Chapitre 49

Pas le Destin, mais ce qu'on fait.


Bien le bonsoir à tous ! Je ne vais vraiment pas m'éterniser aujourd'hui, je tenais juste à rapidement vous remercier pour vos reviews comme d'habitude, c'est ce qui me motive à prendre du temps pour traduire (et merci aussi à ma bêta qui est toujours remarquablement rapide pour me corriger !) ! D'ailleurs, voilà la nouveau chapitre :

Enjoy !


Disclaimer : Je sais, je manque d'originalité. Je suis trop fatiguée pour y réfléchir.


« Tu es ma famille Papa. Toi, et désormais Nev et c'est là où se trouve réellement ma place. » Severus ferma les yeux et hocha la tête, combattant ses larmes en se rapprochant encore plus de lui et en l'enveloppant dans une étreinte digne de ce nom.

« Je sais, fiston, je sais. »

Le lendemain matin, le soleil s'était levé sur une matinée aussi fraîche que la veille au soir et tous les signes indiquaient qu'une averse était imminente. Harry espérait de tout son cœur que la météo n'était pas un mauvais présage pour les évènements à venir. Il avait reçu une lettre de Nagnok pendant son petit-déjeuner qui l'informait que le Gobelin arriverait ce soir même pour aborder le sujet du rituel d'Émancipation auprès des Potter. Cela voulait dire qu'Harry devrait retourner au Manoir Potter pour la soirée – et probablement rester là-bas jusqu'au rituel.

« Tu es certain que tu ne veux pas que je t'accompagne ? » vérifia finalement Severus après avoir essayé de réprimer ses instincts protecteurs pen

dant une heure, depuis qu'Harry avait reçu la lettre de Nagnok. Harry secoua négativement la tête.

« Ce n'est pas que je ne veux pas que tu viennes, Papa. Tu sais que si j'avais mon mot à dire dans l'histoire, tu serais là du début à la fin. » Le maître de Potions hocha la tête, sachant déjà ce qu'Harry allait rajouter. « Mais Cornedrue sera bien moins enclin à coopérer si tu es là. Ça va déjà être assez serré comme ça. »

« Je sais Harry. » lui répondit Severus, en faisant tourner le thé dans sa tasse, l'air pensif. « Je ne peux juste pas m'empêcher de vouloir être là pour toi. C'est presque contre nature de te laisser faire ça seul, même si je sais parfaitement que tu en es capable. » En repérant l'étincelle d'amusement dans les yeux de son fils, causée par sa déclaration hâtive, il s'empressa de s'exclamer : « Je sais que ce que je dis n'est pas sensé, d'accord ? »

« Tu es simplement inquiet. On va appeler ça l'apanage des pères ok ? » Severus soupira mais ne put empêcher un léger sourire de se former sur ses lèvres. C'était son rôle de se faire du souci pour son fils, après tout. Il adorerait voir quelqu'un essayer de contester ça ! Ils ne retrouveraient jamais les morceaux du malheureux bâtard après ça, peu importe combien ils essayaient.

« Promets-moi simplement que tu m'écriras au moment où Nagnok partira. » ne put se retenir Severus. « Même quelque chose de court comme 'Tout s'est bien passé' ou 'Viens me sortir d'ici', d'accord ? »

« Ok, ok, c'est promis. » céda Harry, en souriant face aux idioties de son Père.

« J'ai l'exacte impression que tu te fiches de moi, » déclara Severus en levant le nez d'un air faussement supérieur « mais je vais laisser passer en raison des évènements actuels, jeune homme ! » Harry était toujours en train de rire lorsque Minnie apparu, en tenant une lettre dans les mains. Apparemment, Neville avait deviné qu'il serait à Silbreith et lui avait écrit.

« Nagnok a oublié quelque chose ? » demanda Severus, en regardant Harry par-dessus sa Gazette des Sorciers. L'attaque de la Coupe du Monde était encore la seule chose qui apparaissait sur les journaux – enfin, si on exceptait le Chicaneur, ils avaient publié une toute nouvelle théorie sur les origines des Nargoles – et, même si l'enquête n'était pas encore terminée, il y avait des rumeurs sur Harry et lui se battant contre les Mangemorts. Apparemment, certains élèves de Poudlard avaient même remarqué et reconnu Neville, donc, ce dernier était mentionné au passage, étant donné que ces rumeurs étaient devenues des articles.

« Non, ça vient de Nev en fait. » Et bien, en parlant du loup ! pensa Severus en posant totalement son journal. Augusta Longdubat avait forcément lu les articles elle-même. Peut-être que c'était pour ça que Neville écrivait ? Il espérait qu'elle n'avait pas trop causé de problèmes à Neville : le garçon était pratiquement de la famille pour Harry et, il devait bien l'avouer, il avait également réussi à se faufiler dans le petit groupe de personnes que le maître de Potions considérait aussi comme sa famille. Ce groupe de personne qui regroupait auparavant seulement Harry, Alfie et Minnie – ces deux elfes l'avaient presque adopté lui et son fils, il s'était résigné à ce fait depuis des années – venait de s'agrandir, et cela voulait dire qu'il se retrouvait avec un garçon qu'il commençait à classifier comme étant son neveu honoraire, ce qui lui causait un certain choc.

« Alors, qu'est-ce qu'il dit ? » questionna Severus. « J'espère que sa grand-mère ne lui cause pas de soucis. »

« C'est plutôt le contraire. » répondit Harry, un petit rictus apparaissant sur son visage.

« Comment ça ? »

« Apparemment, elle était tellement heureuse que Neville ait commencé à, et je cite, 'suivre les traces de son père' qu'elle avait doublée son argent de poche. » Puis l'adolescent eut un petit rire, bruyant, et une étincelle de malice apparut dans ses yeux.

« Quoi ? » demanda le maître de Potions, souriant également par extension, même s'il n'avait aucune idée de ce qu'Harry venait de lire.

« Visiblement, je ne suis pas le seul Gryffondor qui agit comme un Serpentard ces derniers temps ! » s'exclama au lieu de s'expliquer.

