Chapitre 50

Le Goût de la Liberté


Bon, on va commencer directement par les excuses... Je suis vraiment désolée pour ce délai extrêmement long, j'ai pas trop eu la tête à traduire ces derniers temps et les épreuves du bac se sont enchaînées (mais c'est enfin fini !) donc j'ai fini par me faire distancer par le temps, et pas qu'un peu ! Donc après un mois et demi d'attente voici ENFIN le chapitre 50 ! Un chiffre tout beau, tout rond ^^ Ca me fait énormément plaisir d'en être arrivée là avec vous et je tenais à vous remercier, une fois de plus, pour le soutien et les encouragements que vous m'avez apporté, ça me donne le courage de continuer ! D'ailleurs je vais, définitivement, commencer à faire des RAR sérieuses, parce que bon pour l'instant elles étaient plus absentes qu'autre chose ! Comme je l'ai lu sur une fiction récemment, si vous prenez le temps de nous laisser un commentaire, la moindre des choses c'est de prendre le temps de vous répondre !

Je vous préviens tout de suite que le prochain chapitre n'est pas encore entamé, mais les épreuves finissant le mercredi, ça devrait démarrer bientôt ! Avec les vacances qui approchent ça va aussi être compliqué de trouver du temps, mais je ferais marcher tout ça, parce que l'année prochaine je risque sérieusement de manquer de temps !

Sur ce, je vous laisse à votre lecture et

Enjoy !


Et lorsque des étincelles dorées s'envolèrent autour de lui et que l'encre noire avec laquelle il avait signé le parchemin se teinta de rouge, Harry sut que ça avait marché. C'était fait. Son destin était officiellement le sien désormais, même sur le papier. Le futur devint d'un seul coup beaucoup moins effrayant qu'il ne l'était la veille. Et il était plus prêt que jamais à y faire face.

Cela faisait déjà 10 minutes, pensa Severus en faisant les cents pas dans le couloir, devant le bureau du directeur de Gringotts. Il ne lâchait pas la porte des yeux, parfaitement conscient qu'à quelques mètres de lui – et derrière cette maudite porte qui le cachait à ses yeux – son fils se préparait à subir un Rituel d'Émancipation. Il pouvait sentir le regard de Lily dans son dos, et il put clairement voir sa confusion ainsi que la peur sur son visage.

« Severus, calme-toi ! » s'exclama-t-elle après l'avoir vu mitrailler la porte du regard pour la énième fois. « Ce n'est pas comme si le rituel était dangereux ! » Severus soupira et hocha la tête, et s'adossa au mur, à côté de Neville. Le garçon avait la bougeotte, étant donné qu'il comprenait tout aussi bien que Severus la portée de l'évènement qui se déroulait en ce moment. Sirius et Remus les regardaient curieusement pendant qu'Albus souriait légèrement. Le professeur de Potions, qui trouvait que la situation était bien loin d'être amusante, souffla et croisa les bras contre sa poitrine. Combien de temps cela allait-il encore durer ? Ses nerfs n'étaient plus qu'une masse confuse et son corps ne tenait que grâce à la caféine. Le sommeil lui avait fait défaut la veille et avait donc décidé de se renseigner un peu plus sur le rituel d'Émancipation qu'Harry allait réaliser.

Il avait demandé à Nagnok de lui envoyer le rituel dans son intégralité, le jour même où les Potter avaient accordé le droit à Harry de le faire, et il l'avait déjà lu, bien entendu. Ce n'était rien de plus qu'une incantation classique qui demandait à la magie de reconnaître la personne comme un adulte, à partir de ce moment. Severus n'avait rien vu de dangereux là-dedans jusqu'à la nuit dernière, où son anxiété l'avait poussé de sa chambre jusqu'à la bibliothèque. Il s'était rendu compte qu'il était étrange qu'il faille demander à la magie pour obtenir son émancipation, comme si on dépendait de son consentement.

Il s'était révélé qu'on avait réellement besoin du consentement de la magie pour devenir un adulte dans le monde magique. Apparemment, les rituels originaux de la loi qui déclarait qu'un sorcier ou une sorcière devenait adulte à 17 ans étaient les mêmes que ceux qui reconnaissaient la personne comme étant adulte lorsqu'on désirait être émancipé. Et, s'ils trouvaient qu'il manquait quoi que ce soit, l'émancipation était refusée. Donc non, Harry ne pouvait pas être blessé physiquement durant le rituel. Ça ne l'empêchait pas d'être blessé d'une autre manière.

« Qu'est-ce qu'il t'arrive, Snape ? » questionna Sirius, incapable de rester silencieux plus longtemps. Voyant que l'Animagus avait aussi l'air inquiet, Severus choisit de ne pas être désobligeant pour une fois. Enfin, pas trop.

« Les rituels me rendent nerveux. Pourquoi est-ce que tu gigotes ? » Il regarda Sirius avec précaution et s'éloigna de quelques pas. « Des puces ? » proposa-t-il avec un sourcil parfaitement arqué. Neville éclata de rire, et se détendit visiblement un peu. Adrian ricana avant de suivre son exemple, tandis que Lily et même Remus esquissèrent de petits sourires.

