QUINZIÈME NOUILLE CHINOISE

Je vous préviens, je suis responsable de ce que j'écris mais pas de ce que vous lisez. Si quelque que chose vous choque eh bien, préparez-vous des Pringles ça remonte le moral. Ce texte contient un bon nombre de conneries, d'allusions sexuelles et de délire. Ne me jugez pas svp. x)


3ÈME PÉRIPLE / PARTIE 3

Mathieu - 9 Heure 13 - 19 Novembre 2016-

D'une certaine manière, Mathieu avait pris l'habitude d'être réveillé par un poids lourd qui lui sautait dessus dés de matin.

Pourtant, ce matin-là avait été un des plus calmes et des plus bizarres de son existence. Si c'était bizarre, c'est qu'il était sobre et qu'hier il n'avait pas ingéré une seule goutte d'alcool. ni même fumé quoi que ce soit. Et si c'était calme, c'est parce qu'Antoine dormait toujours.

Mathieu s'était réveillé avec un mal de crâne conséquent. Il avait ruminé ses pensées durant toute la nuit, malmenant ses découvertes dans tout un tas d'hypothèses plus farfelues les unes que les autres. Il s'était endormi sur des questions sans réponses et il restait perplexe à propos d'un millier de choses.

- Quelle était la "maladie" d'Antoine ?

- Qu'est-ce qu'S avait voulu dire sur les médecins ?

- Où se trouvaient les notes de l'année des sept ans d'Antoine ?

- Pourquoi Antoine avait-il déménagé lors de ses huit ans ?

- Pourquoi ne lui avait-il jamais parlé de ses anciens amis ?

- Quand est-ce qu'Antoine serait guéri ?

- Le serait-il vraiment ?

- Est-ce qu'S et son Con n'étaient que le pur produit de son imagination ?

- Y avait-il un rapport avec l'agression d'Antoine ?

- Quelle était la probabilité que Bob le tue s'il ne donnait pas à manger à son chat ?

Bref. Ses tempes le faisaient souffrir.

Quand Mathieu ouvrit les yeux, Antoine était collé contre son torse et il bavait allègrement sur son t-shirt.

Le châtain repoussa son meilleur ami afin de sortir du lit. Si le malade restait endormi un peu plus longtemps, ça lui éviterait quelques heures de souffrance supplémentaire. Non mais parce que garder Antoine Daniel, c'était épuisant.

Après avoir enlevé son T-shirt, il se rendit dans la cuisine et chercha de quoi se booster les nerfs. Etant donné que le brun ne buvait pas de café, Mathieu dû se rabattre sur un thé à la menthe aux multiples vertus revigorantes dont il se foutait totalement.

Jusqu'à présent, me direz-vous, tout allait encore très bien. Tout était assez banal.

Alors qu'il s'apprêtait à aller chier dans les pires toilettes du monde, la sonnerie retentit. Il soupira. Antoine lui avait déjà parlé d'une voisine qui venait offrir des œufs tous les jours. Mais elle devait savoir qu'Antoine n'était pas là, depuis le temps.

Mathieu déplaça sa carcasse jusque dans l'entrée et se saisit de la poignée de porte.

- Antoine, tu devrais enlever cette couronne de noël, elle craint à mort. Dit quelqu'un de l'autre côté.

Il ne reconnaissait pas la voix. Mais elle avait totalement raison.

Mathieu tenta d'ouvrir la porte, sans résultat. Il tourna la clef dans le verrou afin de la débloquer, toujours sans résultat. Il donna un coup de pied dedans -comme Antoine avait l'habitude de faire-, toujours sans résultat.

- Antoine ? Appela une autre voix. Tu y arrives ?

Donc ils étaient deux. Et deux mecs, apparemment. Que Mathieu ne reconnaissait toujours pas à la voix.

Il se dirigea vers la fenêtre et ouvrit le volet. Deux garçons, de son âge environ, des valises à la main, se tournèrent vers lui. Ils lui paraissaient inconnus. Un grand châtain aux yeux bleus et un petit brun aux cheveux bouclés et aux yeux marron. On aurait dit le duo inversé d'Antoine Daniel et Mathieu Sommet.

Le plus grand lui lança un regard bizarre.

A vrai dire, il était étrange pour eux de voir un gars –qu'ils ne connaissaient pas- et qui plus est torse-nu, sortir la tête par la fenêtre pour leur adresser la parole. Et en plus, ce gars vivait dans la maison de ce qui semblait être un de leur ami.

Un silence de plomb s'abattit entre les trois hommes.

- J'arrive pas à ouvrir la porte... déclara Mathieu.

- Ah. Marmonnèrent les deux autres.

- Passez par la fenêtre... proposa-t-il.

C'est ainsi que deux hommes totalement inconnus pour Mathieu passèrent par la fenêtre afin de rentrer dans la maison de son meilleur ami.

