Chapitre 55

La Première Tâche


Bonjour tout le monde ! Je ne peux que m'excuser encore une fois pour le délai immense ! Et j'essayerai de faire mieux pendant les vacances qui arrivent, mais rien n'est garanti. Merci à ma bêta pour continuer à corriger alors que je lui envoie les chapitres à intervalles pas du tout régulier. Merci encore à tous, pour avoir laissé une review ou juste follow cette fic, ça me prouve que des gens la lise et c'est motivant !

Bref, sans plus vous faire attendre !

Enjoy,


Disclaimer : Rien ne m'appartient, à part la traduction


« La première tâche, c'est des dragons. » cracha Harry, ne sachant pas quoi faire d'autre pour faire taire son jumeau qui se plaignait. « Les autres champions le savent déjà. Je me suis dit que je devrais te le dire aussi. » Et il le laissa là, très confus et enfin silencieux. Il monta les marches jusqu'à son dortoir et tomba sur son lit la tête la première, persuadé qu'il préférerait faire face à un dragon énervé plutôt que d'essayer de faire rentrer un peu de plomb dans la tête de son frère.

Les jours défilèrent tous de la même manière, rendant Harry de plus en plus frustré. Adrian était toujours aussi obstiné et avait refusé de lui parler, encore moins demander de l'aide à quelqu'un. Au moins Hermione l'aidait pour ses recherches à la bibliothèque, un peu comme Neville le faisait avec Harry. Au bout de quelques jours, Harry décida qu'il était temps qu'il se préoccupe de lui-même désormais. Neville avait soupiré de soulagement et lui avait dit 'enfin, c'est pas trop tôt' le jour où Harry avait déclaré qu'il voulait se concentrer sur le dragon qu'il affronterait plutôt que celui que son frère aurait face à lui.

Et ainsi, il avait suivi son vœu et avait passé la semaine suivante à éponger tous les livres qu'il arrivait à trouver qui traitaient de dragons. Il avait été surpris d'apprendre que le feu qui brûlait dans le cœur d'un dragon était magique, mais en réalité, cela expliquait pourquoi les ventricules de dragons étaient utilisés comme noyaux de baguette. Chaque livre que Neville et lui – et Severus, qu'Harry soupçonnait d'abuser de son titre de professeur pour passer la moitié de ses nuits à la bibliothèque pour faire des recherches sur les dragons de son côté – lisaient, soulignaient que oui, le point faible des dragons était leurs yeux. Et même s'il était persuadé qu'il pourrait trouver une bonne malédiction pour frapper le dragon dans les yeux, plus les jours passaient, plus il était déterminé à compléter sa tâche de la manière la plus spectaculaire possible. Qu'on le traite de vaniteux, peu lui importait, mais il voulait faire ça pour lui. Il en avait besoin.

Dans tous les cas, il pratiqua quelques sorts cuisants soigneusement sélectionnés qui étaient à la fois puissants – mais pas suffisamment pour blesser le dragon très longtemps – et qui pouvaient être lancés de loin tout en restant précis. Ça ne coûtait rien d'être préparé à toute éventualité. Ce fut cette après-midi, deux semaines avant la première épreuve, alors que Neville et Harry se renseignaient sur un sort de grande portée particulièrement prometteur, que Remus et Sirius rentrèrent dans la pièce, à la recherche du jumeau Potter aux yeux verts. Harry eut à peine le temps de jeter un regard perdu à Neville avant que son parrain et son oncle ne s'asseyent en face d'eux.

« Salut, gamin ! » le salua Sirius, dédaignant le fait qu'ils étaient dans la bibliothèque.

« Sirius. » chuchota Harry, la voix rauque puisqu'il n'avait pas parlé depuis trois heures.

« On voulait te parler de quelque chose. » expliqua Sirius, la voix encore trop bruyante pour la bibliothèque. Ce ne fut d'ailleurs pas une surprise lorsque la bibliothécaire lui demanda soit de baisser d'un ton soit de partir. Et ce ne fut pas une surprise non plus lorsqu'il choisit de partir en demandant à Harry de le suivre. Neville fit non de la tête lorsqu'Harry lui fit signe de le suivre, un petit sourire en coin. Il ne l'avait pas dit à Harry, au cas où il ait tort, mais il avait le sentiment que, de tous les membres de sa famille, ces deux-là seraient les premiers à proposer de l'aide à Adrian et offrir les conseils qu'ils pourraient donner. Il les regarda quitter la bibliothèque avant de retourner à son livre, un léger sourire sur le visage.

« Donc, que me vaut le plaisir ? » demanda Harry, une fois qu'ils furent sortis.

« Tu te joindrais à nous pour une petite promenade ? » proposa Remus, en jetant un regard furtif à Sirius. « C'est plus difficile d'être entendu lorsqu'on marche. » expliqua le loup-garou avant qu'Harry n'accepte, en souriant un peu à leur paranoïa.

« Passez en premier. » offrit l'adolescent, et c'est ce que firent les deux Maraudeurs. « Donc, maintenant que nous marchons, » continua Harry, « vous pouvez m'expliquer de quoi il s'agit ? »

« Commençons par dire qu'on est fier de toi gamin. » affirma Sirius, en souriant maladroitement à son filleul. Remus qui marchait à gauche d'Harry avait un grand sourire aussi. Il avait l'air plus jeune, nota Harry, plus relaxé. La Potion Tue-loup avait fait des miracles, semblait-il.

« Merci. » les remercia Harry, en leur retournant leur sourire. Ceux deux là – enfin, surtout Sirius mais Remus avait aussi cette petite tendance – pouvaient être très francs sur leurs sentiments. Ils garderaient leurs distances bien sûr, mais lorsqu'ils jugeraient qu'il était temps de parler, ils diraient ce qu'ils penseraient ou voudraient immédiatement.

« Pas besoin de nous remercier. » lui assura le loup-garou. « Mais ce n'est pas la raison de notre présence. » Et droit au but, pensa Harry avec amusement, les yeux brillants.

« J'imagine que ça a quelque chose à voir avec le tournoi ? » demanda Harry en regardant les deux adultes.

« Correct. » confirma Remus.

« Allez-y alors. »

« D'abord, je me dois de te demander, » commença Sirius, « as-tu la moindre idée de ce que tu vas devoir faire ? » L'animagus pâlit un peu en posant sa question, imaginant probablement un dragon enragé dans son esprit. Il avait l'air assez déterminé cependant, comme s'il ferait ce qu'il avait décidé, peu importait ce que serait la réponse d'Harry.

« Je ne suis pas censé le savoir. » répondit Harry, joueur, essayant de rassurer son parrain. Les deux adultes partagèrent un nouveau regard perdu, na sachant pas trop quoi faire de cette réponse.

« Écoute Harry, je comprends que tu n'es pas censé le savoir, » continua l'animagus, « mais je devrais te dire que Dumbledore a demandé autour de lui et il se peut qu'il ait laissé entendre que les autres champions le savent déjà… » Harry rit, en coupant net son parrain dans son explication. Bien sûr que Dumbledore ferait quelque chose du genre. Il pensait probablement qu''informer tous les participants était la chose juste et décente à faire, exactement comme Harry.

« Ils devraient le savoir. » s'expliqua l'adolescent, en riant un peu. « C'est moi qui leur ait dit après tout. »

« Quoi ? » s'exclamèrent Sirius et Remus en cœur, leurs expressions étant une parfaite illustration qu'on pourrait trouver dans le dictionnaire auprès du mot 'incrédulité'.

« Que la première tâche contenait des dragons. C'est moi qui leur ai dit. » répéta Harry, après avoir vérifié autour de lui, prudent, que le couloir était bien vide. Il l'était évidemment. Après tout, si quelqu'un pouvait bien connaître les meilleurs endroits pour discuter sans être entendu c'était bien les Maraudeurs, et deux d'entre eux avaient mené le chemin.

« Comment tu l'as découvert ? » demanda Sirius, la confusion dans ses yeux progressivement remplacée par de l'émerveillement.

« Sachant que j'aurais probablement des problèmes en vous le disant, je me retiendrais de vous expliquer. » Remus était sur le point de protester, donc Harry ajouta précipitamment : « Écoutez, comment je l'ai découvert n'est pas important. Et avant que vous me demandiez, je trouvais que c'était tout simplement décent d'informer le reste des champions. Je veux une compétition fair-play, et comme je le savais, tout le monde devait savoir. »

« Comme l'a dit Sirius, » répéta Remus, après s'être raclé la gorge, la voix pleine d'émotions, « on est très fiers de toi. » Ses yeux brillaient de larmes contenues, remarqua Harry dont le sourire était aussi éclatant que possible, même s'il paniquait un peu. Il n'avait pas voulu les faire pleurer, pour l'amour de Merlin ! Sirius posa une main sur l'épaule de son filleul et retourna le sourire de l'adolescent toutes dents dehors.