« Pourquoi tu… » grinça Sirius coupé par Albus, qui, la moustache légèrement tremblante, s'approcha de lui et posa une main sur son épaule.

« S'il vous plaît, Sirius, Severus. » commença-t-il en regardant les deux hommes avec amusement. « Laissez-nous attendre en paix pendant encore quelques minutes. Ça ne devrait plus trop tarder. » Severus soupira et hocha la tête et Sirius retourna essayer d'espionner par des trous dans la porte.

« Ce n'est même pas si important que ça. » grommela Adrian, les yeux fixés sur le bout de ses chaussures une fois de plus. Neville et Severus se regardèrent furtivement, un peu perdus, tandis que Sirius et Remus en faisaient de même, mais eux comprenaient. Albus se contenta de soupirer et Lily posa sa tête sur l'épaule de son aîné. Le maître de Potions observa la scène du coin de l'œil et essayait de comprendre ce nouveau changement. Adrian avait l'air… Jaloux ? Intérieurement, il leva les yeux au ciel. Il espérait réellement que le plus vieux des jumeaux Potter était simplement de mauvaise humeur et rien de plus. Il ne voulait vraiment pas que plus de tension ne s'ajoute à sa relation avec Harry.

Severus était bien au courant que son fils considérait Neville comme son frère, plus qu'autre chose, mais ça ne voulait pas dire qu'il s'était détaché d'Adrian. En général, Harry se préoccupait trop des autres, se mettant lui-même en danger si cela pouvait empêcher que quelqu'un qu'il aime soit blessé. Son fils avait vraiment tendance à en prendre trop sur ses épaules – il n'avait toujours pas trouvé le moyen pour qu'il se détende tout à fait et il pressentait bien qu'il n'y arriverait pas avant la fin de la guerre approchante – et il n'avait pas besoin de se reprocher en plus la jalousie mal placée de son jumeau. Alors que le maître de Potions était perdu dans ces pensées, la porte du bureau s'ouvrit et Nagnok en sortit, suivi de James et d'un Harry radieux. Ça avait marché, était la seule chose que pouvait penser Severus. Lily accourut pour prendre son fils dans ses bras.

« Ça a marché alors ? » demanda-t-elle, et Harry lui répondit par un hochement de tête.

« Oui, ça a marché ! » annonça l'adolescent, avec un grand sourire, en cherchant des yeux son père et son frère par-dessus l'épaule de Lily. Il ne désirait rien de plus que de courir vers lui et l'appeler Papa devant tout le monde, mais il savait que le moment n'était pas encore venu pour ce genre de révélation. L'ombre de Voldemort planait encore au-dessus de leurs têtes et, pour pouvoir garder son jumeau en sécurité - ainsi que Cornedrue, Lily, Remus et Sirius – il ne pouvait se permettre de creuser un fossé encore plus grand entre eux. Ils finiraient par savoir comment il considérait Severus. Mais pas tout de suite. Et en voyant le sourire de James, pendant que Sirius lui tapotait l'épaule, peut-être qu'il ne voulait simplement pas causer de douleur à son 'ancienne' famille. Ils essayaient de reconnecter avec lui, même s'il savait que ça n'aidait pas. Peut-être qu'il pouvait retarder l'inévitable, juste pour un peu plus longtemps. Néanmoins, ses yeux se fixèrent aux yeux plus sombres de son père, et il ne put s'empêcher de sourire largement une fois de plus. Severus rayonnait de fierté et Harry ne put pas s'en empêcher. Il se détacha de Lily et se dirigea droit vers Severus pour le serrer dans ses bras.

« Je l'ai fait ! » s'exclama-t-il, tandis que Severus rit ouvertement.

« Bien sûr que oui ! » déclara le maître de Potions d'un ton nonchalant. « J'en ai jamais douté ! »

« Est-ce que tu insinues que tu n'as pas passé toute la nuit à lire le rituel ? » le provoqua Harry, en se reculant d'un pas pour regarder son père dans les yeux. L'homme en question haussa un sourcil.

« C'est hors de propos. Tu sais comment je m'inquiète et ça ne veut pas dire que je doute de toi. » Le sourire en coin d'Harry se transforma en grand sourire après cette déclaration. « Et est-ce que tu me ferais suivre par Minnie ? » Harry rit à cette idée.

« Non, je te connais juste trop bien. » Severus sourit et poussa un soupir théâtral.

« Que vais-je pouvoir faire de toi Harry ? » Ils ignoraient totalement le silence dans le couloir – silence si on exceptait les ricanements de Neville – et Harry sourit une fois de plus.

« M'acheter de la glace à Florian Fortârome, bien entendu ! » s'écria le sorcier aux yeux verts, faisant rire Severus qui secoua la tête.

« Incorrigible. » Harry lui fit un sourire coupable, interprétant – à raison – la dernière déclaration de son père comme un 'oui'.

