Chapitre 51

Que les jeux commencent


MON DIEU ! Presque 2 mois que j'ai rien posté ! Honte à moi ! Je pensais avoir du temps pendant les vacances pour traduire mais au contraire, j'ai bien bougé et j'ai pas trouvé vraiment le temps de le faire... Milles et unes excuses... Je suis vraiment désolée ! Voilà tout de suite le chapitre suivant. Je vais continuer à traduire pendant la fin de l'été, puisque j'ai pas mal de temps libre mais, à la rentrée, je ne sais pas combien de temps libre j'aurais, donc, bien qu'il soit hors de question que j'abandonne cette fic, mon rythme de parution risque de ressembler à ce que je vous ai fait ces derniers temps (et je m'en veux un peu).

Cependant, je peux d'ors et déjà vous confirmer que je ne continuerais pas cette fiction. Je m'arrêterais au chapitre 76, comme l'auteure et, si jamais par miracle, elle reprend un jour, je continuerais. Mais je ne me sens vraiment pas de la continuer. Je ne peux pas m'approprier l'oeuvre de quelqu'un d'autre et surtout je n'ai pas l'imagination nécessaire et j'aurais encore moins le temps l'année prochaine. Donc c'est à regret que je vous dit que cette fiction ne sera probablement jamais terminée, mais je vous invite quand même à rester avec moi jusqu'au chapitre 76 ! :)

Sinon, comme d'habitude, merci beaucoup à tous ceux qui ont laissé un commentaire, ça m'a redonné la foi de libérer du temps pour traduire !

Bref, je ne vous embête pas plus longtemps,

Enjoy !

EDIT : Version corrigée !


Disclaimer : Rien ne m'appartient, excepté la traduction.

Et, texte en gras = en français dans le texte


« Avec notre chance ? » il secoua la tête avec exaspération. « Harry, j'ai le sentiment que tu aurais réussi à te faire choisir en n'essayant même pas de participer ! »

« C'est pas faux. » lança malicieusement Harry avant de repartir dans son fou rire. Il espérait seulement, en regardant le soleil se coucher aux côtés de sa famille, que le rire les accompagnerait durant la guerre. Mais de l'excitation au moins, si les choses venaient à se dérouler comme prévu, était certaine.

Le premier Septembre, le temps était pluvieux. Il faisait sombre et ridiculement froid pour un matin si tôt en automne alors que l'été venait à peine de s'achever. Les grandes flaques d'eau et l'odeur fraîche de la pluie trahissaient le torrent qui s'était déversé durant une bonne partie de la nuit. L'atmosphère était maussade, l'humidité était pétrifiante et Harry Potter n'aurait pas pu être plus heureux.

« Allez Adrian ! » s'écria Harry – en grimaçant intérieurement, en entendant son ton plaintif qu'il se jura plus tard de ne plus jamais reproduire, même si, pour sa défense, son jumeau glandait – en se déplaçant avec énergie dans la cuisine du Manoir Potter, avec une tasse de thé dans les mains. « On va finir par être en retard ! »

« Tu es d'une énergie exaspérante, ce matin. » rétorqua Adrian, les yeux se fermant à moitié, il n'avait pas encore l'air totalement réveillé. « Tu es toujours d'une énergie exaspérante le matin. »

« Je te ferais savoir que je peux être un vrai paresseux quand je veux, merci bien. » plaisanta le sorcier aux yeux verts, un sourire jovial fermement collé sur le visage. Il pouvait facilement dormir jusqu'à midi lorsque les conditions le permettaient, et il suffisait de demander à Severus pour vérifier. Le seul problème était que les conditions le permettaient assez rarement. Et aujourd'hui, d'entre tous les jours, il avait à peine réussi à dormir tout court. Comme ça lui arrivait souvent lorsqu'il était excité, Harry s'était levé avant le soleil et avait revérifié qu'il avait bien bouclé toutes ses affaires. Retourner à Poudlard n'avait jamais paru si joyeux. Il ne lui restait presque plus de masques, son Père allait pouvoir enseigner et agir normalement et il y avait également l'excitation du Tournoi des Trois Sorciers promis.

Nev et lui avaient essayé de prédire quelles seraient les épreuves à affronter, ces dernières semaines, en se basant sur les épreuves qui avaient précédées, qu'Harry avait trouvées dans des bouquins. Les prédictions étaient plus folles les unes que les autres et ils avaient décidé d'arrêter de parler du tournoi hors de la chambre d'Harry le jour où Severus les avait surpris, sous le porche arrière, en train de s'imaginer une épreuve avec des dragons. Le pauvre maître de Potions s'était rué sur sa réserve de chocolat, plus pâle que la mort, une main agrippant son T-shirt au niveau du cœur. Malgré la guerre à venir, pensa Harry, la vie se présentait bien pour l'instant.

« Tout de même, tu ne peux pas être si excité de retourner à l'école ! » râla Adrian, en se levant après avoir entendu leur mère les appeler dans le salon.

« Hey ! » protesta Harry, en donnant un coup de coude amical à son jumeau. « Poudlard m'a manqué ! » Adrian leva simplement les yeux au ciel, ne fit aucun commentaire, et sortit de la cuisine pour rejoindre James et Lily. Harry soupira et finit par le suivre. Adrian avait agit bizarrement avec lui depuis son anniversaire. Au début il avait pris sa mauvaise humeur pour une conséquence du choc d'avoir tout découvert mais la situation s'était peu à peu détériorée pendant Août. Vu comme Adrian l'avait presque ignoré pendant ce dernier trimestre, Harry avait du mal à comprendre pourquoi sa présence irritait autant son jumeau. Il avait essayé d'ignorer sa manière d'agir mais peut-être, pensa-t-il, il devrait en discuter avec Neville, voir si son frère avait remarqué quelque chose qu'il avait manqué. Le voyage en train serait une bonne opportunité pour faire ça, s'ajouta mentalement Harry, en arrivant dans le salon, le pas plus léger.

« Prêts les garçons ? » demanda James, en regardant ses fils avec une étincelle dans les yeux. « Allez ! C'est une année que vous n'aimeriez pas rater ! » Et comment ! pensa Harry.

« Pourquoi ? » demanda Adrian, sa curiosité piquée.

« Tu le découvriras quand tu arriveras. » répondit mystérieusement James, pendant que Lily secouait la tête devant son comportement. Harry cacha son sourire du mieux qu'il put, en mettant une cape de voyage. Il se demandait comment Dumbledore allait annoncer le Tournoi. Severus lui avait expliqué en quoi consistaient les mesures de protection supplémentaires et Harry devait bien admettre qu'il allait être intéressant de voir la réaction du Directeur lorsqu'il placerait officiellement son nom dans la fameuse Coupe de Feu.

Il ne fallut pas longtemps pour que le groupe de quatre n'arrive sur le quai. Remus et Sirius avaient fait leurs au-revoir la veille au soir, et l'animagus canin avait été très évasif et avait insinué qu'ils se retrouveraient plus tôt qu'ils le pensaient. Harry avait simplement souri et s'était prêté au jeu avec un gentil sourire.