Parfois, il faut savoir se dire que tous les cambrioleurs ne sont pas cons. Il suffit de lire le petit écriteau sur la porte d'une maison, frapper ou sonner et faire semblant de connaitre le résident. Avec un peu de chance, vous tomberez sur un ami ou un truc dans le genre. Enfin, suite à cette étape peu compliquée, vous n'aurez qu'à passer par la fenêtre et voler tout ce qui vous conviendra d'emprunter.

Eh Oui... Enfin non, c'est pas comme ça la réalité... N'essayez pas. La fenêtre risque d'être trop petite.

Les trois hommes passèrent vingt minutes à faire passer les valises dans la maison. C'est que les deux bagages étaient vraiment lourds. Après ça, ils s'échouèrent tous lamentablement sur le canapé du salon et le plus petit des visiteurs avoua alors avoir mis une armoire IKEA dans sa valise afin de l'offrir et faire chier Antoine.

Les bras de Mathieu étaient tellement endoloris par l'effort qu'ils auraient été incapables de mettre assez de force dans un coup alors le châtain se retint de frapper le brun. Il pria vraiment très fort pour que le plus grand le fasse à sa place. En vain. Pas qu'il détestait ce gars. Mais un peu quand même.

Rassemblant toutes ses forces, Mathieu se leva et toisa les deux inconnus qui squattaient dans le canapé d'Antoine.

- Bon. Vous êtes qui ?

Celui avec l'écharpe rouge pétante s'étonna.

- Tu fais entrer des inconnus chez toi sans les connaitre ?

- Non. Je fais du trafic d'armoires, ça se voit pas ? fit Mathieu en roulant les yeux.

- Tu connais Wankil studio ? demanda le plus grand.

Le plus petit donna un coup de coude à son ami.

- Ta gueule Damien.

Leur hôte se figea. Les deux autres commencèrent à se chamailler tandis que les pensées de Mathieu s'empêtrèrent les unes dans les autres. Son regard se vida un instant alors qu'il replongeait dans ses questions tortueuses.

Soudain, il se tourna vers les deux cons assis sur le canapé.

Il pointa le châtain du doigt.

- Toi, Damien.

- Ouai. Fit l'intéressé.

- Et toi, Robin, Thomas, Nicolas, Jonas ? demanda le présentateur de Salut les Geeks en le désignant.

- Thomas.

- Ok.

Mathieu retomba dans ses réflexions. A présent, il s'en voulait d'avoir insulté ses deux personnes dans sa tête hier soir. Ils étaient venus, finalement. Après onze jours de retards mais ils étaient venus quand même. Ils méritaient un peu de considération.

Les deux invités, assis, regardaient un homme qui faisait des vas et viens dans la maison de leur ami Antoine. Son visage ne leur disait rien et lui non plus ne les connaissait pas. Il les avait accueilli en les faisant passer par la fenêtre, se baladait torse-nu et avait presque deviné le nom de l'un d'entre eux par magie. Qui plus est, il ne s'était même pas présenté à eux. Encore un peu et ils penseraient qu'Antoine avait déménagé sans leur donner sa nouvelle adresse. Mais heureusement pour eux, la décoration hideuse et la couronne de l'avent pourrie leur indiquait toujours la présence de leur ami d'enfance.

Néanmoins, ils tiquèrent un peu en découvrant un balais a chiotte rose accroché au mur, proche d'un portrait d'une vielle femme aux aspects de sorcière.

Leur regard revint vers le nain de jardin qui faisait les cent vingt trois pas devant eux, plongé dans ses pensées. Cent vingt trois parce que c'est mauvais les habitudes.

- Et toi ? demanda le plus petit. T'es qui ?

Mathieu se tourna vers eux, interloqué.

- Un voisin ? Commença le plus grand.

- Un ami ? demanda Thomas

- Une connaissance ?

- Le plombier ?

- Xavier de chez Carglass ? S'enquit Damien

- Carglass répare, Carglass remplace. Chantonna l'autre.

- Le jardinier ? Continua le châtain, imperturbable.

- Un cousin ?

- Non. Sérieusement, vu ta tenue, je parierais pour...

- Le plan cul. Dirent-ils d'une même voix.

- Quoi ? S'offusqua Mathieu. Non ! Il remarqua qu'il était torse-nu(-L) et il attrapa un T-shirt d'Antoine qui traînait sur le fauteuil orange a côté d'une commode violette où les livres s'entassaient.

J'aimerais m'attarder sur l'aspect extérieur de ce salon mais je vais éviter parce qu'il est évident que vous avez saisi le défaut primaire d'Antoine Daniel en matière de décoration.

- Je suis le meilleur ami d'Antoine ! s'exclama Sommet.

- Vraiment ? Suspecta Damien.

- Oui. Mathieu Sommet, irrémédiablement le meilleur ami d'Antoine. C'est sûr et certain.

Les épaules du plus grand s'affaissèrent dans un soupir de soulagement.

- Ton nom me revient. Antoine m'a déjà parlé de toi.

- Encore heureux. Vous voulez des œufs à la coque ? demanda Mathieu en se dirigeant vers la fenêtre.

Un bide total accueilli sa question. Il se pencha vers l'extérieur. Une femme d'une soixantaine d'années apparut dans l'encadrement de la fenêtre.