« Donc, de la glace pour vous ? » demanda Harry en ce tournant vers le reste des personnes dans le couloir.

« Vous me permettrez de refuser, M. Potter. » répondit poliment Nagnok, avec un sourire qui laissait paraître ses dents. Harry eut un petit rire et hocha la tête.

« Bien sûr. Merci encore, Nagnok-nür. » le remercia Harry, en inclinant la tête vers son conseiller financier. Le gobelin s'inclina en retour.

« Toujours un plaisir, M. Potter. Je vous recontacterai avant votre départ pour Poudlard. Je crois qu'il est grand temps de renégocier cette clause dans votre contrat avec Nimbus & Co. » Harry hocha la tête et le remercia une fois de plus en Gobbelbabil.

« Nagnok va rapidement mériter un gros bonus. » déclara-t-il en regardant Severus avec un sourire.

« On est d'accord. » affirma le maître de Potions en regardant un peu plus longtemps le tournant derrière lequel le Gobelin avait disparu de leurs vues.

« Et sur cette note, » commença Neville, en se rapprochant pour serrer son frère dans ses bras « Félicitations, Harry ! » Harry sourit – il commençait à avoir mal à la mâchoire à force de sourire autant depuis ce matin, et il s'en fichait royalement – et lui rendit son étreinte.

« Merci Nev ! Et ce n'est pas aujourd'hui qu'on devait récupérer ta nouvelle baguette aussi ? » Harry lui avait proposé – et Neville avait accepté – qu'ils s'arrêtent chez Ollivander, juste au cas où. Ils pouvaient lui demander de regarder brièvement sa baguette pour vérifier si elle était toujours en bon état.

« Maintenant que tu en parles, c'est vrai que c'est aujourd'hui ! » confirma l'adolescent aux yeux marrons, et mettant son bras sur les épaules de son frère et ils se tournèrent vers Lily qui venait de s'éclaircir la gorge pour attirer leur attention.

« Nous devons encore faire notre shopping pour Poudlard en famille. » Elle avait accentué le mot famille, pendant que James, juste derrière elle, hochait la tête, les yeux rétrécis. Harry soupira intérieurement, mais n'allait pas laisser sa bonne humeur se dissiper. Il était libre de tout ce qui le liait auparavant à la volonté de ses parents. Tout ce qu'il ferait à partir de maintenant serait son choix et rien d'autre. Cette seule pensée fut suffisante pour qu'il conserve un vrai sourire, éclatant, sur le visage.

« Bien sûr que oui ! » approuva-t-il, « On ira chercher la baguette de Neville après ça – il a aussi besoin de s'acheter ses affaires pour l'école – comme je lui ai promis. Il était temps. Vous saviez qu'il utilisait la baguette de son père tout ce temps, professeur Dumbledore ? » demanda-t-il et regarda le Directeur cligner des yeux, distrait.

« Non, je n'étais pas au courant. » admis Albus, en regardant Neville pour obtenir sa confirmation.

« Oui c'était bien le cas. » affirma l'adolescent, comprenant rapidement les intentions d'Harry. S'ils avaient autre chose sur lequel se concentrer, ils ne se poseraient pas tant de questions sur ce qu'ils venaient de voir transpirer entre lui, Harry et Severus. Le sorcier aux yeux verts lui envoya un regard désolé et Neville lui sourit pour le rassurer. Il était fier d'avoir porté la baguette de son père durant tout le temps où il l'avait utilisé et, grâce à son frère, il avait réussi à continuer de le voir comme cela, comme quelque chose dont il pouvait être fier. « Ma grand-mère a enfin réalisé que je devrais posséder une baguette qui m'aille vraiment. Severus a même peut-être joué un rôle dans cette décision. » Les yeux du Directeur s'agrandirent légèrement en entendant Neville appeler Severus autrement que professeur Snape, mais ce dernier haussa les épaules, et n'eut aucune réaction en entendant l'utilisation de son prénom, et non par son titre habituel.

« Tout le monde devrait avoir une baguette adaptée, Neville. » se justifia simplement le professeur de Potions. Harry approuva vigoureusement de la tête.

« Bon, et qu'est-ce que vous diriez de sortir d'ici et de faire quelques pas là où le soleil brille vraiment ? » proposa Sirius, en montrant d'un geste de la main l'obscurité du couloir où ils patientaient depuis le début. « Et félicitations Harry. Je n'ai pas encore eu l'occasion de le dire ! » Il eut une autre série de félicitations sincères et – dans le cas d'Adrian – moins sincères, et le groupe sur dirigea vers le hall d'entrée de la banque jusque dans la rue, la conversation tournant principalement autour de l'école.

« Donc, comment est-ce que tu te sens, tu sais, en tant qu'adulte et tout ça ? » demanda gentiment Remus à Harry lorsqu'ils franchirent la porte d'entrée pour sortir dans le Chemin de Traverse, qui était bien plus bondé que lorsqu'ils étaient entrés. Harry sourit.