« Salut Harry ! » l'appela Neville du train, en saluant son frère à travers une fenêtre du train.

« Salut Nev ! » le salua Harry en retour. « J'arrive bientôt ! » Il se tourna pour dire au revoir à ses parents. Adrian cherchait déjà ses amis dans la foule pendant que les deux parents regardaient leurs enfants avec inquiétude. Harry sourit et leur fit une étreinte rapide à chacun, en leur promettant de leur écrire dès qu'il trouverait un moment. James sourit à cette déclaration et suggérant gentiment qu'il aurait plein de choses à leur raconter. L'adolescent fit un petit sourire et leur dit au revoir, en poussant sa malle vers le train.

« Hé, laisse-moi t'aider avec ça. » sonna la voix de Neville dans le train, il s'était en effet approché de la porte pour aider Harry avec sa malle. Harry prit la cage d'Hedwige à l'intérieur avec eux, pendant que son frère l'emmenait vers un compartiment à l'arrière du train. Il était vide excepté eux deux, et l'adolescent aux cheveux corbeau ferma la porte derrière eux. Neville le regarda, confus. « Je suppose que tu veux pouvoir parler sans interruption ? »

« En gros oui. » confirma Harry, en se rapprochant de la vitre pour faire un coucou à James et Lily après avoir jeté un petit sort pour rendre le compartiment insonorisé. Le train commença à bouger lentement, et les parents et familles réunies sur le quai commencèrent à s'évanouir au loin.

« Je devrais être inquiet ? » demanda Neville, qui cherchait des indices sur le visage de son frère.

« Non. » le rassura Harry, en s'affalant sur son siège. « Ou, du moins, je ne pense pas. Je veux dire… » Il prit une bonne inspiration et essaya de rassembler ses pensées, et de former une pensée cohérente sur ce qu'il avait cru remarquer avec son frère durant ces derniers mois. « Est-ce qu'Adrian n'a pas l'air, je ne sais pas, un peu plus… distant que d'habitude ? » Les yeux de Neville s'agrandirent brièvement avant qu'il soupire et acquiesce.

« Tu as remarqué. » Harry hocha la tête, ne sachant pas s'il devrait être soulagé ou inquiet qu'il n'ait pas tout imaginé.

« Oui, j'ai remarqué. » affirma le garçon aux yeux verts, en fermant les yeux et en laissant le mouvement rythmé du train le relaxer un peu avant de continuer. « Ce n'est pas comme si on avait vraiment été proche. C'est triste, étant donné qu'on est jumeaux, mais c'est la vérité. » Il fit une petite pause, réalisant qu'il n'avait jamais dit à personne – à l'exception de son père – ce qu'il ressentait à propos de sa relation décroissante avec son jumeau. « Mais ces dernières semaines, après avoir appris pour l'Éclair de Feu et Sev et, et bien, ça, » ajouta-t-il, en montrant son visage d'un geste, pointant l'absence de tout glamour sur lui, « Adrian a commencé à agir vraiment différemment. Pas toujours, bien sûr. Mais je ne peux pas m'empêcher de penser que parfois il a l'air de pouvoir à peine me tolérer. C'était comme s'il était en colère contre moi d'un seul coup ? » Cette dernière phrase avait été énoncée comme une question, mais Harry se demandait réellement à quel point il pouvait avoir raison.

« En colère ? » répéta Neville, le visage pensif. « Je ne sais pas. Peut-être. Mais pas contre toi. » Cela ne servit qu'à rendre Harry encore plus confus.

« Si ce n'est pas contre moi, alors… »

« Je pense qu'Adrian est un peu en colère. Peut-être pour de bonnes raisons. » Neville fit une petite pause, regardant son frère avec honnêteté, pour trouver les bons mots pour exprimer ce qu'il voulait dire. Harry, de son côté, resta immobile et silencieux, et essayait de comprendre ce que Neville insinuait.

« Mais, pourquoi ? »

« Et bien, Adrian est un adolescent de quatorze ans qui passé la moitié de sa vie à s'entraîner pour se battre contre un Seigneur des Ténèbres. » Les yeux d'Harry s'agrandirent sous le choc, son cerveau en surchauffe pendant que Neville continuait. « Il n'a jamais vraiment pu faire ce qu'il voulait mais je pense que, jusqu'à récemment, ça ne le dérangeait pas vraiment. Il a ses amis, il y a eu ces trois dernières années, bien que dangereuses, qu'il a considéré comme une grande aventure. » Harry hocha la tête, suivant les pensées de son frère.

« Et tu penses qu'il a finalement réalisé qu'il pouvait quoi ? Faire plus ? Être plus ? » Neville haussa les épaules, incertain.

« Pas exactement. » le contredit Neville. « Regarde Harry, jusqu'à récemment, je ne savais pas ce que ça faisait d'avoir un frère. » Harry sourit à cette phrase. Au fond, jusqu'à récemment, il n'avait pas non plus réalisé ce que cela voulait vraiment dire, d'avoir un frère. « Mais Adrian s'est toujours vu comme l'aîné. Celui qui a des responsabilités, celui qui doit gérer toutes les embrouilles de folie qui se passe avec votre famille. »

« Et alors ? Il veut plus de responsabilités tu penses ? » demanda Harry, incrédule. « Je donnerais n'importe quoi pour que Voldemort ait réellement disparu pour que personne n'ait jamais à porter cette responsabilité ! »

« Je sais bien. » le calma Neville. « Mais je ne pense pas qu'Adrian se rende vraiment compte de ce que c'est de se battre. Pour de vrai. Ce qu'on ressent lorsqu'on est vraiment terrifié et qu'il faut prendre sur soi et combattre ses démons. Il s'est peut-être entraîné pendant 7 ans mais… »

« Il ne s'est jamais réellement battu. » finit Harry, en se passant la main sur le visage, fatigué. S'il n'avait pas eu ce réveil brutal à la fin de sa première année, aurait-il fini par être la même personne qu'il était aujourd'hui ? pensa Harry. Si Neville n'avait pas quasiment perdu ses parents durant la première guerre, serait-il devenu l'adolescent qu'il était aujourd'hui ?

« Exactement. Il a mené une vie plutôt très protégée. Exigeante certes, mais protégée. Et c'est précisément ce qui le rend en colère, je pense. Peut-être qu'il se sent surprotégé. Je n'en sais rien. À ce niveau, ce ne sont plus que des suppositions. » admit Neville. Il ne pouvait pas être certain de ce qu'Adrian ressentait, bien évidemment. Mais il avait tout de même bien réfléchi à la situation depuis la Coupe de Quidditch et ces premiers regards qu'il avait surpris. Et il venait d'exprimer les conclusions qu'il en avait tiré pour le moment.

