TROISIEME SURIMI

Je vous préviens, je suis responsable de ce que j'écris mais pas de ce que vous lisez. Si quelque que chose vous choque eh bien, préparez-vous des Pringles ça remonte le moral. Ce texte contient un bon nombre de conneries, d'allusions sexuelles et de délire. Ne me jugez pas svp. x)

-Mathieu- 15 heure 27

- tu te souviens de moi ? Demanda Mathieu, soucieux.

Son interlocuteur hocha affirmativement la tête, son regard toujours plongé dans cette joie étrange.

- Tu es Egza. Répondit promptement Antoine, sûr de lui.

"Oh." fut la seule réponse que parvint à prononcer Mathieu.

Il fallait vraiment avoir un moral impressionnant et mélioratif pour ne pas désespérer de la situation. Perdu dans ses pensées, le châtain fixa les mains de son ami qui étaient toujours attachées aux barreaux. Il ne savait plus vraiment quoi penser. En apparence, Antoine avait l'air d'aller très bien. Mais il avait l'impression que ses émotions étaient exagérées.

Quand il faisait une blague, son meilleur ami ne riait généralement pas à s'en détruire la gorge. Mais d'habitude, il ricanait légèrement en rebondissant avec une connerie bien ou mal placée. Et puis, le sourire joyeux qu'arborait le présentateur de What The Cut ?! Était véritablement dérangeant. Il avait l'impression de voir une poupée de cire s'agiter devant lui avec des expressions toutes faites et immatérielles.

C'était ça, les conséquences de cette lésion cérébrale traumatique ? Une exagération perpétuelle des sentiments ? Tout ce que pouvait en penser Mathieu c'est que c'était affreux. Et qu'il voulait que ça finisse au plus vite. Absolument.

Et puis, c'était quoi ce nom que lui avait donné Antoine, aussi ? Il ne se souvenait pas de lui, son meilleur ami ? C'était un peu une trahison que ressentait le jeune homme. Comme-ci, quelque part, Antoine l'avait abandonné et qu'il ne serait plus jamais le même à partir d'aujourd'hui.

Et puis, d'un côté, il espérait que ce soit une blague. Une blague très bien réalisée qui ne le ferait pas culpabiliser comme maintenant.

La porte claqua dans son dos et Mathieu tressailli en se tournant vers l'entrée. Le mystère des cinq mètres entre la porte et le lit planait toujours au-dessus de cette chambre. C'était troublant. La personne qui venait d'entrer, c'était le médecin de tout à l'heure qui portait une vingtaine de feuilles dans ses bras.

- Re-bonjour monsieur... l'homme vérifia sa feuille pour vérifier et compléta ensuite : Monsieur Sommet.

Le youtubeur ne répondit pas et se contenta de fixer le médecin avec un air interrogateur.

- Vous lui avez parlé ? demanda le médecin en esquivant le regard du jeune homme.

- Oui.

- Très bien. Il vous a reconnu ?

- Je ne suis pas sûr... souffla Mathieu en jetant un regard perdu a Antoine.

Celui-ci fixait le plafond d'un air très intéressé. C'est vrai quoi, des grands carrés blancs en plaquo c'est vraiment incroyable.

- Mmmh... marmonna l'interne. Il toussa avant de se lancer : Je voulais vous parler de quelque chose, monsieur.

Le châtain releva la tête, attentif.

- Il s'avère que les soins de votre ami ne dépasseront pas plus de quelques jours étant donné qu'il est déjà conscient et plutôt en bonne forme... commença son interlocuteur. J'aurais aimé le garder en observation et en rétablissement. Or, notre hôpital doit accueillir plusieurs patients... et puis comme votre ami est presque soigné... le médecin bidouilla un peu sur la fin, mal à l'aise : serait-il possible que vous le gardiez en convalescence a domicile ?

Mathieu sursauta. Une convalescence à domicile ? Laisser Antoine chez lui, tout seul, alors qu'il était dans cet état ?

- Que voulez-vous dire, monsieur ? Réclama le vidéaste en fronçant les sourcils.

- Eh bien, d'ici trois jours les soins de mon patient seront minimes et même un enfant de dix ans pourrait les appliquer...Alors, si possible, il faudrait que Monsieur Daniel soit surveillé à domicile par la famille ou les amis. Il reprit, un peu paniqué : vous comprenez... il y a deux cas de cancer en phase terminale qui demandent une place depuis hier soir et il nous faut absolument des chambres. Enfin... se torturant les doigts, le médecin n'osait pas regarder Mathieu dans les yeux.

- C'est d'accord. Déclara une voix. C'était Antoine qui venait de parler. Egza est mon ami, non ? Sourit-il à l' intention du châtain et de l'interne.

Mathieu se figea en regardant l'homme aux cheveux fous. Il se demandait sérieusement si cet être face à lui avait encore ne serait-ce qu'un souvenir de lui.

