Chapitre 48
Et la roue tourne
Comme bien trop souvent ces derniers temps je trouve, je m'excuse platement de ce très long retard... Je pourrais vous sortir des excuses comme mon voyage à Berlin, mon stage de danse, mais il faut aussi avouer que je n'avais pas trop la foi de traduire... Mais ! Je vais me reprendre pendant les vacances et je vais essayer de prendre de l'avance !
Donc, merci à tous, comme d'habitude, pour votre soutien à travers vos commentaires ^^
Je ne vous retiens pas plus longtemps !
Enjoy !
Disclaimer : Je ne possède que la traduction. Harry Potter et tous les personnages = la merveilleuse JK Rowling, le scénario = XxDesertRosesxX que je trouve aussi géniale.
Il regarda Severus qui marchait devant lui, et qui avait l'air plongé dans ses pensées. Les Mangemorts, la Marque des Ténèbres. En sortant de la forêt, ils virent la destruction qui avait été répandue et ils se dirigèrent vers leurs tentes, désormais en ruines, où le reste de leur groupe était rassemblé. Harry put vaguement entendre James crier le nom d'Adrian dès qu'il les vit arriver. Il ferma les yeux et passa la main dans ses cheveux. Rien de tout ça n'était logique.
Retrouver le reste de leur groupe avait été… intéressant, pensa Harry, deux jours plus tard alors qu'il contemplait le ciel étoilé. Il avait grimpé dans la tour d'Astronomie de Silbreith il y avait environ deux heures et n'en avait pas bougé depuis. L'objectif initial avait été d'observer les constellations pendant quelques minutes, vérifier une dernière fois son devoir d'Astronomie mais au moment où il avait posé un pied sur le balcon, l'idée de travailler s'était volatilisée de son esprit. C'était une nuit fraîche finalement et il restait une petite brise qui rappelait plus la mi-automne que le mois d'Août. Mais le ciel était dégagé et Harry n'avait même pas pris la peine de sortir son télescope. Il s'était simplement adossé à la pierre froide et s'était laissé glisser le long du mur, les yeux accrochés aux étoiles au-dessus de lui, s'autorisant enfin à se relaxer. Ses doigts agrippaient fermement la lettre dans sa poche, que Nagnok lui avait envoyée, dans l'après-midi. Il savait que son père avait choisi une manière plus destructrice pour évacuer sa frustration et était probablement en train de pulvériser des mannequins d'entraînements dans les cachots. Et pour de bonnes raisons, ajouta mentalement Harry.
Au moment où le petit groupe était sorti des bois, il y avait deux jours de cela, James avait hurlé le prénom d'Adrian et s'était rué vers son aîné, pour vérifier qu'il n'était pas blessé. Ce dernier avait protesté, plutôt embarrassé face à cette démonstration. Harry s'était juste tenu à côté, en regardant la scène se dérouler sous ses yeux, le plus détaché possible. 'Bien sûr', il se rappelait ce qu'il avait pensé sur le moment, 'ce n'est pas comme si j'étais juste à côté en train de saigner ou quoi que ce soit'. Le garçon soupira en se remémorant mentalement les noms des étoiles qu'il repérait dans le ciel sombre, absent. Pour être honnête, James avait presque eu une crise cardiaque lorsque, après s'être éloigné d'Adrian pour mieux l'examiner, ses yeux étaient tombés sur Harry. Il avait tenté de se rapprocher pour regarder la blessure de son cadet mais Harry avait simplement levé la main, lui signifiant clairement qu'il allait bien.
« C'est juste une égratignure. » avait-il assuré à l'Auror qui paniquait de plus en plus. « J'ai dû esquiver un sort, mais je n'ai pas été touché. » Puis il s'était tourné vers Neville, l'inquiétude peignant clairement ses traits.
« La même chose pour moi, Harry. » protesta Neville en levant les yeux au ciel. « Je te l'ai déjà dit. »
« Parce que tu crois que ça va l'empêcher de s'inquiéter. » marmonna Severus, en regardant à son tour Neville avec inquiétude.
« Professeur, je vais bien, vraiment ! » se plaignit le garçon.
« Comme si ça allait m'empêcher de m'inquiéter ! » déclara le maître de Potions, surprenant tellement l'adolescent qu'il se tut. Harry eut un sourire tendre pour son frère et son père adoptifs.
« Adrian ! Harry ! » sonna la voix de Lily par-dessus le brouhaha. Elle les regarda avec les yeux écarquillés, ses cheveux étaient désordonnés. Elle avait une petite égratignure sur un de ses flancs et quelques gouttes de sang tâchaient son T-shirt jaune, mais au-delà de ça, elle avait l'air en parfaite santé. Elle serrait encore sa baguette d'une forte poigne. De ce qu'Harry avait compris de la conversation précédente avec Cornedrue, elle avait ordonné à Adrian de s'enfuir dans les bois lorsque des Mangemorts s'étaient rapprochés d'eux, pour qu'elle puisse les combattre et elle n'avait pas réussi à retrouvé son aîné depuis. « Merlin, Harry ! Tu es blessé ? Où étais-tu !? Pourquoi tu ne nous as pas suivis ? »
« Ce n'est qu'une égratignure, vraiment. » répéta encore une fois Harry, en fermant les yeux avant de soupirer profondément. Il était encore en colère et perdu et tout ce qu'il désirait était de rentrer à la maison, de boire ce thé délicieusement bon que Severus avait acheté sur le Chemin de Traverse et réfléchir aux évènements de la soirée. Mais visiblement, son vœu n'allait pas être exaucé dans l'immédiat.