« Tu sais, Nev, la colère ? Je comprends très bien. » avoua Harry, en regardant ses mains avec persistance. « Je l'ai ressentie aussi. À chaque fois que je pense à ce qu'il va finir par se passer. À chaque fois que je pense à Nicholas et Pernelle. J'ai été forcé à tuer et à mentir. Et ça me rend triste, mais ça me met également en colère. Ça me rend furieux. Il y a des moments où je me fais même peur à moi-même. » Il se rappelait de ce qu'il avait ressenti lorsqu'il avait fait face à Quirell. Seulement onze ans et tellement en colère face au tueur potentiel de son jumeau. Voir Ginny à moitié morte sur le sol de la Chambre des Secrets. Pendant l'attaque des Mangemorts. Et cette furie ? Elle lui faisait encore plus peur que Voldemort ne l'avait jamais fait.

« Hey là ! » s'écria Neville en se levant de son siège, face à son frère, pour s'assoir à côté de lui en lui mettant la main sur l'épaule. « C'est normal d'être en colère. Après tout ce qu'il s'est passé, c'est tout naturel. Mais, être en colère ne rend pas maléfique et ça ne va certainement pas te transformer en Voldemort. Ça fait simplement de toi un humain. Désolé de devoir te l'apprendre comme ça, frérot, » poursuivit Neville, la voix un peu plus légère, « mais tu n'es pas parfait. » C'est à ce moment qu'Harry finit par le regarder dans les yeux. « Être en colère te rend juste humain. » Ce ne fut qu'après un moment silencieux, prolongé, qu'Harry eut un petit sourire et secoua la tête d'exaspération.

« Papa et toi devraient commencer à donner des cours sur comment avoir toujours les bons mots. Vous êtes vraiment bons à ça. »

« C'est un cadeau et un fardeau. » répondit solennellement Neville, l'étincelle malicieuse dans ses yeux traduisait ce qu'il pensait réellement. « En plus, je ne pense pas qu'Adrian a agi comme cela avec toi parce qu'il est en colère. » Harry haussa un sourcil, un peu perdu.

« Non ? »

« Nope ! » confirma Neville. « Harry, je pense qu'il est tout simplement jaloux. » Cette fois-ci, l'adolescent aux yeux verts ne put s'empêcher d'éclater de rire.

« Oh allez ! Adrian, jaloux. De moi ? » En voyant que son frère avait vraiment l'air sérieux, son sourire s'effaça. « Tu le penses vraiment ? »

« Harry, tu es émancipé. Tu es le créateur de l'Éclair de Feu et des Sphères de Mémoire et, le mois dernier, Adrian t'a vu tenir tête à des Mangemorts ! » récapitula Neville, tout en ignorant Harry qui avait marmonné quelque chose comme 'ça c'était de la pure chance !' à la mention des Mangemorts, se diminuant encore une fois. « Quand as-tu remarqué ces changements chez Adrian ? » Harry réfléchit et se repassa rapidement l'été en mémoire. Avec tout ce qu'il s'était passé, il n'avait pas vraiment fait attention à son frère, mais il y avait des moments qu'il ne pouvait pas ignorer.

« Au tout début, je croyais que c'était le choc de ce que j'ai révélé à notre anniversaire. Je pensais qu'il en sortirait à un moment ou à un autre. » avoua Harry. « Mais le jour où je lui ai parlé de mon émancipation ? Ça, je ne pouvais pas le prendre pour du choc. » Harry secoua encore une fois la tête, en réalisant que c'était une explication plausible. « Vraiment ? De la jalousie ? »

« Ben, oui. » admit Neville. « Je suppose que Severus a peut-être remarqué quelque chose de son côté, mais il ne m'a rien dit. » Harry hocha la tête, en se promettant de demander à son père à la première occasion. Il savait que Severus ne lui dirait rien tant qu'il ne lui demanderait pas, sachant pertinemment que son fils aurait besoin de temps pour digérer la chose de son côté avant d'en parler.

« Même. Ça reste dur à croire. » Neville, remarquant que la bonne humeur de son frère s'entamait rapidement, soupira et secoua la tête avec force.

« Tu sais quoi ? » dit-il, en donnant un petit coup de poing dans l'épaule d'Harry. « Plus de ça ! C'est notre premier jour de retour à Poudlard et on va en profiter, nom de nom ! » Harry eut un sourire en coin, et ses yeux exprimaient la gratitude qu'il n'arrivait pas à formuler avec des mots.

« Tu marques un point là. » accepta Harry, son rictus devenant un vrai sourire.

« Bien sûr que oui ! » s'exclama Neville. « Et maintenant que Severus n'est pas dans le coin pour nous faire un arrêt cardiaque, est-ce que tu as un peu réfléchi aux épreuves qui vont composer le tournoi cette année ? » Et il lança un grand sourire a son frère qui, passionné une fois de plus, commença à exposer ses théories les unes après les autres. Le reste du voyage en train se déroula comme Harry l'avait prévu lorsqu'il s'était levé ce matin. Il avait été rempli de rires et de théories folles, et il était passé incroyablement vite. C'était déjà la tombée de la nuit lorsqu'ils arrivèrent à la station de Pré-au-Lard, mais Harry se sentait incroyablement revitalisé. Il souriait à tout le monde et faisait parfois des signes pour saluer ses camardes de classes qui ne l'avaient pas encore vu de près, tout en marchant d'un pas énergique aux côtés de Neville jusqu'aux calèches.

Les deux frères finirent par partager une calèche avec Fred, Georges et leur ami Lee – qui regardait encore Harry comme s'il ne l'avait jamais vu avant et toujours dans le déni par rapport à ce que les jumeaux lui avaient racontés sur Severus – et passèrent un très bon moment, Harry n'avait même pas ressenti la pointe de douleur au cœur qu'il avait d'habitude en voyant les Sombrals. Les jumeaux Weasley se questionnaient à voix haute sur ce que pouvait bien être le grand évènement cette année – leurs parents ne leur avait rien dit à propos du Tournoi non plus – mais Harry ne fit que partager un sourire et ne laissa rien échapper. Ils le sauraient dans peu de temps, de toute façon.

Ils descendirent enfin des calèches et retrouvèrent Adrian, Ron et Hermione à l'entrée du château. Les trois adolescents discutaient avec animation et se tournèrent pour voir le groupe de cinq arriver quand Seamus et Dean, qui se trouvaient juste à côté d'eux, les prévint dès qu'ils aperçurent Harry. Ils commencèrent à chuchoter frénétiquement – Harry réussit à capter un 'il a presque doublé en taille !'.

« Salut ! » les salua Harry avec un sourire en coin, ses robes noires flottant derrière lui alors qu'il marchait. Hermione rougit légèrement de même que – 'Que Merlin me vienne en aide !', pensa Harry pendant que Neville ricanait à côté de lui – Millicent Bulstrode qui passait à côté, avec Blaise Zabini.

« Salut Harry ! » répondit Adrian, souriant, heureusement, avant de prendre le temps de jeter un regard d'assassin à un Draco Malfoy à l'air ennuyé qui passait à côté. Ron suivit l'exemple de son meilleur ami et ajouta un grognement, en ne lâchant pas le dos du blond qui s'éloignant du regard.

« J'ai loupé quelque chose ? » demanda Harry, en examinant la scène avec attention.