« Tu es un garçon génial, Harry. Enfin, un jeune homme formidable. » se corrigea-t-il, en riant doucement.

« Si tu le dis. » esquiva Harry, essayant de ne pas rougir – et échouant misérablement.

« Maintenant que nous avons clarifié tout ça, » reprit Remus , « on peut en venir à la raison principale pour laquelle on est venu te voir. » Le jeune homme hocha la tête, attendant qu'ils continuent.

« Tu as un plan pour ton affrontement avec le dragon ? » demanda Sirius, ne s'embêtant pas à tourner autour du pot, une fois de plus. Harry sourit.

« Leur plus grande faiblesse, c'est leurs yeux. » récita le garçon, et les deux adultes eurent un signe de tête approbateur. « J'ai fait des recherches et je me suis entraîné à lancer des sorts de longue portée pendant toute la semaine. Je travaille aussi sur des boucliers résistant au feu, développés spécialement pour ceux qui travaillent avec des dragons. Je m'en sors plutôt bien d'ailleurs. »

« Tu plaisantes pas avec ce tournoi, n'est-ce pas ? Tu as vraiment envie de gagner. » demanda Sirius, soupirant en passant sa main dans les cheveux, rappelant son père à Harry. Il fit de son mieux pour réfréner son rire.

« Pourquoi j'aurais voulu participer sinon ? » argumenta Harry, souriant encore.

« C'est vrai. » acquiesça Remus, en hochant la tête. « Il semble que finalement notre aide n'était pas nécessaire. » Harry observa les deux hommes perdus dans leurs pensées, restant silencieux en marchant. Les deux Maraudeurs l'avaient conduit dans les couloirs du château, le ramenant à la bibliothèque.

« Je peux demander votre aide sur quelque chose ? » finit-il par dire, en s'arrêtant lorsque les portes de la bibliothèque furent dans son champ de vision.

« Ce que tu veux, gamin ! » assura Sirius.

« Adrian refuse de me parler en ce moment. » admit Harry, en regardant les deux adultes. Ils n'eurent pas l'air surpris donc ils avaient probablement dû être informés de ce fait également. « Est-ce qu'il a écouté nos parents ? Je sais qu'ils ont tenté de lui parler la semaine dernière. » continua l'adolescent.

« Pas vraiment, non. » l'informa Sirius. Harry soupira d'exaspération.

« Foutue fierté ! » marmonna-t-il, en fixant le vide, perdu dans ses souvenirs de sa dernière conversation – si on pouvait l'appeler ainsi – avec son jumeau. « Vous ne pourriez pas tenter de lui parler ? »

« Tu penses qu'il pourrait nous écouter ? » demanda Remus, peu convaincu.

« Hé, vous êtes les oncles cool et sympas ! » s'exclama Harry, faisant rire Remus et Sirius bomba le torse pour faire le pitre. « Non, sérieusement, s'il écoute qui que ce soit, ce serait vous. Aidez-le, si vous pouvez, d'accord ? »

« Bien sûr Harry. » lui promit Remus, en souriant tendrement au jeune homme. « Tu es un bon frère pour lui. »

« J'essaye en tout cas. » avoua Harry, en cachant son amertume aussi bien que possible. Vous n'avez pas idée à quel point j'essaie, ajouta-t-il mentalement.

« On lui parlera. » promit Sirius, solennel. « Tu t'occupes de toi, laisse-nous Adrian. » Harry sourit et acquiesça.

« Merci. Et je le pense. »

« Pas de quoi, Harry. » dit Remus. « On devrait te laisser retourner à tes recherches. Et si tu as besoin de quoi que ce soit d'autre… »

« Si j'arrive dans une impasse, je demanderais de l'aide. Mais je suis supposé me débrouiller par moi-même et, même si je ne suis pas suicidaire, je vous l'assure, je me dois d'essayer. » Sirius et Remus acquiescèrent et Harry leur dit au revoir avant de retourner dans la bibliothèque pour raconter à Neville ce qu'il venait de se passer.

Le reste de la semaine passa presque de la même manière. Le sort qu'avait trouvé Harry se trouvait être plutôt utile. Le feu du dragon était magique et ne pouvait être contré que par de la glace d'une même nature. Le sort que Neville et lui avaient trouvé permettait de faire exactement cela, mais comportait des inconvénients. Déjà, le dragon devrait être plus ou moins immobile pour que le sort fasse effet. Une fois fini, le dragon serait incapable de bouger, certes, mais la même chose pourrait arriver à Harry. Apparemment le sort était plutôt gourmand en énergie pour le lanceur et Harry n'avait aucune idée de l'effet qu'il aurait sur lui, ne pouvant pas le lancer à l'échelle désirée. Il n'y avait simplement aucun endroit qu'il connaissait à Poudlard où il pourrait geler l'équivalent d'un dragon sans faire des dégâts ou attirer trop l'attention. Il détestait l'admettre, mais il semblait qu'il allait devoir se contenter de sorts cuisants après tout.

Ce fut le dimanche précédant l'épreuve que le monde d'Harry fut déséquilibré une fois de plus. Il avait été décidé que ce dimanche serait la première sortie de l'année à Pré-Au-Lard et l'école bourdonnait d'anticipation. Harry, comme on pouvait s'y attendre, avait du mal à se réjouir pour la sortie en elle-même. Il avait terriblement mal dormi les deux nuits précédentes, à cause de cauchemars sur ce qu'il allait affronter qui le hantait. Ce matin-là, il avait vraiment hésité à aller à Pré-Au-Lard ou rester à l'école et trouver un endroit où il pourrait s'entraîner sur un sort qu'il avait trouvé. Neville avait tapé du poing sur la table lorsqu'il avait essayé de s'expliquer.

« Tu deviens barjot enfermé dans ce château, Harry ! » avait protesté Neville au milieu de la Salle Commune, ignorant les regards qu'il attirait. « Tu as besoin de sortir et tu vas sortir, même si je dois te tirer dehors à coups de pieds au derrière personnellement ! » Et il s'était saisi de la main de son frère, en lui jetant un regard qui voulait clairement dire 'pour quelqu'un qui est censé être intelligent, tu peux être totalement stupide parfois' et l'avait tiré hors de la Salle Commune vers les Grands Escaliers, comme promis.

C'est ainsi qu'ils se retrouvèrent à entrer dans les Trois Balais. Severus, qui était assis avec les trois autres Directeurs de Maisons et Hagrid dans un coin éloigné de la taverne, lui fit un grand sourire lorsqu'il entra et lui faisant coucou, qu'Harry lui retourna. Puis l'adulte fit un signe de tête à Neville, les yeux pleins de malice. Neville lui rendit son signe de tête et le sorcier aux yeux verts pouvait presque sentir la conspiration sur sa langue. Il semblait que son père et son frère de cœur s'étaient alliés pour le faire sortir du château. Avec un grand sourire, il regarda Neville, leva les yeux au ciel avant de se diriger vers le bar.

« Quoi ? » demanda Neville, remarquant l'expression exaspérée de son frère et devinant le sentiment qui se cachait derrière cette expression. « Tu devais sortir Harry ! »

« Je sais. » admit Harry, avant de commander des Bièraubeurres pour eux deux. « Et merci de ne pas me laisser pourrir dans le château, crois-moi. »

« Je sens un 'mais' se pointer. » marmonna Neville, faisant rire son frère.

« Mais, » finit Harry, « je ne peux pas m'empêcher de penser à cette épreuve. » Il paya leurs boissons et s'assit sur un tabouret de bar, toutes les tables autour d'eux étant occupées. Neville en fit de même avant de se tourner pour le regarder.

« Écoute, » commença-t-il, en regardant son frère attentivement, « je sais que tu voulais faire quelque chose de spectaculaire pour ta première épreuve. Mais tu as un plan solide et tu pourras gérer le dragon quelle que soit la situation. Au final, c'est le plus important ! »

« Doucement mais sûrement, c'est ce que tu veux dire ? » grogna Harry, un peu irrité. Il soupira essayer de se ressaisir. La dernière chose qu'il voulait faire, c'était de se défouler sur son frère. « Désolé, Nev. C'est juste que rien de ce Tournoi ne se passe comme prévu. Ce n'est pas comme si mes plans marchaient d'habitude mais je m'attendais à ce que… Je ne sais même pas à quoi je m'attendais ! »

« Pas de concourir contre ton jumeau en tout cas. » souligna Neville, comprenant l'origine du problème d'Harry. Ce dernier hocha la tête.