« Heureux de voir que j'influence la nouvelle génération. » répliqua le professeur de Potions, ce qui lever les yeux d'Harry au ciel.

« Mais bien sûr que oui. »

« Et comment mon influence a-t-elle encore fait rejoindre un Gryffondor du côté Obscur de la Force ? » demanda Severus, avec une fausse supériorité dans la voix.

« Ça va tes chevilles ? » marmonna Harry, son moral remontant quand même grâce aux théâtralités de son père. « Donc, comme je le disais, Neville a décidé d'aborder le sujet de sa baguette avec elle. » lui expliqua enfin l'adolescent.

« Qu'est-ce qu'il a dit exactement ? » questionna-t-il, intéressé.

« Il a peut-être ou peut-être pas mentionné que tu as exprimé ton opinion sur la baguette de son père, et qu'elle ne lui permettait pas d'atteindre tout son potentiel. » Severus eut un petit rire.

« Ce n'est même pas un mensonge tu sais. » avoua le maître de Potions après quelque secondes. « J'ai vraiment dit ça, il y a un an et demi. »

« Exactement. » confirma Harry en souriant. « Nev m'a dit qu'il lui avait expliqué que, même si son père était un Auror, et donc, qu'il ne remettait pas en question la qualité de sa baguette, sa mère était également une Auror. Il lui a expliqué que, étant une combinaison des deux, il devrait probablement avoir une baguette qui représentait ça. »

« Neville a passé beaucoup trop de temps avec toi. » intervint Severus, et l'amusement était clairement perceptible dans sa voix.

« Pour finir, il lui a dit que, s'il devait un jour se battre à nouveau contre des Mangemorts, il aurait besoin d'une baguette qui lui permettrait de se défendre parfaitement. » Harry rit encore une fois en lisant le dernier paragraphe de la lettre. « Apparemment, sa grand-mère était si fière qu'il décide de continuer de se battre avec des Mangemorts qu'elle lui a non seulement donné assez d'argent pour une nouvelle baguette, mais lui a aussi autorisé à l'acheter seul, le jour où on se retrouvera pour les achats scolaires au Chemin de Traverse. Parce que, comme il l'a dit, s'il est assez vieux pour se battre avec des Mangemorts, il l'est aussi pour s'acheter une baguette tout seul. » Le rire d'Harry avait presque doublé à ce moment. « Peut-être qu'il passe vraiment trop de temps avec moi. » concéda-t-il.

« Oh bien, tant mieux pour Neville. Rappelle-moi de lui donner 5 points pour quelque chose de pas très important au début du trimestre. » Harry hocha la tête, toujours le sourire aux lèvres. Si Neville avait pu persuader sa grand-mère si facilement, peut-être qu'il y avait aussi de l'espoir pour lui.

Trois heures plus tard, Harry dit au revoir à Severus et prit la Poudre de Cheminette pour le Manoir Potter. Il avait demandé à ses parents d'être là, les informant par une lettre qu'il s'agissait de quelque chose d'important. Même s'il leur avait demandé de l'attendre, il ne put s'empêcher d'être un peu surpris lorsque, en sortant de la cheminée, il trouva ses deux parents qui l'attendaient. 'Il y a une première à tout, j'imagine.' Pensa Harry, tandis que sa mère se levait pour le saluer.

« Bonjour Harry ! » s'exclama Lily, en entourant son plus jeune fils de ses bras. « Tu nous as manqué ! » C'est plus vous qui avez manqué ma vie entière, commenta intérieurement Harry, en résistant à la tentation de lever les yeux au ciel. Ils avaient à peine été présents durant toute sa vie mais maintenant qu'ils s'étaient rendus compte qu'ils l'avaient peut-être repoussé ? Maintenant il leur manquait tout à coup.

« Ta mère a raison, tu sais. » continua James. « Tu devrais être à la maison pendant les vacances. » Harry sentit la moutarde lui monter au nez. Il ne voulait vraiment pas les agresser. Surtout pas aujourd'hui. Alors il ravala sa colère.

« En général je suis à la maison pendant les vacances. » Ok, se corrigea Harry, il ravala partiellement sa colère. Mais il ne pouvait pas s'empêcher cette petite remarque. Silbreith c'était sa maison.

« On ne t'a juste pas beaucoup vu cet été. » enchaîna Lily, en regardant son mari pour bien lui faire comprendre qu'il devrait la laisser gérer cette discussion. Cet été ? pensa Harry. Cet été ?

« En fait, je crois qu'on s'est plus vu cet été que l'année dernière. » fit remarquer Harry avec un grand sourire totalement faux au lieu de rire comme il aurait aimé le faire. Lily sembla être prise de court par cette remarque et pendant un instant, la culpabilité apparut sur son visage avant qu'elle ne la remplace par son sourire de bienvenue. Harry sourit encore une fois et partit s'assoir sur le canapé, attendant que ses parents en fassent de même. Il vit Lily lancer un autre regard à James, et assistait visiblement à la mise en place d'une conversation muette. Cornedrue hocha la tête et Harry retint avec peine un soupir. Visiblement, ses parents avaient décidé de joindre leurs efforts pour mieux essayer de le connaître. Néanmoins, il se rappela le petit flash de culpabilité sur le visage de sa mère. Il pourrait toujours utiliser ça, s'il devait en arriver à ce point. Il détesterait le faire, mais, plus il parlait avec ses parents, plus il se rendait compte qu'ils avaient la ferme intention de faire activement partie de sa vie à partie de maintenant.

« Et bien, on peut faire encore plus que ça ! » proposa James pendant que Lily s'asseyait à côté de lui, dans le canapé qui faisait face à celui où Harry s'était assis. « Qu'est-ce que tu dirais de faire un peu de Quidditch cet après-midi, juste toi et moi ? » Si ça t'aide à accepter de me laisser faire le rituel d'Émancipation, pensa l'adolescent, en pesant ses options, alors pas de soucis.

