DEUXIEME ARTICHAUT

Je vous préviens, je suis responsable de ce que j'écris mais pas de ce que vous lisez. Si quelque que chose vous choque eh bien, préparez-vous des Pringles ça remonte le moral. Ce texte contient un bon nombre de conneries, d'allusions sexuelles et de délire. Ne me jugez pas svp. x)

-Mathieu- 12 heure 03

Mathieu marmonna, franchement paniqué et troublé :

- Antoine ?

- Excusez-moi, connaissez-vous le propriétaire de ce téléphone ?

Mathieu ne reconnaissait pas la voix. C'était une femme. Quand bien même la mère d'Antoine avait déjà répondu à un appel, elle avait toujours un ton plus traînant. Mais cette voix-là, Il ne l'avait jamais entendu auparavant.

- Euh, bah ouai sinon je ne l'appellerais pas.

Un silence se fit au bout du fil.

- Ah. Ouai. Question bête. Fini par répondre son interlocutrice.

- Qui-êtes-vous ? Ou est Antoine ? demanda Mathieu en se levant pour enfiler un caleçon.

Il dut faire l'équilibriste quelques instant en tenant d'une main le téléphone et en sautant a cloche pied pour réussir à mettre son sous-vêtement. Il reparti dans la salle de bain pour rechercher les vêtements qu'il avait emmené tout à l'heure pour prendre sa douche.

- Je suis une infirmière de l'hôpital st-Pierre. Et votre "Antoine" est actuellement à l'hôpital.

Le châtain se stoppa dans son mouvement, ce qui revient à dire que Mathieu se retrouvait en mode flamant rose, un jean enfilé sur sa jambe droite et pas sur l'autre. Il faisait vaguement penser à une statue de marbre qui squatte toujours dans les musées antiques. Précisons d'ailleurs que généralement, ses statues sont toujours à poils et n'ont jamais reçu d'amendes pour atteintes à la pudeur. Je trouve ça vraiment révoltant.

- Quoi ? Finit par lâcher le châtain.

- Votre ami est hospitalisé.

Cette femme manquait cruellement de tact, en fait.

- J'arrive. Hôpital St-Pierre, vous dites ? répéta Mathieu en attrapant précipitamment son T-shirt. Le vidéaste se dirigea en courant vers l'entrée de son appartement. Ses tennis noirs attendaient sagement sur une étagère.

- Oui, c'est à côté de la voie principale. Votre ami a-t-il une famille ?

- Ses parents sont partis en voyage professionnels dans des pays étrangers.

- Oh, d'accord, donc merci et a tout de suite.

Mathieu raccrocha en enfilant ses chaussures. Il s'apprêta à sortir quand il remarqua qu'il était torse-nu, il fit le chemin inverse jusqu'à sa salle de bain en pestant contre son imbécillité et enfila son t-shirt en traversant son appartement. Je tiens à dire que même si les dieux grecs à poils sont repoussants, voir Mathieu torse-nu ne m'aurait pas dérangé tant que ça (étonnement).

Le présentateur de Salut Les Geeks parvint à prendre sa veste en cuir in extremis, tandis que de l'autre main il enfilait son chapeau Kirbi et prenait ses clefs de voiture accrochées dans l'entrée. Il descendit en vitesse, et comme on en a strictement rien à battre du trajet (il accéléra, appuya sur la pédale, entendit soudainement le fracas d'un moustique percutant son capot et débraya sur en troisiè- quoi ? ça vous intéresse vraiment pas ? Bande d'ingrats ! ) On va faire plus simple : Il se gara en vitesse sur le parking de l'hôpital.

Quand bien même disait-on que les femmes étaient nulles pour se garer, Mathieu, lui, était l'homme le plus féminin du monde sur le coup du créneau. Il dut s'y reprendre à cinq reprises avant que le véhicule ne puisse être garé a peu près correctement (une roue bancale trônait sur la bordure et le parterre de fleurs d'à côté était totalement écrasé).

Suite à son périple autoroutier, le châtain sortit de sa voiture en courant. Il parvint jusqu'à l'accueil totalement essoufflé. Une jeune femme brune au maquillage plus résistant que du béton armé l'intercepta :

- Bonjour, vous êtes là pour une visite ? Une urgence ?

- Une visite urgente, répondit Mathieu en s'appuyant sur ses genoux pour reprendre une respiration normale. (Badam Tsss !)

- Votre nom ?

- Mathieu Sommet.

La femme s'apprêta à ouvrir la bouche en avisant la taille du jeune homme et se retins de justesse quand elle vit le regard sombre du Youtuber. Ok. Pas de blagues débiles, on a compris monsieur.

- Le nom du patient ?

- Antoine Daniel.

- Daniel Ou Antoine ?

- Antoine. Antoine Daniel, Répéta Mathieu en se retenant de faire un facepalm.

- Monsieur, je ne plaisante pas. La réceptionniste fronça les sourcils, apparemment énervée. Quel est son nom ?

- Antoine BORDEL. Antoine c'est son prénom et Daniel c'est son nom Putain. Râla-t-il.

- Oh. D'accord. répondit simplement la jeune femme. Chambre B72.