« Qu'une égratignure ? » s'exclama Sirius qui venait d'arriver, ses yeux se fixant immédiatement sur son filleul. « Harry, tu saignes ! » Puis ses yeux se posèrent sur Neville et la coupure encore ouverte sur sa joue. « Qu'est-ce qu'il vous est arrivé à tout les deux ? »
« Des Mangemorts. » répondit brièvement Severus, en se rapprochant pour examiner les blessures de son fils et celle de Neville. « Elles ne sont pas profonds mais vous ne bougerez pas d'un cil tant que je ne les aurais pas soignées. » Harry était sur le point de protester, probablement pour dire à Severus qu'il n'avait pas à s'embêter de quelque chose d'aussi ridicule, mais il fut coupé dans sa lancée par le maître de Potions. « Pas un cil, Harry ! » L'adolescent acquiesça et Severus lança le sort nécessaire, vérifia son travail et en fit de même avec Neville, une fois qu'il fut satisfait.
« Merci, Sev. »
« J'aurais pu le faire ! » protesta James, qui se fit royalement ignorer par Severus. Le maître de Potions faisait de son mieux pour se retenir d'empoigner Harry et de s'enfuir avec. Non, en y repensant, il attraperait bien Neville aussi. Les Mangemorts. Que faisaient des Mangemorts à la Coupe du Monde ? Il savait qu'il ne s'agissait pas d'une attaque honnête, si on pouvait l'appeler ainsi. Une trentaine de Mangemorts contre les membres officiels du Ministère rassemblés ici pour protéger les campeurs ? Ce n'était certainement pas quelque chose qu'aurait tenté le Seigneur des Ténèbres. En plus, ils avaient disparu lorsque la Marque des Ténèbres était apparue. Ils s'étaient enfuis de peur.
« Je sais que tu aurais pu, Potter. » répondit le maître de Potions. Il ne voulait pas lancer une bagarre ou contester son droit de prendre soin de son fils. Il voulait simplement un moment de calme, pour pouvoir penser. « Sanacio ! » Il pointait sa baguette sur la blessure de Neville après l'avoir nettoyée avec un sort rapide, et il vit la peau se recoudre toute seule, ne laissant aucune trace de la blessure.
« Merci, professeur. » remercia Neville, en touchant de la main son morceau de peau guéri, avec un peu d'hésitation.
« Pas de quoi, Neville. »
« Mais comment vous êtes-vous blessés ? » demanda M. Weasley, en faisant de grands signe pour que Remus, Mme Weasley et le reste de sa famille – qui les avaient cherchés quelques tentes (ou ce qu'il en restait) plus loin – puissent les repérer. « Vous n'étiez pas dans la forêt ? »
« On se dirigeait vers la forêt. » admit Harry, en jetant un regard rapide vers Severus, pour avoir son accord. Ce dernier hocha la tête. Plus de cachotteries. « Mais on a aperçu les Robinsons. Alors on a aidé. » Le silence stupéfait qui suivit sa déclaration n'était pas si surprenant. Neville eut un mouvement de recul léger, en prévision de ce qui allait probablement suivre et Harry se prépara pour la tirade. Il aurait préféré l'éviter, mais il pouvait le voir dans leurs yeux. Ça allait arriver !
« Pourquoi tout le monde est silencieux ? » demanda Bill, qui venait tout juste de les rejoindre. Il était un peu essoufflé et débraillé mais il n'avait pas l'air d'être blessé. En revanche, sa question semblait secouer la petite troupe de leur état de choc temporaire.
« Harry James Potter ! » s'époumona Lily, l'air pâle, le sang ayant quitté son visage. « Est-ce que tu t'es volontairement battu contre un groupe de Mangemorts ? » Sa respiration était saccadée et Harry pouvait voir qu'elle était au bord de la crise de panique.
« Lily, calme-toi. » dit Severus, faisant de son mieux pour désamorcer cette situation qui était déjà irrattrapable.
« Me calmer ? » couina Lily, les yeux encore plus grands. « Harry s'est battu contre des Mangemorts et tu veux que je me calme ? »
« Et où étais-tu lorsqu'il s'est blessé ? » siffla James, les yeux noisettes emplis de colère et de satisfaction.
« Juste à côté de moi, à combattre le Mangemort qui m'avait attaqué. » déclara calmement Harry. La tension dans l'air était palpable. « Neville aussi, d'ailleurs. »
« Où pourrais-je être d'autre ? » demanda le garçon à voix haute, pour que tout le monde puisse l'entendre.