« Pourquoi pas ? » répondit l'adolescent en haussant les épaules. James sembla satisfait de lui et réellement heureux que son fils ait accepté tandis que le sourire de Lily atteignit enfin ses yeux. Tout ce que cela provoqua chez Harry fut une simple phrase : Trop peu, trop tard. « Où est Adrian au fait ? »

« Il est chez les Weasley. » lui confia Lily.

« On pensait qu'on pourrait passer un peu de temps seuls avec toi. » précisa James, faisant grimacer Harry intérieurement. C'était en train de devenir de plus en plus perturbant à chaque seconde. Il espérait que Nagnok ne tarderait pas trop à arriver. « Donc, de quoi voulais-tu nous parler ? C'est à propos de l'école ? » Heureusement, James avait éloigné la conversation lui-même de sujets inconfortables.

« Non, ce n'est pas à propos de l'école. » les contredit Harry, ce qui donna lieu à un échange de regards confus de ses parents.

« Peu importe ce que c'est, tu peux nous le dire. » essaya de le rassurer Lily. Le garçon hocha la tête.

« Cette discussion est à propos de ça. » Il jeta un coup d'œil à l'horloge de son grand-père près de la cheminée. Nagnok serait là dans 5 petites minutes. Il avait juste assez de temps pour préparer ses parents à ce qu'ils s'apprêtaient à entendre. « Ce n'est pas à propos de l'école. La raison pour laquelle je voulais vous parler est plutôt de nature financière. » La confusion ne fit que s'intensifier.

« Est-ce que tu nous demandes d'augmenter ton argent de poche ? » demanda James, en regardant son fils avec précaution, « parce que je suis sûr qu'on pourrait s'arranger… » Harry eut un rire bref à la réaction de James.

« Cornedrue, premièrement, tu ne me donnes pas d'argent de poche. Plus depuis mes neuf ans. » James jeta un regard interdit vers Lily, qui lui confirma d'un signe de tête, les yeux fixés sur le sol.

« Mais Adrian… »

« Adrian a de l'argent de poche, » confirma Harry, il avait déjà remarqué la bourse que son frère emmenait avec lui à l'école pour pouvoir durer jusqu'à la fin des différents trimestres, « parce qu'il en a besoin. Je n'en ai pas eu besoin depuis au moins un an. » Le choc bascula à nouveau vers lui. « Je suis riche vous savez. » précisa Harry.

« Et bien, notre famille est aisée mais… » commença James tandis que Lily eut un léger hoquet en comprenant ce que voulait dire son fils. Ni elle, ni James ne s'étaient jamais réellement posé la question de ce qu'être le créateur de l'Éclair de Feu impliquait.

« Je voulais dire que je suis indépendamment riche, Cornedrue. » poursuivit Harry, en souriant lorsque la confusion dans les yeux de James fut remplacée par une prise de conscience choquée. « Je suis le créateur de l'Éclair de Feu. La paye que j'ai reçue pour mon tout premier design seule m'aurait suffi à couvrir mes dépenses jusqu'à ma majorité. Puis il y a aussi le fait que j'ai gagné un pourcentage non négligeable de chaque Éclair de Feu vendu. Je suis aussi le co-créateur des Sphères de Mémoire. Et Nagnok prend bien soin à ce que mes revenus soient correctement investis, je peux te l'assurer. » Sa tirade laissa ses parents sans voix. « Et c'est de ça que je voulais vous parler aujourd'hui. »

« Ta fortune ? » demanda Lily, la voix un peu plus haut perchée que d'habitude.

« D'une certaine manière. » confirma Harry en hochant la tête. « Nagnok devrait arriver d'une minute à l'autre pour m'aider à vos expliquer. Promettez-moi simplement que vous l'écouterez avant de sauter à des conclusions hâtives. C'est quelque chose qui m'aiderait. Qui m'aiderait beaucoup. »

« Donc, ce n'est rien de mauvais ? » demanda James, en s'éclaircissant la gorge.

« Non, pas encore. » répondit Harry, mystérieux. « Mais c'est un souci qui pourrait arriver par derrière et me jouer un mauvais tour si on ne s'en occupe pas maintenant. »

« Des soucis d'investissements ? » questionna Lily. « Tu perds de l'argent ? »

« Non, non, c'est plutôt le contraire. » répondit docilement Harry, essayant de souligner l'aspect financier de sa future requête. « Et, aussi surprenant que ça puisse paraître, c'est ça le problème. » Les flammes de la cheminée tournèrent au vert et Nagnok en sortit, pile à l'heure, pensa Harry. Son conseiller financier était une fois de plus habillé de manière raffinée, avec ses lunettes rondes perchées sur son nez crochu. Harry se leva pour le saluer, échangeant les civilités habituelles.

« M. Potter, vos manières sont impeccables, comme toujours. » le remercia le Gobelin pendant qu'Harry le guidait vers un fauteuil entre les deux canapés que lui et ses parents occupaient, en face de la cheminée.

« Nagnok-nür, mes manières ne reflètent que ce que mes invités m'inspirent. » répliqua Harry, sachant parfaitement bien que les Gobelins appréciaient le respect, et surtout venant d'un sorcier.

« Comme je le disais, impeccables. » insista le Gobelin, les yeux brillants de malice accompagné d'un grand sourire satisfait de dents pointues.

« Permettez-moi de vous présenter mes parents. » continua Harry, en pointant les deux autres Potter de la pièce.

« Mme. Potter, M. Potter. » les salua Nagnok, et on pouvait sentir une sorte de petite révérence dans sa voix.

« M. Nagnok. » répondit James, complètement désarçonné. Le Gobelin en question renifla imperceptiblement devant le terme 'Monsieur' – un terme que sa race jugeait ne devoir être employée seulement pout les sorciers – au lieu du terme Gobelin plus approprié. Ne désirant pas commenter sur ce sujet, il s'assit dans le fauteuil, et ne perdit pas de temps à tourner autour du pot.