« Je sais que ça a l'air insignifiant, même ridicule, mais je voulais faire ça pour moi. Tu sais ce qui se profile. » ajouta Harry en baissant d'un ton. « Je n'aurais peut-être pas d'occasion comme celle-ci avant la guerre et je suis là, à m'entraîner sur des sorts cuisants en plus ! » Il était frustré et cela commençait à se voir, il le savait, mais il ne pouvait pas faire grand-chose pour s'en empêcher.

« Salut Harry ! » dit une vois derrière lui. Il se tourna et vit Terry Boot de Serdaigle, un garçon dans la classe d'Harry et Neville en Études Antiques. « Tout est prêt pour ton épreuve ? » demanda-t-il avec un grand sourire. « J'ai mis de l'argent sur toi ! »

« Ouais. » marmonna Harry, la tête prise de vertiges. « Tout va bien ! » Terry sourit encore et partit, prenant sa boisson au passage, vers la table où il était assis où il transmit les nouvelles à ses amis. Ils se tournèrent tous pour lever leurs verres et bouteilles vers Harry, ce qu'Harry répliqua mécaniquement. Dès qu'ils se retournèrent, Harry se tourna vers Neville si vite que son cou craqua et qu'il faillit tomber de son tabouret. Il avait les yeux écarquillés et il était devenu blanc comme neige, sa respiration s'accélérait. Il montrait les premiers signes d'une crise de panique, remarqua Neville, choqué.

« Harry, tout va bien ? »

« Des gens parient sur moi ? » demanda-t-il, la voix une octave plus aigu qu'à son habitude.

« Euh… Je croyais que tu le savais ? » s'excusa Neville et les yeux d'Harry – si c'était possible – s'agrandirent encore plus. « Que dis-tu de prendre nos Bièraubeurres et de sortir d'ici ? » le pressa Neville, espérant que de l'air frais l'aiderait. Harry hocha la tête et se leva si vite qu'il dut se stabiliser avant de pouvoir marcher. Neville le suivit et adressa un regard rassurant à Severus lorsqu'ils passèrent devant leur table.

Les deux adolescents sortirent dans l'allée principale et Harry put sentir qu'il reprenait ses esprits au moment où la porte se ferma derrière eux et que le brouhaha de la taverne fut étouffé. Il n'avait pas la moindre idée de ce qui venait de lui arriver. Il s'était déjà battu devant un public avant. Il avait quand même gagné un tournoi de joute quelques mois auparavant. Il ne pouvait pas paniquer maintenant ! Il voulait faire ça !

« Je ne sais même pas ce qu'il s'est passé là-dedans. » avoua Harry à Neville, qui lui fit signe de marcher dans le village. Il y avait des élèves un peu partout, certains faisaient des courses, d'autres traînaient et Neville essayait de déterminer ce qu'ils devraient faire. Il savait qu'Harry avait besoin d'un peu de temps pour éclaircir ses pensées et pour ça, ils auraient besoin d'être tranquille. Le seul endroit qui garantissait cette condition à Pré-Au-Lard était la Cabane Hurlante. Ce sera donc la Cabane Hurlante, pensa Neville, en guidant son frère dans cette direction.

« Tu es stressé Harry, c'est ce qui s'est passé. » répondit-il à son frère, raisonnable, en attendant qu'il continue.

« Je ne comprends pas. J'ai déjà été sous pression avant. Enfin, je me suis battu contre un Basilic ! Et contre Voldemort. Deux fois ! » Il secoua la tête, en prenant une grande inspiration, en se morigénant. Il ne pouvait pas se permettre ce genre de comportement. Pas maintenant. « Et ne parlons pas des Mangemorts ! Qu'est-ce qui m'arrive ? »

« Ça s'appelle être humain » Le raisonna Neville, en regardant son frère. « Tu as fait des recherches et tu t'es entraîné pratiquement non-stop pendant ces deux dernières semaines et par-dessus ça, tu t'inquiètes pour ton frère qui a réussi à se trouver dans une situation de vie ou de mort, encore. Ce n'est pas facile Harry. Tu te sous-estimes vraiment si tu penses le contraire. »

« Je ne peux pas craquer sous la pression, Nev ! » s'écria Harry, essayant de faire comprendre à son meilleur ami. « Ma survie dépend de ma capacité à réagir sous pression ! »

« Et quand la pression, entre autres, t'a-t-elle déjà arrêté ? » demanda Neville, en souriant un peu à son frère exaspéré. « Tu vas devoir affronter un dragon la semaine prochaine. Tu as le droit d'avoir peur. Même Krum a l'air plus pâle que d'habitude et je suis presque persuadé qu'il est fait de pierre ! »

« Neville… »

« Non, écoute-moi ! Peu importe que tu ais peur, que ton plan de faire quelque chose de spectaculaire tombe à l'eau, est-ce que tu prévois d'abandonner ? Si tu pouvais, est-ce que tu choisirais de te retirer du tournoi ? » s'emporta Neville, ravi de voir son frère de plus en plus irrité à ses mots. Cela voulait dire qu'il redevenait lui-même, après tout.

« Tu es fou ? » demanda Harry, en regardant son frère, incrédule. « Comment tu pourrais seulement penser ça ? Je pourrais affronter ce dragon sans baguette s'il le fallait ! Si j'ai tué un Basilic avec une épée, tu paries que je peux… » Voyant le grand sourire de Neville, la colère d'Harry retomba immédiatement et il rougit, comprenant ce qu'il s'était passé. « Je suis débile, non ? » soupira-t-il, en secouant la tête d'exaspération et en frottant ses yeux, fatigué.

« Je n'irais pas jusque-là. » plaisanta Neville, se moquant un peu des rougeurs de son frère. « Tu avais juste besoin de sortir ça de ton système. C'est à ça que sert ce tournoi n'est-ce pas ? C'est une simulation de guerre. Sors de cet ensemble d'épreuves intact et tu seras certainement capable de gérer les Mangemorts. Après tout, qu'est-ce qui pourrait être plus terrifiant qu'affronter un dragon en colère ? »

« Affronter un Voldemort en colère. » plaisant Harry, avec un petit sourire en coin.

« Et soudain, tu es devenu un comique. » se moqua Neville, pas impressionné.

« Je trouve ça drôle. » se défendit Harry, une lueur de malice dans les yeux.

« Non, vraiment, je ne te connaissais pas ce talent. » persista Neville en secouant la tête. Ils s'arrêtèrent et se regardèrent, impassibles. Pendant une seconde. C'était parfaitement naturel, pensa Harry, qu'ils éclatent de rire tellement fort que, lorsqu'il réussit à reprendre son souffle, il était par terre et se tenait les côtes.

« Merlin ! J'en avais bien besoin. » avoua Harry, en ricanant encore de temps à autre, se relevant du sol. « Merci frérot. »

« Je sais bien. Et de rien. » le rassura Neville. « On a l'air ridicule par contre. » Harry acquiesça, parfaitement d'accord, et essaya de se débarrasser de la saleté sur ses vêtements.

« C'est bien vrai. » confirma-t-il en regardant son pantalon résigné avant d'hocher les épaules, trouvant qu'il avait une allure suffisamment décente. « On est… » Il regarda autour de lui, sceptique, se rendant compte que depuis qu'ils étaient sortis des Trois Balais, il n'avait aucune idée du chemin qu'ils avaient pris. « On est où ? »

« Près de la Cabane Hurlante. » lui indiqua Neville, en pointant le bout de la route. Harry pouvait distinguer le toit en piteux état, entre les arbres. « Je me suis dit que tu aurais peut-être besoin de calme. »

« Tu avais raison. » approuva Harry, regarda autour de lui. « Tu sais, je n'ai jamais vraiment visité la Cabane Hurlante. »

« Non ? » demanda Neville, en regardant son frère avec curiosité. « Et bien, grand-mère m'y a emmené quand j'étais petit et qu'elle rendait visite à une amie à elle à Pré-Au-Lard. Il n'y a pas grand-chose à voir, mais on peut marcher jusque là-bas. Ce n'est pas si loin. »

« Et je n'ai pas très envie de retourner au pub, merci bien. Je peux presque sentir une migraine arriver, rien que d'y penser. » affirma Harry. Il avait encore besoin de calme et de paix et les Trois Balais seraient encore plein d'élèves.

