Je vous fait un mini recap de trois points ( au cas où… ) :
- Un périple c'est le temps que met Mathieu a trouver une "partie" d'Antoine. ( du genre Hypersensible et Dangereux ) Tandis qu'une Evolution (Inside) c'est ce qui se passe dans la tête d'Antoine à chaque nouvelle partie.
- Une bandelette = Une partie d'Antoine = Un mot que Mathieu doit prononcer durant un Périple.
- Le but étant qu'Antoine devienne une momie. Littéralement.
3ÈME PÉRIPLE / PARTIE 2
Mathieu - 09 Heure 13 - 18 Novembre 2016-
- Nhe weut unm bunm abek toa. marmonna le brun entre ses bras.
- Quoi ?
- JE VEUX UN BAIN AVEC TOI ! répéta Antoine, plus fort, l'air boudeur.
Mathieu pris dix teintes de plus. Il ne savait pas pourquoi il avait pensé a ça en premier mais il avait l'impression d'être le caprice d'un enfant. Sauf que cet enfant s'appelait Antoine et...qu'il trouvait ça totalement mignon.
Et pourtant il avait une aversion totale envers les gosses capricieux.
M'enfin, si c'était Antoine...
Oui. Mathieu avait atterri dans un bain avec son meilleur ami. Et Oui, il avait trouvé ça affreusement gênant.
Au début il avait hésité a entrer dans l'eau avec Antoine. Il avait l'impression que ça ne se faisait pas vraiment. Ils étaient adultes. Depuis quand les adultes prenaient leur bain ensemble ? Bien sûr, ses parents avaient déjà pris un bain a deux. Mais eux, ils étaient amoureux, bordel. Lui, ce grand gnome, Antoine, ce n'était que... son meilleur ami !
Sincèrement, il s'était vraiment sentit mal. Il était pudique. Bon. Il avait déjà vu Antoine a poil a plusieurs reprises -plus ou moins loufoques- et inversement. Mais ce n'était pas pareil. Il avait déjà pris une douche avec quelqu'un. Avec ses petites amies, par exemple. Mais un bain. Dans une baignoire, serrés au point d'être obligé de se toucher ? Non.
Et merde quoi. Pourquoi il avait accepté ça ? Quand il s'était installé dans l'eau, Mathieu était écarlate. Le regard neutre d'Antoine posé sur lui le rendait mal à l'aise. Dans sa tête, il se répétait " Juste une fois. Juste une fois. " en serrant les paupières.
Comme il s'en été douté, leurs jambes se touchaient même s'il se plaquait à la paroi comme un idiot. C'était beaucoup trop gênant pour lui, bon sang. Il était tendu comme un arc, agrippé au rebord, le visage rouge et concentré dans sa tâche. Il fixait l'eau qui allait et venait contre son torse pour éviter le regard de son meilleur ami.
Son cerveau surchauffait.
Il y a des jours ou on préférerait rentrer chez soi, s'envelopper dans une couverture et barricader toutes les issues de sa maison. Et ce, juste pour se sentir en sécurité.
C'était exactement ce qu'il voulait faire. Sortir de la baignoire, installer une ceinture de chasteté sur son corps et s'enfermer dans sa chambre en bouffant de la glace au chocolat. Tout en se lamentant sur son triste sort. Il ferait une belle vierge effarouchée, tient.
Même ses pensées devenaient plus féminines, c'était perturbant. Tout ça à cause de l'idiot qui partageait sa baignoire.
Bordel.
Mathieu sursauta quand il entendit la voix d'Antoine
- Tu as peur de quelque chose ? Tu ne veux pas être là ?
Le châtain déglutit. Il leva la tête pour croiser le regard d'Antoine. Regard qu'il ne s'était pas attendu a voir aussi proche. Le plus jeune était assis en tailleur, penché en avant -à une vingtaine de centimètres de son visage- , l'air un peu contrarié.
- Rien, rien, Antoine. Ne t'inquiète pas. Tout vas bien. marmonna-t-il tout en baissant les yeux, reculant quelque peu.
Il n'était pas très crédible, en fait. Mathieu ne vit pas le danger arriver. Il le sentit juste s'abattre sur lui. Le Présentateur de What the Cut ?! Vint de le prendre dans ses bras, ses mains se glissant dans le creux de son cou. Il s'échoua lamentablement sur lui. Comme un baleineau.