« Je suppose que vous savez pourquoi je suis là, du moins en partie. »

« Je leur ai donné l'idée principale, » intervint Harry, « mais je ne voulais pas commencer à discuter des détails spécifiques sans que vous soyez là, Nagnok-nür. Je dois admettre que ça dépasse un peu mon domaine d'expertise. »

« Une action prudente, M. Potter. » le félicita le Gobelin, très clairement satisfait.

« Pourriez vous nous expliquez, si possible, Monsieur ? » demanda Lily, en remuant un peu. Elle n'appréciait pas de ne pas savoir ce qu'il se passait autour d'elle, surtout si cela affectait sa famille, d'une manière ou d'une autre. Et d'avoir réalisé qu'elle ne savait rien de la vie de son plus jeune fils l'avait assommée comme une tonne de briques. Elle préférait largement qu'il ne se passe plus de choses importantes dont elle ne soit pas au courant.

« Pas du tout, madame. » la rassura Nagnok. « C'est pour ça que je suis ici. » Il s'adossa au fauteuil et regarda les deux Potter avec attention. « Vous savez bien que je suis le conseiller financier de votre cadet. » commença le Gobelin.

« Oui, c'est le cas. » répondit James.

« Je vais essayer de rester simple. La fortune de votre fils est importante, surtout pour un sorcier de son âge. » Harry essaya tant bien que mal de contenir les rougeurs qu'il sentait lui monter au joues. Ça ne ferait pas bon genre s'il se mettait à rougir devant un Gobelin, encore moins son conseiller financier ! « Et elle ne fait qu'augmenter avec le temps. Et cela attire bien sûr quelques problèmes. »

« Quels problèmes, M. Nagnok ? » demanda James, ses yeux allant et venant de Harry au Gobelin.

« Pour rester le plus simple possible, encore une fois, votre fils est mineur. Cela veut dire qu'il ne contrôle pas encore totalement ses possessions. Ce privilège vous reviens à vous, ses gardiens appointés jusqu'à ce qu'il ne devienne majeur. Cependant, puisque l'argent est au nom de votre fils, même vous n'avez pas la totale maîtrise de la fortune du jeune M. Potter. »

« Que voulez vous dire exactement ? » questionna Lily, ne comprenant plus vers où la conversation se dirigeait.

« Ce que Nagnok essaye de dire, maman, c'est que tant que je suis mineur avec un compte à mon nom, tout l'argent sur ce compte n'est, en grande partie, pas protégé. » expliqua-t-il.

« Pas protégé ? » répéta James, en regardant son fils, perdu. « Comment ça ? Ton argent est à Gringotts après tout ! »

« C'est peut-être vrai, M. Potter, mais sa présence physique à Gringotts seule ne garantie absolument pas sa sécurité. » continua Nagnok. « Voir quelqu'un accumuler une telle somme à cet âge là n'est vraiment pas commun. Cela m'attriste de dire que ni Gringotts, ni le Ministère ne permette de protéger convenablement une telle fortune. » Il regarda les deux visages perdus en face de lui et soupira. « Regardez le problème sous cet angle. Votre fils a une quantité de pouvoir précise sur ses biens, d'accord ? Il peut y accéder, en retirer dans une certaine mesure et déposer mais il ne peut rien investir si vous l'en empêchez. Il pourrait entièrement perdre le contrôle de son compte après un seul mot de votre part, M. Potter, et vous pouvez accéder à son compte et retirer autant d'argent que vous désirez. »

« Je ne ferais jamais ça ! » s'écria James, insulté.

« Je sais Cornedrue. » le rassura Harry. « Nagnok vous explique simplement ce qu'il pourrait se passer avec mon compte tant que les choses sont laissées telles quelles. Et ce n'est pas tout. »

« Comme vient de le dire votre fils, M. Potter, » poursuivit Nagnok sans s'excuser auprès d'un James encore fulminant, « il y a plus derrière ce problème, que ce que vous venez d'entendre. Il pourrait y avoir d'autres personnes qui pourraient en vouloir à la fortune de votre plus jeune fils. »

« Snape ! » cracha James, en regardant Harry, ses yeux reflétant sa colère. « Je savais qu'on ne pouvait pas faire confiance à Snivellus… »

« Sev n'est pas le problème ! » l'interrompit Harry, d'une voix glaciale en regardant Cornedrue d'un regard contrarié. Il n'arrivait pas à croire à quelle vitesse James était prêt à accuser son Père de tout ce qui n'allait pas dans sa vie. « Je t'ai demandé d'écouter avant de sauter aux conclusions hâtives. » Cornedrue avait l'air désireux d'ajouter quelque chose mais le regard de son fils trahissait à quel point il n'avait pas envie de l'entendre. Et d'un seul coup, James Potter réalisa enfin qu'il dépassait probablement les bornes.

« Comme vient de le dire le jeune M. Potter, » reprit Nagnok en jetant un regard dédaigneux au plus vieux Potter, « M. Snape n'est pas le problème. J'ai d'abord consulté M. Snape avec ce problème lorsque le contrat pour les Sphères de Mémoire a été signé et il a immédiatement accepté de signer qu'il renonçait à toutes les réclamations qu'il pourrait avoir sur la fortune de votre fils. Je peux me procurer sa renonciation, signée, à n'importe quel moment, si vous désirez la voir. M. Snape nous a bien fait comprendre, verbalement ainsi que légalement, qu'il n'a absolument aucune intention de toucher à une Noise des possessions de votre fils. » Après ça, James décida de se taire, la colère le quitta peu à peu.

« Continuez s'il vous plaît. » intervint Lily, ses yeux de nouveau tournés vers le tapis. De son côté, Harry se fit une note mentale d'arranger un bonus supplémentaire pour son conseiller financier plus tard. Le Gobelin méritait définitivement chaque Gallions qu'il lui avait donné.