- Ah ! Mon petit Sommet(même les vieilles aiment lui manquer de respect) ça fait un moment que je ne t'avais pas vu. C'est pour les œufs frais... dit-elle.

Elle lui tendit un Tupperware bleu. Quand on pense que des réunions peuvent être réalisée avec pour seules but de discutailler a propos de boites en plastiques... Les réunions tupperware sont de vrais mystères.

- Quand le petit Daniel ira mieux, tu lui diras de venir me voir. J'ai appris qu'il avait eu une petite escarmouche avec de mauvais bougres. Il me racontera tout ça autour d'un bon chocolat chaud. lui implora-t-elle d'une voix chevrotante.

- Je ne manquerai pas de lui rappeler, Mme Gachez. Promit Mathieu tandis que la vieille voisine rentrait chez elle d'un pas lent.

Il repassa sa tête à l'intérieur de la maison et ferma la vitre.

- Alors, ces œufs à la coque, vous en voulez ? Sourit-il.

- Euh...

Voilà comment le réveil de Mathieu devint l'un des plus bizarrement calmes de sa vie. Il fit la rencontre de deux fantômes du passé d'Antoine. En passant des armoires par une fenêtre et en mangeant des œufs a la coque.

Plus tard, les trois personnes se retrouvèrent autour d'une table à engloutir des œufs avec des bouts de pain sec beurrés. Mathieu avait trouvé plusieurs parties verdâtres sur le pain mais il avait préféré ne pas en parler et dissimuler la moisissure sous trois épaisseurs de beurre.

- On a appris par un ami qu'Antoine s'était fait agressé dans la rue.

- Comme on habite pas tout près et qu'on a été prévenus en retard, on a posé nos congés le plus vite possible pour venir le voir. Expliqua Thomas en poursuivant les dires de son ami.

- Serait-il possible de le voir ? Il devrait être ici, normalement...

- Je ne sais pas si la "norme" a le droit d'être utilisée dans ce genre de contexte. Marmonna Mathieu.

Il se leva tout de même et se dirigea lentement vers la chambre du Présentateur de What the cut ?! sans vérifier que le duo le suivait vraiment. Tout en montant les escaliers, il expliqua :

- Petit débriefing pour les absents : Antoine Daniel s'est fait agressé le 8 Novembre alors qu'il jouait dans une salle d'arcade. Il a été chopé par une bande de mafieux en sortant de la salle. Résultat : légère lésion cérébrale traumatique ou commotion cérébrale. Sincèrement, je me souviens plus. Le médecin avait du persil sur une dent, je ne l'écoutais pas. s'excusa Mathieu.

Thomas fit signe que ce n'était pas grave et leur aîné pu reprendre.

- Bref. Depuis, je m'appelle Egza, je suis un vagin et je suis également le salaud qui l'a conduit à cette situation. Il va très probablement vous donner un surnom idiot et vous donner envie de vous suicider. Restez calme. Vous le connaissez, après tout. Qui est plus imprévisible qu'Antoine Daniel ?

Quand il eut fini son speech, ils étaient tous devant la porte de la chambre. Il se tourna vers le duo. Les deux hommes avaient un air grave et ils fixaient Mathieu avec une certaine inquiétude.

- Et aussi. La tapisserie est toujours aussi moche. N'ayez pas peur.

Sur ces dires, il ouvrit la porte.

Heureusement –ou malheureusement- pour eux, Antoine dormait toujours. Étalé sur le lit, il avait gardé la même position dans laquelle Mathieu l'avait laissé. Un air calme planait sur son visage. Et Samuel était tombé en éparpillant des livres sur le sol. Mathieu s'assit sur le tabouret de son bureau.

- Désolé mais y'a une question qui me taraude... souffla le bouclé.

- hm ?

- Pourquoi ça pue autant dans cette maison ?

- Le poisson d'Antoine est mort. Il a croupit dans son eau pendant 10 jours.

- Ah.

Damien émit un son de dégoût. Fillette.

Les deux acolytes s'assirent sur le lit tandis qu'Antoine commençait à remuer dans son sommeil, alerté par les voix. Au bout de quelques minutes, il se réveilla.

- Egza ? murmura-t-il.

- Je suis là.

- Y va neiger des arbres à papillons, aujourd'hui. S'enquit Antoine.

- Probablement. Tu as toujours été bon en météorologie et en prémonition. Déclara Mathieu d'un air tout à fait banal.

Le malade repoussa la couverture au pied du lit, et, sans un regard à ses visiteurs, il s'installa dans les bras de Mathieu.

- Tu sais que t'es lourd ?

- Tu sais que t'es petit ? rétorqua Antoine en câlinant son nouveau fauteuil.

Il décida enfin de jeter un regard a ses deux amis assis sur le lit.

- Laink et Terraciiiiiid ! s'écria-t-il sans pour autant lâcher son meilleur ami.

Le plus petit rigola légèrement.

- Ca faisait longtemps qu'il ne nous avait pas appelés comme ça.

