Chapitre 47
Un Tournoi ? Quel Tournoi ?
Coucou tout le monde ! Désolée que ça arrive si tard dans le week end, je me suis encore fait surprendre par la taille de ce chapitre (qui est aussi long que le 45 - La révélation) ! Mais j'ai réussi à traduire à temps, et ma bêta le relire à temps également, donc voilà !
Pour changer, merci à tous pour vos reviews et les follows/favorites, ça me fait vraiment plaisir ! Je ne vous embête pas plus longtemps,
Enjoy !
Disclaimer : Ne m'appartient pas, sauf la traduction.
Après un soupir de soulagement interne, Severus se leva de son fauteuil à son tour et suivit Albus hors de la pièce, en lançant un regard à Harry – qui expliquait ce qu'étaient les Études Antiques – qui disait qu'il lui raconterait tout dès que possible.
« Il a dit quoi ? » s'écria Harry en s'asseyant à côté de Severus. Ils se trouvaient au premier match de la Coupe du Monde, Angleterre contre Transylvanie, lorsque Severus avaient fait son annonce surprenante. Le maître de Potions eut un sourire en coin face à la réaction de l'adolescent et lui fit signe de rester silencieux. C'était la première fois qu'ils se retrouvaient seuls tous les deux depuis une semaine, à l'anniversaire d'Harry. Si tout le monde les avait laissés tranquilles par le passé, désormais, tout le monde semblait vouloir savoir comment ils allaient, et même ce qu'ils faisaient de leur temps libre. James, en particulier, semblait avoir développé une réelle volonté de passer du temps avec ses deux fils et une toute nouvelle aversion envers Severus, encore pire que précédemment, puisqu'il n'avait aucune raison rationnelle sur laquelle se baser. Harry qui se sentait presque insulté de cette hypocrisie, avait enfin réussi à trouver une excuse pour se sortir de tels projets.
Sa mère lui avait demandé comment se passait les choses, lorsqu'il vivait chez Severus – Harry devait encore retenir tous détails à propos de ses entraînements avancés et de leurs voyages pas très légaux à l'étranger – tandis que Sirius et Remus avaient encore réussi à le surprendre, une nouvelle fois. Une fois que le choc initial s'était estompé, ils étaient plutôt réservés envers lui. Ils restaient silencieux, souriant fièrement de temps à autre mais ils semblaient être arrivés à la conclusion qu'ils n'avaient aucun droit d'intervenir dans une vie à laquelle ils n'avaient pas tellement participé jusqu'ici.
« Tu pourrais baisser d'un ton s'il te plaît ? » lui demanda Severus en lui donnant un faux coup de poing dans l'épaule. « Je ne suis même pas censé te parler de ça. »
« Le Tournoi des Trois Sorciers ? » chuchota Harry, les yeux scintillants. « Il n'a pas été tenu depuis des siècles ! »
« Il est sur le point d'être rétabli. » répondit Severus, en préparant la Sphère de Mémoire qu'ils avaient emmené pour qu'elle enregistre le match. Il était persuadé que l'Angleterre allait se faire massacrer – l'équipe jouait plus mal que jamais – mais il n'allait pas louper une occasion d'utiliser cette Sphère de Mémoire. La production de masse avait démarré depuis deux jours et tous les signes indiquaient qu'elles allaient être utilisées en grand nombre pendant la Coupe du Monde.
« Pour de vrai ? » vérifia Harry, en se renfonçant dans son siège et fermant les yeux. Son esprit était en train de surchauffer. Il avait lu des histoires sur le Tournoi quand il était plus jeune, dans la bibliothèque de Severus. Les épreuves étaient décrites comme des contes de bravoure et le peu de Champions étaient immortalisés. Des poèmes étaient écrits pour louer leur bravoure et leurs prouesses magiques, et leurs histoires devenaient des légendes.
« Pour de vrai. » confirma Severus, en examinant de près son attitude. Il avait le sentiment de savoir ce que l'adolescent était en train de penser. Et il n'était pas sûr s'il devait stopper ce genre de pensées immédiatement ou simplement soutenir ses décisions. « Mais, à cause du nombre de morts élevés, Albus a dit qu'il y avait quelques précautions à prendre, mais il n'a pas été très clair là-dessus. » Il s'arrêta et donna un léger coup dans l'épaule d'Harry. « Tu penses participer n'est-ce pas ? »
« Je sais que ça va être dangereux. Et, pour être honnête, je vais avoir besoin d'y réfléchir un peu. Voire beaucoup. Mais je ne peux pas nier être tenté. » Severus hocha la tête.
« Tu devrais prendre ton temps, et penser à tout ce que ça implique. » lui conseilla le maître de Potions. Les mascottes des deux équipes firent leur entrée sous les applaudissements bruyants du public. « C'est pour ça que j'ai choisi de t'en parler aussi tôt. » Harry eut un sourire reconnaissant. « Maintenant, essaye de profiter du match. Même si ça risque de ne pas être très appréciable, selon moi… »
« Est-ce que tu veux parler du fait que l'Angleterre joue encore moins bien que des Trolls montant des Brossdur ces derniers temps ? » demanda Harry avec un rictus.
« Précisément. » acquiesça Severus, et le match commença. A la fin du match – qui avait été aussi désastreux que prédit – Harry s'était plongé dans un silence pensif, que Severus choisit de ne pas interrompre. D'ailleurs, il pouvait parfaitement comprendre pourquoi Harry avait envie de participer. Son côté protecteur, lui, ne désirait rien de moins que de l'enfermer dans la plus haute tour de Silbreith jusqu'à ce que le Tournoi des Trois Sorciers soit terminé. Et il aurait essayé de le faire, s'il n'était pas déjà certain qu'Harry exploserait la tour entière en mille morceaux avant de regretter l'avoir fait. Après tout, la plus haute tour de Silbreith était celle d'Astronomie et donc la deuxième chambre d'Harry, non officielle, tout comme son laboratoire.
Et, ajouta son côté plus rationnel, tu ne peux pas le couver pour toujours. Tôt ou tard, Voldemort reviendra au pouvoir et alors quoi ? Ne serait-il pas préférable qu'il puisse profiter d'une expérience à échelle réelle, dans un environnement tout de même relativement contrôlé ? Et s'il avait quelques attaques de paniques en chemin, ça changerait quoi ? Severus soupira profondément avant d'entrer dans son bureau. Harry avait récupéré quelques livres sur les Sortilèges puissants et s'était enfermé dans sa chambre avec un sourire désolé. Et Severus était persuadé que l'adolescent élaborait déjà des stratégies pour gagner le Tournoi, en se basant probablement sur ce qu'il avait lu sur les Tournois passés. Le dernier, si sa mémoire ne le trompait pas, s'était tenu à Durmstrang et le gagnant avait littéralement été le dernier debout. Combattant son envie pressante de courir et serrer Harry dans ses bras comme si sa vie en dépendait, il préféra prendre une gorgée de Whisky Pur Feu et décida d'harasser Albus pour qu'il prenne absolument toutes les mesures nécessaires pour la sécurité des participants.
Une grande partie de l'été se déroula entre les regards émerveillés et le Quidditch, et rapidement la finale arriva, opposant l'Irlande et la Bulgarie. Ce fut un groupe surexcité qui se prépara pour le jeu. Ginny et Charlie avaient tous les deux félicité Harry et Severus – Ginny avait été la moins surprise de tous et lui avait même fait un grand sourire dont Harry ne put qu'apprécier la sincérité – et une grande partie de la famille était là également, à l'exception de Mme. Weasley qui les rejoindrait plus tard, pour le match. Neville les rejoindrait un peu plus tard dans l'après-midi et le sorcier aux yeux verts lui avait promis une description détaillée de la réaction de tous leurs camarades présents.
Harry et Neville avait entretenu une correspondance fidèle durant tout l'été, une fois que ce dernier avait quitté Silbreith pour passer du temps avec sa grand-mère, mais ils s'étaient réfrénés de trop parler de ce que Neville appelait désormais « l'identité secrète d'Harry » dans leurs lettres. Le jeune sorcier ne pouvait pas attendre de revoir son meilleur ami. En plus, il mourrait d'envie de lui parler du Tournoi des Trois Sorciers, autre chose qu'il avait évité de mentionner par courrier. Ce n'était pas vraiment pour des questions de sécurité, il avait juste envie de voir la tête de Neville lorsqu'il lui apprendrait. De telles pensées en tête, Harry et Severus s'étaient joints à tout le monde à côté du stade, et étaient pour la première fois confrontés aux regards ébahis des étudiants de Poudlard.
« Tu sais, » commença Severus en dépassant Olivier Dubois qui les pointait encore du doigt, la bouche grande ouverte sans être capable de réellement prononcer un mot, « j'avais pensé être rapidement agacé. Tu sais, les regards et tout ça. »
« Mais tu aimes encore ça, pas vrai ? » le taquina Harry, adressant un sourire innocent à son ancien capitaine et le saluant de la main, ce que Severus fit également.
« C'est ça. » admit le professeur de Potions. Ils continuèrent de marcher tranquillement dans le camping, en pointant du doigt et riant face aux tentes clairement ensorcelées qui avaient été posées et au personnel du Ministère qui essayait de les faire enlever.
« Combien de fois peut-on se faire effacer la mémoire avant de devenir barjot ? » se demanda Harry tandis que M. Roberts, le Moldu à qui appartenait l'endroit, se faisait encore jeter un sort d'Oubliettes pour lui faire oublier les tourelles d'une tente verte et violette.