« Donc, que dis-tu de rendre visite à la Cabane Hurlante ? » proposa son ami, en lui souriant.

« Pourquoi pas ? » répondit Harry. Et ils marchèrent, parlèrent – bien plus sereinement – de l'épreuve. Ils ne mirent pas longtemps à arriver à la clairière où se trouvait la vieille cabane. C'était probablement un manoir avant, pensa Harry, à en juger sa taille. Peut-être que c'était une de ces résidences où les familles avaient disparu. Mais, même en ruines, elle avait servi. Harry ne pouvait même pas se rappeler combien d'histoires il avait entendu sur cet endroit en grandissant. A en croire Sirius, cette ruine était le paradis sur terre. Au vu des derniers évènements, Harry en doutait.

« Incroyable. » dit Neville, quelque part sur sa gauche.

« Ouais je sais. » acquiesça Harry. « Ça tient encore debout ! »

« Non, pas ça ! » marmonna Neville. Harry se tourna vers lui, curieux. Son frère pointait du doigt le bout du chemin, juste à côté de la barrière de la Cabane Hurlante. Une silhouette seule se profilait au loin, tournant le dos aux deux amis. Une silhouette seule avec des cheveux blonds platine parfaitement reconnaissables.

« C'est une blague. » chuchota Harry, en regardant Neville, exaspéré. Les rencontres avec Draco s'étaient faites rares pendant tout le trimestre et, la seule fois où Harry avait besoin d'être loin des autres, ils tombaient sur lui.

« Qu'est-ce qu'on fait ? » demanda Neville. Harry ne put jamais répondre. Il ne savait pas si Draco les avait entendus, ou s'il avait juste décider de repartir, mais de toute façon, il se tourna et les vit immédiatement. « Oh joie ! » ironisa Neville, alors qu'ils observaient Malfoy s'immobiliser avant de se redresser et de se diriger droit sur eux.

« Qu'est-ce que vous faîtes là ? » questionna le Serpentard blond, d'un ton sec, une fois assez proche d'eux.

« Pardon ? » répondit Harry, un peu déstabilisé. Il ne se rappelait pas avoir fait quoi que ce soit à Draco qui aurait pu le faire réagir ainsi et Malfoy s'était contenté de l'éviter après l'incident avec le Rappeltout de Neville la première année.

« Vous me suivez ? » persista Draco, en regardant les deux adolescents surpris les yeux plissés de colère.

« Quoi ? » s'exclama Harry, son cerveau n'arrivant pas à s'adapter à cette situation.

« J'ai dit, » répéta Malfoy, cette fois réellement en colère et absolument pas comme pendant ses joutes verbales avec Adrian, « Vous. Me. Suivez ? »

« Mais t'es malade ? » demanda Neville, en regardant le Serpentard comme s'il savait déjà que la réponse à cette question était positive.

« Ce n'est pas une réponse Longdubat ! » s'écria Draco, en jetant un regard noir à Neville.

« À quoi tu t'attendais avec une question pareille ? » rétorqua Neville, commençant à s'énerver à son tour.

« Pourquoi est-ce qu'on te suivrait ? » demanda Harry, regardant Draco avec confusion.

« Je ne sais pas ! C'est à vous de me le dire ! » insista Malfoy. 'C'est moi ou tout le monde passe une journée pourrie ?', pensa amèrement Harry en réunissant ses esprits avant de reparler, avant que Neville ne réunisse assez de colère pour frapper Malfoy en plein visage.

« On ne te suivait pas. » affirma Harry, d'une voix la plus calme possible. « On avait juste envie de faire un tour à la Cabane Hurlante. J'imagine que ta présence ici veut dire que tu as pensé la même chose. »

« Donc vous ne me suiviez pas. » répéta Draco, en reculant d'un pas.

« Non ! » s'exclama Neville.

« Oh. » lâcha le blond, baissant les yeux vers le sol. Un silence tendu s'installa entre les trois jeunes, silence que personne n'avait l'air d'avoir envie de rompre.

« Et pourquoi tu étais là tout seul ? » demanda Neville, en demandant la première chose qui lui venait à l'esprit, pour que ce silence pesant s'arrête. « Où sont Crabbe et Goyle ? » Et ce n'était, apparemment, pas la bonne chose à dire.

« Parce que je ne peux pas aller quelque part tout seul ? » s'insurgea Draco, sa voix de plus en plus forte. « Je dois être flanqué de deux armoires à glaces complètement stupides tout le temps, parce que c'est ça que les gens comme moi font ! » Il avait l'air à moitié fou, pensa Harry, alors que le blond se rapprochait de Neville, en le pointant du doigt. « C'est ça que tu voulais dire Longdubat ? »

« Mais t'es taré ? Je t'ai juste demandé pourquoi tu étais là tout seul, alors que tous tes amis sont… »

« Je n'ai pas d'amis ! » explosa Malfoy.

« Mais ce n'est pas ma faute ! » hurla Neville en retour.

« Mais qui a parlé de toi ? » cracha Draco, le visage aussi rouge que celui de Neville.

« Mais pourquoi vous criez ? » s'époumona Harry, en regardant les deux autres complètement perdu. « Quoi, c'est le jour où tout le monde devient fou ? » Draco et Neville se tournèrent vers lui, bouche bée.

« Je… Je ne sais même pas. » avoua Neville.

« Bon, oubliez ça, d'accord ? » soupira Draco, les yeux à nouveau fixés sur les feuilles qui avaient en grande partie recouvert le sol autour de la Cabane. « Je passe juste une journée horrible. » Plus tard, lorsqu'Harry repenserait à ce moment, il ne serait jamais capable de retrouver exactement ce qui l'avait empêché de laisser Draco de partir. De toute façon, c'est ce qu'il fit.

« Tu n'es pas le seul. » admit le sorcier aux yeux verts. Malfoy leva ses yeux gris vers lui.

« Comment est-ce que toi, d'entre tous, tu passerais une journée horrible ? » demanda Draco, ayant vraiment l'air estomaqué.

« Comme tout le monde, j'imagine. Tout a l'air de se casser la figure. » répondit Harry, en haussant les épaules. Neville continuait de fixer son frère et le garçon qui l'avait malmené pendant sa première année à Poudlard, sous le choc, son expression indiquant clairement à quel point il ne revenait pas de ce qui se passait.

« Tu rigoles Potter ! » s'exclama Draco, le visage fatigué. « Quels problèmes tu pourrais bien avoir ? »

« Quels problèmes je pourrais avoir ? » répéta Harry, riant d'un rire sans joie. « La première épreuve est dans quelques jours, mon jumeau me déteste et a de fortes chances de finir blessé s'il n'arrête pas de monter sur ses grands chevaux, je n'ai presque pas dormi depuis deux jours, ma tête va bientôt exploser et je suis presque sûr qu'il y a des gens aux Trois Balais qui parient en ce moment sur la possibilité que je meure dans quatre jours. » s'énerva Harry, en parlant avec les mains pour appuyer sa diatribe. « Mais comment s'est passé ta journée ? »

« J'ai surpris mes soi-disant amis débattre de ma santé mentale actuelle et d'exploser de rire en disant que j'étais pathétique ce matin, j'ai reçu une lettre de mon père qui me dicte pratiquement comment je devrais vivre ma vie jusqu'à la fin du trimestre – jusqu'aux prochaines instructions – j'ai croisé ton très cher frère qui a pensé que ce serait une bonne idée de démarrer une bagarre la seule fois où je décide de ne même pas lui jeter un seul regard et puis, quand j'arrive ici pour être tout seul, je tombe sur vous deux. » débita Draco, avec un sourire qui montrait que oui, il devenait peut-être un peu barjot. « Mais regardez le beau temps qu'il fait quand même ! » ajouta-t-il de nulle part, avant de se frotter les yeux.

« J'ai compris que la moitié de ce que tu as dit, » avoua Harry, « mais je dois toujours affronter un dragon d'ici quatre jours, donc je gagne. » Neville ainsi que Draco se retournèrent violemment vers lui dès que le mot 'dragon' sortit de sa bouche.

« Harry ! » s'écria Neville, en regardant son frère comme s'il était devenu fou.