« Quand même Harry, » intervint James, la voix d'abord surprise, avant de repasser sur la colère, en une seconde « tu ne peux pas te jeter dans les bras de sorciers fous à lier qui n'auraient aucun scrupules à te tuer sur le champ ! » Puis il tourna des yeux accusateurs vers Severus, décidant qu'il ne laisserait pas le sujet tomber. « Et toi ! » s'exclama-t-il, un doigt accusateur pointé sur la poitrine du maître de Potions. « Tu laisses un adolescent se battre contre des Mangemorts ? Quoi, tes anciens potes te manquent ou quoi ? Tu avais trop hâte de les revoir ? L'excitation de jouer dans les deux camps t'avait manqué ? »
« Bordel, James ! » Étrangement, l'exclamation était venue de Remus, habituellement réservé, qui regardait le maître de Potions avec lassitude. Le commentaire du patriarche Potter avait semblé capter l'attention de tout le groupe. Severus, aussi bizarre que cela puisse être, était celui qui l'encaissa le plus calmement. Même Sirius regardait James avec une certaine incrédulité. Peu importe combien ils avaient détesté Severus par le passé, son temps avec les Mangemorts était quelque chose dont ils étaient tous au courant, cependant ils avaient mutuellement décidé de ne jamais le mentionner. Parce que, peu importe comment ou pourquoi il avait réellement rejoint les rangs de Voldemort, l'homme avait fini par risquer sa vie pendant trois ans pour leur cause et, si on pouvait en croire Dumbledore, il avait dû endurer une expérience plus que déplaisante durant son rôle de double espion, portant encore aujourd'hui les cicatrices qui le prouvaient.
« Oui, je dois bien avouer que la terreur de mourir dans la souffrance si on me prenait à espionner pour Dumbledore m'avait manquée. » plaisanta Severus d'une voix froide. Il bouillait de l'intérieur mais était décidé de ne pas laisser ses émotions transparaître. Le passé n'était que ça, le passé. Et il n'autoriserait personne à remettre ça en cause. « Merci de me l'avoir rappelé. » Le regard d'Harry lançait des éclairs à Cornedrue alors qu'un autre silence pesait sur leur groupe.
« Vous étiez un espion durant la Première Guerre, professeur ? » C'était Neville qui avait parlé, et on pouvait entendre une légère confusion dans sa voix.
« Ouaip ! » répondit Harry pour son père, parce que, en prenant du recul et en voyant à quel point ils avaient changés depuis ce temps, il se sentait très fier.
« Un espion ? » Il n'y avait plus aucune confusion dans la voix de l'adolescent, seulement une admiration accompagnée de deux yeux marron écarquillés.
« Ce n'est pas quelque chose dont j'aime vraiment parler. » précisa Severus. « Ce n'est pas quelque chose que j'aurais mentionné – ce n'est pas vraiment prudent de s'en vanter ! – mais visiblement, quelqu'un voulait le partager avec le reste de la classe. » Et il tourna son regard passif vers James. L'expression de ce dernier était un mélange étrange entre contrit et irrité.
« Désolée Severus. » s'excusa Lily pour son mari. Ses yeux se rétrécirent d'une manière qui signifiait clairement qu'elle aurait une discussion avec James plus tard.
« Non, mais sérieusement, professeur ? » demanda George, en le regardant comme s'il ne l'avait jamais vu avant et en se demandant combien de fois cela risquait encore de lui arriver. Severus soupira. Il semblait que, tant qu'il ne le confirmerait pas lui-même, ils ne le croiraient pas.
« Oui. » confirma laconiquement Severus. « Mais on s'éloigne du sujet. »
« Énorme ! » s'exclamèrent les jumeaux simultanément. La majorité du groupe semblait totalement en accord avec eux, en particulier ceux qui n'avaient jamais su ce que faisait exactement Severus durant la guerre. Severus secoua la tête d'amusement et se demanda un instant comment Dumbledore réagirait en apprenant que James avait révélé son statut d'espion pour l'Ordre devant un groupe d'adolescent.
« Je ne vois toujours pas de raison d'avoir laissé Harry se battre ! » continua James, revenant à la raison initiale de sa diatribe. « Tu étais censé prendre soin de lui ! Et ne me dis pas que ça n'aurait pas pu être évité ! » s'écria-t-il, même si Severus n'avait montré aucune intention de l'interrompre. « S'il ne s'était pas battu, quelle différence cela aurait fait… » En revenant sur ce moment, Harry décida que Basil, l'ami de M. Weasley du Ministère, dont Harry ne connaissait toujours pas le nom de famille, n'aurait pas pu choisir un meilleur moment pour les approcher, accompagné d'un sorcier à l'air distingué, habillé avec un costume Moldu. Le sorcier inconnu était grand et costaud, et les traits de son visage basané démontraient une neutralité totale. Si Harry devait deviner, il dirait que cet homme était une Langue-de-Plomb.
« Vous voilà ! » s'exclama Basil, en parcourant le groupe des yeux pour atterrir sur Harry. « Je vous ai cherché partout ! »
« Quelque chose ne va pas Basil ? » demanda Arthur avant de soupirer. « Autre que l'évidence je veux dire. » Le regard de l'homme se retourna vers M. Weasley pendant un moment avant de chercher James du regard.