« J'imagine que rien que les sorts de bases pour l'empêcher de se demander ce que font tout ces gens bizarrement habillés devaient être assez violents pour commencer. J'ai bien peur que ce pauvre homme risque de baver pendant au moins une semaine après le Tournoi. » Harry hocha la tête tandis qu'il parcourait des yeux les combinaisons de tenues étranges que les sorciers avaient choisi de porter. Un homme qui les avait accueillis à leur arrivée, un ami de M. Weasley, nommé Basil, si sa mémoire ne le trompait pas, portait un kilt et un poncho et les autres tenues suivaient le même ordre d'idée. Harry pointa discrètement du doigt à Severus un vieux sorcier qui portait une chemise de nuit pour femme, et il était suivi de deux employés du Ministère qui essayaient de le convaincre de porter le pantalon à rayures qu'un d'eux avait dans les mains. Severus éclata de rire et Harry ne put pas résister beaucoup plus longtemps. Ils ne réussirent pas réellement à s'arrêter de rire avant d'arriver aux tentes qui avaient été montées. Ou que quelqu'un avait tenté de monter.
Il y avait trois tentes. Deux pour les hommes qui étaient plus nombreux que les femmes de leur groupe qui n'en avait qu'une pour elles. Du moins, Harry supposait que ce qu'il avait sous les yeux étaient bien des tentes. Pour l'instant, elles avaient plutôt l'air de grands draps jetés en vrac sur des piquets en bois.
« Papa a décidé de monter les tentes à la manière Moldue. » expliqua Ginny en remarquant l'air amusé d'Harry.
« Même, ça ne doit pas être si dur ? » demanda Severus, ce qu'Harry approuva d'un signe de tête.
« Pas autant que ça, j'imagine. » admit Ginny, en ricanant devant les tentatives de son père qui essayaient d'empêcher que les tentes se renversent. « C'est juste que Sirius a aimé l'idée et a accepté d'aider. »
« Ça explique tout alors. » plaisanta Harry avant de rire lorsque la tente prévue pour les femmes du groupe s'écroula sur la tête de Sirius.
« T'es un cas désespéré. » marmonna Severus, s'attirant un regard meurtrier de Sirius.
« Si tu penses pouvoir faire mieux que ça, ne te gêne pas ! » grogna-t-il pendant que James l'aider à se dépêtrer du bazar qui était censé être une tente.
« D'accord. » accepta Severus et jeta sa veste en cuir sur le sol de la forêt. Leur groupe était l'un des rares à être habillé plutôt normalement – selon les standards Moldus – et le maître de Potions avait opté pour un jean sombre, une chemise blanc cassé à manches longues et une veste en cuir noire qui avait été jeté négligemment par terre. Il retroussa ses manches et commença à monter la tente la plus proche.
« Vous savez vraiment comment monter une tente, professeur ? » demanda Adrian, la voix basse, n'osant toujours pas effacer l'image de Severus qu'il s'était crée ces dernières années.
« Oui. » admit Severus en terminant de corriger les erreurs sur la première tente – qui avait maintenant l'air d'en être une – en nouant la dernière corde sur le piquet et sol avant de se relever pour faire face aux visages ébahis autour de lui. « Et tu sais qui d'autre sait le faire ? »
« Qui ? » demanda Adrian. Le maître de Potions tourna son regard vers Lily qui se trouvait entre lui et la tente suivante.
« Ta mère en est capable. » répondit-il avec un sourire en coin. « Et on pourrait se demander pourquoi elle n'a même pas offert son aide. »
« On pourrait également se demander pourquoi personne n'a songé à me la demander. » rétorqua Lily, en regardant son mari estomaqué. Severus leva les yeux au ciel, pensant que ces deux là étaient décidemment encore bien amoureux, ils avaient seulement des problèmes de communication. Les aider n'allait peut-être pas être aussi difficile que ce qu'il avait imaginé à la base. « Fierté masculine je suppose. »
« Et bien, je suis parfaitement prêt à ce que mon égo en prenne un coup si tu décides de m'aider. » répliqua le maître de Potions, en pointant les deux tentes restantes.
« Seulement si tu dis s'il te plaît. » chantonna Lily, ce qui fit lever les yeux de Severus au ciel, encore une fois. Ça ne la fit pas bouger d'un cil et elle resta immobile, dans l'attente, en défiant son ami d'enfance. James se hérissa et commença à gigoter mais demeura silencieux.
« D'accord, peux-tu m'aider à installer les tentes, s'il te plaît ? » demanda-t-il, ignorant royalement la foule ahurie ou Harry, qui ricanait devant la scène qui se déroulait sous ses yeux.
« Tu vois ? » répliqua Lily en se tournant vers son mari ébahi. « Pas besoin de plus. » Et elle se mit immédiatement à arranger la deuxième tente pendant qu'Harry aidait Severus avec la dernière. Severus proposa ensuite de lancer le feu – puisque M. Weasley insistait pour utiliser les méthodes Moldues – pendant qu'Harry avait été envoyé, ainsi que son frère, Hermione et Ron, chercher de l'eau. En suivant soigneusement les directions indiquées sur leur carte qu'on leur avait donnée – et s'arrêtant par moment pour jeter un coup d'œil au tentes couvertes de trèfles des supporters de l'Irlande pendant qu'Harry se faisait fixer en retour par un Seamus estomaqué – les quatre discutèrent sur le chemin, en grande partie de Quidditch. Adrian et Ron semblaient particulièrement désireux de connaître l'opinion d'Harry sur les deux équipes étant donné qu'il avait non seulement crée leurs balais, mais avait plus vu tous leurs match de la Coupe.
« Et bien, l'Irlande a la meilleure équipe, c'est certain. » céda Harry, essayant d'ignorer l'homme qu'il avait vu plus tôt avec la chemise de nuit florale tandis qu'Hermione s'éloigna un peu pour se recomposer après un fou rire à cette vue. « Mais Krum est tellement doué, il vaut tous les Poursuiveurs de l'Irlande. Si Lynch ne bouge pas assez vite ou, plus probable encore, n'est pas assez chanceux, Krum pourrait bien terminer le match avant que l'Irlande ne puisse prendre le dessus. » Harry interrompit son raisonnement pour remplir leurs bouteilles d'eau. « Et en plus, » continua Harry « Krum est reconnu pour maîtriser l'art d'effectuer une Feinte de Wronski parfaite et il pourrait bien faire le coup à son Attrapeur adverse. J'espère en voir une un jour. La rumeur court que Lynch n'est pas la plus brillante des lumières. Je serais prêt à parier qu'il tomberait dans le panneau. » Adrian acquiesça, Ron semblait pendu à ses lèvres et Hermione lui lança quelques petits regards avant de se détourner, rougissant un peu plus à chaque fois qu'il la remarquait. Haussant mentalement un sourcil face à son comportement, il fit un signe à Cho Chang qui lui disait bonjour de loin, et fut heureux de réussir à le faire sans se rétamer par terre à cause de son sourire.
« Ce n'était pas l'Attrapeur de Serdaigle ? Chang il me semble ? » demanda Adrian, les yeux fixés sur la jolie fille.
« Si. » confirma Harry avec un sourire.
« Tu la connais ? » questionna le jumeau aux yeux noisette.
« Pas très bien. » admit Harry. « Enfin, pas encore. » Adrian fixa son frère sous le choc, qui lui fit un clin d'œil, avec un petit sourire en coin. Oui, il avait dit ça, surtout pour déstabiliser son frère mais il ne serait pas contre en apprendre un peu plus sur Mademoiselle Chang. Après tout, elle s'intéressait au Quidditch aussi et elle était vraiment jolie. Bon d'accord, peut-être il l'avait seulement dit pour déstabiliser son frère. Adrian était sur le point d'ajouter quelque chose mais il réalisa qu'ils étaient arrivés sur leur site de camping. Et pile à temps, visiblement, puisque Lily venait de retirer les œufs et le bacon de la poêle. Les trois adolescents donnèrent leur eau puis s'assirent pour apprécier leur petit-déjeuner.
« Nagnok est passé pendant que tu n'étais pas là. » commenta Severus. « Il voulait parler business comme d'habitude, mais ce ne sont que des bonnes nouvelles ! »
« Quoi ? »
« Apparemment, les ventes de Sphères de Mémoire ont explosé avec la Coupe de Quidditch. » expliqua le maître de Potions. « Et le Ministère a approuvé le test de ma Potion guérisseuse. Les traitements expérimentaux commenceront à Sainte-Mangouste en Septembre. »
« Bravo ! » le félicita Harry avant de s'assoir à côté de lui. Harry pouvait facilement parier sur les noms qui seraient proposé lors de la dernière réunion du Magenmagot de l'année, lorsque l'attribution des ordres de Merlin serait discutée.
« Potion guérisseuse ? » intervint Remus, piqué par la curiosité. « Quelle Potion ? » Severus commença ses explications et Harry essaya tant bien que mal de retenir son rire en voyant Sirius prétendre être totalement désintéressé par la conversation. Hermione, par contre, avait l'air de prendre des notes mentalement des questions qu'elle voulait poser et le sorcier aux yeux vert prétendit à son tour l'ignorer. Il avait répondu à bien trop de questions ces dernières semaines.
« Jeune maître Potter. » prononça une voix qui appartenait clairement à un Gobelin de derrière l'adolescent. Parfaitement conscient qu'il ne s'agissait pas de Nagnok, Harry tourna la tête et se leva promptement en reconnaissant le Gobelin en question. Il s'agissait de Ragnok, le président de Gringotts, un Gobelin qu'Harry n'avait vu qu'une seule fois auparavant, et de loin.
« Ragnok-nür. » le salua Harry en retour, adressant au Gobelin la marque de respect habituelle qu'on accordait aux plus âgés dans la tradition Gobeline. Le vieux Gobelin sourit, dévoilant des dents pointues.