- Quoi ? s'étonna Mathieu.

- Ben... Antoine nous avait renommés comme ça quand on était gamins et qu'on jouait aux pirates. expliqua Damien en se grattant l'arrière de la tête.

Est-ce qu'il était étonnant d'apprendre que c'était Antoine qui les avait nommés ainsi pour la première fois ? Pas vraiment. Il fallait dire qu'Antoine avait un don pour donner des noms de merde. Egza, Ils, Zerel, Kyumbo, S, Con, Laink, Terracid...


Mathieu - 10 Heure 52 - 19 Novembre 2016

Le petit comité passa quelques temps dans la chambre d'Antoine a parler de tout et de rien. Jusqu'à ce qu'ils reviennent en bas pour déguster le fameux thé avec plein de qualités tout ça tout ça. Mathieu s'était -presque- complètement habitué aux amis d'enfance de son meilleur ami. Ce n'était pas bien difficile. Ils avaient les même passions, les mêmes délires et malgré leur humour douteux, ils étaient d'une sociabilité surprenante.

Ils ne collaient pas à l'image que Mathieu avait d'Antoine quand il l'avait rencontré. A leurs huit ans, le malade était assez introverti et le nain ne se souvenait pas de l'avoir vu rigoler comme maintenant. Non, vraiment, les deux idiots qui lui faisaient face n'avaient pas la tête a être ami avec l'Antoine Daniel calme et studieux qu'il était à l'époque.

Mais Mathieu les aimait bien, ces cons.

- Bon... On vous fait confiance. Moi et Antoine on part acheter un nouveau poisson, okay ? lança Mathieu.

- Ne t'inquiète pas, grand fou. fit le bouclé avec un air aguicheur.

- On n'va pas s'enfuir, chéri. assura Damien.

- Vous êtes flippants.

Le duo de gamer était avachi dans le canapé, un PC fraîchement volé a Antoine posé sur les genoux du plus vieux. On aurait dit qu'ils vivaient ici depuis sept mois et qu'ils s'apprêtaient a emménager prochainement.

D'ailleurs, ce genre de personnes qui prennent leurs aises aussi facilement sont parfois agaçantes. Ces gens-là, quand tu leurs prête ta maison pendant deux heures, ils connaissent mieux les armoires que toi. Ils ont même retrouvé la casquette de ton frère que tu pensais avoir perdu il y a seize ans. Bref. Des gens avec une capacité d'adaptation presque flippante.

Antoine les regardait en souriant bêtement, laissant Mathieu enrouler la fameuse écharpe de l'OM autour de son cou. Le Présentateur de Salut les Geeks vérifia que le plus jeune portait toujours ses chaussures et que son manteau était bien fermé.

- Eh eh, pssssst. fit Laink en donnant un coup de coude dans le ventre de son voisin. Mme Daniel est de retour. Regarde. il désigna Mathieu du regard.

- Bonjour Maman d'Antoine. dit poliment Damien, se foutant ouvertement de la gueule du reviewer.

Pour toute réponse, celui-ci tira la langue et ferma son propre manteau.

- Faites pas de conneries, on reviens dans quelques heures.

- Tu prends "quelques heures" pour acheter un putain de poisson ?

- Alors, déjà. Il faut aller jusqu'au magasin. Et sauf si vous êtes aveugles, Antoine et moi vivons dans un trou paumé.

- Un trou paumé avec une gare et une agence de tourisme.

- Oui. Et même une papeterie.

- C'est quoi ? osa demander Damien.

- Aucune putain d'idée. Mais on est quand même dans un trou paumé alors le premier magasin avec des animaux se trouve a 20 km.

- Sinon, y'a Mcdo pas loin... murmura le bouclé.

- Le premier magasin avec des animaux vivants se trouve a 20 km... reprécisa Mathieu en levant les yeux au ciel.

- Les détails comptent. se justifia le petit brun.

- En plus, Antoine doit trouver un poisson qui lui plaise et c'est pas gagné.

- Tu marque un point. admit Damien.

- Ensuite, faut trouver de la bouffe et un aquarium.

- Il était pas bien mon vase ? demanda innocemment Antoine.

- Si. Seulement c'était un verre et ton poisson avait 20cL pour vivre. dit gentiment Mathieu en ébouriffant les cheveux de son protégé.

- C'est ma faute si Ils sont mort ?

- Mais nooooon ! Tu l'as juste foutu en prison et il est mort dedans. C'est courant dans les bagnes, la mort. tenta Mathieu pour déculpabiliser le grand brun.

- Mais je veux pas acheter une prison pour mon poisson, moi.

- C'est pour ça qu'on va lui acheter un aquarium. C'est un cottage, pour lui.

- Tu ferrais un mauvais père, Mathieu. Les gosses seraient traumatisés avec toi. rit Damien.

Un faux sourire s'étirait sur les lèvres du vidéaste au chapeau. Il baissa les yeux.

- Sauf qu'Antoine n'est pas sensé être un gosse. murmura-t-il.