« Malfoy a toujours été fils à papa prétentieux. » déclara Ron, en se tournant pour regarder Harry. « Je sais pas pourquoi je m'attendais à quelque chose de différent cette fois. »

« Qu'est-ce qu'il a fait cette fois ? » demanda Neville, en partageant un regard en coin avec Harry.

« Il est passé par notre compartiment, comme il le fait chaque année. » répondit Adrian, en réduisant les regards noirs et tournant son attention sur la conversation.

« Et bien, aucune raison d'être plus énervé cette année que l'année dernière. » raisonna Harry, sentant qu'ils avaient encore quelque chose à dire sur le sujet.

« C'est justement ça ! » s'écria Ron. « Cette fois, il est rentré comme si tout lui appartenait, a jeté un regard et a dit : 'Vous savez quoi ? Vous ne valez même pas l'effort' ! » Le visage de Ron avait prit une teinte inquiétude de rouge lorsqu'il avait parlé, sa voix de plus en plus forte. « Ce bâtard arrogant ! »

« Donc vous êtes énervés parce que Malfoy n'a pas commencé de dispute cette fois-ci ? » demanda Harry, légèrement amusé. Draco continuait d'agir bizarrement selon ses habitudes, mais au moins il était moins offensif que d'habitude.

« Vous voyez, c'est ce que Ginny et moi leur avons dit. » ajouta Hermione, en jetant un regard exaspéré à Ron. « Mais est-ce que vous avez écouté ? Non ! J'ai du passé tout le voyage à vous entendre vous plaindre de Malfoy qui était aussi énervant que d'habitude ! » Neville ricana alors qu'Harry se contenta de secouer la tête avant de rentrer. Au moment où il posa un pied dans le hall, il réalisa, encore une fois, à quel point Poudlard lui avait manqué. Sur cette pensée, il envoya un sourire en direction de Neville qui lui sourit en retour, salua un groupe de troisièmes années qui les regardait avec de grands yeux avant de rentrer avec le reste du corps étudiant dans la Grande Salle.

Une fois entré, son sourire s'élargit. Il y avait un groupe d'étudiantes rassemblées devant l'entrée, regardant la table des professeurs. Si on voulait être précis, on pouvait dire qu'elles fixaient un certain professeur de Potions qui parlait avec animation au professeur Flitwick. Severus Snape n'était définitivement pas habillé en noir et avait l'air jeune et parfaitement à l'aise dans son environnement. Le professeur Flitwick avait dû dire quelque chose de drôle puisque Severus éclata de rire, un rire contagieux qui fit briller ses yeux et une Serdaigle devant Harry murmura un 'Wow !' à cette vue. Ses amies partageaient visiblement son avis et Harry rit, attirant l'attention sur lui. La même jeune fille se tourna vers lui avec des yeux écarquillés.

« Bonsoir. » la salua Harry, sourire en place avant de se tourner pour regarder l'ensemble du groupe. « Est-ce que vous pourriez vous décaler un petit peu vers la gauche ? Je ne veux pas vous déranger mais vous bloquez un peu le passage. » La fille rougit et accepta, le groupe se décala en reprenant les chuchotements de plus belle.

« Oui, bien sûr. » dit-elle, en regardant l'adolescent avec des yeux de merlan frit. Harry lui fit un nouveau sourire et lui fit même un clin d'œil en passant à côté d'elle, se sentant d'humeur joueuse.

« Merci, mesdemoiselles ! » lança-t-il par-dessus son épaule, ce qui causa encore des murmures dans le groupe derrière eux.

« Tu l'as tellement fait exprès ! » l'accusa Neville, essayant de ne pas rire tant que les filles étaient encore à portée de voix.

« De la totale improvisation ! » admit Harry, en attrapant le regard de son père par-dessus les tables et en lui faisant un coucou. Severus le salua sans se retenir, un grand sourire ornant son visage. « Je ne connais même pas ces filles ! C'est fou non ? » Harry avait l'air complètement dépassé par la situation qui venait de se dérouler et – à cause de son air réellement surpris – Neville ne put pas retenir son rire plus longtemps.

« Comme je le disais, cette année va être tellement amusante ! » Harry secoua la tête pendant qu'ils s'asseyaient à la table des Gryffondors, saluant leurs camarades de classe.

« Punaise Harry ! » s'exclama Dean, en s'asseyant en face de lui. « Il t'est arrivé quoi cet été ? »

« Une attaque de Nargoles. » plaisanta Neville, en faisant exploser Harry de rire. « C'était horrible ! » Le reste des adolescents eurent l'air perdus jusqu'à ce qu'Harry leur explique :

« Allez les gars, ça s'appelle la puberté. Tout le monde est obligé de passer par là ! » Et ne cherchez pas plus de réponses, parce que vous n'en aurez aucunes, rajouta mentalement Harry. Il fut tout de même bombardé de questions sur l'Éclair de Feu et Severus, l'attaque pendant la Coupe de Quidditch et les Sphères de Mémoire. Il répondait à certaines, comme celles qui concernaient son balai, avec plaisir. D'autres, il les ignorait totalement, avec l'aide de Neville. Soudain, un silence de mort s'abattit sur la table et, avant qu'Harry ne puisse penser au pire, il entendit la voix de son père l'appeler par-dessus son épaule.

« Tu as passé un bon voyage en train ? » demanda Severus, en faisant signe à un Dean pétrifié de se déplacer pour qu'il puisse s'assoir à côté d'Harry pour un moment.

« Ça allait. » répondit Harry, en souriant face aux expressions qui l'entouraient.

« Bref, Nagnok m'a contacté. Il m'a dit qu'il enverrait les rapports financiers d'Août d'ici demain matin. » Harry réalisa pleinement que son père aurait parfaitement pu attendre de lui dire ça après le festin. Et il comprenait tout aussi bien pourquoi il ne l'avait pas fait. Il s'était simplement levé et assis à côté de son fils, parce qu'il le pouvait. Comment pouvait encore s'améliorer le trimestre ?

« C'est moi ou ce Gobelin travaille décidément trop dur ? » demanda Harry, faisant rire Severus. Quelques exclamations étouffées surgirent autour d'eux, ce qu'ils décidèrent d'ignorer.

« Tu crois ? » se moqua Severus, en soulevant un sourcil parfaitement arqué. « Non, sérieux, qu'est-ce qui t'a donné cette brillante impression ? »

« Si tu continues à être sarcastique, je lui écris dès demain pour lui dire que tu t'es porté volontaire pour une interview avec Rita Skeeter. » le menaça Harry, avec un sourire diabolique sur le visage.

« C'était cruel Harry. » se plaignit Severus, en prenant un regard de chien battu. « Ça fait mal là. » ajouta-t-il en plaçant sa main sur sn cœur.

« D'accord, c'était peut-être un peu cruel. » admit l'adolescent en riant.

« Il ya des choses avec lesquelles on ne plaisante pas ! » insista Severus, enfonçant légèrement son doigt dans l'épaule de son fils pour appuyer son propos.