« Pas si différent. » répondit Harry. « Plus calme par contre. Beaucoup moins de choses préoccupantes. » Il évita d'expliquer ce qu'avaient été ses principales sources d'inquiétude et le loup-garou ne lui avait pas non plus demandé, voyant clairement que son neveu honoraire disait bien la vérité. Harry marchait d'un pas un peu plus léger et c'était suffisant pour un Remus J. Lupin.

« Donc, par quoi on commence ? » demanda James, en regardant le groupe étrange, autour de lui. « La librairie, l'apothicaire… »

« Le glacier. » s'exclamèrent Harry et Severus simultanément et Neville approuva d'un hochement de tête. James était sur le point de protester, mais il fut interrompu.

« Fortârome faisait de la pub pour un nouveau Sundae quand je suis passé à côté tout à l'heure. » déclara Neville.

« Au chocolat ? » demanda très sérieusement Harry.

« Il me semble bien… » affirma Neville.

« Alors ouvre la marche, Nev ! » s'écria le jeune sorcier. « Qu'est-ce que tu attends ? » Il regarda le reste du groupe qu'il l'entourait. « C'est ma tournée ! Est-ce que vous restez, professeur Dumbledore ? »

« J'ai peur que non, mon garçon. J'ai quelques courses à faire au Chemin de Traverse, » il pointa du doigt la contre-allée avec les magasins plus spécialisés qu'Harry commençait à bien connaître, « et je dois regagner Poudlard. » s'excusa le Directeur. « Mais je vous souhaite de passer une bonne après-midi et, une fois de plus, félicitations. » Albus les salua puis, après un dernier regard lourd de sens vers Harry – comme s'il essayait de lui rappeler la conversation qu'ils avaient eu au Manoir Potter le matin-même – partit faire ses achats. Harry avait le sentiment que le Directeur serait très enclin à lui parler plus souvent le trimestre prochain que ces trois dernières années à Poudlard et soupira doucement, acceptant qu'il faille s'y attendre, avec ce que Dumbledore avait découvert sur lui et Severus durant l'été.

Le trajet jusqu'à Florian Fortârome fut court, et relativement plaisant. Adrian était silencieux et James ne parlait qu'avec des phrases très courtes mais était aussi peu bavard. Sirius semblait faire un effort pour être courtois et Severus, remarquant cela, décida d'en faire de même. Leur sortie chez le glacier fut somme toute, assez intéressante. Ils croisèrent les jumelles Patil qui étaient sorties pour leurs achats scolaires avec Lavande. Les trois filles avaient fixé ouvertement Severus et Harry, qui souriaient et riaient ensemble, jusqu'à ce que Neville les informe gentiment de ce fait. Deux paires d'yeux, une noire et l'autre verte, se tournèrent vers la direction qu'avait pointée le Gryffondor avec un sourire en coin, juste à temps pour voir les trois adolescentes de quatorze ans se précipiter dans la direction de Fleury et Bott, avec un léger couinement venant de Lavande.

« C'était… inattendu. » commenta Severus, en regardant à Harry, aussi perdu que lui. Le maître de Potions s'était attendu à ce qu'il soit bien plus difficile de chasser cette image de chauve-souris des cachots. Il s'était apparemment trompé.

« Assez, oui. » confirma Harry, pendant que Sirius ricanant derrière sa glace, en chuchotant quelque chose à propos de 'grands yeux verts' à Remus et tenta en vain de dissimuler son sourire amusé derrière son sundae.

« Je vais beaucoup m'amuser de votre situation cette année. » ajouta Neville, en engloutissant une grosse cuillère de sorbet à la fraise.

« Merci beaucoup Neville. » rétorqua sèchement Harry.

« Vous pensez que ça va arriver souvent ? » demanda Lily, qui regardait toujours l'endroit où les trois filles avaient disparu dans la foule. C'était assez perturbant de voir des filles remarquer son plus jeune fils.

« Et bien, la dernière fois qu'on était ici, » débuta Severus, un rictus diabolique sur les lèvres, « Harry a presque fait se noyer une fille dans sa glace parce que, qu'est-ce que tu as fait déjà ? » Il prétendit ne plus se rappeler, tendis qu'Harry grogna et laissa tomber sa tête sur la table dans une sensation désagréable de déjà-vu. « Oh c'est vrai ! Tu l'as regardé ! » Une série de rires s'enchaînèrent autour de la table. Neville riait bruyamment en regardant son frère rougir et Sirius s'exclama :

« Je l'avais prédit ! » Même James dut rire à ça. Adrian était le seul qui se contentait de sourire, ses yeux ne quittant pas son frère jumeau. L'aîné des Potter avait l'air de se sentir comme trahi et cela fit sonner plusieurs sonnettes d'alarmes dans la tête du professeur de Potions. Ça ne présageait rien de bon. Rien du tout.

