Ce sont encore des souvenirs. Je sais qu'on est censés être dans la tête de Minho, toujours assis dans son couloir, mais je reprends le récit dans le passé. Bonne lecture les amis :)

Chaque jour Newt guérissait plus, cependant il lui fallut attendre plus de deux mois pour enfin pouvoir remarcher. Après avoir été Runner, rester allongé dans ce lit si longtemps tapait sur les nerfs de Newt. Il était de plus en plus irritable et Minho faisait de son mieux pour le distraire le soir en rentrant du Labyrinthe, mais il n'y avait pas beaucoup d'opportunités. Toujours épuisé, Minho s'endormait vite et Newt s'efforçait d'être sympa avec lui. S'efforcer était un bien grand mot, il n'avait pas envie d'être désagréable avec Minho. C'était plutôt sur les autres qu'il passait ses nerfs. Quelques temps après 'l'accident', Newt avait promu Minho Keeper des Runners. Il était le meilleur, le plus courageux, le plus solide. Il avait la tête sur les épaules et connaissait les priorités. Il serait plus fiable que Newt, sans aucun doute. L'ancien Runner avait encore du mal à penser à son geste. Il regrettait. Cela n'avait fait qu'ajouter à ses problèmes. Certes il pouvait se lever mais il boitait très fort et ne pouvait marcher sans l'aide de quelqu'un. Le seul point positif, et pas des moindres, était son rapprochement avec Minho. Il se comportait comme une vraie mère poule, toujours aux petits soins. Newt se faisait violence pour ne pas s'imaginer des trucs, ne pas s'impliquer trop ou trop s'attacher. Minho n'avait que des intentions amicales, rien de plus. Et c'était déjà pas mal. Insuffisant mais appréciable. Newt passait littéralement ses journées à attendre le retour de Minho. Quand il se faisait la réflexion, il réalisait qu'il avait le rôle inutile de la Belle au Bois Dormant. Lui aussi voulait se battre contre les dragons, mais il n'en était plus capable et il ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même.

Un matin, Minho se pointa dans la chambre, quelque chose caché derrière le dos. Cela faisait quelques jours qu'il le faisait marcher dans le Glade, le soutenant. Newt passait un bras autour du cou de Minho tandis que celui-ci le tenait par la taille pour soulager sa jambe. Newt adorait ces moments là. Minho ne l'aurait pas dit mais il y prenait secrètement plaisir aussi. Il se forçait à ne pas y réfléchir. La joie que lui apportait la présence de Newt le mettait mal à l'aise. Il ne comprenait pas ce qu'il lui arrivait. Pourquoi aimait-il autant être en compagnie du blond ? Il avait perdu la mémoire mais il savait que la normalité c'était un homme et une femme. D'un autre côté, il se faisait sûrement des films. C'était un très bon ami et rien de plus, après tout il n'avait jamais vu une fille alors comment pourrait-il savoir ce qu'on ressent ? Cette idée le rassurait. Newt était un ami. Proche, certes, mais un ami tout de même.

Et en tant qu'ami, il voulait le meilleur pour lui. Il savait notamment que Newt vivait difficilement sa situation de dépendance vis-à-vis des autres. De ce fait, il s'était promené dans la forêt quelques jours plus tôt, avait ramassé une grosse branche et s'était démené pour en faire une béquille. Le résultat était mitigé, Minho n'était pas un Builder, ça c'est sûr. Mais il se disait que ça ferait l'affaire. Il avait même gravé un smiley dans le bois. C'était absolument ridicule, rien d'artistique, mais c'est l'intention qui compte non ? Et puis un peu d'ondes positives ne ferait pas de mal à son blondinet… euh à Newt. Il était tout fier de son oeuvre, néanmoins planté devant Newt, son pauvre bâton caché derrière le dos, il se sentait stupide.

Newt lui sourit : « Tu as apporté quelque chose ? »

Minho rougit, entra plus avant dans la pièce en refermant la porte derrière lui. « Ce n'est rien, juste quelque chose qui pourrait t'aider, hum oui, voilà ».

Un sourire gêné creusa des fossettes sur le visage de Minho, et Newt trouva cela excessivement craquant. Minho s'approcha, Newt était assis sur la chaise à côté du lit, un livre à la main. Il posa le livre sur la table de chevet, les mains à plat sur ses cuisses et attendit. Minho hésita encore avant de lui tendre l'objet. Newt était interloqué, il lui fallut une seconde pour comprendre ce que c'était : « Une cane ? ». Son ton était dubitatif.

Minho repris le bout de bois contre lui, embarrassé comme jamais. « Je sais » bafouilla-t-il, « c'est complétement nul, ne fait pas attention, j'irai le jeter en redescendant ».

Newt se redressa sur une jambe et agrippa le bâton : « Non non je le veux, donne moi ça, andouille ! ».

Il ne pouvait s'empêcher de rire. Minho était adorable, sérieusement ! Il ne réalisait pas à quel point le geste faisait plaisir à Newt. Qu'il ait pris de son temps - encore plus en l'occurrence - pour lui confectionner quelque chose, wahou, cela n'avait pas de prix. Il passa la main sur la longueur de l'objet, Minho ne le quittant pas des yeux. Il devait reconnaître que l'ouvrage n'était pas irréprochable mais il s'en fichait. Minho n'avait pas seulement demander à un Builder de le faire pour lui. Non, il avait pris ses petites mains et s'était débrouillé seul. Puis il remarqua le smiley, de travers, sur le haut du bâton, et son rire le reprit.

