Note de l'auteur : Voici le nouveau chapitre, j'ai eu plus de mal à l'écrire que le précédent, j'espère qu'il vous plaira malgré tout !
darkcorbeau : Merci pour ton commentaire, tu vas avoir quelques réponses dans ce chapitre, mais pour savoir pourquoi Severus participe au concours, il va falloir attendre le prochain ;)
Lady Volderine : Merci beaucoup pour tes encouragements ! Je suis contente que ça t'ait plu !
Angel-ina66200 : Merci pour ta review, ça me fait plaisir de voir que tu as aimé. Pour connaître la chanson, il va falloir attendre encore un peu ...
Noumea : Merci pour tes commentaires, c'était très agréable à lire !
Eileen1976 : Merci beaucoup ! Chapitre un peu plus long aujourd'hui et tu vas voir que leur collaboration n'est pas si facile que ça ;)
Lolo66 : Ça fait très plaisir de voir ton enthousiasme pour cette histoire :) Merci beaucoup !
Bonne lecture !
Chapitre 4 :
Deux jours plus tard, le nouveau duo de chanteurs avait beaucoup progressé. Snape donnait d'excellents conseils à Hermione et cette dernière avait peu à peu pris de l'assurance. Elle se permettait même de glisser quelques remarques par-ci par-là et ses interventions étaient toujours très pertinentes.
Néanmoins, l'interprétation de la chanson leur posait problème. Tous les deux étant perfectionnistes, ils voulaient faire quelque chose de parfait. Cependant, ils n'étaient pas très à l'aise l'un avec l'autre. Ils avaient donc du mal à lâcher prise lorsqu'ils chantaient.
Alors qu'ils étaient en train de répéter une n-ème fois, Severus s'énerva.
- Cela ne sert à rien. On répète encore et encore, et le résultat est pathétique, cracha-t-il.
Pathétique était certainement un qualificatif trop fort, mais Hermione reconnaissait qu'ils pouvaient grandement s'améliorer. Il était 15 heures, ils avaient travaillé d'arrache-pied depuis qu'elle était arrivée le matin à 9 heures, et pourtant le résultat n'était pas à la hauteur des efforts fournis.
« Lorsque nous chantons ensemble, on dirait deux coquilles vides qui s'évertuent à paraîtres remplies pour faire bonne mesure » songea-t-elle.
L'homme en noir décida qu'il était temps de faire une pause. Ils allèrent dans le salon où il leur servit du thé sans prononcer un mot. La jeune femme rompit alors le silence en déclarant courageusement :
- Il faut qu'on arrive à s'imprégner des paroles de la chanson et à se les approprier. Vous avez des préjugés à mon égard, et j'en ai également à votre encontre, mais il faut que nous arrivions à les mettre de côté. Lorsque nous chantons, nous devons oublier tout ça. Ce n'est pas la jeune Gryffondor agaçante et le professeur Serpentard désagréable qui chantent. C'est un duo, une femme et un homme qui racontent une histoire. Nous devons être nous-mêmes.
Severus n'eut pas le temps de répondre. Un hibou express arriva à cet instant et interrompit la discussion. Naturellement, Snape pensa que celui-ci lui était adressé et ne vérifia pas le destinataire avant de lire le message.
« Miss Granger,
Nous avons été informés de votre refus de faire paraître publiquement votre Traité Sur La Régénération Sanguine Des Cellules Magiques. Nous pensons néanmoins que votre travail devrait être publié, c'est pourquoi nous nous permettons d'insister. Seriez-vous disponible en fin d'après-midi pour que nous en discutions ?
C. Heskow, Fondateur de La Revue des Sciences. »
Le contenu du courrier mit l'homme dans une colère excessive.
- Est-ce-que vous pouvez m'expliquer ceci ? demanda-t-il furieusement à la Gryffondor en lui tendant le courrier.
Surprise, la jeune femme s'empara de la lettre à son tour. Son contenu ne l'étonnait guère, mais elle n'appréciait pas la réaction de Snape.
- Cela ne vous regarde pas ! réagit-elle.
