3ÈME PÉRIPLE / PARTIE 1
Mathieu - 10 Heure 24- 17 Novembre 2016 -
Le malade avait la tête baissée. Il fixait ses pieds en silence, stoppé a à peine un mètre du châtain.
- Mais je l'ai jamais pensé bordel ! pleurait maintenant Mathieu. Il vint poser son front contre le torse de son meilleur ami. Pardonne-moi, d'accord ? renifla-t-il.
- Ah bah c'est cool, ça. râla Antoine. Il regardait ses mains en les tournants d'un sens comme dans l'autre.
- Hein ?
Mathieu releva la tête pour découvrir un grand sourire de psychopathe fixé aux lèvres d'Antoine.
- Oh. Bonjour Egza. C'est moi, S. Comment ça gaze ?
- Quoi ?! S'étouffait Mathieu en reniflant. S ?
Mathieu se souvint alors du 13 Novembre 2016, où Antoine s'était mis a pleurer devant lui avant de sortir une théorie sur S et son Con. ( cf. chap.9 ) Il se souvint également du thon pas très frais qui avait engloutis la veille de son départ a Grenoble et qui lui avait retourné l'estomac. Il avait frôlé de près la superbe gastro de la mort.
- Tu te fous de ma gueule, Antoine ?
- Je te l'ai déjà dit la dernière fois ! Je ne suis pas Antoine ! S. Je m'appelle S ! se plaignit l'autre avec une moue contrite.
- Ce n'est pas possible. répondit simplement Mathieu.
- Eh ben... si. déclara l'autre pour faire preuve de répartie.
- Non. Je dois encore être en train de rêver. refusa son ami en fronçant les sourcils.
Antoine lui pinça le bras en prenant un air blasé.
- Aïe ! fit le châtain en frottant son bras.
- Tu vois : tu rêves pas.
- T'as failli m'arracher ma seule pilosité existante. fit le plus vieux en observant la trace rouge sur sa peau.
- Ah. Pardonnez-moi Ô Grand homme.
- Ta gueule.
- C'est vrai. Pardon. Petit homme.
- Va te faire enculer par une chèvre. grogna le châtain.
- Alors, c'est bon ? Tu crois en moi ?
- Non. Je pense surtout qu'Antoine est en train de me faire une blague. Et pas une blague des plus drôles.
- Bon. Écoute, t'es chiant. Regarde-moi. Je suis bien réel, non ? Je suis entier et tu vois bien que je ne suis pas Antoine.
- C'est fau-...
- Arrête de mentir. Le coupa son ami. Tu le sais. Tu le sens.
- Certes, ta voix est différente mais c'est parce que tu t'enrhumes a rester dehors dans un hangar délabré.
- Dis pas n'importe quoi, Egza. Je sais que tu l'assumes pas mais le plus frileux de nous deux, c'est toi. Et t'as même pas la chair de poule.
- Et alors ? T'es peut-être allergique aux poils de chats. Alors tu t'es enrhumé à cause de Wifi et ta voix...
- Egza. Tu connais mes allergies par cœur. Pollen, latex et intolérance aux œufs.
- Ton intolérance elle est inventée. C'est juste que t'aimes pas les omelettes, menteur.
- Va chier ( tmtc )
- Et puis d'abord, pourquoi Antoine aurait subitement plusieurs personnalités ?!
- Peut-être parce qu'il a une une commotion cérébrale ? fit l'autre avec un air ironique, roulant des yeux.
- Et ? Certes, Justice a dit que c'était possible mais tu ne présentais aucun de ses symptômes avant ta sortie de l'hôpital.
- Egza, arrête de te mentir, merde. Dans l'hôpital, c'était le Con aux commandes. Et Antoine fait toujours l'idiot. C'est normal qu'on ne voie pas de différence dans le comportement.
- En quoi c'est normal ? C'est toi qui est bizarre là-maintenant ! Tu n'as juste pas les idées en place !
- AH BAH VOILA ! " Pas. Les. Idées. En. Place. " C'est a dire que la tête d'Antoine est mélangée, mal rangée.
-Qu'est-ce que tu veux dire par là ?
- Antoine n'est plus structuré comme un humain. Je veux dire que quand c'est le Con aux commandes, il réagit par instinct. Il est complètement retardé. Tu l'as bien remarqué, non ? On dirait un gamin ou un chien !
- J'ai peur des chiens.
- B-bah un Canaris alors ?
- J'ai du respect pour les canaris qui sauvaient les mineurs au temps du charbon.
- Un poisson rouge ?
- Hum. Ok. Je vois.
- Pff. Raciste des poissons rouges.
- hmpf. fit le plus vieux avec un air hautain.
- Toujours est-il qu' Antoine n'est plus... Lui. Et quand c'est moi, S, aux commandes, Antoine n'est pas complet. D'ailleurs tu ne me verras jamais rire aux éclats. Bien que sarcastique, je ne suis pas la partie d'Antoine avec le plus d'humour.
- Poêle. Fourchette. Mimolette. déclara Mathieu avec un air blasé.
Antoine se mit a rire malgré lui.
- Ça marche toujours. Remarqua le châtain.
- C'est de la triche ! Qui ne rigole pas avec ça ?
- Tous les gens normaux et sensés de cette planète. accusa le vidéaste en haussant les épaules.
