SEPTIÈME PATATE

1ER PÉRIPLE / PARTIE 1

[Ce périple se divise en deux chapitres pour une meilleure compréhension (beh ouai, sinon vous allez plus suivre ;w; )]


Je vous préviens, je suis responsable de ce que j'écris mais pas de ce que vous lisez. Si quelque que chose vous choque eh bien, préparez-vous des Pringles ça remonte le moral. Ce texte contient un bon nombre de conneries, d'allusions sexuelles et de délire. Ne me jugez pas svp. x)


Mathieu - 15 heure 27 de la même journée et du mois de ce certain mois. MAIS SACHEZ QUE C'EST EN FIN AUTOMNE.-

Les deux acolytes avaient quitté l'hôpital et Mathieu venait de se garer devant le KFC (It's sau goud.)quand Antoine ouvrit la bouche en criant des voyelles désarticulées. Le châtain retira sa ceinture de sécurité et enleva celle de son meilleur ami.

- ça va ?Ne put-il s'empêcher de demander.

-A ! E ! répondit le brun en mimant les lettres avec ses bras.

- ouai, ouai, aussi. Soupira Mathieu.

Il sortit de la voiture et vint ouvrir la portière du plus jeune. Il remarqua alors que sa roue empiétait sur un joli petit pétunia. Le malade sortit du véhicule et vint s'accrocher aux épaules de son aîné. C'est donc en chantant le célèbre : "A, E, I, O, U, Y " et en faisant le petit train que les deux amis entrèrent dans le fast food.

Le châtain attrapa la main de son ami et lui indiqua une table non loin de la file d'attente.

- Antoine, tu peux attendre là-bas, s'il te plait ?

Le Présentateur de What the cut ?! S'y rendit en traînant le pas et Mathieu haussa les épaules. Le châtain se rendit directement au bar et demanda deux Sprite. Ignorant son ventre qui criait famine, il se dépêcha de prendre les deux boissons et de rejoindre Antoine.

Quand il arriva à la table, le jeune homme aux cheveux fous avait cessé de chanter. La tête baissée, il s'était muré dans un silence pesant. N'y prêtant pas attention, Mathieu posa ses gobelets sur la table et s'assit en face du malade. C'est alors qu'il remarqua l'étrange position d'Antoine.

Ses cheveux tombaient en bataille devant son nez, ce qui empêchait le châtain de voir son visage. Bah, après-tout, si Antoine n'était pas conscient, peut-être que Mathieu parviendrait à les lui couper. Au moins un minimum...

- Allez... Sept ou huit centimètres en moins, ça passe crème. marmonna Mathieu, plongé dans ses pensées, tout en touchant du bout des doigts la masse capillaire de son meilleur ami

Antoine releva la tête en reniflant. Il était littéralement en train de pleurer. Mathieu sursauta. Il se leva brusquement et s'approcha du brun en se plaçant à sa droite.

- Owowow, qu'est-ce qui se passe ?!

- Egzaaa ! Couina le plus jeune en attrapant le bras de Mathieu pour y nicher son nez.

- Qu'est-ce qu'il y a, Antoine, bon sang ?!

La réponse du brun mit un certain temps. Il serra un peu plus fort le bras de son aîné et souffla :

- Il y a des gens... des Tansems...

Le Présentateur de Salut les geeks fronça les sourcils et regarda autour de lui. Ils étaient dans un KFC. C'était assez courant d'y trouver des gens. Il ne savait pas trop comment agir et il finit par s'agenouiller à la hauteur du plus jeune pour le regarder droit dans les yeux.

-Qu'est-ce qu'ils ont fait, ses gens ?

- Tansems se sont moqués ! ABCD ABCD !

-Hein ? "ABCD" ?

- Oui. La chanson. Répondit finalement Antoine en serrant la main de son meilleur ami.