« Je voulais simplement vous féliciter pour vos talents de créateur de balais. La Coupe du Monde est devenue tellement plus appréciable ainsi. » Harry sourit fièrement et s'inclina légèrement pour exprimer ses remerciements. Il savait pertinemment que Ragnok avait juste besoin d'une excuse pour les rencontrer, lui et Severus, et l'Éclair de Feu était l'excuse parfaite. Après tout, il fallait bien se rappeler que, pour chaque Gobelin que Gringotts prêtait comme conseiller financier, la Banque touchait 2% des revenus annuels des dits clients. Le fait qu'un conseiller financier Gobelin parvienne à doubler les bénéfices de son client faisait vraiment de cet arrangement une situation qui profitait à tout le monde. Donc, Gringotts gagnait une bonne somme grâce aux deux sorciers – et aussi de la publicité gratuite – donc Harry trouva sensé que le président veuille rencontrer les poules aux œufs d'or. Essayant de ne pas ricaner à l'idée de cette dernière pensée qui s'appliquait plutôt bien à lui, en tant qu'alchimiste, il bavarda un peu avec Ragnok avant qu'il ne décide de partir, seulement une fois que Severus et lui aient assuré qu'ils étaient totalement satisfaits des services de Nagnok et après leur avoir conseillé à tous de ne pas parier avec Ludo Verpey, qui avait apparemment parié une quantité obscène d'argent qu'il ne possédait probablement pas.
« Par l'enfer ! » s'exclama Sirius. « C'était le président de Gringotts ? »
« Ouaip. » répondit nonchalamment Harry, vérifiant l'heure. Neville devrait arriver dans les vingt prochaines minutes et il allait devoir se diriger au point de rendez-vous. « Je vais aller récupérer Neville. » annonça l'adolescent avant de se tourner vers le professeur de Potions. « Je peux te faire confiance pour que les tentes ne finissent pas en cendres ? » Et il glissa un rapide coup d'œil vers son parrain qui soignait déjà deux de ses doigts boursouflés par sa tentative de cuisine et boudait dans son coin.
« Je vais faire de mon mieux. » lui assura Severus avec un rictus et Harry hocha la tête, en faisant signe au groupe qu'il partait. Il était de bonne humeur et avec encore un sourire aux lèvres lorsque Neville apparut, exalté d'aller à son tout premier match de Quidditch professionnel.
« Salut Harry ! » dit-il à son meilleur ami, les yeux étincelants de joie et d'impatience. Harry lui rendit son sourire et s'avança vers Neville pour le prendre dans une étreinte à un bras.
« Salut Nev ! »
Maintenant que les Glamours avaient été enlevés et avec la nouvelle poussée de croissance de Neville, les deux garçons faisaient à présente à peu près la même taille, ce que le garçon aux yeux marrons n'oublia de commenter à voix basse.
« Bon sang Harry ! » chuchota Neville alors qu'ils commencèrent à se diriger vers les tentes. « Ces sorts ont caché bien des choses pas vrai ? » Il avait le sourire de voir tous les changements chez son frère. Mais le fait qu'il avait vraiment l'air en bonne santé maintenant était un grand soulagement. Qu'il ait l'air heureux était simplement un gros bonus.
« Et bien, c'était le but. » plaisanta Harry, encore une fois reconnaissant que Neville accepte toute l'histoire aussi calmement.
« Est-ce que ta famille suspecte quoi que ce soit de…ce que tu sais ? » demanda Neville en regardant prudemment autour d'eux pour être sûr que personne ne les écoutait.
« Bizarrement, rien du tout. » répondit Harry. Il avait pensait qu'ils se douteraient de quelque chose, une pointe de doute dans leurs raisonnements, mais il semblait que, comme Merlin l'avait prédit, ils avaient cru pendant si longtemps qu'Adrian était le Survivant, ils s'étaient accroché à cette idée pendant tellement d'années que, peu importe ce qu'il ferait – à part leur dire clairement – ils ne se douteraient de rien. « J'ai l'impression que je vais devoir les persuader lorsque le temps sera venu. »
« C'est vrai que ça pourrait paraître tiré par les cheveux mais… Je veux dire, personne ? Même pas une suspicion ? » vérifia Neville.
« Et bien, Dumbledore me regarde étrangement depuis, comme s'il n'arrivait pas à savoir quoi faire de moi, mais il regarde Severus de la même manière. C'est assez dur à dire. » avoua Harry. Ça avait été assez stressant de sentir les yeux bleus du Directeur fixés sur lui durant ce dernier mois, mais il l'avait supporté avec un sourire. Ses protections d'Occlumencie étaient plus solides que jamais mais Dumbledore n'avait pas encore essayé de pénétrer ses défenses. En revanche, s'il décidait de le faire, Harry avait un peu entraîné ses capacités de Légilimens pour créer de charmants faux souvenirs afin de satisfaire la curiosité du Directeur.
« Ils sont peut-être encore trop surpris pour se poser ce genre de questions ? » proposa Neville en saluant d'un geste des élèves Poufsouffles à distance.
« Ou ils ne peuvent même pas supporter l'idée. » contra Harry. « Oh, et, avant qu'on arrive aux tentes, Poudlard va accueillir le Tournoi des Trois Sorciers cette année. » déclara-t-il calmement comme si de rien n'était et continuait à marcher. Neville, qui s'était figé sur place, courut pour le rattraper.
« Le quoi ? » chuchota-t-il frénétiquement, les yeux écarquillés. « Tu es sûr ? »
« C'est censé être un grand secret et tout le tralala, » admit Harry « donc, tout naturellement, Papa m'en a parlé. »
« Le Tournoi des Trois Sorciers ? » répéta Neville à voix haute, les étoiles plein les yeux. Puis il regarda son meilleur ami, avec un sourire en coin sur les lèvres et une étincelle malicieuse dans les yeux. « Tu songes à participer pas vrai ? » Harry haussa un sourcil devant la déduction rapide – et juste – de son ami.
« Vous me connaissez trop bien, M. Longdubat. » avoua-t-il, en prenant un petit air important.
« J'espère bien, étant votre meilleur ami et tout ce qui va avec, M. Potter. » plaisanta Neville. Hochant la tête pour acquiescer, Harry lui montra du doigt les tentes de leur groupe.
« Et j'imagine qu'on ne dit rien à propos du Tournoi à Adrian & Compagnie ? » chuchota Neville, ses lèvres bougeant à peine pendant qu'ils faisaient signe à leur groupe rassemblé dehors.
« Tu supposes bien. » conclut Harry avant de présenter Neville à Charlie et Bill, les deux frères Weasley qu'il n'avait jamais rencontré par le passé.
« Bonjour professeur. » finit par dire Neville, en s'asseyant à côté de Severus et lui offrant un petit sourire.
« Bonjour Neville. » le salua le maître de Potions en retour. « Impatient pour le match ? »
« Et pas qu'un peu ! » répondit Neville.
« Hum. » marmonna Sirius, depuis son coin auprès du feu.
« Hum ? » demanda Severus en lui jetant un regard curieux.
« C'est juste que, Neville ici présent, n'a pas l'air particulièrement surpris par, tu sais, tout ? » remarqua l'Animagus, en jetant un regard critique à Neville. Avant que Severus ou Harry ne puissent répondre, Neville sauta sur l'occasion de se joindre à la plaisanterie.
« Surpris par quoi, professeur ? »
« Je ne suis plus ton professeur Neville. » le reprit l'homme en question, un peu froissé. « Appelle-moi Sirius. Et ce que je voulais dire, c'était : Snape ne te paraît pas différent ? Ou Harry ? » Neville haussa un sourcil et regarda le professeur de Potions et son meilleur ami l'un après l'autre.
« Ben, ils ont l'air identiques par rapport à la dernière fois où je les ai vus ! » Severus et Harry firent de leur mieux pour dissimuler leur amusement que ce soit face à la déclaration de Neville ou aux visages embrouillés des gens qui les entourait.
« Et c'était quand exactement ? » questionna James.
« I peu près un mois, pendant les grandes vacances, quand j'ai passé quelques jours à Silbreith. Juste après le tournoi de Rennes c'est ça ? » demanda-t-il innocemment en se tournant vers Harry pour avoir sa confirmation.
« Oui, c'était 5 jours après le tournoi. » confirma Harry.
« Tu as été à Silbreith ? » demanda Lily, sa question éclipsée par celle de son mari.
« Tu savais à propos de Silbreith ? »
« Oui aux deux ? » hésita le garçon, faussement perdu.
« Comment tu pouvais savoir ? » questionna encore le patriarche Potter, acide. Neville, encore furieux du traitement qu'Harry avait reçu de la part de sa famille et déterminé à honorer sa promesse de toujours défendre son frère d'adoption, choisit néanmoins de ne pas jeter un maléfice à l'homme devant lui, maudites soient les conséquences, et déclara à la place, en haussant les épaules comme si c'était parfaitement évident :
« Ben, il a simplement fallut que je lui demande. » James sembla se dégonfler après ça et Harry aurait pris Neville dans ses bras sur le champ tandis que Severus offrait mentalement 10 points à Gryffondor. Lily tenta de faire oublier la petite crise de James en engageant une conversation sur le match, qui finit par se répandre dans le groupe, tandis que Remus et Sirius partageaient un regard lourd. C'était eux que les mots de Neville semblaient avoir le plus touché.
« Tu mourrais d'envie de dire quelque chose comme ça depuis le moment où Harry t'a raconté son passé, pas vrai ? » demanda Severus à Neville, caché derrière son journal.
« Ouaip. »
« Est-ce qu'Harry t'a parlé du Tournoi des Trois Sorciers ? » demanda Severus avec un sourire.
« Ouaip. »
« Alors tu dois bien t'amuser là. »
« Ouaip. » répondit Neville pour la troisième fois, avec un léger sourire au-dessus de sa tasse de thé, que Mme. Weasley lui avait proposé, et Harry lui fit un clin d'œil depuis l'autre côté des tentes d'où il était en train d'expliquer à Charlie les bases de fonctionnement du tout dernier modèle d'Éclair de Feu. Ce qui fut le plus imprévu fut le regard jaloux qu'Adrian lança vers Neville, accompagné d'un froncement de sourcil que personne ne remarqua, dans l'atmosphère globalement joyeuse.