- Justement. Je ne suis pas "sensé" puisque je ne suis pas Antoine.
- Tu as toujours ri a cette blague.
- Bon, peut-être qu'Antoine n'a jamais été totalement normal mais... s'il te plait fait un effort ! Je ne suis pas Antoine ! Ou plutôt je ne suis qu'une partie d'Antoine.
- Je ne suis pas débile, non plus. Et tu n'as jamais eu de trouble de la personnalité ou quoi que ce soit d'autre. Et tu vas très bien ! Merde. Dans un mois ça sera finit, tu redeviendras normal et tu arrêteras de dire de la merde, d'être aussi bipolaire et tou-...
Antoine l'attrapa par les épaules et fixa le plus vieux dans les yeux.
- Tu ne comprends pas, Egza. C'est... Dangereux. Si le con et moi ne sommes pas réunis Antoine pourrait rester ... Comme ça ! Il faut que tu parles d'avantage au Con. Antoine et lui savent mais ils ne veulent pas me dire pourquoi... et ... Il faut que tu leurs parles, que tu aides Antoine !
Mathieu ne le suivait plus du tout. Il n'arrivait pas a imaginer Antoine avec un dédoublement de la personnalité quelconque. Le plus jeune devait surement s'être pris une insolation. En plein automne et sans soleil mais une insolation quand même, n'est-ce pas ? le brun semblait devenir fou. Paniqué, il secouait Mathieu dans tous les sens.
- Arrête de raconter n'importe quoi, Antoine... soupira le châtain en se dégageant de sa poigne. T'es fatigué, tu délires. On va rentrer chez Bob.
- Merde j'ai plus de temps. Marmonna le malade comme pour parler a lui-même. Ecoute, les médecins ne savent pas tout ! tu devrais plus t'interroger... Parler au Con... Non ! Ca ne va pas... Il ne sait pas parler de ça.
Le jeune homme leva soudain les yeux en claquant son poing dans la main. Il venait de trouver une idée :
- Oui ! Je sais ! Demande-lui d'écrire. Où demande-lui son journal intime.
Mathieu sembla s'impatienter et fronça les sourcils.
- Tu n'es pas une adolescente pré-pubère. Tu n'écris pas de journal, Antoine.
- C'est important. Je ne suis pas Antoine. Je suis S. Même s'il ne m'aime pas, moi je veux l'aider, lui et le Con.
- Tais-toi un peu. souffla le châtain en attrapant l'autre par le bras pour le tirer en dehors de la salle de sport. Grenoble doit te tourner à la tête. On va rentrer à la maison. Déclara-t-il.
Mathieu - 12 Heure 06- 17 Novembre 2016 -
Bob et Mathieu étaient à table, Antoine était dans le garage pour jouer avec Raviolis. Le châtain était plongé dans ses pensées, les sourcils constamment froncés. Quand ils étaient sortis de la salle de sport, S s'était volatilisé. Bam. D'un coup. Comme la dernière fois. Et Mathieu ne cessait de tourner les paroles de son ami dans sa tête. Il ne croyait pas vraiment a cette histoire de triple personnalités. Et pour cause. Son travail lui conférait des personnalités diverses et il s'appliquait à ne pas les mêler à sa vie personnelle.
Des personnalités, c'était une lourde charge et ça ne naissait pas du jour au lendemain, d'après Mathieu. Si Antoine avait été psychologiquement instable depuis longtemps, alors, lui qui passait autant de temps avec lui, il aurait bien finit par le remarquer, non ? Bob émit alors un fort raclement de gorge.
- Quoi ? demanda Mathieu en mettant ses couverts dans son assiette vide.
- T'as l'air tellement contrarié que je pourrais choper la chiasse rien qu'en te regardant.
- Charmant. Ironisa le plus vieux.
- Qu'est-ce qu'il se passe ?
- C'est Antoine... souffla Mathieu
- Ça je m'en doute.
- Tu insinues quoi ? demanda le plus petit, plissant les yeux.
- Rien. C'est normal que tu t'inquiètes pour ton meilleur ami. Alors, qu'est-ce qu'il a ?
- Ce matin, quand on est parti se promener, on a beaucoup parlé. Enfin, lui, surtout. Il m'a reparlé de Louise. Et de la soirée de deuxième année.
Bob éloigna le regard, mal à l'aise. Il devait culpabiliser.
- C'est bon. Je me souvenais de ce qu'il s'était passé. Même si je voulais pas l'avouer. Je vous en voulais parce que c'était vraiment une fille que j'aimais.
- Tu t'es mis a la détester après.
- Je me suis acheté un chat. J'étais juste en manque de compagnie.
- Je voulais t'en parler, d'ailleurs.
- Quoi ?
- Tu as été abusé par cette fille, n'est-ce pas ?
- Ouai. Mathieu se gratta l'arrière de la tête. Elle me prélevait de l'argent et elle couchait avec mon coach sportif.
- Je parle des coups, Mathieu. déclara subitement le gamer, une étrange lueur dans les yeux.
Le châtain sursauta et regarda son ami avec de grands yeux.
- Quoi ? non ! Enfin, elle m'avait déjà baffé une ou deux fois durant nos disputes mais j'ai pas eu à me plaindre de ça. Pourquoi ?