Le châtain dû faire aller ses méninges un bon moment avant de reprendre l'histoire dès le début. C'est qu'en plus, il détestait les énigmes. Comprendre Antoine c'est comme résoudre les jeux d'horreurs ou les enquêtes de police à la télé. On a très peu d'indices pour comprendre et on doit faire tout le chemin vers la réponse tout seul. D'ailleurs, vous remarquerez que dans la moitié des séries qui existent sur terre, tout le monde est surveillé.

Genre, pourquoi le FBI a toujours nos empreintes digitales, notre carnet d'adresse, la plaque d'immatriculation de notre caisse et tout ? Pourquoi ? Alors que nous, même la France a du mal à connaitre notre poids et notre taille parce qu'on dit toujours de la merde lorsqu'on fait les cartes d'identités !

Comment le FBI peut-il se procurer toutes ses infos alors qu'ils sont tous en train de glander dans leur bureau ? Je suis sûre qu'en cherchant un peu, ils trouverons aussi dans leurs dossiers un ticket de caisse qui prouve qu'on a acheté un flingue en plastique pour notre neveu. Pis quand il nous choperons, il nous dirons que c'est l'arme du crime et qu'à l'intérieur se trouvait une substance illicite qui a tué le morveux. Du coup, sa mère s'est suicidée juste après avoir mis le feu à la maison.

La maison s'est effondrée dans le jardin de la voisine, tuant le père de notre neveu et le chien du voisin. Effondrée par la tristesse d'avoir perdu son teckel préféré qu'elle appelait Romulus (alors que c'était une femelle), la voisine, une grand-mère, s'est rendue au FBI et a vendu la mèche. Et du coup, vous voilà bien dans la merde.

(Je pense sincèrement à envoyer le prochain scénario de NCIS à Hollywood quand j'aurais le temps)

Quoi ? C'est tiré par les cheveux ? Meuh non...

Mathieu secoua la tête. Comment sa pensée a pu se diriger vers une grand-mère et son clebs, déjà ?

- Tu chantais l'alphabet, c'est ça ? demanda-t-il à Antoine pour écarter ses pensées.

Le plus jeune hocha la tête.

- Et des gens se sont moqués de toi.

-OUI ! LES TANSEMS !

Dans le fond, Mathieu ne pouvait pas trop leur en vouloir. Il aurait donné cher pour voir Antoine Daniel chanter la chanson de l'alphabet dans un lieu aussi publique qu'un KFC. Il était presque déçu de ne pas l'avoir vu faire. Ça aurait fait une belle vidéo dans son fichier numérique [Antoine & Cie]. Je n'insinue pas par-là que Mathieu est un stalker. Non. J'me permettrais pas.

-Et qui sont ses gens ?

- Eux. Là-bas. marmonna le malade en montrant du doigt un groupe de jeunes.

Il y avait deux filles et deux mecs. La plus petite des deux pestes les regardaient en ricanant. Mathieu se renfrogna d'avantage avant de se tourner vers son compagnon. Antoine releva la tête vers lui en reniflant, les yeux baignés de larmes. Tout le monde aurait eu pitié de lui. Mais le châtain ne s'appelait pas tout le monde.

- Essuie la morve sur ton visage c'est dégueulasse. Il se redressa en offrant un paquet de mouchoir au plus grand. Et aussi, je prends en compte que cette veste est bousillée par tes sécrétions donc tu m'en achèteras une nouvelle.

Evidemment, Antoine n'avait pas compris un traître mot de sa déclaration et il se mit à serrer le paquet de kleenex très fort. Je commence à faire un peu trop de placements de produits, moi.

- Je vais les voir, reste là. déclara Mathieu en se dirigeant vers la table du groupe d'ami.

Il faillit se prendre un coin de table dans l'haine mais il l'esquiva de justesse et se planta devant la table de quatre.

-Oh. Salut. Rit la petite sournoise. Vous rentrez de la petite section avec votre fils ?

Il ne répondit rien. Comme le disent toujours les parents : il ne faut pas répondre aux piques. Même si on le fait toujours.

Mais en réalité, là, Mathieu n'appliquait pas vraiment le conseil -fabuleux- de ses parents. Il était plutôt en train de se demander si cette vanne pouvait être admise à l'académie des blagues. Parce qu'avouons que c'était vraiment de la merde.