Severus lui lança un regard si noir qu'elle se sentit malgré tout obligée de se justifier :
- Cette année, en parallèle de mon métier, j'ai suivi des cours du soir à l'Université Post-Poudlard et j'ai fait des recherches sur la biologie des êtres magiques. J'ai rédigé quelques théories lors de mon temps libre et un de mes professeurs est tombé dessus, et a envoyé mon essai à La Revue des Sciences. Mais je ne veux pas qu'il soit publié. J'ai mis du temps à casser mon image de « Miss-Je-Sais-Tout », et je n'ai pas envie que l'on me perçoive à nouveau de cette façon sans chercher à me connaître réellement. De plus, la recherche biologique n'est pas un domaine qui intéresse les sorciers. Il est donc inutile que je laisse mon travail paraître dans cette revue.
- Vous osez me parler de « être nous-mêmes » et vous refusez de publier le résultat de vos recherches scientifiques ! Incroyable ! s'emporta l'homme en noir.
- De quel droit osez-vous me juger ? s'indigna Hermione.
-Vous n'êtes même pas capable d'être sincère avec vous-même, comment voulez-vous que je le sois avec vous ? Sérieusement Miss Granger, où est passée la jeune fille au caractère fort, celle avide de partager ses connaissances, celle pour qui l'honnêteté intellectuelle était une valeur fondamentale ? Vous me décevez, fulmina Snape.
- Vous n'avez pas le droit de dire ça, se révolta la Gryffondor.
- C'est fini, ça ne sert à rien de continuer ce pseudo-duo, nous n'arriverons à rien. Je laisse tomber, ce n'était de toute façon pas une bonne idée dès le départ cette histoire de concours. Je me suis trompé sur votre compte, l'interrompit l'homme.
Ce dernier quitta alors l'appartement brutalement et claqua la porte en sortant. Hermione resta seule, hébétée par ce qui venait d'arriver.
Deux heures plus tard, elle se trouvait encore dans le salon de son ancien professeur, en proie à une intense réflexion. Les mots de Snape tournaient en boucle dans sa tête. Elle savait au fond d'elle-même qu'il n'avait pas tout-à-fait tort.
Le jour elle travaillait au Ministère de la Magie et traitait des dossiers qui ne l'intéressaient pas particulièrement. Mais elle était estimée pour cela. Le soir, elle s'activait autour de recherches qui la passionnaient, et elle s'estimait pour cela.
Elle avait du mal à éclaircir ses pensées. Réussirait-elle à assumer complétement la vraie Hermione ? Sa vie actuelle lui suffisait-elle ?
Puis, elle se rappela qu'elle avait voulu participer à l'aventure proposée par l'homme de l'annonce de la Rizette du Sorcier parce qu'elle s'ennuyait dans sa vie et voulait faire quelque chose de différent.
Alors elle se leva et transplana directement dans les bureaux de La Revue des Sciences. Elle fut reçue par l'expéditeur de courrier qui lui était parvenu plus tôt dans l'après-midi. Ils discutèrent longuement, et elle donna de bon cœur son autorisation pour la publication de ses recherches.
Une fois dehors, la jeune femme se sentit beaucoup mieux. Elle avait l'impression que les barrières qu'elle s'était elle-même mise à la fin de la guerre avaient enfin cédées. Libérée, elle était libérée.
Elle repensa alors à Severus.
« Pas question que je le laisse abandonner. Il faut que je m'explique avec lui. »
La nuit était tombée, mais cela ne l'empêcha pas de retourner dans le quartier moldu où habitait son ancien professeur. Il n'était pas dans son appartement, alors elle le chercha dans les rues voisines.
Elle retrouva finalement l'homme dans un bar moldu, assis seul dans un coin et visiblement éméché. Elle se demanda rapidement combien de grammes d'alcool il avait dans le sang.
- Ah vous m'avez trouvé Miss Granger. Vous en avez mis du temps. Je pensais que vous alliez vous précipitez à ma poursuite pour essayer d'arranger les choses en bonne Gryffondor que vous êtes, ironisa-t-il.
- J'ai accepté la publication de mes recherches. Vous aviez raison, reconnu-t-elle.
- Comme souvent, railla Snape.
- Combien de verres avez-vous bu Monsieur ?
- Ce n'est pas votre problème maudite Gryffondor, bougonna Severus.