« Non. On a juste… On a juste trouvé les Robinsons. » les éclaira l'homme en regardant le présumé Langue-De-Plomb pour avoir sa confirmation. L'homme hocha une fois la tête. Un sentiment d'effroi parcourut Harry. Il était vraiment parti à la hâte lorsqu'il les avait laissés, la Marque des Ténèbres ayant capturé toute son attention mais ils semblaient aller bien. Cependant, avoir l'air d'aller bien et réellement aller bien étaient deux choses totalement différentes. Son esprit lui renvoya l'image des deux enfants terrorisés qu'il avait vu en train de s'enfuir des Mangemorts et il frissonna. Est-ce qu'il leur était arrivé quelque chose ?
« Est-ce qu'ils vont bien ? » demanda Molly, l'inquiétude perçant dans sa voix.
« Oui. » répondit Basil, distrait et le cœur d'Harry retrouva un rythme plus raisonnable. Personne n'était mort, merci Merlin !
« Alors quoi ? » demanda Sirius, se demandant ce qui pouvait être si important qu'ils les avaient cherché pour leur dire immédiatement. James et lui auraient fini par en être informés après tout.
« C'est juste que… » Son regard erra sur Harry, Severus et Neville qui se tenaient proches les une des autres mais légèrement éloignés du reste du groupe, et s'arrêta encore une fois sur le sorcier aux yeux verts.
« Juste que quoi ? » persista Sirius. « Allez-y ! » Basil hocha rapidement la tête face au ton autoritaire employé.
« Nous avons demandé à des Langues-De-Plomb d'extraire leurs souvenirs de l'attaque avant de les Oublietter. Oldman ici présent, était l'un d'entre eux. » précisa-t-il en pointant du doigt l'homme à côté de lui. Donc il s'agissait bien d'une Langue-De-Plomb. Hm. Les personnes qui travaillaient au Ministère hochèrent la tête de compréhension. C'était la procédure habituelle dans ce genre de cas.
« Et ? » le poussa Arthur.
« Et bien… » L'homme semblait ne pas vraiment savoir comment s'y prendre mais, après un dernier regard impressionné vers Harry, il reprit le cours de ses pensées et poursuivit. « Ça a commencé comme on aurait pu s'y attendre. Les Mangemorts les ont réveillés avec des maléfices et les ont amenés à la vue de tous pour s'amuser. Les faisant léviter et j'en passe. » Harry grimaça au souvenir. « Et puis, une fois la bataille débutée, les Robinsons ont vu un petit groupe de sorciers se diriger vers eux, en faisant tomber les Mangemorts sur leur chemin. » Le petit groupe de sorciers en question échangèrent des regards. Neville se tapa le front d'une main, Harry choisit de fixer le ciel qui commençait à peine à s'éclaircir avec l'aube, tandis que Severus haussa les épaules, comme s'il faisait face à des Mangemorts tous les jours. À vrai dire, c'était vrai avant.
« Vous trois ? » demanda Adrian, en regardant principalement son jumeau.
« En fait… » commença Harry mais il se fit interrompre par Basil qui avait l'air avide de poursuivre sa narration, maintenant qu'il avait commencé.
« Puis, M. Potter, » continua-t-il, en montrant Harry d'un geste de la main, « a jeté un sort pour repousser les Mangemorts – pardonnez-moi mais personne ne m'a précisé l'incantation que vous avez utilisé M. Potter… » Comme si entendre un membre officiel du Ministère l'appeler 'M. Potter' n'était pas assez étrange, le Langue-De-Plomb, seulement identifié par le nom Oldman, décida d'intervenir.
« Peut-être que je devrais prendre le relais. » déclara-t-il d'un ton strict, la voix plate, sans émotion, son expression était la personnification du professionnalisme. Basil déglutit et hocha la tête, s'écartant volontairement de l'homme pour le laisser parler.
« Bien sûr. » murmura-t-il et reculant un peu plus dans sa hâte de lui complaire. Il fit quelques pas pour se mettre à l'arrière plan. Ses yeux étaient toujours grand ouverts et excités. Il était clair qu'il avait envie d'entendre l'histoire une fois de plus.
« M. Potter a utilisé le sort de Terrae Legumina. Ce sort provoque une vibration de la terre et cela a pris les Mangemorts par surprise, les repoussant ainsi de quelques mètres. » L'homme faisait juste un récit clair et précis de la situation, Harry le savait. Tout de même, entendre tout ce qu'il avait fait durant la dernière heure le rendait fier de ce qu'il avait accompli, mais par-dessus tout, il s'estimait chanceux. Ces Mangemorts avait agi par pur ennui visiblement, et Harry pouvait même aller jusqu'à suggérer qu'ils étaient légèrement ivres. Il devrait vérifier sa théorie avec Severus plus tard, mais la manière irrationnelle qu'ils avaient eu d'agir pointait dans cette direction. Ils s'étaient simplement trop amusés à la Coupe du Monde et avait décidé de finir leur nuit de la manière la plus spectaculaire possible. Et s'ils n'avaient pas été en partie bourrés, aucunes de leurs actions n'était logique. Ils avaient attaqué un site de camping rempli de personnel du Ministère. Et Harry savait que, au-delà de son entraînement, une des raisons pour laquelle il n'était pas plus blessé que ça, était que les Mangemorts avaient été bien trop surpris de se faire attaquer par un garçon de 14 ans et étaient trop désorientés pour répliquer correctement.
« C'est un sort plutôt solide. » ajouta Sirius, en se parlant surtout à lui-même, rappelant Harry au moment présent.
