Note de l'auteur : Voici la suite des révélations de Severus !

Eileen1976 : Merci pour ta review ! Oui heureusement que l'alcool est là pour aider Severus à se confier ;)

Lady Volderine : Merci beaucoup pour tes commentaires ! Tu vas savoir aujourd'hui qui est la fameuse personne qui a inscrit Severus. :) Effectivement, dans cette histoire, Dumbledore est mort donc ce n'est pas lui qui a fait le coup !

Lolo66 : Merci pour tes encouragements, je suis contente que ça t'ait plu :) Le titre de la chanson ce n'est pas encore pour ce chapitre, mais ça va venir !

Bonne lecture !


Chapitre 5 :

Severus se redressa sur sa chaise et commença à parler.

- A la fin de la guerre, lorsque je me suis réveillé dans mon lit à Sainte-Mangouste, j'avais deux options. Mourir ou vivre.

J'avais miraculeusement échappé à la mort donnée par Nagini, alors choisir de mourir malgré tout aurait été un affront à tous ces combattants morts durant la guerre. J'ai donc décidé de vivre.

Ce fut un long combat. La guerre contre le Seigneur des Ténèbres était terminée. La guerre contre moi-même commençait. D'abord, j'ai dû lutter pour maintenir mon corps en vie. Ce ne fut pas facile, mais j'y suis parvenu. Ensuite, la partie la plus compliquée a commencé. Ce n'était plus avec mon enveloppe corporelle que j'étais en conflit, mais avec ma conscience. Mon corps allait de mieux en mieux, mon esprit était moins occupé par la douleur et je pensais de plus en plus à ce qu'allait devenir ma vie.

Il était hors de question que je mène encore la vie fade, sans saveur qui fut la mienne par obligation. Je regardais autour de moi, et malgré les horreurs de la guerre, je voyais des gens heureux. Le bonheur était un concept qui m'était totalement étranger. J'enviais toutes ces personnes qui avaient le sourire, qui était entourées, qui savaient discuter avec légèreté. Cependant, je ne savais pas comment faire pour y parvenir également. Cela me rendait aigre, il fallait donc que j'agisse pour changer les choses.

J'ai fini par m'apercevoir que je ne pouvais pas rester dans le monde magique. Pour la plupart des sorciers et sorcières de Grande-Bretagne, malgré ma réhabilitation, je restais le mangemort, le bâtard graisseux, le professeur partial, l'assassin de Dumbledore. De plus, le monde sorcier comportait trop de souvenirs, trop de culpabilité. J'ai été enfermé dans un rôle pendant 20 longues années. Il est dur après cela d'avancer. Je devais donc quitter l'univers magique pour m'éloigner du jugement d'autrui et essayer de me construire une nouvelle vie.

« Ils sont autour de moi si coincés

Ce n'est pas parmi eux que je trouverai

Je dois trouver de nouveaux horizons

Mais je finis parfois par tourner en rond »

cita Hermione, faisant le lien avec la chanson de l'annonce.

- 10 points pour Gryffondor, ricana Snape.

- Excusez-moi, poursuivez, sourit Hermione amusée.

- La solution consistait à me réfugier chez les Moldus. Enfant, pendant les vacances, j'étais envoyé par mes parents chez une cousine de mon père, afin de les laisser en paix. Cette cousine avait une fille de mon âge, Barbara, avec qui j'avais gardé de maigres contacts. Ne sachant pas vraiment où aller et ayant conscience que j'avais besoin de rompre ma solitude, je suis allée chez elle à ma sortie de Sainte Mangouste. Elle m'a accueillie à bras ouverts.

Vous me connaissez, je ne suis pas la personne la plus sociable du monde, ni la plus agréable, mais elle a supporté pendant trois longues semaines mes sarcasmes et ma mauvaise humeur sans broncher. Puis, un soir, j'ai été trop loin et je l'ai poussée à bout. Elle m'a alors posé un ultimatum : soit j'acceptais de me faire aider psychologiquement pour aller mieux, soit je partais de chez elle.

Seulement, j'avais trop peur de me retrouver seul à nouveau.

C'est ainsi, que, moi, Severus Snape, je me suis retrouvé les fesses sur un canapé à devoir raconter ma vie à une thérapeute. Vous imaginez bien comme j'étais enchanté.

- Vous avez réussi à trouver un thérapeute sorcier ? demanda Hermione qui avait toujours l'esprit pratique.

- Je vais voir une amie moldue psychologue de Barbara. Elle n'est pas au courant de l'existence de la magie, donc je m'arrange avec les détails. Selon ma cousine, l'important c'est que je dise la vérité sur le fond, peu importe la forme de mon histoire. Pour vous donner une idée, Voldemort est le chef d'un cartel de drogue et Dumbledore un vieux commissaire de police à la retraite.

- J'imagine que le fait que vous ayez dû mentir pendant vingt ans pour survivre vous facilite grandement la tâche pour paraître convaincant face à votre psy.

- Effectivement, ça aide, répondit laconiquement l'homme.