Les méchants font toujours des vannes de merde. Les pauvres, quand même. Ils perdent toujours en crédibilité quand ils sont dans un film. Ça doit être dur à supporter tous les jours.

Un des gars les plus en retrait souffla :

- Hey, c'est pas des youtuber, eux ?

Malheureusement pour nous, Mathieu n'entendit pas la remarque du jeune homme et regarda la petite blonde avec un regard noir.

- Ça vous dérange pas de vous moquer des gens aussi délibérément ?

La deuxième fille, une brune, rétorqua avec un air sournois :

-Et vous, ça vous dérange pas de faire les guignols en plein espace publique ?

Mathieu soupira en passant sa main sur son visage.

-Il est malade.

- Ça on l'avait remarqué ! dit-elle avec un air supérieur. Vous êtes aussi con l'un que l'autre ! C'est dangereux de laisser un gars bourré tout seul ! Imaginez ce qu'il pourrait faire !

Mathieu serra les poings, évitant de regarder les deux pestes pour ne pas leur coller un poing. Sa mâchoire se contracta d'agacement. Le gars aux lunettes, celui que Mathieu n'avait pas entendu, fronça les sourcils.

- Marie, Juliette, je crois qu'il est vraiment "Malade".

- Ça va, ça va, Ethan, on a vu. répondit ladite Marie, la blonde qui était littéralement en train de tourner le dos au châtain pour le dénigrer.

Ethan secoua la tête, irrité et plein de compassion pour le plus petit.

- Nan, tu comprends pas. Vous êtes en train de vous moquer d'un gars malade. Malade mental. Unhandicapé, les filles.

Un silence pesant s'abattit sur le groupe de potes. Le gars a côté d'eux, celui qui n'avait rien dit jusqu'alors leva même la tête de son portable (véritable miracle de nos jours). Les deux filles se regardèrent avec un air gêné.

-Ah. Souffla Juliette, la brune.

Mathieu releva la tête en accusant un sourire de remerciement au jeune homme à lunettes.

-Excusez-les, je vous prie. marmonna Ethan.

-Mouai... La prochaine fois, faites attention à la personne que vous avez en face de vous. Déclara le youtuber à l'intention des deux pestes.

Le Présentateur de Salut les geeks se retourna et traversa la pièce vers la table d'Antoine. Cette fois-ci, par contre il se prit réellement un coin de table dans l'haine et il finit le trajet plié en deux. Quand il arriva devant la table, son meilleur ami pleurait toujours en dépeçant un pauvre mouchoir qui n'avait rien demandé.

- Ils se sont excusé, Antoine... Allez, ça va aller, maintenant.

Antoine renifla bruyamment et attrapa son ami par le col :

- Egza... C'est vrai que je suis un Dangereux ?

-Quoi ?! Non ! C'est eux qui t'ont dit ça ?

-Oui. La Tansem aux cheveux Marrons.

Mathieu se sentait mal pour lui. Comment pouvait-on en arriver a penser qu'on est dangereux ? Antoine ne ferait même pas de mal à une mouche ! Il fit passer sa main dans les cheveux du plus jeune et les lui ébouriffa.

- Tu n'es pas dangereux, Antoine. Ne t'inquiète pas.

Il sentit une main étrangère se poser sur son épaule. C'était Ethan qui venait le voir. Sa veste en cuir. (Cuir, cuir, cuir-moustache.) Lui tombait bien droit sur les épaules et ses lunettes à monture noire lui donnait un air calme et posé. Sa peau était pâle et des taches de rousseur lui parsemaient les joues. Ses cheveux de jais lui retombaient sur le front et un sourire gêné s'installait sur son visage.

- Hey... C'est bien toi, Mathieu Sommet ? demanda-t-il timidement.