« Un dragon ? » demanda Malfoy, les yeux écarquillés. « Un vrai dragon ? »

« Oui, tu sais, ceux qui crachent des flammes et qui ont des hobbies qui comprennent, de manière non exhaustive, manger des sorciers et réduire des villages en cendres. » plaisanta Harry, essayant d'être nonchalant. Draco continuait de le fixer.

« Je n'arrive pas à croire que tu lui aie dit. » marmonna Neville, en regardant son frère puis Draco, attendant la réaction du blond.

« Comment tu sais que tu vas affronter un dragon ? » demanda Draco.

« Je suis tombé sur leurs cages, il y a quelques semaines. C'était encore une autre journée très amusante. » ironisa-t-il, mais esquissant un vrai sourire devant le choc inscrit sur le visage du Serpentard.

« Oh. » fit Draco, ne comprenant pas comment leur conversation/match de cris les avait finalement menés à ça. « Bon, dans ce cas, je pense que tu gagnes celle-ci. »

« C'est tout ? » demanda Neville, en plissant les yeux. « Pas de menace d'aller cafarder qu'il sait pour l'épreuve ? Rien du tout ? » Draco haussa les épaules et fit non de la tête.

« Je suis pas d'humeur là. » avoua-t-il.

« Je crois que tu nous l'as cassé, Harry. » plaisanta Neville, en riant un peu.

« Mais non ! » rebondit Harry, encore un peu choqué de la tournure des évènements. Il était persuadé que Draco l'aurait menacé en réalité. Il avait juste espéré une réponse normale du Serpentard qui permettrait une conversation. Et il l'avait eu. « De toute façon il ne peut me menacer de rien. Je sais ce qu'est la première épreuve mais les autres champions aussi. Et Dumbledore sait que nous le savons. Donc, dans cette éventualité, il aurait des ennuis en allant cafter. » expliqua Harry à Neville, qui sourit et hocha la tête.

« Il est juste là, merci beaucoup ! » s'écria Draco, légèrement irrité.

« Oui, on sait. » répondit Neville, en regardant le Serpentard comme s'il s'attendait à ce qu'il avoue être Fred Weasley sous une tonne de Glamours.

« Donc, » poursuivit Harry, décidant que puisque la situation ne pouvait pas devenir plus étrange, il pouvait au moins mener sa petite enquête. Après tout, cela faisait un moment qu'il voulait savoir ce qu'il se passait avec Draco depuis cet été. « Maintenant que nous en sommes là, et si tu nous expliquais ce qu'il t'est arrivé ? »

« Marrant. » commenta Draco, en donnant un coup de pied dans un tas de feuilles. « C'est une des choses que Blaise a demandé ce matin.

« De quoi ? » demanda Neville, ne suivant pas la conversation.

« Qu'est-ce qui m'arrive. » précisa Draco. « J'ai eu une conversation très intéressant avec mes camarades plus tôt dans la journée. Enfin, je dis une conversation mais c'est plutôt eux qui parlaient de moi alors qu'ils pensaient que j'étais déjà parti pour Pré-Au-Lard. »

« Tu voudrais partager avec le reste de la classe ? » demanda Neville, s'attendant à se réveiller d'une minute à l'autre. Parce que ce devait bien être un rêve, non ?

« Non. » refusa Draco avant de soupirer et continuer quand même. « En bref, la conversation portait sur le fait que je n'étais pas moi-même et que, sans l'influence de mon père, ils m'auraient probablement lâché depuis un moment. »

« La vie dans la maison Serpentard a l'air… horrible. » commenta Neville.

« Tous les Serpentards ne sont pas des bâtards, Longdubat. » riposta Draco, protégeant sa Maison. « Peut-être ceux avec qui je traîne. » ajouta-t-il, essayant de paraître désinvolte, ce qui échoua un peu puisqu'il serrait les poings si fort que ses bras étaient sur le point de trembler.

« Ça, je le sais bien. » affirma Harry, offrant un léger sourire en direction de Draco.

« Comment ça ? » demanda Draco, en haussant un sourcil, sceptique.

« J'ai été élevé par un certain Severus Snape, si tu te rappelles bien. » expliqua Harry. « Et c'est le meilleur homme que je connaisse. » Malfoy eut l'air déconcerté par la franchise avec laquelle Harry s'était exprimé sur le Directeur des Serpentards.

« C'était un choc. » admit Draco.

« Tu sais ce qui était vraiment un choc ? » demanda Harry, ayant enfin trouvé son moment. « Toi, protégeant la famille Moldue pendant le raid des Mangemorts en août. » Draco pâlit, ce qui, à cause de son teint déjà très clair, était un exploit en soi.

« Je ne vois pas de quoi tu parles. » réussit à dire Draco après quelque secondes de silence.

« N'essaye même pas Malfoy. » l'avertit Harry. « J'étais là. Tu te rends compte des efforts que j'ai faits pour ne pas venir te questionner depuis le début du trimestre ? » Draco se retourna pour regarder la Cabane Hurlante, ne sachant pas quoi dire. Il se passa la main dans ses cheveux et soupira.

« C'était des enfants, d'accord ? » finit-il par murmurer, au moment où Harry allait reposer sa question. « Je ne sais pas pourquoi je l'ai fait. C'était des Moldus, quand même. On m'a appris à détester les Moldus, tout ce que je sais d'eux, c'est qu'ils nous sont inférieurs. » Il se retourna encore une fois pour regarder Harry et Neville, comme s'il les suppliait de le comprendre, ou peut-être de le faire comprendre ce que ses propres actions signifiaient. « Mais la seule chose qui m'est venue à ce moment là c'était, 'Merlin, ce sont des enfants et ils vont mourir sous mes yeux'. J'ai juste riposté et je me suis enfui. Je ne sais pas pourquoi je l'ai fait. » répéta-t-il, le ton presque implorant.

« Tu sais quoi Malfoy ? » se lança Neville, ayant encore du mal à croire ce qu'il venait d'entendre. « Quand tu oublies que tu es censé être un con, t'es presque quelqu'un de bien. »

« C'était un compliment ? » demanda Draco, clairement choqué.

« Presque un compliment, en tout cas. » plaisant Neville. Et Draco rit, ce qui le choqua tellement qu'Harry était sûr qu'ils n'avanceraient pas plus aujourd'hui.

« En fait, pourquoi tu nous as dit ça ? » demanda-t-il en le regardant dans les yeux.

« Je n'en sais rien. » admit Draco. « Ça arrive beaucoup ces derniers temps. Je veux dire, je ne vous aime même pas ! » Ce qui ne sonnait même pas comme une insulte, peu importe combien Draco avait essayé – s'il avait essayé tout court.

« Certainement. Tu ne nous connais pas assez pour nous apprécier. » répliqua Harry.

« Bon, il faut que je m'en aille. » s'exclama Draco, ne sachant pas quoi tirer de ce qu'Harry venait de dire et c'est ce qu'il fit, ne regardant même pas derrière lui. Harry appela son nom, sans réfléchir avant de parler.

« Draco ! »

« Quoi ? » grogna le blond, l'irritation perçant clairement dans sa voix, même s'il ne se tourna pas pour regarder Harry.

« Demain avant le repas du soir, Nev et moi on sera à la bibliothèque. On va faire des recherches sur comment réduire un dragon en poussière, » expliqua-t-il, même s'il exagérait un peu « donc on ne devrait pas t'ennuyer totalement. »

« Qu'est-ce que tu es en train de proposer Potter ? » demanda Draco, alors que Neville regardait Harry comme si le Serpentard lui avait sorti les mots de la bouche.

« Tu pourrais venir et ne pas nous aimer là-bas, si tu veux. » Draco eut l'air de s'arrêter de respirer pendant une seconde.

« Pourquoi pas ? » demanda-t-il à personne en particulier, avant de s'éloigner d'un pas vif de la clairière pour retourner à Pré-Au-Lard.

« Tu sais quoi, je ne vais même pas demander ce qu'il vient de se passer. » commenta Neville, cinq minutes plus tard, lorsqu'il eut retrouvé sa voix. « C'est au-delà du royaume des possibles. »

« Bien d'accord, frérot. » acquiesça Harry en regardant Neville, interdit. Le retour jusqu'à l'école fut peuplé d'analyses sur la conversation qu'ils venaient d'avoir. Ils n'en tirèrent que plus de questions et pratiquement aucune réponse, donc ils continuèrent d'en parler pendant la moitié de la journée. Harry raconta même l'histoire à son père plus tard dans la journée, lorsque le maître de Potions était rentré de Pré-Au-Lard. Tout ce que Severus lui offrit fut un rappel que tous les changements n'étaient pas négatifs et qu'il devrait attendre et voir comment les choses évolueraient.