La matinée passa plutôt calmement, les jumeaux Weasley refusant de parier contre Ludo Verpey, déclarant que, lorsqu'un Gobelin vous donnait un conseil financier, il fallait s'y tenir. Harry acquiesça vigoureusement et ce fut un Verpey assez déçu qui quitta leur groupe, à la recherche de participants plus volontaires.
« On parie quand même que l'Irlande va gagner mais que Krum attrapera le Vif d'Or. » avoua Fred, et Harry eut un hochement de tête appréciateur. Lui aussi pariait sur l'Irlande, mais il avait vu Krum jouer suffisamment de fois pour savoir qu'il terminerait le match, préservant sa fierté, si jamais les choses tournaient mal pour la Bulgarie.
Le match étant prévu une demi-heure plus tard, le groupe décida qu'il était temps de se diriger vers le stade. Harry et Severus, accompagnés de Neville, marchaient devant, faisant des pronostics sur les résultats à venir pendant que le reste les suivait, dans différents états de confusion et de colère.
James fulminait en fixant le dos de son ennemi d'enfance qui discutait joyeusement de statistiques de Quidditch avec son plus jeune fils et le meilleur ami de ce dernier, comme s'il se fichait du monde qui les entourait. Ces dernières semaines avaient mis ses nerfs à rude épreuve. Il avait essayé de capter l'intérêt de son fils vers les choses qu'il faisait habituellement avec Adrian. Il avait essayé de découvrir des choses sur sa vie, sur ses passions. Mais le garçon n'avait simplement pas envie de partager. Le patriarche de la famille Potter avait rigoureusement ignoré la petite voix à l'arrière de sa tête qui lui chuchotait qu'il n'aurait pas dû avoir besoin de poser ces questions. Il aurait du savoir ce que faisait son fils de sa vie, comment il se débrouillait à l'école, comme il avait bien pu réussir à fabriquer un balai à l'âge de 13 ans. Mais cette petite voix était instantanément étouffée avec toutes les traces de culpabilité qui pouvaient remonter. Tout était de la faute de Snape. Ce n'était pas possible autrement.
Adrian, de son côté, regardait son frère qui bavardait avec Neville, riant à une private joke que le garçon avait lancée – quelque chose en rapport avec une serre à Silbreith – ses pensées tourbillonnant dans sa tête. Comment se faisait-il que Neville, d'entre tous, en savait autant de son frère jumeau ? Ses souvenirs le ramenèrent à l'été précédent, où il avait passé deux heures à fixer l'Éclair de Feu dans la boutique sur le chemin de Traverse. Pourquoi Harry ne lui avait rien dit ? Pourquoi n'avait-il pas pris le courage de lui dire 'Tu sais quoi frérot ? J'ai conçu ça !' ? Ne méritait-il pas de savoir ce genre de choses ?
Et sans la moindre idée de ce que ses fils, ou son mari pensaient, une certaine Lily Potter réfléchissait à ces pulsions qu'elle avait ressenties ces derniers temps. C'était irrationnel et elle le savait. Peut-être était-ce le fait que James et elle ne se portaient pas si bien ces derniers temps. Elle grimaça intérieurement. C'était une excuse minable, même pour ses pensées personnelles. C'était tout un ensemble de raisons mais… James et elle s'étaient progressivement éloignés l'un de l'autre au fil des ans. Ça pouvait être son travail, une réunion à laquelle il devait assister qui était toujours plus importante que leurs plans ensemble, même l'entraînement d'Adrian ! À un moment sur leurs chemins, ils avaient arrêté d'être eux, James et Lily, Lily et James, le couple extraordinaire. Et elle savait que c'était un peu mesquin, mais elle se doutait fortement que le futur allait être assez lugubre. Elle voulait simplement que son mari soit totalement à ses côtés lorsque ce futur leur tomberait dessus. Était-ce trop de demander ?
Severus de l'autre côté… Il avait toujours été là pour elle, elle s'en rappelait bien. Durant les années avant Poudlard, où elle avait été si seule et si apeurée par ses éclats de magie accidentelle. Durant les années de la jalousie de sa sœur. À ses côtés à Poudlard aussi, même s'ils étaient dans deux maisons rivales. Sa seule erreur avait été commise alors qu'il avait à peine 16 ans et venait de se faire humilier publiquement par James et l'ensemble des Maraudeurs. L'insulte avait franchi la barrière de ses lèvres et elle avait vu – même à l'époque – qu'il l'avait regretté à l'instant même. Et qu'avait-elle fait ? Elle l'avait repoussé bien sûr ! Elle avait piétiné les sentiments qu'il ressentait pour elle – elle le savait aussi – et s'était tourné vers l'homme qui l'avait blessée tant de fois auparavant, le garçon dont elle n'avait pas réussi à admettre, jusqu'à ce moment, l'attraction qu'elle ressentait pour lui. Mais cet incident lui avait donné l'opportunité de se rapprocher de James tout en apaisant la culpabilité qu'elle ressentait d'abandonner son meilleur ami, en un sens. Enfin pas totalement. Par contre, Severus avait semblé être passé à autre chose, du moins, c'est ce qu'elle avait pensé quand elle avait 16 ans. En prenant du recul, elle aurait du savoir que c'était faux.
Elle soupira tandis que ses yeux passèrent de Severus à son mari. Il lui manquait, pensa-t-elle pour la énième fois. Leur couple passé lui manquait. Leur couple comme au début, où ils étaient encore heureux et vraiment ensemble, même à travers la guerre et la prophétie et tout l'entraînement d'Adrian. Ils s'étaient vraiment éloignés non ? Lily se demanda si James finirait par s'en rendre compte. Elle espérait que si et quand il le ferait, ce ne serait pas trop tard.
Le grand groupe s'enfonça dans la forêt guidé par les lanternes qui avaient été positionnées de sorte à dessiner un chemin clair à suivre pour rejoindre le stade. Ce n'était pas le premier match auquel Harry allait assister, bien sûr, mais c'était quand même la finale et l'adolescent savait que le Ministère avait fait de leur mieux pour créer un nouveau stade qui ne serait utilisé qu'une fois, pour accueillir le match imminent. Ayant un peu travaillé sa capacité à ressentir la Magie avec Severus, il la sentit immédiatement lorsqu'ils sortirent de la zone non-protégée de la forêt et passèrent les protections qui entouraient le stade avant même de le voir. Il n'était pas encore assez expérimenté pour discerner les différentes protections mais il pouvait certifier qu'ils s'étaient donné beaucoup de mal pour les mettre en place. Il repensa à ce qu'il avait ressenti à chaque fois qu'il avait essayé avec les protections de Poudlard. Les protections de l'école étaient plus vieilles, sans aucun doute, et bien plus solides que celles ici. Ce n'est pas dur de comprendre pourquoi Poudlard était considéré comme le bâtiment le plus sécurisé du pays. Si le besoin devait arriver un jour, le château pourrait probablement résister à un assaut magique, s'il restait des gens pour le défendre à l'intérieur bien entendu.
Toutes pensées d'assauts quittèrent ses pensées lorsqu'ils sortirent des arbres et arrivèrent dans la grande clairière où le stade avait été installé. C'était immense, bien plus grand que n'importe quel stade qu'il avait pu voir auparavant, et Harry était persuadé que les membres haut placés du Ministère avait fait beaucoup d'efforts pour pouvoir surpasser n'importe quel Coupe du Monde tenue auparavant, en terme de grandeur. Les murs du stade étaient peints en doré – très subtil, pensa l'adolescent, sarcastique – et ils scintillaient sous le soleil matinal ce qui contrastait avec les banderoles colorées qui s'agitaient dans les airs. La foule se rassemblait déjà et Harry pouvait sentir son excitation monter.
« Wow. » déclara Neville à côté de lui, très éloquent. « Plutôt ostentatoire, pas vrai ? »
« Je ne vois pas ce qui te ferais dire ça. » plaisanta Harry avec une surprise feinte.
« C'est les scintillements qui l'ont fait pour moi. » l'informa Neville, essayant de garder un visage sérieux. « Oui, les scintillements, définitivement. » Les deux garçons rirent légèrement pendant un petit moment avant qu'un certain maître de Potions les incita à continuer d'avancer.
« On ferait mieux de rentrer à l'intérieur. » conseilla Severus. « J'ai peur que regarder ces murs durant une période de temps un peu trop longue pourrait être dangereux pour ma vue. » La réplique lança une autre série de rires mais fit tout de même bouger les deux adolescents. Harry pouvait vaguement entendre M. Weasley commenter le stade. Apparemment, il pouvait accueillir une centaine de milliers de personnes et Harry n'aurait pas été surpris si quelqu'un lui avait dit qu'on pouvait rentrer 10 cathédrales à l'intérieur.
Leurs places étaient dans la Tribune Privée, qui se trouvait donc bien plus haute que le reste des tribunes du stade. Ce fut tout leur groupe exalté et un peu essoufflé qui entra dans la tribune. Ils étaient assis dans des fauteuils violets somptueux au premier rang et commencèrent à discuter avec animation comme quelques minutes auparavant, avant que le reste des spectateurs qui étaient censés voir le match depuis leur tribune n'arrivent. Fudge, Ludo Verpey, le Ministre de la Magie Bulgare, d'autres membres officiels du Ministère que Severus accueillit par leurs noms, choquant les autres qui avait eu l'impression, auparavant, qu'il n'avait aucunes connexions avec la société influente.