Minho était rouge comme une pivoine, les mains moites. « J'aurais dû demander à Gally de le tailler, je suis désolé, je ne suis bon à rien » grommela-t-il en secouant la tête. Il était presque blessé par les moqueries de Newt. Puis le blond le regarda, les yeux brillants, un sourire immense illuminant son visage.

« Tu rigoles Minho ? C'est absolument génial, t'es énorme ! Merci, vraiment… », il déglutit, il ne voulait certainement pas pleurer.

« Sérieusement ? » grimaça Minho, penaud.

Newt hocha vigoureusement de la tête : « Sérieusement » confirma-t-il. Pour la forme, il essaya la cane-béquille, qui faisait très bien l'affaire. Il sollicitait moins sa jambe et c'était tout ce qu'il fallait. Il pourrait enfin se promener sans emmerder tout le monde ni être emmerder par qui que ce soit. Et tout ça grâce à Minho. Il ne pouvait y croire. Ce n'était pas grand chose en soi, il en était conscient. Sa réaction pourrait même sembler ridicule et surfaite, mais personne n'avait pensé à ça et Minho lui rendait son indépendance. C'était un cadeau hors de prix.

Minho se détendit finalement, Newt avait l'air content. Ouf.

« Comme ça tu n'auras plus à me supporter aussi souvent » murmura-t-il, faussement désinvolte.

Newt releva brusquement la tête : « De une, c'est toi qui me supportes, et de deux je serais plus que ravi de me promener encore comme ça avec toi ». A peine eut-il dit ça qu'il regretta, se mordant la langue. Il ne voyait pas comment rattraper le coup, peut-être Minho n'interpréterait pas trop. Le Runner le fixa pendant un moment, puis il sourit franchement :

« Moi aussi, j'en serais ravi ». Ami, Minho, ami. Relax. Il était bien content que Newt ne l'ait pas envoyé sur les roses, et en même temps il ressentait toujours ce malaise. Il se rendait compte qu'il l'aimait bien, du genre vraiment bien. Il crispa la mâchoire et baissa la tête. Il se reprit, il n'avait qu'à vivre simplement l'instant présent. Il ne se souvenait pas avoir jamais été aussi heureux. Autant profiter de la sensation. Newt avait l'air en meilleure forme également, et cela ne faisait qu'améliorer l'humeur et le bonheur de Minho. Tout n'allait pas si mal finalement. Exceptés le Labyrinthe, l'enfermement, l'impression - en fait réelle - d'être en cage comme un rat de laboratoire. Ils se savaient en plus surveillés, des espèces d'insectes métalliques aux yeux rouges vadrouillaient dans le Glade et dans le Maze, ne manquant rien.

Quoiqu'il en soit, ils avaient le droit à leur petit moment de bonheur, l'essentiel étant de le faire durer le plus longtemps possible.

« Bon, on va baptiser Titine ? » lança Newt, les yeux pétillants.

« Titine ? » rigola Minho, « tu lui as même trouvé un prénom ? ». Newt rit en retour, et Minho repris : « Des fois je me demande quel est le plus dingue de nous deux ! ». Newt lui envoya un clin d'oeil, et se dirigea vers la porte.

Minho le suivit de près, les escaliers étaient traîtres. Alors qu'ils traversaient le Glade vers la forêt, de petits regards s'échangeaient entre les Gladers qu'ils rencontraient. Newt ne semblait pas y faire attention mais Minho se sentait attaqué. Il serrait les dents, il détestait cette situation. Il regarda Newt, surpris de son absence de réaction. Il continua de marcher, et se calma une fois à l'abris des regards. Ils discutèrent jusqu'à ce que le soleil décline, la nuit tombant bientôt. Ils retournèrent au Homestead comme des enfants sages. Allongé, Minho bailla et s'endormit progressivement au son de la respiration de Newt.

Newt eut besoin de sa béquille encore plusieurs mois avant que la boiterie ne diminue sensiblement. Avec sa mobilité retrouvée, il se remit au travail, essayant différents jobs avant de se fixer second en commande, aux côtés d'Alby. De ce fait, il touchait un peu à tout, aidait à l'intégration des Greenies, contrôlait le respect des règles, des heures de travail, de la bonne exécution des tâches, travaillant là où on avait besoin de lui. Au final, il était sacrément occupé. Il tentait de maintenir une cohésion entre les Gladers. Parfois, la communication entre les différents groupes passait mal. Tout le monde ne s'entendait pas et la promiscuité, la peur, l'emprisonnement, les mettaient à bout de nerfs. Newt était la tempérance incarnée, un modérateur. Alby était respecté mais son caractère dur le rendait parfois repoussant, alors que Newt était et respecté et apprécié. Il savait mettre en confiance, écouter et discuter, des qualités primordiales pour un leader. Ces dernières expliquaient qu'il soit le guide des nouveaux arrivants. D'ailleurs, demain, la Boîte remonterait avec un nouveau Greenie. Le dernier en date, c'est quoi son nom déjà…, Chuck !, allait être promu. C'était toujours une joie de ne plus être le Green bean. Newt était curieux de savoir comment serait le nouveau.

Il regarda en l'air. Le soleil commençait à se coucher. Minho ne tarderait plus. Il sourit, impatient de revoir le Runner.

PS: pensez aux review, s'il vous plaît :) même si c'est pour dire quelque chose qui vous paraît inutile, pour moi ça ne l'est jamais ;) dîtes-vous que ça motive à écrire !