- Hum ouai.Souffla le plus petit en se relevant pour être à sa hauteur. Mais il fallait bien avouer que même les Sommet ne pouvaient dépasser Ethan. Hein, Mathieu ? huhuhu. (Ça vous a manqué, hein ? c8)

- Je sais que c'est un peu malpoli mais... Il a eu quoi...Antoine ?Hésita le garçon aux cheveux noirs.

- Faut pas s'inquiéter, c'est rien de très grave.marmonna Mathieu en se grattant l'arrière de la tête.

- ... "Rien de grave" ? Alors qu'il se retrouve à chanter l'alphabet en plein KFC ?Le fan haussa les sourcils.

- ... C'est pas crédible, j'admets.

- Alors ? Quémanda le jeune homme.

- Ecoute... Je sais pas trop si je peux t'en parler. Je pense pas qu'Antoine serait très heureux que tous ses fans soient au courant.

- J'en parlerais à personne. T'inquiète pas.

Mathieu prit un moment pour réfléchir et finit par inciter le jeune homme à s'asseoir. Il dépoussiéra son jean.

- Ethan, c'est ça ?

- Ethan Blancheroi, oui.

Le châtain soupira une énième fois. Il allait finir par se métamorphoser en sèche-cheveux, à force. Quand le jeune homme fut assis, il retira ses lunettes, découvrant deux magnifiques perles ambrées. Mathieu aurait mentit s'il avait dit que ses yeux ne lui plaisaient pas. Il attrapa son Sprite et s'assit à côté d'Antoine. Celui-ci regardait le nouveau venu avec hostilité.

- C'est un Tansem, Egza.

Ethan haussa les sourcils.

- Un Tansem ? Egza ?

- Ouai. Bonjour je m'appelle Egza et toi et tes potes sont des Tansems. Me demande pas ce que c'est. J'en sais pas plus que toi. marmonna le jeune homme en buvant une gorgée de sa boisson. Il donne des noms bizarres à tout ce qu'il voit et tout ce qui bouge.

- Ah. C'est bizarre comme nom, Egza, quand même. remarqua le jeune homme.

- Non, jure. Attends, tu vas voir. Antoine, je suis quoi ?

- Tu es un vagin !répondit le malade, fier de lui.

- Bravo ! Se réjoui faussement le youtuber.

Antoine se dandina sur sa chaise, heureux. Un sourire lui fendait le visage.

- Qu'est-ce qui l'a rendu ainsi ? demanda Ethan en souriant vaguement.

- Une mauvaise rencontre et une commotion cérébrale.

-Aïe. Souffla Ethan.

- Comme tu dis. Il se tourna vers Antoine et remarqua que celui-ci se débattait vainement avec son gobelet pour enfoncer la paille. Donne-moi ça, je vais te le faire. Il saisit la paille de son meilleur ami et la planta dans l'encoche.

- Voilà.

- Merci 'gza !Sourit le plus jeune.

Mathieu se retourna vers le fan qui venait de se mettre à rire.

- Quoi ?

Entre deux rires de phoque(ouai, il est bien beau le Ethan mais il aura un rire de phoque. Voilà. La sentence est irrévocable. Non mais attends faudrait pas qu'il soit parfait non plus !)Ethan répondit :

- Pas étonnant que les fangirls vous mettent ensemble sur les réseaux sociaux. On dirait une maman poule.

Pour toute réponse, Mathieu étouffa un grognement et lança les confettis de mouchoir dans la gueule au jeune homme.

- Mais ! Mon Mouchoir ! Geint Antoine en ramassant une des confettis.

(Et Mathieu fut tué par le personnel pour avoir foutu des confettis partout. Voilà. FIN. *ferme le livre* -Clap-)

-D-désolé mais c'était plus fort que moi. Rit Ethan en retirant les bouts de mouchoir de ses cheveux.

Mathieu soupira. Derrière le garçon aux cheveux noirs, les deux filles de tout à l'heure arrivaient.

-Tes potes sont là. marmonna-t-il amèrement.

- Ah ? Il se retourna et leur fit signe qu'il arrivait. Mathieu fut terriblement surpris de le voir attraper une serviette en papier pour y inscrire quelque chose. Le jeune homme se tourna vers le châtain en lui offrant un large sourire.