« Peu importe. » marmonna le maître de Potions face à leur réaction et Harry échangea un regard amusé avec Neville, tandis que les trois derniers spectateurs attendus entrèrent dans la tribune. Il était difficile de ne pas remarquer les Malfoy, admit Harry pendant que les membres de la famille s'avancèrent pour prendre leurs places au premier rang, dépassant un elfe de maison – Winky, si Harry se rappelait bien son nom – qui devait garder le siège de son maître, même si elle avait un vertige monstrueux. Leurs cheveux blonds argentés paraissaient presque blancs sous la lumière matinale, et leurs robes bleues sombres contrastaient avec leurs peaux pâles. Bien sûr, leurs expressions hautaines demeuraient impassibles – enfin, si on exceptait le regard dédaigneux que Lucius Malfoy jeta à M. Weasley lorsque leurs yeux se rencontrèrent – et ils s'assirent, tout en échangeant des civilités avec le Ministre.
Harry leva les yeux au ciel et était sur le point de faire un commentaire approprié à Neville lorsque Draco se tourna pour les regarder. Harry n'avait aucun moyen d'en être sûr mais il sentait que le blond avait attendu que ses parents soient absorbés dans une conversation avec une dignité bulgare avant de faire face à lui et Severus. Vu la réaction de Draco, il était assez clair qu'il ne s'attendait pas à ce qu'Harry soit en train de le regarder à ce moment. Donc il eut définitivement un certain choc lorsque leurs regards se croisèrent mais le rictus froid et dédaigneux ainsi que le mépris reprirent leurs places sur son visage, avant qu'Harry ne puisse cligner des yeux. Cependant, l'adolescent aux yeux vert pouvait presque jurer qu'il avait remarqué une étincelle de quelque chose d'autre. Pendant un moment, Draco Malfoy avait eu l'air… triste ? Pourquoi, par l'enfer, pourrait-il être triste ?
Ce n'était pas qu'Harry pensait que Draco était incapable de sentiments. C'était juste que le Serpentard n'avait jamais montré autre chose que du désintérêt ou de la colère, à l'occasion. De la supériorité peut-être avec un peu de satisfaction hautaine de temps à autre. Harry n'avait jamais passé beaucoup de temps en présence du blond – en tout cas beaucoup moins que son frère pour en être certain, même s'ils partageaient un cours de plus ensemble mais les élèves avaient tendances à être trop concentrés sur leur travail en Arithmancie pour faire autre chose – mais il n'avait jamais aperçu Draco Malfoy avoir l'air triste. Harry se châtia mentalement et balaya ses pensées. Il réfléchissait trop, encore une fois, et probablement à propos de quelque chose qui n'avait existé que dans son imagination.
Ludo Verpey choisit ce moment précis pour annoncer le début du match, sa voix résonna à travers tout le stade, magiquement amplifiée avec un sortilège de Sonorus. Les panneaux de publicités de l'autre côté du stade – qui avaient affichés pendant un moment l'Éclair de Feu ainsi que les Sphères de Mémoire – fut remplacé par le score du jeu, puis l'entrée des mascottes fut annoncée. Les premiers à rentrer étaient les Bulgares et ils avaient amenés :
« Des Veelas ? » sonna la voix surprise de Severus, dans le silence de la Tribune Privée.
« Oh Dieu. » murmura Harry en fermant immédiatement les yeux et en faisant signe à Neville d'en faire de même. Il était le premier à admettre que de voir des Veelas danser était vraiment quelque chose qui méritait la peine d'être vu et il l'aurait définitivement apprécié si les circonstances avaient été différentes. Mais, assis où il était, dans la Tribune la plus haute du stade, il préférait ne pas faire le saut de l'ange dans l'arène s'il pouvait l'éviter. Ron et Adrian avait l'air sur le point de le faire, remarqua Harry lorsqu'il rouvrit les yeux, une fois que la musique s'était arrêtée.
« Alors, Sev. » commença-t-il en se tournant vers son Père. « Parlons des Veelas. » L'homme leva les yeux au ciel et Neville rit devant la scène.
« Coucou l'hôpital, ici la charité. Devine quoi ? On se fout l'un de l'autre ! » fut la réponse du professeur de Potions, qui fit exploser les deux adolescents de rire, rire que le regard mécontent et légèrement dégouté de Sirius ne fit qu'accentuer. Ils acclamèrent tous les mascottes de l'Irlande tandis que les Farfadets les arrosèrent d'or factice et applaudirent d'autant plus lorsque les équipes furent annoncées et que les joueurs rentrèrent sur le terrain. Lorsque Verpey appela Krum, la foule devint folle.
« C'est lui, c'est lui ! » hurla Ron, suivant Krum des yeux, à l'aide de ses Multiplettes. Harry siffla en observant l'Attrapeur bulgare faire des tours de terrain. Fin, le teint sombre et cireux, avec un nez proéminant et d'épais sourcils noirs, il avait l'air d'un grand oiseau de proie, et totalement dans son élément tandis qu'il manœuvrait avec son Éclair de Feu.
« Vos balais sont vraiment quelque chose, M. Potter ! » s'exclama un homme du Ministère assis derrière Harry et Sirius hocha vigoureusement de la tête.
« Et bien, merci M… ? »
« Andrews. Robert Andrews. » se présenta l'homme. Apparemment, c'était le président du comité du Ministère qui s'occupait de noter les nouveaux balais qui entraient sur le marché tout en vérifiant qu'ils se pliaient bien aux règles de sécurité. « Au boulot, on est tous impatient de découvrir l'Édition Attrapeur ! »
« Ça fait plaisir à savoir, monsieur. » répondit Harry avec un grand sourire. « Vous devriez recevoir le premier balai pour le tester dans la semaine. » Le sourire que lui offrit M. Andrews en remerciement était presque aveuglant et il se mit presque à bégayer devant la nouvelle. Un plus grand fan de Quidditch que Sirius avait été découvert, plaisanta intérieurement Harry en se retournant vers le terrain où l'équipe Irlandaise commençait à rentrer.
« Lynch n'a pas la moindre chance contre Krum ! » proclama bruyamment Ron.
« Krum est vraiment si bon que ça ? » demanda Neville, qui n'avait jamais vu le bulgare jouer. Ron, Adrian, Sirius et James commencèrent tous en même temps à essayer d'expliquer pourquoi Krum était le meilleur Attrapeur du monde, tandis que Severus déclara simplement :
« Il l'est. Pourquoi crois-tu que je le paye aussi cher ? » La cacophonie qui louait les talents de Krum se transforma en un instant en un silence estomaqué, se rappelant que Severus était, en un sens, le patron de Krum. Le maître de Potions eut un petit sourire en coin, heureux de pouvoir regarder le match en paix. Harry ricana et redirigea son attention sur le terrain, en activant une Sphère de Mémoire pour enregistrer le match. Son sourire s'agrandit lorsqu'il vit la majorité des personnes dans la tribune en faire de même.
Le jeu en lui-même se révéla plus que passionnant. Les Veelas dansaient et crachaient du feu – donc les arbitres durent être rappelés à l'ordre – et les Farfadets étaient snob et insultants. On comprit rapidement pourquoi Krum était le meilleur Attrapeur. Il avait changé la poursuite du Vif d'Or en sprint affolant autour du terrain, pendant que Lynch le chassait lui plutôt que d'essayer d'attraper le Vif d'Or. Harry grimaça lorsque l'Attrapeur irlandais s'écrasa par terre après la Feinte de Wronski parfaitement exécutée de Krum. Mais, peu importait les efforts de Krum, il était tout aussi clair que l'Irlande avait la meilleure équipe. Ils avaient pris le dessus presque dès le début et réussirent à maintenir la différence durant tout le jeu. Krum, réalisant qu'il n'y avait aucun moyen de gagner la partie, choisit de sauver sa fierté plutôt et de la garder intacte. Dans une impressionnante descente en piqué, il dupa Lynch et attrapa le Vif d'Or, sous un tonnerre d'applaudissements.
« On l'avait dit ! On l'avait dit ! » chantonnèrent les jumeaux tandis que la foule devint folle furieuse. La cérémonie de récompense se déroula dans l'excitation générale, même s'il était dur de déterminer à qui les applaudissements s'adressaient.
« Krum est vraiment si bon que ça ! » admit Neville un peu plus tard dans la soirée, une fois qu'ils étaient de retour à leurs tentes. Ils avaient décidé de passer leur nuit à camper, comme l'avait fait une grande partie des sorciers et sorcières, et ils partiraient le lendemain matin, à l'aube. Il leur avait fallu du temps pour retourner à leurs tentes, étant donné que les deux équipes étaient catégoriques : elles voulaient rencontrer le créateur des balais qu'ils utilisaient. Harry avait félicité chaque membre de chaque équipe et il avait même réussi à passer quelques minutes à parler à Krum. Le sorcier plus âgé était encore un peu déçu du résultat du match mais son moral sembla remonter un peu lorsqu'Harry lui assura qu'il n'avait jamais vu un Éclair de Feu mieux voler que ça. Puis, Harry déclina l'invitation à dîner, même si le reste des occupants de la Tribune Privée, si on exceptait leur groupe, allait rester pour ça. Il ne voulait vraiment pas passer plus de temps que nécessaire en compagnie de Fudge et Severus également avait tendance à éviter l'homme comme la peste.
« Bien sûr qu'il l'est ! » s'exclama Ron, scandalisé, n'arrivant pas à comprendre comment quiconque pourrait en douter. L'atmosphère était joyeuse quoique un peu étrange. La famille Potter, ainsi que Sirius et Remus, étaient habitués aux réunions et à parler de Quidditch, et les Weasley étaient désormais presque une branche supplémentaire de la famille. La présence de Severus et Neville – celle d'Harry également, puisqu'il n'avait jamais vraiment été inclus dans de telles conversations auparavant – les avait tous un peu déstabilisés. Et ce n'était pas seulement leurs présences, non. Il s'agissait de trois personnes qu'ils considéraient avant comme étant calmes, réservés, timides ou, dans le cas de Severus, carrément antisocial, qui parlaient actuellement avec plein d'entrain et riant ouvertement.