« Comme je le disais, il y a plus derrière ce problème que vous ne comprenez. Votre fils a un contrat avec Nimbus & Co. Il y a de nombreuses personnes dans cette compagnie qui n'hésiterait pas à se servir dans le compte de votre fils. Et, tant que sa fortune reste liée à la votre, il n'en reste pas moins qu'elle demeure vulnérable face à n'importe quel homme de main qui désirerait en voler un bon morceau. »

« Ce que veux dire Nagnok, » reprit Harry, « c'est que, même s'il s'agit de ma richesse, de l'argent pour lequel j'ai travaillé dur, je n'ai aucun réel contrôle dessus. Je peux investir tant que tu me le permets. Je ne peux retirer que le minimum possible. Et chaque contrat que je signe possède des clauses qui me défavorisent étant donné que, peu importe la quantité de travail que j'investis, ces contrats restent signés entre une compagnie et un mineur. Vous saviez que mon contrat originel avec Nimbus possédait une clause spécifique qui ne me donnait pas le droit de donner mon avis sur les lieux de distribution du balai que j'ai crée, puisque ce serait vu comme un investissement indirect ? Sans cette clause, si tu devais décider de m'interdire d'investir mon argent, tu aurais ta voix au chapitre sur les endroits où les Éclairs de Feu seraient vendus. La compagnie ne voulait pas que ça arrive, sous aucun prétexte, et donc je ne peux pas décider où les produits que j'ai crée vont être vendus. Même maintenant, je ne peux pas vérifier leurs livres de comptes. Ils pourraient être en train de me doubler et me voler des sous, pour autant que je sache. Je peux perdre de l'argent tout en en gagnant, si vous comprenez ce que je veux dire. » Cette partie était en réalité véridique, réalisa Harry en regardant ses parents. Il n'y avait juste jamais vraiment fait attention, surtout vu comme son coffre se remplissait déjà de Gallions. De plus, il était très improbable que Nagnok laisse quelque chose d'aussi gros se produire. Cependant, ses parents n'avaient pas besoin de savoir ça. Le rictus du Gobelin montrait clairement qu'il était d'accord avec le raisonnement du garçon.

« On ne savait pas, Harry. » avoua James, en partageant un regard avec Lily.

« Est-ce qu'on peut faire quelque chose ? » demanda Lily, en regardant Nagnok avec espoir. « Nous pourrions renoncer à notre portée sur la fortune d'Harry, si ça peut aider. » proposa-t-elle. Et c'est parti, pensa Harry, tout en se préparant mentalement à l'explosion à venir.

« Renoncer à votre accès au compte d'Harry n'aidera pas. » précisa Nagnok. « Non, ça laisserait même son compte dépourvu de toute supervision adulte. » ajouta le Gobelin, en amenant la conversation vers le but recherché.

« Alors que peut-on faire ? » demanda James, perdu.

« Il y a un moyen de résoudre ce problème une bonne fois pour toute. » suggéra Nagnok. « Tous les problèmes qu'Harry rencontre en ce moment seront résolus au moment où il aura ses 17 ans, c'est-à-dire, dès qu'il deviendra un adulte. »

« Donc vous êtes en train de nous dire qu'on ne peut pas protéger la fortune d'Harry avant qu'il n'ait 17 ans ? » protesta Lily. « Nous pouvons aider de notre mieux ! » Même si Harry appréciait l'intention, il savait bien que sa mère changerait probablement d'avis dès que Nagnok leur ferait sa proposition.

« Pas exactement. » intervint l'adolescent. « Le seul moyen de protéger mes biens d'interventions malhonnêtes serait de geler mon compte jusqu'à mes 17 ans. Tous mes revenus à partir d'aujourd'hui iraient directement sur le compte familial et je serais incapable d'y toucher ou de toucher à ce que j'ai déjà gagné et placé dans mon coffre personnel. J'aimerais plutôt éviter de devoir en arriver là. »

« Alors que peut-on faire ? » s'énerva un peu James. « Si la loi interdit un mineur de prendre le contrôle de sa fortune, que pouvez-vous nous proposer ? » demanda-t-il en regardant Nagnok. « Changer la loi ? »

« Non. » répondit le Gobelin. « La loi a été écrite et liée par la magie. Il faudrait retirer les protections, le Ministère devrait s'impliquer dans le fonctionnement interne de Gringotts – chose que nous évitons depuis plusieurs siècles – et la procédure en elle-même prendrait en plus quelques années. En conclusion, non, la loi ne peut pas être changée. »

« Alors ? » le pressa James.

« Nous ne pouvons pas changer la loi qui demande à M. Potter d'être un adulte pour avoir le contrôle total sur ses finances. Donc, nous allons devoir changer M. Potter pour qu'il remplisse les conditions de la loi. »

« Que suggérez-vous Gobelin ? » demanda James d'un ton menaçant, les yeux rétrécis. Nagnok demeura impassible.

« Un Rituel d'Émancipation va être nécessaire, je pense. » Le silence lourd qui s'abattit après cette déclaration ne dura pas plus de 2 secondes.

« Un quoi ? » s'époumona James, en bondissant de son canapé, en envoyant un regard noir au Gobelin, toujours imperturbable. « Redites-moi ça pour voir ! »

« Mon fils a 14 ans ! » s'écria Lily à son tour, la voix colérique. « Vous ne pouvez pas lui demander ça ! Surtout si c'est pour que vous puissiez continuer à gérer son compte ! » Cette partie attira particulièrement l'attention d'Harry. L'adolescent avait bien imaginé que ses parents ne seraient pas partants pour le laisser pratiquer le rituel – quels parents autorisaient leur enfant de 14 ans à devenir un adulte, en particulier lorsqu'on essayait de se rapprocher de lui – mais qu'ils suggèrent que ses actions soient dictées par quelqu'un d'autre ? Que ses réflexions n'étaient pas les siennes ? Ça, il ne le supporterait pas !

« C'est ridicule ! » ajouta James, en gesticulant dans tous les sens, les yeux fixés sur le Gobelin en face de lui. « Qui vous a demandé de faire ça ? »

« C'est moi ! » le coupa Harry. Il n'avait pas crié mais sa voix était ferme et décisive. Ses parents ne s'y étaient pas du tout attendus et ce fut suffisant pour les interrompre une minute.