- J'espère qu'on se reverra.

Et il disparut à la poursuite des deux jeunes femmes. Mathieu saisit la serviette et la tourna vers lui. Un sourire prit place sur ses lèvres. Un numéro de portable.

- Il cache bien son jeu, le p'tit con.

- OH NON ! EGZA ! ILS VONT TOUS MOURIR ! hurla soudainement Antoine.

- Quoi ?!Mathieu releva précipitamment la tête vers la sortie mais Ethan venait tout juste de rentrer à l'avant d'une voiture grise. Mais qu'est-ce que tu racontes, Antoine ? Ils vont très bien.

- Mais non ! Pas eux. Il prit la tête de Mathieu entre ses mains et la tourna vers lui. Les joues du jeune homme, écrasées, lui firent une tête de gnome et il repoussa les mains de son cadet.

- Mais de quoi tu parles ?!

- Il faut qu'on aille at my home !

-Pourquoi tu parles Anglais ?! cria Mathieu, oppressé par Antoine qui lui tournait autour.

- I Don't know ! Go my home ! Hurry up !Ne cessait de répéter le brun en tirant son aîné vers la sortie.

La pression que lui faisait endurer le malade ne faisait que lui faire perdre patience et le stresse l'envahi.

- NON !hurla Mathieu, attirant les regards de tout le KFC. Antoine le regardait, surprit. Il était rare que le Présentateur de Salut les Geeks hausse le ton ainsi. D'abord, tu fermes ta gueule !Réclama-t-il.

Antoine arrêta de le tirer, blessé.

- Mais... Pourquoi ?murmura-t-il tout bas, la tête baissée.

- MAIS PARCE QUE T'AS UN ACCENT DE MERDE, PUTAIN !

Le KFC, entièrement silencieux, regardait les deux acolytes sans bouger. Le serveur, imperturbable, traversa la pièce en marmonnant :

-C'est pas faux.

Mathieu poussa finalement le plus jeune vers la sortie en s'excusant auprès de tous les clients. Gêné, il ferma la porte derrière lui en soufflant un bon coup. Antoine se tourna vers son aîné avec un air peiné.

- Désolé Egza...

- C'est pas de ta faute, idiot. T'as pas à t'en vouloir, c'est moi qui ai pété les plombs.Mathieu lui ébouriffa les cheveux en faisant a sa cicatrice puis il lui embrassa le front pour s'excuser. Allez, partons chez toi.

- Oui !Un regain d'énergie et de joie se lit sur le visage du Présentateur de What the cut ?! Sinon ils vont mourir !

Pas certain que sa patience soit assez résistante, Mathieu ne posa pas d'avantage de questions. De toute façon, aller chez Antoine lui permettrait de lui prendre des vêtements pour les jours à venir. Il prit place au volant de sa voiture après avoir mis sa ceinture à son compagnon. Ça l'énervait d'être partit ainsi du KFC. En plus, il n'avait bu qu'une seule gorgée de son Sprite.


Après un trajet digne des meilleures courses poursuites de James Bond, les deux amis entrèrent chez Antoine. Comme promit, les clefs de sa maison attendaient sous le paillasson. Très bonne cachette au passage puis que le paillasson était poisseux et portait une odeur douteuse. Qui irait toucher à ça à part Antoine ? Sur la porte, une vieille décoration de Noël traînait. Surement une couronne de l'avent que le brun avait installé il y a quelques années. Mathieu n'osa même pas toucher à cette relique.

Il ouvrit la porte et la décoration toujours aussi moche de la maison d'Antoine les accueilli. La maison était assez bien rangée. Dépourvue de télévision, le salon était envahi par les livres. A peine arrivé à l'intérieur de son domicile, Antoine se dirigea à toute vitesse vers la cuisine.

Mathieu le laissa faire et le suivit avec un temps de retard.

- Alors ? Ils sont morts ? demanda-t-il avec un air blasé.

Mais seul un sanglot étouffé lui répondit.