Mathieu ne pouvait pas être plus rouge qu'à ce moment. Antoine, nu (c'était important) le prenait dans ses bras. le plus petit sentait les battements de son cœur s'emballer, sa tête s'engourdir.
A cet instant, Mathieu Sommet aurait donné cher pour être plus petit (que ce qu'il n'était déjà *badam tssss*) et disparaitre dans un trou de souris. Voir même pour passer par le siphon de la baignoire.
C'était vraiment gênant. Mais curieusement, la tension venait de retomber. Il écoutait la respiration d'Antoine sur son épaule. Il savourait la sensation de ne pas être seul. Mathieu s'étonna d'avoir la chaire de poule alors qu'il ne sentait que la chaleur du brun. Il glissa ses bras dans le dos de son meilleur ami pour lui rendre son étreinte.
La peau d'Antoine était rugueuse, différente de celle d'une femme. Il sentait la barbe du vidéaste lui gratter la clavicule et même son odeur lui rappelait celle d'un homme. Seulement, dans ce câlin, il retrouvait la même sensation qu'avec ses petites amies. C'était bizarre, un peu trop intime. Mais Mathieu ne s'attarda pas sur la question, appréciant juste l'instant.
Ses pensées dérapaient facilement, en ce moment.
Un sourire se dessina sur les lèvres d'Antoine, qui se redressa un peu.
- Egza est un mauvais menteur.
Pour toute réponse, le châtain écarlate recueilli de l'eau pour lui en jeter dans la gueule.
S'en suivit d'une bataille d'eau ( et de savon ) mémorable qui anéanti l'utilité des serviettes posées a côté de la baignoire. Une heure après, ils étaient toujours nus comme des vers, se coursant dans la maison et se menaçant avec des savonnettes.
La petite marche de cuisine eue raison d'eux pour la deuxième fois de la journée et Wifi se fit asperger d'après-shampoing.
Quand ils eurent finit de faire mousser la cuisine, ils revinrent sagement dans la baignoire pour se laver correctement. Ils sniffèrent ce foutu shampoing à la pomme qui sent trop bon et Mathieu en profita pour couper les mèches de trop longues de son colocataire. C'est que ses cheveux commençaient à arriver jusqu'à son nez, maintenant.
Mathieu dû faire le ménage pendant au moins une heure tandis qu'Antoine prenait exactement le même temps pour démêler et sécher ses cheveux.
Vers dix heures et demie, les deux amis étaient déjà exténués. Mathieu en profita pour poster l'épisode SLG shot qu'il avait tourné la semaine dernière. Quand Antoine avait débarqué chez lui, il en avait fait quelques-uns en prévision, sachant pertinemment qu'il ne pourrait pas en tourner quand son meilleur ami serait chez lui.
Puis les deux amis entrèrent dans la voiture pour se rendre chez Antoine. A l'instant même ou Mathieu posa son délicat fessier sur son siège, son téléphone sonna.
Friday de Rebecca Black retentit dans l'air.
Mathieu se saisit de son cellulaire tandis qu'Antoine explorait le tableau de bord à la recherche des limaces séchées qu'il avait déposé dans la boite a gants. Étrangement, elles n'étaient plus là. Peut-être qu'elles n'étaient pas vraiment mortes, de toute façon.
C'était Bob qui appelait. Le petit vidéaste décrocha.
- Hey Mathématiques ! lança le pyrobarbare.
- D'où tu m'appelles comme Antoine ? râla faussement le plus jeune. C'est du plagiat de surnom.
Bob émit un de ses rire gras dont il avait le secret.
- Maintenant c'est Egza, nan ?
- Ta gueule, Zerel. Rigola Mathieu. Bref, tu voulais me parler ?
- Ah. Ouai. C'est à cause de mon chat, Hestia. Elle a disparu depuis hier. Expliqua le barbu. Antoine ne l'aurait pas enfermée dans un endroit bizarre ?
Mathieu haussa les épaules en se tournant vers le grand brun.
- Antoine ?
Celui-ci avait la tête plongée en dessous du siège, comme s'il faisait l'autruche.