Même si c'était le souvenir de lui quand Antoine avait ouvert les toilettes ou se trouvait Mathieu ; que ce soit le souvenir où ils étaient bourrés et où ils donnaient des noms aux nuages ; que ce soit le souvenir d'une blague de beauf qu'ils avaient faîtes ensemble ; que ce soit un souvenir d'une discussion débile les jours de cuite ; Mathieu se demandait si Antoine avait encore un de ses souvenirs là avec lui. Juste un.

Il espérait que oui. Sinon, pourquoi aurait-il dit qu'Egza était son ami ?

Alors le petit homme se tourna vers le médecin et répondit en souriant à son tour :

- Demande acceptée.

-Mathieu- Lendemain - 11 heure 12

Suite à son trajet digne d'un conducteur de l'extrême, Mathieu arriva à l'hôpital. Heureusement pour les pauvres fleurs qui embellissaient la ville, cette fois-ci le châtain avait décidé de se garer plus proche de l'entrée, à côté des bordures de béton armée.

Quand il entra dans l'hôpital, la femme de l'accueil le regarda de haut en bas en lançant un :

- Vous êtes très mal habillé.

Toujours autant de tact, tiens donc. Il ne répondit rien et pris son pass de visite en silence.

Il avait très mal dormi et ses traits tirés ne disaient pas le contraire. De Lourdes cernes lui mangeaient le visage et son teint pâle lui donnait un air de cadavre. Il avait pensé à ce que lui avait dit le médecin pendant toute la nuit. Quand je vous dis que réfléchir finit par vous pourrir la vie ! Moi je ne réfléchis pas et je vis bien !

(Bah bien sûr je vis bien : je mange des feuilles de thym à l'apéro en dissertant sur une apparition étrange d'hippocampes dans l'océan Atlantique, mais oui, tout va bien chez moi c8)

Mathieu tourna une centaine de fois dans les couloirs, persuadé d'avoir déjà vu cette chaise bleu turquoise et ce distributeur de boissons. Il ne savait pas réellement ou il allait, en fait. Après avoir fait six fois le tour d'une salle de repos, il avait fini par remarquer qu'un plan de l'hôpital était accroché au mur. Comme quoi, des lunettes ça ne résous pas tout ; un cerveau, ça peut servir un peu, quand même.

(Sauf si vous êtes dans mon cas et que parler des hippocampes toute une soirée ne vous gêne pas #ClubHippocampeMania)

Quand le jeune homme parvint enfin à la chambre d'Antoine, l'activité inhabituelle autour de la porte le fit frémir. Déjà qu'hier il avait trop réfléchi alors si en plus il devait jouer le devin pour comprendre le pourquoi du comment de ce fourmillement d'infirmières, il n'aurait pas fini.

Il s'approcha d'une petite femme à lunettes rectangulaires avec une démarche zombifiée. Enfin, nous on voit une petite femme mais Sommet, lui, il voit l'Everest. *badam tssss*

- Euh, qu'est-ce qu'il se passe ?

La quarantenaire se tourna vers lui d'un air agacé et répondit sèchement :

- ça ne vous concerne pas !

- Euh... Mais c'est mon meilleur ami qui est là-dedans. fit le présentateur de Salut Les Geeks d'un air mi-blasé mi-agacé.

L'infirmière (qui s'appelait Micheline au vu de son badge) sembla ne pas l'écouter et se retourna après trente secondes d'attente inutile :

- VOUS DITES QUE VOUS ETES SON MEILLEURS AMI ?!

- c'est ce que j'ai dit, oui. Marmonna le châtain en reculant d'un pas, surpris par le cri de la vieille femme.

- VOUS SAVEZ QU'ON VOUS CHERCHE DEPUIS CE MATIN ?!

- wo wo wo ! Je travaille plus au McDonald's ! J'me lève pas à six heures pour vendre des cookies, OK ! Donc le matin je dors moi ! S'écria Mathieu en prenant une position de défense.

Micheline fronça les sourcils avec un air d'incompréhension.

- McDonald's ?

Mathieu resta dans sa pose de judoka retraité pendant au moins vingt secondes de plus avant de se rendre compte qu'il avait véritablement l'air con. Mais genre, vraiment, vraiment con.

Il toussota un instant et repris un air normal en réitérant sa question :

- Donc qu'est-ce qu'il se passe ?

- Allez voir par vous-même, puisque je vous dis qu'on vous attend ! cria l'infirmière.

Le personnel de cet hôpital commençait sérieusement à être douteux. Entre la réceptionniste conne et pleine de tact (qui ce matin l'avait d'ailleurs salué en lui proposant des Miel Pops, juste après avoir commenté sa tenue.), le médecin un peu trop joyeux pour travailler dans un hôpital et l'infirmière Micheline qui criait sur lui, c'est qu'il avait pas fini le Sommet. Manquerait plus que l'aide-soignante soit une fane de reggae avec des rastas.

Méfiant, Mathieu se dirigea vers la porte de la chambre ou le médecin de la veille et d'autres internes bavardaient avec un air sombre. Le jeune homme allait ouvrir la bouche pour parler mais le médecin le devança en l'apercevant :

- Monsieur Sommet ! Enfin ! Nous avons un prob-...