- Rien. Je sais que c'est un sujet qui tient à cœur à Antoine.
- Bref. On a parlé de ça et ensuite il a déraillé.
- Ah ? C'est-à-dire ?
- Il a prit une voix bizarre et il a parlé d'une histoire de personnalités, de médecins qui ne savent pas tout et il m'a demandé de lire son journal ou une connerie dans le genre. C'était bizarre.
- C'est le Tramadol qui lui monte à la tête. plaisanta Bob.
- Je sais pas. Il avait l'air tellement sérieux... C'était pire que réaliste, tu vois. J'ai failli le croire.
- Et tu ne le crois pas ? demanda le plus grand.
- Il prétend s'appeler S, que son autre lui s'appelle "Con" et qu'Antoine est en danger. Difficile de le prendre au sérieux. fit Mathieu en haussant les épaules.
- Effectivement. rit le pyro-barbare.
Mathieu se leva, prit son assiette et la mit dans le lave-vaisselle. Il s'accouda contre le plan de travail et se tourna vers Bob.
- Je compte repartir ce soir avec Antoine.
- Enfin, bon dieu. Mes fans commençaient a se demander pourquoi toutes mes publications étaient avec toi et Antoine. Y'a même des gens qui ont émis l'hypothèse d'un plan a trois. Fanta a reçu des encouragements pas message parce que fans nos pensent que je veux briser notre couple imaginaire. J'ai même dû me déconnecter de Twitter pour pas que mon tel devienne un micro-onde. dramatisa le bouclé.
- Pauvre de toi. ricana le plus vieux.
- Tu vas bien rire, toi, quand tu verras tous tes messages de faux couples sur tes vidéos. Je parie dans deux semaines y'aura une rumeur comme quoi tu vas ouvrir une Chaîne de Gaming a causes de nos publications.
- On a joué a Mario Bross et League Of Legend pour que tu puisses sortir des vidéos FAQ en même temps. Ça veut pas dire que je vais ouvrir une nouvelle chaîne.
- On appelle pas ça des groupies pour rien, Math. C'est l'effet de groupe qui va leur donner des faux espoirs.
- On est con quand on est en groupe, alors.
- Vrai. déclara Bob. y'a qu'a regarder : le foot, la politique, les mouettes. Tous de sacrés cons.
- Je sais pas si cette comparaison avait le mérite d'exister.
- Parce qu'on t'a déjà demandé si t'avais le mérite d'exister, toi ?
- Non.
- Tant mieux. Sinon je ne t'aurais jamais connu. sourit le pyro-barbare
- Enculé.
- Bisous.
- Bon. Marmonna Mathieu en se redressant contre le bar. je vais préparer la voiture. Demande a Antoine d'attraper le chat.
Bob sourit en mettant également son assiette à laver.
- Hey, Math ? fit-il alors que son ami s'apprêtait a sortir de la pièce.
- Hm ?
- Essaye quand même.
- Quoi donc ?
- Lire le journal d'Antoine.
- Il tient vraiment un journal ? grimaça le châtain.
Bob haussa les épaules. Il avait vécu presque 5 ans en colocation avec Antoine. Que ce soit en internat au lycée ou après les études, il avait l'impression d'avoir vécu beaucoup de choses avec le brun. Mais il savait que c'était faux. Même Mathieu n'avait pas connu Antoine toute sa vie.
Bob n'avait rencontré Antoine qu'en quatrième, quand ils avaient 14 ans. Mathieu, quant à lui, le connaissait depuis ses 8 ans grâce a un déménagement douteux. Les deux reviewer n'avaient pas toujours été aussi proches. Ce n'est que lorsque Bob les a rencontrés qu'ils se sont véritablement rapprochés. Auparavant, ils étaient de bons amis, bien sûr, mais ils n'étaient pas encore meilleurs amis. L'année de quatrième avait vraiment formé leur groupe.
Tout ce que Bob avait retenu de ses 5 ans de colocation avec Antoine, c'est que le brun avait des habitudes bizarres (comme plier son linge à l'envers, les coutures vers l'extérieur.) et qu'il avait des secrets impensables.
Quand Bob avait emménagé avec Antoine, il s'était rendu compte que le brun faisait énormément de choses. Il faisait du sport, écrivait beaucoup, dessinait quand il s'emmerdait, il regardait des tonnes de documentaires, il lisait des livres aussi gros que les par-peint et se mettait même a chanter, parfois. Un jour, Bob l'avait surpris dans son lit, le dictionnaire dans les mains. Le bouclé lui avait demandé ce qu'il faisait et l'autre avait simplement répondu " Je fini mon livre... "
Bref, Antoine était toujours occupé. C'était un bosseur, aussi. Le genre de gars a qui on demande le cahier quand on a oublié de faire un exercice. Mais malgré son sourire, Antoine possédait de lourds secrets, le gameur en était certain. Et il était persuadé qu'Antoine se noyait dans le travail seulement dans le but de ne pas y penser.
