A la base, je ne voulais pas écrire tous ces passages qui sont déjà dans les livres et que certains d'entre vous connaissent. Le truc c'est que d'autres "certains" n'ont pas lu les livres et je ne me vois pas sauter d'un moment à l'autre sans écrire les transitions. Je ne voudrais pas perdre mes lecteurs ;) et ça ne me semblait pas convenable de ne pas les écrire. Du coup je réécris pratiquement tout, j'ajoute et change ce qui me plait, ne vous attendez pas à relire exactement la même chose. Je n'ai clairement pas la plume de Dashner, quoiqu'il en soit... Anyway, voilà le 13e chapitre !
Finalement le soleil se leva et en effet Minho n'avait pas réussi à se rendormir. Tout le monde s'agitait. Minho prit un moment avant de comprendre pourquoi. Aux fenêtres, des gens s'agrippaient aux barreaux depuis l'extérieur, répétant inlassablement « I'm a Crank ». Les Gladers s'écartaient le plus loin possible, terrifiés. Newt essaya d'ouvrir la porte, mais elle était verrouillée. Ils échangèrent un regard. Merde. Minho chercha Thomas des yeux, il surgit à côté de Newt, et Minho les rejoint. Il dit ce que chaque garçon avait en tête : « C'est quoi ce bordel ? ». Ils étaient perdus. Newt eut un drôle de regard d'un seul coup. Minho le fixa :
« Quoi ? A quoi tu penses ? »
Newt secoua la tête, il se sentait stupide, mais il finit par répondre : « Hier, il n'y avait pas de fenêtre sur le mur ».
Thomas et Minho le fixaient, inquiets. Puis Thomas hocha lentement la tête : « Il a raison » murmura-t-il. « Je m'étais même demandé si on était pas dans un sous-terrain ».
Minho n'avait rien remarqué de tel. Oups. « Pourtant on n'a pas été transférés » dit-il, incertain.
Newt se tourna vers la porte : « Et on ne peut pas sortir ».
Thomas inspecta la salle des yeux : « Il y a peut-être une solution… ». Il s'éloigna et revint chargé d'un extincteur.
Newt fronça les sourcils, et montra les Cranks d'un signe de tête : « Tu es sûr que c'est une bonne idée ? Après tout la porte pourrait aussi bien nous protéger d'eux ».
Les autres Gladers s'assemblèrent autour d'eux, chacun avait son idée, et la terreur était partagée. Ils conclurent finalement, à la majorité sinon à l'unanimité, qu'il était hors de question de rester enfermés là plus longtemps. Ils devaient faire quelque chose.
Minho se saisit de l'extincteur et eut un petit sourire : « A l'attaque ».
Il lui fallut dix bonnes minutes pour que la poignée cède. Il posa son arme de fortune sur le côté et poussa la porte. Newt l'attrapa par le bras et Minho se tourna vers lui : « Fais attention » le prévint Newt, inquiet. Minho acquiesça d'un signe de tête. Il jeta un regard par l'entrebâillement de la porte. Derrière, c'était le noir total. Il déglutit : « J'y vais, attendez là » informa-t-il les autres en faisant un pas en avant.
Il garda la main droite le long du mur pour ne pas perdre ses repères. Le noir était épais, Minho était complétement aveugle. Une odeur atroce envahie rapidement ses sens. Il mit son T-shirt devant sa bouche, c'était insoutenable. Il fit plusieurs pas avant de heurter quelque chose de mou. Il sursauta, bondit en arrière en laissant un juron lui échapper. Il entendit Thomas l'appeler : « Tout va bien, Minho ? », il n'était pas rassuré. « C'est bon, ça va » lui répondit-il du mieux qu'il put, « Je continue, je trouverai bien un interrupteur ». Il poursuivit, il heurta d'autres trucs, semblables au premier. Il essaya de les ignorer, ça ne semblait pas attaquer. Il avait l'impression de sacs suspendus au plafond, quelque chose comme ça.
Arrivé à l'autre bout du couloir, il sentit un petit boitier sous sa main. Il souffla de soulagement en appuyant dessus. Et la lumière fut. Il se retourna tout en prévenant les autres : « J'ai trouvé la- ». Il leva les yeux, le souffle coupé. Oh bordel. Ce n'étaient pas des sacs qui étaient suspendus, et il comprit l'origine de l'odeur. Des gens étaient pendus, morts. Il s'agissait des hommes armés qui les avaient sortis du laboratoire la veille. Ils étaient tous là, violacés et puant la mort… littéralement.