« C'est étrange. » marmonna James de là où il était assis, à côté de Sirius, pendant que la chauve-souris des cachots autrefois terrorisante était en train de divertir la galerie en racontant leurs expériences à Harry et lui au tournoi de Rennes, et Harry glissait joyeusement quelques commentaires dans son récit.
« M'en parle pas ! » chuchota l'Animagus canin en retour, faisant de son mieux pour ne pas rire à la scène qu'Harry rejouait, comment il avait apparemment vaincu un adversaire qui était presque 2 fois plus imposant que lui. Il était heureux pour son filleul, c'était certain. Il avait fréquemment pensé à lui par le passé, pendant qu'ils étaient ailleurs avec Adrian, pour s'entraîner, et se demandait régulièrement comment il passait son temps pendant les vacances. Cependant, le garçon ne s'était jamais plaint – et maintenant, Sirius pouvait comprendre pourquoi ! – et il n'avait cessé de se rappeler que ce n'était pas à lui de choisir comment Harry serait entraîné. 'Et maintenant tu as manqué tellement de sa vie, imbécile !' se fustigea-t-il, tandis que la voix grave de Severus décrivait le meilleur coup possible contre un adversaire plus imposant.
« Mais à quel point un adversaire peut-il être plus grand ? » questionna Molly, les joues rougissant légèrement lorsqu'elle regarda Severus, pensive.
« Pas forcément plus grand, Molly. » expliqua Severus, admettant qu'il n'avait pas rencontré quelqu'un de plus grand que ses 1m90 lors du tournoi. « Mais assurément plus lourd. » Harry hocha la tête, se remémorant qu'il s'était battu contre un adolescent qui pesait une bonne vingtaine de kilos de plus que lui.
« Ce tournoi a l'air très intéressant ! » s'exclama Neville, son esprit imaginant déjà les combats à l'épée et les mêlées que décrivait le maître de Potions.
« L'année prochaine, tu viendras avec nous Neville. » promit Harry, en tapant dans la main de son ami, les deux adolescents avec le sourire aux lèvres.
« Bien sûr que oui ! » assura Severus au garçon. « Continue de t'entraîner avec les mouvements que je t'ai montré et tu pourrais même participer aussi. »
« Tu t'es entraîné au combat à l'épée Neville ? » demanda Adrian, les yeux se rétrécissant légèrement.
« Oui. » répondit Harry. « Il a l'air calme comme ça, mais il a un sacré coup d'épée ! »
« Et bien, merci beaucoup, M. Potter ! » remercia Neville en se levant pour s'incliner théâtralement.
« Je pense qu'on t'a percé à jour, Neville. » s'excusa faussement Severus, incapable d'empêcher un sourire de se dessiner sur ses lèvres.
« Tant mieux pour nous. » ajouta Harry.
« Je crois que je viens d'entrer dans une dimension parallèle. » déclara Bill, regardant Severus et essayant de réconcilier ce qu'il voyait avec le professeur maussade, froid et carrément flippant dont il se rappelait.
« Peut-être un sort de modification de la personnalité ? » proposa Charlie, ayant exactement les mêmes difficultés que son frère.
« C'est ça ou bien j'ai un jumeau maléfique. » intervint Severus sérieusement, causant le silence total dans la tente avant qu'Harry et Neville n'éclatent de rire, rapidement suivis par le professeur de Potions.
« Je vais rester sur la théorie de dimension parallèle. » déclara Sirius. Severus leva les yeux au ciel.
« Je te ferais savoir, Black, que… » Et sur ces mots, la situation tourna au cauchemar. Tout d'abord, ils entendirent un son bruyant comme si une explosion avait eu lieu juste à côté du camping. Puis ce fut les cris, le bruit de gens qui criaient et couraient. Plus d'explosions. L'atmosphère détendue de la tente s'évapora en un clin d'œil et toutes les baguettes furent dégainées en même temps. Sirius et James échangèrent un regard et sortirent de la tente, leurs entraînements d'Auror s'activant. Severus et Remus furent derrière eux quelques secondes plus tard, suivis d'Arthur et de ses deux plus vieux fils. Lily et Molly s'avancèrent de manière protectrice devant les enfants. Harry n'aurait jamais cru que Mme. Weasley puisse avoir l'air dangereuse, mais le contraire lui fut démontré.
« Restez. » ordonna Severus, par-dessus son épaule, au reste du groupe qui hocha la tête face au sérieux qu'on percevait dans sa voix. Harry serra sa baguette un peu plus fort. Ce n'était pas bon signe. Pas bon du tout. Les bruits de panique semblaient se multiplier. Est-ce que seulement un peu de répit était trop demander ? pensa Harry, en fermant les yeux et soupirant un bon coup. Il sentit une main se poser sur son épaule, d'une manière réconfortante et il ouvrit les yeux. Neville se trouvait à côté de lui, la baguette à la main et un regard déterminé dans les yeux. Il était prêt à le suivre, peu importait où. Harry hocha la tête et se tourna pour regarder l'entrée de la tente, se préparant pour le pire. Que se passait-il ?
« Qu'est-ce qu'il se passe ? » demanda Hermione, l'air pâle et la voix tremblante.
« Je ne suis pas certaine. » répondit Lily. « Peu importe ce qu'il se passer, essayez de ne pas paniquer. Et vous avez la permission d'utiliser vos baguettes. » Soudain, M. Weasley entra dans la tente, les yeux exorbités, et dans tous ses états, mais l'expression tout de même sérieuse.
« Prenez vos vestes et courez ! Dehors maintenant ! » s'écria-t-il, et tout le monde se mit en marche.
« Pourquoi ? Papa, qu'est-ce qu'il se passe ? » demanda Ron en enfilant sa veste à la hâte.
« Pas le temps pour ça ! » cria Arthur. « Gardez bien vos baguettes et courez ! On bouge vers la forêt ! Vite ! » James entra dans la tête pour accélérer le mouvement.
« Bougez, maintenant ! » Il se tourna vers Lily. « Lily, prend Adrian et courez vers les bois ! »
« Pourquoi ? » demanda Lily même si elle attrapa tout de même son aîné contre son gré et se dirigea vers la sortie de la tente.
« Mangemorts. » répondit simplement James avant de courir hors de la tente. Tout le monde sortit dans un silence paniqué. Les Mangemorts. Les partisans de Voldemort. Le cerveau d'Harry essayait de comprendre ce qu'il venait d'entendre, parce qu'il jugeait cette situation impossible. Mangemorts. Comment était-ce possible ? Il suivit Fred hors de la tente et balaya les alentours du regard. Grâce à la lumière dégagée par les quelques feux encore brûlants, il pouvait voir les gens courir vers les bois, fuyant quelque chose qui bougeait au loin, en face d'eux, quelque chose qui produisait d'étranges flash de lumière et de bruits, comme des coups de feu. Des moqueries bruyantes, des rires sinistres et des cris soûls s'approchaient d'eux. Puis il y eut un éclat puissant de lumière verte, qui illumina la scène. Quelqu'un avait jeté le sort mortel. Puis Harry les vit.
Une horde de sorciers, une vingtaine, peut-être plus, marchaient vivement vers la foule qui les fuyait, jetant tous les sorts qui leur passaient par la tête, en visant dans toutes les directions. Les enfants couraient et criaient, en demandant leurs parents, parents qui couraient paniqués, à la recherche de leurs enfants parmi les tentes effondrées. Une vieille femme trébucha et s'écrasa en plein milieu de sa course folle vers les bois, et se fit aider par une jeune femme qui passait à côté pour qu'elles puissent toutes les deux s'enfuir loin des rires cruels. Et là, au milieu du site de camping, se trouvaient, suspendus dans les airs par des fils invisibles comme un ensemble de marionnettes, quatre silhouettes qui se débattaient dans le vide. Deux d'entre eux étaient très petits, remarqua Harry, l'esprit engourdi. Comme des enfants. Et ils criaient, de peur et de douleur, alors qu'ils flottaient dans les airs, sans défenses, à la merci de leurs tourmenteurs encapuchonnés.
« M. Roberts ? » marmonna Neville. M. Roberts ? N'était-ce pas le nom du Moldu à qui l'endroit appartenait ? Donc c'était sa famille ? Ses enfants ?
« Harry ? » sonna la voix de Severus à sa gauche. « On doit bouger. » Plus de Mangemorts apparaissaient, piétinant les tentes et semant la terreur avec eux. Mme. Roberts se retrouva la tête en bas. Un de ses enfants commença à tourner très vite, à 2km du sol.
« Que Merlin nous vienne en aide. » pria Neville.
« C'est dégueulasse ! » hoqueta Ron, quelque part derrière lui. Harry pouvait entendre sa mère supplier son frère de se dépêcher de partir, James rejoindre les quelques sorciers et sorcières qui avaient saisi leur courage à deux mains et commençaient à former une sorte de résistance contre les sorciers tout de noirs vêtus. Et les enfants continuaient de crier, les gens continuaient de courir, les Mangemorts continuaient de rire.
« Harry ? » souffla Severus avec hésitation. Il avait probablement vu les signes avant même qu'Harry ne les sente en lui, mais maintenant, il les ressentait. Il tremblait et son sang chauffait dans ses veines, se précipitant vers son cerveau pendant que la scène immonde se déroulait en face de lui. Terreur. Panique. C'était à ça que la guerre ressemblait. C'était ce que Voldemort apporterait avec lui, et bien pire encore. Peur. Douleur. Et Harry continuait de regarder, les doigts se resserrant sur sa baguette, les ongles perçant sa peau et faisant couler un peu de sang. Désespoir. Horreur. C'était à ça qu'allait ressembler le futur. Et les enfants continuaient de crier.