« De ce que j'en ai compris, » dit Severus, réfléchissant sur ce qu'il venait d'apprendre, « Draco passe une mauvaise année à Poudlard. Peut-être que ça a commencé pendant la Coupe du Monde de Quidditch. Tu m'as dit qu'il avait l'air secoué lorsqu'il se remémorait l'incident. »

« Plutôt perdu par ses propres actions. » corrigea Harry, en revoyant Malfoy ce matin-là. « Et oui, peut-être secoué aussi. »

« Tu ferais mieux d'attendre et voir ce qu'il se passe demain. » lui conseilla Severus.

« Si Draco se montre. » le contredit Harry. Severus hocha la tête, reconnaissant qu'il y avait de grandes chances que Draco ne vienne pas du tout. Le lendemain, les observations d'Harry semblèrent se solidifier en certitudes. Draco l'avait évité ainsi que Neville pendant le cours de Potions, en s'enfuyant presque à la fin du cours. Il ne s'attarda même pas à la table des Serpentards pendant le déjeuner. Ce fut donc une surprise totale lorsque Draco s'assit dans le siège à côté d'Harry, une heure et demi après que les deux amis se soient installés dans la bibliothèque.

« Pas un mot. » marmonna Draco, en sortant un parchemin vierge et sa plume de son sac. Neville et Harry n'étaient de toute façon pas vraiment en état de parler, juste capables de le fixer. Finalement, Draco soupira et ajouta « Donc, vous allez me dire sur quoi vous travaillez, ou vous voulez vraiment que je passe des heures assis ici et ne pas vous aimer ? » Harry secoua la tête et lui tendit un livre sur un sort de glace qu'il avait trouvé. Et Neville et Harry n'admettraient jamais que son commentaire les avaient fait sourire intérieurement.

« C'est ce que je voudrais utiliser. » chuchota Harry. Il vit du coin de l'œil un groupe de Gryffondors de 6ème année qui observaient la scène quelques tables plus loin avec de grands yeux. Sachant que ces même Gryffondors ne l'auraient jamais regardé l'année passée, il décida de ne pas porter d'attention à eux ou à leurs réactions. « Je finirais probablement par utiliser un maléfice Cuisant en visant les yeux du dragon, mais… »

« Tu visais quelque chose de spectaculaire ? » demanda Draco, en regardant les deux garçons confus avant de retourner son regard sur le sort.

« Ouais en gros. » confirma Neville.

« Oh. Et qu'est-ce que tu voudrais faire avec ce sort ? »

« Geler le dragon ? » répondit-il presque timidement, attendant la réaction du Serpentard. Draco ne le déçut pas.

« Tu es taré ? » s'exclama-t-il en écarquillant les yeux. « Ou plutôt, tu as envie de te suicider ? Même si tu arrivais d'une manière ou d'une autre, miraculeusement, à geler le dragon totalement, tu t'évanouirais de fatigue et, lorsque la glace serait fondue, parce que la glace fondra, tu finirais en pâtée pour dragon ! »

« Chhhh ! » le réprimanda Mme. Pince, en les regardant sévèrement. Draco lui lança un regard noir mais baissa d'un ton malgré tout.

« Je sais. » admit Harry. « Mais je suis tenté, d'accord ? »

« Donc, tu pensais immobiliser un dragon en utilisant de la glace ? » demanda Draco.

« Oui, » répondit Neville. « De la glace magique contre du feu magique. C'est plutôt censé. »

« Pas vraiment. » déclara Draco, en se parlant surtout à lui-même.

« Pourquoi pas ? » demanda Harry, en regardant le Serpentard avec intérêt. C'était assez dur, réalisa Harry, de penser à Draco comme l'énervant prince de Serpentard qu'il connaissait, à ce moment précis. Mais il ne pouvait pas non plus oublier comment il avait traité Neville ces dernières années. Ils étaient coincés, tout pouvait arriver.

« Le feu dans le cœur d'un dragon brûle presque sept fois plus que n'importe quel feu magique. La glace fondrait sept fois plus vite autour de sa poitrine, et si le dragon venait à pouvoir bouger, ne serai-ce qu'un tout petit peu, il pourrait briser le reste de la glace assez rapidement. » Harry et Neville le fixèrent pendant un moment, interdits. « Quand j'ai réalisé que 'Draco' était le mot latin pour 'dragon', je suis devenu fou et j'ai lu tout ce que je pouvais sur les dragons. » expliqua le Serpentard en levant les yeux au ciel.

« Je vois. » dit Harry, en hochant la tête.

« Et comment tu pensais immobiliser le dragon suffisamment longtemps pour jeter ton sort ? » demanda Draco.

« Entraves temporaires. » expliqua Harry. « Essayer d'utiliser tout ce que je peux trouver dans mon environnement pour le maintenir immobile aussi longtemps que nécessaire.

« Hum. » Draco continua de lire les notes qu'ils avaient faites.

« Le problème, » poursuivit Neville, « c'est qu'on ne sait pas ce que sera son environnement. »

« Où étaient les cages que tu as vues ? » demanda Draco.

« Dans la forêt. » expliqua Harry. « Pour moi, la seule raison pour que l'épreuve se déroule là-bas, c'est que les juges soient suicidaires. »

« Et s'ils sont sadiques, » ajouta Draco après quelques secondes de réflexion, « ils vous feront combattre les dragons sur un terrain rocheux. C'est là que les dragons sont le plus avantagés. »

« Je ne dirais pas qu'ils sont sadiques, » chuchota Harry, « mais le but est que l'épreuve soit la plus difficile pour nous. »

« Donc, un terrain rocheux ? » répéta Neville.

« Et bien, les rochers ne brûlent pas. » commenta Draco.

« C'est un plus. » confirma Harry. Ils passèrent un petit moment à réfléchir en silence avant que Draco ne prenne la parole.

« Vous savez, ça me rappelle un conte que me racontait ma grand-mère. » Harry et Neville le regardèrent, confus, une fois de plus.

« Comment ça ? » demanda Harry.

« Et bien… Je ferais mieux de vous raconter l'histoire. » marmonna Draco, en se passant la main dans la nuque et rougissant un peu. Il avait probablement parlé à voix haute sans le vouloir, réalisa Harry.

« Pas de soucis. » répondit Neville, remarquant l'inconfort de Draco.

« Il était un fois, il y avait un Roi qui avait deux fils. Lorsque le temps arriva et que le vieux Roi sentit que ses jours dans ce monde se termineraient bientôt, il appela ses fils à lui et dit 'Vous prendrez deux chevaux de l'étable et ferez la course d'ici jusqu'à la frontière nordique. Celui dont le cheval choisi arrive en dernier gagnera mon trône'. » narra Draco.

« Il dit qu'il voit pas le rapport. »

« Tais-toi et écoute Longdubat ! » s'énerva Draco et jetant un regard noir à Neville.

« D'accord, » se plia Neville, « mais j'espère qu'il y a quelque chose d'intéressant là-dedans. »

« Les deux princes obéirent, » continua Draco, ignorant l'intervention de Neville « et commencèrent leur course, chevauchant aussi lentement que possible. Quelques jours plus tard, ils passèrent devant un vieux monsieur, qui, incapable de retenir sa curiosité, leur demanda pourquoi ils chevauchaient ainsi. Les princes expliquèrent leur problème, faisant rire le vieil homme qui leur montra l'évidence 'Mes princes,' dit-il, 'si vous montiez tous les deux sur le cheval de votre frère, votre problème serait réglé !' »

« Donc, » commença Harry, « ce que tu veux dire c'est qu'on ne regarde pas le problème sous le bon angle ? » Draco acquiesça d'un signe de tête.

« Et tu ne pouvais pas le dire tout de suite ? » se plaignit Neville, en faisant rougir le Serpentard.

« Je voulais le faire mais l'histoire est intéressante ! » Neville leva les yeux au ciel et Harry leur fit signe de baisser d'un ton s'ils ne voulaient pas se faire exclure de la bibliothèque.

« Qu'est-ce que tu voulais dire donc ? » demanda-t-il à Draco.