Compatissant, Thomas vint poser une main sur son épaule. Damien parut soudainement gêné de sa gaffe.

- Eh, Math', on comprend. dit le bouclé. C'est dur à gérer. Mais c'est tempo-...

- Ouai. C'est temporaire. Je sais. On se tue à me le dire. Mais pour l'instant je vois aucun changement. Et c'est désespérant.

Les deux autres avaient perdu leur sourire et baissaient le regard face à la peine de leur aîné. Antoine tira alors la manche de Laink en éclatant de rire.

- En fait Egza veut pas le dire mais si ça va être long c'est surtout parce qu'il est nul au volant. Pfrrfrfrfr.

Mathieu lui claqua l'arrière de la tête en rigolant tandis que les gamer se moquaient dans leur coin, la tension retombant rapidement.

Mathieu redevint rapidement sérieux, se tournant vers les deux hommes.

- Mais on me l'a déjà dit : c'est pas sur lui que la faute doit retomber. Et si je me comporte mal avec lui, il va probablement s'en souvenir quand il ira mieux. Alors oui, je vais lui acheter un poisson alors que j'aime pas ça. Je vais prendre la voiture alors que je conduis comme un pied et oui, je vais prendre plusieurs heures avant de revenir. Mais si c'est pour qu'il aille mieux, ça me va. sourit-il.

Il attrapa la capuche d'Antoine et l'enfonça sur sa tête.

- Allez, on y va, sale moche.

Antoine se débattit avec la porte pendant deux minutes, lui seul sachant comment la débloquer. Il fit des manipulations complexes que Mathieu ne parvint pas a retenir. Ils sortirent alors de la maison en claquant rageusement cette porte derrière eux.

A présent seuls, Thomas et Damien échangèrent un regard entendu.

- Ce Mathieu, c'est une très bonne personne.

- Il a un bon humour et une bonne gueule. souffla Damien, impressionné.

- Tu crois qu'Antoine lui a parlé de ça ? demanda Laink

- ... Je ne pense pas. souffla l'autre après un instant de réflexion.

- C'est quand même son meilleur ami, nan ? tenta le bouclé.

- Thomas... Antoine l'a déjà dit. Il nous l'a fait promettre, même. Il n'en parle a personne et personne n'en parle.

- Ouai... t'as raison. Avoua le plus vieux

Un silence s'installa entre les deux hommes.

- N'empêche. Antoine nous a snobé pour lui faire un câlin, quoi. Choqué déçu. marmonna Thomas, se rappelant du réveil d'Antoine.

De l'autre côté de la porte, onze heure six, Mathieu fermait la portière de sa voiture à capsules de bière.

Et comme vous avez été nombreux a réclamer ça, je vais enfin dévoiler les détails de la conduite de Mathieu. Parce que les moustiques ne sont pas les seules victimes de cet être sans cœur. ( et de ce très mauvais conducteur. )

Le châtain démarra son monstre. Le moteur frémit d'anticipation et... Il en resta là. Mathieu venait de caler sans même avoir eu le temps d'avancer. Il réitéra ses gestes deux à trois fois. Accélérateur, embrayage, accélérateur, embrayage. Sans résultat. Il retira sa ceinture, se leva, alla donner un bon coup dans le capot de sa bagnole et revint à sa place.

Comme on dit, la violence ne résout rien. Mais parfois elle redonne confiance en soi.

Accélérateur, embrayage. Un peu de violence et...magie ! La voiture accepta enfin de rouler. Mathieu lança le GPS via son portable. Le téléphone entra en rad de batterie et Mathieu se gara sur le côté de la route afin de le brancher. Comme son vieux modèle de voiture ne possédait pas de prises 12V, Mathieu avait une batterie portative ( qui pesait quinze tonnes ) et qu'il avait placé en dessous de son propre siège. Il brancha son chargeur et remit en route son portable.

Il retenta de démarrer la voiture, sans succès.

Bref. 11 Heure 37, Mathieu arrivait enfin au bout de la rue.

Il prit de la vitesse, embraya et chopa un papillon de nuit mal réveillé en tournant à droite. L'autoroute était déjà en vue quand son GPS démarra enfin. Seulement, celui-ci lui indiqua de faire demi-tour et de traverser sa ville dans l'autre sens. Il tenta de passer par une impasse pour faire son demi-tour et se pris des bordures de 20 centimètres dans les roues. Vous l'aurez compris, le trajet fut un désastre pour les pneus, les moucherons et même pour son passager, ballotté dans tous les sens.

Ce n'est qu'à midi vingt que les deux amis se garèrent sur le parking d'une animalerie.

Mathieu soupira en craquant sa colonne vertébrale pour débloquer son dos. Antoine sautillait partout comme un enfant, impatient. Il regardait la mare aux carpes d'un œil avisé, cherchant un bâton pour aller enquiquiner les poissons.

Antoine se fit disputer par une caissière alors qu'il tentait d'embrocher deux poissons identiques. La femme avait une quarantaine d'années et faisait 1 m 70 montée sur des escarpins de vingt centimètres. Elle portait un brushing blond saupoudré de paillettes et ses lèvres arboraient une couleur rouge pétante.