« Quoi ? » balbutia Lily perplexe, les yeux désormais fixés sur son cadet. James se tourna pour faire face à Harry aussi, les yeux noisette faisant clairement apparaître son choc.

« Harry ! » s'exclama-t-il, en s'approchant de son fils avec incertitude. « Tu as perdu la tête ? Tu n'as que 14 ans ! Si quelqu'un te force à faire ça… »

« Non, Cornedrue. » l'interrompit simplement Harry, en se levant et regardant fermement James dans les yeux. « Je sais que vous n'avez pas vraiment été dans le coin ces dernières années, donc je ne m'attends pas à ce que vous compreniez ce que tout ça représente pour moi. Ce compte, ce n'est pas juste de l'argent. C'est ce à quoi j'ai travaillé pendant ces trois dernières années de ma vie. » Et c'était plus, tellement plus. C'était sa chance de ne plus jamais avoir peur qu'on le tienne éloigné de sa vraie famille. C'était sa seule chance de pouvoir décider seul de ses actions dans la guerre qui s'approchait. C'était la liberté, le plus qu'il pouvait espérer obtenir en ce moment en tout cas. Et il n'abandonnerait pas.

« Harry… » bégaya Lily, la voix tremblante après la déclaration de son fils.

« S'il vous plaît, écoutez-moi. » la coupa Harry, en prenant une profonde inspiration, prenant sur lui pour ne pas commencer à crier. La colère ne le mènerait nulle part, justifiée ou non. « Avez-vous une idée de la difficulté que cela représente, de créer un balai de course ? Quoi, vous pensez qu'on fabrique un balai, qu'on jette quelques sorts et, presto c'est fini ? Ça m'a pris une année entière pour faire marcher mon prototype. Douze essais ratés. Des heures interminables de recherches pour que chaque sort marche comme il le fallait ! J'ai dû refaire tout le système de freinage. J'ai créé une nouvelle variation du sort pour qu'il marche correctement ! J'ai tellement bossé sur l'aspect arithmancique du design que je vais pouvoir passer des BUSES plus tôt sur ce sujet. Ça ne veut peut-être pas dire grand-chose pour vous, mais j'ai travaillé très dur pour ça. »

« Harry, on n'insinuait pas que… » commença James mais Harry ne le laissa pas l'interrompre.

« Je ne vous ai demandé qu'une seule autre chose de toute ma vie et c'était la permission de travailler ! Tout ce que je voulais faire c'était quelque chose dans lequel j'étais doué. Je voulais que mon travail puisse être reconnu. Au début, tout ce que je pouvais faire c'était espérer et croire en mon design, croire qu'il était suffisamment bon. Et j'y ai cru, et j'ai eu raison. Et mon travail a été reconnu ! » Harry voulait en dire plus. Il voulait leur dire que Severus l'avait énormément aidé, leur rappeler qu'ils n'avaient jamais été là, qu'ils n'étaient même pas au courant qu'il avait créé l'Éclair de Feu jusqu'à ce qu'ils l'apprennent par les journaux en même temps que le reste du pays. Leur dire aussi qu'ils ne savaient rien de lui. Mais ce n'était pas le moment. Il avait besoin de leur approbation pour une dernière chose. Et après il serait libre.

« Harry, c'est trop. » déclara James, la voix néanmoins beaucoup moins certaine que quelques minutes auparavant. « Tu n'as que 14 ans ! Est-ce que tu as la moindre idée de ce que ça veut dire d'être un adulte ? » Harry ferma les yeux et respira le plus calmement possible. Il savait ce qu'être un adulte représentait depuis ses 11 ans. Depuis le jour où il avait décidé de prendre une vie pour sauver son jumeau. Et, depuis ce jour, la vie avait laissé des séquelles permanentes sur son âme.

« L'Émancipation veut dire que je serais légalement un adulte. J'ai un travail. Je peux me prendre en charge si besoin est. » les rassura Harry, en choisissant ses mots avec prudence. « Mais je ne fais ça que pour mettre en sécurité ce pour quoi j'ai trimé. J'aurais toujours 14 ans. J'irais encore à l'école. Je serais exactement la même personne, vous ne voyez pas ? Je n'aurai simplement plus peur que tout mon travail puisse m'être enlevé lorsque j'ai le dos tourné. Rien d'autre n'a besoin de changer ! » Il pouvait voir que ses parents réfléchissaient à ses paroles. D'une certaine façon, ce qu'il venait de leur dire était la vérité. Tout serait identique mais pas vraiment. Il serait toujours le même Harry. Il n'aurait juste plus à craindre d'être séparé de sa propre vie à cause d'un caprice.

« Tu es vraiment certain que c'est ce que tu veux ? » C'était tellement proche, si proche qu'il pouvait le sentir sur le bout de sa langue ! Les mots de James confirmaient ça. Peut-être qu'il était temps de faire appel à la culpabilité. Le dernier clou dans le cercueil.

« Écoutez, j'aurais très bien pu le faire sans vous en parler. Je n'ai besoin que d'une permission écrite du chef de famille qui certifie que j'ai l'autorisation de travailler, avec une preuve que ce que je gagne suffit à ma survie, un coffre à moi, un témoin et quelques gouttes de sang. J'ai tout ça, tout ce dont j'ai besoin. J'aurais vraiment pu le faire sans vous en parler. » répéta Harry, en regardant leurs yeux s'écarquiller. Le fait qu'il avait eu un peu peur que James ne retire sa permission était encore quelque chose qu'ils n'avaient pas besoin de savoir.

« Est-ce que ça t'importe vraiment autant ? » demanda Lily, les larmes lui montant aux yeux.

« Est-ce que ça ne serait pas important pour toi, si tu étais à ma place ? » plaisanta Harry, avec une expression douce sur le visage. Intérieurement, il priait de toutes ses forces qu'ils acceptent.

« Dans ce cas… » souffla Lily avant de jeter un regard à James qui soupira mais hocha la tête de défaite. Il pouvait bien voir que, s'il ne se mettait pas d'accord avec Harry là-dessus, s'il ne lui autorisait pas la seule chose qu'il lui demandait, Harry le ferait de toute façon. Il trouverait un moyen.