« Pour moi, ce serait plus logique d'utiliser ton terrain pour immobiliser le dragon définitivement et utiliser la glace pour l'immobiliser temporairement. Ne me demande pas comment, c'est une simple idée. » Mais Harry ne l'écoutait plus. Il s'accorda un petit moment pour grimacer intérieurement devant sa stupidité, avant de fouiller dans les piles de livres autour de lui, finissant par tirer un bouquin en bas de la troisième pile à sa droite. Neville dut presque sauter pour rattraper les livres de la pile qui tombaient pendant qu'Harry ouvrait le livre dans sa main.

« Je suis un imbécile, » grogna-t-il, en faisant défiler les pages. « C'était là depuis tout ce temps. Tu me l'as même fait remarquer Nev ! »

« Vraiment ? » demanda Neville, choqué.

« Fait remarquer quoi ? » demanda Draco, en regardant Neville pour avoir des explications. Le Gryffondor haussa les épaules, tout aussi perdu que l'héritier Malfoy.

« Regardez ! » finit par dire Harry, en ouvrant le livre à la bonne page et en la montrant aux deux adolescents. Ils ne mirent pas longtemps à comprendre l'idée derrière la tête d'Harry.

« C'est définitivement ostentatoire. » murmura Draco, hébété.

« Et taré, n'oublie pas taré. » ajouta Neville, alors que Draco acquiesçait, se demandant dans quoi il venait d'embarquer.

« Et comme ça ne demande pas de figer quoi que ce soit, et qu'il ne faut pas créer quelque chose de nulle part, ce n'est pas aussi fatiguant que le sort de glace. » chuchota Harry avec ferveur. « Vous ne voyez pas ? » Neville hocha la tête, sachant qu'Harry irait jusqu'au bout de son idée. Il était suffisamment fou pour le réussir.

« Mais comment comptes-tu t'entraîner pour le sort ? » demanda Draco, n'arrivant pas à croire ce qu'il demandait. Le plan était fou et Harry aussi, de ce qu'il pouvait voir.

« Ça ne laissera pas de traces, donc les terrains derrière le château seraient idéals. Loin de la cabane d'Hagrid bien sûr, et des cages. » marmonna Harry, formant un plan dans sa tête. « Et je ne peux pas le faire en plein jour, bien sûr que non. » Neville comprit et hocha la tête. Il eut l'air pensif un moment, avant de secouer la tête et se tourner vers Draco, qui regardait toujours Harry, un peu confus.

« Dis, Malfoy, » demanda-t-il, « à quel point es-tu contre être hors du château après le couvre-feu ? »

« Je suis le Serpentard ici, Longdubat ! C'est moi qui devrait te poser cette question ! » répondit Draco, essayant d'avoir l'air vaguement insulté. Cependant il souriait un peu, donc Neville conclut que ça ne le dérangeait pas. C'est ainsi que tous les soirs pendant quelques jours, ils firent le mur, grâce à la Cape d'Invisibilité d'Harry – Draco avait l'air tout aussi excité pour la Cape et l'idée de faire le mur que d'être inclus dans ce plan, même s'il faisait de son mieux pour le cacher – jusqu'à ce qu'Harry soit certain d'avoir maîtrisé le sort nécessaire. La seule nuit où ils restèrent au château fut celle qui précédait la première épreuve.

Harry n'aurait pas pu dormir sans la potion de Sommeil Calmante légère que lui avait proposé Severus. L'adolescent avait presque refusé de la boire – effrayé d'avoir une panne d'oreiller et de ne pas arriver à temps pour l'épreuve – jusqu'à ce que le maître de Potions le rassure en lui avouant qu'il prenait la même potion depuis le début de la semaine pour se calmer et qu'il s'était levé sans problème. Il était aussi assez intéressé des progrès que son fils faisait avec Draco Malfoy – même s'ils n'avaient pas parlé d'autre chose que l'épreuve depuis dimanche, le blond avait déjà l'air moins enclin à critiquer ou se moquer de tout ce qui bougeait en présence de Neville ou lui – mais avait admis qu'il ne serait pas possible de se concentrer sur cette situation avant que l'épreuve soit finie et derrière eux.

Le matin du 24 Novembre, à l'aube, il faisait soleil mais froid. Les champions avaient dû se regrouper devant l'entrée du château tout de suite après le repas de midi et donc, Harry et Adrian avaient rejoint Fleur et Krum à 14h précise devant les grandes portes. Neville lui avait fait un signe de tête encourageant à son départ, lui faisant comprendre qu'il crierait aussi fort que possible à son passage. Même Draco lui avait fait un signe de tête, lorsqu'Harry était passé devant lui, lui offrant même un léger sourire avant de se rappeler où il était. Ils étaient sortis de la Grande Salle sous les applaudissements des élèves et avaient été conduits devant le château par les quatre Directeurs de Maison, dont Severus qui voulait rester auprès de son fils aussi longtemps que possible.

« Tu vas t'en sortir comme un chef, Harry. » lui chuchota-t-il, en posant une main réconfortante sur son épaule. Harry lui fit un signe de tête et suivit le reste des champions dans les terrains de Poudlard. Même de loin il pouvait déjà voir que des changements avaient été faits. Il y avait une grande arène, qui semblait avoir apparue durant la nuit, ce qui était en fait le cas. Et elle n'était pas vide. Des rochers dépassaient dans les airs et les rugissements lointains leur rappelaient ce qu'ils allaient devoir affronter. Fleur se tourna pour le regarder, le visage inquiet et il lui fit un sourire, qu'il espérait rassurant. Elle lui sourit en retour, ce qu'il prit comme un bon signe.

Ludo Verpey les attendaient devant une tente qui avait été installée pour eux, juste devant l'arène, avec un sourire plus brillant que la loi ne devrait l'autoriser dans ce genre de contexte, selon Harry. Il portait de nouveau son vieil équipement de Quidditch, nota Harry, alors qu'il les faisait rentrer à l'intérieur de la tente.

« Et bien, maintenant que nous sommes tous ici, il est temps de vous informer ! » déclara Verpey avec joie. « Lorsque le public sera installé, je vous ferais passer ce sac, » il leva un petit sac en soie violette et le secoua sous leurs yeux, « dans lequel vous piocherez un modèle réduit de ce que vous êtes sur le point d'affronter ! Il y a plusieurs –hum – variétés, vous verrez. » Finis ton stupide discours, grogna intérieurement Harry, mais Verpey n'avait pas l'air d'avoir terminé. « Et je dois vous dire autre chose… Ah oui… Votre tâche est de récupérer l'œuf doré ! » Harry regarda autour de lui, un peu confus. Personne ne semblait être au courant pour l'œuf, donc il se contenta d'hocher la tête comme le reste des champions. Severus posa une main rassurante sur son épaule et il se redressa instantanément. Il n'était pas seul dans cette épreuve. Il lui sembla qu'à peine quelques secondes étaient passées lorsqu'Harry les entendit. Des dizaines et des dizaines de pieds qui passaient devant la tente et se dirigeaient vers l'arène. Severus et les trois autres Directeurs de Maison durent quitter la tente. Le maître de Potions ne le fit qu'après avoir serré son fils dans ses bras, se fichant de qui pouvait les voir. Harry, qui s'en fichait tout autant, lui rendit son étreinte avant qu'il ne parte, un petit sourire sur le visage. Adrian leur jetait un regard noir dans son coin, mais Harry n'y accorda pas d'importance. L'attitude de son frère s'était encore dégradée après qu'il les ait vu, Neville et lui, parler avec Draco à la bibliothèque. Mais, ayant déjà atteint le point, plutôt triste, où un supposé ennemi le traitait mieux que son propre jumeau, Harry n'avait même pas pris la peine de commenter le comportement d'Adrian.

Lily et James étaient enfin venus le voir la veille au soir, lui demandant ce qu'Adrian lui avait transmis des conseils qu'ils lui avaient donnés. Il s'était senti mal pour eux au moment où il leur avait avoué qu'Adrian et lui ne s'étaient pas réellement adressé la parole depuis environ trois semaines. Mais il s'était dépêché de les rassurer en expliquant que Sirius et Remus l'avaient aidé à trouver une stratégie, juste pour qu'ils ne fassent pas d'histoires. Comme d'habitude, c'était trop peu, et trop tard. Cela semblait devenir un motif récurrent dans leur relation ces derniers temps.

Enfin, Verpey s'approcha d'eux, amenant avec lui le sac pourpre qu'il leur avait montré. Fleur fut la première à plonger la main dans le sac et tira ce qu'Harry distingua être une réplique miniature d'un Vert Gallois Commun avec le numéro deux accroché autour de son cou. Le suivant fut Krum, le plus âgé des trois autres champions. Son dragon était un Boutefeu Chinois rouge, avec le numéro trois dans son cou. Harry soupira de soulagement. Le Boutefeu était un dragon qui pouvait cracher un feu particulièrement chaud et ne pas être face à lui l'aiderait dans son plan.