- Excusez-le, Madame. Il est handicapé.

- Les handicapés dans son genre ont besoin d'être surveillés, dans ce cas, Monsieur ! pesta la blonde.

- Pardonnez-moi. Ça ne fait qu'une semaine qu'il est dans cet état. Je ne connais pas tous ses vices, moi. se justifia-t-il en secouant ses cheveux. Comment je pouvais savoir qu'il avait apprit a harponner du poisson ?

Il ignora la femme en attrapant le poignet de son meilleur ami. Conduire l'avait à la fois irrité et à la fois endormit. Antoine le fixa d'un air coupable et marmonna quelques excuses.

- C'est rien, Antoine. Allez, on va vite voir s'il n'y a pas un poisson qui te convienne. Et évite de le tuer, cette fois-ci.

La joie, quand on est dans une animalerie qui propose des poissons, c'est que le sol est constamment humide, l'odeur est exécrable et vous passez des heure a trouver LE poisson qui plaise.

Seulement, les personnes dont le métier est de visualiser des vidéos de surveillance, elles, elles doivent s'amuser. Pourquoi ?

Parce que vous pouvez passer des heures, plié en deux devant un aquarium a essayer de trouver un poisson dedans. Car la plupart du temps, ceux-ci sont vides de vie animale. Juste remplis d'algues et d'herbes en tout genre. Toujours est-il que vous êtes là, cul à l'air. A vous demander s'il y a une bête à acheter ou si c'est seulement des plantes.

Combien de culs peuvent bien voir ces gens-là ? Assez pour tenir un album photo ou un blog pervers.

Pour une fois dans sa vie, Antoine ne fut pas bien difficile. Le premier poisson qu'il vit, il décida qu'il allait l'adopter.

Sauf que la première chose qu'il aperçut ne fut pas un poisson. Mais un amphibien blanc et visqueux avec des antennes étrange.

- Je veux celui-là.

- C'est pas un poisson Antoine.

- Tu n'as pas d'imagination. Il a juste des nageoires spéciales. C'est vrai qu'il est un peu moche... Mais c'est parce qu'il n'est pas chez lui. Quand on lui offrira son grand aquarium, il pourra se faire beau.

- C'est pas un humain, Antoine. Il ne peut pas se faire beau.

- Bob l'éponge n'a rien d'humain mais il est nettement plus sexy avec son costard que sans rien. Et ses costards se trouvent chez lui, dans sa maison. Alors évidemment qu'il se fait beau. Mais que dans sa maison.

Mathieu ne trouva rien a redire. Lui-même étant un grand fan de Bob l'éponge carrée (« Il va veniiiiir (… ) » Je sais que vous avez chanté ce morceau. Je le sais. Je vous ai entendu. ), il ne pouvait décemment pas dire que le personnage de dessin animé était moche.

Il soupira.

- Donc, tu veux un ... Axolotl.

- C'est un poisson.

- Oui, oui. Un poisson.

Un petit livret était posé à côté de l'aquarium. Il expliquait tout ce dont avait besoin l'animal.

• Aquarium de 100 L minimum.

• Equipement : sol constitué de sable de Loire ou de quartz de faible granulométrie

• Cachettes (décor et pierres)

• Plantes résistantes

• Filtration efficace

• eau à pH : 6.0 à 8.0. et Température à 15-20° C.

• Gros carnivore. Mange de la viande non iodée.

• bassin à nettoyer régulièrement (toutes les deux semaines)

Et plus il lisait, plus la liste des inconvénients grossissait.

Encore, acheter de quoi satisfaire un poisson ne le dérangeait pas. Seulement, quand ce poisson coûtait une quarantaine d'euro et qu'il devait vivre en bande, là, ça l'emmerdait un peu plus. Parce qu'il n'avait absolument pas les moyens d'acheter plusieurs axolotls.

Comment des gens pouvaient acheter des animaux qui coûtaient aussi cher et qui demandaient autant d'investissement ? Sérieusement, a part les retraités qui passaient leur vie au chevet de leurs bêtes, personne ne voudrait acheter ses animaux là.

En plus, c'est foutrement laid, un axolotl.

- Antoine, regarde, c'est écrit que ce n'est pas un poisson.

- Où ça ?

- Ici. Tu vois ? Dragon d'eau.

- C'est encore plus génial ! s'enflamma le plus jeune.

Mathieu avala sa salive.

- Ah. Non je me suis trompé. C'est juste un amphibien.

- Oh... fit Antoine, déçut. Alors je veux celui-là.

il désigna un poisson rouge sans rien de particulier et Mathieu le regarda bizarrement. Antoine avait des goûts bizarres. Soit il voulait une grenouille blanche mutante avec des antennes roses en forme d'algues soit il voulait un putain de poisson tout banal qui te regardait comme s'il était déjà mort intérieurement.

- Ok.