« Ok, d'accord. » marmonna James. Le sourire qui s'étala sur le visage d'Harry était, cette fois, parfaitement réel. Ils avaient dit oui. Ils avaient dit oui ! Plus que deux jours avant qu'il ne soit indépendant. Il courut se jeter dans les bras de ses parents, leur fit un câlin joyeux et se demanda pendant un instant ce qu'aurait été sa vie si ses parents lui avaient porté plus d'attention. Puis le rire de son Père sonna dans ses oreilles, et son esprit le ramena au jour où Severus lui avait annoncé qu'il s'était débarrassé de sa Marque des Ténèbres. Et il réalisa, une fois de plus, qu'il ne changerait sa vie pour rien au monde. Il était Harry James Potter de Silbreith, Fils de Severus Snape et Frère de Neville Longdubat. Et, enfin, il était proche de devenir sa propre personne.

Le reste de la journée passa comme dans du brouillard. Nagnok les informa de moment où ils devraient exactement arriver à Gringotts dans deux jours et partit. Cependant, pas avant d'avoir déclaré à Harry en Gobbelbabil que, si jamais il ne savait pas quoi faire après Poudlard, il pourrait toujours travailler en tant qu'agent à Gringotts. Apparemment il avait le don de conclure des contrats, du moins c'est ce qu'avait dit le Gobelin. Harry avait rit et répondu que, au moins, sa vie resterait intéressante.

Il trouva quelques minutes après le déjeuner pour envoyer une petite lettre à Severus, lui racontant ce qu'il s'était passé et une autre à Neville, qui était légèrement plus longue, pour lui demander de le retrouver au Chemin de Traverse dans deux jours. Adrian revint au Manoir tôt dans l'après-midi. Harry décida de lui dire lui-même à propos de son rituel. Son frère l'avait fixé pendant un moment avant de le féliciter. Cette fois-ci, Harry réalisa que le sourire de son frère était forcé. La mauvaise humeur de son jumeau continua toute la journée – même pendant l'entraînement de Quidditch qu'Harry avait promis à James – et même le lendemain, et s'aggrava encore le matin où Harry était prêt à faire ce rituel.

Il était 7 heures du matin et Harry, pour la première fois de sa vie, avait réfléchi à ce qu'il allait porter. Il n'avait jamais ressenti le besoin de porter quoi que ce soit de formel auparavant, mais ce jour n'arriverait qu'une seule fois. Donc il sourit et regarda son reflet dans le miroir. Un pantalon gris charbon et un gilet de la même couleur, accompagné d'une cape correspondante. Un T-shirt blanc cassé et une cravate vert émeraude, surmontée d'une épingle d'argent en forme de tête de loup. Des boutons de manchettes argent et émeraude et pour finir, la montre de poche que lui avait offert Neville pour son anniversaire. C'était bon.

« Bonjour tout le monde ! » salua-t-il joyeusement en descendant les escaliers jusqu'au salon. Ses parents étaient là, ainsi qu'Adrian, et Sirius et Remus étaient assis à côté de la cheminée tandis que Dumbledore était debout près d'eux. Leurs regards confus lorsqu'ils remarquèrent son choix vestimentaire furent évidents. Harry s'en fichait comme de sa première chaussette et s'approcha d'eux en quelques pas rapides. Il était presque l'heure d'y aller.

« Bonjour, Harry. » lui répondit Dumbledore, en hochant la tête, une expression non identifiable sur le visage. Pour une fois, Harry s'en fichait totalement. Il voulait simplement finir tout ça le plus vite possible. « Tu es prêt ? »

« Oui professeur. Je pense bien que oui. » confirma l'adolescent, avec un grand sourire, en regardant le feu allumé dans la cheminée.

« Je n'arrive pas à croire que tu fasses vraiment ça, » déclara Sirius en se rapprochant de son filleul, « mais je comprends pourquoi tu en as envie. Je suis fier de toi, gamin. » Le sourire d'Harry s'élargit un peu plus, si c'était possible. « Apparemment, tu es assez riche pour que les Gobelins veulent impérativement assurer qu'ils ne te perdront pas comme client. » Harry se mit à rire.

« Et bien, il semblerait qu'ils n'apprécient pas vraiment l'idée, c'est vrai. » admit l'adolescent. Il donnerait à Nagnok un énorme bonus pour cela, il se le promit une fois de plus. Ses parents vérifièrent que tout le nécessaire et tout le monde était bien là avant de s'avancer dans la cheminée un par un. Harry était prêt à les suivre lorsqu'il sentit une main se poser sur son épaule. Il tourna la tête pour vérifier, même s'il se doutait de l'identité de la personne. Il s'était demandé quand Dumbledore choisirait son moment pour venir lui parler de ce qu'il s'apprêtait à faire.

« J'aimerais discuter avec Harry un petit moment, si ça ne vous dérange pas. » demanda-t-il à Remus et Sirius, les deux derniers membres du groupe encore présents au Manoir. Les deux sorciers hochèrent la tête et Harry soupira. On le mettait légèrement en retard.

« Professeur. »

« Harry. » lui répondit Albus. « Je dois t'avouer, quand tes parents m'ont annoncé que tu prévoyais de pratiquer un Rituel d'Émancipation, j'étais plus que surpris. Est-ce que tu as réellement bien réfléchi à ça ? » Harry soupira encore et eut un petit sourire triste. Est-ce que tout le monde pensait qu'il faisait ça à l'aveugle ? Et pourquoi devrait-il donner une explication au Directeur, d'entre tous ? La seule chose que Dumbledore avait fait, dont il lui était vraiment reconnaissant, était de s'assurer que Severus serait celui qui s'occuperait de lui lorsqu'il était enfant. Mais même ça, il l'avait fait par pure chance et depuis ce temps, Albus ne s'était pas tellement préoccupé de Severus et d'Harry.