Adrian fut le suivant. Son dragon était le Suédois à Museau Court avec le numéro un autour du cou. Le jumeau aux yeux noisette pâlit en voyant le numéro alors qu'Harry songea qu'il donnerait tout pour échanger de place avec lui. Son propre dragon était le Magyar à Pointes avec le numéro quatre autour du cou. C'était un dragon de taille moyenne, s'il se rappelait bien. Cela fonctionnerait avec ce qu'il voulait faire. Bon, il avait probablement pioché le dragon le plus dangereux des quatre, mais il essaya d'ignorer ce léger détail. Le silence fut total dès que Verpey quitta la tente. Harry se répéta les étapes de son plan, encore et encore, même s'il était certain qu'ils étaient déjà gravés à vie. Puis, le nom d'Adrian fut appelé. L'adolescent déglutit fortement et s'avança vers la sortie, en lissant ses robes rouges qu'on lui avait fournies, à lui et Harry.

« Adrian ! » l'appela Harry, juste avant qu'il ne sorte. Adrian s'arrêta mais ne se retourna pas. « Fais attention à toi dehors. Et bonne chance. » Sans montrer qu'il avait entendu en dehors d'un hochement sec, Adrian sortit de la tente. Après le premier tour d'applaudissements, Harry songea qu'il donnerait tout l'or de son coffre pour pouvoir voir comment Adrian s'en sortait. Il pouvait entendre les commentaires de Verpey mais cela ne faisait qu'empirer les choses. Et lorsqu'un cri collectif résonna, il se retint avec peine de foncer dans l'arène à son tour. Même s'il aurait réussi à passer les barrières qu'il sentait installées autour de l'arène, il n'avait aucune idée de ce à quoi il aurait fait face. Après ce qui lui sembla être une éternité, un tonnerre d'applaudissement retentit et Harry put recommencer à respirer.

Il remarqua à peine Fleur et Krum quitter la tente, même s'il était sûr de leur avoir fait au moins un signe de tête avant leur départ. Il se leva et fit les cents pas dans la tente, attendant que son nom soit appelé. Le Tournoi n'avait jamais paru si réel qu'à ce moment précis. Son nom fut enfin appelé et Harry sortit de la tente pour rejoindre l'arène.

Pendant ce temps, Neville était assis dans les gradins, attendant l'arrivée de son frère. Les Parques étaient plutôt cruelles, lui sembla-t-il, puisqu'Harry serait le dernier à passer. Il espérait vraiment que Severus survivrait à l'attente. Il avait eu l'air prêt à s'évanouir lorsqu'il avait vu l'ordre de passage. Il était assis à côté des Weasley, plus précisément Ginny et son amie Serdaigle, Luna Lovegood. La jeune fille était plutôt excentrique, il le savait déjà, cependant, il devait avouer qu'elle avait les plus beaux yeux bleus qu'il ait jamais vus. Secouant la tête pour se débarrasser de telles pensée, clairement causée par l'angoisse, il ne remarqua pas Draco s'assoir à côté de lui avant que Ron ne fasse un commentaire.

« Qu'est-ce que tu fais ici Malfoy ? » cracha Ron, attirant l'attention de Neville sur l'adolescent à côté de lui.

« Je regarde l'épreuve, Weasley. Maintenant boucle là, si c'est possible. » Et il ignorant soigneusement les réactions plutôt violentes de Ron, les yeux fixés sur l'arène encore vide. Il n'avait pas fait de signe à Neville son plus, mais le garçon ne put s'empêcher de sourire avant de tourner aussi son attention vers Ludo Verpey, qui expliquait ce qui allait se passer.

Adrian avait été appelé en premier. Il avait visé les yeux directement, touchant sa cible au cinquième sort. La créature avait paniqué et avait piétiné aveuglément, sa queue fouettant l'air et heurtant Adrian qui tomba au sol. Mais il s'était relevé et s'était emparé de l'œuf d'or qui semblait être le trophée du jour au final. Tout le monde autour de Neville applaudit, à l'exception notable de Ginny. La pauvre fille devait être terrifiée, pensa Neville. Ginny avait en effet posé ses deux mains sur sa bouche et refusait de les enlever, peu importe ce qui se passait autour d'elle. Peut-être qu'elle combattait l'envie de crier, imagina Neville.

Fleur était la suivante. Elle avait endormi son dragon et n'avait été légèrement blessée que par malchance. Krum avait visé les yeux également, mais n'avait pas eu de chance non plus. Le dragon avait écrasé certains des œufs et cela lui faisait apparemment perdre des points. Et puis, ce fut le tour d'Harry. Un dragon noir à l'air féroce entra dans l'arène, ses piques plus imposantes que celles des dragons précédents.

« Un Magyar à Pointes. » souffla Draco à côté de lui, presque pâle comme la mort. Bordel, ajouta mentalement Neville, sentant le sang quitter son visage à son tour.

Dans l'arène, Harry sortit pour faire face au dragon qu'il avait tiré. Il fit quelques pas, regardant le terrain autour de lui avec attention. Il n'aurait pas pu demander quelque chose de mieux. Puis, le dragon entra dans son champ de vision. Il était immense, et terrifiant et apparemment enragé. Cela voulait bien sûr dire, qu'il l'avait suivi de ses grands yeux jaunes, dès qu'il était entré dans l'arène, ses intentions bien claires. Harry sourit et leva sa baguette. Maintenant ou jamais pensa-t-il.

« Glacies Trabem ! » ordonna-t-il, et pointa sa baguette droit vers le museau du dragon. Un rayon lumineux de glace vola de sa baguette et toucha le dragon en plein milieu du museau, le faisant s'arrêter sous le choc, ses mâchoires emprisonnées par la glace magique. Il essaya de reculer la tête, mais le sort tint jusqu'à ce qu'Harry baisse sa baguette. Tout l'avant de la tête noire du dragon était piégée dans une couche épaisse de glace brillante. Harry savait qu'il n'avait que quelques secondes avant que le dragon ne sorte de son état de choc et n'essaye de se libérer de la glace. Il pointa sa baguette vers les rochers à gauche du dragon, de l'autre côté d'un grand nid plein d'œufs parmi lesquels il distinguait clairement l'œuf doré qu'il devait récupérer.

« Iactatus Verse ! » Et la foule paniqua. L'orbe de lumière orange qui avait quitté la baguette d'Harry pour frapper le terrain à côté du dragon, sembla n'avoir aucun effet. Jusqu'à ce qu'il bouge sa baguette. C'était un sort qui avait été créé pour creuser des tunnels. Il était inévitable de finir par tomber sur des rochers et, à plusieurs kilomètres sous la surface de la terre, on n'avait pas toujours le luxe de pouvoir juste pousser les blocs de rochers hors du passage. Donc, les Gobelins de Gringotts avaient créé ce sort. Il était en général jeté par trois sorciers ou plus, mais la quantité de rochers qu'Harry voulait manipuler était quelque chose qu'il savait pouvoir faire seul.

Le moment où Harry bougea sa baguette, fut le moment où le sort fit vraiment effet. Harry pouvait sentir la magie circuler en lui pendant que les rochers autour du dragon fondaient et se liquéfiaient en magma bouillant avec un grondement puissant. Il combattrait le feu par le feu. Le magma ne blesserait pas le dragon bien sûr. Les dragons étaient connus pour naître dans des volcans. Mais une roche solide serait suffisante pour le maintenir immobile. Donc il continua d'agiter sa baguette avec précision, guidant le magma autour du dragon, faisant fondre de plus en plus de rocher, jusqu'à ce que le reptile géant soit entouré d'une rivière volante de lave. Harry serra ses deux poings et les ouvrit vers l'extérieur, fixant le magma sur le dragon avant de relâcher sa prise sur le sort.

« Catarcta ! » hurla-t-il finalement, une immense gerbe d'eau quittant sa baguette pour tomber sur le dragon. Le temps que la fumée ne se dissipe de l'arène, Harry avait escaladé le nid. La vue qui accueillit les spectateurs, lorsque la vapeur s'envola, fut une statue d'un dragon vivant et un Harry Potter, levant son œuf d'or en signe de victoire.


Voilà ! Pfiou, qu'il était long à traduire celui là ! En espérant que vous avez aimé et à la prochaine !