Il appela un vendeur et continua ses emplettes avec le poisson sous le bras. Alors qu'ils s'apprêtaient a choisir un aquarium, Mathieu aperçut un groupe d'homme à l'extérieur du bâtiment. Il reconnut les lunettes et les costards sur mesure qu'ils avaient sur eux. C'était les mafieux qui avaient agressé Antoine. Attrapant son ami par la main, il se dirigea d'un pas pressé vers le groupe.

- Messieurs. lança-t-il.

Un des plus grands d'entre eux se tourna vers lui d'un air supérieur, lui barrant la route.

- Qu'est-ce qu'il veut le nain ? Menaça le colosse.

- Oh Oh. Tu te calmes, toi. C'est pas parce que tu ressembles a un beef steak sur pattes que t'as le droit de me manquer de respect. D'ailleurs continues de baisser les yeux quand tu me croise et laisse-moi passer. râla Mathieu.

Un homme d'une quarantaine d'année se présenta a lui.

- Monsieur, quelque chose vous dérange ? demanda-t-il.

Il faisait ses grands airs face a lui, empruntant un langage et une posture soutenue afin de le ridiculiser. Les autres hommes en rirent d'avance.

- Redescendez sur terre. J'parle pas a un monarque mais à un agresseur.

Un de ses sous-fifres sortit immédiatement un couteau en partant au quart de tour. Apparemment, accuser leur chef - ou ce qui semblait l'être - ne leur plaisait pas. Mathieu ne bougea pas d'un poil : son interlocuteur venait de mettre un bras entre lui et l'homme armé.

- Qu'est-ce que tu veux ? demanda celui-ci, plus calmement.

- Des renseignements. Vous vous souvenez du passage à tabac d'un gars qui sortait d'une salle d'arcade. Le huit novembre. Sur lui.

Il désigna Antoine. Celui-ci était accroupi au sol, retirant les lacets du chef.

- Antoine, qu'est-ce que tu fous ?

- Je leur joue un tour, ma foi.

Soupir.

- ... Bref. Vous vous en souvenez ?

L'homme dévisagea Antoine de haut en bas.

- Oui.

- Je sais que ce n'était pas une erreur. Qui vous a demandé ça ?

Là, Mathieu entrait dans le jeu dangereux du bluff. Et il n'était pas certain d'exceller à ce niveau. Surtout face a des mafieux. Le chef le fusilla du regard.

- Qu'est-ce qui te fais dire ça ?

- J'étais là.

Là, ça devenait vraiment difficile. Mais ça semblait fonctionner à merveille. L'homme face a lui blêmit.

- Alors ?

- Nous avons été engagés pour une vengeance personnelle de notre cliente sur Antoine Daniel.

- Qui ? réclama Mathieu.

Un des hommes fit un pas en avant, devançant son chef.

- On n'a pas le droit de dévoiler l'identité de notre cliente !

- Elle ne fait pas partie de la famille directe. Je n'ai pas besoin de la protéger. répliqua le chef en repoussant son employé.

- Alors, qui ?

- Magalie Siphter.

S avait finalement raison. Les médecins ne savaient pas tout.

Mathieu le remercia et se tourna en tirant Antoine derrière lui. Il s'arrêta au bout de trois pas, sentant le regard des mafieux sur lui. Il se tourna alors vers eux.

- Une dernière chose, Monsieur. Avez-vous une dent contre cette femme ?

Seul le silence lui répondit. Le chef le regardait dans les yeux sans ciller. Ca voulait tout dire.

- Bien. Merci de votre aide. sourit faussement Mathieu en reprenant sa route. Antoine. Lâche ce bâton toute suite ! hurla-t-il en voyant le plus jeune proche de la marre à carpes.

La vieille caissière sophistiquée allait encore être sur son dos.


Mathieu - 17 Heure 45 - 19 Novembre 2016

Quand Mathieu revint chez Antoine, il trouva les deux autre guignols dans le jardin, occupés a planter des trucs dans le sol. Il avait déposé son meilleur ami dans son appart juste avant de venir ici. Il venait pour récupérer les classeurs dans la chambre d'Antoine. Il avait encore un mystère a percer. Et quelque chose lui disait qu'étudier le "journal intime" du brun était une bonne idée.

Néanmoins, par un moment d'inadvertance, il fut embarqué dans l'affaire de Laink et Terracid, jouant au bricoleur dans le jardin.

- Rappelez-moi pourquoi je suis en train de vous aider a mettre une tente dans le jardin d'Antoine ?

- Probablement parce que tu es plus influençable que Laink ? proposa Mathieu.

- Nique ta baignoire ! cria l'intéressé en plantant un énième piquet dans le sol.

- Non mais sérieusement... Vous savez qu'Antoine dors chez moi dans mon appart' et que la maison sera pour vous tous seuls ?

- Ah bon ? Tu nous emmènes pas avec toi ? demanda Thomas, soudain démoralisé.

- Mais si vous pensiez venir avec nous alors pourquoi, putain de bordel de merde, sommes nous en train de mettre cette foutue tente ?!

- J'sais pas. L'instinct ? proposa Damien en se frottant les mains pour avoir un peu plus chaud.