- COUVRE-LIIIIIT! L'interrompit une voix forte et grave qui provenait de la chambre.

- ...-blème... finit le médecin.

Le présentateur de Salut Les Geeks bloqua pendant un instant, ses yeux clignant dans le vide à la recherche de logique. Couvre lit ?

Il fit le vide dans sa tête comme lui demandais souvent de faire le psychiatre et inspira d'un coup en serrant les paupières. Quand il rouvrit les yeux, une aide-soignante avec des rastas sortis de la chambre de son ami en criant :

- Je ne peux rien faire ! Il est super violent !

Blasé, je regardais cette femme avant de poser la première question qui me venait à l'esprit :

- Vous aimez le reggae ?

Son visage passa d'affolée a l'admiration

- OUI ET VOUS ?!

Le youtuber cligna des yeux une nouvelle fois. Il devait surement avoir touché le fond.

- C'est quoi l'histoire du couvre-lit ? demanda-t-il en regardant l'aide-soignante d'un air blasé.

- Je... Je sais pas trop, il cri ça depuis ce matin...marmonna-t-elle en suppliant le médecin du regard. Je suis incapable de le calmer, Monsieur Marmus !

Mon dieu. Même le médecin avait le nom d'une vieille émission de cuisine remasterisée. Du genre : "bonjour, à la suite du programme Marmitton, nous vous proposons le bonus de Monsieur Marmus !"

(Des rimes, ow yeah.)

Cet hôpital était tellement rassurant.

Le médecin-cuisinier semblait embêté et ne savait plus quoi faire. C'est à cet instant que le châtain décida de se manifester d'avantage :

- Je peux lui rendre visite, moi ?

- Mais c'est risqué... tenta la fane de reggae en mettant une de ses rastas à perles derrière son oreille.

Monsieur Marmus hésita un instant en fixant le vidéaste d'un œil inquiet

- Vous êtes sûr de vouloir lui rendre visite ? demanda-t-il en haussant un sourcil.

Dorénavant, Mathieu avait la terrible envie de renommer le médecin face à lui " Maître des sourcils". Il s'était toujours demandé comment faisaient ces gens pour bouger les sourcils aussi habilement.

- Beh oui. Il se tourna une dernière fois vers l'aide-soignante et dit : Moi aussi j'aime le reggae.

Un sourire éclatant pris place sur le visage de la jeune femme et elle lui souhaita vaguement bon courage. Le châtain avait sérieusement l'impression de rejouer la scène des jeux pokémons ou la maman du jeu souhaite bon courage à l'aventurier. Maintenant, il fallait qu'il les trouve ses pokémons. Surtout dans un hôpital, quoi. (LE PREMIER QUI DIT "BEH IL SOUFFIT DÉ JOUÉ A POUKÉMONS GOOOO ~" JE LE BUTE.)

Le médecin ouvrit la porte et laissa le jeune homme tout chaperonné entrer (cette phrase était vraiment bizarre.)

La pièce n'avait pas bougé d'un poil. Mouai. Enfin, on est toujours en train de se fier à la vue d'un myope donc on sait pas vraiment si ça a changé. D'abord, il faudrait que notre petit pion (blague sur la taille de Mathieu dans 3, 2, 1...) avance un peu pour y voir quelque chose parce que celui qui a créé cette chambre n'a toujours pas décidé de mettre le lit plus proche de l'entrée.

Il franchit les 5 mètres en silence, absorbé par le son des machines qui ronronnaient proche d'Antoine. Quand il vit son meilleur ami, le dos voûté et les poignets attachés par ses bandelettes de cuir blanc, Mathieu se demanda si le présentateur de What the cut ?! N'était pas tombé en dépression. Mais bientôt la masse humaine arc-boutée sur le lit se redressa en hurlant :

- COUVRE-LIIIIIT !

Bon d'accord, Antoine n'était peut-être pas en dépression mais il n'avait pas l'air franchement heureux non plus. Surpris par le cri, Mathieu recula d'un pas et trébucha sur une montagne de serviettes qui avaient été renversées. Il se ramassa le cul à même le sol et regarda autour de lui : Des brancards de linge propre étaient renversés, le lit d'Antoine était mis de travers et deux bouteilles de perfusions avaient éclaté et leur contenu se rependait au sol.

Il n'avait pas vu ce carnage en arrivant, les machines bloquant sa vue, mais c'était un véritable champ de bataille quand on était proche de ce lit. S'époussetant, Mathieu se releva tant bien que mal.

Sur le lit, Antoine le fixait, la tête penchée sur le côté. Il avait arrêté de crier, alerté par le bruit de la chute. Une lueur étrange brillait dans ses yeux : un mélange entre la joie de le voir et un agacement constant.

- Egza ? demanda l'homme aux cheveux-fous.

- Euh, ouai ?

- Couvre-lit ! déclara Antoine plus fort, comme une insulte.