D'ailleurs, éclairons l'histoire de l'autruche. Si elles se "plantent" la tête dans le sable, ce n'est pas parce qu'elles ont peur, bordel. Elles se disent pas " putain le sol est mon seul espoir ". Non. Si elles mettent la tête dans le sol, c'est pour faire leur nid. C'est bien connu, les autruches ne volent pas. Alors leur nid se fait dans le sable. Comme leurs pattes sont grandes, quand elles font leur nid ( avec leur tête ) on a vraiment l'impression qu'elles se plantent la tête dans le sable. Mais détrompez-vous.
Voilà C'était l'instant lucide avec Iskrayd parce qu'elle en a marre de la discrimination des autruches.
- Antoine ? répéta Mathieu.
Le Boss final des Internets sorti enfin sa tête de sous le siège, remontant fièrement une grosse boule de poil grise.
- HESTIA ! hurla Antoine, heureux.
L'animal émit un "miou" désespéré.
- Effectivement, Antoine avait bien caché ton chat, Bob. souffla le châtain.
- Quoi ? Il l'a mise où ? s'inquiéta le gamer.
- Hestia est actuellement dans ma voiture, Bob.
Un silence de plomb accueillit la nouvelle.
- Bob ?
- Je sais pas si je dois rire, pleurer ou préparer votre assassinat. souffla rageusement son interlocuteur.
- La première option me parait bien plus intéressante. commenta Mathieu.
- Tu trouves ?
Mathieu décida de prendre Hestia et de la remonter dans l'appartement. La pauvre, quand même. Elle avait dû passer toute la nuit dans une voiture. Il faudra qu'il veille à ce que Poupette ne sorte pas de la maison. Manquerait plus qu'elle se perde et Lennon le tuerait pour de bon... D'ailleurs, celui-ci avait prévenu qu'il passerait dans la semaine pour récupérer son animal de compagnie.
Quand il revint à la voiture, Antoine tenait fièrement un petit tas de limaces mortes qu'il avait retrouvé dans la grille d'aération de la voiture. Mathieu ne savait pas si c'était lui ou son meilleur ami qui était le plus content de les retrouver. Jovial, le Présentateur de What the cut ?! offrit les cadavres a son hôte.
Celui-ci accepta le présent en souriant avant de jeter les petits corps séchés et momifiés par la fenêtre. Il expliqua a Antoine -qui était déçu par le geste d'Egza- que les animaux devaient revenir a leur habitat naturel et que les limaces seraient bien dehors, qu'elles pourrait vivre tranquillement... Bref. Il démarra et écrasa les soi-disant "limaces vivantes.
Trente millions d'amis commença de ce pas à écrire un article sur la maltraitance animale. Ils récupèrent la vidéo de surveillance où Mathieu martyrisait les limaces et en firent un clip déprimant avec des chiens abandonnés et des chats écrasés sur la route. Dans leur magazine, tout un dossier fut confié à cette sale affaire de limaces tandis que leur bonus porta sur la victimisation des autruches.
Voilà. :)
Mathieu - 11 Heure 04 - 18 Novembre 2016-
Mathieu était assit sur un tabouret, dans la chambre de son meilleur ami. Il connaissait la pièce par cœur. Entre la tapisserie hideuse, la moquette et le bordel ambiant, le jeune homme était a son aise. Il salua ironiquement Samuel le ventilateur qui tenait tant bien que mal sur une pile de livres qui défiait la gravité. Depuis la dernière fois qu'il était venu, la chambre n'avait pas bougé d'un poil. Mise à part l'infâme odeur de poisson pourrit qui régnait dans la maison, rien n'avait changé.
Antoine était assit en tailleur sur son lit, en face du châtain. Il penchait la tête sur le côté, lui donnant un air adorable et innocent. Il ressemblait a un chiot qui attendait un ordre. Surtout avec ses cheveux mal coiffés. Mathieu se fit la réflexion mentale que le brun avait encore oublié ses lunettes. Et qu'il était mignon, aussi. Mais ça il ne l'avouera surement jamais.
Il prit une grande inspiration. Mathieu se remémora les paroles d'S et de Bob. L'un insinuait que les médecins lui cachaient quelque chose ou même qu'ils n'étaient pas au courant d'un truc. S lui demandait d'approfondir du côté de l'agression d'Antoine tandis que Bob affirmait qu'Antoine avait un Journal Intime. Il n'était pas sot. Le châtain avait bien vu que Bob était certain de ce qu'il disait. Mais d'abord, il devait essayer la théorie d'S et poser quelques questions a son ami convalescent.