Minho se sentait mal tout à coup, il avait des nausées. « Faut que vous voyiez ça les gars » cria-t-il en plaquant la main devant sa bouche et son nez. Thomas était déjà dans le couloir, les yeux exorbités, Newt sur les talons. « Mais qu'est-ce que c'est que ça ? » souffla Newt. Thomas et lui eurent le même réflexe que Minho, étouffant l'odeur avec leurs vêtements. « Ils sont morts ? » murmura Thomas, interloqué.
« T'as vu leur couleur ? » rétorqua Minho, sarcastique. « A mon idée que ça fait déjà un moment… ».
Thomas se redressa soudainement : « Theresa » souffla-t-il. Il se précipita vers la salle où l'avaient dirigée l'un des hommes désormais pendus au plafond. Il ouvrit la porte et s'engouffra dans la pièce. Elle était vide. Il entendit alors un bruit dans la salle de bain et se rassura. Il attendit qu'elle en sorte. Mais quand la porte s'ouvrit, ce n'était pas une fille. C'était un garçon. Thomas lui sauta dessus : « Qu'est-ce que tu as fait de Theresa ? » lui hurla-t-il au visage.
Minho et Newt entrèrent dans la pièce à leur tour. Ils échangèrent un regard, interdits. Puis se décidèrent à séparer les deux garçons.
L'intrus se releva. Il avait l'air surpris. Il ne semblait pas spécialement effrayé. Il les regarda l'un après l'autre : « Qui êtes vous ? ».
Thomas eut un hoquet : « Qui sommes nous, nous ? » éructa-t-il. « Tu te fiches de moi ? C'est toi qui n'a rien à faire là ! Où est Theresa ? » répéta-t-il, la voix lourde de menace.
Le garçon recula d'un pas : « Je ne sais même pas de qui tu parles ».
Newt avait l'impression qu'il disait la vérité. « Comment tu t'appelles ? » le questionna-t-il.
L'autre hésita. « Réponds » gronda Minho en faisant un pas en avant. Newt tira sur son épaule. « Tu te calmes ! » grogna-t-il au creux de son oreille. « Alors ? » repris Newt, sévère, en reportant son regard sur l'intrus.
« Je m'appelle Aris » répondit-il à contre coeur.
« Qu'est-ce que tu fais là ? » l'attaqua Minho
« Une question pour une question, les gens » contra Aris, un petit sourire moqueur sur les lèvres.
Minho bondit à nouveau en avant, et Newt le laissa faire. Il n'aimait pas trop qu'on se fiche de lui. Minho saisit le garçon par le devant du t-shirt, le plaquant au mur. « Je ne sais pas si t'as remarqué » siffla-t-il, « mais ici t'es pas en position de force, mon pote. »
A point nommé, les autres Gladers passèrent leurs têtes par l'entrebâillement de la porte.
« Donc tu vas répondre à nos questions » poursuivit Minho. « Compris ? ».
Aris hocha la tête, raide.
« Reprenons » dit Newt. « Qu'est-ce que tu fais ici ? »
Aris repoussa Minho, qui s'écarta d'un pas. « Je suis arrivé hier soir. Des hommes armés nous ont amenés ici. »
« Nous ? » répéta Minho, devançant Newt. « Tu m'as l'air seul pourtant » le railla-t-il.
L'autre soupira : « Ils nous ont séparé, j'étais le seul garçon du groupe. »
Newt fronça les sourcils et lança un regard interrogateur à Thomas. « Quel groupe ? »
« C'est complétement dingue, vous ne me croirez jamais » répondit sèchement Aris.
« Dis toujours » rétorqua Minho.
« Tu serais surpris de ce qu'on peut croire » confirma Newt.
« J'étais dans un groupe de filles, enfermés dans un Labyrinthe, c'était une expérience » débita Aris. « Moi-même je n'y comprends pas grand chose. Je suis arrivé le dernier, j'avais ce truc télépathique avec l'une des filles » sa voix se brisa.
« Attend attend » intervint Thomas. « Un labyrinthe ? Seulement des filles ? Le dernier ? ». Il hésita et regarda Newt et Minho à tour de rôle. « Ils ont fait deux expériences alors » conclut-il. Puis il repensa à la dernière partie de son laïus : « Un lien télépathique ? » il se retourna vers Aris. « Tu peux lui parler maintenant ? ». Lui-même ne pouvait plus joindre Theresa, ce qui l'inquiétait au plus haut point.
Aris baissa la tête : « Je ne peux plus, elle est morte ».