« Bon, bon. » se rendit Harry. Ils discutèrent pendant encore un petit moment jusqu'à ce que les portes s'ouvrent sur McGonagall et les premières années. Severus se leva et leur fit un petit signe, disant au revoir à Neville et jetant un grand sourire en direction d'Harry. Nan, pensa le garçon, ce serait vraiment très compliqué d'améliorer encore cette année.

« Qu'est-ce qu'il vient de se passer au juste ? » demanda Pavarti, sa tête allant de Severus qui s'éloignait à Harry, en continu.

« Tu t'y habitueras. » lui assura Neville avec un gentil sourire, ce qui la désorienta encore plus. Tout le monde savait pertinemment que Neville était terrorisé par Severus Snape non ? Mais encore, pensa la jeune fille, Severus Snape ne ressemblait plus au maître de Potions de ses souvenirs – que Merlin les aide, il ne ressemblait en rien à l'homme maussade des dernières années ; il avait l'air totalement à l'opposé – et Neville n'avait plus l'air pareil non plus. Sans parler du plus jeune jumeau Potter, ajouta-t-elle mentalement, partageant un regard avec Lavande pendant qu'Harry riait à une blague que Neville venait de faire. Que ses passait-il ?

La répartition se passa relativement rapidement, toutes les Maisons applaudissaient et encourageaient les élèves qui les rejoignaient. Le petit frère de Colin Creevey, Dennis, fut placé à Gryffondor et Colin lui expliquait qui était qui à la table. Il commença par pointer Adrian – l'idole de Colin ces dernières années – avant de tourner son attention sur son jumeau. Ses yeux verts s'agrandirent tandis qu'Harry essayait d'ignorer les exclamations choquées du plus jeune frère Creevey, d'ailleurs trempé jusqu'aux os – le garçon était tombé dans le lac et en était positivement ravi – en combattant son rougissement.

« Hey, où est le nouveau professeur de Défense Contre les Forces du Mal ? » demanda Lee à Fred, attirant l'attention d'Harry sur la chaise décidément vide à la table des professeurs. Il n'avait pas pensé à poser la question à Severus, mais, étant donné que ce dernier ne s'était pas du tout plaint, il devait probablement s'agir de quelqu'un à peu près correct. Cependant, sa curiosité était désormais piquée, par l'absence de professeur à l'horizon. Mais, Dumbledore n'avait pas l'air si inquiet et avec un bref 'Servez-vous !' les plats en face d'eux furent tous remplis avec toutes sortes de nourriture.

Hermione ne mangeait que très peu et avait l'air irritée de devoir le faire : ce n'était pas un secret qu'il y avait des elfes de maison qui travaillaient dans les cuisines de l'école – bien qu'Hermione, malgré tout son savoir sur Poudlard était inconsciente de cette réalité jusqu'à quelques minutes auparavant, quand Ron l'avait mentionné sans tact –et après avoir été témoin du mauvais traitement de Winky, entre les mains de M. Croupton, la Gryffondor aux cheveux touffus avait développé un certain dégoût à manger ce que les elfes préparaient.

Ce fut un petit moment plus tard, lorsqu'Harry donna un gentil coup de coude à Neville, au moment où les dernières traces de dessert avaient disparues, les plats et les couverts disparurent à leur tour. Dumbledore se leva pour son discours habituel. Neville eut un petit sourire en coin et les deux adolescents se tournèrent vers le Directeur. Le Tournoi des Trois Sorciers allait être annoncé.

« Donc ! » attaqua Dumbledore en souriant à tout le monde. « Maintenant que vous avez tous bien mangé et bien bu, je dois vous demander votre attention une fois de plus, le temps que je vous donne quelques consignes. M. Rusard, notre concierge, m'a demandé de vous rappeler que la liste des objets interdits dans le château s'est étendue avec les Yo-yo Hurleurs, les Frisbees à Crochets, et les Boomerang à Mouvement Perpetuel. La liste complète comprend près de 437 objets, me semble-t-il et peut être consultée dans le bureau de M. Rusard, si quelqu'un voudrait y jeter un œil. »

« Il n'a pas l'air vraiment inquiet pour ces objets. » commenta Neville, faisant sourire Harry qui observait la moustache de Dumbledore trembler. On ne savait jamais vraiment avec cet homme !

« Comme toujours, j'aimerais vous rappeler que la forêt sur les terrains est interdite aux étudiants, tout comme le village de Pré-au-Lard pour les premières et deuxièmes années. » continua Dumbledore, ses yeux dérivant légèrement vers les jumeaux Weasley au moment où il mentionna la forêt. « Il est aussi mon triste devoir de vous informer que la Coupe de Quidditch Inter-Maison n'aura pas lieu cette année. »

« Quoi ?! » s'écrièrent un assortiment de voix dans toute la Grande Salle, Adrian étant un des plus bruyants. Fred et Georges regardaient autour d'eux frénétiquement, tout deux membres de l'équipe de Gryffondor, tout comme plusieurs personnes dans la pièce et ils se regardaient, demandant à leurs amis s'ils savaient quelque chose.

« Cela est du à un évènement qui commencera en Octobre, et qui durera une bonne partie de l'année scolaire, ce qui va requérir beaucoup d'énergie et de temps aux professeurs – mais je suis persuadé que vous apprécierez énormément. J'ai l'immense plaisir de vous apprendre que cette année, à Poudlard… » Et il n'alla pas plus loin. Parce qu'à ce moment précis, les portes de la Grande Salle s'ouvrirent avec un bruit sourd et la personne qui rentra était la dernière qu'on pourrait attendre.

Un homme rentra, habillé d'une cape de voyage trempée et en piteux état, et chaque pas qu'il faisait était accompagné du son mat de sa jambe. La lumière vive d'un éclair illumina le plafond enchanté, dans une parfaite réplique du cataclysme extérieur, et éclaira la silhouette intruse ce qui confirma ce que la vue aiguisée d'Harry lui avait indiqué. Avec le cliquetis que faisait la jambe de bois sur le sol, la personne s'avança. Les cheveux gris ébouriffés, le visage abîmé avec un nez auquel il manquait clairement un bout, l'œil magique, d'un bleu électrique et qui ne s'arrêtait jamais de bouger, tout était là, sous les yeux de tous.

« Alastor Maugrey. » murmura Harry, et autour de lui, tout le monde pu l'entendre. Rapidement, une vague de chuchotements se répandit dans la Salle, suivant l'homme boitant jusqu'à la table des professeurs, où il serra la main de Dumbledore avant de s'assoir à côté de Severus, en jetant un regard noir à tout le monde et en se servant dans un plat de saucisses. Après les avoir reniflées bien sûr.

« Maugrey ? Maugrey Fol-Œil ? » demanda Ron quelques secondes avant que Dumbledore lui-même ne confirme l'identité du nouveau venu.

« Permettez-moi de vous présenter votre nouveau professeur de Défense Contre les Forces du Mal. » déclara Dumbledore joyeusement dans le silence. « Professeur Maugrey. »

« Génial ! » s'exclama Harry, ayant déjà entendu des histoires. L'homme était une légende vivante dans son domaine ! D'ordinaire, l'arrivée d'un nouveau professeur était applaudie. En revanche, cette fois, le choc causé par l'apparition du dit professeur fut telle que seuls Hagrid, Dumbledore, Harry et Severus – qui regardait l'homme à côté de lui avec un sourire immense et avait l'air d'un gamin de cinq ans surexcité, ce qu'il ne se serait jamais autorisé à faire un an auparavant.