« Papa. » murmura Harry, la voix tellement grave et lourde, que Severus dut lire sur ces lèvres pour comprendre ce qu'il disait. Il n'en dit d'ailleurs pas plus. Il n'en avait pas besoin. Severus l'avait compris. Harry voulait se battre. Il ne s'enfuirait pas. Harry était déterminé. Et, Severus le réalisa en observant son fils, Harry n'était pas en colère. Non, pas en colère. Harry était furieux. Il n'y avait aucun moyen de le stopper à ce stade. Tout ce que pouvait faire Severus était de le soutenir jusqu'au bout. Il se contenta donc de hocher la tête et se tourna pour faire face aux Mangemorts. C'était sa place dans la guerre, sa place dans sa vie.
« Tu ne vas pas de battre contre eux comme ça. » déclara Neville, en regardant son ami avec un feu brûlant dans ses yeux.
« Nev… »
« Laisse-moi le formuler autrement. » l'interrompit Neville, conscient qu'il n'y avait pas de temps à perdre. Les Mangemorts se rapprochaient dangereusement d'eux. « Tu ne vas pas de battre contre eu sans moi. »
« Neville… » tenta de protester Harry, une fois de plus.
« Tais-toi, Potter. » le coupa le garçon avec un sourire triste. « Je suis ton frère. Je viens avec toi. » Harry sourit en retour et hocha la tête.
« Dans ce cas, messieurs. » les interrompit Severus. Il aurait préféré cacher ces deux garçons du monde mais son fils était tellement têtu qu'il aurait trouvé un moyen de se battre de toute façon. Et il semblait que Neville serait prêt à suivre son ami – son frère – dans n'importe quel combat. Et, qu'il soit maudit s'il les laissait se battre seuls. « Prêt ? » Et ils s'élancèrent.
« Harry, Neville ! » cria Fred, ou George. « Qu'est-ce que vous faites ? » Leurs cris n'eurent aucun effet sur les garçons. Les jumeaux partagèrent un regard et essayèrent de les suivre.
« Non ! » hurla Ginny, attirant leur attention. Fred et George voulaient bien faire, elle le savait. Mais ils seraient probablement plus un fardeau qu'autre chose. Tout comme elle d'ailleurs. « Laissez-les partir. Le professeur Snape est avec eux. On doit trouver Maman. » Et elle se tourna vers la forêt. Il y avait un temps pour se battre, et elle se battrait. Mais peu importe combien elle désirait aider, elle n'était pas encore prête. Elle décida que pour l'instant, il valait mieux qu'elle laisse le champ libre à ceux qui savaient vraiment se battre, et les laisser faire.
Pendant ce temps là, le petit groupe des 3 sorciers continuait d'avancer, baguettes en main. Harry sentit sa colère s'enflammer. Il lança un sort amortisseur sous la famille des Roberts avant de retourner son attention sur les Mangemorts. Ils s'étaient arrêtés momentanément, en essayant d'identifier qui avait jeté un sort dans leur direction. Il ne leur fallut pas longtemps avant de repérer les trois sorciers. Leurs yeux passèrent rapidement sur Harry et Neville et s'arrêtèrent sur Severus, le reconnaissant immédiatement. Décidant rapidement qu'il était leur cible principale et, voulant prendre leur revanche sur le traître, ils pointèrent leurs baguettes sur le maître de Potions.
Sous-estimer son adversaire était l'erreur la plus commune lors des duels de sorciers et c'était la première chose que Severus avait enseigné à Harry lorsqu'il avait commencé à l'entraîner. Et les Mangemorts avaient en effet sous-estimé leurs adversaires. Harry pointa sa baguette sur le sol sous les Mangemorts, exploitant le fait qu'il marchait sur du gazon.
« Terrae Legumina ! » L'incantation fut silencieuse mais les résultats furent immédiats. Une orbe de lumière marron sombre sortit de sa baguette et toucha le sol, et une impulsion puissante se diffusa depuis le point d'impact dans un rayon de 500m. C'était un sort qui ne fonctionnait que sur un terrain boueux ou rocheux mais qui était extrêmement utile, pensa Harry, en voyant les Mangemorts qui tenaient les Roberts dans les airs faire un vol plané impressionnant. Il commença à lancer des sorts offensifs sur tous les Mangemorts en vue, son esprit basculant sur le mode de combat, ses nombreuses années d'entraînement avaient bien aiguisés ses capacités en duel. Il se baissa et parait les sorts, invoquant des boucliers lorsqu'ils étaient nécessaires et jetant des sorts dès que possible. Du coin de l'œil, il pouvait voir Neville qui s'assurait que les Roberts atterrissent sains et saufs sur le sol et s'enfuient le plus vite possible, tandis que Severus mettait la pagaille dans les rangs ennemis.
Il se plaqua au sol pour éviter un sort de découpe et roula sur le côté pour esquiver un Doloris avant de jeter un sort. Maintenant, il pouvait voir un groupe de sorciers se rapprocher, rejoignant leur combat contre les Mangemorts. Les partisans du Seigneur des Ténèbres masqués commencèrent à s'enfuir et transplaner un peu partout, même si certains d'entre eux décidèrent de rester pour se battre un peu plus. L'un d'entre eux, un sorcier très grand et musclé, de ce qu'Harry pouvait voir, se détacha du combat principal et se dirigea vers le bout de forêt où Neville avait emmené la famille Roberts. Harry ne savait pas si c'était simplement la malchance de la famille ou si le Mangemort avait l'intention de les torturer un peu plus – ou pire. Ça n'avait pas vraiment d'importance non plus. Il vit rouge. Il pouvait encore entendre les enfants crier dans son esprit et au fond de lui, il savait que ces cris reviendraient le hanter plus tard.
« Ventilabis ! » fut le sort qu'il utilisa après, repoussant un Mangemort qui avait essayé de l'attaquer loin de lui avant de courir vers le l'homme plus grand qui s'éloignait. Il le rattrapa juste à temps. Ou plutôt, juste à temps pour un voir un second Mangemort se faire toucher par un sort de découpé et s'enfuir loin des Roberts terrifié. Le Mangemort plus grand regarda autour de lui, mais la personne qui avait jeté le sort s'était enfuie. De là où il était, il n'avait pas pu le voir. Harry, en revanche, avait pu, même si c'était un pendant un moment très bref. Mais ce moment avait été suffisant pour le figer momentanément. Quoi ?
Cependant, ses pensées furent détournées du chemin confus qu'elles prenaient lorsque le Mangemort ramena son attention sur les Roberts. Les deux enfants recommencèrent à crier, les yeux pleins de larmes et le Mangemort rit. Il rit. Harry put entendre et sentir son battement de cœur dans chacune des veines et artères de son corps. Une furie terrifiante le submergea et, au moment où l'homme encapuchonné leva sa baguette et commençait à prononcer les premières syllabes du sort tueur, en visant le plus jeune enfant de la famille, Harry se mit en mouvement. Il était plus rapide.
« Flammifer Ictus ! » Les langues de feu sortirent de sa baguette et atteignirent le Mangemort en pleine poitrine, l'envoyant au sol, hurlant de douleur, les robes en feu. Et au moment où Harry s'avançait pour le stupéfixier, un silence surnaturel se répandit sur le champ de bataille. La première pensée d'Harry fut les Détraqueurs mais il ne pouvait pas sentir le froid qui accompagnait généralement leur arrivée. Puis il la remarqua. La nuit était illuminée de vert par quelque chose qui flottait au-dessus de la forêt. Le Mangemort au sol transplana, même s'il avait l'air de souffrir d'une très forte douleur. Il garderait une cicatrice toute sa vie, Harry le savait au moment où il avait jeté le sort. Il n'y avait aucun remède. Mais qu'est-ce qui avait pu être si terrible que ça avait forcé l'homme à s'enfuir, même s'il était plié de douleur ? Un regard dans le ciel suffit à le faire comprendre. Là, en plein milieu du ciel noir, brillant fortement pour que tout le monde puisse la voir, se trouvait la Marque des Ténèbres.
En jetant un dernier regard sur les Roberts pour s'assurer qu'ils n'étaient pas gravement blessés, Harry se retourna et se mit à courir, en dépassant un groupe d'employés du Ministère figé, pour rejoindre Neville et Severus. Les deux sorciers fixaient la Marque des Ténèbres avec peur, même si Severus faisait de son mieux pour essayer de le cacher. Harry resta à côté d'eux, pétrifié, pensant à tout ce que cette marque impliquait. Voldemort, la peur, la destruction, et la mort. Mort. Lorsque la Marque des Ténèbres était conjurée, quelqu'un avait été tué. Et la Marque des Ténèbres flottait au-dessus de la forêt, où tout le monde avait fui.
« Oh non. » murmura Harry, ses yeux cherchant ceux de Severus pour être rassuré. « Tu ne penses pas ? » Il ne pouvait même pas finir sa question. Tu ne penses pas que quelqu'un est mort ? Comment pouvait-il dire quelque chose comme ça à voix haute ? Ne pas le dire n'empêcherait pas que ce soit vrai, mais il se sentait tout de même incapable – il ne voulait tout simplement pas – de prononcer ces mots.
« J'espère que non. » répondit Severus, comprenant parfaitement ce qu'il lui avait demandé. « On ferait mieux d'aller là-bas pour voir. » Harry hocha la tête et tourna les yeux vers son meilleur ami. Neville avait une petite coupure sur la joue, causée soit par un sort de découpe, soit en essayant de l'éviter, Harry ne pouvait pas le dire. Son jean était légèrement déchiré et tâché de sang. Ce n'était pas grand-chose, mais la colère d'Harry revint, plus violemment qu'avant. Comment osaient-ils ? Comment osaient-ils toucher à sa famille ?