La brune lui tendit un badge en lui indiquant la direction à prendre. L'ascenseur fut pris en deux en trois mouvements (1- faire un pas à l'intérieur, 2- appuyer sur le bouton, 3- sortir à la fin… L'expression prend tout son sens !). La chambre était au bout du couloir et Mathieu voyait une troupe d'hommes en noir attendre, tous assis sur les chaises à dispositions. S'il y avait eu un cercueil, on aurait pu croire à un enterrement. Ou à une réunion fan-club du Patron.

Le présentateur de Salut Les Geeks s'approcha doucement des mafieux en restant prudent. Il avait une impression de déjà-vu mais il ne savait plus trop quoi en penser. Un des hommes l'aborda.

- Bonjour, vous venez pour le jeune homme de la Chambre B72 ?

- Euh... Ouai ?

Le groupe s'échangea un regard derrière leurs lunettes de soleils. D'ailleurs, quelle idée de mettre des lunettes de soleil alors que le temps est aussi pourri.

- Nous... tenons à nous excuser. Commença son interlocuteur. Nous avions une affaire à régler avec quelqu'un et il semblerait-...

- Qu'ils ne se soient trompés de personne. Compléta un médecin en sortant de ladite chambre B72.

C'était un homme barbu, grand et maigre dont le visage creusé laissait apparaître de larges cernes sous ses lunettes rectangulaires. Il tendit la main vers le vidéaste qui la serra avec incompréhension.

- Dés que ses messieurs auront fini, venez me voir. Je serai dans la chambre juste à côté.

Le médecin désigna la chambre B71 du menton avant d'y rentrer. Okay. Cool. Il avait le droit à des rendez-vous privés avec un médecin d'hôpital et en plus de ça il avait un groupe de mafieux de douze personnes qui semblait déterminés à lui raconter une petite histoire.

Mathieu soupira. Calme. Joie. Amour. Bonheur. Épanouissement. Sans un mot, il s'assit sur une des chaises libres et enjoint l'homme en costard à continuer son récit.

- Donc, nous avions une affaire à régler et ... nous nous sommes trompés de personne. Après un silence, il reprit : Il semblerait que nous ayons ... Brutalisé votre ami sans raison.

Brutalisé ? Okay. Antoine devrait survivre à ça. Etre un peu secoué par des mafieux ne devait pas être si dangereux, si ?

- Il a eu une légère lésion cérébrale traumatique.

Mathieu se figea. Une lésion cérébrale ? Il n'avait aucune idée de ce que ça pouvait être bon sang tout ce qu'il savait, c'est que ça ne présageait rien de bon. Ça n'était jamais sympathique quand le mot "cérébral" était employé avec le nom d'une maladie.

- C'est à dire ?

- Il a reçu un choc violent à la tête et ses fonctions cérébrales sont perturbées. expliqua l'homme à lunettes en reprenant surement les paroles du médecin.

- Mais qu'est-ce que ça à avoir avec vous ? Vous ne l'avez pas "brutalisé" à ce point, si ? demanda le présentateur de Salut Les Geek, perturbé.

- Eh bien... commença un autre mafieux. Il semblerait que... il hésita et finit par se taire en échangeant un regard avec ses acolytes.

Mathieu tilta enfin. A croire que son cerveau devait vraiment être atteint par le Shampoing qu'il avait sniffé tout à l'heure. Il se souvenait d'hier, quand il avait pris un verre avec Rob, il avait vu des hommes en noir attraper quelqu'un a l'entrée de la salle d'arcade. Putain, il aurait dû s'inquiéter plus tôt. Merde.

- donc vous êtes en train de me dire que c'est VOUS qui avez envoyé mon meilleur ami à l'hosto, c'est ça ? Et vous appelez ça "BRUTALISER" ?!

Ils hochèrent la tête en silence tandis que le châtain serrait les poings. On lui avait toujours dit que la violence ne servait à rien. Mais bordel, il avait vraiment envie de frapper quelqu'un, aujourd'hui. Mais bon, se frotter à douze gars en même temps, c'est pas vraiment du ressort de Mathieu. Quoique, s'il appelait sa famille de personnalités à la rescousse...

Mais bon, le geek serait une victime, le patron se jetterai sur la première infirmière qui passe, le Panda leur chanterait une berceuse non-efficace contre les Pokémon de type muscles et le hippie... Bah il ferait le hippie.

Le jeune homme soupira et il serra la main à chaque mafieux afin qu'ils disparaissent du couloir.

- Ah, et, l'hospitalisation a été réglée par notre agence en dédommagement. Lui glissa le dernier des hommes, l'air penaud.

- Mouai, Mouai. Moi, tout ce que je veux en dédommagement, c'est ne plus vous voir. Grinça Mathieu, irrité, tout en se massant le poignet.

C'est que ça épuise de serrer la main à douze brutes mafieuses. Le vidéaste lança un regard à la porte B72 ou se tenait un petit cadre avec le nom du patient.

- Daniel Antoine. était-il écrit au stylo Bic. Putain... Quelle conne cette femme.

D'ailleurs, il ne l'avait même pas vue passer pour mettre cette étiquette. Découragé, il se dirigea vers la chambre B71 d'où le médecin venait tout juste de sortir.

Mathieu appréhendait déjà le temps de récupération ou les complications dû à cette lésion cérébrale traumatique. Et aussi... Est-il possible que le Présentateur de What The Cut ?! Son meilleur ami, le boss final des Internet ou tout simplement Antoine Daniel ne soit plus le même ?