Ce qui avait toujours étonné le pyro-barbare dans sa colocation, c'était le nombre d'ordonnances qu'Antoine pouvait accumuler en une semaine. Le brun était la seule personne au monde qui pouvait passer sa vie chez son médecin. Un petit mal de crâne, une cuite trop dure ou un coup de rien du tout et il filait en vitesse voir un corps médical. Comme si sa vie en dépendait. Il avait d'ailleurs, semestriellement, un rendez-vous. Un rendez-vous chez le médecin. Mais pas un rendez-vous comme pour une angine ou la variole. Non. Il allait chez le médecin exactement comme les petites vieilles qui vont a l'aquagym tous les jeudis soirs.
Au début, Bob avait trouvé ça bizarre mais en même temps, tout ce qui touchait a "Antoine Daniel" était un peu loufoque. Il ne s'était jamais autorisé à lire les ordonnances que le brun laissait parfois traîner dans leur appartement. Et de toute manière son médecin écrivait trop mal pour qu'il puisse les lire. Mais Lennon était certain que quelque chose clochait. Il s'était habitué aux rendez-vous médicaux mais ça restait quand même louche. Antoine rangeait justement ses ordonnances dans un énorme classeur. Le bouclé le voyait souvent le remplir au fur et a mesure. Au début, il avait pensé a un classeur de révisions.
Mais quand, par hasard, il avait feuilleté quelques textes, il s'était demandé quoi. L'un d'eux parlait de papillons et de leurs chrysalides, de la liberté des animaux et de leur vie. Un autre texte pouvait relater de la façon de créer un râteau en plastique avec des bouchons de bouteille recyclés. On pouvait même atterrir sur un article de journal annonçant l'équinoxe de printemps en plein milieu d'une dissertation sur l'intelligence des fourmis. Non, franchement, ce qu'Antoine écrivait, c'était flippant.
On ne pouvait pas être Antoine Daniel et être normal, après tout.
Bob sourit bêtement a Mathieu.
- Ouep, un journal. Ça lui ressemblerait bien d'écrire un journal, non ?
Mathieu roula des yeux.
- Bien sûr. Et toi les couettes ça te va superbement bien. lança-t-il ironiquement.
- Je suis sérieux, Math. Antoine est bizarre. Il passe sa vie dans sa chambre. Si ça se trouve il a vraiment écrit un journal. Bob se gratta l'arrière du crâne. Même si ça semble vraiment bizarre à moi aussi.
Il mentait quand il disait qu'il trouvait ça bizarre. Il avait tellement vu de trucs chelous sur internet ou avec ses potes que ce mot lui était presque devenu inconnu. De toute façon, il était sûr qu'Antoine cachait quelque chose. Le fait que Mathieu ait entendu Chewbacca dire de lui-même qu'il écrivait - peut-être - un journal intime le confortait dans son idée. Le classeur d'Antoine était sûrement une sorte de journal, non ?
- Tu crois qu'il l'a écrit quand ? demanda Mathieu, songeur.
- On sait même pas s'il en a vraiment écrit un...
" Rester crédible. " Se répétait Bob dans sa tête.
- T'imagine...
- Quoi ?
- Antoine Daniel, 14 ans, s'enferme dans sa chambre pour écrire dans un petit carnet rose bien kitsch avec un cadenas en plastique : Pour plus d'intimité.
Le pyro-barbare rentra dans le jeu de son ami, bien malgré -lui : ( mais surtout parce que l'amitié c'est un peu débile. )
- Antoine Daniel, 14 ans, cache la clef de son journal intime dans son porte-monnaie : Parce que ses parents pourraient tomber dessus.
- Antoine Daniel, 14 ans, Amoureux de sa prof d'EPS -qui nous faisait des démonstrations de gym-. Il l'écrit dans son journal : Pour se soulager le moral. (quelle riiiime ! )
- Elle avait de ces seins... fantasma Bob.
- Tous les élèves de troisième et de quatrième rêvaient de la dégommer. se souvint Mathieu avec un rictus.
- Sauf toi.
- Je suis rentré dans son bureau alors qu'elle se curait le nez. Je te jure, après ça, t'es calmé. fit Mathieu avec une grimace écœurée. Le souvenir était tenace.
Bob ricana.
- Allez, va remplir la voiture.
Mathieu s'exécuta en attrapant son sac et en fourrant plein d'affaires au hasard dedans. Il prenait sûrement des affaires a Bob sans s'en rendre compte. Mais il s'en foutait. ça ferait une excuse pour venir le voir un autre jour.
Le pyro-barbare se dirigea vers le salon pour ouvrir la porte du garage. Bon dieu, qui avait une porte de garage en plein milieu de son salon à part lui ? C'est comme si on entrait dans la maison par la salle de bain, ça n'a aucun sens !
[ Les espaces tampons, comme les hall, les escaliers, le garage ou les chambres d'amis sont situés au nord tandis que les pièces a vivre comme la cuisine, le salon, la chambre et la salle de bain sont au sud... tmtc. /oui c'est un cour de technologie dans une fiction. Je m'investis pour vous, voyez-vous. \ ( et je suis en train de faire une discussion rallonge tapis avec des parenthèses. ) ]
Bref, il s'engouffra dans son garage et appela Antoine. Seulement, seul le jappement de Raviolis lui répondit. Il entendit les griffes du chien crisser sur le béton pour venir jusqu'à lui. La pièce était plongée dans le noir et le bouclé se demanda pourquoi Antoine avait éteint la lumière. Il sentit le chien appuyer contre ses mollets. Le malade aux cheveux fous ne répondait toujours pas.
