TREZIÈME BÉCHAMEL

Je vous préviens, je suis responsable de ce que j'écris mais pas de ce que vous lisez. Si quelque que chose vous choque eh bien, préparez-vous des Pringles ça remonte le moral. Ce texte contient un bon nombre de conneries, d'allusions sexuelles et de délire. Ne me jugez pas svp. x)


2ÈME EVOLUTION

Antoine – Pas de jour précis, Novembre 2016 - Inside.

Un ennui mortel naissait de mon séjour dans cette salle sombre. Cette salle sans limite, cette salle intouchable, indomptable et au noir presque palpable. Je n'avais rien a faire. Juste a attendre. Comme ma prison de bandages m'empêchait de bouger, je restais toujours au même endroit. Mes fesses commencent a en prendre un coup alors de temps en temps, je me lève, je fais quelques squats et je me rassoit. Sincèrement, ma vie devient très intéressante, ici.

Je ne touche plus aux bandes - elles sont voraces -. Mais celle qui m'a troué l'estomac s'est solidement attachée a ma jambe. Je regarde souvent ces bandages. Je me demande pourquoi je ne me souviens pas d'avoir été transpercé par les deux autres. Parce que maintenant, j'en suis sûr : si ces bandages sont rouges, c'est parce qu'ils sont imbibés de mon sang. Parfois, j'ai l'impression qu'ils me brûlent toujours le mollet et que, vivants, ils vont m'amputer de la jambe.

Quand je me suis réveillé, après avoir été transpercé par le dernier bandage, je n'avais aucune trace de plaie, pas de cicatrice. Même pas une petite douleur. Mais en ce moment, Je sursaute souvent. J'ai l'impression qu'un liquide chaud coule sur mon ventre, que quelque chose me guette. Alors je vérifie. Je tâte mon corps, je regarde si j'ai tous mes membres, je vérifie que je ne saigne pas. Mais bien sûr, je n'ai jamais rien. Ma poitrine est toujours intacte et je n'ai aucune trace de sang.

Régulièrement, je compte les banderoles autour de moi. Un, Deux, Trois...Six, Sept,... Douze. Savoir qu'elles sont toutes là est une manière de me rassurer. Comme un équilibre. Je fais ça depuis tout petit. Chercher la cohérence dans un lieu qui m'est familier.

Quand j'allais chez mon médecin, il y avait six tableaux dans la salle d'attente. Si je ne les avais pas tous comptés, je n'entrais pas. Ma mère disait que j'étais un enfant timide. Seulement, je cherchais juste des repères. D'ailleurs, même encore aujourd'hui, je compte les tableaux de cette salle. Je n'hésite plus a entrer dans la salle d'attente mais le réflexe reste présent et indissociable.

Quand j'ai finis de compter les bandages autour de moi, je compte ceux a mes chevilles. J'ai trois bandages rouges en tout : Le con, S, et Hypersensible. Ils sont enroulés autours de mes chevilles et tiennent grâce a une force inconnue.

Je baille.

Depuis que je suis ici, le sommeil veut m'emporter. Il entoure mon torse de ses longs bras, me tire vers les abysses et lève le poing pour m'assommer. Mais je résiste a temps. J'ai peur de dormir. Les souvenirs hantent mes nuits. Je ne veux pas retomber dans leur manège. Rien qu'a l'idée, une peur sombre me noue la gorge. Ici, mes rêves sont trop réalistes. Non. Même d'habitude, mes rêves sont réalistes.

Il y a peu, je revoyais encore, dans un rêve, la silhouette de mon CPE, les bras croisés, le regard sévère et le crâne chauve. Il venait m'accueillir a l'entrée du lycée. Il me dévisageait, fixait mes cheveux et les cernes qui me mangeaient le visage. Il soupirait. Comme d'habitude, il m'expliqua que je devais dormir, que je ne devrais pas venir à l'école dans cet état. Et qu'il préférait ne pas me voir plutôt que me voir aussi fatigué. Quand j'étais au lycée, il a souvent fait ça. Il tapotait ma tête avec un air inquiet, tout en remplissant mon carnet déjà recouvert d'avertissements pour retards. Cette partie du rêve était presque réelle, je savais que je l'avais déjà vécu. Puis, le CPE de mon rêve me conduisait jusqu'à la salle de classe et il me laissait là avec un dernier conseil.

Puis quand j'ouvris la porte, c'était le début du déluge.

La salle est plongée dans le noir. Je sens une main traîtresse saisir mon bras et me pousser à entrer. Un coup m'est administré à l'arrière des genoux pour que je tombe. Je ne reconnais pas la pièce de cette partie du rêve, bien qu'elle me semble si familière. Ma vision tangue comme sur la proue d'un navire. Une sombre silhouette me surplombe, me menace. Je tends les mains pour l'atteindre mais je découvre avec horreur que mes doigts se dirigent d'eux même vers mon cou. L'unique lustre de la salle se met à clignoter. Je vois des dizaines de personnes qui m'entourent et j'essaye de mettre des noms sur leurs visages. Mon cerveau emmagasine trop d'informations d'un seul coup, je panique, je suffoque. Mes mains se resserrent autour de ma glotte. Je n'arrive pas a respirer. Mon ventre se contracte, ma gorge émet des sifflements rauques et j'ai envie de vomir. J'ai l'impression que mes bras ne m'appartiennent pas. Je tente de les retirer mais déjà mes poumons provoquent de violents spasmes dans ma poitrine, j'ai l'impression qu'ils vont en sortir. Ce n'est même pas mon maque de souffle qui me tue. C'est ce visage.