- Bon. Antoine. J'ai besoin que tu m'écrives ce qu'il s'est passé le 8 novembre 2016 : le jour de ton agression.
Mathieu lui tendit un calepin avec un crayon. Le brun le regardait avec des yeux vides. Comme quand il était encore à l'hôpital. Des petits yeux marron, pétillants, un grand sourire. Mais un air de vache qui broute, dont le cerveau stagne. En bref, il ne réagissait pas. Il n'avait même pas saisi le carnet. Mathieu le secoua devant le visage de son ami. Antoine n'avait pas l'air bien connecté.
- Antoine ? appela-t-il
- Egza ? imita le plus jeune.
- Quoi ?
- Quoi "quoi" ? demanda Antoine.
- Bah pourquoi tu m'appelles ?
- Non, toi, pourquoi tu dis "quoi" ?
- Quoi ?! s'exclama Mathieu.
- Ben quoi "quoi" ? insista le brun.
- Taggle. marmonna le châtain.
Antoine s'exécuta, immobile. Leurs discussions avaient le don de les tourner en ridicule.
- Bref. Explique-moi ce qu'il s'est passé durant ton agression. s'impatienta Mathieu.
- Je jouais. Des Tansems sont venus, ils m'ont frappé.
- des Tansems ? Tu veux dire la bande d'Ethan comme au KFC ?!
Antoine secoua la tête de gauche a droite, sourcils froncés.
- Non. Des autres Tansems.
- Attend... Je ne comprends pas. C'est quoi, des Tansems, au juste ?
Antoine s'empara du calepin et écrit un mot unique sur le papier. Son écriture équivalait a celle d'un enfant de huit ans qui essaye de bien écrire en liais. Autrement dit, un chef-d'œuvre. Il présenta la feuille au plus petit en répétant :
- Des Tansems.
Sur la feuille, il était écrit "Mèchants"
Antoine devait avoir un problème avec des accents.
- Aaaaaah. Mathieu fit tilt. Un Tansem, c'est un Méchant, c'est ça ?
Le plus jeune hocha la tête en rendant le calepin à son aîné. Méchants, Tansems, Mathieu ne comprenait pas trop pourquoi Antoine pouvait écrire mais pas prononcer le mot correctement. Peut-être qu'il avait simplement envie d'emmerder le monde.
- Donc des Tansems sont venus et ils m'ont fait mal. Je réveillé me suis à l'hôpital.
Ah. Ca faisait longtemps que le brun n'avait pas trébuché avec les mots. Mathieu ne lui en tint pas rigueur, comprenant là ou il voulait en venir.
- C'est tout ?
- Je ne sais pas. Marmonna le youtubeur aux cheveux nucléaires.
- Super. Ça m'avance bien. Soupira Mathieu.
S lui avait surement mentit. Les médecins lui avaient dit la vérité : Antoine avait juste eut une commotion a cause d'une bagarre. Il n'y avait aucun secret là-dessous. Pourtant, le doute lui rongeait l'esprit. Il avait envie de chercher un peu plus loin. Et puis, les réponses vagues d'Antoine ne lui suffisait pas.
- Dis, Antoine, est-ce que tu as un... journal intime ?
Le Boss final des Internet sursauta. Un immense sourire franchi ses lèvres.
- Oui ! s'écria-t-il, bienheureux. Des étoiles semblaient pétiller dans ses yeux.
- tu peux me le montrer ? demanda le plus vieux.
Antoine sauta du lit et courut jusque la salle de bain. Mathieu leva les yeux au ciel. Le brun ne devrait pas courir comme ça alors qu'il avait encore des coupures sur les pieds et les jambes. Quel idiot. Il le suivit tout de même sans broncher.
La salle de bain était la seule pièce de la maison d'Antoine ou la décoration était acceptable. Les murs étaient blanc et un grand miroir donnait sur deux vasques blanches. La salle de bain possédait une douche et une baignoire ainsi que des toilettes qu'Antoine n'utilisait pas. Il préférait aller dans le cabinet du bas. Vraiment, la salle de bain était normale par rapport au reste de la maison. Même les toilettes du bas avait une déco affreuse. Elle avait deux murs verts de gris, un mur fuchsia et un mur jaune ocre. Le tout agrémenté de petits cadres avec des fleurs séchées - et des citations à braire- ainsi que des posters de Madonna et de Justin Bieber. Non, vraiment, les toilettes du bas étaient moches.