Harry décida avec joie de payer les glaces, et ils se levèrent pour partir. Quelques minutes plus tard, ils croisèrent la famille Weasley entière – à l'exception de Bill, Charlie et Percy, pour des raisons évidentes – qui se dirigeaient eux même vers la librairie. Ils se saluèrent tous et Adrian se fraya rapidement un chemin jusqu'à Ron, en lui chuchotant quelque chose au moment où ils étaient hors d'écoute. Harry n'avait même pas besoin de son ouïe développée pour savoir que c'était de lui qu'ils parlaient. Il n'avait jamais eu l'intention de dissimuler son émancipation, c'était vrai, mais que son frère jumeau en parle ainsi dans son dos, lui faisait un peu mal quand même.

Et bien, pensa-t-il tandis que Neville attirait son attention un peu plus tard – qui avait remarqué Adrian parler avec Ron – ça ne faisait pas aussi mal que dans le passé. Il sourit au garçon aux yeux noisette qui lui posa une question quelconque sur son futur cours sur les Études Antiques, détournant son attention du hoquet étouffé de Ron après qu'Adrian ait fini de lui raconter exactement ce qu'il s'était passé ce matin. Le gros groupe avait fini par rencontrer Hermione et ses parents dans la librairie. L'attitude rougissante de la jeune fille lorsqu'elle salua le maître de Potions et Harry équivalait à toutes les expressions perplexes dans le magasin. De nombreuses personnes qu'ils connaissaient de Poudlard étaient ici, et ils ne pouvaient s'empêcher de s'arrêter pour remarquer les changements qui avaient eu lieu, pour ce qu'ils en savaient, durant cet été. Il ne restait plus grand-chose de l'image qu'ils avaient eut de Severus et Harry au dernier trimestre.

Le maigrichon et la silhouette maussade du professeur de Potions strict avaient disparus. À la place d'un adolescent timide et maladroit, se trouvait un jeune homme attirant et plus confiant, assez grand pour son âge et habillé avec goût, qui parlait vivement et riait aux côté de son meilleur ami – qui ne correspondait plus non plus à l'image du Neville timide et renfermé qu'ils connaissaient. Et là où se trouvait auparavant un homme froid, craint et détesté par une majorité de gens, on voyait aujourd'hui une stature grande et imposante d'un homme avec un visage séduisant, un sourire en coin taquin et un corps musclé qui remplaçait son apparence décharnée. Et Severus Snape avait aussi l'air heureux, et charmait présentement Mme Granger, en lui expliquant qu'il était un des professeurs à Poudlard. Non, conclut le chuchotement général parmi les gens qui les connaissaient. Il n'y avait plus rien de commun avec l'image qu'ils avaient de ces sorciers.

« Donc, » déclara Harry, ignorant les regards qui le suivaient, « je vais avoir besoin d'un manuel d'Arithmancie Avancé et de quelques livres sur l'introduction à la magie ancienne et les protections antiques, en plus de tout le reste. Je vais monter à l'étage. Sev, tu as toujours besoin de ce tome dont tu m'as parlé ? »

« Celui sur les théories récentes sur le sang de dragon ? » vérifia Severus. « Oui, il devrait être dans… »

« L'allée quatre, deuxième étage. » marmonna Harry en regardant sa liste une fois de plus. « Je te le prends. » Severus hocha la tête avec un grand sourire – en choquant efficacement quelques deuxièmes années qui passaient à côté de lui – et reprit sa conversation avec les Granger. Apparemment, il avait mentionné qu'Hermione était une des meilleures élèves de leur année et avait fait virer la jeune fille à un rouge brique. Neville suivit Harry au deuxième étage pour qu'il puisse trouver son propre livre sur les Runes Antiques. Chanceux comme il était – après avoir croisé presque la moitié de leur année en une matinée, il aurait du s'y attendre – une fois arrivé au deuxième étage, bien plus silencieux, les yeux d'Harry tombèrent sur la silhouette de Draco Malfoy. L'adolescent blond était là pour acheter son manuel d'Arithmancie et n'avait même pas remarqué Neville et Harry monter les escaliers. Harry prit avantage de la situation et tira Neville par la manche pour qu'ils s'éloignent de Draco, décidant de prendre son manuel d'Arithmancie en dernier.

Cela faisait plusieurs jours qu'il n'avait pas réfléchi au comportement étrange de Draco Malfoy lors de l'attaque des Mangemorts à la coupe du Monde de Quidditch. Avec son rituel d'émancipation en tête, il avait repoussé cet incident à l'arrière de ses pensées. Mais, revoir le garçon en question, ramena tout à la surface.

« Ne me dis pas que tu évites Malfoy, d'entre tous ! » chuchota Neville en suivant son frère de l'autre côté de la pièce, jusqu'à arriver derrière un rayon de livres sur la Zoomagie.

« Si, mais pas pour les raisons que tu pourrais imaginer. » marmonna Harry et lui expliqua brièvement ce qu'il avait vu lorsqu'il s'était élancé à la poursuite du Mangemort qui avait attaqué les Robinsons.

« Tu es sérieux ? » s'exclama l'adolescent, en jetant un coup d'œil juste à temps pour apercevoir Draco redescendre au premier étage.