- Antoine ? répéta-t-il en appuyant sur l'interrupteur après l'avoir cherché a tâtons.
Le néon clignota un moment avant de s'allumer complètement. Un frisson secoua l'échine de Bob. Cette ambiance lui avait toujours fait peur. Pas de réponse d'Antoine, juste le chien qui halète a ses pieds et le bruit du néon qui peine a s'allumer. Flippant. Vous savez, le genre de néon que l'on retrouve dans les films d'horreur. Comme si, un jour, le réalisateur s'était dit : "Bon, on a un budget de 58 millions pour ce film, par contre on va faire l'éclairage avec les vieux néons du garage de mon grand-père hein"
( Ce plagiat de réplique est l'occasion parfaite pour faire une pub pour etoiledenuit, auteure talentueuse sur Wattpad )
Le néon daigna enfin s'allumer et Bob tapota la tête du chien en jeta un regard aux alentours et tomba sur la silhouette endormie d'Antoine, parterre. Wifi et Hestia étaient enroulés contre son ventre. A eux trois, ils formaient une boule parfaite. Le pyro-barbare soupira. Depuis quand Antoine était aussi proche des bêtes ? Lui qui avait toujours dit non quand il voulait acheter un chat au lycée... Pff. La vie est injuste. Il prit une photo. Il pensera a observer la toile quand il l'enverra sur Twitter.
Avec un peu de chance, il sera envahi par des : "Kyaaa", "Batoine" ( je vous supplie de ne pas inventer un tel ship ) et des " TROP MEUGNON".
Ou d'autres commentaires plus lucides du genre :" Pourquoi Antoine est enfermé dans ton garage ? " , " Pourquoi il dors sur du béton ? " ou " Ton chat a grossi, Bob. "
Le gamer se pencha alors et réveilla son ami aux cheveux fous en le secouant légèrement.
- Antoine ? Hey. Réveille-toi.
Hestia roula sur le côté, écrasant le museau de Wifi avec son arrière train. Le sacré de Birmanie poussa un miaulement aigu et contrarié. Les deux félins se chamaillèrent faiblement, encore endormis. Le Présentateur de What the cut ?! Bailla et attira les deux chats contre lui.
- Zerel ? marmonna-t-il en passant ses doigts dans le cou de Wifi et sur les oreilles de Poupette.
- Math et toi repartez a la maison. Il faut que tu prennes Wifi et que tu ailles dans la voiture.
Le brun sourit au gamer.
- Merci de nous avoir accueillis, Zerel !
- En fait, j'ai fait que dalle. soupira le bouclé. Je n'ai fait que...Il fut stoppé dans sa lancée par un câlin du plus jeune.
Sa respiration se coupa sous l'impact. Antoine faisait des câlins de rugbyman, parfois.
- ...Que vandaliser votre stock de bière. Finit Bob en tapotant le dos de son ami.
La porte du salon grinça derrière eux et s'ouvrit sur Mathieu.
- Hey Bob t'aurais pas vu mes chaussettes rayées-... Oh.
Le châtain perdit son sourire. C'était plus fort que lui. Savoir qu'Antoine était débrouillard et savait avoir d'autres amis le mettait mal à l'aise. Il avait la mauvaise habitude de penser qu'il n'y avait qu'avec lui qu'Antoine pouvait rire ou s'amuser. Et qu'il n'y avait qu'a lui qu'Antoine pouvait faire des câlins... Pas qu'il soit forcément possessif avec ses potes mais comme il savait que le malade passait plus de temps avec lui que les autres, il avait l'impression d'être plus important. Ou plutôt, il avait toujours voulu être plus important. Il n'était pas possessif. Il était jaloux. Et ce depuis tout petit. A la maison, quand sa mère s'occupait d'avantage de son frère, il était jaloux. En classe, quand la maîtresse de maternelle disait qu'elle les aimait tous équitablement, il était jaloux. Et même quand il avait rencontré Antoine et Bob il était déjà comme ça.
Antoine se détacha alors de Bob, remarquant la présence de Mathieu
- Egzaaaaa ! On y va ? Dis, dis, on y va ?
- Oui. Je trouve mes chaussettes rayées et on y va. Sourit le plus petit en ébouriffant les cheveux d'Antoine. Prends Wifi et va vite dans la voiture.
Le malade acquiesça. Il attrapa le sacré de Birmanie comme si c'était une masse morte, le serra contre lui et fila vers la voiture a capsule de bière. Mathieu le regarda partir et se tourna ensuite vers Bob. Celui-ci retenait Raviolis contre sa jambe en le tirant par le collier.
- T'as pas vu mes chaussettes rayées ?
- Dans la corbeille de fruits, j'crois.
- Ok merci-... fit Mathieu en sortant du garage.
- Hey Math !
Le nain repassa sa tête dans l'embrasure de porte.
- Oui ?
- N'oublie pas de lui demander. rappela Bob.