« En vérité, oui. » répliqua sèchement Oldman, en regardant à peine Sirius. « Le sort les a efficacement déconcentrés et les sorts qui maintenaient les Robinsons dans les airs se sont arrêtés. M. Longdubat a grandement aidé à ce qu'ils atterrissent sains et saufs et qu'ils se mettent en sécurité le plus rapidement possible. Pendant ce temps, le Professeur Snape retenait les Mangemorts accompagné de M. Potter… » L'homme poursuivit avec sa narration de la bataille, expliquant tout ce qu'il s'était passé de la manière la plus efficace possible. « Comme vous pouvez le comprendre, le reste du combat, que ne nous connaissons que grâce aux souvenirs des Robinsons, ne nous est pas vraiment accessible puisqu'ils ont été mis en lieu sûr. Nous pensions que c'était tout, mais en continuant d'examiner leurs souvenirs, nous avons récupéré une information intéressante. M. Potter semble avoir empêché un Mangemort de lancer le Sortilège de la Mort sur eux. » déclara Oldman, en haussant un sourcil, de surprise ou d'appréciation, il ne pouvais pas le dire. Tout de même, c'était agréable de savoir que l'homme était capable de ressentir une émotion.
« Il a quoi ? » aboya James, pâlissant un peu plus à chaque seconde.
« Votre fils a probablement sauvé la vie des ces Moldus, M. Potter. » répéta le Langue-De-Plomb.
« Probablement ? Je dirais plutôt assurément ! » marmonna Neville dans sa barbe inexistante, amenant un petit sourire sur les lèvres d'Harry. Les visages choqués autour de lui ne surprenaient pas Harry, qui s'attendait à de telles réactions, tout comme au sourire fier sur le visage de Severus. Neville, la deuxième exception au groupe de sorciers et sorcières interdits, lui donna un léger coup de poing dans l'épaule, celle qui n'était pas blessée.
« Je pense que j'en ai fini ici. » reprit Oldman. « Nous pensions juste que, étant donné que M. Harry Potter est mineur et que vous êtes ses parents, » continua-t-il en inclinant légèrement la tête vers James et Lily, « vous deviez être mis au courant. Les souvenirs que nous avons récupéré vont devenir une propriété publique à la fin de cette enquête et pourront être visionnés dans les Archives du Ministère, si vous le souhaitez. Même si M. Potter et M. Black les verront probablement durant l'enquête de toute façon. » Et avec une autre inclination de la tête, vaguement orientée vers Harry, il se tourna et partit. Basil le suivit après avoir fixé Severus, Harry et Neville pour une dernière fois, marmonnant un 'bonne nuit' rapide au groupe toujours en état de choc et en criant par-dessus son épaule qu'il parlerait à M. Weasley au Ministère.
« Il semble que le fait que je me batte a fait une différence. » lança Harry, se rappelant ce que James essayait de dire avant que Basil ne les interrompe.
« Et pas qu'un peu ! » s'exclama Neville, en levant la main pour que son meilleur ami puisse taper dedans. Ce n'était pas dur pour le dit meilleur ami de se rendre compte que Neville essayait simplement de lui remonter le moral, pouvant toujours voir sa colère qui bouillait sous ses airs calmes.
« Toi aussi, t'étais pas mal là bas ! » lui rappela Harry, qui n'allait pas laisser Neville retomber à l'arrière plan.
« Je me débrouillais, je suppose. » accepta Neville, en haussant les épaules.
« Vous étiez tous les deux très bien, là bas. » les interrompit Severus, en regardant les deux garçons avec un gentil sourire. « Par contre, je préférerais que vous n'aviez pas à vous battre du tout. » Cette dernière partie semblait surtout avoir été prononcée pour lui. Harry lui donna un gentil coup de coude dans les côtes, pour lui rappeler subtilement qu'il était encore là et en un seul morceau. Le maître de Potions sourit mais l'inquiétude ne quitta pas son regard. Le jeune sorcier savait que, même si Severus avait accepté le fait qu'il allait jouer un grand rôle dans la guerre à venir et – avec un peu de chance – ce qui suivrait, il aurait préféré que son fils n'ait pas à faire face à tous ces dangers qui se profilaient devant son chemin. Son Père avait un côté protecteur immense, pensa tendrement Harry.
« Néanmoins Harry, ça ne change pas le fait que tu t'es mis en danger… » persista James, sa fierté pour les actions de son fils combattant son inquiétude et sa volonté de gagner la dispute.
« Qu'est-ce que j'étais censé faire ? » contra Harry d'une voix qu'il essayait de garder calme. « Toi, Sirius, Remus et M. Weasley, étiez partis vous battre. Avant de partir, tu as crié à maman de prendre Adrian et de s'enfuir. C'est exactement ce qu'elle a fait. » L'adolescent pouvait voir que James repensait à ce qu'il avait dit et réalisait que son cadet lui disait la vérité. « Mme. Weasley était partie avec ses enfants et Hermione, si on excepte Charlie et Bill qui sont restés pour se battre et ça nous laissait, Nev, Sev et moi pour faire quoi exactement ? »
« Harry, je… » commença James, ne sachant pas vraiment quoi dire.