« Morte » repris Minho. Il plongea le regard dans celui de Thomas. « Tu aurais dû mourir alors… Si les expériences sont les mêmes, Chuck s'est sacrifié, il ne devait pas mourir » souffla-t-il.
Newt secoua la tête : « Attendez une minute. Aris est l'équivalent de Theresa, c'est ça ? » Minho et Thomas acquiescèrent d'un mouvement de tête. « Ok, donc si Aris est avec nous, Theresa est avec son groupe, avec les filles ».
« Ça me paraît logique » confirma Minho.
Thomas sentit un poids se retirer de sa poitrine. Newt avait raison. Theresa était avec les autres, il ne lui était rien arrivé. La partie concernant Chuck lui revint, et le sentiment de culpabilité devint plus fort encore. Il était mort, par sa faute.
Minho le secoua, la main sur l'épaule : « Hey, shuckface, tu m'entends ? » Thomas sortit de ses pensées. « Il faut qu'on fouille cet endroit ». Thomas hocha la tête.
Les autres Gladers étaient agglutinés dans la chambre, juste derrière eux. Minho rouvrit la porte. Il se figea, Newt lui rentra dedans. « Qu'est-ce que- » commença-t-il. Puis il passa la tête au-dessus de l'épaule de Minho. « Ils sont passés où ? » souffla Newt en réalisant quel était le problème.
Minho tourna la tête vers lui, haussa les épaules. L'odeur, les corps, tout avait disparu. Il n'en restait pas une trace. Il s'avança, suivi par les autres. « J'y comprends rien » murmura Minho, sous le choc. C'est comme s'ils avaient tout imaginé. Il inspecta le plafond tout en marchant, même les cordes avaient été retirées.
Minho se retourna sur Newt, ébahi. Le blond lui rendit son regard. « T'as entendu quelque chose toi ? » le questionna-t-il.
« Non » répondit Newt, les sourcils froncés. « De toute façon, on n'est pas restés longtemps dans la chambre… » poursuivit-il, « Quelqu'un, ou même une foule de 'quelqu'un', n'aurait jamais eu le temps de nettoyer tout ça ». Il renifla un grand coup : « même l'odeur a disparu ! ».
Il acquiesça. Derrière eux, les Gladers murmuraient, se questionnaient les uns les autres, perdus.
Minho était franchement curieux de voir le dortoir. Quelles surprises les attendait encore ?
Une fois de plus, il fut le premier à entrer. Il poussa la porte, se préparant à voir les Cranks, fidèles à leur position. Tout était silencieux. Ils avaient disparu eux aussi. Et plus surprenant, des murs avaient été battis derrière les barreaux.
Newt entra aussi, et en vint aux mêmes conclusions.
De la même façon que pour les pendus, il n'y avait aucun moyen que les murs aient été construits en si peu de temps. Thomas contourna les deux Gladers et passa le bras à travers les barreaux, et poussa sur le mur. Les joints étaient secs, les pierres semblaient vieilles, et le tout était solide. Rien ne bougeait d'un iota. « Il faut qu'on m'explique » grommela-t-il en se retournant vers ses amis.
Minho n'y tenait plus. Il fallait qu'il trouve une sortie, un échappatoire. Ils ne pouvaient pas rester là éternellement. Il sortit de la pièce, et se dirigea vers la grand porte par laquelle ils étaient entrés la veille. Une grosse chaîne était enroulée autour des poignées. La porte était renforcée, dans un métal épais. Il secoua la tête. Il essaierait quand même. Il alla chercher l'extincteur et tenta d'enfoncer la porte, de casser la chaîne, n'importe quoi pour qu'ils puissent sortir. Ils n'avaient pas réchappé du Labyrinthe pour mourir piégés ici comme des rats ! Il n'en revenait pas, ils étaient censés en avoir fini, bordel ! Ils devaient être libres ! Un sentiment de panique pointa son nez, glaçant le sang de Minho.
Newt posa sa main sur son bras, bloquant son prochain coup. Il plongea son regard dans le sien : « Arrête Minho, ça ne sert à rien ». Sa voix était douce, comme celle qu'on utilise pour calmer un enfant. Minho ferma les yeux, fort. Il se concentra sur sa respiration pour la faire revenir à son rythme normal. Il ne pouvait pas paniquer. Newt et lui étaient les Gladers les plus vieux, les autres leur faisait confiance, ils ne pouvaient pas flancher.