Mathieu - 08 Heure 06- 18 Novembre 2016 -
Mathieu était encore dans son lit, profitant du radiateur humain qui dormait dans son lit. Ils étaient revenus de Grenoble hier et Antoine avait profité de la route pour dormir. Seulement le soir venu, ce petit diablotin, reboosté par sa sieste, lui avait fait connaitre la misère. Il voulait sortir, courir, jouer. Mathieu, crevé par ses heures de route, l'avait envoyé chier pendant deux heure avant d'accepter de faire un Monopoly. Mais quelle chiantise de jouer au Monopoly avec un gars bourré de chance ! Vous savez, le genre de gars qui ne passe que par ses propres terrains, qui possède toutes les gares, la rue de la paix et six hôtels. Et quand quelqu'un tombe sur un de ses terrains, le loyer d'une nuit est a 19 milles. C'est aussi ce même gars qui, quand il tombe sur une caisse de communauté ou une carte chance, ne se tape jamais toutes ses tuyauteries de maison a réparer ou la note du médecin a payer. Non, lui, quand il passe sur ses cases là, il gagne 20 euros parce qu'il a gagné un concours de beauté.
Plus jamais de Monopoly avec Antoine Daniel. C'est une horreur.
Après deux à trois heure de jeux, quand Mathieu perdit toutes ses terres, ne posséda plus que 2 € et qu'Antoine eut dévalisé la banque, ils finirent par regarder un film. Le chevelu s'endormit rapidement et le châtain put changer les pansements a ses jambes. Il ne restait que quelques éraflures mais ça écœurait toujours le plus jeune. Quand il avait voulu faire le bandage de tête a son meilleur ami, celui-ci s'était réveillé et avait supplié le vidéaste de dormir avec lui plutôt que de lui faire son pansement. Mathieu ne pouvait qu'accepter. Il était exténué et l'idée de voir une nouvelle fois la cicatrice sur la tête de son meilleur ami ne le réjouissait pas tant que ça. Il désinfecterait demain.
La nuit avait été calme. Même s'il avait oublié de réactiver les radiateurs en rentrant de Grenoble, Antoine était amplement suffisant pour réchauffer tout une pièce. Il irradiait littéralement, même s'il n'avait pas de fièvre. Même s'ils étaient tous deux frileux, ça leur avait suffi. Un câlin, une couette et un oreiller, trois minutes de silence et les deux gars s'étaient endormi ensembles.
M'enfin. Mathieu était là, bien réveillé. Antoine lui tenait mollement le bras et le plus petit s'extirpa des draps en prenant attention a ne pas le réveiller. Bon. Antoine n'avait pas non plus le sommeil léger. Ce qui lui valait une rude réputation de retardataire. Alors il n'avait pas a s'en faire. Il risquait de dormir encore deux ou trois heures. Le châtain bailla et se dirigea vers la cuisine pour boire son café. Il finit son trajet a cloche-pied. Il avait encore oublié la petite marche qui se trouvait juste a l'entrée et son petit orteil était mort en cours de route.
Sa cuisine n'était pas bien grande. C'est sa mère qui avait fait la déco, optant pour une tapisserie beige un peu vieux jeu et des meubles totalement démodés. Il n'y avait aucune harmonie dans cette pièce. Que ce soit les rideau rouges pétants, la table en verre moderne, les assiettes en porcelaine a bords dorés et les verres a moutarde Cars et Scooby-doo, rien n'était en raccord. Vraiment, sa cuisine était petite. Mais c'était le meilleur endroit de sa maison. Hormis la petite marche. Il avait installé des cactus et des plantes grasses devant la fenêtre et sa cafetière se trouvait juste a côté, lui permettant d'apprécier sa tasse dans la chaleur du soleil levant. Bon aujourd'hui, en plein novembre, le soleil n'était pas là. Mais au moins le café rendait le moment plus plaisant.
Mathieu se saisit de son portable. Sous sa coque Nirvana, un petit bout de serviette dépassait. Elle arborait l'emblème du KFC et un numéro de téléphone était inscrit a l'arrière. "Ethan" était-il inscrit en dessous. Il se souvenait de ça. (cf. chapitre 7 ) Le 13 Novembre, quand Antoine et lui étaient sortis de l'hôpital et qu'ils étaient allés au KFC. Avant qu'il ne fasse un malaise. Il se souvenait très bien du garçon aux cheveux noirs et aux tâches de rousseur. Damn. Il aurait pu être mannequin que ça ne l'étonnerait pas. Par contre, son rire de phoque l'avait marqué aussi.
Quelle plaie. Un beau gars, un beau sourire, une bonne mentalité - il avait quand même défendu Antoine - mais un rire de merde. La règle d'or disait " on ne se tape pas un fan ". Mais quand une occasion pareille arrivait, qui était-il pour refuser ? Bon. Il n'était pas forcément gay. Mais pas complètement hétéro non plus. Il n'était... rien. Ou peut-être Main-droite-ophile. Très probablement, ouai.
Bon. De toute façon, Ethan avait l'air d'être un bon gars, nan ?
Il inscrivit le numéro du garçon sur son téléphone. Mathieu hésitait entre appeler et envoyer un message. S'il l'appelait, il allait très probablement le réveiller. Dans le fond, il s'en foutait un peu. C'était le ténébreux qui lui avait donné son numéro en premier. C'est Ethan qui s'intéressait a lui, à la base. Et pas l'inverse. Il appela. Quelques sonneries plus tard, une voix ensommeillée répondit.
- Ethan Blancheroi, Bonjour.