« C'est pas le gars qui a explosé des poubelles hier selon ton père ? » demanda Adrian à Ron, ce qui agrandit d'autant plus le sourire d'Harry.

« Probablement. » répondit Ron avec un petit hochement de tête, toujours sous le choc.

« Que lui est-il arrivé ? Et son visage ? » demanda Hermione, tandis qu'Harry se tournait vers Neville pour lui expliquer qui était Alastor Maugrey exactement. Il fallut peu de temps à Neville pour partager l'enthousiasme de son frère, en particulier après qu'Harry lui ait chuchoté qu'il s'agissait de l'homme qui avait arrêté Bellatrix Lestrange.

Maugrey semblait parfaitement indifférent à son accueil moins-que-chaleureux. Ignorant le verre de jus de citrouille devant lui, il fouilla dans sa cape de voyage pour en sortir une flasque personnelle, et prit une longue gorgée. En levant son bras pour boire, sa cape se releva de plusieurs centimètres, révélant une jambe sculptée en bois de plusieurs centimètres, qui se terminait par un pied griffu.

« Ok, à quel point c'est génial ça ? » demanda Neville, en regardant la jambe et son meilleur ami.

« Beaucoup ! » acquiesça Harry, oubliant même le Tournoi des Trois Sorciers pendant une seconde. Juste une seconde par contre, puisque Dumbledore reprit la parole, éclaircissant sa gorge.

« Comme je le disais, » reprit-il, souriant à la mer d'étudiants devant lui, qui regardaient tous, captivés, Maugrey Fol-Œil, « nous avons l'honneur d'accueillir un évènement particulièrement excitant durant les mois à venir, un évènement qui n'a pas eu lieu depuis plus d'un siècle. C'est mon grand plaisir de vous annoncer que le Tournoi des Trois Sorciers se déroulera à Poudlard cette année ! » Enfin ! pensa Harry, échangeant un grand sourire avec Neville pendant que, à la table des professeurs, Severus le regardait, partagé entre la fierté et le sentiment constant d'inquiétude envers son fils.

« Que Merlin me vienne en aide. » marmonna-t-il dans sa barbe inexistante, regardant son fils sourire, enjoué une fois de plus.

« Vous PLAISANTEZ ! » s'écria Fred. La tension qui avait habité la Salle depuis l'entrée de Maugrey se libéra d'un seul coup. Presque tout le monde se mit à rire, et même Dumbledore eut un sourire appréciateur.

« Je ne plaisante pas, M. Weasley, » répliqua-t-il, « mais, maintenant que vous m'en parlez, j'en ai entendu une bonne cette été à propos d'un Troll, d'une vieille sorcière et d'un Farfadet qui vont dans un bar… » Le professeur McGonagall se racla la gorge avant qu'il ne puisse aller plus loin, voyant que le Directeur s'éloignait du sujet.

« Dommage, c'était une bonne blague. Oncle Alvin me l'a raconté cet été… » chuchota Neville, forçant Harry à feindre une toux pour masquer son rire pendant que Dumbledore poursuivait.

« Euh… Ce n'est peut-être pas le moment… non… » se perdit Dumbledore, « où en étais-je ? Ah, oui, le Tournoi des Trois Sorciers… Et bien, certains d'entre vous ne savent pas ce qu'implique ce Tournoi, donc j'espère que ceux qui le savent me pardonneront cette petite explication, et laissent leurs esprits s'aventurer ailleurs. » Et il expliqua le principe, avec les trois écoles et la gloire éternelle pour le vainqueur. Ces mots glissèrent totalement sur Harry qui voyait le Tournoi d'une manière bien différente. C'était sa chance de se tester, de s'améliorer et de prouver, à lui plus que quiconque que tous les efforts qu'il avait fait pour ses études avaient payés.

« Même les mots 'nombre de morts' n'ont dissuadé personne de vouloir participer. » remarqua Neville, regardant autour de lui, un demi sourire plaqué sur le visage.

« Oh Nev ! » le réprimanda Harry, L'Étincelle dans les yeux. Neville se contenta de rire, secouant la tête face au comportement de son frère.

« Il y a plusieurs tentatives, à travers les siècles, de rétablir le Tournoi, » continua Dumbledore, « qui n'ont pas été vraiment couronnées de succès. Cependant, notre Départements de la Coopération Magique Internationale et le Département des Jeux et Sports Magiques ont décidé qu'il était temps pour un nouvel essai. Nous avons travaillé dur cet été pour s'assurer que, cette fois-ci, aucun champion ne se retrouvera en danger de mort. » précisa Dumbledore. Harry se demandait quelle serait la réaction du vieil homme lorsqu'il placerait son nom dans la Coupe. Il avait du mal à croire que Dumbledore puisse tout simplement oublié son émancipation. « Les Directeurs de Beauxbâtons et Durmstrang arriveront avec leur liste de candidats triés sur le volet en Octobre, et la sélection des trois Champions se fera le jour d'Halloween. Un juge impartial décidera quels élèves méritent le plus de se battre pour la Coupe du Tournoi des Trois Sorciers, la gloire de leur école et mille Gallions d'argent de poche. »

« Comptez sur moi ! » s'exclama Fred, approuvé par ses frères tandis que Ginny les regardait avec inquiétude. Néanmoins, beaucoup d'élèves avaient affirmés la même chose et pas seulement des deux dernières années. Il y avait un groupe de deuxièmes années à la table de Poufsouffles qui avait l'air plutôt déterminé, remarqua Harry.

« Bien que je sais que vous seriez tous déterminés à remporter la Coupe du Tournoi des Trois Sorciers à Poudlard, » poursuivit-il, « les Directeurs des écoles participantes, ainsi que le Ministère de la Magie, se sont mis d'accord pour imposer une limite d'âge pour les candidats de cette année. Seuls les étudiants qui sont en âge – c'est-à-dire qui ont 17 ans ou plus – seront autorisés à placer leurs noms en considération. Ceci » C'est parti, pensa Harry, pendant que Dumbledore élevait légèrement la voix, étant donné que plusieurs exclamations outragées avaient surgies un peu partout dans la Salle et les jumeaux Weasley, par exemple avait désormais l'air furieux. « est une mesure que nous jugeons nécessaire, puisque les différentes épreuves du Tournoi resteront difficiles et dangereuses, peu importe les précautions que nous prenons, et il est très peu probable que des étudiants en dessous des sixièmes et des septièmes années arrivent à les surmonter. Je m'assurerais personnellement qu'aucun élève mineur ne manipule notre juge impartial pour devenir le champion de Poudlard. » Ses yeux bleus pétillèrent pendant qu'il survolait la salle du regard, en s'arrêtant quelque secondes de plus sur Harry.