« Non, Cornedrue. » le coupa Harry, résigné. « Je comprends. Ne me dis juste pas que je n'aurais pas du aider, surtout lorsque je savais que je pouvais aider. Et je l'ai fait. » Neville avait presque envie de l'applaudir mais choisit de ne pas le faire. Il partagea simplement un regard qui en disait long avec Severus et eut un petit sourire en coin. Il décida de garder les scores en tête. C'était 'Team Famille' vs 'Tout le reste, en particulier les Potter et le Seigneur des Ténèbres' – il devait vraiment trouver un meilleur nom pour l'opposition – et Harry venait de marquer un point royalement.
« Écoute Harry, ton père voulait simplement dire que tu ne pouvais pas simplement foncer dans le tas et espérer ne pas finir blessé. Tu n'as pas de réelle expérience en matière de duel. » intervint Lily, essayant d'effacer sa culpabilité. 'Prends Adrian et courez !' avait été exactement ce qu'elle avait fait.
« Tu as raison. » admit Harry en passant sa main sur ses yeux. « Mais ça ne veux pas dire que je ne peux pas me défendre ou essayer d'aider ceux moins capables de se protéger. Tu ne peux pas me dire ça. » Le silence qui suivit sa déclaration fut lourd. Seuls les bruits autour d'eux apaisaient légèrement le poids oppressant qui semblait s'être écrasé sur chacune de leurs têtes. Deux à zéro, comptabilisa Neville, avant de briser le silence en demandant s'il pouvait joindre sa grand-mère avant qu'elle n'apprenne elle-même à propos de l'attaque. M. Weasley lui proposa son aide et Harry lui envoya un regard reconnaissant lorsque l'adolescent passa à côté de lui. Il pouvait toujours compter sur Neville pour couvrir ses arrières.
Les deux jours suivants passèrent comme dans un brouillard. Des réunions avaient été organisées, à Poudlard ainsi qu'au Ministère. Ça n'avait rien donné. Visiblement, les Mangemorts avaient espéré un peu d'amusement – si quiconque pouvait décrire ce qu'ils avaient fait ainsi – et avaient sauté sur l'occasion pour 'profiter'. Depuis la Coupe du Monde, l'atmosphère dans le Manoir Potter avait été tendue. Sirius et Remus n'étaient pas passés une seule fois depuis le matin suivant l'attaque. James et Lily ne pouvaient même pas regarder Harry dans les yeux alors qu'Adrian avait l'air trop choqué – impressionné, confus – pour simplement lui adresser la parole. Ça avait été un soulagement immense lorsque Dumbledore avait appelé les Potter à Poudlard. Le Directeur avait proposé, pour la première fois, d'intégrer Harry à la conversation, mais le garçon avait poliment décliné. Ce n'était plus où il devait être désormais, et il n'arrivait même pas à en avoir envie. Au lieu de ça, il avait demandé à passer la nuit à Silbreith. James avait été réticent alors que Dumbledore avait insisté que c'était peut-être pour le mieux. Harry ne s'était même pas arrêté pour se demander pourquoi le Directeur avait abandonné si facilement.
Et ainsi, il se retrouva enfin à la maison, après deux jours à se sentir enfermé en cage dans la maison de ses ancêtres. Severus, acceptant les désirs et besoins d'Harry de se retrouver un peu seul avec ses pensées, l'avait laissé travailler sur son projet en Astronomie, sachant pertinemment que l'adolescent serait incapable de se concentrer. Et donc, Harry avait grimpé les escaliers de la plus haute tour de Silbreith, essayant de son mieux d'ordonner ses pensées.
Pour commencer, il était inquiet de la manière dont sa famille encaissait le tout. James semblait de moins en moins vouloir le laisser passer du temps à Silbreith, persistant encore dans ses tentatives futiles de créer un lien avec son cadet. Et, après les évènements de la Coupe du Monde, il avait semblé encore plus déterminé à garder Harry au Manoir Potter et loin de Severus, même s'il n'avait pas encore verbalisé ses intentions.
Lily avait également essayé d'apprendre à connaître son fils, lui posant des questions auxquelles il n'avait vraiment pas envie de répondre, questions dont elle aurait du déjà connaître les réponses. Elle avait eu l'air d'essayer d'être subtile avec son approche, mais chaque question coupait un peu plus profond à chaque fois, jusqu'à ce qu'Harry ne ressente le besoin de s'enfuir. Il ne devrait pas avoir à répondre à ses questions. C'était sa vie et sa mère aurait dû être là, à ses côtés, si elle avait voulu être digne de ce qu'elle désirait savoir. Au fil des ans, le fossé qui était apparu lorsqu'il était enfant s'était transformé en véritable gouffre, s'élargissant et s'approfondissant avec chaque question laissée sans réponse, chaque moment de sa vie que sa famille n'avait pas vu. Harry ne savait désormais plus quoi dire pour arranger les choses. Il ne savait même pas s'il avait réellement envie d'essayer.