« Mortellement sérieux. Je ne sais simplement pas quoi en penser. » expliqua Harry, en se dirigeant vers le bon rayon cette fois.

« Qu'est-ce que Severus en a à dire ? » demanda Neville, l'air encore un peu choqué par la nouvelle. Ce n'était pas un secret que Draco l'avait malmené, surtout durant sa première année à Poudlard. Aider un groupe de Moldus contre les Mangemorts ne semblait pas du tout correspondre à quelqu'un qui avait été éduqué pour les traiter comme des êtres inférieurs.

« Crois-le ou non, je ne lui en ai pas encore parlé. » soupira Harry, en cherchant le livre que son père lui avait demandé. « Avec tout ce que j'avais en tête, j'ai repoussé toutes les pensées que j'avais de cette nuit. »

« Compréhensible. » murmura Neville, en récupérant deux manuels de quatrième année sur les Runes Antiques.

« Je suis perdu en fait. » déclara Harry, en secouant la tête. « Je veux dire, la nuit entière était irréelle et Draco en train de défendre des Moldus n'a fait qu'en rajouter.

« Je comprends bien. » le rassura Neville, tandis qu'Harry récupérait son manuel d'Arithmancie Avancée avant de récupérer un livre de plus sur les graphiques arithmologiques, qu'il avait repéré depuis un moment déjà. Les deux adolescents redescendirent, plongés dans leurs pensées. Leur bonne humeur finit par revenir lorsqu'ils ressortirent sur le Chemin de Traverse et, mettant en avant leur soi-disant besoin de récupérer la nouvelle baguette de Neville comme excuse, ils s'éloignèrent du reste du groupe pour aller chez Ollivander, accompagnés par Severus, qui avait promis de les ramener au Chaudron Baveur où le groupe entier se retrouverait pour le dîner lorsqu'ils auraient fini. James avait demandé s'il pouvait les accompagner mais Neville lui avait gentiment rappelé qu'ils allaient récupérer sa nouvelle baguette, et non acheter des bouquins, et qu'il préférait avoir un public réduit. James du céder face à cet argument et, ainsi, le trio familial se retrouva à marcher dans le sens opposé au reste du groupe.

« Il était temps. » soupira Severus avec un sourire, lorsqu'ils arrivèrent chez Ollivander. « Je suis presque convaincu que James était prêt à me lancer un maléfice à n'importe quelle occasion. »

« C'est possible. » confirma Harry. « Mais bon, il y avait bien trop de témoins pour une tentative de meurtre. »

« Exact. » rit Severus. « Et maintenant, si vous deux pourriez être assez aimables pour m'expliquer ce qui vous a rendu si pensifs depuis qu'on a quitté Fleury et Bott, j'en serais ravi. » Le professeur de Potions souriait encore même si sa voix trahissait une part d'inquiétude. Il n'avait rien remarqué d'étrange à la librairie. Rien d'autre que l'humeur changée de Neville et Harry, bien entendu.

« Tu as remarqué ça ? » demanda Harry avec un léger sourire, se demandant pourquoi il prenait la peine d'être aussi surpris.

« Je serais un père terrible si je n'avais pas remarqué mon fils auparavant ravi, devenir sombre et sceptique, visiblement, sans aucune raison apparente. » se défendit Severus, en baissant la voix pour que personne ne puisse les entendre. Harry eut un léger sourire avant de partager un regard avec Neville.

« Et si je te disais que ça avait un rapport avec Drago Malfoy ? » Cela sembla surprendre le maître de Potions qui regarda Neville et son fils d'un œil critique. L'adolescent aux yeux marron hocha la tête pour confirmer et Severus retourna son regard vers son fils.

« Tu as toute mon attention. » Et Harry commença à lui expliquer ce qu'il s'était passé à voix basse, depuis le moment où il avait vu Draco Malfoy dans la clairière jusqu'à son incapacité à en déduire quoi que ce soit, les rares fois où il y avait vraiment pensé. Leur conversation fut interrompue quelques minutes pendant qu'ils entrèrent dans la boutique d'Ollivander et demandèrent au fabricant de vérifier que tout allait bien avec leurs baguettes. C'était bien le cas, mais Harry n'était pas surpris. Severus lui avait demandé de lui répéter l'histoire entière sur le chemin jusqu'au Chaudron Baveur, son esprit passant en revue toutes les explications plausibles. Au final, ils ne purent pas en reparler les trois jours suivants.

Après avoir quitté le Chemin de Travers, Severus devait s'occuper de finaliser les détails avant que la potion Tue-loup ne devienne disponible sur le marché et la paperasse seule lui prit un jour et demi. Pendant ce temps là, Harry était retourné au manoir Potter où Adrian et le reste de sa famille se préparaient pour reprendre l'entraînement d'Adrian qui avait été légèrement négligé, jusqu'à la fin de l'été. Le seul changement notable était que cette fois, James avait proposé à Harry de se joindre à eux. Ce fut un Harry choqué qui refusa l'offre.