Mais peut-être qu'Antoine se mettait juste dans l'ambiance. Voir de la merde autour de soi pour pouvoir chier.
bref, Antoine était en train d'ouvrir l'armoire sous les lavabos. Il se releva, présentant un grand classeur à Mathieu. La couverture du classeur représentait deux pingouins tout droit sorti de la Marche de l'Empereur. Mathieu retira les serviettes de bain posées sur les toilettes afin de s'asseoir sur le couvercle. Il savait bien qu'il était déconseillé de s'asseoir là-dessus mais sérieusement, qui n'avait jamais fait ça dans sa vie ? les rédacteur d'étiquettes sur les conseils d'utilisation des toilettes, déjà ils ont un boulot de merde ( c'est l'cas de le dire ! huhuhuhuhu.) mais en plus, ils sont inutiles.
Mathieu ouvrit le classeur en s'installant plus confortablement. enfin, du mieux qu'il pouvait. Il feuilleta rapidement le "journal intime d'Antoine". Les pochettes plastiques débordaient de toute part. Elles contenaient des photos, des cartes postales, des articles de journaux. Des textes imprimés, des textes à la main, des poèmes de la fête des mères, des évaluations de primaire ou du collège, ainsi qu'une multitude de petits objets disséminés ça et là. Et ce dans un classeur qui faisait un peu moins de deux cent pages. Mathieu soupira. Il avait le temps avant de trouver des réponses a ces questions. Chaque pochette devait faire au moins deux centimètres d'épaisseur. Il entendit Antoine poser autre chose a ses pieds et Mathieu releva sa tête de sa lecture. Le malade venait de poser deux autres classeurs du même gabarit par terre.
Il devait vraiment être ultra motivé pour lire tout ça.
Ses épaules s'affaissèrent. Hourra.
- Lequel est le plus récent ? demanda Mathieu.
- Sarcophage. déclara le plus jeune.
Houlà. Deux embrouillages de mots en dix minutes, ça ne disait rien qui vaille a Mathieu.
- lequel ?
Il présenta les trois classeurs, celui avec les pingouins, celui avec une île paradisiaque dessus et celui avec un pompier dessus. Mathieu avait le même chez lui. C'était quand la caserne avait compris que les calendriers, c'était bien un moment, mais ça ne suffisait plus. D'ailleurs, Mathieu possédait chez lui la série de "Dieux du Stade" que sa mère lui achetait depuis 2012. Il se demandait encore pourquoi sa mère lui envoyait des calendriers avec des athlètes qui posent culs nus. Et tous des hommes, en plus. Il n'avait toujours pas compris s'il y avait un sens caché dans cet acte ou non. Peut-être que si les pompiers faisaient de tel calendriers, plus de monde en achèterait. Plus de femmes, en tout cas. Et lui aussi, surement.
Antoine désigna celui avec l'île paradisiaque et Mathieu se leva, emporta les classeurs et alla dans la chambre, ordonnant a son meilleur ami de se reposer un peu pendant qu'il lisait.
Mathieu - 21 Heure 17 - 18 Novembre 2016-
Mathieu en était à la moitié du troisième et dernier classeur. Il fronçait constamment les sourcils, perturbés par ce qu'il lisait et ce qu'il avait lu.
Les classeurs contenaient des tranches de vie éloignées d'Antoine, partant de l'enfance jusqu'à la fin de leurs études.
Il n'avait pas tout lu et avait survolé beaucoup de choses mais certaines choses étaient presque affolantes. A l'instar de l'esprit d'Antoine, son journal intime était dans un désordre relevant presque du génie.
Mathieu avait parcouru des thèses d'Antoine qui provenait du lycée, des textes argumentés, des recherches profondes toutes avec un thème différent. Il touchait à tout. A la science physique, a la bio, au français, à l'anglais, aux phénomènes surnaturels, à la photographie, a des maladies quelconques, a des affaires policières, aux recettes de cuisines et même à de l'architecture. Et il en passait des centaines.