La personne au-dessus de moi m'attrape les joues et je vois une expression sévère mais usée. Je suis incapable de voir les traits et de reconnaître cette personne. J'arrive seulement à capter ses émotions. Ses mains tremblent en rythme avec mes suffocations. Ma vision se trouble, mes yeux roulent dans leurs orbites. Je manque d'air. Ce visage me surplombe, colérique. Il lève un bras et puis... plus rien.

Quand je me réveille de ce type de rêve, je reprends une grande inspiration, mes mains tremblent et je suis couvert de sueur. Je déteste mes rêves. Toujours la même chose. Toujours la même personne. Toujours cette envie de respirer. Comme si mes rêves désiraient mon autodestruction.

Les asthmatiques connaissent bien cette suffocation. Et tous les gens qui se sont noyés au moins une fois se souviennent des contractions irrégulières, douloureuses de nos poumons.

Alors voilà pourquoi je ne veux pas dormir. Ça me fait bien trop peur. Bien trop mal. Je baille une nouvelle fois, c'est plus fort que moi.

j'ai l'impression que je ne vais plus supporter ce noir autour de moi. Vivre dans cette routine est d'un chiant inimaginable. C'est comme lorsqu'on attend la fin du contrôle dentaire de notre mère. On est là, dans la file d'attente, a regarder des magazines vieux de cinq ans qui présentent en gros titre "GRANDE NOUVELLE : MARIAGE D'ANGELINA JOLIE ET BRAD PITT". Ou bien vous vous retrouvez debout a parcourir du regard des posters de dentiers ou de couronnes en lisant des conseils illustrés sur la façon de se brosser les dents. Ce même ennui que l'on éprouve quand il fait trop chaud, que notre corps devient lourd, qu'on s'est levé a 12:30 et qu'on a pas le courage de bouger du lit même si on crève de soif. Ce genre d'ennui qui s'empare de nous quand on attend que le micro-onde finisse ses 13 putain de dernières secondes.

Bref. Etre ici est ennuyant. C'est pour ça que j'ai envie de dormir.

Je passe ma main dans mes cheveux et je m'étale en étoile de mer sur le sol, évitant consciencieusement la base des bandelettes. Je soupire. Le plafond me semble loin, même si je suis je suis incapable de le distinguer vraiment.

Alors que j'allais me mettre a chanter une chanson de l'ennuis ( du genre frère Jacques ou la souris verte ), une voix retentit dans le vide.

- Un taré. J'ai dis que t'étais dangereux et que tu méritais de mourir.

La voix possède un écho qui me glace le sang. Je sais ce que ça veut dire, ce que cette phrase annonce. Les poils de mes avants bras se redressent. La peur me terrifie, je déglutis. J'essaye de me relever pour regarder autour de moi. Pour surveiller les bandes au cas où elles se remettraient a bouger. Mais quand je me redresse, je sens déjà la pointe d'un bandage frôler ma poitrine. Je retombe pour lui échapper mais j'ai a peine le temps de rouvrir les yeux qu'il s'empale sur mon cœur.

Dangereux. Dangereux. Dangereux.

Cet écho qui revient, cette voix qui revient, cette peur revient. Le sang monte, je le sens couler sur mon ventre, je me souviens de la dernière fois. Le tissus commence doucement a me transpercer, a glisser à l'intérieur de moi-même. Mes larmes coulent, le liquide pourpre quitte la commissure de mes lèvres. Je perds la raison, je revis la phase de mon rêve ou je manque de souffle.

Bien sûr que je suis dangereux. Mon regard est posé au-dessus de moi. Je vois onze pointes blanches qui me surplombent. Mes mains se mettent a trembler. J'ai l'impression qu'une ombre me surplombe mais ma vision devient floue alors je dois délirer.

De toute façon je dois bien être en train de faire ça dans un endroit pareil. C'est évident que je délire. Ça ne peut pas être autre chose. Des doigts se posent sur mes hanches, gros, jaunis par le tabac, je les vois remonter contre mes côtes. Juste des doigts. Je ne peux pas voir le reste. Je ne veux pas voir.

Je n'ai pas envie qu'il continue. J'ai envie que ça s'arrête maintenant. D'ailleurs, il n'a plus le droit de me faire ça. Je me tortille pour échapper a la personne. Même si je ne vois rien, même si je délire et même si cette bandelette me transperce le corps, je dois fuir.

Mais je ne dois rien dire. C'est dangereux. C'est violent. Si je reste il va encore me faire mal. Ce n'est pas moi qui suis dangereux. C'est lui. C'est lui. C'est lui.

" Mais reste par terre, Antoine.

Ne te débat pas.

Ne t'enfuis pas.

Je ne veux pas te faire de mal.

Ça serait méchant sinon.

Et puis, tu sais que si je te blesse, ça serait dangereux pour nous.

Si dangereux.

On ne pourrait plus le refaire.

Reste par terre, Antoine.

Tes parents vont t'en vouloir.

Reste par terre, Antoine."

Je m'immobilise. Il a raison. Je ne veux pas qu'ils m'en veuillent. Je ne veux pas les décevoir. Hey les gars, ne le dites a personne. Il ne faut pas qu'ils sachent. Ses doigts montent le long de mon dos, ils continuent leur route.

Reste par terre, Antoine.


Hey les gens très petit chapitre qui va certainement vous mettre en rogne. (vive les évolutions ;w; ) Mais tapez pas, un prochain chapitre sort soit aujourd'hui soit la semaine pro'

Cette fois-ci, ça va bouger dans vos cervelles. Je ne vous conseille qu'une chose : relisez tout ! ;3

Bisous sur vos fesses.

( et finalement, c'est mieux en gras ou en normal, les dialogues ? )