- Mathieu Sommet, Bonjour. répondit le châtain sur le même ton.
- Ah ! Mathieu. fit son interlocuteur avec un air surpris. Je... Je pensais pas que tu m'appellerais vraiment, en fait.
- Ouai, je sais. J'ai pris du temps en plus.
- La belle se fait désirée. rit l'autre.
Mathieu ne put s'empêcher de prendre la voix du patron et de répondre :
- C'est moi qui domine, Gamin.
- Evidemment. gloussa Ethan. Comment ça va ?
- Bien bien. Et toi ?
- Une bonne cuite sur le dos mais ça va quand même.
- Je t'ai réveillé ?
- Le plus beau réveil du monde. approuva l'autre.
- OH arrête, tu vas m'faire rougir. rit Mathieu en prenant une voix aiguë.
- Je te ferais rougir dans d'autres situations, promis. déclara Ethan.
Mathieu prit vingt teintes de plus. Il ne s'attendait pas a ce que son fan réponde ainsi. Il en oublia sa répartie
- Oh pardon. Bidouilla le noiraud au téléphone. Je pensais que ... enfin... Que tu étais de ce bord... marmonna Ethan.
- Nan, c'est bon, c'est ok, t'inquiète. J'ai... j'ai juste rougit.
- Je tiens toujours mes promesses. rigola Ethan, plus détendu.
Ils parlèrent durant plusieurs minutes. De tout, de rien, de leur vie. Mathieu ne cherchait pas forcément de relation. Mais comme il était tombé sur un beau gars qui l'appréciait en retour - et qui avait un beau cul- , il envisageait d'en construire une. A quand remontait sa dernière relation amoureuse ? Il y a un peu plus de 7 mois. Avec une jolie blonde. Ils s'étaient quittés en bon termes, se rendant compte que leur vie a deux ne tenait que sur des parties de jambes en l'air. Mathieu n'était pas une personne en manque d'amour. Il ne se sentait pas forcément seul. Il avait une vie remplie, des amis et il ne cherchait pas l'amour a tout les coins de rue. Il vivait au jour le jour. Il ne s'imaginait surement pas passer toute sa vie avec Ethan. Mais s'il pouvait vivre une passion amoureuse, même passagère, il ne la refuserait pas.
Mathieu fumait sa cigarette matinale en bavardant avec Ethan. Il avait ouvert la fenêtre et la fumée disparaissait au fur et à mesure. Il avait enfilé une vielle veste d'Antoine qui traînait dans le salon pour ne pas attraper froid. Elle était carrément trop longue pour lui -lui arrivant juste au-dessus du genoux- mais au moins, il n'avait pas froid. Le châtain vit justement la tête du grand brun dépasser de l'embrasure de porte.
- Bonjour Antoine. Sourit Mathieu, de bonne humeur.
Le plus grand entra dans la pièce en se prenant la petite marche. Cette saleté. Il poussa une plainte aiguë en se massant le pied endolori.
- Antoine est chez toi ? demanda alors le noiraud au téléphone.
- Ouep. Je dois prendre soin de lui. Tu veux lui parler ? Proposa le châtain.
- Ouai, vas-y.
Mathieu mit le son de son portable en haut-parleur et le posa sur la table.
- Vas-y, parle. Il t'entend.
- Euh ok... Bonjour ?
Le malade fixa le cellulaire comme si c'était un étranger. Il pencha la tête sur le côté, sans pour autant répondre à leur interlocuteur
- Tu dis bonjour, Antoine ? s'impatienta le plus vieux.
- Gaspacho, la soupe froide venue d'un pays chaud ! s'écria Antoine en exécutant un pas de mambo.
De l'autre côté du fil, Ethan se mit a rire. Avec son rire de phoque. Beau, Gentil, Agréable, Rire de phoque. Ça faisait toujours tâche, quand même.
- Désolé. Je m'y attendais pas ! riait-t-il.
- moi non plus. fit Mathieu en reprenant son natel et en retirant le haut-parleur. Bon, le devoir m'appelle. On se rappelle ? ( Oh la riiiime. )
- Euh ouai. Ethan sembla hésiter. On peut se voir le 21 ? Tenta-t-il.
- Où ?
- Le KFC de la dernière fois. Ensuite, on avisera.
- Quelle heure ?
- 18 ?
- Ok, nickel. A lundi.
- Salut.
Il raccrocha. Antoine était en train de le fixer, droit comme un i, les bras croisés sur sa poitrine.
- Qui c'était ? réclama-t-il vivement, une joue gonflée par la jalousie.
- Un ... ami. Tu te souviens, y'a quelques jours, quand on est allés au KFC ?
- Oui. Le jour où tu es mort.
- Evanoui. le rectifia Mathieu. M'enfin bref, tu te souviens du garçon aux cheveux noirs, Ethan ?
- Un Tansem.
- Euh. Ouai. Un Tansem. marmonna le châtain.
Il ne connaissait pas du tout la signification de ce mot. Et il n'avait pas vraiment envie de savoir, en fait.
- Bref. Tu veux qu'on passe chez toi ?
- Oui. Il faut enterrer Ils.
Ah. Oui. Le poisson. Bweurk. Il doit avoir pourri et ça doit sentir dans toute la maison. Quelle horreur.