Néanmoins, les faits étaient les faits. Gouffre ou pas gouffre, ses parents avaient encore le pouvoir de dicter ses actions jusqu'à ses 17 ans. S'ils voulaient le tenir loin de Silbreith, ils pouvaient facilement le faire et Harry aurait été obligé de les écouter, son sang le liant avec son père et la maison de ses ancêtres. James pouvait le punir, lui donner l'ordre strict de ne pas quitter le Manoir pour Silbreith et son propre sang le forcerait à obéir. C'était un rituel sanguin très ancien, mais puissant, qui avait été intégré dans les lois du monde sorcier depuis le moment où elles avaient été rédigées. Harry se tapa la tête sur le mur derrière lui. Comment son sang pouvait-il dicter sa vie ainsi ? Il se sentait emprisonné.
Existait-il un moyen de se sortir de ce pétrin ? Il savait que, même si la magie avait reconnu Severus comme étant son père, il était toujours un Potter face à la loi. Et un Potter mineur avec ça. Dans trois ans le pouvoir du rituel sanguin serait nul et inefficace, au moment où il deviendrait un adulte. Mais avec la guerre qui les menaçait, trois ans était bien trop long à attendre.
Il entendit des pas dans les escaliers et soupira, en attendant que son Père annonce sa présence. Il avait voulu lui parler de ses pensées, mais il aurait préféré les ordonner avant. Mais il n'avait pas vraiment l'air de réussir, donc il pouvait peut-être faire confiance à son Père pour l'aider à tout trier.
« Tu as trouvé une réponse à ce qui t'embête ? » demandé Severus, en s'asseyant à côté de son fils sur le sol et en lui tendant une tasse de chocolat chaud. Harry sourit en acceptant la boisson offerte. Severus avait essayé de paraître confiant et insouciant mais les poches noires qu'il avait sous les yeux révélaient les pensées troublantes qu'il dissimulait à son fils pour ne pas le tourmenter encore plus.
« Non. » admit Harry. « Mais j'ai au moins réussi à isoler le problème le plus important pour le moment. C'est déjà quelque chose j'imagine.
« Et quel serait ce problème ? »
« C'est que, si Cornedrue désire le faire, il peut m'ordonner de rester loin de Silbreith pendant les vacances. » expliqua Harry en soupirant. « C'est son droit en tant que patriarche de la lignée Potter et cela restera son droit tant que je serais mineur. C'est un petit miracle qu'il n'ait pas encore décidé de le faire. J'étais persuadé qu'il allait m'empêcher de venir ici aujourd'hui, mais Dumbledore avait l'air de vouloir lui parler à lui et ma mère en privé. Mais même ! Son aversion pour toi a grandie de manière exponentielle – parce que comment oses-tu lui voler son fils ! – et son inconfort de me voir passer du temps avec toi a suivi la même route. »
« Je vois. » déclara Severus. Il avait eu le même genre de pensées durant ces deux derniers jours. Entre son inquiétude pour son le bien-être d'Harry et comment il pourrait être menacé dans la guerre qui se préparait et son désir de simplement enfermer son fils dans Silbreith et ne jamais le laisser en sortir, il lui était venu à l'esprit que James avait le pouvoir de faire exactement cela. Ordonner à Harry de rester loin de Silbreith jusqu'à sa majorité. Severus n'avait aucun lien de sang avec le garçon et, si la tête de la lignée Potter en décidait ainsi, il pouvait même lui interdire de le voir en dehors de l'école, à n'importe quel moment.
« Je ne sais pas quoi faire. » admit Harry, avant de se corriger. « Enfin, je pourrais avoir une solution mais c'est assez… radical. »
« Radical ? » répéta Severus, son attention immédiatement attirée par la dite solution.
« Oui. » répondit Harry. « C'est quelque chose que m'a dit Nagnok, lorsque je lui ai donné les plans de mon nouvel Éclair de Feu le jour de mon anniversaire. Il m'a dit que, maintenant que mes parents étaient totalement au courant de mes transactions financières, ils avaient le pouvoir d'intervenir. Les gobelins ont l'air de détester cette pensée autant que moi. J'ai travaillé dur pour cet argent et la simple pensée que quelqu'un d'autre que moi puisse décider quoi faire avec mon argent ne me plaît pas du tout. Même si je sais que ma famille n'y songerait probablement jamais, c'est juste pour le principe. »
« Je comprends. » le rassura Severus, comprenant tout ce qu'Harry ne disait pas. Il savait pertinemment que ce n'était pas à propos de l'argent, pas du tout. C'était à propos d'Harry, qui avait accompli quelque chose de lui-même, loin de l'influence de sa famille. Découvrir que même cette partie de sa vie pouvait être affectée par les Potter l'avait blessé plus que ce qu'il ne voulait l'admettre.
« Il m'a dit qu'il y avait un moyen d'être certain que je serais le seul maître de mes comptes et il m'a même proposé de faire les arrangements nécessaires. Je lui ai répondu que j'y penserais, mais, avec tout ce qu'il s'est passé depuis, c'était simplement sorti de mon esprit. Par contre, hier, pendant que j'essayais d'éviter ma mère qui avait soudainement l'air désireuse de savoir tout ce dont elle se fichait durant ces 14 dernières années et Cornedrue qui s'était souvenu d'un seul coup qu'Adrian avait un jumeau… » Severus sentit l'amertume dans la voix de son fils mais, étant donné qu'il avait parfaitement le droit d'être amer, il laissa couler. « Je me suis souvenu de ce qu'avait dit Nagnok. Donc je lui ai envoyé une lettre pour lui demander en quoi consistait ce qu'il m'avait suggéré de faire. » L'adolescent sortit une lettre de sa poche et la tendit à Severus. « Il m'a répondu ce matin. » Le professeur de Potions fronça les sourcils en ouvrant la lettre et commença à lire. Ses yeux s'écarquillaient de plus en plus à chaque ligne. C'était une lettre courte et qui allait droit au but, mais Harry avait raison. C'était radical.