Mathieu avait cependant été le plus intrigué par de petits feuillets verts trouvés un peu tout du long. Seulement, ils n'apparaissaient qu'à la fin du premier classeur. Contrairement aux autres documents, ces feuilles vertes sont signées par la "signature" d'Antoine. Il connaissait bien ce signe pour l'avoir vu plusieurs fois sur les affaires d'Antoine. Que ce soit au blanco sur son sac ou ses trousses ou en bas d'un cahier, Antoine dessinait ça régulièrement. C'est une espèce de boucle à l' envers avec une croix au milieu. Puis, un large A majuscule surmonte la boucle pour former un D dans son prolongement. En bref, c'était une signature bien spécifique d'Antoine Daniel, son idiot de meilleur ami.
Ce que contenaient ses feuilles vertes était troublant :
" 20/06/1997
C'est la premiére fois que je tombe sur se classeur. Je le jure. Pourtant, je reconais mon ècriture partout. Sa parle de sujet compliqués que je ne comprent pas. Je n'ai pas le souvenir d'avoir ècrit quoi que se soit dans ce truc.
Ce n'est mème pas moi qui est ècrit, c'est sûr. Sinon, je m'en souviendrait. Se n'es pas possible... Presque un classeur complet et je ne l'avait jamais vu !
Je l'ai trouvè dans une valise sout mon lit. Je ne comprend pas.
Mais tant qu'il n'y aura pas cette signature, ça ne sera pas moi qui ècrit. Ou bien, pas le "moi" que je suis. Peut-ètre que quelqu'un veu me faire une blague ? Ce n'es pas très drole. J'ai montrè le claseur a maman et elle m'a dit qu'elle me l'aver offert lors de mais 5 ans. Quand je suis entrait au CP.
Et je ne me souvient pas d'avoir eu ce cadau ! Ca fais peur...
En atendant, j'ai pris des feuilles vertes pour me dèmarquer de celui qui a écris a ma place.
Antoine Daniel [Signature] "
Ce texte est le premier des feuillet vert. Il a été écrit alors qu'Antoine avait seulement huit ans.
Alors que le début du classeur de l'île paradisiaque parlait déjà de pédopsychiatrie et de la maladie d'Alzheimer ! Et toutes les feuilles sont datés d'avant ce feuillet vert. Pourtant, un gamin de moins huit ans ne comprendrait rien a tout cela ! Même lui avait eu du mal a tout comprendre !
Dés ses huit ans, les feuillets verts expliquent indirectement la présence d'un psy auprès d'Antoine.
à ses 13 ans, c'est l'apparition de " son meilleur ami, Mathieu Sommet". Antoine explique également qu'il a du mal a trouver des personnes qui croient en son histoire avec " l'autre ". Tout le monde le prend pour un fou. Alors il n'en parle jamais a l'école préfère en parler a son psy, un certain "Jonas Patter".
Au fil du temps, les papiers verts se sont multipliés. Jusqu'à ce qu'Antoine n'explique dans une note qu'il avait décidé de reprendre des feuilles blanches sans pour autant oublier la signature.
Dés le début du dernier classeur, Antoine et sa signature sont prédominants. « L'autre » semble disparaitre peu à peu. L'adolescent qu'Antoine est a cette époque, vers ses 17-18 ans, est en pleine enquête sur lui-même, il cherche un lien entre toutes les choses que "l'autre" a rassemblé. Il se cherche lui-même. Mais partout, sur tous les textes écrit a la main, on retrouve son problème d'accents. On reconnait son écriture à cela, d'ailleurs. Ses accents qui forment des points ou des traits verticaux au-dessus de ses lettres. Un vrai enfer pour un maniaque de l'orthographe. Dans plusieurs notes, Antoine raconte même que ses profs de français lui en ont toujours voulu pour ça.
Plusieurs fois, Antoine fais allusion a une "maladie." Mais les recherches personnelles d'Antoine sur certaines maladies qui l'intéressent et les textes sur la maladie dont il semble victime ne sont pas bien démarqué alors Mathieu n'a pas réussi a définir ce que c'était.
De ses 20 à 23 ans, les textes se raréfient. A ses 21 ans, il lie une amitié avec son médecin, "Robin Taufaije", qui l'aide également dans ses recherches sur "l'autre". Il n'y a qu'une dizaine de notes durant ses 23 ans, jusqu'à ce que "l'autre" ne se manifeste une nouvelle fois.