Il se secoua un bon coup : « Merci » murmura-t-il. Newt hocha la tête. « Il faut qu'on trouve à manger » déclara-t-il. Ce fut au tour de Minho d'acquiescer. Ils repartirent ensemble et fouillèrent le bâtiment - qui se résumait désormais à leur dortoir, la chambre où ils avaient trouvé Aris et la pièce centrale, lieu du repas de la veille. Il ne leur fallut pas longtemps pour comprendre qu'il n'y avait absolument rien. Thomas les avait rejoints dans leur quête. Ils se regardèrent tous les trois un long moment. Ils se décidèrent enfin à en informer les autres, occupés à leurs propres recherches.
Ils n'étaient qu'une dizaine à avoir survécu au Labyrinthe. Ils croyaient en avoir terminé avec la peur. Leurs espoirs se tortillaient au sol, mourant. Ils n'avaient rien à faire si ce n'est attendre.
Les trois garçons s'appuyèrent au mur et se laissèrent glisser au sol. Le point positif, fit remarquer Thomas, c'est qu'ils avaient de l'eau à volonté, ils avaient vérifié qu'elle coulait encore. Pour le reste… Il fallait attendre. Il n'y avait pas trace de nourriture. Ils tiendraient trois jours maximum.
Rapidement, la faim creusa leurs estomacs. Le premier jour fut long. Le repas de la veille ne suffisait plus pour leur donner de la force. Ils trompaient la faim en buvant beaucoup. Le deuxième jour, la douleur était insoutenable. Ils fatiguaient sérieusement, l'illusion avec l'eau ne fonctionnait plus du tout. Ils passaient leur temps allongés sur les lits, à attendre en se tenant le ventre, espérant limiter leurs souffrances. Ils étaient désespérés. L'idée d'être sauvés leur était clairement sortie de la tête. Ils n'y croyaient plus. Arriva la phase où ils ne faisaient plus que dormir, comateux. Le troisième jour, Minho avait la nette impression de mourir. Aller chercher de l'eau semblait une épreuve insurmontable.
Il gardait cependant un fil d'espoir, il se forçait à ramper jusqu'à la pièce centrale. Il en avait oublié la fréquence, mais cela semblait le maintenir en vie. Cela lui donnait une perspective, aussi faible soit elle.
Alors qu'il se battait une fois de plus pour atteindre la porte, il crut rêver. Il vit du coin de l'oeil de… la nourriture ! Il se dit que ce devait être son esprit qui lui jouait un tour. Il devait vraiment être prêt de la mort. Quoiqu'il en soit, il rampa encore. Il commença à douter de l'hypothèse du mirage. Il arriva alors au pied d'une pile de nourriture, littéralement. Le plus près de sa main se trouvait une pomme. Il s'en saisi et l'inspecta. Il n'avait pas confiance. Puis il céda, l'envie était trop forte.
Il croqua dans la pomme et le jus coula dans sa gorge. Il n'avait pas souvenir de quelque chose d'aussi délicieux ! Il la finit et quand il eut assez de force, il appela les autres. Au début, personne ne venait. Il eut le temps d'avaler une deuxième pomme avant qu'ils ne recommencent, en étant plus précis : « Les gars, il y a de la nourriture ».
Un premier Glader se pointa, dans le même état miteux que Minho, puis un autre. Il parvint à se relever avec difficulté, et ramena des pommes pour Newt et Thomas.
Il servit Thomas puis s'assit à côté de Newt, le réveillant en le secouant doucement. Le blond ouvrit les yeux, il lui fallut un moment avant que son regard brumeux ne se fixe sur Minho. Il lui présenta la pomme. « Un petit creux ? » murmura Minho en la lui tendant. Newt n'y croyait pas. Il plissa les yeux. Il n'avait pas assez de force pour parler. Minho hésita, puis croqua dans la pomme, coupant un bout. Il le donna à Newt, qui ouvrit faiblement la bouche. Minho sourit et lui referma la bouche après y avoir glissé le morceau de fruit. Les yeux de Newt s'écarquillèrent. Il rouvrit la bouche rapidement, ayant avalé sa bouchée. Minho rit un peu et lui distribua la suite, petit bout par petit bout. Il prépara une deuxième pomme et arrêta ensuite. Newt fronça les sourcils, mécontent. « Doucement, Newt, tu risques de tout revomir si tu manges trop tout de suite » le prévint Minho. Newt se redressa dans son lit. Il sourit et reposa sa tête contre le mur. « Merci Minho » souffla-t-il. « Merci ».
PS : pensez aux reviews ! C'est moins romantico-romantique, à croire que ça me lasse d'écrire seulement les scènes de "coeurs". Dîtes moi ce que vous en pensez, ce serait cool :)
Merci à ceux qui me laissent des reviews régulièrement, c'est génial ! :D