« Oui, j'en suis certain. »

« Ce n'est pas réellement pour l'argent, n'est-ce pas ? » demanda le Directeur, et on avait l'impression que ses yeux essayaient de creuser des trous dans le crâne d'Harry. Le sorcier aux yeux vert prit un petit moment pur s'assurer que ses boucliers d'Occlumencie étaient bien en place et que son esprit n'était pas attaqué avant de répondre. Il n'en avait honnêtement pas envie, mais il savait que Dumbledore ne laisserait jamais tomber le sujet sinon.

« Bien sûr que non. » répondit-il en regardant une fois de plus la cheminée. « L'argent vient juste avec. C'est juste que… » Il se retourna vers Dumbledore, choisissant de lui donner au moins une partie de la vérité. « Pour être honnête, ils pourraient faire fondre toutes les pièces dans mon coffre s'ils voulaient. Mais j'ai travaillé dur pour l'Éclair de Feu. J'ai tout autant travaillé sur les Sphères de Mémoire. Je ne veux pas que quiconque puisse s'approprier mon travail. Je l'ai fait. Et je suis fier de ce que j'ai accompli. J'espère que je n'ai pas l'air arrogant mais… »

« Non Harry, tu ne l'es pas. » le rassura Dumbledore en soupirant. « Tu es un jeune homme très brillant. Peut-être que tu ne l'as pas assez entendu dans ta vie. Peut-être que tu aurais dû. »

« Je n'en ai pas vraiment besoin. » avoua Harry, un triste sourire sur les lèvres. Il n'avait pas besoin de l'entendre. Plus maintenant. Les personnes qui lui importaient le plus savaient qui il était. C'était suffisant pour lui. Puis il rit en se rappelant une conversation similaire qu'il avait eut avec Remus et Sirius quelques mois auparavant. « Vous savez professeur, Sirius a dit quelque chose dans ce genre lorsque je suis allé le voir, lui et Remus, dans leur bureau. »

« Sirius peut être quelqu'un de très sensible, quand il veut. » plaisanta Albus, faisant sourire Harry par la vérité derrière ses mots.

« Oui, il peut. »

« Harry, avant que nous partions, une dernière chose. » L'adolescent regarda le vieux sorcier curieusement.

« Oui, professeur ? » C'était quoi cette fois ?

« Je veux que tu te rappelles que, peu importe l'apparence des choses, nos familles sont notre plus grand trésor. » Harry sourit doucement, son esprit visualisant brièvement son Père et son Frère. Severus et Neville devaient le rejoindre devant Gringotts aujourd'hui.

« Je sais, professeur. » répondit Harry en regardant droit dans les yeux bleus du Directeur. « Rien n'est plus important que la famille. » Même l'homme le plus stupide du monde aurait pu voir qu'Harry pensait sincèrement chaque mot qu'il venait de prononcer, et ce fut suffisant pour ramener cette petite étincelle joyeuse dans les yeux du vieil homme.

« Après toi alors, Harry. » L'adolescent sourit une fois de plus, avant de jeter une poignée de Poudre de Cheminette dans les flammes et de s'avancer dedans. Et, en un instant, il retrouva Severus et Neville devant Gringotts. Il courut vers eux et les prit dans ses bras, en riant ouvertement.

« Je n'arrive pas à y croire ! Un Rituel d'Émancipation ? C'est de la bombe ! » s'exclama Neville, faisant à nouveau rire son meilleur ami. Adrian renifla et Harry se tourna vers son jumeau, le regard confus. Le plus âgé des jumeaux détourna le regard vers la rue pavée et demeura silencieux. Harry décida de ne pas s'attarder sur la réaction de son frère, surtout pas aujourd'hui. Au lieu de ça, il releva la tête et entra. Nagnok le salua dès qu'il mit les pieds dans Gringotts et leur demanda de le suivre. Ils le firent et passèrent entre une douzaine de portes et de séries d'escaliers avant d'arriver devant une grande porte en acajou. Il s'agissait du bureau du Directeur, Harry le savait.

« Je serais juste là, Harry. » lui murmura Severus lorsque Nagnok demanda à tout le monde, à l'exception d'Harry et de James – qui lui servirait de témoin – d'attendre dans le couloir. Le garçon hocha la tête et fit un immense sourire à son Père, essayant de lui transmettre toute sa gratitude et toutes les émotions qu'il ressentait en un seul regard. L'allégresse, la joie et un peu de peur étaient mélangés dans son regard et, d'une certaine manière, il sut que son Père avait parfaitement compris le message.

La porte se ferma derrière lui et James. Harry s'avança et salua le Directeur, en s'inclinant avec respect et en lui adressant les courtoisies traditionnelles des Gobelins. Le Directeur lui retourna la politesse et fit signe à Nagnok de commencer. Un morceau de parchemin était posé sur le bureau, couvert d'écritures simples et petit par rapport à toutes les promesses qu'il retenait. Harry sourit une fois de plus et suivit à la lettre les instructions que lui donnait Nagnok. Signer ici, une goutte de sang par là – qui disparut au moment où elle entra en contact avec le parchemin, comme prévu – la signature de votre témoin ici, avant de jeter le rituel en lui-même.

Magica, audite placitum meum

Puer non magis

Ambulo mundi

Vir nunc.

Et lorsque des étincelles dorées s'envolèrent autour de lui et que l'encre noire avec laquelle il avait signé le parchemin se teinta de rouge, Harry sut que ça avait marché. C'était fait. Son destin était officiellement le sien désormais, même sur le papier. Le futur devint d'un seul coup beaucoup moins effrayant qu'il ne l'était la veille. Et il était plus prêt que jamais à y faire face.


Voilà, voilà ! Comme d'habitude, faites-moi part de vos impressions dans vos reviews !

A la prochaine ! (D'ailleurs le prochain chapitre sera probablement là dans 2 semaines. Il n'a pas l'air particulièrement long à traduire mais j'ai une semaine assez remplie et j'ai pas encore commencé ^^ ! Mais je ferais de mon mieux, vous aurez peut-être une bonne surprise mais n'y comptez pas trop ;) )