C'était tout ? pensa Harry alors que Dumbledore continuait de parler. Est-ce que le Directeur le considérait simplement incapable de participer à cause de son expérience – ou plutôt son supposé manque d'expérience – ou s'agissait-il d'une sorte de test ? Aucune importance, pensa-t-il. Si sa première spéculation était juste, Dumbledore ne serait de toute manière pas celui qui jugerait son éligibilité. Et si c'était une partie d'un genre de test compliqué, et bien, il ne reculerait pas non plus.

Jusqu'à la fin du discours de Dumbledore – le Directeur les avait informés que les délégations des deux autres écoles arriveraient le 30 du mois prochain – les gens se plaignaient, à droite à gauche – les jumeaux Weasley étaient les plus virulents, étant donné qu'ils devaient avoir 17 ans en Avril seulement. Et ils continuèrent d'en parler et de se plaindre jusqu'aux dortoirs, en tout cas, les Gryffondors. Harry et Neville faisaient partie des rares exceptions. Les deux adolescents avait fait un signe à Severus pour lui souhaiter une bonne soirée et ils étaient partis se coucher, perdus, une fois de plus, dans leur conversation sur le Tournoi. Neville semblait ravi qu'Harry puisse participer et lui avait simplement demandé de ne pas oser mettre son nom dans la Coupe s'il n'était pas présent. Harry se demandait également à quoi ressemblait la Coupe puisqu'il avait seulement lu quelques descriptions brèves dans ses livres à Silbreith.

Le lendemain matin était tout aussi pluvieux que la veille mais personne ne se plaignait. Comme si la distraction du Tournoi des Trois Sorciers n'était pas suffisante, le premier jour de cours marquait la première leçon de Potions avec Severus agissant normalement devant ses élèves. Les troisièmes années de Poufsouffle et Serdaigle avaient été les premiers à avoir un cours de Potions ensemble et Harry avait écouté les rumeurs que les cours de Potions devenaient rapidement un des cours préférés de l'école. Sa promotion aurait un cours avec Severus seulement le lendemain, mais cela n'empêcha pas Harry de passer par le bureau de son père, pendant la pause avant son examen d'Arithmancie. Severus avait été euphorique, comblé de pouvoir faire son travail comme il l'avait ardemment désiré ces dernières années à Poudlard.

Donc, ce fut un Harry Potter très heureux qui grimpa les marches jusqu'à la salle d'Arithmancie. Le professeur Vector l'attendait avec une feuille de test à la main et le sorcier aux yeux verts était ravi de pouvoir dire qu'il s'était plus que bien débrouillé. Enfin, si le sourire satisfait du professeur lorsqu'elle avait parcouru sa copie était indicateur de quoi que ce soit.

Pendant le dîner, réalisa Harry, le nouveau cours amélioré de Potions avait eu un impact frappant sur les sixièmes années de Gryffondor qui avaient eu Potions cet après-midi. Apparemment, Alicia Spinnet avait été récompensée de points et d'un sourire pour avoir bien brassé sa Potion et fixait désormais Severus de loin, un regard rêveur sur le visage. Un certain jumeau Weasley n'appréciait vraiment pas.

Le tour d'Harry pour son cours de Potions arriva le lendemain matin. Neville et lui s'étaient précipités dans les cachots, en engloutissant leurs petits-déjeuners pour pouvoir obtenir une bonne place et pouvoir dire bonjour à Severus avant que le reste de la classe n'arrive.

« Hey Sev ! » l'appela Harry en entrant dans la salle de classe, un grand sourire au visage. Le laboratoire de Potions ressemblait désormais à celui de Silbreith. On avait l'impression que l'ombre avait été chassée des coins, le matériel noir avait été échangé par des étagères, des placards et des tiroirs, couleur châtaigne, remplis de livres et de fioles, et la lumière pénétrait à travers les barreaux des fenêtres de toit.

« Bonjour Harry ! » répondit Harry, en s'avançant vers son fils pour le prendre dans ses bras. « Bonjour Neville. » Neville le salua en retour pendant que Severus retournait son attention vers Harry, rayonnant de fierté.

« Quoi ? » demanda Harry avec amusement.

« J'ai croisé le professeur Vector ce matin. Un certain Gryffondor de quatrième année passera ses BUSES en Arithmancie un an plus tôt, du moins, c'est ce qu'elle m'a dit. » Le sourire sur son visage était si large qu'Harry poussa un petit cri de joie.

« Elle ne me l'a pas encore dit ! » s'exclama l'adolescent pendant que Neville et Severus le félicitaient.

« Elle le fera pour le déjeuner. Félicitations, fiston. » Il murmura cette dernière phrase et sourit, serrant une fois de plus son fils dans ses bras. Ils durent se séparer rapidement puisqu'un bruit de pas résonnait dans le couloir. Harry et Neville partirent s'installer à la table la plus proche de Severus, au premier rang pendant que le professeur s'assit sur le coin de son bureau, son sourire toujours en place en accueillant tous les étudiants qui entraient dans sa classe. Le silence était total lorsque le dernier élève entra et ferma la porte.

« Bonjour à tous ! » s'exclama Severus, un sourire fermement accroché sur ses lèvres. « Bienvenue pour votre quatrième année de Potions. Avant de commencer avec la première Potion de l'année, permettez moi de vous prévenir que, plus vos Potions deviennent avancées, plus elles sont volatiles. Vous devez absolument être plus prudents cette année que l'année dernière si vous voulez évitez les accidents. » Il fit le tour de la classe avec les yeux et sourit, presque pour s'excuser lorsqu'il ajouta : « Et par accidents je veux dire s'il vous plaît – s'il vous plaît – faites que je n'ai pas encore à gratter un chaudron du plafond. Ce n'est même pas à moitié aussi drôle que ça en a l'air pour un observateur, je vous l'assure. » Harry – qui savait mieux que quiconque à quel incident Severus se réferrait – rit ouvertement et quelques filles gloussèrent – et Lavande rougit en même temps –pendant que le reste des élèves arboraient peu à peu des sourires, parfois confus. « Maintenant, » continua Severus, en frappant des mains et en pointant du doigt les instructions sur le tableau « parlons des ingrédients que vous utiliserez aujourd'hui et surtout, comme éviter qu'ils vous explosent dans la figure… »

Selon l'avis général, ce fut la meilleure leçon de Potions dont ils pouvaient se souvenir. Lorsque la sonnerie retentit, les élèves quittèrent la salle de classe en discutant avec animation et en disant au revoir à Severus au passage – Harry ne manqua pas de remarquer quelques expressions rêveuses comme celle qu'il avait vue chez Alicia. Des points avaient été attribués justement et le rire était resté dans la classe ce qui leur avait permis de réaliser de meilleures Potions que jamais.

« C'était incroyable ! » déballa Hermione sur le chemin vers la Grande Salle. « Vous avez entendu comment il a décrit les différentes utilisations de l'aconit ? Je n'avais pas réalisé qu'il pouvait être utilisé dans autant de Potions ! »

« Vous savez, » commença Adrian avec hésitaition, « le cours d'aujourd'hui était assez difficile mais presque… »

« Amusant ! » compléta Ron, scandalisé. Harry avait simplement rit et leur avait fait un clin d'œil avant de partir vers la salle de Études Antiques. Il ne s'était pas autant amusé pendant ce trimestre depuis, et bien, jamais !