Il avait expliqué qu'il n'avait jamais été entraîné aux côtés d'Adrian et qu'il ne ferait que le ralentir. James avait protesté, en soulignant le fait qu'Harry devrait s'entraîner aussi, étant donné qu'il était le frère d'Adrian. Harry avait fait de son mieux pour ne pas s'emporter. Au lieu de hurler, il lui avait froidement rappelé qu'il n'avait pas non plus été s'entraîner avec eux ces dernières années, mais qu'il pouvait néanmoins se débrouiller plus que bien, comme son combat avec les Mangemorts l'avait prouvé.

Plus la conversation progressait, plus il se réjouissait d'avoir demandé un Rituel d'Emancipation. James aurait tout simplement pu lui ordonner de venir avec eux, chose qu'il avait visiblement compris tout seul, si on en jugeait son humeur massacrante dans les jours qui suivirent, jusqu'à leur départ. Lily avait demandé la même chose, espérant qu'elle pourrait réussir là où son mari avait échoué. Mais Harry n'en démordait pas. Ils l'avaient exclu pendant presque toute sa vie et il avait enfin appris à l'apprécier. Maintenant, c'était à leur tour d'accepter les conséquences de leurs actions.

Harry était rentré à Silbreith par poudre de Cheminette, dès l'instant où sa famille avait quitté la maison, un grand sourire sur son visage, en songeant à sa nouvelle liberté. Minnie l'avait accueilli chaudement et avait dépêché un elfe de Maison pour aller chez Neville – à la demande d'Harry – pour appeler son ami. L'adolescent était arrivé une demi-heure plus tard et avait rejoint Harry et Severus sous le porche arrière.

« Si c'est comme ça que tu passes toutes tes vacances, je me demande comment tu peux supporter retourner à Poudlard à chaque début de trimestre. » plaisanta Neville, en s'enfonçant dans une chaise longue, un verre de thé glacé dans la main, le regard rivé sur le lac au loin.

« C'est une épreuve. » répliqua Harry, faussement désespéré, faisant ricaner Severus.

« Donc, » demanda Neville après un moment de silence, « vous avez réfléchi au cas Malfoy ? Parce que je n'arrive tout simplement pas à piger. »

« Vous saviez que j'ai presque été son parrain ? » demanda Severus d'un coup, faisant recracher à Harry une bonne partie de sa gorgée de thé.

« Quoi ? » demanda l'adolescent, ses yeux vert écarquillés en regardant son père, incrédule.

« Oui. » soupira Severus. « Je l'avais presque oublié. C'était pendant ma période la plus sombre, quand je venais de finir mon Maesteria de Potions. Narcissa m'avait écrit pour me demander si j'accepterais. De ce que j'ai compris, Lucius a finalement opté pour Rabastan Lestrange à la place. »

« Un bon choix. » commenta sarcastiquement Neville. Rabastan Lestrange était encore en prison pour ses crimes, durant le règne de Voldemort.

« C'est toujours plus facile avec le recul. » marmonna Severus. « Je ne peux pas m'empêcher de me demander comment les choses auraient tourné si j'avais été son parrain. »

« J'imagine que je l'aurais beaucoup plus vu ces dernières années. » supposa Harry. « Je n'ai aucune idée de comment ça aurait marché, par contre. »

« Ça n'aurait probablement pas marché du tout. » dit Severus en secouant la tête. « De toute façon, ça ne sert à rien de se demander ce qui aurait pu se passer. Ce qui est plus important c'est ce qu'il s'est passé, et ce qu'il s'est passé c'est que Draco est allé contre tout ce qu'on lui a appris et s'est battu contre les personnes que son éducation le pousse à supporter. »

« Et il a sauvé des personnes qu'il croit être inférieures. » intervint Neville. « En plus, vu comment il m'a traité ces dernières années, je trouve dur à croire qu'il est secrètement tout gentil, tout doux à l'intérieur. » Harry et Severus rirent à cette remarque.

« C'est toujours quelque chose à prendre en compte. » contredit Harry.

« Est-ce que tu es réellement en train de suggérer que Draco est tout gentil tout doux, quand on le connait bien ? » vérifia Neville en haussant un sourcil en direction de son frère.

« Ce qu'Harry veut dire, je pense, » précisa Severus, « c'est que les apparences sont parfois trompeuses. » Harry approuva de la tête. « Je n'irais pas jusqu'à l'appeler comme ça, » continua le professeur de Potions avec un sourire en coin, « mais tu dois te rappeler que c'est un Malfoy. Draco a été élevé dans une mentalité très précise. Il a été entraîné depuis sa naissance à considérer les Sang-Purs comme supérieurs. Peu importe ce que ses croyances personnelles auraient pu être, s'il avait été élevé dans un environnement impartial qui lui aurait permis de les développer sans interventions extérieures, il a subi quatorze ans de propagande, ou presque. » Harry hocha à nouveau la tête, essayant de s'imaginer à la place de Draco. Et, comme il n'arrivait pas à s'imaginer la personne qu'il serait devenu s'il avait reçu une telle éducation, il essaya plutôt de s'imaginer grandir avec James en tant que père. Aurait-il détesté Severus du coup ? Adrian le faisait, ou au moins jusqu'à il y avait quelques jours. Il n'aurait peut-être jamais regardé au-delà de l'extérieur timide de Neville, ne le prenant que pour un adolescent maladroit et un peu étrange qui était plus effrayé par Severus que tous. Et James était loin d'être aussi mauvais que Lucius Malfoy.