L'alcool délie les langues et Severus Snape n'échappait pas à la règle. Il ne réfléchissait plus clairement et à la grande surprise de la jeune femme, il commença un long monologue :
- Je viens souvent ici. D'ailleurs, il n'est pas rare que je reste jusqu'à la fermeture alors j'ai mis en place une stratégie digne d'Albus Dumbledore ! Au fil de la soirée, je me rapproche peu à peu du comptoir derrière lequel se trouve le patron. Un peu avant la fermeture, je lui demande comment il va et ensuite le reste se fait tout seul. Primo, il se plaint. Secundo, il prend sa meilleure bouteille de whisky. Tertio, j'acquiesce à tout ce qu'il dit. Je ne vous cache pas Miss Granger que c'est l'étape la plus importante : je n'ai qu'à faire des brefs hochements de tête, marmonner par-ci par-là, et il me sert des verres. C'est une méthode sûre, qui a prouvé son efficacité au fil du temps.
- Enfin, se reprit-il, disons qu'elle avait prouvé son efficacité jusqu'à ce jour où nous nous sommes rencontrés pour parler du concours. Lorsque vous êtes partie, j'étais décontenancé. Vous m'aviez surpris, car je ne m'attendais pas du tout à ce que vous répondiez à mon annonce. Lorsque nous avons chanté ensemble la première fois, j'ai été subjugué par votre voix, et la mienne s'est placée naturellement sur la vôtre. Seulement plus tard dans la soirée, j'ai été rattrapé par la réalité. Vous et moi avions jusqu'alors toujours eu des rapports tendus et je ne savais pas comment faire face à votre arrivée dans ma nouvelle vie parmi les moldus.
Je suis donc allé au bar ce soir-là et j'ai bu plus que d'habitude. Un peu avant la fermeture, il ne restait plus que le patron et moi dans le bar. J'ai voulu enlever ma veste car j'avais trop chaud. Seulement avec tout l'alcool que j'avais ingurgité, je n'ai pas eu le temps de réaliser ce que je faisais, que j'avais déjà lancé un sortilège informulé sur moi-même et je me suis retrouvé complétement nu. Heureusement, le barman était dans le même état que moi et il ne s'est pas aperçu que j'avais pratiqué la magie. Je ne retrouvais pas mes vêtements alors il m'a donné le seul habit qu'il avait à disposition : un caleçon publicitaire qui lui avait été envoyé par une marque de bière. La suite est un peu floue. Il me semble que j'ai finalement retrouvé une partie de mes vêtements, puis que je suis rentré tant bien que mal chez moi. Je me souviens ensuite avoir pris une potion anti-gueule-de-bois, puis plus rien. Du moins plus rien jusqu'au lendemain où j'ai eu la surprise de me faire réveiller par vos bons soins.
L'anecdote amusa beaucoup Hermione. Elle n'avait jamais entendu son ancien professeur parler autant. C'était la première fois qu'ils étaient tous les deux détendus en présence l'un de l'autre. Profitant de la situation, elle lui posa la question qui la préoccupait depuis plusieurs jours.
- Pourquoi vous êtes-vous inscrit au concours Monsieur ? Vous m'avez plusieurs fois notifié que vous n'étiez pas très enthousiaste à l'idée d'y participer.
L'homme soupira. Il trouvait qu'il en avait déjà trop dit. Cependant, l'alcool dans son sang fit son effet et il poursuivit :
- Severus. Je suppose que vous pouvez m'appelez Severus. De toute façon, nous allons devoir passer tout notre temps ensemble dans les jours à venir. De plus, si nous voulons être bons dans l'interprétation de la chanson, je vais devoir vous raconter certaines choses sur moi comme vous me l'avez fait remarqué. Il semblerait, Miss, que nous allions devenir, hum, intimes, déclara-t-il en insistant particulièrement sur le dernier mot.
La jeune femme rougit. L'homme alcoolisé était beaucoup plus sympathique qu'habituellement, mais le voir taquin était très perturbant. De plus, elle ne pouvait s'empêcher de repenser au fait qu'il s'était retrouvé nu dans ce bar. Une vision inappropriée de l'homme sans vêtement, s'imposa dans son esprit et elle rougit encore plus. « Par Merlin, il faut que j'arrête de penser à lui de cette façon ».
- Dans ce cas, appelez-moi également par mon prénom, répondit-elle en se ressaisissant.
- Pour répondre à votre question, il s'avère que ce n'est pas moi qui me suis inscrit Hermione.
Alors, à votre avis, qui a inscrit Severus ?