- Donc c'est à cause de votre thérapie que vous êtes inscrit au concours ?

- Oui, selon la thérapeute, mon principal problème, c'est qu'ayant joué un double jeu pendant tellement longtemps, je ne sais plus qui je suis vraiment. Son objectif est donc de m'aider à trouver ma vraie personnalité. Un jour, elle m'a demandé quels étaient mes passe-temps. Je me voyais mal répondre « faire des potions », ou si je transpose en moldu, « cuisiner ». Je me suis alors souvenu que lorsque Barbara et moi étions enfants, son père nous apprenait la musique, et j'avais un certain talent pour cela. La psy m'a donc encouragé à jouer d'un instrument et à chanter.

Je n'avais pas fait de la musique depuis des années, mais j'ai vite retrouvé mes réflexes et la passion que j'avais pour cet art. Depuis, la musique occupe toutes mes journées. Au fil du temps, je me suis rendu compte que cela m'aidait à m'exprimer. Je ne sais pas exactement pourquoi lorsque je chante avec vous je fais un blocage. Ma vie a fait de moi un homme spécial. Un homme brisé, un homme différent des autres. Lorsque j'interprète une chanson je me mets à nu et je crois que j'ai peur de votre jugement Hermione, confessa Severus en baissant le regard, soudainement gêné par toutes ses révélations.

- Vous n'avez pas à avoir peur. Je vous estime énormément vous savez, répondit la jeune femme émue. Je sais ce que c'est que d'avoir peur du regard des autres. J'ai également une certaine expérience dans la difficulté d'accepter ses différences.

Leur dispute sur le courrier de La Revue des Sciences leur revint en mémoire et ils esquissèrent un faible sourire.

- Regardez-moi Severus, ajouta-t-elle.

L'homme releva la tête et leurs regards se rencontrèrent.

Il plongea dans ses pupilles noisettes

et y lut la sincérité,

La candeur,

L'indulgence,

L'émotion et la compréhension.

Elle se perdit dans ses billes de charbon noir

et y lut la crainte,

La souffrance,

La résilience,

L'émotion et la compréhension.

Ils avaient tous les deux un regard brillant. Ils parlaient avec leurs yeux.

Ce moment de partage profond fut interrompu par un serveur du bar qui leur demandait de partir s'ils ne consommaient pas.

Ils quittèrent alors l'établissement, et marchèrent jusqu'à l'appartement de Severus. L'air frais fit du bien à ce dernier, qui décuvait peu à peu. En chemin, il reprit ses explications.

- Barbara était ravie de me voir petit à petit reprendre ma vie en main. Mais elle s'inquiétait du fait que je reste seul toute la journée. Pour me pousser à me dépasser, elle m'a inscrite à ce fameux concours. Au début j'étais très réticent à cette idée, mais ma psy m'a convaincu d'y participer. Seulement, ma cousine, dans son extrême bonté, m'a inscrite dans la catégorie duo et il fallait à tout prix que je trouve une partenaire. J'étais abonné à la Rizette du Sorcier, et j'ai donc envoyé une annonce.

- Pourquoi avoir cherché une chanteuse parmi les sorciers alors que vous vivez dans le monde moldu ? interrogea Hermione.

- La magie me manque. Je pratique toujours bien entendu, mais les fantaisies du monde magique me manquent. Je suis … nostalgique. J'ai envie de retourner vivre parmi les sorciers, mais je ne sais pas comment m'y prendre. Ce n'est plus naturel pour moi, j'appréhende la réaction des gens. Je n'ai pas envie d'être vu comme une bête curieuse. Demander à une sorcière de chanter avec moi, ça me permettait de reprendre contact avec le monde magique en douceur. De plus, je voulais éviter d'expliquer pourquoi j'ai une chouette dans mon appartement et des chaudrons dans ma cuisine.

Ils venaient d'arriver en bas de l'immeuble de l'homme en noir. Ils auraient voulu que ce moment d'échange dure encore longtemps, mais ils n'osaient pas l'exprimer à voix haute. Ils se souhaitèrent donc maladroitement une bonne nuit.

Hermione vérifia qu'il n'y avait pas de passants dans les rues et s'apprêtait à transplaner lorsque l'homme la retint. Il l'attrapa par le bras et la serra fort contre lui. Ils soupirèrent tous les deux d'aise simultanément. La jeune femme avait l'oreille collée contre la poitrine de Severus. Elle entendait son cœur tambouriner dans sa poitrine et elle se dit que c'était la plus belle musique du monde. Lui, avait le nez enfoui dans ses cheveux et respirait son odeur si apaisante.

Puis, de son index, il releva le visage de la Gryffondor vers lui et lui donna un baiser si léger qu'elle se demanda s'il était réel.

- Bonne nuit Hermione, à demain, murmura-t-il.

Il rentra dans l'immeuble et la porte se referma derrière lui. Troublée, la jeune femme transplana chez elle la tête dans les étoiles.


J'espère que vous avez aimé, à bientôt pour le prochain (et dernier) chapitre de cette histoire !