« Tu vas bien Nev ? » demanda Harry, inquiet.
« Quoi ? » demanda Neville, détachant son regard de la marque. Il eut l'air un peu perdu avant que son regard ne tombe sur sa jambe blessée et qu'il ne touche sa joue. Il grimaça un peu, mais hocha la tête. « Juste quelques égratignures. » Il se tourna vers Harry, et ses yeux s'écarquillèrent. « Est-ce que tu vas bien ? » Harry se demanda ce que Neville voulait dire et porta sa main à son épaule droite, que son ami fixait. Il grimaça lorsque ses doigts entrèrent en contact avec une blessure à cet endroit, et du sang chaud lui couvrit les doigts. Il se rappelait vaguement une petite douleur lorsqu'il avait esquivé un Doloris. Il avait du se couper sur un rocher, ou quelque chose du même genre.
« Oui. » le rassura Harry tandis que Severus s'approchait de lui, les yeux brûlant d'un feu déterminé.
« Tu as été touché ? » demanda le maître de Potions, contenant tant bien que mal sa furie. Il trouverait la personne qui avait fait ça à son fils et le tuerait. Lentement et douloureusement, il le jurait.
« J'ai esquivé un maléfice. » expliqua Harry. Peu importait s'il avait été touché par le sort ou non, la personne qui avait causé la blessure d'Harry serait traquée et il s'en occuperait, insista mentalement Severus. « On devrait y aller. » déclara Harry et s'avançant vers la forêt, après avoir vérifié que son Père n'était pas blessé et qu'il le suivait bien. Neville marcha avec eux et ils s'approchèrent rapidement du point juste sous la marque, baguettes en main et prêts à engager un combat. La scène qui les accueillit était plus qu'étrange.
Il y avait un groupe de sorciers qui entouraient Adrian, Ron et Hermione, avec un elfe de Maison. La même qui avait été dans la Tribune Privée avec eux. Et M. Croupton était là, accusant la pauvre créature d'être responsable de l'ascension de la Marque des Ténèbres. Adrian essayait d'expliquer que la baguette utilisée pour conjurer la Marque des Ténèbres avait été la sienne, pendant que Croupton interrogeait l'elfe de Maison.
« Je n'ai as fait de magie avec, Monsieur ! » couina Winky, des larmes coulant sur ses joues, de part et d'autre de son nez proéminent. « Je… Je… Je ne faisais que la ramasser, Monsieur ! Je n'ai pas fait la Marque des Ténèbres, Monsieur, je ne sais pas comment faire ! »
« Ce n'était pas elle ! » la défendit Hermione. Elle avait l'air nerveuse, de parler devant tous ces sorciers du Ministère, mais aussi déterminée. « Winky a une petite voix aigue, et la voix que nous avons entendu prononcer l'incantation était bien plus grave ! » Elle regarda Adrian et Ron, leur demandant du soutien. « Ça ne ressemblait pas du tout à Winky, pas vrai ? »
« Non. » confirma Adrian en secouant la tête. « Ce n'était certainement pas la voix d'un elfe. »
« Que se passe-t-il ici ? » interrompit Severus, en s'avançant vers le groupe, ne comprenant plus rien du tout. « Est-ce que vous être réellement en train de suggérer qu'un elfe ait pu conjurer la Marque des Ténèbres ? C'est tout simplement stupide ! » Hermione jeta un regard admiratif à son professeur de Potions avant de sourire.
« On l'a retrouvé avec une baguette à la main, Professeur. » expliqua un homme aux cheveux blonds. Il rappelait vaguement quelqu'un à Harry, même il n'arrivait pas à voir qui.
« Peu importe. Conjurer la Marque des Ténèbres, M. Diggory ? » Le père de Cédric ? Oui, c'était sensé. « Ce n'est ni un sort simple ni une incantation que n'importe qui pourrait trouver dans un bouquin. » Harry et Neville se rapprochèrent à leurs tours, pendant qu'il parlait.
« Harry ! » l'appela Adrian, en voyant le sang qui tâchait le T-shirt de son frère. « Qu'est-ce qu'il t'est arrivé ? »
« Un Mangemort. » répondit Harry, peu désireux de répondre à un interrogatoire à ce moment. La mâchoire d'Adrian se décrocha.
« Tu les as combattu ? »
« Pas tout seul. » répondit Harry en pointant Severus et Neville du doigt.
« Mais… »
« Ça suffit ! » C'était M. Croupton qui avait crié, le regard un peu fou. « On s'éloigne du sujet ! » Il redirigea son regard à moitié dérangé vers l'elfe. Winky frissonna de peur. « J'en ai assez ! En quelques minutes, non seulement Adrian Potter mais aussi moi-même avons été accusé d'avoir conjuré la Marque des Ténèbres ! » Son regard se dirigea vers un M. Diggory stupéfait.
« M. Croupton, jamais je ne… »
« Vous avez accusé mon Elfe de Maison ! Vouliez-vous impliquer que j'apprenais à mes serviteurs comment invoquer la Marque des Ténèbres ? » explosa M. Croupton.
« Non, monsieur, je… »
« Assez ! » Il se retourna vers son elfe de Maison, la baguette d'Adrian dans la main. « C'est la baguette qui a été utilisée pour conjurer la Marque des Ténèbres. Et tu la tenais dans la main lorsqu'on t'a trouvée. Est-ce que tu le nies ? »
« Non, Monsieur, je la trouvais, monsieur… »
« Silence ! » L'elfe de Maison recula d'un pas et commença à gémir.
« M. Croupton. » l'avertit Harry, le ton acide. Il n'y avait pas moyen que Winky n'ait conjuré la Marque des Ténèbres et il était en train de la terroriser. « Je pense que vous devriez vous calmer. Il est certain que Winky n'a rien à voir avec… »
« Je n'ai pas fini ! » le coupa Croupton, ne se tournant même pas pour le regarder. Le garçon serra les dents mais demeura silencieux. Croupton avait pris sa décision et personne ne pourrait la changer. En revanche, Hermione se tourna vers lui et lui adressa un sourire reconnaissant. La diatribe de M. Croupton continua. Il déclara qu'il n'avait pas besoin d'un serviteur qui n'obéissait pas à ses ordres – Winky avait reçu l'ordre clair de ne pas sortir de la tente et le fait qu'elle aurait pu se faire piétiner ne sembla pas du tout changer quoi que ce soit pour Croupton – et qu'elle serait donc relâchée. Ce qui voulait dire, des vêtements. La pauvre créature sanglotait sans pouvoir s'arrêter lorsque M. Weasley et Severus choisirent de conduire tout le monde loin de cette scène. Ils ne pouvaient rien faire de plus et ils devaient encore trouver les autres.
« Je n'arriva pas à y croire ! La manière dont il a traité Winky était inhumaine ! » s'écria Hermione. Harry devait bien avouer qu'il était d'accord. La seule pensée de quelqu'un qui traiterait Minnie de cette façon lui donnait envie de jeter un sort à quelqu'un. Mais il savait également qu'il ne pouvait rien faire pour l'elfe de Maison. Malheureusement, elle devait obéir aux ordres de M. Croupton et resterait sa propriété jusqu'à ce qu'elle soit libérée.
« Elle n'est pas humaine, Hermione. » déclara Ron, plutôt grossièrement.
« Ça n'a pas d'importance ça, Ron. » le reprit Neville, encore perturbé par ce qui venait de se passer. Il boitait un peu et Harry lui jeta un regard inquiet. Neville haussa des épaules pour le rassurer en levant les yeux au ciel, pour lui faire comprendre qu'il allait bien. Mais Harry ne le croirait pas tant que sa blessure ne serait pas traitée.
« Là, la question c'est plutôt, » commença Adrian « si Winky n'a pas conjuré la Marque des Ténèbres, qui l'a fait ? » Ils marchèrent en silence pendant un moment, n'ayant aucune réponse à cette question, seulement des théories.
« Je vous parie que c'était les Malfoy ! » s'exclama Ron après un petit moment.
« N'accuse pas les gens de quelque chose aussi grave, Ron, pour la simple raison que tu ne les aimes pas ! » le réprimanda M. Weasley, la voix sévère.
« Non, vraiment ! » insista Ron. « Avant qu'on ne tombe sur Winky, on a croisé Draco Malfoy. Il avait l'air essoufflé et il a sourit quand on a demandé si ses parents faisaient partie des Mangemorts. Il nous a dit que même si la réponse était oui, il ne nous le dirait pas ! »
« Ron ! » avertit Arthur, faisant taire son fils. De son côté, Harry ne savait plus quoi penser que ce soit de la mystérieuse personne qui avait jeté la Marque des Ténèbres ou de Draco Malfoy en particulier. Parce que, si Draco était parfaitement d'accord, voire fier que les Mangemorts attaquent et que la Marque des Ténèbres apparaissent, pourquoi avait-il lancé un sort sur le Mangemort pour protéger les Roberts ?
Parce qu'Harry était certain que c'était le plus jeune des Malfoy qu'il avait vu. Les cheveux blonds argenté et la robe bleue sombre étaient des indices irréfutables. Mais c'était tout simplement incompréhensible. Il regarda Severus qui marchait devant lui, et qui avait l'air plongé dans ses pensées. Les Mangemorts, la Marque des Ténèbres. En sortant de la forêt, ils virent la destruction qui avait été répandue et ils se dirigèrent vers leurs tentes, désormais en ruines, où le reste de leur groupe était rassemblé. Harry put vaguement entendre James crier le nom d'Adrian dès qu'il les vit arriver. Il ferma les yeux et passa la main dans ses cheveux. Rien de tout ça n'était logique.
Et voilà pour aujourd'hui !
J'espère que vous êtes satisfaits, n'hésitez pas à commenter et je vous dis à la semaine prochaine ! :)
