'Éclair de Feu, à quelques détails près dans la forme et la couleur.
« Tu l'as fini. » commenta Severus avec un sourire fier.
« C'est ça. » Il se tourna vers le reste de la pièce, avec un sourire malicieux. « Je vous présente l'Éclair de Feu, édition Attrapeur. Il peut atteindre les 300 km/h en dix secondes, il est beaucoup plus maniable, plus léger et il a été crée spécialement pour les manœuvres spéciales et oui, j'ai crée une édition Attrapeur parce que je suis biaisé et que j'en voulais vraiment une. » Son discours fut suivi d'un silence hébété.
« Pour ta gouverne, je prétends tester ce balai. » déclara Severus, regardant Harry faire tourner le balai dans ses mains.
« Bien sûr. » lui assura l'adolescent.
« Tu as fabriqué ça ? » demanda Adrian, se rapprochant de son frère, regardant le balai avec admiration.
« C'est ça. » confirma-t-il. « Tiens. » Il tendit le balai à son frère. Adrian le prit et commença à se pencher pour le poser par terre. « Pas besoin de faire ça. » l'arrêta Harry. « Lâche-le simplement. Il flotte au niveau de la taille. » Adrian suivit ses instructions et le balai s'arrêta à 90 cm du sol.
« Wow ! » souffla Sirius.
« Je vous l'avez dit. » commenta Harry avec un sourire.
« Donc tu gardes celui-là ? » demanda James, n'arrivant pas réellement à croire la conversation qu'il était en train d'avoir avec son fils. Pour le moment, il ne ressentait que de la surprise.
« Je gardes toujours le prototype pour moi. Mais je ne volerais pas avec. Je ne l'utiliserais que pour les premiers tests de vol et j'utiliserais probablement un produit par la compagnie après. Ils seront mis sur le marché en Septembre. » précisa Harry.
« Génial ! » s'écria Ron avec excitation.
« J'aime penser ça aussi. » rit Harry.
« Il ne manque plus qu'une seule chose maintenant. » déclara Severus.
« Quoi ? »
« Ton cadeau d'anniversaire. » Harry eut un grand sourire impatient. Lily regarda son fils avec choc.
« Joyeux anniversaire Harry. » lui souhaita-t-elle avant de lui faire un câlin. « Avec tout ce que vous venez de nous lâcher dessus, j'en ai presque oublié quel jour on était. »
« Joyeux anniversaire, le génie ! » s'exclama Sirius, suivant l'exemple de Lily. « Je ne sais pas comment tu as fait ça. Mais c'est extraordinaire. » Harry eut un grand sourire et se tourna vers Severus pendant que toute la pièce lui souhaitait un – assez confus – joyeux anniversaire.
« Tu as parlé d'un cadeau ? » demanda-t-il au maître de Potions.
« Alfie ! » appela Severus et le petit elfe de maison apparut à côté de lui. Harry regarda les deux, confus.
« Tout est prêt ? » demanda le maître de Potions, parfaitement conscient que tout le monde était concentré sur ce qu'il se passait. L'elfe hocha la tête.
« Oui, maître Severus. »
« Très bien, Alfie. Tu peux rentrer à la maison. Je t'appellerais si on a besoin d'aide. » L'elfe sourit et s'inclina avant de partir.
« C'était quoi ça ? Pourquoi Alfie était là ? » demanda Harry, intrigué.
« Votre elfe de maison ? » questionna Albus.
« L'un d'entre eux. » répondit Severus. « C'est lui qui s'occupe de mes écuries pour être précis. » élabora-t-il avant de tourner son attention vers James. « J'espère que ça ne vous ennuie pas que j'emprunte vos écuries pour quelques heures ? » James le regarda bêtement, incapable de formuler une réponse alors qu'Harry eut un hoquet.
« Sev, qu'est-ce que tu m'a trouvé ? » demanda-t-il, les yeux écarquillés.
« Pourquoi tu n'irais pas voir par toi-même ? » proposa Severus, avant de se servir une tasse de thé. Harry eut un immense sourire et se lança en courant, laissant derrière lui un professeur de Potions tout sourire. « Je pense qu'on devrait le suivre aux écuries. Il pourrait bien passer la journée là-bas si on le laisse tout seul. » Et il se leva, associant le geste à la parole.
« Qu'est-ce que tu lui as offert ? » demanda Lily, regardant son vieil ami attentivement. « Tu ne lui a pas acheté un cheval j'espère ? » James et Sirius partagèrent un regard choqué face à l'absurdité de la chose. Qui dépenserait autant d'argent pour acheter un cheval à un adolescent ?
« Non, bien sûr que non. » déclara Severus, prenant calmement une autre gorgée de thé. Lily se détendit et James et Sirius soupirèrent de soulagement. « Pourquoi je lui achèterais un autre cheval ? Je lui en ai déjà offert un pour ses dix ans. »
« Tu as quoi ? » s'écria James, fixant l'homme qui, d'après ce qu'il croyait, détestait sa famille avec passion.
« Oui, je lui ai offert Arès il y a quatre ans de ça, jour pour jour. » Les trois adolescents dans la pièce partagèrent un regard sidéré avec leur professeur de Métamorphose. « Non, cette fois-ci, je lui ai acheté quelque chose de légèrement différent. »
Et il s'avança, toujours aussi calme, vers la sortie. Réalisant que personne ne le suivait, il eut un sourire en coin et se tourna pour les regarder par-dessus son épaule. « Vous pouvez venir voir, si vous voulez. » Et il sortit de la pièce, avec un sourire éclatant.
Et oui ! C'était LE chapitre tellement attendu ! J'espère qu'il a été à la hauteur de vos attentes ! Dites-moi ce que vous en avez pensé !
Par contre je m'excuse d'avance, mais le prochain chapitre risque d'arriver dans un moment, parce que je n'ai pas pris le temps de traduire cette semaine et il ne me reste aussi plus qu'une semaine pour réviser mon bac blanc (ce que je n'ai pas encore commencé à faire) alors je n'aurais pas trop de temps pour traduire... Probablement pour les vacances.