« Malgré les quatorze ans de propagande, je sais ce que j'ai vu. » reprit Harry, ses pensées le ramenant une fois de plus à la nuit de combat de la Coupe du Monde. « Draco avait l'air plus choqué de ses propres actions que moi en le voyant faire, mais ça ne change pas le fait qu'il a lancé ce sort. » Severus et Neville hochèrent la tête, le maître de Potions avait de nouveau l'air pensif.

« Je n'arrive pas à croire que je suis en train d'avoir cette conversation, » déclara Neville, « mais je dois bien admettre que des choses encore plus étranges sont arrivées. »

« Euphémisme. » acquiesça Harry. Sa vie entière était composée de ces dites choses encore plus étranges et elles étaient bel et bien arrivées.

« De toute manière, on ne peut rien faire de plus que spéculer. Essayez de garder un œil sur lui. » demanda-t-il en se coupant une part de gâteau au chocolat que Minnie leur avait laissé sur la table. « Enfin, si vous arrivez à vous trouver du temps libre cette année. » Il tendit le morceau à Neville, le seul qui ne l'avait pas encore goûté, les yeux centrés sur son fils, un léger frisson parcourant son corps.

Il avait l'air d'être prêt à attraper son fils, à se cacher pendant toute la prochaine année scolaire et, en toute honnêteté, il y avait songé pas plus tard que ce matin. Albus, avant de partir pour superviser l'entraînement d'Adrian, avait organisé une réunion avec le personnel de l'école et les informer des mesures prises pour éviter les blessures durant le Tournoi des Trois Sorciers, qui étaient assez simples. Aucun sorcier mineur ne pourrait participer. Et, pour éviter que les étudiants utilisent des Potions de Vieillissement, la protection placée n'aurait rien à voir avec l'âge réel et se baserait seulement sur ce que disait la signature magique de chacun. Et, même si ce plan était plutôt ingénieux, il restait une faille spécifique. Une faille en forme d'Harry. Albus pensait visiblement qu'Harry n'aurait pas l'expérience requise pour être sélectionné, mais Severus n'était pas dupe. Il allait avoir besoin de vraiment investir dans les potions calmantes cette année.

« Tu sais que j'ai besoin de ça, Papa. » déclara doucement Harry, en devinant précisément de quoi Severus parlait, en le regardant avec sérieux. « Je n'aurais jamais une meilleure occasion de m'entraîner à une échelle aussi grande que celle qu'offre le Tournoi des Trois Sorciers avant la guerre. Et ce sera un environnement contrôlé de A à Z. Les circonstances sont idéales. »

« Je sais bien ça. » répondit Severus, en fermant les yeux et en laissant tomber sa tête sur l'oreiller derrière lui. « Mais tu comprends bien que je vais détester ça quand même. » Harry et Neville pouffèrent. « Je veux dire, je serais infiniment fier si tu es choisi. Mais je détesterais autant ça. » Les adolescents explosèrent de rire cette fois-ci. « Ce n'est même pas drôle ! » protesta Severus, en ouvrant les yeux et en leur envoyant le coussin à la figure. Harry l'esquiva habilement et il atterrit en plein dans la poitrine de Neville.

« Hay ! » se plaignit l'adolescent aux yeux marron, en renvoyant le coussin.

« Tu dois l'admettre, c'était quand même un peu drôle. » le taquina Harry, en essuyant une trace de larmes.

« Ça me rappelle une prédiction de Ron pour Trelawney que j'ai entendu l'année dernière. » ajouta Neville, en sourire se formant sur ses lèvres au souvenir.

« Comment ça ? » demanda Severus, ne sachant pas s'il devait se sentir insulté tout de suite ou non.

« Ils travaillaient par paires, je crois, et Adrian était avec Ron. Selon ce dernier, les feuilles de thé de ton frère, prédisaient quelque chose du genre 'tu vas souffrir, mais tu vas aimer souffrir' » Même Severus rit à ce moment.

« De toute manière, on n'est même pas sûr que je serais choisi. » leur rappela Harry, ce à quoi Severus leva les yeux au ciel.

« Avec notre chance ? » il secoua la tête avec exaspération. « Harry, j'ai le sentiment que tu aurais réussi à te faire choisir en n'essayant même pas de participer ! »

« C'est pas faux. » lança malicieusement Harry avant de repartir dans son fou rire. Il espérait seulement, en regardant le soleil se coucher aux côtés de sa famille, que le rire les accompagnerait durant la guerre. Mais de l'excitation au moins, si les choses venaient à se dérouler comme prévu, était certaine.


Voilà tout le monde ! A la prochaine !