- Re-regarde Egza !

Inquiet, le jeune homme accéléra le pas et entra dans la cuisine. Un petit bocal prenait place sur la table de la cuisine. A l'intérieur, un poisson rouge gisait sur le faux sable. Mathieu grimaça.

-Ah, merde.

-Ils sont morts... marmonna Antoine en reniflant.

Ses mains couvraient ses yeux et ses larmes sillonnaient ses joues à vive allure. Mathieu vint se placer à côté de lui et le prit dans ses bras. Il ne savait pas trop quoi dire. Il n'avait jamais vraiment apprécié les poissons rouges. Il trouvait presque ça insignifiant. Il préférait largement les chats et les chiens. Les hamsters, les poissons, les oiseaux étaient beaucoup trop petits et fragiles pour lui. En fait, il n'éprouvait aucune compassion pour ses bêtes.

Il serra son meilleur ami dans les bras jusqu'à ce que le jeune homme se calme. Pendant ce temps, il jeta un regard au poisson mort. Il n'y en avait qu'un. Alors pourquoi Antoine s'évertuait à dire " Ils sont morts" ?

- Je t'en rachèterais un, promis.

Antoine se décala de Mathieu en le remerciant. Puis, il revint sur ses pas et s'assit dans le canapé du salon avec un plaid. Il resserra ses jambes contre son torse en regardant dans le vide. Mathieu soupira et regarda sa montre. 17 heure 23. Avec un peu de chance il pourrait prendre les affaires d'Antoine et aller à la pharmacie pour les médicaments du brun. Il se dépêcha. Entra dans la chambre de son meilleur ami qu'il connaissait par cœur, se saisit de plusieurs piles d'habits et se dirigea vers la porte de la Maison.

- Antoine, viens ouvrir, s'il te plait. Il faut que je mette les vêtements dans l'auto.

Le brun hocha la tête en essuyant ses larmes et vint ouvrir au plus petit. Chargé, celui-ci ouvrit la portière et posa les piles de vêtements sur la plage arrière. Mathieu fit un deuxième aller-retour et demanda à Antoine de rentrer dans la voiture. Le jeune homme ne répondit rien et alla s'installer en silence.

Mathieu le rejoint quelques minutes après en s'assurant que la porte de la maison était bien fermée. Le poisson aura une sépulture un peu plus tard. Ils prirent la voiture et se dirigèrent vers la pharmacie la plus proche. Pendant tout le trajet, Antoine se remit à pleurer tandis que le plus vieux tentait vainement de le consoler. Quand il se gara sur le parking, Mathieu eu soudain un coup de chaud. Pourtant, le temps n'avait rien d'agréable. C'était plutôt des trombes de pluies qui s'étaient misent à tomber sur la ville.

Il chercha l'ordonnance du médecin dans son sac et sortit de la voiture. Quand la portière claqua derrière lui, il eut subitement l'impression que les échos du choc se répercutaient dans sa tête avec une sonorité amplifiée. Ça lui faisait presque mal. Il se massa les tempes et se mit à courir vers la pharmacie. L'enseigne se trouvait derrière plusieurs rues et Mathieu connaissait le trajet par cœur.

Pourtant, son pas était ralentit par la soudaine douleur qui lui martyrisait le crâne. Lorsqu'il parvint à quelques pas de la pharmacie qui affichait ses couleurs frivoles, Mathieu ralentit le pas. Il entra dans la pièce en trébuchant. La pharmacie était vide, excepté la vendeuse qui replaçait quelques boites d'Amoxicilline. Il plaça quelques pas douteux sur le carrelage avant de sentir son corps tomber dans une chute vertigineuse.

Sa tête claqua à même le sol. Son chapeau roula non loin de lui et Mathieu le fixa d'un air perdu avant de fermer les yeux. Il s'évanoui alors sous le regard choqué de la pharmacienne.

Ah. Ouai. C'était ça qu'il avait oublié. Bouffer.


Si vous avez des questions que ce soit sur l'histoire ou pas, n'hésitez pas à les poser ! **