Septembre se déroula dans une atmosphère joviale. Il y avait une sorte de compétition pour savoir quelle classe était la plus populaire, celle de Severus ou celle de Maugrey et le maître de Potions finit par prendre la tête lorsque les cours de Maugrey devinrent un peu glauques. 'Vigilance constante' était la nouvelle devise du professeur et il semblait décidé à la tester sur chaque étudiant. Même si cela impliquait de jeter des Sortilèges Impardonnables en face – ou dans le cas de l'Imperio – sur eux. Harry avait emmené Neville dans les Cuisines ce jour-ci pour une tasse de chocolat de minuit bien méritée.

Lorsque les deux premiers mois du trimestre touchèrent à leur fin, l'agitation causée par le Tournoi revint en pleine force. La seule personne qui semblait mystérieusement peu intéressée était nulle autre que Draco Malfoy. Harry et Neville n'eurent pas le temps qu'ils auraient voulu pour pouvoir enquêter plus sérieusement dès que les délégations de Durmstrang et Beauxbâtons devaient arriver et les suggestions étaient plus folles que jamais. Les écoles en question ne manquèrent pas de faire une grande impression lors de leur arrivée le 30 Octobre.

Les élèves de Beauxbâtons arrivèrent dans une immense calèche, tirée par des chevaux volants géants comme Harry n'en avait jamais vus. La Directrice de l'école était une femme plus grande qu'Hagrid qui s'appelait Madame Maxime. La Directrice salua chaleureusement Dumbledore, pendant que, de ce que pouvait voir Harry, ses élèves marchaient derrière elle, en serrant leurs châles autour de leurs épaules. Peut-être que Beauxbâtons se situait quelque part sur la côte Méditerranéenne ? pensa Harry tandis que Neville regardait les chevaux avec excitation.

Il ne fallut pas beaucoup de temps avant que la délégation de Durmstrang n'apparaisse à son tour. Sur un bateau et en sortant du lac. Harry applaudit doucement, un rictus amusé sur le visage.

« On ne peut pas dire que ces écoles de savent pas faire une entrée. » murmura-t-il à Neville, le faisant rire. Les étudiants étaient enveloppés dans d'épais manteaux de fourrure à la place en suivant leur Directeur, Igor Karkaroff, qui les mena vers l'école. L'homme avait un regard prédateur lorsqu'il approcha Dumbledore et Harry se rappela immédiatement de l'avertissement de son père. Karkaroff avait été un Mangemort par le passé et certainement pas dans la catégorie d'agent double. Le choc pour la presque totalité de Poudlard ne venait pas de la grande arrivée de la délégation de Durmstrang mais plutôt d'un seul élève que Karkaroff avait poussé devant, prétextant un rhume. Cet élève n'était rien de moins que Victor Krum.

« Les miracles ne cessent jamais ! » s'exclama Neville pendant que l'ensemble des étudiants rentraient dans le château. Les élèves de Durmstrang s'étaient assis à la table des Serpentards tandis que celles de Beauxbâtons avaient préféré les aigles. Et ce ne fut qu'après que la nourriture soit servie et qu'Harry soit totalement immergé dans le compte rendu financier du mois de Octobre que Nagnok avait réussi à lui envoyer plus tôt, qu'il put apprécier l'exclamation de Neville. Il était en train d'examiner une liste de nouveaux magasins en Asie que Nagnok avait approuvés pour vendre des Éclairs de Feu pendant qu'une nouvelle vague de murmures se répandait à la table Gryffondor.

« Merlin ! » marmonna Neville, regardant la direction générale que Seamus, à côté de lui, pointait sans retenue du doigt. Harry leva les yeux de son compte rendu, confus et failli recracher son jus de citrouille. Bien sûr ! Comment n'avait-il pas fait la connexion plus tôt ? Beauxbâtons était une école française. Et il savait qu'elle allait avoir 17 ans en Septembre. Comment avait-il pu manquer ça ? Elle marchait le long de la table, comme si elle cherchait quelque chose, et tous les garçons sur son chemin s'arrêtaient pour la regarder. Adrian manqua de s'étrangler avec son pudding lorsqu'elle s'approcha d'eux, alors qu'Harry souriait avant de se cacher derrière les parchemins dans sa main.

« Excusez moi, vous voulez la bouillabaisse ? » sonna sa voix à côté de Dean Thomas qui rougit fortement, incapable de répondre. De longs cheveux blonds-platines tombaient presque jusqu'à ses hanches. Elle avait de grands yeux bleus profonds, et des dents très droites et immaculées. Ron devint violet. Il la regarda, ouvrit la bouche pour lui répondre, mais rien ne sortit, excepté un faible balbutiement.

« Elle est à vous, si vous le voulez. » répondit Harry, en posant son compte-rendu financier pour de bon sur la table. Fleur et les Gryffondor autour de lui arrêtèrent tout mouvement pour regarder l'échange. La compréhension gagna les yeux de Neville et un immense sourire apparut sur ses lèvres lorsqu'il se tourna pour regarder la blonde. Fleur émit un petit hoquet de surprise tandis que ses yeux s'agrandissaient et poussa un cri de joie très audible avant de se jeter dans les bras d'Harry. Ce dernier, même s'il ne s'était pas attendu à cette réaction, en était plus que satisfait.

« 'Arry ! » s'écria-t-elle, réussissant à s'assoir à côté de lui sans défaire ses bras, toujours noués sur sa taille. Il rit en lui rendant son étreinte.

« Ravi de te revoir, Fleur. » Le silence fut soudain brisé par un Adrian indigné.

« Vous vous connaissez ? » Cela semblait être la question de tout le monde autour d'eux.

« À ton avis, Adrian ? » demanda Harry, amusé et Fleur ajouta, joueuse, en regardant Harry sous ses longs cils :

« Certaines nuits sont inoubliables, non ? » Son accent n'avait pas changé et son sourire était tout aussi lumineux que dans les souvenirs d'Harry.

« J'aimerais mieux oublier mon propre nom avant. » lui assura Harry, un sourire permanent collé sur le visage, la faisant rire mélodiquement.

« Quoi ? » intervint Ron à côté de lui, toujours violet. Neville rit pendant que les jumeaux Weasley partagèrent un regard avant de lâcher un « Bordel ! » parfaitement synchronisé. Le sorcier aux yeux verts pouvait même voir Ginny se moquer silencieusement de la réaction de ses frères, quelques sièges plus loin.

« Tu sais quoi Fleur ? » demanda Harry en souriant à la fille à côté de lui. « C'est en train de devenir une année particulièrement intéressante. » Si son sourire pouvait indiquer quoi que ce soit, c'était qu'elle partageait son avis.


Voilà, j'espère que ça vous a plu aussi, comme toujours, n'hésitez pas à laisser un petit commentaire !

Bisous !