« Un rituel d'Émancipation ? » vérifia le maître de Potions. « Tu es sûr Harry ? »
« Je ne trouve pas d'autre moyen pour me sortir de cette situation ! » s'écria le garçon, en posant la tête sur ses genoux. « Nagnok m'a dit que ce rituel était principalement utilisé pour les sorciers de 16 ans qui ont besoin de saisir leurs biens et propriétés en cas de décès dans la famille, mais qu'est-ce que je peux faire d'autre ? Être un adulte au niveau légal résoudrait tous les problèmes que ma famille pourrait causer dans le futur et ma fortune est, Merlin merci, assez imposante pour le justifier. »
« Donc, tu me dis que tu veux réellement faire ça ? Utiliser ta richesse comme diversion pour en réalité te libérer de toute obligation face à la tête de ta famille ? » résuma Severus. Harry semblait avoir beaucoup réfléchi à la question.
« Honnêtement ? Oui. » avoua le garçon, le yeux verts brillants de détermination. « C'est la sortie parfaite, si tu y penses vraiment. Je veux dire, techniquement, c'est une décision motivée par l'argent. Donc, tout ce que la loi demande c'est que la tête de la famille du mineur donne la permission à ce dernier de posséder son propre coffre et que le mineur prouve qu'il possède les moyens financier de non seulement survivre mais aussi de justifier le rituel dans un premier temps. Malgré le fait que je sois plus jeune que la plupart des sorciers qui ont jamais complété le rituel, je suis un candidat idéal. » Le regard de Severus oscilla entre la lettre dans sa main et son fils quelques secondes avant qu'il ne se mette à rire.
« Utiliser ta fortune pour atteindre ton but sans menacer personne et sans vraiment dépenser une Noise. Très Serpentard de ta part, Harry ! » Le garçon se figea et regarda son Père, choqué pendant un petit moment avant de rire avec lui.
« Tu m'as bien élevé. Je te l'ai déjà dit auparavant. » affirma le garçon. Severus eut un petit rictus et ébouriffa les cheveux de son fils, sans faire grand cas de ses protestations.
« Je dois avouer que tu as plutôt bien tourné. » répliqua immédiatement Severus. « Donc, quand vas-tu vraiment le faire ? »
« Dans trois jours, lorsqu'on ira sur le Chemin de Traverse pour les achats scolaires. Le rituel en lui-même ne nécessite rien de plus que deux témoins – un sorcier ou une sorcière et un gobelin – ma signature, quelques gouttes de sang et le sceau officiel de Gringotts. »
« Et James ne pourra pas le contester ? T'empêcher d'aller jusqu'au bout avec ça ? » Harry secoua la tête négativement.
« Le seul moyen de le faire serait d'avoir protesté sur le fait que je possède mon propre coffre ou qu'il ne me permette plus de trouver un travail. Mais j'ai déjà le coffre, accompagné de sa permission écrite pour que je poursuive une carrière. C'est hors de son contrôle maintenant. »
« Tu as réellement pensé à ça. » nota Severus.
« C'est vrai. » lui confia Harry. « Et j'ai invité Nagnok au Manoir Potter demain pour parler à mes parents. Les laisser interférer avec mes finances semble le répugner, et, en plus, nous sommes en train de devenir les clients favoris de Gringotts. Il insistera en particulier sur le besoin de m'avoir aux commande de mes finances et je fais parfaitement confiance à la logique gobeline pour m'aider à convaincre mes parents qu'il s'agissait de la meilleure manière d'agir. Je vais, bien évidemment, oublier de mentionner qu'ils seront ensuite incapables de dicter ma vie comme ils pouvaient le faire si j'étais mineur et, au point où j'en suis, je n'hésiterais pas à utiliser la carte de la culpabilité. Je ne veux vraiment pas qu'ils interfèrent, Papa. Ils ont perdu ce droit, je crois. » Harry avait chuchoté cette dernière partie mais Severus les pris pour ce qu'ils étaient réellement. Les derniers lambeaux d'un espoir d'enfant, qui espérait pouvoir gagner l'acceptation de sa famille, venaient de disparaître.
« Je t'aiderai Harry, si c'est vraiment ce que tu veux. » lui promit Severus, en passant son bras sur les épaules de son fils et en l'approchant de lui.
« Tu es ma famille Papa. Toi, et désormais Nev et c'est là où se trouve réellement ma place. » Severus ferma les yeux et hocha la tête, combattant ses larmes en se rapprochant encore plus de lui et en l'enveloppant dans une étreinte digne de ce nom.
« Je sais, fiston, je sais. »
Voilà, l'histoire avance de plus en plus, Harry commence vraiment à se détacher de sa famille aussi...
Dites moi ce que vous en avez pensé !
A la prochaine !