" Deux entités coexistent chez les personnes atteintes dont, le moi conscient, et l'autre moi, né de l'inconscient. En plus du "moi réel", la personne façonne progressivement une autre identité dans son subconscient à savoir "un autre que moi", par exemple. Dans les moments de faible résistance face à certains événements marquants, le moi inconscient se manifeste et se substitue, en quelque sorte, au moi réel. La personne revêt alors une autre identité, et devient plus extravertie, plus audacieuse et souvent surtout plus imprévisible. "
A partir de là, les textes reprennent, Antoine reprends ses recherches avec son psy qui l'aide dans son développement vers l'âge adulte. A partir de là, le langage devient trop technique pour Mathieu et les explications d'Antoine sont trop vagues. Ses notes sont trop personnelles pour que le châtain ne puisse les comprendre.
Antoine a dû garder toutes ses dernières choses en mémoire plutôt que les coucher sur le papier.
La dernière partie du classeur le plus récent, (celui des pompiers) est entièrement consacré a des notes de médecin et de Psy. Signé soit par Patter, soit par Taufaije.
A la fin de sa lecture, Mathieu est un peu bousculé. Malgré toutes les marques d'affection qu'explique Antoine a son égard dans ses notes, il a l'impression d'avoir été un piètre meilleur ami. Mais le pire dans tout ça, c'est que des prénoms reviennent plus facilement que le siens.
C'est "l'autre" qui énonce ces prénoms le premier. Il désigne trois personnes : un certain "Thomas" et un "Nicolas" dès ses cinq ans. Et, vers ses six ans, un " Damien". Apparemment, ces quatre-là étaient inséparables, petits.
L'arrivée de la prise de conscience d'Antoine et de son premier feuillet vert serait dû a un déménagement. Apparemment, seul son ami Nicolas aurait déménagé au même endroit que lui. La raison du déménagement reste inconnue et plusieurs feuilles ont dû être retirées sur l'année de ses sept ans. Car il n'y a aucune note.
Bref. Pour changer, Mathieu est jaloux de tous ces gens. Lui qui pensait être l plus proche d'Antoine grâce a son statut de meilleur ami... Il est un peu blessé dans son ego en fait. Bien qu'Antoine ne fasse que dire du bien de lui dans ses notes.
A la fin, Mathieu lâche le classeur et pousse un profond soupir d'agacement. Il se tourne vers son meilleur ami, derrière lui, qui dors a poings fermés sous une demie tonne de couette. Mathieu n'a pas faim. Il a fait a mangé pour six ce midi et les deux garçons ont passé une heure a choisir l'endroit ou enterrer Ils le poisson. Un vrai casse-tête. Sans parler de l'aspect et de l'odeur. Ils sont tous les deux passé a la douche Fébreze après ça.
Ensuite, ils sont remontés. Antoine a joué avec un puzzle 3000 pièces tandis que Mathieu lisait. Et voilà qu'Antoine s'était remis a dormir. Mathieu se jeta dans le lit avec lui, faisant tout de même attention a ne pas le réveiller.
Il glissa ses bras autour des hanches d'Antoine et installa sa tête dans son cou. Ses sourcils étaient toujours froncés et ses pensées se bousculaient dans sa tête. Une pensée un peu prétentieuse lui traversa son esprit et il eut d'odieuses insultes a lancer intérieurement a tous les "amis" d'Antoine.
S'ils étaient proches de lui, ils auraient dû être là, eux ! En attendant, Mathieu était seul avec Antoine.
Et resserra sa prise et sentit les jambes d'Antoine s'emmêler avec les siennes. Il cala sa respiration sur celle de son meilleur ami et profita de sa chaleur, s'endormant sur des sombres pensées, ni claires, ni nettes, ni ordonnées. Des pensées qu'Antoine Daniel avait dû ruminer depuis ses huit ans.
Je sais pas si je vais encore avoir le courage de poser la question mais comme je n'ai toujours pas reçu de réponses … les dialogues, c'est mieux en gras ou en normal ? (pour votre lecture)
( Merci à LibelluleNELA et aux rares lecteurs qui ont osé parler durant les autres chapitres. )