- C'est ça. Crois en ton instinct, Egza, tu feras de grandes choses. insista le bouclé.

Mathieu lâcha le marteau qu'il avait entre les mains.

- Quoi ? tu vas nous abandonner maintenant alors qu'on est si près du but ? se plaint le châtain.

En réalité, la tente n'avait que trois piquets de plantés.

- On est en novembre, les gars. A quoi ça nous servirait de monter une tente alors qu'il fait trop froid pour camper ?

- C'est pour protéger les bébés chats. Intervint Thomas, déterminé.

Mathieu décida de l'ignorer afin d'éviter la dépression. Il se dirigea vers la maison.

- J'ai laissé Antoine à mon appart avec son nouveau poisson. Si je suis revenu c'est pour reprendre les affaires que j'avais laissé ici. Vous venez avec moi ?

Damien lâcha ce qu'il était en train de faire et posa ses mains sur ses hanches.

- Moi je veux bien. dit-il. Mais il faut rentrer la tente.

- Ouai. Laissez là dans le salon. J'ai peur qu'Antoine fasse des conneries, seul chez moi. Et puis, j'ai a vous parler.

- Ah bon ? s'étonna Thomas.

- Ouai. Mais seulement quand on sera chez moi. Prenez vos affaires, je vais chercher les miennes et on y va.

A 18 heure et quart, ils étaient déjà arrivés devant l'appart. Ils garèrent leurs bolides et se rejoignirent sur le trottoir.

- Alors, je vais déplier le canapé et j'ai peut-être un matelas dans l'armoire mais ne vous attendez pas a être dans le luxe.

- T'inquiète pas. On est aussi pauvres que toi. On est youtubeurs. Rigola le bouclé.

Le vidéaste au chapeau monta les marches jusqu'à son appartement. Il tenta d'entrer, sans succès. Antoine avait probablement fermé la porte. Sauf que le châtain n'avait pas pris les clés en les laissant à l'intérieur. Il frappa à la porte. Pas de réponse.

- Antoine ? cria-t-il pour l'avertir.

Pas de réponse.

- T'as pas les clés ? demanda Damien

- Elles sont à l'intérieur, j'avais pas fermé. Se plaint Mathieu.

- Alors qui a fermé ?

-Probablement Antoine. désespéra l'aîné.

Il frappa une nouvelle fois. Toujours pas de réponse. Le châtain croisa ses bras sur sa poitrine, agacé. Le duo de gamers le regarda avec désespoir. Est-ce que tous les amis d'Antoine étaient cons au point de se laisser enfermer a l'extérieur ?

- Et tu comptes faire quoi ?

- On campe ici ? demanda Damien.

- On aurait dû prendre la tente, finalement. s'énerva Laink.

- Pfrfrfrfrfr.

- Attend. Vous avez entendu ?! se tourna Mathieu

- Quoi ? s'interrogea le plus jeune.

- Un rire. répondit Mathieu avant de tambouriner à la porte. Antoine ! Je t'ai entendu ! Ouvre cette porte ! hurla-t-il.

Seul le rire étouffé du Présentateur de What the cut ?! répondit.

- Antoine ! Soit pas égoïste ! Ouvre-nous !

Plus un bruit.

- Antoine ?

Le déclic d'une porte déverrouillée se fit entendre. La poignée grinça, laissant place à un sourire inquiétant. Antoine était là, accoudé a un mur, l'air complètement détaché.

- Egzaaaaa ! s'écria-t-il en levant les bras en l'air. Tu m'as tellement manqué. Alors, tes retrouvailles avec Tonton S, elles sont pas géniales ?

- Tonton S. soupira Mathieu. Youpi.

- Roh Ca va hein. Tu crois que ça me plait, à moi ? rétorqua le malade.

- Pardonne moi de ne pas t'aimer. Chaque fois que je te croise, j'ai des ennuis.

- Tu mens. Chaque fois que tu me croises tu finis par avoir des discussions profondes et spirituelles avec moi.

- Oui. Et la philosophie c'était ma matière préférée à l'école. dit ironiquement Mathieu.

- J'ai toujours eu un penchant pour les sciences, personnellement.

- Tu mettais la grenouille d'SVT dans le mixeur de la salle des profs, je m'en souviens.

- C'était marrant. rigola-t-il en secouant ses épaules.

- C'est qui, S ? Demanda subitement Laink.

- Je comptais sur vous pour me le dire.

- C'est qui, eux, Egza ?

- Alors, à gauche c'est Thomas, à droite, c'est Damien. Et Antoine avec la voix et le sourire bizarre, c'est S.

- Ouuuuh. grinça S.On me dit dans l'oreillette que vos noms sont en réalité Laink et Terracid.

- Ouai. C'est Antoine qui leur a donné ces noms là.

- Je me demande qui lui donne des idées pour des noms pareils.

- Probablement la grenouille au mixeur. répondit Mathieu en haussant les épaules.


Merci a saro59 d'avoir -enfin- répondu a ma question x)

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