- Oui, c'est ça, on va l'enterrer.
Mathieu allait plutôt le balancer aux chiottes, ouai.
- Bon d'abord, la douche. dit le plus vieux.
Il alla jusque dans la chambre et pris des vêtements a Antoine pour les lui donner. Il attrapa également un vieux jogging pour lui-même. Le jeune homme entra dans la salle de bain pour allumer l'eau pour Antoine. Comme il n'avait pas de douche, il avait ajouté un rideau a sa baignoire pour pouvoir l'utiliser comme tel. C'est que le système de réglage avait été monté a l'envers et que le brun n'y comprenait jamais rien. Il laissa couler l'eau et commença a se laver les dents. Cette douche prenait trois ans pour devenir chaude, de toute façon.
Alors qu'il recrachait et rinçait ses dents, un bruit assourdissant retentit dans tout l'appartement. Mathieu éteint la douche et se précipita dans la cuisine, paniqué.
- Antoine ? appela-t-il.
Un grognement étouffé lui répondit. Le Présentateur de What the cut ?! était entré dans le placard du bas. Il venait de faire tomber une pile d'ustensiles et restait par terre, à moitié assommé par une poêle a frire.
- Qu'est-ce que tu foutais là ? s'inquiéta le plus petit en aidant Antoine a sortir de sa cachette et se relever.
- Veux pas la douuuche. Se plaignit-il. Pas enviiiie.
- Bon dieu, Antoine. J'ai horreur des gamins capricieux. Bouge-toi le cul et viens dans la salle de bain. fit l'autre en fronçant les sourcils.
- Non. Déclara le plus jeune en imitant l'expression de Mathieu.
- Antoine... menaça le vidéaste en appuyant sur son prénom
- Nooon ! cria le brun en s'élançant vers la porte pour courir dans la maison.
Il passa dans le salon en dérapant sur le parquet, suivit de près par un youtubeur agacé.
- Antoine, grinça-t-il. Ne fait pas l'enfant. Va a la douche, merde.
- Non.
Le garçon aux cheveux en bataille prenait plaisir a contrarier son aîné. Un sourire narquois s'étira sur ses lèvres et Mathieu s'élança vers lui pour l'attraper. Il savait comment ça allait finir. Le châtain sentait son estomac remonter et un rire nerveux trahis son envie de rire. Voilà, c'était trop tard. Ils se mettaient a rire comme deux idiots et a se poursuivre dans toute la maison. En une demi-heure, ils eurent le temps de lustrer le parquet avec leurs chaussettes et de déplacer toute la poussière qui se trouvait dans la maison. A chaque nouvelle pause, Antoine se remettait a courir de plus belle, talonné par son meilleur ami. Ils avaient l'air bête, tournant en rond autour du canapé. Mathieu réussi a sauter sur Antoine mais le chevelu se tortilla tant et si bien qu'il ne récupéra que le t-shirt de sa prise. Quelques secondes plus tard, le boss final des Internet glissait jusque dans la chambre, torse-nu, avec un nain hilare qui le coursait.
Après avoir déplacé tous les tas de linges dans la chambre, Antoine s'extirpa de la pièce pour se rendre dans la cuisine. Et là, c'est le drame. On en entend parler, certes, mais on ne la voit jamais. Pourtant, elle nous rappelle toujours sa présence quand on s'y attend le moins : la petite marche. Antoine tomba comme une crêpe avant d'être écrasé d'avantage par le poids de son meilleur ami. Soudain soucieux, celui-ci tenta de se relever :
- Que... ça va ?
Mathieu savait une expression horrifiée, presque pris de remords. D'abord silencieux, Antoine eut une quinte de toux qui se termina en fou rire.
- Ne me fait pas peur comme ça, idiot ! réclama le châtain en lui faisant une pichenette sur le front.
Seul le rire communicatif de son meilleur ami lui répondit.
- Allez, je t'ai eu alors maintenant : à la douche.
Le brun changea soudainement d'humeur et voulut s'accrocher au pied de table pour ne pas que Mathieu ne le traîne sur le sol comme une vulgaire chaussette.
- Nyoooooon gémit-il, voyant le pied de table s'éloigner de sa vue.
Arrivé dans la salle de bain, il se mis a bouder, assis en tailleur, les bras croisés sur sa poitrine tandis que le petit vidéaste remettait l'eau a chauffer.
- Allez Antoine, rentre la dedans. Soupira celui-ci.
- Non...
- Bon sang. Pourquoi tu veux pas aller a la douche ?! Tu n'as jamais fait de manières avant. s'exaspéra Mathieu.
- Nhe weut unm bunm abek toa. marmonna le brun entre ses bras.
- Quoi ?
- JE VEUX UN BAIN AVEC TOI ! répéta Antoine, plus fort, l'air boudeur.
Mathieu pris dix teintes de plus. Il ne savait pas pourquoi il avait pensé a ça en premier mais il avait l'impression d'être le caprice d'un enfant. Sauf que cet enfant s'appelait Antoine et...qu'il trouvait ça totalement mignon.
Et pourtant il avait une aversion totale envers les gosses capricieux.
M'enfin, si c'était Antoine...
Review ?
( Merci aux précédents reviewer, ça m'a motivée ^^ )
Vous préférez les dialogues en gras ou en normal ?
